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Délégation aux droits des femmes et Commission des affaires sociales : Rapport d’information sur l’égalité salariale

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00:12:23Agnès Firmin-Lebaudot et Karine Lebon d'avoir répondu favorablement à notre invitation.
00:12:31Alors le hasard fait que le président de la commission des affaires m'a demandé de le remplacer cet après
00:12:40-midi puisqu'il était indisponible.
00:12:41Donc vous avez une tribune très féminine et ça n'est pas pour nous déplaire.
00:12:49Après votre exposé, les orateurs des groupes et les autres commissions vous poseront des questions auxquelles vous pourrez bien sûr
00:12:56répondre.
00:12:57Madame la présidente, mesdames les rapporteurs, vous avez la parole.
00:13:01Merci chers collègues. Madame la présidente, mesdames et messieurs, chers collègues, je souhaite tout d'abord remercier chaleureusement notre président
00:13:09de la commission des affaires sociales
00:13:11pour son invitation et l'ensemble de ses membres pour les échanges, pour nous donner l'occasion de mener ce
00:13:18travail en bonne intelligence
00:13:19entre la délégation aux droits des femmes et votre commission, chers collègues.
00:13:24Cette articulation, elle est essentielle pour faire progresser concrètement l'égalité entre les femmes et les hommes dans notre droit
00:13:31et dans les faits.
00:13:32Je tiens également à remercier très sincèrement nos trois rapporteurs, Karine Lebon, Virginie Duby-Muller et Agnès Firmin-Lebaudot
00:13:42pour la grande qualité de leur travail à la fois rigoureux, documenté et très engagé.
00:13:49Ce rapport, il est le fruit d'un travail approfondi.
00:13:53Il a été nourri par de nombreuses auditions conduites dans le cadre de la mission d'information
00:13:58et il met en lumière une réalité que nous connaissons bien, mais qu'il est toujours nécessaire de documenter avec
00:14:05précision.
00:14:06C'est celle du caractère profondément systémique des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.
00:14:13Ces inégalités, elles s'enracinent dans des mécanismes qui sont multiples, imbriqués,
00:14:18à la fois la dévalorisation persistante des métiers féminisés, le poids des stéréotypes de genre
00:14:25ou la concentration des femmes dans le temps partiel subi,
00:14:29les freins à l'accès aux responsabilités, aux métiers aussi qui sont fortement rémunérés
00:14:35ou encore des effets de discrimination et de violence au travail.
00:14:39A cela s'ajoutent des ruptures de carrière qui sont liées aux maternités,
00:14:43qui sont liées à l'invisibilisation des femmes dès 45 ans
00:14:47et aux limites d'outils qui sont existants, notamment l'index égalité professionnelle que nous connaissons bien,
00:14:55mais qui peine encore à révéler pleinement l'ampleur des écarts.
00:15:00Les constats, ils nous obligent notamment à la lumière de la transposition de la directive européenne
00:15:06sur la transparence salariale.
00:15:08Cette transposition, elle constitue un des grands rendez-vous de cette année.
00:15:14Nous devons théoriquement transposer d'ici le 6 juin.
00:15:18Autant vous dire que c'est une attente de calendrier et de textes très fortes.
00:15:24Nous avons eu l'occasion de le rappeler lors de l'audition et de nos rencontres
00:15:28avec le ministre du Travail.
00:15:31Au-delà de l'aspect du calendrier, en fait, on a des enjeux qui sont considérables.
00:15:35Il faut d'abord garantir une transposition qui soit fiable, qui soit fidèle, ambitieuse,
00:15:41à la hauteur non seulement des attentes, mais aussi de la place de la France
00:15:45sur ces questions-là depuis de nombreuses années.
00:15:48Il s'agit aussi d'assurer l'effectivité des mesures en accompagnant les entreprises.
00:15:53Vous l'avez largement souligné, mesdames et messieurs,
00:15:58notamment les TPE, les PME, avec des outils qui soient clairs, opérationnels,
00:16:03sécurisés juridiquement.
00:16:04Et c'est pour cela qu'on appelle un texte de transposition qui respecte nos engagements,
00:16:11les ambitions affichées de la France depuis 2018,
00:16:13et qui s'appliquera non seulement aux salariés dans la sphère privée,
00:16:18mais aussi la fonction publique de façon indistinctement.
00:16:24Nous enjoignons donc le gouvernement à nous présenter un texte
00:16:27et à l'inscrire au plus vite dans notre calendrier.
00:16:30Et je laisse à présent la parole à mesdames et les rapporteurs
00:16:34pour présenter leurs principales conclusions,
00:16:36ainsi que sur les enjeux plus techniques de ce texte que nous attendons
00:16:40et sur lesquels nous aurons collectivement une responsabilité majeure.
00:16:44Je vous remercie.
00:16:48Madame la Présidente, chers collègues,
00:16:52si la délégation aux droits des femmes a décidé d'entreprendre, il y a un an,
00:16:56une mission d'information sur l'égalité salariale,
00:16:58c'est que celle-ci joue un rôle central pour parvenir à l'égalité professionnelle,
00:17:03garantie de l'indépendance économique des femmes et de leur autonomie.
00:17:08En effet, tant que les femmes sont en situation de dépendance économique,
00:17:12elles restent vulnérables aux violences intrafamiliales
00:17:15et exposées à la précarité, y compris lorsqu'elles se retrouvent à la retraite.
00:17:20Les pensions de retraite des femmes reflètent leur trajectoire professionnelle
00:17:24étant inférieure à 40% à celle des hommes.
00:17:27Les inégalités salariales pénalisent donc fortement les femmes dans tous les domaines
00:17:33et tout au long de la vie.
00:17:35Entre 1995 et 2023,
00:17:38l'écart de revenu salarial a diminué d'un tiers entre femmes et hommes.
00:17:43Toutefois, en 2023, dans le secteur privé,
00:17:46le revenu salarial moyen des femmes restait inférieur de 22,2% à celui des hommes.
00:17:52Cet écart s'explique en partie par le moindre volume de travail annuel des femmes
00:17:57qui sont à la fois moins souvent en emploi au cours de l'année
00:18:01et davantage à temps partiel.
00:18:04Cependant, même à temps de travail identique,
00:18:07le salaire moyen des femmes est inférieur à celui des hommes de 14,2%.
00:18:13Ces différences de salaire s'expliquent par la répartition genrée des professions.
00:18:17Les femmes n'occupent pas les mêmes emplois
00:18:20et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes
00:18:22et accèdent moins aux postes les plus rémunérateurs.
00:18:27Néanmoins, même en prenant des hommes et des femmes
00:18:29qui ont le même métier, le même âge
00:18:31et qui sont dans la même entreprise,
00:18:33il restera toujours indifférentiel de l'ordre de 4%
00:18:37qui correspond à de la discrimination pure.
00:18:41L'urgence à agir est donc patente.
00:18:44Il y a plusieurs leviers à actionner pour remédier à l'ensemble de ces écarts
00:18:48dont les causes sont différentes
00:18:50et dont les effets cumulatifs défavorisent les femmes de manière structurelle.
00:18:55A cet écart, nous fondions beaucoup d'espoir
00:18:58dans notre rapport consacré à l'égalité salariale
00:19:00sur la transposition de la directive européenne du 10 mai 2023
00:19:05visant à renforcer l'application du principe de l'égalité des rémunérations
00:19:09entre les femmes et les hommes pour un même travail
00:19:12ou un travail de même valeur
00:19:13par la transparence des rémunérations
00:19:16et les mécanismes d'application du droit
00:19:19celles-ci ayant pour objectif d'initier un changement de paradigme salutaire.
00:19:24Afin d'accompagner au mieux la transposition de cette directive
00:19:28et animée d'un esprit de dialogue avec le ministère du Travail,
00:19:31nous avions formulé dans notre rapport
00:19:34un certain nombre de recommandations très concrètes
00:19:36tenant compte à la fois de l'accompagnement nécessaire des entreprises
00:19:41dans la transposition de cette directive
00:19:43et du droit légitime des salariés
00:19:45à ce que les dispositions de la directive soient rapidement effectives.
00:19:50Ainsi, six recommandations du rapport
00:19:53étaient consacrées à l'accompagnement des petites et moyennes entreprises
00:19:57pour une mise en œuvre opérationnelle et soutenable de la directive.
00:20:02La recommandation numéro trois
00:20:04prévoir un accompagnement renforcé
00:20:06des entreprises de 50 à 250 salariés
00:20:09pour leur fournir les outils nécessaires
00:20:11au calcul du septième indicateur
00:20:13relatif à l'écart de rémunération
00:20:16entre les femmes et les hommes par catégorie de travailleurs
00:20:18notamment pour la construction de catégories.
00:20:21La recommandation numéro quatre
00:20:24mettre en place des tests TPE-PME
00:20:27afin de vérifier la faisabilité des obligations
00:20:30issues de la directive pour les plus petites entreprises
00:20:33et mettre en œuvre des ajustements en fonction des résultats
00:20:36de façon à ne pas mettre celles-ci en difficulté.
00:20:41La recommandation numéro cinq
00:20:43pour les entreprises de moins de 10 salariés
00:20:46reporter les obligations d'information des salariés
00:20:49sur les branches professionnelles
00:20:50qui définissent les critères de fixation des salaires
00:20:53et qui opèrent des classifications
00:20:55afin de ne pas placer les TPE en situation d'insécurité juridique.
00:21:00La recommandation numéro dix
00:21:01élaborer des modules de formation
00:21:04mis à disposition des entreprises de moins de 250 salariés
00:21:07pour leur donner des outils nécessaires
00:21:09à la construction d'une politique de rémunération
00:21:11transparente et équitable
00:21:13basée sur des critères objectifs.
00:21:16La recommandation numéro onze
00:21:18créer une obligation de révision des classifications
00:21:21au niveau des branches professionnelles
00:21:23sur la base de critères objectifs non sexistes
00:21:26et désigner un organe de suivi
00:21:28pour vérifier cette mise en œuvre
00:21:30afin d'offrir un support aux entreprises
00:21:32pour la détermination des catégories.
00:21:35La recommandation numéro un
00:21:38déployer dans chaque département d'outre-mer
00:21:40un dispositif d'appui opérationnel
00:21:43et la mise en œuvre des obligations
00:21:45de transparence salariale
00:21:46outils référents accompagnement des branches
00:21:49et des TPE-PME
00:21:50afin de sécuriser la production des données
00:21:54et d'assurer une application effective
00:21:55et homogène des nouvelles règles
00:21:58sur l'ensemble du territoire national.
00:22:01En outre, le rapport comportait
00:22:03neuf recommandations destinées à transformer
00:22:06les obligations juridiques
00:22:07en droits effectifs pour les salariés.
00:22:09La recommandation numéro sept
00:22:12spécifiée que la fourchette de rémunération
00:22:14rendue obligatoire
00:22:15lors de la publication d'une offre d'emploi
00:22:17ne présente pas un écart de plus de 10%
00:22:19entre le bas et le haut de la fourchette
00:22:21afin de ne pas perpétuer
00:22:23les inégalités salariales entre les femmes et les hommes
00:22:26constatées dès l'embauche.
00:22:28La recommandation numéro huit
00:22:30rendre obligatoire sur les sites d'offres d'emploi
00:22:33la mention qu'il est interdit aux employeurs
00:22:35de demander aux candidats
00:22:36leur salaire actuel ou antérieur.
00:22:39La recommandation numéro neuf
00:22:41prévoir un affichage dans toutes les entreprises
00:22:43informant les salariés de leur droit à demander
00:22:45et obtenir par écrit des informations
00:22:48sur leur niveau de rémunération individuelle
00:22:50ainsi que sur les niveaux moyens
00:22:54ventilés par sexe
00:22:55pour les catégories de travailleurs
00:22:57accomplissant un même travail
00:22:58ou un travail de valeur égale.
00:23:01La recommandation numéro douze
00:23:04conformément à l'article 29 de la directive
00:23:07qui prévoit que chaque état membre
00:23:09désigne un organisme chargé de suivre
00:23:11et de soutenir la mise en oeuvre
00:23:12des mesures nationales relatives à celle-ci
00:23:14et prend les dispositions nécessaires
00:23:17à son bon fonctionnement
00:23:19désigner le Haut Conseil à l'égalité
00:23:21entre les femmes et les hommes
00:23:22donc le HCE
00:23:23comme organisme de suivi
00:23:25et renforcer les moyens matériels
00:23:27et humains mis à disposition
00:23:29afin de lui permettre
00:23:31d'accomplir sa mission.
00:23:33La recommandation numéro 13
00:23:35donc augmenter de manière conséquente
00:23:37les effectifs de l'inspection du travail
00:23:38en constante diminution depuis 2017
00:23:41afin que les inspecteurs du travail
00:23:43soient en capacité d'exercer
00:23:45leur mission de contrôle des entreprises
00:23:46en matière d'inégalité salariale.
00:23:49La recommandation numéro 14
00:23:51prévoir que l'action de groupe
00:23:53concernant les salariés du droit privé
00:23:55soit du ressort non pas du tribunal judiciaire
00:23:58mais du conseil de prud'homme
00:24:00qui a une compétence avérée
00:24:01en matière de litige
00:24:02s'élevant à l'occasion du contrat de travail
00:24:05et devant lequel le ministère d'avocat
00:24:08n'est pas obligatoire
00:24:09contrairement au tribunal judiciaire.
00:24:12La recommandation numéro 15
00:24:14donc prendre en compte pour la construction
00:24:16des catégories permettant de comparer
00:24:18les emplois de valeur égale
00:24:19les conditions de travail
00:24:21et les compétences non techniques
00:24:22mises en oeuvre dans les métiers
00:24:24à prédominance féminine
00:24:25qui sont actuellement sous-évaluées.
00:24:28La recommandation numéro 16
00:24:30s'agissant de la détermination
00:24:33de la valeur égale
00:24:35remplacer les critères figurant
00:24:36dans le code du travail
00:24:37à savoir les connaissances professionnelles
00:24:40les capacités découlant
00:24:41de l'expérience acquise
00:24:42les responsabilités
00:24:44la charge physique ou nerveuse
00:24:46par des critères explicitement mentionnés
00:24:48dans la directive
00:24:49c'est-à-dire les compétences
00:24:52les efforts
00:24:52les responsabilités
00:24:54et les conditions de travail.
00:24:56La recommandation numéro 2
00:24:58mettre en place
00:24:59un plan d'action interministériel
00:25:01dédié à l'égalité salariale
00:25:03en Outre-mer
00:25:03assorti de moyens identifiés
00:25:05et d'un suivi annuel
00:25:07d'indicateurs territorialisés
00:25:09afin de garantir l'effectivité
00:25:10des dispositifs existants
00:25:12et de réduire durablement
00:25:13les écarts de rémunération.
00:25:16Lors de notre rendez-vous
00:25:17avec le ministre du Travail
00:25:18le 17 février 2026
00:25:20nous avons mis l'accent
00:25:22sur nos priorités
00:25:23avec la question
00:25:25de la transparence
00:25:26dès l'embauche.
00:25:27C'est un élément déterminant
00:25:29et qui peut être mis en place
00:25:31de façon immédiate
00:25:32dès l'adoption du projet de loi.
00:25:34En effet, les inégalités
00:25:36scénariales débutent
00:25:38dès l'entrée dans l'entreprise
00:25:39et sont ensuite difficiles
00:25:40à corriger
00:25:41car elles nécessitent
00:25:42des budgets dédiés
00:25:43et les rattrapages
00:25:44sont souvent mal perçus
00:25:46par les collègues masculins
00:25:47qui ont le sentiment
00:25:49que cela s'effectue
00:25:50à leur détriment.
00:25:51L'obligation d'indiquer
00:25:53une fourchette de rémunération
00:25:54dans les annonces
00:25:55d'offres d'emploi
00:25:56constitue donc
00:25:57un levier majeur
00:25:58pour permettre aux femmes
00:26:00d'accéder aux mêmes rémunérations
00:26:01que les hommes.
00:26:02L'interdiction de demander
00:26:04des rémunérations actuelles
00:26:06ou antérieures
00:26:06est tout aussi importante
00:26:08afin de ne pas reproduire
00:26:10et perpétuer
00:26:11les inégalités
00:26:12que subissent les femmes
00:26:13et de ne pas inciter
00:26:15les employeurs
00:26:15à se situer
00:26:16dans une logique
00:26:17de moins dix ans
00:26:18à l'égard des femmes.
00:26:20La transparence
00:26:21dans l'entreprise,
00:26:22l'article 7
00:26:23de la directive
00:26:24prévoit que les travailleurs
00:26:25ont le droit
00:26:26de demander
00:26:26et de recevoir
00:26:28par écrit
00:26:28des informations
00:26:29sur leur niveau
00:26:30de rémunération individuelle
00:26:32et sur les niveaux
00:26:33de rémunération moyens
00:26:35ventilés par sexe
00:26:36pour les catégories
00:26:37de travailleurs
00:26:38accomplissant
00:26:38le même travail qu'eux
00:26:40ou un travail
00:26:41de même valeur
00:26:41que le leur.
00:26:42Ce droit à l'information
00:26:44au sein de l'entreprise
00:26:44est essentiel
00:26:45pour permettre
00:26:46à chaque salarié
00:26:47de savoir
00:26:48sur la base
00:26:49de quels critères
00:26:50sa rémunération
00:26:51a été établie
00:26:53et progresse
00:26:54et surtout
00:26:56d'apprécier
00:26:57si elle est moins payée
00:26:58que ses homologues masculins
00:27:00en pouvant disposer
00:27:01d'éléments
00:27:02de comparaison.
00:27:04Sur l'accompagnement
00:27:05des petites
00:27:05et moyennes entreprises,
00:27:07les États membres
00:27:08doivent apporter
00:27:09un soutien
00:27:10sous la forme
00:27:11d'une assistance
00:27:11technique
00:27:12et d'une formation
00:27:13aux employeurs
00:27:15dont les effectifs
00:27:16comptent moins
00:27:16de 250 travailleurs
00:27:17et aux représentants
00:27:19des travailleurs concernés
00:27:20afin de faciliter
00:27:21le respect
00:27:21par ceux-ci
00:27:22des obligations
00:27:23énoncées
00:27:24dans la directive.
00:27:25Le soutien
00:27:26des petites structures
00:27:26est indispensable
00:27:27pour éviter
00:27:28à celles-ci
00:27:29de courir
00:27:29un risque juridique
00:27:30qui pourrait
00:27:31compromettre
00:27:32la pérennité
00:27:32de l'entreprise
00:27:33du fait
00:27:34du droit
00:27:35à la réparation
00:27:35totale
00:27:36sur l'ensemble
00:27:36de la carrière
00:27:37pour les salariés
00:27:38victimes
00:27:39de discriminations
00:27:39sexistes,
00:27:40d'autant plus
00:27:41que la directive
00:27:42prévoit
00:27:42que la charge
00:27:43de la preuve
00:27:44incombera
00:27:44à l'employeur
00:27:45et que ce sera
00:27:47à lui
00:27:47d'établir
00:27:48que les écarts
00:27:48de salaire constatés
00:27:50correspondent
00:27:50à des critères
00:27:51objectifs
00:27:52non sexistes
00:27:53et non à la salariée
00:27:54de prouver
00:27:55qu'elle a été
00:27:56victime de discrimination.
00:27:58Les sanctions
00:27:59une des raisons
00:28:01invoquées
00:28:01à l'absence
00:28:02d'efforts
00:28:02en matière
00:28:03de réduction
00:28:03des inégalités
00:28:04professionnelles
00:28:05de l'index
00:28:06de l'égalité
00:28:07professionnelle
00:28:08est le très faible
00:28:09nombre de sanctions
00:28:10qui ont été
00:28:10prononcées
00:28:11malgré un nombre
00:28:12de contrôles
00:28:13relativement important.
00:28:15La directive
00:28:16indique
00:28:17que les états membres
00:28:19devraient prévoir
00:28:20des sanctions
00:28:20effectives
00:28:21proportionnées
00:28:22et dissuasives.
00:28:23Il est donc
00:28:24très important
00:28:24de structurer
00:28:25ce volet sanctions
00:28:26dès l'élaboration
00:28:28du projet de loi
00:28:28afin que les entreprises
00:28:30prennent conscience
00:28:30des nouvelles responsabilités
00:28:32que la directive
00:28:33fait peser sur elles.
00:28:35L'action de groupe
00:28:36afin de rendre
00:28:37l'action de groupe
00:28:38accessible
00:28:38et dans un souci
00:28:39de protection
00:28:40des salariés
00:28:40il serait souhaitable
00:28:42que celle-ci relève
00:28:43pour les salariés
00:28:43du privé
00:28:44du conseil de prud'homme
00:28:45où le ministère
00:28:46d'avocat
00:28:46n'est pas obligatoire
00:28:47et non du tribunal
00:28:48judiciaire.
00:28:49Sur la désignation
00:28:51d'un organisme
00:28:51de suivi
00:28:52l'article 29
00:28:53de la directive
00:28:54prévoit que chaque état
00:28:55membre désigne
00:28:56un organisme
00:28:56de suivi
00:28:57chargé de suivre
00:28:58et de soutenir
00:28:58la mise en oeuvre
00:28:59des mesures nationales
00:29:00relatives à celle-ci
00:29:01et prend les dispositions
00:29:03nécessaires
00:29:04à son bon fonctionnement.
00:29:06Sur la répartition
00:29:07entre le volet législatif
00:29:08et le volet réglementaire
00:29:10pour que les mécanismes
00:29:12de transparence
00:29:12et de correction
00:29:13des inégalités
00:29:14prévues par la directive
00:29:15produisent tous leurs effets
00:29:17il est indispensable
00:29:18que le futur projet de loi
00:29:19ne s'en tienne pas
00:29:20à de simples déclarations
00:29:21de principes
00:29:22renvoyant les modalités
00:29:24pratiques au volet réglementaire.
00:29:26Certaines des mesures
00:29:27peuvent être
00:29:28d'application immédiate
00:29:29comme la transparence
00:29:30lors de l'embauche
00:29:31et il est important
00:29:32que la loi prévoie
00:29:33des dispositions
00:29:34précises et concrètes
00:29:36mettant en place
00:29:37des droits effectifs
00:29:38opposables aux employeurs
00:29:39afin de provoquer
00:29:41un changement de paradigme
00:29:42et de ne pas se contenter
00:29:43de rajouter
00:29:44une strate supplémentaire
00:29:46à un édifice juridique
00:29:48déjà volumineux
00:29:49sans que pour autant
00:29:50l'égalité salariale
00:29:51ne se traduise
00:29:52dans les faits.
00:29:53Or, celle-ci
00:29:55est déterminante
00:29:56pour les conditions
00:29:56de vie des femmes
00:29:57et leur autonomie,
00:29:58la dépendance économique
00:30:00étant trop souvent
00:30:01le terreau des violences
00:30:02subies par les femmes.
00:30:04L'outre-mer,
00:30:05nous avions également
00:30:06insisté sur la nécessité
00:30:08d'adapter
00:30:09le dispositif
00:30:10et d'apporter
00:30:11un soutien
00:30:12renforcé
00:30:12aux territoires
00:30:13ultramarins
00:30:14où la situation
00:30:15économique et sociale
00:30:16aggrave considérablement
00:30:17les difficultés
00:30:18rencontrées par les femmes
00:30:19sur le marché du travail.
00:30:21Enfin,
00:30:22nous avons manifesté
00:30:23notre inquiétude
00:30:24quant au calendrier
00:30:25de mise en œuvre
00:30:26de la directive,
00:30:27le projet de loi
00:30:28n'étant toujours pas finalisé
00:30:29et encore moins inscrit
00:30:31à l'ordre du jour
00:30:31de l'agenda parlementaire
00:30:33alors que la transposition
00:30:35de la directive
00:30:35est censée être effectuée
00:30:37au plus tard
00:30:38le 7 juin 2026.
00:30:44Le cabinet du ministre
00:30:46a fini par nous transmettre
00:30:48le projet de loi
00:30:49le 6 mars 2026
00:30:51et nous avons procédé
00:30:53à un examen attentif
00:30:55et autant le dire clairement,
00:30:57le compte n'y est pas.
00:30:58Et ce n'est pas seulement
00:30:59la députée de l'opposition
00:31:00qui vous le dit.
00:31:02D'abord,
00:31:03le texte transmis
00:31:05est incomplet.
00:31:06Nous n'avons reçu
00:31:06que le volet relatif
00:31:07aux salariés
00:31:08du secteur privé.
00:31:10Or,
00:31:10la directive
00:31:10concerne aussi
00:31:11les agents publics.
00:31:12Les dispositions
00:31:14doivent être cohérentes
00:31:15pour l'ensemble
00:31:15des travailleurs
00:31:16même si elles s'insèrent
00:31:17dans des textes différents.
00:31:19Le code du travail
00:31:20d'un côté
00:31:20et le code général
00:31:21de la fonction publique
00:31:22de l'autre.
00:31:23Ensuite,
00:31:23le projet de loi
00:31:24suscite de fortes inquiétudes
00:31:26sur le fond.
00:31:27Trop de dispositions
00:31:28essentielles
00:31:29sont renvoyées au décret.
00:31:30Certaines obligations
00:31:31de la directive
00:31:32sont traduites
00:31:33de manière trop faible.
00:31:35D'autres dispositions
00:31:36importantes
00:31:36sont tout simplement
00:31:37absentes.
00:31:39Concernant les dispositions
00:31:40qui devraient figurer
00:31:41dans la loi
00:31:42mais qui sont renvoyées
00:31:43au décret,
00:31:44on peut citer
00:31:45l'énumération
00:31:46et la définition
00:31:47des nouveaux indicateurs.
00:31:48Toute la directive
00:31:49repose sur ces indicateurs.
00:31:51En particulier,
00:31:52celui qui mesure
00:31:53l'écart de rémunération
00:31:54entre les femmes
00:31:54et les hommes
00:31:55par catégorie de travailleurs.
00:31:57Cet indicateur
00:31:58est central.
00:31:58Il permet de comparer
00:31:59les rémunérations
00:32:00pour un même travail
00:32:01ou un travail
00:32:02de même valeur.
00:32:03Il constitue
00:32:04le point de départ
00:32:05des démarches correctives.
00:32:06Or,
00:32:07le projet de loi
00:32:08se contente
00:32:09d'indiquer
00:32:09que les entreprises
00:32:10d'au moins 50 salariés
00:32:11déclarent chaque année
00:32:12des indicateurs
00:32:13relatifs aux écarts
00:32:14de rémunération
00:32:15selon des modalités
00:32:16fixées par décret.
00:32:18Cette rédaction
00:32:18affaiblit d'emblée
00:32:19le texte.
00:32:20La directive
00:32:21énumère clairement
00:32:22ces indicateurs
00:32:23donc rien n'empêche
00:32:24de les inscrire
00:32:25dans la loi.
00:32:26Plus inquiétant encore,
00:32:27le projet prévoit
00:32:28qu'un accord collectif
00:32:29pourrait permettre
00:32:30à l'employeur
00:32:31de ne pas déclarer
00:32:32l'indicateur
00:32:33relatif à l'écart
00:32:34de rémunération
00:32:34par catégorie
00:32:35de travailleurs.
00:32:37Et ça,
00:32:37c'est extrêmement problématique.
00:32:39Cet indicateur,
00:32:40c'est précisément
00:32:41celui qui permettra
00:32:43aux salariés,
00:32:44aux représentants
00:32:44du personnel
00:32:45et aux administrations
00:32:46de repérer
00:32:47les écarts
00:32:48les plus significatifs.
00:32:49Permettre d'y déroger,
00:32:51ça reviendrait
00:32:51à priver le dispositif
00:32:53d'un de ses outils majeurs.
00:32:55Cette disposition
00:32:55pose aussi
00:32:56une difficulté juridique
00:32:57puisque la directive
00:32:58établit des exigences minimales.
00:33:00On voit mal comment
00:33:01un accord collectif
00:33:02pourrait permettre
00:33:02de s'affranchir
00:33:03d'une obligation
00:33:04directement issue
00:33:06du droit européen
00:33:06une telle rédaction
00:33:08créerait de l'insécurité juridique
00:33:10et ouvrirait la voie
00:33:11à du contentieux.
00:33:12Deuxième problème,
00:33:14le seuil de 5%
00:33:15déclenchant l'évaluation
00:33:16conjointe des rémunérations.
00:33:18Ce seuil,
00:33:19il est prévu
00:33:19par la directive.
00:33:20Il est déterminant
00:33:21parce qu'il déclenche
00:33:22des mécanismes
00:33:23destinés
00:33:24à corriger
00:33:25les écarts
00:33:25lorsqu'ils ne sont pas
00:33:27justifiés
00:33:27par des raisons
00:33:28objectives
00:33:28et non sexistes.
00:33:30Ces mécanismes
00:33:31sont largement détaillés
00:33:32dans le projet de loi
00:33:33puisqu'ils sont énumérés
00:33:34sur près de 4 pages.
00:33:35Pourtant,
00:33:36le projet de loi
00:33:37ne mentionne pas
00:33:38explicitement ce seuil.
00:33:39Il renvoie
00:33:40à un pourcentage
00:33:41défini par décret.
00:33:43Là encore,
00:33:44rien ne justifie
00:33:45ce renvoi.
00:33:46Le seuil de 5%
00:33:47figure dans la directive.
00:33:49Il doit figurer
00:33:50donc dans la loi,
00:33:51selon toute logique.
00:33:53Troisième problème,
00:33:54le droit
00:33:55à l'information.
00:33:56La directive prévoit
00:33:57que les travailleurs
00:33:58ont le droit
00:33:59de demander
00:33:59et de recevoir
00:34:00par écrit
00:34:01des informations
00:34:02sur la rémunération
00:34:03individuelle
00:34:04et sur les rémunérations
00:34:06moyennes
00:34:06ventilées par sexe
00:34:07pour les catégories
00:34:08de travailleurs
00:34:08accomplissant
00:34:09le même travail
00:34:10ou un travail
00:34:11de même valeur.
00:34:12Elle prévoit aussi
00:34:13que l'employeur
00:34:14doit répondre
00:34:15dans un délai raisonnable
00:34:16et en tout état de cause
00:34:17dans un délai maximum
00:34:18de 2 mois.
00:34:20Le projet de loi,
00:34:21lui,
00:34:21est beaucoup plus faible.
00:34:22Il ne reprend pas
00:34:24explicitement
00:34:25l'exigence
00:34:25d'une réponse écrite.
00:34:26Il ne mentionne pas
00:34:27clairement le délai
00:34:29de 2 mois.
00:34:29Il renvoie encore
00:34:31au décret.
00:34:31Il ne reprend pas
00:34:32non plus
00:34:33de manière satisfaisante
00:34:34la notion
00:34:34de travail égal
00:34:35ou de travail
00:34:36de même valeur.
00:34:37Or,
00:34:38ces éléments,
00:34:38ils doivent être
00:34:39dans la loi.
00:34:40Ce sont des garanties
00:34:41minimales.
00:34:43L'ensemble
00:34:43de ces éléments
00:34:45qui ont vocation
00:34:45à figurer dans la loi
00:34:46et qui sont renvoyés
00:34:47au décret
00:34:49affaiblissent
00:34:49de manière significative
00:34:50la portée
00:34:51des obligations
00:34:52mentionnées
00:34:52dans le projet de loi.
00:34:53Or,
00:34:53ces éléments
00:34:55figurent dans
00:34:56les articles
00:34:56de la directive
00:34:57qui définit,
00:34:58je le répète,
00:34:59des garanties
00:35:00minimales.
00:35:02Il paraît donc
00:35:02essentiel
00:35:03de ne pas renvoyer
00:35:04au décret
00:35:05de mentionner
00:35:05explicitement
00:35:06dans la loi
00:35:07la liste
00:35:08des nouveaux indicateurs,
00:35:09l'écart
00:35:10d'au moins 5%,
00:35:11le délai
00:35:12de 2 mois
00:35:12pour une réponse
00:35:13écrite
00:35:14aux demandes
00:35:14d'information.
00:35:15S'agissant
00:35:16des dispositions
00:35:17qui traduisent
00:35:18imparfaitement
00:35:18les obligations
00:35:19de la directive,
00:35:20elles concernent
00:35:20les sanctions.
00:35:23Le projet
00:35:24prévoit
00:35:26une pénalité
00:35:27de
00:35:29450 euros
00:35:30pour certains
00:35:32manquements
00:35:32aux obligations
00:35:32de transparence.
00:35:34Vous avez vu,
00:35:35j'ai pris le temps
00:35:35d'annoncer
00:35:36cette somme
00:35:37considérable.
00:35:38Non,
00:35:39franchement,
00:35:39ce montant,
00:35:39ce n'est pas sérieux.
00:35:41Pour une grande entreprise,
00:35:42450 euros,
00:35:43c'est moins
00:35:44qu'une ligne comptable.
00:35:45Ce n'est pas
00:35:46une sanction
00:35:46dissuasive.
00:35:47C'est presque
00:35:48une invitation
00:35:49à considérer
00:35:49la transparence
00:35:50comme une option.
00:35:51Or,
00:35:52la directive
00:35:52demande des sanctions
00:35:54effectives,
00:35:55proportionnées
00:35:56et dissuasives.
00:35:57Si une entreprise
00:35:58peut s'exonérer
00:35:59de ses obligations
00:36:00pour 450 euros,
00:36:02le droit
00:36:03à l'information
00:36:03des candidats,
00:36:04des salariés,
00:36:05des représentants
00:36:06du personnel
00:36:06restera largement théorique.
00:36:09Ce montant,
00:36:10il doit être revu,
00:36:11cette somme dérisoire,
00:36:12enverrait un très mauvais message
00:36:14et serait complètement inadaptée
00:36:16aux enjeux
00:36:17de la directive.
00:36:20Un autre problème,
00:36:21c'est la rédaction
00:36:22relative aux offres
00:36:24d'emploi.
00:36:24Le projet interdit
00:36:26de publier
00:36:26une offre d'emploi
00:36:27sans fourchette
00:36:28de rémunération.
00:36:29Et ça,
00:36:29c'est positif.
00:36:30Mais la rédaction retenue,
00:36:32elle reste datée.
00:36:33Elle fait encore référence
00:36:35aux journaux,
00:36:36revues et périodiques.
00:36:38Or,
00:36:38aujourd'hui,
00:36:38l'essentiel du recrutement
00:36:39passe par les plateformes
00:36:40numériques,
00:36:41les sites d'emploi,
00:36:42les réseaux sociaux professionnels
00:36:44et candidatures en ligne.
00:36:45D'après France Travail,
00:36:46les sites internet
00:36:47d'offres d'emploi
00:36:47regroupent 87%
00:36:49des offres d'emploi.
00:36:50En outre,
00:36:51les réseaux sociaux professionnels,
00:36:52à commencer par LinkedIn,
00:36:54sont également très utilisés
00:36:55par les entreprises,
00:36:56que ce soit pour publier
00:36:57des offres
00:36:58ou faire du sourcing.
00:37:00Il faut une rédaction claire,
00:37:01en fait.
00:37:02Toute offre d'emploi
00:37:03publiée sur support papier
00:37:04ou numérique
00:37:05doit préciser
00:37:06une fourchette
00:37:06de rémunération
00:37:07et les dispositions
00:37:08conventionnelles applicables.
00:37:10C'est simple,
00:37:10lisible,
00:37:11adaptée aux pratiques actuelles.
00:37:14Sixième problème,
00:37:15la définition du travail
00:37:17de valeur égale.
00:37:18La directive retient
00:37:20quatre critères,
00:37:21les compétences,
00:37:22les efforts,
00:37:23les responsabilités
00:37:24et les conditions de travail.
00:37:25Ces critères sont plus adaptés
00:37:26que ceux qui figurent
00:37:27actuellement dans le Code du travail.
00:37:29Ils permettent de mieux tenir compte
00:37:30de la réalité des emplois,
00:37:31notamment dans les métiers féminisés.
00:37:33Et le projet se contente
00:37:35d'ajouter quelques mots
00:37:36aux droits existants
00:37:37sans reprendre pleinement
00:37:38l'approche de la directive.
00:37:39Et donc,
00:37:40c'est insuffisant.
00:37:40Il faut substituer clairement
00:37:42les critères européens
00:37:43aux critères actuels
00:37:44tout en ajoutant explicitement
00:37:46la prise en compte
00:37:47des compétences non techniques
00:37:48lorsqu'elles sont pertinentes.
00:37:50C'est un point essentiel.
00:37:51Dans de nombreux métiers féminisés,
00:37:53les compétences relationnelles,
00:37:55émotionnelles,
00:37:56d'organisation,
00:37:57d'attention,
00:37:58d'écoute,
00:37:58de médiation
00:37:59ou de coordination
00:38:00sont indispensables.
00:38:02Elles demandent de l'expérience,
00:38:03de la maîtrise,
00:38:04du professionnalisme.
00:38:05Elles ne doivent plus
00:38:06être considérées
00:38:07comme des qualités naturelles
00:38:09qui n'auraient pas
00:38:10à être rémunérées.
00:38:12On a un septième problème,
00:38:14c'est le renversement
00:38:14de la charge de la preuve.
00:38:16La directive prévoit
00:38:17que lorsqu'un travailleur
00:38:19présente des faits
00:38:19permettant de présumer
00:38:20une discrimination,
00:38:22il revient à l'employeur
00:38:24de prouver
00:38:24qu'il n'y a pas eu
00:38:25discrimination directe
00:38:26ou indirecte
00:38:27en matière de rémunération.
00:38:28Mais le projet de loi
00:38:29y introduit
00:38:30une formulation plus restrictive.
00:38:32Il semble demander
00:38:33aux salariés
00:38:34de présenter des éléments
00:38:35auxquels il n'aura
00:38:36souvent pas accès,
00:38:37sauf si l'employeur
00:38:38respecte pleinement
00:38:40ses obligations
00:38:40de transparence.
00:38:41Mais bon,
00:38:42pour une amende
00:38:43de 450 euros,
00:38:43on peut s'en affranchir,
00:38:44alors on peut en douter.
00:38:45Il peut notamment
00:38:47présenter des données,
00:38:48alors je parle
00:38:49du salarié,
00:38:51statistiques,
00:38:52la rémunération
00:38:53d'un salarié
00:38:53antérieurement embauché
00:38:54auprès de son employeur
00:38:55ou la rémunération
00:38:57d'un salarié
00:38:58liée à un employeur
00:39:00distinct dès lors
00:39:00que leurs conditions
00:39:01de rémunération
00:39:02pertinentes
00:39:03pour établir une comparaison
00:39:04sont fixées
00:39:05par une convention
00:39:05ou accord collectif
00:39:06inter-entreprise
00:39:07de groupe
00:39:07ou conclu au sein
00:39:08d'une unité
00:39:09économique ou sociale.
00:39:11Et ça,
00:39:11ça risque de rendre
00:39:12le droit plus difficile
00:39:13à exercer.
00:39:14En fait,
00:39:15il faut rester
00:39:15au plus près
00:39:15de la directive.
00:39:16Ça,
00:39:17ce sont nos recommandations.
00:39:18On est d'accord
00:39:19toutes les trois
00:39:20et la présidente
00:39:21de la délégation
00:39:22avec nous.
00:39:23La salariée,
00:39:24puisqu'il s'agira
00:39:24souvent des femmes,
00:39:25doit pouvoir présenter
00:39:26des faits
00:39:27laissant présumer
00:39:28une discrimination.
00:39:29Ensuite,
00:39:30l'employeur doit démontrer
00:39:31qu'il n'y a pas eu
00:39:32discrimination salariale.
00:39:34En fait,
00:39:34c'est ça le renversement
00:39:35dans la charge de la preuve.
00:39:37Donc,
00:39:37il est préférable
00:39:38de s'en tenir
00:39:38à la formulation générale
00:39:40de la directive
00:39:40plutôt que d'apporter
00:39:41des précisions réductrices
00:39:42des droits des salariés
00:39:43telles qu'établies
00:39:45par la directive.
00:39:46Et puis,
00:39:47on a un autre problème,
00:39:47c'est l'entrée en vigueur.
00:39:50Puisque,
00:39:51on vous l'a dit,
00:39:52la directive
00:39:53doit être transposée
00:39:54au plus tard
00:39:54le 7 juin 2026.
00:39:56Nous sommes le 12 mai 2026.
00:39:59et le projet de loi
00:40:01dont nous avons eu connaissance
00:40:03prévoit que certaines dispositions
00:40:05pourraient entrer en vigueur
00:40:06à une date fixée
00:40:07par décret
00:40:08et au plus tard
00:40:09un an après la promulgation.
00:40:11Là,
00:40:12ce délai,
00:40:12il est préoccupant
00:40:13parce qu'on risque
00:40:14de voter un texte tardif,
00:40:16incomplet,
00:40:17dont les dispositions importantes
00:40:19seraient encore différées.
00:40:20Et ça,
00:40:21ça créerait de l'incertitude
00:40:22pour les entreprises
00:40:23et du découragement
00:40:24pour les salariés.
00:40:25Les droits doivent être effectifs
00:40:26dès la promulgation.
00:40:28Chaque fois que cela est possible,
00:40:29les délais prévus
00:40:30pour la déclaration des indicateurs
00:40:31doivent aussi respecter
00:40:33ceux de la directive.
00:40:35Et au-delà de ces faiblesses,
00:40:36plusieurs éléments importants
00:40:37de la directive
00:40:38sont carrément absents
00:40:40du projet de loi.
00:40:42Aucun organisme de suivi
00:40:43n'est désigné.
00:40:44Pourtant,
00:40:45l'article 29
00:40:45de la directive l'impose.
00:40:47Cet organisme doit suivre
00:40:48et soutenir
00:40:49la mise en œuvre
00:40:50des mesures nationales.
00:40:51Il doit recueillir
00:40:53des données,
00:40:53analyser les effets
00:40:54et accompagner les acteurs,
00:40:56contribuer à l'évaluation.
00:40:57Sans organisme de suivi,
00:40:59la transposition manquera
00:41:00d'un pilote clair.
00:41:02Ensuite,
00:41:03le soutien
00:41:03aux employeurs
00:41:04de moins de 250 salariés
00:41:06n'est pas prévu.
00:41:08C'est une omission majeure.
00:41:10La directive demande
00:41:11explicitement
00:41:12pour les entreprises
00:41:13mais aussi
00:41:14pour les représentants
00:41:14des travailleurs
00:41:18une assistance technique
00:41:19et une formation.
00:41:21Il faut produire
00:41:22des outils simples,
00:41:23accessibles,
00:41:23opérationnels.
00:41:24Il faut éviter
00:41:25que les petites structures
00:41:26soient livrées
00:41:27à elles-mêmes
00:41:27face à des obligations
00:41:29complexes.
00:41:30La transparence
00:41:31de la fixation
00:41:32des rémunérations
00:41:33et de leur progression
00:41:34est absente.
00:41:37L'article 6
00:41:38de la directive
00:41:38prévoit
00:41:39que les employeurs
00:41:39mettent à disposition
00:41:40des travailleurs
00:41:41les critères
00:41:42utilisés
00:41:43pour déterminer
00:41:43les rémunérations,
00:41:44les niveaux de rémunération
00:41:45et leur progression.
00:41:46Ces critères doivent être
00:41:47objectifs et non sexistes.
00:41:49C'est un élément fondamental.
00:41:51il faut que les salariés
00:41:52puissent savoir
00:41:53sur quelle base
00:41:54leur salaire est fixé.
00:41:56Elles doivent savoir
00:41:57comment elles peuvent progresser
00:41:58parce que sans cette information,
00:42:00la transparence,
00:42:00elle reste incomplète.
00:42:02Le projet de loi
00:42:03ne reprend pas non plus clairement
00:42:05le droit à indemnisation
00:42:06intégrale
00:42:07sans plafond.
00:42:08La directive prévoit pourtant
00:42:10que les travailleurs
00:42:11ayant subi
00:42:11une discrimination salariale
00:42:13doivent pouvoir obtenir
00:42:14la réparation intégrale
00:42:16du préjudice.
00:42:17arriérés de salaire,
00:42:19primes,
00:42:19paiements en nature,
00:42:20opportunités manquées,
00:42:21préjudices morales,
00:42:23intérêts de retard.
00:42:24Et elle précise
00:42:25que cette réparation
00:42:26ne doit pas être plafonnée.
00:42:28Et ça,
00:42:29ça a une force dissuasive
00:42:30importante en fait.
00:42:32Elle incite les employeurs
00:42:33à agir en amont,
00:42:34à vérifier leurs pratiques,
00:42:35à corriger les écarts
00:42:36et on ne peut que regretter
00:42:39son absence
00:42:39dans le projet de loi.
00:42:42Et puis je veux insister
00:42:44sur un point
00:42:45pour terminer.
00:42:47les Outre-mer
00:42:47sont absents du texte.
00:42:49Dans notre rapport,
00:42:50on a formulé
00:42:51deux recommandations
00:42:52spécifiques.
00:42:53La première consiste
00:42:54à déployer
00:42:55dans chaque département
00:42:56d'Outre-mer
00:42:56un dispositif d'appui
00:42:57opérationnel
00:42:58pour accompagner
00:42:59la mise en œuvre
00:43:00des obligations
00:43:01de transparence salariale.
00:43:02La seconde
00:43:03vise à mettre
00:43:04en place
00:43:04un plan d'action
00:43:06interministériel
00:43:06dédié à l'égalité salariale
00:43:07en Outre-mer
00:43:08avec des moyens
00:43:09identifiés
00:43:10et un suivi annuel
00:43:11d'indicateurs territorialisés.
00:43:13Aucune
00:43:14de ces recommandations
00:43:15ne trouve de traduction
00:43:16dans le projet de loi.
00:43:17Et c'est une erreur
00:43:19puisque dans les Outre-mer,
00:43:20les femmes subissent
00:43:21des difficultés particulières
00:43:22sur le marché de l'emploi.
00:43:23Les taux de chômage,
00:43:25la précarité,
00:43:25la part des petites entreprises,
00:43:27les ruptures de carrière,
00:43:28les difficultés de garde,
00:43:30les discriminations cumulées,
00:43:31l'absence de données fines,
00:43:33enfin,
00:43:33tout ça exige
00:43:33une réponse adaptée
00:43:35et sans indicateurs territorialisés,
00:43:38nous ne mesurerons pas
00:43:39correctement les écarts.
00:43:41Sans accompagnement spécifique,
00:43:43les obligations seront plus difficiles
00:43:45à appliquer.
00:43:45Sans plan d'action,
00:43:46nous continuerons à proclamer
00:43:47l'égalité sans donner au territoire
00:43:49les moyens de la faire vivre.
00:43:50Donc,
00:43:51chers collègues,
00:43:52le projet de loi
00:43:52qui nous a été transmis,
00:43:54vous l'aurez compris,
00:43:55ne répond pas en l'état
00:43:57aux attentes.
00:43:58Il inquiète les organisations syndicales
00:44:00qui craignent une transposition
00:44:03insuffisante
00:44:04pour garantir les droits réels
00:44:05aux salariés.
00:44:06Il ne rassure pas davantage
00:44:08les entreprises,
00:44:08notamment les plus petites,
00:44:10qui ne voient pas apparaître
00:44:11l'accompagnement technique
00:44:12pourtant prévu par la directive.
00:44:14Quant à la délégation
00:44:16aux droits des femmes,
00:44:16elle ne peut que constater
00:44:17les lacunes,
00:44:18les renvois excessifs au décret,
00:44:20les sanctions insuffisantes,
00:44:22l'absence de certaines garanties
00:44:23et l'oubli des outre-mer.
00:44:25Et nous sommes à un moment important.
00:44:27Cette transposition peut être
00:44:28un tournant pour l'égalité salariale.
00:44:30Elle peut permettre aux femmes
00:44:31de disposer enfin
00:44:32d'informations claires,
00:44:35de droits opposables,
00:44:36de recours efficaces.
00:44:37Elle peut obliger les entreprises
00:44:39à regarder les écarts en face
00:44:41et à les corriger.
00:44:42Elle peut contribuer
00:44:43à mieux reconnaître
00:44:43les métiers féminisés.
00:44:45Elle peut aider
00:44:46à réduire des injustices
00:44:47qui durent depuis trop longtemps.
00:44:48Mais pour ça,
00:44:49il faut une loi solide,
00:44:51une loi qui ne se contemple pas
00:44:52de principes généraux,
00:44:54une loi qui ne renvoie pas
00:44:55l'essentiel au décret,
00:44:56une loi qui prévoit
00:44:57des sanctions réellement dissuasives,
00:44:59une loi qui donne
00:44:59des moyens
00:45:00à l'inspection du travail,
00:45:02puisque ça aussi,
00:45:02on pourrait en parler,
00:45:03une loi qui accompagne
00:45:04les TPE et PME,
00:45:06une loi qui garantit
00:45:07l'information des salariés,
00:45:09une loi qui reconnaît
00:45:10pleinement le travail
00:45:10de valeur égale,
00:45:11une loi qui prend en compte
00:45:12les outre-mer.
00:45:14Et donc,
00:45:15nous comptons
00:45:15sur la vigilance
00:45:17des commissaires
00:45:18aux affaires sociales.
00:45:20à ce sujet,
00:45:22ce texte devrait être amendé
00:45:23en profondeur
00:45:24pour respecter pleinement
00:45:25l'esprit
00:45:26et la lettre
00:45:27de la directive européenne.
00:45:28L'égalité salariale
00:45:29ne peut plus attendre.
00:45:31Les femmes n'ont pas besoin
00:45:32d'un droit théorique de plus.
00:45:34Elles ont besoin
00:45:35d'un droit effectif,
00:45:36contrôlé,
00:45:37appliqué,
00:45:37opposable.
00:45:38C'est à cette condition
00:45:39que la transposition
00:45:40de cette directive
00:45:41pourrait être autre chose
00:45:42qu'un rendez-vous manqué.
00:45:43C'est à cette condition
00:45:45qu'elle deviendra
00:45:45un outil concret
00:45:46de justice sociale,
00:45:47d'indépendance économique
00:45:48et d'égalité réelle.
00:45:50Je vous remercie.
00:45:52Merci,
00:45:53Madame la rapporteure.
00:45:55Et je remercie également
00:45:56l'autre rapporteure
00:45:58qui a dû nous quitter
00:46:00pour aller
00:46:01sur une autre présentation
00:46:02de rapport
00:46:03si j'ai bien compris.
00:46:05Nous allons donc passer
00:46:06désormais
00:46:06aux questions
00:46:08des groupes
00:46:10en commençant
00:46:11par Madame Sandrine
00:46:12de Gorsuc
00:46:13pour le Rassemblement national.
00:46:15Merci Madame la Présidente.
00:46:17Madame la Présidente,
00:46:18Mesdames les rapporteurs,
00:46:19je veux d'abord saluer
00:46:20le travail accompli
00:46:21par les rapporteurs
00:46:22ainsi que l'investissement
00:46:24des membres
00:46:24de la délégation
00:46:25aux droits des femmes
00:46:26et à l'égalité des chances
00:46:27entre les hommes
00:46:28et les femmes
00:46:28sur un sujet essentiel,
00:46:30l'égalité salariale
00:46:31entre les femmes
00:46:32et les hommes.
00:46:33Depuis des décennies,
00:46:34notre droit
00:46:35proclame
00:46:36le principe suivant
00:46:37à travail égal,
00:46:38salaire égal.
00:46:39Pourtant,
00:46:40la réalité
00:46:40reste bien différente.
00:46:42En 2023,
00:46:43dans le secteur privé,
00:46:45le revenu salarial
00:46:46moyen des femmes
00:46:47demeure inférieur
00:46:48de 22,2%
00:46:50à celui des hommes
00:46:51et à temps
00:46:52de travail identique,
00:46:53l'écart atteint
00:46:54donc encore
00:46:5514,2%.
00:46:57Le rapport
00:46:58met en évidence
00:46:59plusieurs causes structurelles,
00:47:00l'impact de la maternité
00:47:02sur les carrières,
00:47:03le poids du temps
00:47:04partiel subi,
00:47:05la concentration
00:47:06des femmes
00:47:06dans des métiers
00:47:08moins rémunérateurs,
00:47:09mais aussi
00:47:10la sous-valorisation
00:47:11de professions
00:47:12très largement
00:47:12féminisées.
00:47:13Il souligne également
00:47:15les faiblesses
00:47:15de l'index
00:47:16de l'égalité
00:47:17professionnelle.
00:47:18Cet outil,
00:47:19censé mesurer
00:47:20les écarts
00:47:21et pousser
00:47:22les entreprises
00:47:22à agir,
00:47:23peut en réalité
00:47:23masquer
00:47:24certaines inégalités.
00:47:26Son périmètre
00:47:27reste limité,
00:47:28sa méthode
00:47:29est contestée
00:47:29et des sanctions
00:47:31sont trop rarement
00:47:32appliquées.
00:47:33La transposition
00:47:34de la directive
00:47:34européenne
00:47:35sur la transparence
00:47:36des rémunérations
00:47:37doit permettre
00:47:38de corriger
00:47:38une partie
00:47:39de ces failles.
00:47:40Mais nous devons
00:47:41être vigilants.
00:47:42Elle ne doit pas
00:47:43devenir une usine
00:47:44à gaz
00:47:44pour les TPE
00:47:45et les PME,
00:47:46déjà confrontée
00:47:47à une complexité
00:47:48normative
00:47:49considérable.
00:47:50Je souhaite donc
00:47:51vous interroger,
00:47:52mesdames les rapporteurs,
00:47:53pour savoir
00:47:54quels sont,
00:47:54selon vous,
00:47:55les principaux
00:47:56éveils,
00:47:57accueils,
00:47:57pardon,
00:47:58à éviter
00:47:58afin que cette réforme
00:48:00ne se traduise
00:48:01par de nouvelles
00:48:02lourdeurs administratives
00:48:03pour les entreprises,
00:48:05en particulier
00:48:05pour les plus petites,
00:48:07mais qu'elles restent
00:48:08un outil réellement utile
00:48:09au service
00:48:10de l'égalité salariale.
00:48:12Je vous remercie.
00:48:13Madame Sandrine
00:48:14Le Nabor
00:48:15pour le groupe
00:48:15Ensemble,
00:48:17pardon,
00:48:18Christine Le Nabor,
00:48:19comme si on ne se connaissait
00:48:20pas depuis longtemps.
00:48:21Excuse-moi.
00:48:22Merci madame la présidente.
00:48:23Madame Christine Le Nabor
00:48:24pour Ensemble
00:48:24pour la République.
00:48:25Madame la présidente,
00:48:26mesdames les rapporteurs,
00:48:27mes chers collègues,
00:48:28je veux d'abord saluer
00:48:29la qualité de ce travail
00:48:30sur l'égalité salariale
00:48:31qui a le mérite
00:48:32de dépasser les constats
00:48:33pour proposer
00:48:34des solutions concrètes.
00:48:36Le rapport rappelle
00:48:36une réalité
00:48:37que nous connaissons,
00:48:38malgré des avancées importantes,
00:48:40les écarts demeurent
00:48:40encore trop élevés.
00:48:42En 2023,
00:48:43les femmes percevaient
00:48:43toujours un revenu salarial
00:48:45moyen inférieur
00:48:46de 22,2%
00:48:48à celui des hommes
00:48:49dans le secteur privé.
00:48:50Même à temps
00:48:51de travail identique,
00:48:53l'écart reste de 14,2%.
00:48:55Ces écarts sont liés
00:48:56à des facteurs structurels
00:48:57bien identifiés.
00:48:58Le poids du temps partiel,
00:49:00la sous-valorisation
00:49:00des métiers féminisés,
00:49:02les difficultés d'accès
00:49:03aux postes à responsabilité,
00:49:04mais aussi l'impact
00:49:05de la maternité
00:49:06sur les carrières.
00:49:07Depuis 2017,
00:49:08notre groupe a d'ailleurs
00:49:09porté plusieurs avancées
00:49:10importantes sur ces sujets.
00:49:11Le renforcement
00:49:12de l'égalité professionnelle
00:49:13avec l'index
00:49:14de l'égalité salariale,
00:49:16la loi RICS1
00:49:16pour accélérer
00:49:17l'égalité économique
00:49:18et professionnelle
00:49:19et favoriser
00:49:20la présence des femmes
00:49:21dans les instances dirigeantes,
00:49:22les dispositifs de soutien
00:49:24à l'entrepreneuriat féminin
00:49:25et plus récemment,
00:49:26la loi portée
00:49:26par notre collègue
00:49:27Prisca Thévenot
00:49:28visant à mieux protéger
00:49:29les salariés
00:49:29engagés dans un parcours
00:49:31de procréation médicalement assistée
00:49:33ou d'adoption
00:49:34contre les discriminations
00:49:35au travail.
00:49:36Parce que l'égalité professionnelle
00:49:38se joue aussi
00:49:38dans ces moments
00:49:39de vie personnelles
00:49:40et qui peuvent
00:49:41encore freiner
00:49:42ou pénaliser
00:49:43certaines carrières.
00:49:45La future transposition
00:49:46de la directive européenne
00:49:47sur la transparence salariale
00:49:48constitue maintenant
00:49:49une nouvelle étape importante.
00:49:51Les obligations
00:49:51de transparence
00:49:52et les mécanismes
00:49:53de correction
00:49:53des écarts
00:49:54peuvent permettre
00:49:55des avancées réelles.
00:49:56J'ajoute que je regrette
00:49:58comme vous
00:49:59l'écart considérable
00:50:00que vous avez évoqué
00:50:01entre les recommandations
00:50:02que vous avez faites
00:50:02et le projet de loi transmis
00:50:04et j'espère que ce texte
00:50:05sera amendé
00:50:06en conséquence.
00:50:08Votre rapport souligne
00:50:09également un point essentiel
00:50:10la multiplication
00:50:11des obligations
00:50:12ne garantit pas
00:50:13automatiquement
00:50:13leur effectivité.
00:50:14C'est particulièrement vrai
00:50:15pour les petites
00:50:16et moyennes entreprises
00:50:17qui risquent de se heurter
00:50:18à une forte complexité
00:50:19administrative
00:50:20dans la mise en oeuvre
00:50:20des nouveaux indicateurs
00:50:21et obligations déclaratives.
00:50:23Ma question est donc
00:50:24la suivante.
00:50:25Comment envisagez-vous
00:50:26concrètement
00:50:26l'accompagnement
00:50:27des PME et des TPE
00:50:29dans la transposition
00:50:30de la directive européenne
00:50:31afin d'éviter
00:50:32que ces nouvelles obligations
00:50:33ne redeviennent pas
00:50:34essentiellement déclaratives
00:50:35ou trop lourdes
00:50:36à appliquer
00:50:37pour les petites structures ?
00:50:38Merci.
00:50:42Madame Martine Froger
00:50:44pour le groupe
00:50:45Socialiste et Apparenté.
00:50:51Je n'ai pas le micro.
00:50:52Mes chers collègues,
00:50:54je veux d'abord saluer
00:50:55évidemment comme
00:50:56mes autres collègues
00:50:57le travail des rapporteurs
00:50:58qui met en lumière
00:50:59une réalité
00:51:00qui demeure profondément
00:51:01préoccupante.
00:51:02En France,
00:51:04malgré des décennies
00:51:05de lois et d'annonces,
00:51:06l'égalité salariale
00:51:07entre les femmes
00:51:08et les hommes
00:51:08n'est toujours pas
00:51:09une réalité.
00:51:10Et pourtant,
00:51:11les femmes sont aujourd'hui
00:51:12davantage diplômées
00:51:13que les hommes.
00:51:13Elles représentent
00:51:1459% des étudiants
00:51:16en master.
00:51:17Mais cette réussite
00:51:18universitaire
00:51:19ne se retrouve pas
00:51:20dans les postes
00:51:20à haute responsabilité
00:51:22ni dans les plus
00:51:23hauts niveaux
00:51:23de rémunération.
00:51:24Le fameux
00:51:25platon de verre
00:51:26continue de freiner
00:51:27les carrières féminines.
00:51:29Le rapport montre
00:51:30et nous le savons
00:51:31que ces inégalités
00:51:32se construisent très tôt.
00:51:33Orientation scolaire
00:51:35genrée,
00:51:35concentration des femmes
00:51:36dans les métiers
00:51:37moins rémunérés,
00:51:38pénalisation liée
00:51:39à la maternité
00:51:40ou encore
00:51:41temps partiel subi.
00:51:43Dans ce contexte,
00:51:44la directive européenne
00:51:45sur la transparence
00:51:46salariale
00:51:47peut constituer
00:51:48une avancée importante.
00:51:49Nous passons enfin
00:51:50d'une égalité
00:51:51simplement affichée
00:51:53à des droits
00:51:54plus concrets
00:51:55et plus opposables.
00:51:56Pour autant,
00:51:57je reste très prudente
00:51:58au regard de votre présentation,
00:52:00Madame Lebon,
00:52:01et qu'en effet,
00:52:02nous devrons amender
00:52:03fortement ce texte.
00:52:05Et encore,
00:52:06faut-il que cette directive
00:52:07soit réellement appliquée.
00:52:08Et de ce point de vue,
00:52:09je m'interroge
00:52:10sur la capacité
00:52:11des entreprises
00:52:12et plus largement
00:52:13du patronat
00:52:14à mettre en oeuvre
00:52:15ces nouvelles règles
00:52:16alors même
00:52:17qu'ils alertent déjà
00:52:18sur le poids
00:52:19des obligations administratives.
00:52:21Si ces préoccupations
00:52:23peuvent s'entendre,
00:52:24notamment pour les PME
00:52:25qui ont besoin
00:52:26d'un accompagnement,
00:52:27elles ne doivent pas
00:52:28servir de prétexte
00:52:29à affaiblir cette directive.
00:52:31Je souhaite donc
00:52:32insister sur trois priorités
00:52:34qui rejoignent
00:52:34vos propositions.
00:52:35Redonner des moyens
00:52:36aux OPCO
00:52:37pour mieux accompagner
00:52:38les entreprises,
00:52:39notamment les TPE
00:52:40et les PME.
00:52:41Or, aujourd'hui,
00:52:43je constate que
00:52:43dans un contexte
00:52:44de réduction
00:52:45de la dépense publique,
00:52:46les OPCO n'ont plus
00:52:47les moyens d'agir
00:52:48pour accompagner
00:52:49les entreprises.
00:52:50Il faudra aussi
00:52:51renforcer la formation
00:52:52des encadrants
00:52:53et des services RH
00:52:54tant en formation initiale
00:52:57qu'en formation continue
00:52:58afin de faire évoluer
00:52:59durablement les pratiques,
00:53:01de lutter contre
00:53:02les mécanismes
00:53:03de reproduction
00:53:03et déconstruire
00:53:05leurs représentations
00:53:06et les automatismes.
00:53:08Enfin,
00:53:08mieux contrôler
00:53:09les grandes entreprises
00:53:10qui usent
00:53:11de toutes sortes
00:53:12de stratagèmes
00:53:13pour donner l'impression
00:53:14de se plier à la loi
00:53:15tout en ne répondant pas
00:53:16à ses objectifs.
00:53:18Car sans transparence,
00:53:19sans contrôle renforcé
00:53:21ni sanction effective,
00:53:23nous risquons encore une fois
00:53:24une égalité de façade.
00:53:26Merci.
00:53:28Madame Justine Gruet
00:53:30pour la droite républicaine.
00:53:32Merci Madame la Présidente.
00:53:34Mesdames les rapporteurs,
00:53:35chers collègues,
00:53:35tout d'abord,
00:53:36permettez-moi également
00:53:37de saluer vos travaux
00:53:38d'une clarté remarquable.
00:53:40Votre rapport est sans appel
00:53:41malgré un arsenal juridique
00:53:43progressivement renforcé.
00:53:44Depuis l'après-guerre,
00:53:46les égards de rémunération
00:53:47entre femmes et hommes
00:53:48demeurent une réalité
00:53:49que personne ne peut contester.
00:53:51De fait,
00:53:52certains constats appellent
00:53:53à des réponses claires
00:53:54de la part du législateur.
00:53:55En 2023,
00:53:57dans le secteur privé,
00:53:58le revenu salarial moyen
00:53:59des femmes
00:53:59est inférieur de 14,2%
00:54:02à celui des hommes
00:54:03à temps de travail égal.
00:54:05À poste,
00:54:06âge et entreprises identiques,
00:54:08un différentiel résiduel
00:54:09de 4% subsiste.
00:54:11Les inégalités salariales
00:54:13s'expliquent par un héritage
00:54:14historique
00:54:15et des déterminants
00:54:16sociétaux durables.
00:54:17Pourtant,
00:54:18l'égalité salariale
00:54:19est un droit consacré
00:54:20par la Constitution
00:54:21de 1946
00:54:22et les traités européens.
00:54:24Son défaut de mise
00:54:25en œuvre effective
00:54:26produit des effets
00:54:27cumulatifs
00:54:28tout au long
00:54:28de la vie des femmes.
00:54:29Revenus courants moindres,
00:54:31retraites amoindries,
00:54:33autonomie économique fragilisée.
00:54:34Il s'agit d'un enjeu systémique
00:54:36qui dépasse
00:54:37la seule question
00:54:37de rémunération.
00:54:38Aujourd'hui,
00:54:39l'impact de la maternité,
00:54:41le temps partiel subi
00:54:42et la ségrégation professionnelle
00:54:44concourent encore
00:54:45à freiner le progrès
00:54:46de l'égalité salariale.
00:54:48De plus,
00:54:48la multiplication
00:54:49de textes législatifs
00:54:50successifs
00:54:51comme les lois Rixin,
00:54:53loi Copé,
00:54:54Zimmermann
00:54:54n'a produit
00:54:55que des effets timorés,
00:54:56sachant que les services
00:54:57de contrôle,
00:54:58notamment l'inspection
00:54:59du travail,
00:55:00ont vu leur effectif
00:55:01diminuer
00:55:01continuellement
00:55:02depuis 2017.
00:55:03La directive
00:55:04sur l'égalité salariale
00:55:06apporte une réponse
00:55:07et nous permet de transposer
00:55:08en droit français
00:55:09plusieurs dispositions
00:55:10qui y rendent
00:55:11dans le bon sens.
00:55:12La date butoir
00:55:13de transposition
00:55:14de cette directive
00:55:14est fixée au 7 juin prochain.
00:55:16Nous serons donc
00:55:17à nouveau en retard.
00:55:18Un des points clés
00:55:19de la directive
00:55:20sera l'obligation
00:55:21d'afficher une fourchette
00:55:22de rémunération
00:55:22dans toutes les offres
00:55:23d'emploi
00:55:24pour corriger
00:55:25les inégalités
00:55:26dès l'embauche.
00:55:27Une telle disposition
00:55:28se justifie
00:55:28au nom de la lutte
00:55:29contre les inégalités
00:55:30mais pose des questions
00:55:31sur la charge supplémentaire
00:55:33pour les entreprises
00:55:34de ce nouveau cadre
00:55:35réglementaire.
00:55:36Cette directive
00:55:36ne doit pas être subie
00:55:38par les entreprises
00:55:38mais au contraire
00:55:39le fruit d'un dialogue
00:55:40et d'un échange commun.
00:55:41L'égalité salariale
00:55:43est un principe de justice
00:55:44si tant est
00:55:45qu'il faille encore
00:55:46le justifier.
00:55:47J'attache une attention
00:55:48particulière
00:55:48à la bonne transposition
00:55:49de cette directive
00:55:50et à la portée
00:55:51qu'aura ce rapport
00:55:51pour le changement
00:55:52dès le recrutement
00:55:53de la considération
00:55:54de la rémunération
00:55:56des femmes.
00:55:56J'ai plusieurs questions.
00:55:58Quels sont les principaux freins
00:55:59qui expliquent
00:55:59le retard de cette transposition ?
00:56:01Comment pouvons-nous
00:56:02les accélérer ?
00:56:03Et quels dispositifs
00:56:05spécifiques
00:56:05pouvons-nous mettre
00:56:06en œuvre
00:56:06dans les territoires
00:56:07ultramarins
00:56:07qui, je le sais,
00:56:09vous tiennent à cœur ?
00:56:09Je vous remercie.
00:56:12Merci Madame
00:56:13Marie-Charlotte Garin
00:56:14pour le groupe
00:56:16écologiste et social.
00:56:18Merci Madame la Présidente,
00:56:20Madame la rapporteure.
00:56:21Merci pour votre travail.
00:56:22Ce rapport,
00:56:22il a le mérite
00:56:23de rappeler une chose simple.
00:56:24Les inégalités salariales
00:56:25ne sont ni un accident
00:56:26ni un retard technique.
00:56:28Quand une femme
00:56:28gagne encore 22%
00:56:30de moins qu'un homme
00:56:30en moyenne,
00:56:31ce n'est pas parce
00:56:31qu'elle travaillerait moins,
00:56:33moins bien
00:56:33ou moins dur,
00:56:34mais c'est bien
00:56:35parce que notre société
00:56:35continue de considérer
00:56:36que les métiers des femmes
00:56:37valent moins
00:56:38de manière générale.
00:56:39Et pendant ce temps,
00:56:40ce sont bien les femmes
00:56:41qui continuent d'absorber
00:56:42l'essentiel du travail domestique,
00:56:43de la charge mentale
00:56:44et de la parentalité.
00:56:45Et ce rapport,
00:56:45il le montre très bien.
00:56:46La maternité reste aujourd'hui
00:56:47le principal accélérateur
00:56:49des inégalités de carrière
00:56:50et de revenus.
00:56:51Alors oui,
00:56:52la Directive européenne
00:56:53sur la transparence salariale,
00:56:54elle constitue
00:56:55une avancée importante
00:56:56parce qu'on ne combat pas
00:56:57ce qu'on cache,
00:56:58parce que le secret salarial,
00:57:00aujourd'hui,
00:57:00il protège surtout
00:57:01les discriminations.
00:57:03Chers collègues,
00:57:03vous appelez par votre rapport
00:57:04à un texte de transposition
00:57:06avec un certain nombre
00:57:07de recommandations
00:57:07qui sont plutôt
00:57:08d'ordre technique,
00:57:09je dirais.
00:57:10Mais j'aimerais pointer
00:57:11un aspect très politique
00:57:12du problème.
00:57:12Je ne crois pas
00:57:13qu'on puisse en faire
00:57:13l'économie aujourd'hui.
00:57:15On a d'un côté,
00:57:16pour lutter contre
00:57:16les inégalités salariales,
00:57:18des outils qui se transforment
00:57:19aujourd'hui en vitrines
00:57:20de communication
00:57:21plutôt qu'en vrais leviers
00:57:22de transformation.
00:57:24Avec des entreprises
00:57:25qui, il faut le dire,
00:57:25sont rarement punies
00:57:26quand elles ne respectent pas
00:57:27la loi,
00:57:27quand la loi existe.
00:57:29Et de l'autre,
00:57:29on vient remplir des normes
00:57:30les unes sur les autres
00:57:31sans jamais repenser
00:57:32le système dans son ensemble.
00:57:33Et oui,
00:57:34il faut le dire,
00:57:35c'est un système,
00:57:35c'est un système
00:57:36qui est inégalitaire,
00:57:38patriarcal, sexiste,
00:57:38on l'appelle comme on veut,
00:57:40mais c'est un système
00:57:40qui produit ces inégalités.
00:57:42Et c'est là, pour moi,
00:57:43le cœur du problème.
00:57:44Tant qu'on ne va pas
00:57:44aller revaloriser,
00:57:45comme vous le dites
00:57:46dans votre rapport,
00:57:47les métiers qui sont désignés
00:57:48comme soi-disant
00:57:49naturellement féminins,
00:57:50au hasard,
00:57:50AESH, aide-soignante,
00:57:51infirmière, enseignante,
00:57:52assistante maternelle,
00:57:54tant qu'on ne vient pas
00:57:54repenser les spécificités
00:57:55de certains territoires
00:57:56comme les Outre-mer,
00:57:57tant qu'on ne repense pas
00:57:58la place du travail
00:57:59dans notre société,
00:58:00dans son ensemble,
00:58:01tant qu'on n'obtient pas
00:58:02un véritable service public
00:58:03de la petite enfance,
00:58:04on en a beaucoup parlé
00:58:05dans cette commission,
00:58:06tant qu'on refuse de regarder
00:58:07aussi la valeur réelle
00:58:08du travail non rémunéré,
00:58:10je pense au travail domestique,
00:58:11je pense au travail bénévole,
00:58:12je pense au travail
00:58:12de proches et denses,
00:58:14et son impact
00:58:14dans la vie professionnelle
00:58:15des femmes,
00:58:16et bien clairement,
00:58:16on ne s'attaque pas
00:58:17au monstre qui est devant nous,
00:58:18et en fait,
00:58:19dans un siècle,
00:58:20nos arrières petites filles,
00:58:20elles seront encore
00:58:21face aux mêmes problèmes
00:58:22à lutter.
00:58:23Et on peut prendre un exemple
00:58:24pour illustrer ça,
00:58:25c'est celui des temps partiels.
00:58:27Pourquoi est-ce que ce sont
00:58:27les femmes qui ont recours
00:58:28au temps partiel ?
00:58:29Je ne crois pas
00:58:29qu'il existe un gène féminin
00:58:31pour nous du temps partiel,
00:58:33ce n'est pas la réalité.
00:58:33Les femmes,
00:58:34elles ont recours
00:58:35au temps partiel
00:58:35parce qu'elles sont
00:58:36moins bien payées,
00:58:37parce qu'elles ont la charge
00:58:37du foyer et d'éducation
00:58:38des enfants.
00:58:39Donc on voit bien
00:58:40que la réponse,
00:58:40elle doit être globale
00:58:41sur l'accès au mode de garde,
00:58:42sur les stéréotypes genrés,
00:58:43sur la revalorisation salariale,
00:58:44et pas juste sur un saupoudrage
00:58:45de mesurettes.
00:58:47Et je terminerai quand même
00:58:47en rebondissant sur vos propos,
00:58:49Madame la rapporteure.
00:58:50Vous nous indiquez
00:58:51que le projet de loi
00:58:52transmis par le gouvernement
00:58:53pour transposer
00:58:53ces dispositions européennes,
00:58:54il est incomplet,
00:58:55alors que la date limite
00:58:56c'est juin 2026,
00:58:57on ne peut pas dire
00:58:57qu'on est franchement en avance,
00:58:58que vous avez dû vous-même
00:59:00solliciter le gouvernement
00:59:01pour l'obtenir,
00:59:02qu'il renvoie presque
00:59:03systématiquement à des décrets.
00:59:04Et je suis désolée,
00:59:05mais moi quand j'entends ça,
00:59:06je me dis qu'il n'y a
00:59:07qu'une conclusion possible.
00:59:08C'est qu'on a aujourd'hui
00:59:09un gouvernement qui se pavane
00:59:10dans les institutions internationales
00:59:11pour dire qu'il fait
00:59:11tout très bien en France,
00:59:12mais que dès lors qu'il choisit
00:59:14de mettre des moyens sur la table
00:59:15et aller au-delà
00:59:15des déclarations d'intention,
00:59:17aujourd'hui,
00:59:18il n'y a plus personne.
00:59:18Je vous remercie.
00:59:21Madame Sabine Gervais
00:59:22pour les démocrates.
00:59:26Merci Madame la Présidente.
00:59:28Mesdames les rapporteurs,
00:59:30c'est évidemment
00:59:31avec beaucoup d'attention
00:59:32et d'intérêt
00:59:33que j'ai pris connaissance
00:59:34de votre rapport
00:59:35sur un sujet majeur
00:59:36puisqu'il traite
00:59:37de l'une des valeurs fondamentales
00:59:39de notre République,
00:59:40l'égalité.
00:59:41Il est d'autant plus important
00:59:43que cette réalité à toucher
00:59:45touche ou touche
00:59:45très directement
00:59:48des millions
00:59:48de nos concitoyennes.
00:59:50Peut-être que sans doute,
00:59:52peut-être et sans doute
00:59:54a-t-elle également touché
00:59:55nombre d'entre nous
00:59:56présentes dans cette salle.
00:59:59Permettez-moi tout d'abord,
01:00:01comme l'a fait mes collègues,
01:00:03de vous féliciter
01:00:04pour votre rapport.
01:00:08Sa franchise
01:00:09et sa lucidité.
01:00:11Il est particulièrement
01:00:12bien documenté,
01:00:13fourni et argumenté.
01:00:14Il a aussi le mérite
01:00:16de faire des recommandations,
01:00:17des propositions
01:00:18d'action concrètes.
01:00:19Peut-être simplement
01:00:20aurait-il pu être intitulé
01:00:22rapport d'information
01:00:24sur l'inégalité salariale
01:00:26plutôt que sur l'égalité salariale.
01:00:29parce que l'égalité salariale
01:00:30entre les femmes et les hommes
01:00:32n'existe malheureusement pas
01:00:34dans notre pays.
01:00:35En effet,
01:00:35si des avancées
01:00:36ont pu être observées
01:00:37dans notre pays
01:00:38ces dernières années,
01:00:39il n'empêche
01:00:40que le compte n'y est pas
01:00:41et que nous en sommes
01:00:42encore bien loin
01:00:43tant les inégalités
01:00:44sont ancrées dans le temps
01:00:45et dans les pratiques.
01:00:47Votre constat
01:00:48est de ce point de vue
01:00:49édifiant.
01:00:50Permettez-moi simplement
01:00:51de citer un seul exemple
01:00:52tiré de la page 14
01:00:54de votre rapport.
01:00:54L'arrivée du premier enfant
01:00:56entraîne une chute relative
01:00:58du revenu salarial total
01:01:00de 40% l'année zéro.
01:01:03Cette chute inclut
01:01:05le temps passé
01:01:06en congé maternité
01:01:07et ensuite
01:01:08une pénalité durable
01:01:10de la rémunération annuelle
01:01:11totale
01:01:12de l'ordre de 30%.
01:01:14Il n'y a, je crois,
01:01:15rien de plus à ajouter.
01:01:18Alors, chers collègues,
01:01:19la transposition
01:01:20de la directive européenne
01:01:212023-1970
01:01:23visant à renforcer
01:01:25l'application
01:01:26du principe
01:01:26de l'égalité
01:01:27des rémunérations
01:01:28entre les femmes
01:01:29et les hommes
01:01:29pour un même travail
01:01:31ou un travail
01:01:32de même valeur
01:01:32est par conséquent
01:01:34essentiel.
01:01:35Elle est une condition
01:01:36nécessaire
01:01:37en faveur
01:01:38de l'égalité salariale
01:01:39mais elle ne sera
01:01:40malheureusement pas
01:01:41une condition suffisante.
01:01:44Montrons-nous
01:01:44tout de même optimistes
01:01:46et gageons
01:01:47que, comme vous l'écrivez
01:01:48dans votre rapport,
01:01:49la transposition
01:01:50de la directive européenne
01:01:51permet d'enclencher
01:01:53une dynamique positive.
01:01:55Mais montrons-nous
01:01:56aussi lucide,
01:01:57comme vous l'avez
01:01:57parfaitement été
01:01:58dans votre rapport,
01:02:00cette dynamique positive
01:02:01nécessitera des actions
01:02:02concrètes,
01:02:03complémentaires,
01:02:04que ce soit
01:02:05en termes d'orientation,
01:02:06d'accompagnement
01:02:07à la parentalité
01:02:08ou d'organisation
01:02:09du travail
01:02:10dans l'entreprise
01:02:11pour que les femmes
01:02:12puissent enfin
01:02:13bénéficier
01:02:14des mêmes opportunités
01:02:15que les hommes.
01:02:17Chers collègues,
01:02:18à l'instar
01:02:18de l'obligation
01:02:19de parité
01:02:20dans les fonctions
01:02:21sélectives
01:02:22électives locales,
01:02:24seules des politiques
01:02:25extrêmement volontaristes
01:02:26pourront avoir
01:02:27un réel effet
01:02:28pour réduire
01:02:29les inégalités salariales
01:02:30entre les femmes
01:02:31et les hommes.
01:02:32En ce sens,
01:02:33nous devons nous emparer
01:02:34des 21 recommandations
01:02:35de votre rapport,
01:02:36qu'il s'agisse
01:02:37par exemple
01:02:38de l'accompagnement
01:02:39des entreprises
01:02:40ou la création
01:02:41de nouveaux droits
01:02:42et nous en servir
01:02:43comme autant
01:02:44de moyens d'action
01:02:45pour faire progresser
01:02:46l'égalité salariale.
01:02:48Je vous remercie.
01:02:50Merci.
01:02:51Avant de vous donner
01:02:52la parole,
01:02:52Madame la rapporteure,
01:02:53permettez-moi
01:02:54de vous adresser
01:02:54également une question
01:02:56et puis après,
01:02:56je vous donnerai la parole
01:02:57pour répondre
01:02:58à ces nombreuses
01:02:59et intéressantes questions.
01:03:01La directive européenne
01:03:03du 10 mai 23,
01:03:04nous en avons parlé
01:03:06sur la transparence salariale,
01:03:07change de paradigme
01:03:08et nous nous en félicitons.
01:03:11Transparence et l'embauche,
01:03:12droit à l'information
01:03:12tout au long de la carrière,
01:03:14inversion de la charge
01:03:15de preuve,
01:03:15obligation d'action
01:03:16en cas d'écart supérieur
01:03:17à 5%.
01:03:18Nous nous en félicitons
01:03:20et c'est vraiment
01:03:21un sujet transpartisan.
01:03:23Mais votre rapport
01:03:24souligne que cette directive
01:03:25ne suffira pas
01:03:26si l'on n'agit pas
01:03:27sur les causes structurelles,
01:03:28la maternité,
01:03:29le temps partiel,
01:03:30la ségrégation professionnelle
01:03:31et la sous-valorisation
01:03:32historique
01:03:33des métiers
01:03:35dominantes,
01:03:35féminines
01:03:36et j'ai une pensée
01:03:37tout particulière
01:03:38avec les non-signatures
01:03:41de la convention collective
01:03:4466 pour la branche
01:03:45du domicile
01:03:46et l'avenant 72
01:03:48qui est devenu
01:03:4974 ou 75,
01:03:50peu importe,
01:03:51pour les aides
01:03:53des personnes
01:03:53en situation
01:03:54de handicap.
01:03:55Et c'est précisément
01:03:56sur ce dernier point
01:03:58que porte ma question,
01:03:59vous appelez à réviser
01:04:01les classifications
01:04:02de branches
01:04:02pour intégrer
01:04:03des critères
01:04:04non sexistes.
01:04:05Alors la réponse
01:04:07est un peu
01:04:08dans la question
01:04:08comment envisagez-vous
01:04:09d'engager concrètement
01:04:10ces révisions
01:04:11dans le calendrier
01:04:12contraint
01:04:13qui est celui
01:04:14de la transposition
01:04:16et surtout
01:04:16quel rôle
01:04:18le législateur
01:04:19devrait-il jouer ?
01:04:21Quel est notre rôle
01:04:22à nous,
01:04:23législateurs,
01:04:25en tant que législateurs,
01:04:26en tant que femmes
01:04:27et en tant que citoyens
01:04:29engagés
01:04:30et en responsabilité
01:04:32sur ce sujet majeur
01:04:34pour que ce ne soit pas
01:04:36uniquement
01:04:36les partenaires sociaux
01:04:38et ils ont également
01:04:39leur place
01:04:39qui s'emparent
01:04:40de cette question.
01:04:41Merci.
01:04:44Merci Madame la Présidente,
01:04:45merci chers collègues
01:04:46pour toutes vos interventions.
01:04:48Je vais commencer
01:04:49par répondre
01:04:49à votre question
01:04:50qui rejoint
01:04:51celle de Madame Garin.
01:04:54Éloigner les oreilles
01:04:55des enfants,
01:04:56je ne crois pas
01:04:57que le Père Noël
01:04:58puisse livrer
01:04:58les cadeaux
01:04:59dans toutes les maisons
01:05:01du monde entier
01:05:02en une nuit.
01:05:02De même,
01:05:03je ne crois pas
01:05:04que nous serons prêts
01:05:05pour le 7 juin 2026.
01:05:07Donc,
01:05:10l'enjeu
01:05:11de justement
01:05:13s'attaquer
01:05:13au système,
01:05:16c'est que
01:05:16cette directive,
01:05:18elle s'attaque
01:05:20pas seulement
01:05:21au travail égal,
01:05:22mais au travail
01:05:22de valeur égale.
01:05:24On va prendre
01:05:25des exemples
01:05:26très concrets.
01:05:27Une aide-soignante
01:05:28et un agent technique,
01:05:30ils n'exercent pas
01:05:31le même métier.
01:05:31Pourtant,
01:05:32ils peuvent connaître
01:05:33des niveaux comparables
01:05:35de pénibilité,
01:05:36de responsabilité
01:05:38et de contraintes horaires.
01:05:40Une assistante administrative
01:05:42et un technicien logistique,
01:05:45ils n'accomplissent pas
01:05:45les mêmes tâches.
01:05:47Mais,
01:05:47ces deux fonctions
01:05:49peuvent exiger
01:05:50de la rigueur,
01:05:51de l'autonomie,
01:05:52de l'anticipation
01:05:53et une forte capacité
01:05:54d'organisation.
01:05:56Une auxiliaire de vie,
01:05:57une agente d'entretien,
01:05:58une éducatrice
01:05:59de jeunes enfants,
01:05:59porte des responsabilités
01:06:01considérables,
01:06:02souvent auprès
01:06:02des publics
01:06:03les plus vulnérables,
01:06:04mais parce que
01:06:05ces métiers sont féminisés,
01:06:07parce qu'ils relèvent
01:06:08du soin,
01:06:08de l'accompagnement
01:06:09ou du lien social,
01:06:10leur valeur est encore
01:06:11trop souvent minimisée.
01:06:12Et c'est précisément
01:06:14là qu'elle intervient,
01:06:16cette directive.
01:06:17Puisque,
01:06:18quand on parle
01:06:18de la notion
01:06:19de travail
01:06:20de valeur égale,
01:06:21elle nous oblige
01:06:22à regarder
01:06:23la réalité du travail
01:06:25et pas seulement
01:06:26l'intitulé du poste.
01:06:27Elle nous oblige
01:06:28à reconnaître
01:06:28les compétences
01:06:30invisibilisées,
01:06:31les responsabilités
01:06:32silencieuses
01:06:32et les pénibilités
01:06:33moins spectaculaires,
01:06:34mais bien réelles.
01:06:36Parce que,
01:06:37justement,
01:06:37tant que ces métiers
01:06:38féminisés seront considérés
01:06:39comme des prolongements
01:06:41supposés,
01:06:42des qualités naturelles
01:06:43des femmes,
01:06:45ils resteront sous-payés.
01:06:47Notre responsabilité,
01:06:48c'est de rappeler
01:06:49que prendre soin,
01:06:51organiser,
01:06:52accompagner,
01:06:52nettoyer,
01:06:53éduquer,
01:06:53coordonner,
01:06:54comme vous le disiez,
01:06:55Madame Garin,
01:06:56ce n'est pas
01:06:57dans nos gènes,
01:06:58en fait.
01:06:59Ce sont des compétences
01:07:02professionnelles.
01:07:02Et des compétences
01:07:03professionnelles,
01:07:04elles doivent être
01:07:05reconnues,
01:07:05classées et rémunérées
01:07:06comme telles.
01:07:07Donc,
01:07:07qu'est-ce qu'on peut faire ?
01:07:09Je citerai
01:07:10Madame Firmin de Vaudot,
01:07:12il y a un moment
01:07:13où on est aidante.
01:07:16Mais à un moment,
01:07:18quand on voit
01:07:20une inaction patente,
01:07:25un attentisme,
01:07:27il arrivera un moment
01:07:29où nous serons
01:07:29emmerdantes.
01:07:31Donc,
01:07:32je vous encourage
01:07:35à faire avec nous
01:07:37œuvre de lobbying
01:07:38parce que je crois
01:07:39que c'est tous ensemble
01:07:40et je dis bien
01:07:41tous ensemble
01:07:42puisque beaucoup
01:07:43de femmes
01:07:44ont parlé
01:07:45aujourd'hui
01:07:45et même
01:07:46que des femmes
01:07:47ont parlé
01:07:47aujourd'hui.
01:07:48Mais moi,
01:07:49j'estime
01:07:50et je pense
01:07:50que je ne suis pas
01:07:51la seule
01:07:51que l'égalité
01:07:53ou l'inégalité salariale,
01:07:54comme vous me disiez
01:07:54Madame Gervais,
01:07:56ce n'est pas une affaire
01:07:56de bonne femme,
01:07:57c'est une affaire
01:07:58de société.
01:08:00Et j'ai utilisé,
01:08:04on va dire,
01:08:05j'ai fait exprès
01:08:06évidemment d'utiliser
01:08:07le terme bonne femme,
01:08:08vous l'avez bien compris.
01:08:11Concernant les freins,
01:08:12alors nous espérons
01:08:14qu'il ne s'agit pas
01:08:14d'un manque
01:08:15de volonté politique
01:08:16parce que la France
01:08:17avait porté
01:08:18cette directive.
01:08:20Donc effectivement,
01:08:21maintenant qu'on sort
01:08:22de l'affichage
01:08:22et qu'on passe
01:08:24aux transpositions
01:08:26réelles,
01:08:27on constate
01:08:28que ça ne se bouscule pas.
01:08:31Mais je vous encourage
01:08:32d'ailleurs,
01:08:33puisque M. Farandou,
01:08:35le ministre du Travail,
01:08:36est auditionné
01:08:36demain par notre commission,
01:08:39je vous encourage
01:08:40à le questionner
01:08:41sur cette directive.
01:08:44En tout cas,
01:08:45moi je vais vous raconter
01:08:46quand même une anecdote
01:08:47assez savoureuse
01:08:48pour vous parler
01:08:49des dispositifs
01:08:50outre-mer.
01:08:52Lorsque nous avons vu
01:08:54le cabinet de M. Farandou,
01:08:56c'était en mars,
01:08:57c'est en mars,
01:08:59donc 2026,
01:09:01je les ai à nouveau
01:09:02interrogés
01:09:03sur les dispositifs
01:09:04outre-mer.
01:09:04Ils m'ont dit
01:09:05oui, mais vous savez,
01:09:06ce n'est pas facile
01:09:07parce que ce ne sont pas
01:09:09les mêmes réalités
01:09:10que nous on connaît.
01:09:11Je lui ai dit,
01:09:11très bien.
01:09:12Mais vous savez que moi,
01:09:12l'adaptation,
01:09:13j'ai la vie au quotidien.
01:09:14je fais 10 000 km
01:09:16et 11 heures d'avion
01:09:18pour parler souvent
01:09:19des choses
01:09:19qui ne s'appliquent
01:09:20qu'à Paris.
01:09:21Donc je veux bien
01:09:22que ce soit un peu compliqué
01:09:23pour les ministères,
01:09:25mais à un moment,
01:09:26soit on est français
01:09:26à part entière,
01:09:27soit on ne l'est pas.
01:09:28Donc,
01:09:30un petit peu d'effort
01:09:31de la part du cabinet,
01:09:32on se rend compte
01:09:33qu'il y a des réalités
01:09:35différentes,
01:09:35la France est plurielle
01:09:36et multiple
01:09:37et c'est merveilleux,
01:09:37c'est formidable,
01:09:38mais ça nécessite
01:09:40des aménagements.
01:09:43Nous avons en tout cas
01:09:44de notre côté
01:09:44formulé deux recommandations,
01:09:46les recommandations
01:09:461 et 2
01:09:47du rapport
01:09:48concernant spécifiquement
01:09:50les Outre-mer
01:09:51et concernant,
01:09:53puisque vous êtes nombreux
01:09:55à m'avoir posé la question,
01:09:56l'accompagnement
01:09:57des TPE-PME,
01:09:59nous le demandons
01:10:00dans le rapport,
01:10:01c'est la recommandation
01:10:02numéro 4
01:10:04sur tous les territoires,
01:10:06parce qu'on a justement
01:10:09veillé à ne pas opposer
01:10:10exigence d'égalité salariale
01:10:12et réalité économique
01:10:14des TPE et des PME.
01:10:15Évidemment,
01:10:16on ne veut pas juste
01:10:18construire une nouvelle
01:10:19contrainte administrative
01:10:20impossible à absorber,
01:10:22il faut donner
01:10:23aux petites entreprises
01:10:24les moyens
01:10:25d'appliquer concrètement
01:10:26le principe d'égalité
01:10:27et de rémunération,
01:10:28parce que beaucoup
01:10:29de TPE et PME
01:10:30n'ont pas de service RH,
01:10:32pas de juriste interne,
01:10:33pas toujours les outils
01:10:34nécessaires pour analyser
01:10:35leurs pratiques salariales
01:10:36ou identifier des situations
01:10:38de travail de valeur égale.
01:10:40Et donc,
01:10:41c'est pourquoi on insiste
01:10:42la recommandation numéro 4
01:10:44par le test TPE-PME
01:10:46afin de vérifier
01:10:47la faisabilité
01:10:47des obligations
01:10:49issues de la directive
01:10:50pour les plus petites entreprises
01:10:52et mettre en oeuvre
01:10:52les ajustements
01:10:53en fonction des résultats.
01:10:55Donc,
01:10:55de ne pas faire quelque chose
01:10:56de définitif
01:10:57qui ne serait pas adapté
01:10:58à leur réalité.
01:11:02Mais pour ça,
01:11:03on a besoin
01:11:03d'un accompagnement aussi,
01:11:05très opérationnel.
01:11:07Et pour l'instant,
01:11:09malgré nos demandes,
01:11:10on ne le voit pas apparaître.
01:11:12Donc,
01:11:12en fait,
01:11:12dans ce rapport,
01:11:13on demande finalement
01:11:14une sorte de progressivité
01:11:16pour permettre
01:11:17l'application effective
01:11:18de la loi.
01:11:20Mais il s'agira aussi,
01:11:23pour les TPE-PME,
01:11:24bien sûr,
01:11:25de respecter
01:11:26cette égalité salariale.
01:11:27Et on doit les accompagner
01:11:29pour le faire.
01:11:30On ne doit pas juste
01:11:31constater qu'il y a
01:11:32des difficultés
01:11:32et s'en tenir là.
01:11:35Voilà ce que je voulais
01:11:37vous dire
01:11:38à ce sujet.
01:11:39Et si j'ai oublié
01:11:41une question,
01:11:42n'hésitez pas
01:11:42à me le faire savoir.
01:11:47Merci beaucoup,
01:11:48Madame la rapporteure,
01:11:49pour vos travaux
01:11:50de qualité en premier lieu
01:11:52et pour votre disponibilité
01:11:53à répondre
01:11:54à nos questions.
01:11:55Chers collègues,
01:11:56Mesdames,
01:11:57nous nous retrouverons
01:11:58demain à 9h30
01:12:00en commission
01:12:01pour l'audition
01:12:02du professeur
01:12:03Lionel Collet,
01:12:04président de la Haute Autorité
01:12:05de Santé,
01:12:06puis à 11h
01:12:07pour l'audition
01:12:07de la ministre de la Santé
01:12:09sur les mesures d'urgence
01:12:10de gestion du risque
01:12:11d'infection à antavirus.
01:12:13Bonne fin d'après-midi.
01:12:15Merci.
01:12:26Merci.
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