00:00Le décor du Marathon des Sables, c'est des dunes à l'infini.
00:03On a l'impression d'être tout petit.
00:05En réalité, on est tout petit, on n'est pas grand-chose en individuel sur cette terre.
00:10Et cette année, le faire en jouellette avec Léon, c'est encore autre chose
00:13avec l'association du sable dans les yeux.
00:16Je suis Bérénice, je suis régnonnaise, une maman créole, un papa zoreille.
00:21J'habite ici depuis que je suis née en fait.
00:23Et je crois que je suis une aventurière dans l'âme.
00:26Je suis passionnée de sport en général, d'équitation.
00:30Et le trail est entré dans ma vie il y a, je pense, une dizaine d'années.
00:35J'ai eu un déclic et je me suis dit, moi, je voudrais aussi connaître mon île aussi bien que
00:39les touristes.
00:40Et j'ai commencé à trottiner un peu.
00:43Et puis, les distances amenant de plus en plus de kilomètres, je suis arrivée à l'ultra trail et j
00:49'adore.
00:49C'est la deuxième fois que je fais le Marathon des Sables.
00:51J'ai déjà fait le Grand Raid.
00:53Le Marathon des Sables, c'est une course légendaire déjà.
00:56Bon, ça s'appelle légendaire, c'est pas pour rien.
00:58Cette année, c'était 270 kilomètres dans le désert par étape.
01:02Il y a six étapes avec des distances un peu différentes.
01:05La grande particularité, c'est qu'on est en semi-autonomie.
01:09Donc, on ne nous donne que de l'eau.
01:10Mais sinon, on doit avoir tout notre repas pour dix jours.
01:13Donc, petit déjeuner, déjeuner, repas, ravitaillement pendant la course.
01:17On a emmené Léon au bout.
01:18On a tous eu la médaille.
01:20Léon a eu sa médaille et c'était vraiment très, très beau.
01:23Léon, qui est atteint d'une maladie neurodégénérative rare, il a une association, l'association Léosan.
01:29Son but, c'était de faire parler de son association parce que sa maladie est rare.
01:35Pour l'instant, il n'y a pas de traitement.
01:36Il lui manque 100 000 euros pour pouvoir essayer de guérir.
01:40Il a 12 ans et son espérance de vie n'est pas très, très longue.
01:46Donc, l'emmener dans le désert, c'était vraiment beau.
01:51Et surtout, ce n'était pas possible de se dire qu'il n'aurait pas la médaille.
01:56Donc, courir pour soi, c'est quelque chose.
01:58Mais courir pour un jeune handicapé, c'était merveilleux.
02:04Donc, c'est vrai que cette saveur-là était très, très particulière.
02:07Léon a été merveilleux.
02:09On avait une chanson sur les dernières étapes.
02:12On n'est pas fatigué !
02:14On n'est pas fatigué !
02:16Pourtant, on était au bout de notre vie, mais on chantait.
02:18Et le fait de chanter, on persuadait notre cerveau qu'on n'était pas fatigué.
02:22Et puis, on faisait des jeux avec lui.
02:24Un fruit qui commence par A.
02:26Alors, on était 18 autour de la jouellette.
02:29C'était drôle.
02:30On s'amusait, on se changeait les idées.
02:32On a fait un jeu avec les M&M's.
02:35Il prenait un M&M's dans sa main.
02:36Il fallait deviner la couleur.
02:38Donc, il disait, et moi, il m'appelait Mérédith.
02:40Mérédith, quelle couleur ?
02:41Bleu ?
02:41Eh, c'est marron.
02:42Ben non, ce sera pour ton prochain tour.
02:44Pas d'M&M's.
02:45Et ça nous a occupé une bonne partie du temps.
02:49Et ouais, Léon a été incroyable.
02:51Très, très attachant.
02:52Vraiment très, très attachant.
02:53Tout comme l'équipe.
02:54Quand on s'est quitté, on a tous pleuré.
02:56Ça, c'est sûr.
02:59On va se revoir sans aucun doute.
03:01J'espère revoir Léon prochainement.
03:03Et j'aimerais beaucoup participer à des prochaines expéditions avec lui pour l'emmener voir d'autres pays.
03:11Pourquoi pas une expérience grand raid en jouellette.
03:15Donc, Léon a été vraiment notre moteur.
03:18Vraiment.
03:20S'il devait retenir le meilleur moment.
03:23Waouh.
03:24Ah si.
03:24Alors là, je vais pleurer.
03:25C'est sûr.
03:29C'est quand on est arrivé sur l'épreuve du marathon.
03:34Donc, on était fatigué puisque la veille, on avait terminé l'épreuve longue.
03:39Et le lendemain, l'épreuve du marathon, c'était dans les dunes.
03:45Et là, il y avait beaucoup de sable.
03:48Il fallait puiser là où il nous restait de l'énergie.
03:52En sachant qu'on ne dort pas très bien dans le désert.
03:54Et là, sur cette épreuve marathon, on s'est tous unis d'un même pas.
04:03Notre capitaine donnait le pas.
04:05Gauche.
04:05Gauche.
04:06Droite.
04:07C'est incroyable.
04:08On a l'air de monter ça d'une facilité déconcertante.
04:11Alors moi, je sais que ce n'était pas facile parce que je faisais partie de la team.
04:14Et on a donné de nous.
04:17Il y avait Léon qui chantait « On n'est pas fatigué ».
04:20C'était génial.
04:21On avait les coureurs autour qui nous encourageaient.
04:24Et d'un seul homme, on a gravi ces dunes.
04:27Apparemment, il y en a eu une trentaine.
04:29Je n'ai pas préféré compter parce que mentalement, ça m'aurait mis un coup quand même.
04:33Ce n'est pas juste des dunes, on monte, on descend.
04:34C'était des dunes, il fallait vraiment pousser ou il fallait vraiment tirer.
04:39Et à la fin, le capitaine a pris Léon sur ses épaules et on est arrivés tous comme des Avengers.
04:45On se tenait et on est arrivés tous soudés.
04:48Je crois que c'est ça mon meilleur moment.
04:49La suite, déjà reprendre le travail.
04:52Il faut mentalement quitter le désert.
04:56Je crois que ça, ce n'est pas vraiment possible.
04:57On a toujours une partie de nous qui reste avec.
05:02On s'appelle les frères et sœurs du désert.
05:04Ça fait un peu secte, mais c'est vrai, on crée une communauté très forte.
05:09Reprendre le travail parce que les courses coûtent quand même.
05:12Puis bon, il faut bien redescendre un peu.
05:14Les gens autour de moi, je ne vais pas leur parler tous les jours du désert.
05:18Mais par contre, je sais que si l'association m'appelle et me dit
05:22« Bon, écoute, Bérénice, on a un petit projet. »
05:25Je sais que je serais très, très tentée d'y aller.
05:28Et refaire de la jouellette, c'est complètement différent d'une course qu'on fait tout seul.
05:34Là, on fait une course pour le groupe, on fait une course pour la personne.
05:41Du coup, nous, en tant qu'individu, on n'existe plus.
05:44C'est le groupe qui existe.
05:46Là, c'était Léon, c'est Léon qui existe.
05:49On s'en fout de la performance.
05:50C'est la personne handicapée qu'on peut amener, faire des choses, voir le désert.
05:58Voilà, c'est ça.
05:59Donc, mes projets, continuer là-dedans, je me sens utile, je me sens vivante quand je fais ce genre de
06:05choses.
06:06Et puis, continuer les courses à pied, ça, c'est sûr, ça fait partie de moi maintenant.
06:14Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon !
06:30Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! Léon ! L
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