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  • il y a 22 heures
Dans “L’Info du vrai” sur Canal+, Yarol Poupaud présente son autobiographie “Électrique”. L’occasion pour le musicien et ancien directeur musical de Johnny Hallyday d’évoquer son parcours, la musique et ses souvenirs liés à l’artiste.

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Avec nous ce soir du rock à l'état brut, on a le plaisir d'accueillir Yarol Poupeau.
00:04Merci d'être avec nous, musicien, producteur, guitariste, vous avez énormément joué avec Johnny Hallyday.
00:09Bien sûr, vous avez été son directeur musical, mais on ne peut pas réduire toute votre carrière à cette seule
00:13période.
00:14Vous publiez ce livre où vous racontez votre vie de rock sur scène, dans la vie et sur les routes.
00:19Il y en a eu beaucoup de routes d'ailleurs.
00:21Ça s'appelle électrique et c'est chez Plon.
00:23Alors Yarol, ça sonne très bien, mais j'ai découvert que ce n'était pas votre vrai nom.
00:28Pas celui à l'état civil en tout cas.
00:30Mais vous le racontez bien, c'est assez amusant.
00:32Il y a déjà un lien avec les Etats-Unis dans cette histoire.
00:35Donc en fait, pour résumer, je suis né en 1968 et à l'époque, il fallait que les...
00:42Enfin en tout cas, à la mairie où mon père a été me déclarer, il fallait que le prénom soit
00:48un prénom reconnu par l'état civil.
00:50Dans le calendrier.
00:50Dans le calendrier.
00:51Ah oui.
00:52Mes parents étaient fans de science-fiction.
00:55Et il y a cette nana qui est un auteur de science-fiction qui s'appelle Catherine Moore, qui a
00:59écrit beaucoup de nouvelles.
01:01En général, un peu des...
01:02Vous n'allez pas nous dire que votre vrai prénom, c'est Catherine quand même ?
01:05Alors, c'est Yoda.
01:06Non, non, non, attendez, attendez.
01:08Ça, c'est le vrai, vrai prénom.
01:09Ça, c'est un autre roman qui sortira plus tard.
01:14Et donc, en fait, dans ces romans de cette auteure américaine, il y a un personnage qui s'appelle Yarol
01:18le Vénusien, qui vient donc de Vénus et qui est un personnage assez marrant, qui pense beaucoup à faire la
01:25fête, qui aime la musique et qui va toujours un petit peu tirer le héros qui s'appelle North West
01:30Smith d'affaires.
01:31Un peu, il arrive, c'est un petit peu son sidekick, le mec qui vient un peu... c'est un
01:35peu son Chewbacca.
01:37Le mec étant un petit peu le mec qui a servi de modèle pour un solo, d'ailleurs, North West
01:41Smith.
01:42Et donc, ils n'ont pas eu le droit de m'appeler Yarol.
01:44Parce que c'était pas...
01:46Donc, du coup, un autre auteur de science-fiction passe par là, Stanislas Lem.
01:50Et donc, ils m'ont appelé Stanislas.
01:52C'est pas mal aussi.
01:52Mais c'est pas mal, mais Yarol, du coup...
01:54Mais personne ne m'a jamais appelé Stanislas, à part quand il y a une lettre générale qui m'a
01:59marqué Stanislas, je ne l'ouvre pas.
02:00C'est les impôts.
02:03Alors, on va commencer depuis le début parce que vous n'avez pas eu une enfance comme tout le monde,
02:06avec une mère flamboyante, Chantal Poupot, attachée de presse dans le cinéma.
02:09Votre petit frère, Melville, qui est l'acteur qu'on connaît aujourd'hui.
02:13On va y revenir.
02:14Mais le point de départ, c'est le king.
02:16Et ça, vous le mettez en exergue dans votre livre.
02:18Vous avez 8 ans et demi, le jour de la mort d'Elvis Presley.
02:21Et vous avez une révélation, ce sera la musique ou rien.
02:24Écoutez cette chanson pour vous, d'Elvis.
02:40J'aimerais bien vous voir danser le rock ensemble parce que ce n'est pas du tout le même rythme.
02:44Ah, c'est vrai ?
02:44Oui, oui.
02:45Il est plus lent, forcément.
02:47J'ai séduit ma femme en lui chantant Love Me Tender.
02:49C'est vrai ?
02:50En lui chantant pas.
02:51Dans un karaoké.
02:52Elvis Presley, c'est la révélation absolue, j'ai l'impression, à vous écouter.
02:56Je ne suis pas le seul.
02:57En fait, quand on lit pas mal d'histoires de musiciens qu'on fait du rock'n'roll, ensuite, beaucoup
03:04ont eu une révélation en voyant Elvis.
03:07C'était le cas de Johnny, d'ailleurs.
03:09C'est le cas de John Lennon.
03:10C'est le cas d'énormément de gens qui se sont mis à faire cette musique après avoir vu Elvis.
03:13Je pense que le...
03:14Bon, moi, j'ai découvert ça sur le tard, enfin, je dis dans le jour de sa mort, mais je
03:17pense que quand il a débarqué dans les foyers américains au milieu des années 50, à mon avis, ça a
03:22été un choc pour plus d'un...
03:24Mais qu'est-ce qui m'allait verser chez Elvis Presley ?
03:27Ben, franchement, c'est...
03:28Le look ?
03:29Il y a la musique, évidemment, mais...
03:30Si on arrivait à bien définir le truc, ce serait trop facile.
03:33Je pense qu'il y a vraiment une espèce de magnétisme, de trucs hypnotisants.
03:39Il synthétise vraiment tout ce qui, pour moi, représente, en tout cas, le rock'n'roll, ce côté animal.
03:43Ce côté électrique, un petit peu dangereux, un peu voyou, mais en même temps, super belle gueule.
03:49Enfin, je ne sais pas, il y a un truc, un rythme de fou, une voix de dingue.
03:52Pardon, mais c'est un peu anachronique par rapport à votre génération.
03:55C'est-à-dire que, théoriquement, né en 68, vous pouviez flasher sur des punks, vous pouviez flasher éventuellement sur
04:02la New Wave du début des années 80, parce qu'en 68...
04:05Oui, mais David, il découvre Elvis parce qu'Elvis meurt.
04:07Si Elvis n'était pas mort, il ne l'aurait peut-être jamais découvert.
04:10Non, mais c'est ça qui est fascinant.
04:11C'est-à-dire que c'est comme Michael Jackson.
04:13Quand Michael Jackson est mort, les jeunes ne savaient pas qui il était.
04:15Le lendemain, c'était devenu leur chanteur.
04:17Comme Chirac, un peu.
04:19Finalement, c'est grâce à sa mort qu'il revit à travers toi.
04:21Moi, il y a un truc que j'adore chez Yarol et qu'on retrouve dans le livre, c'est
04:24qu'il a un rapport purement hédoniste à la musique.
04:27En gros, il aime ou il n'aime pas, mais à aucun moment, il va se demander est-ce qu
04:31'il faut aimer ça parce que socialement, c'est bien, puisqu'il y a une pause.
04:33Il n'y a jamais de pause.
04:34C'est le kiff absolu envers la musique.
04:37Et le king, c'est le kiff.
04:42La phrase.
04:44Le king, c'est le kiff.
04:46C'est un slogan.
04:48Je crois qu'on a une photo de vous.
04:49Vous êtes hyper mignon, tout petit, justement, habillé un peu avec le style Elvis Presley.
04:55Parce que vous regardez cette bouille-là.
04:57Il a adopté les codes complètement.
04:59Moi, je suis tombé la tête la première dedans.
05:03C'est-à-dire qu'effectivement, j'ai vu Elvis, j'ai découvert le...
05:06Je connaissais déjà...
05:08Notre mère écoutait beaucoup de musique à la maison.
05:10Donc, il y avait une bande son à la maison qui était plus les Beatles, Bob Dylan, Cat Stevens, des
05:15trucs un peu plus de l'époque, du coup.
05:19Mais pas de rock'n'roll des pionniers comme ça.
05:21Donc, moi, je vois Elvis, je mets A, je tombe bouche B.
05:24Et du coup, après, ça a été la quête.
05:27Eddie Cochrane, Gene Vincent, Chuck Berry, Little Richard, il y a qui d'autre ?
05:30Il y a tel mec, tel autre gars ?
05:31Vous avez remonté le temps, en fait.
05:33Un peu, oui.
05:34En fait, c'est-à-dire que je me suis fait une culture...
05:36Bizarrement, je me suis fait une culture musicale très chronologique.
05:39En partant de 1977, le jour où Elvis est mort, j'ai découvert Elvis du tout début.
05:45Puis, Elvis m'a fait découvrir, redécouvrir, justement, les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Led Zeppelin.
05:51C'est incroyable, parce que les parcours sont inverses.
05:53Quand on voit les grands albums iconiques de cette époque, toujours dans votre tranche d'âge,
05:58effectivement, on va vers l'album de Super 30, Breakfast in America, on va vers Police, etc.
06:03J'avais 8 ans et demi quand j'ai découvert Elvis Presley.
06:06Et vous aviez commencé la guitare ?
06:07C'est une espèce de truc un peu comme si je voyais aussi...
06:11Avant Elvis, je voulais être cow-boy.
06:13Donc, il y avait aussi ce truc...
06:14Il y avait à côté des États-Unis, quand même.
06:16Ouais, ben ouais.
06:17Il y avait ce truc aussi, Elvis.
06:20Ça m'amusait.
06:21Il y avait un côté, justement, c'était rigolo, c'était marrant.
06:23C'était un peu comme un super-héros ou un truc...
06:25Mais la guitare, vous l'aviez commencé à ce moment-là ou un peu après ?
06:28Un peu après, j'ai dû commencer.
06:30Les toutes premières fois où j'ai dû gratter sur une guitare, je devais avoir une dizaine d'années.
06:34Une guitare achetée à trois fois rien ?
06:35Voilà.
06:36C'était votre première.
06:37Non, pas la première.
06:38La toute première, Melville à la batterie, tiens.
06:43Non, non, la toute première, oui, c'était une guitare, mais vraiment injouable.
06:46Ah oui ?
06:46C'était vraiment une guitare qui a plus un truc de déco, à mon avis, accroché au mur,
06:52qu'un vrai instrument.
06:53Et la première vraie guitare sur laquelle j'ai appris à jouer, c'était une guitare électrique, oui.
06:57Alors, c'était une Rick Ken...
06:58Une Kimbaker, oui.
06:59Oui.
07:00Je crois qu'on a repéré une photo, mais je ne sais pas si elle ressemble exactement à la vôtre.
07:03Vous l'avez gardée ?
07:04Oui, bien sûr, je l'ai gardée.
07:06Vous êtes un collectionneur ?
07:09Non, je ne suis pas collectionneur dans le sens où je ne fais pas la course aux cotes et aux
07:14trucs.
07:15Les collectionneurs achètent des guitares, les mettent de côté, les revendent, machin, pour...
07:18Ils n'en jouent pas, les collectionneurs n'en jouent pas, c'est des outils.
07:23C'est des outils, c'est des instruments dont je me sers, donc j'ai pas mal de guitare.
07:27Mais le premier rapport à la guitare, c'est un lien physique avec la guitare.
07:31Est-ce qu'à un moment où vous vous dites, ça y est, je n'aurai pas de plan B,
07:34c'est ce que vous racontez un peu, je serai musicien.
07:36Vous le sentez viscéralement au contact de la guitare ?
07:41Oui, peut-être, oui, je pense, je ne sais pas.
07:43En tout cas, la guitare sûrement, mais la musique en général, oui.
07:46Mais comment vous apprenez ? Qui vous met le pied à l'étrier ?
07:48Parce que la guitare, il faut quand même une méthode, c'est tout seul dans la chambre, c'est pas
07:52la maman qui vous aide ?
07:53Comment ça se passe ?
07:54Non, au départ, c'est des amis de ma mère.
07:56Des copains, notamment ce mec qui s'appelle Eric Lévy, que je salue s'il nous regarde,
08:00qui est musicien, qui avait monté un groupe de hard rock dans les années 70,
08:04qui s'appelait Shaking Street, qui avait une carrière assez courte, mais assez importante.
08:09Et donc lui, passant à la maison régulièrement, c'est lui qui m'a revendu d'ailleurs cette première guitare
08:13sur laquelle j'ai pris à jouer.
08:14Il me montrait des plans, l'intro au Carole, le riff de blues de base, et puis après un autre
08:19copain.
08:20Mais alors du coup, c'est un entourage de gens plus âgés, forcément, c'est ça ?
08:23Non, mais vous avez un entourage quand même assez exceptionnel, parce que comme baby-sitter, Isabelle Adjani...
08:29Je n'ai pas dormi, hein.
08:32J'ai faim, j'ai soif, j'ai raconté une histoire.
08:35Vous aviez quel âge quand elle vous a baby-sité ?
08:37Je ne sais pas, je devais avoir une dizaine d'années, ouais.
08:38Ça devait être une super baby-sitter, en plus.
08:41Mais c'est amusant, parce que vous dites que, déjà, aussi petit, vous étiez assez subjugué par sa beauté.
08:46Ah bah oui, oui, oui. Adjani, à 20 ans, c'était quelque chose, oui.
08:51Elle était très vive.
08:52Elle était très vive.
08:54La radioscopie par Jacques Chancel d'Isabelle Adjani, elle a 18 ans.
08:57C'est une flèche.
08:58Une flèche, elle était très mature.
09:01Vous jouez au foot un peu avec Gérard Depardieu ?
09:03Oui, à l'époque, oui.
09:05En fait, vu qu'elle travaillait avec notre mère, en tant qu'attachée de presse, surtout dans un milieu de
09:11cinéma d'auteur, en général un peu intello et tout,
09:14elle travaillait beaucoup avec Marguerite Durace.
09:15Et Marguerite, donc, avait cette maison à Neufle-le-Château, on sait, et il y avait toute une cour autour
09:20d'elle.
09:20Et à l'époque, c'était à l'époque où, justement, elle avait tourné le camion avec Depardieu, et il
09:25y avait tout autour de Marguerite et de tous ses cinéastes.
09:28La Chantal travaillait aussi pour Benoît Jaco, elle avait bossé pour Téchiné, elle avait bossé pour, voilà, plein de, à
09:32Chantal Ackermann, des gens comme ça.
09:33Vous vous rendez compte, si Depardieu vous avait apporté un jambon, vous seriez devenu boucher ou charcutier ?
09:38Qui sait ? Non, en tout cas, vous auriez pu choisir le cinéma, c'est ce qu'a fait votre
09:42frère.
09:43Vous, ça a été la musique.
09:44Oui.
09:44Sans hésitation.
09:46C'est-à-dire qu'elle vit, c'était plus sexy que Marguerite Durace ?
09:48C'est aussi ça.
09:50Vous avez commencé la musique ensemble, en fait, avant qu'ils deviennent comédiens et vous jouiez tous les deux ?
09:55Oui, oui, on a commencé la musique ensemble, en fait, Melville a fait du cinéma, Melville a commencé sa carrière
09:59de cinéma très, très jeune.
10:01C'est-à-dire qu'en fait, Chantal s'occupant d'un film de Raoul Ruiz, pour la promo, le
10:06film s'appelait Le Territoire, Raoul qui préparait la ville des pirates, il y avait un rôle d'enfant,
10:11il avait vu Melville parce qu'elle l'avait amené à une espèce de projection de presse ou un truc
10:15comme ça, et il avait flashé sur Melville, il a dit, je veux que, est-ce que ça t'intéresserait
10:18de jouer dans mon film ?
10:19Et c'est comme ça que Melville a commencé sa carrière de cinéma. Mais à la base, nous, tous les
10:22deux, on était dans la musique.
10:23Et d'ailleurs, Melville a vraiment deux carrières parallèles, le cinéma et la musique. Il a fait des albums.
10:27Et puis vous faites aussi des musiques pour le cinéma.
10:29Et j'ai fait des musiques pour le cinéma.
10:30Avec le cinéma. Il y a une autre rencontre, c'est celle avec ACDC. Enfin, une rencontre, en tout cas,
10:34un flash avec ACDC que vous raconterez très bien.
10:37Donc là, on tombe vraiment dans le rock pur et dur.
10:39Et qui sort un album cette semaine.
10:41Oui.
10:41Hourra.
10:41Ouais.
10:42Hourra.
10:43Ouais, ouais. Il va dire que c'est fini depuis 82, je crois.
10:47Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
10:49C'est un autre débat.
10:50Je suis resté encore en entier, donc je ne me prononcerai pas.
10:52Mais bon, Malcolm qui est à gauche sur la photo, c'était un peu lui la tête pensante du groupe.
10:57Et malheureusement, il n'est plus là.
10:58Donc il faut voir.
10:58Mais vous les avez connus ?
10:59Pardon ?
11:00Vous les avez connus ?
11:00Pas du tout. Jamais.
11:01Bon. Et puis après, il y a FFF.
11:04Et là, c'est vous qui nous racontez.
11:06FFF.
11:06FFF, il faut se remettre dans le contexte.
11:08On est à la fin des années...
11:09Fédération française de funk.
11:11Le funk.
11:11Le funk, c'est mi-funk, mi-rock.
11:13Le funk, c'est un mot que Yarol invente, en fait, avec Marco Prince, le leader, le chanteur du groupe.
11:18Et il faut se rappeler ce qu'était la France à la fin des années 80 et à la fin
11:21des années 90.
11:22Musicalement, on s'ennuyait un peu.
11:24Et dès qu'il y avait un truc qui se passait dans le rock, c'était un truc qui était
11:26très politisé.
11:27C'était le fameux rock alternatif.
11:29Alors il y avait la Manonégra, tout ça.
11:30Mais on n'avait pas de groupe où le but, c'était juste de s'éclater live avec de la
11:35musique,
11:36avec des influences anglo-saxonnes.
11:37Et pas un truc qui faisait un peu Fête de l'Huma avec les bières et tout.
11:41C'est-à-dire que tu téléphones, tu le classes, tu tournes la page.
11:43Mais téléphone, c'est fini.
11:44C'était fini.
11:44Téléphone, c'est séparé officiellement en 86, mais c'est démodé depuis 84.
11:48Et alors FFF, c'était le concert.
11:50Moi, je vois le concert.
11:51C'est quand même le seul concert où j'ai vu à l'époque ma prof de français que j
11:54'avais la semaine en cours.
11:56Et je l'ai vu en soutien d'orge à ce concert avec la sueur et qui dansait comme une
12:00fois.
12:01Et le lendemain, je l'avais en cours.
12:02Et je me suis dit, tiens, il n'y a pas du monde.
12:03Toi, je te reconnais.
12:04Non, mais je me suis dit, c'est génial.
12:05C'est-à-dire que c'est un groupe qui ne plaît pas.
12:06Finalement, il faut jeune.
12:07Il plaît à tout le monde.
12:08Il y a un moyen vraiment d'avoir des fans partout.
12:11Et sur scène, c'est quand même le groupe qui a battu Mylène Farmer en victoire de la musique.
12:14Le meilleur concert.
12:15Et d'ailleurs, ce groupe, il va faire un retour un jour ou pas du tout ?
12:19Là, vous avez derrière vous des photos d'un retour déjà qu'on a fait en 2014.
12:23Oui, on a refait beaucoup de concerts, effectivement.
12:27C'est un groupe où il n'est pas exclu qu'on se reforme bientôt pour refaire des concerts.
12:31On ne sait pas.
12:32Ce n'est pas prévu.
12:34Mais pourquoi pas ?
12:35Ce n'était pas prévu non plus d'en refaire en 2014.
12:37Mais tout était dantesque dans ce groupe.
12:39C'était George Clinton, quand même, qui était venu.
12:42Le roi du P-Funk était venu dans le clip.
12:45Tout le monde disait, mais comment ça se fait ?
12:46Déjà, des Français qui, sur un premier album, arrivent à faire venir le roi du funk.
12:51Comment ils ont fait ?
12:52En gros, c'est ça.
12:52On se dit, ce n'est pas possible.
12:53Et alors ?
12:54Comment ils ont fait ?
12:55Ça coûtait énormément d'osannées.
12:56Oui, ça coûtait beaucoup d'argent.
12:58On a ruiné la glade.
12:59L'industrie musicale, on a pris un coup.
13:01L'explication, c'est aussi que c'était un groupe de vrais musiciens.
13:04C'était des gens qui étaient des virtuoses.
13:06Les virtuoses, chacun dans leur domaine.
13:07Virtuoses, je ne sais pas.
13:08Mais en tout cas, c'est des gens qui prenaient beaucoup de plaisir à jouer ensemble, déjà.
13:11Ce qui est principal.
13:12Et c'était des gens qui avaient compris que la scène, c'est visuel également.
13:16Il y a une scène dans le livre qui est fantastique.
13:17C'est que Harold se rend compte qu'il joue devant une glace.
13:19Il se dit, je ne bouge pas, je m'ennuie, ce n'est pas bien.
13:21Il comprend qu'il va falloir faire le show et passer devant avec des réglages.
13:25En faire trop, entre guillemets, pour attirer l'œil du spectateur.
13:28Parce que du live, vous pouvez être le meilleur musicien du monde.
13:31Si vous ne bougez pas et que vous êtes là, au bout d'un moment, ça s'emmerde.
13:33Et FFF, même quand on n'aimait pas la musique d'FFF, c'était impossible de s'embêter.
13:37Il y avait un show.
13:38Question technique.
13:39C'est vrai que dans l'imagerie du rock, la gestuelle du guitariste, il y a toute une galerie.
13:44Du punk qui va casser sa guitare.
13:46Ou hardeux qui va se tordre en arrière et se pencher sur le chanteur.
13:50C'est pour ça que vous maîtrisez les réglages.
13:51J'ai étudié énormément.
13:53Du gars qui va tenir sa guitare très près des genoux parce qu'il a une hanse très longue.
13:59À l'hémi qui jouait de la basse avec le micro ouvert comme ça.
14:03Il y a une gestuelle.
14:03Comment vous avez trouvé la vôtre ?
14:04Comment vous l'avez un peu étudiée ?
14:08C'est sûr qu'il y a toute une panoplie d'attitudes.
14:14C'est en essayant des trucs.
14:15Moi, j'ai pris au niveau du jeu de scène.
14:18La grande claque que j'ai prise, moi, c'est qu'on avait eu la chance avec un groupe de
14:21punk hardcore avec lequel je jouais à l'époque.
14:24Ça s'appelait les Cosmic Wurst.
14:28Déjà, on est toussus dans l'ambiance.
14:29C'est-à-dire les saucisses cosmiques.
14:31Les saucisses cosmiques, oui.
14:34Et donc, on a eu la chance de faire la première partie des Red Hot Chili Peppers à l'Élysée
14:39-Montmartre en 1989.
14:40Ça fait un bon plateau, ça.
14:42Ce n'était pas encore très connu à l'époque, les Red Hot Chili Peppers.
14:45Ils n'avaient pas encore eu les cartons qu'ils ont eu après.
14:48Mais il y avait ce guitariste qui venait d'arriver dans le groupe, John Frucciante.
14:52C'est lui qui fait l'intro de...
14:55Non.
14:56Si, c'est bien ça.
14:58Et alors, je me retrouve.
15:00Donc, nous, on fait notre concert, ça se passe bien.
15:01Et je me retrouve ensuite pour leur concert, sur le côté de la scène, à regarder ce qui se passe
15:05avec les techniciens et tout.
15:06Et alors là, la claque.
15:08Le mec...
15:10Et donc, du coup, j'ai étudié tous ces mouvements, tous ces trucs, tous ces trucs.
15:13Je lui ai tout piqué.
15:14Et puis, il y avait cette envie...
15:14Je lui ai tout piqué.
15:16C'est honnête, au moins.
15:17Oui, au moins.
15:18C'est cette envie de fusion aussi, de mélanger un peu le rock avec le groove.
15:21Complètement, complètement.
15:22Il y avait lui, il y avait un autre claque aussi scénique qu'on a pris.
15:26Tu en parlais tout à l'heure, c'est la Mano Negra.
15:27Manu Chao sur scène, c'était une énergie, un truc.
15:30Enfin, c'est toujours en arrière, mais à l'époque de la Mano...
15:34Mais alors, votre signature...
15:35Donc, c'était comme ça ?
15:37Votre signature chorégraphique sur scène, c'est quoi ?
15:41C'est la jambe insolente, comme dit ma mère, qui a 80 ans.
15:44Quand elle voit des rockeurs sur scène, quand elle voyait Johnny à la télé, elle disait
15:48« Ah là là, celui-là, il a la jambe insolente. »
15:51Ah ben voilà.
15:51Oui, c'est bien, c'est pas mal.
15:52C'est pas mal comme expression.
15:53Tout ce parcours, finalement, on sent que vous étiez destinés à rencontrer Johnny Hallyday.
15:59Il y avait, sur le chemin, beaucoup, beaucoup de points communs.
16:02Elvis Presley a ce goût viscéral de la scène.
16:07Ça n'a pas été une surprise, finalement, de le rencontrer.
16:10C'était pas ce que logique, on a le sentiment.
16:13Le rencontrer, c'est un truc de travailler avec lui après, comme on l'a pu faire.
16:16Oui, si, ça a été quand même une surprise.
16:17Enfin, je veux dire, c'est un truc...
16:19Vous le dites vous-même, vous avez eu peur, quand il a fait appel à vous,
16:22comme directeur artistique et guitariste, de ne pas être à la hauteur du tout.
16:26Ah bon, j'ai dit ça ?
16:27Oui.
16:28J'ai lu ça, j'ai lu ça.
16:29Enfin, c'était une crainte, on se dit, en fait, on se dit, on a peur, quand même.
16:31Évidemment, c'est-à-dire que tout d'un coup, moi qui...
16:35Bon, alors, effectivement, j'ai eu une histoire fantastique avec FFF,
16:38mais ça n'a pas été non plus un carton monumental.
16:41Enfin, je veux dire, c'est un groupe qui restait quand même très underground,
16:43qui s'adressait quand même à, non pas une niche, mais à un public un peu de gens qui vont
16:48au concert.
16:49Voilà, c'était pas un truc très grand public.
16:51Ça ne représentait pas non plus...
16:52On n'avait pas fait... On n'avait jamais fait Bercy, rempli et tout ça.
16:55Donc, effectivement, le fait de me confier les rênes de la tournée,
16:59enfin, de la direction musicale de sa tournée en 2012 et de les arrangements et tout,
17:03c'est sûr que...
17:04Alors, il y avait quand même une sacrée pression.
17:08En plus, il n'avait pas...
17:09La tournée de 2009, il l'avait arrêtée en cours de route parce qu'il avait été malade.
17:14Donc, c'est sûr qu'il y avait une grosse pression.
17:16Et puis, je sentais qu'on m'attendait un peu au tournant de la part de...
17:19Ce sont un peu des gens qui pouvaient bosser avec lui, qui disaient,
17:22« Bon, un jaloux ! »
17:23« Mais quoi ce mec ? »
17:23Alors, des jaloux, non, pas forcément des jaloux, mais des gens qui se disent,
17:25« Mais il est fou, qu'est-ce qu'il fait ? »
17:27« Pourquoi il file les clés à ce jeune mec qu'on connaît ? »
17:30Oui, mais c'est...
17:31Il faut rappeler le contexte.
17:32Pendant toute sa carrière, Johnny Hallyday, sa stratégie, c'était toujours de prendre
17:36la personne qui venait d'avoir un énorme succès.
17:38Et là, c'était quelque chose de différent.
17:39C'est à une époque où Johnny Hallyday a voulu faire la musique qu'il aimait, en fait.
17:43Il voulait revenir à ses goûts d'origine.
17:45Donc, il rencontre Yaro, il se rend compte qu'il aime la même chose.
17:47Et vous le rencontrez, pardon, comment ?
17:49Alors, moi, je le rencontre la première fois.
17:52La toute première fois, je le rencontre en 98, dans les coulisses du Stade de France,
17:56parce qu'on faisait la première partie avec FFF.
17:58Ah !
17:59Voilà.
17:59Le fameux jour, la mort dans l'âme.
18:01On n'a pas pu jouer, d'ailleurs, lui non plus.
18:03Mais on a rejoué le lendemain.
18:04Donc, on s'était croisé vite fait.
18:05Il était rentré dans notre loi.
18:06Et j'en avais dit, bon, les gars, bonne chance et tout.
18:09Et je le rencontre pour la première fois réellement sur le tournage de Jean-Philippe,
18:14qui était donc le film, vous voyez...
18:17Très drôle.
18:17Voilà.
18:18Jean-Philippe Smet, en fait, avait raté sa carrière de chanteur.
18:22Réalisé par un copain à moi, Laurent Tuell,
18:24qui m'avait proposé de jouer le rôle du guitariste dans la scène finale,
18:27où enfin, il redevient Johnny Hallyday sur scène et où.
18:30Donc, on se retrouve sur le plateau.
18:32Tôt, on est en train d'attendre pendant les...
18:35On est avec un vrai groupe sur une vraie scène
18:37et on est en train d'attendre entre les plans et les prises.
18:41Et on a des guitares et on commence à jouer un petit peu.
18:43Et on se dit, tiens...
18:44Ah, tu connais Edith Cochrane ?
18:46Ouais, bien sûr, je connais Edith Cochrane.
18:47Ah ouais, tu connais celle-là ?
18:48Bien sûr, je connais celle-là.
18:48Et comment on est ?
18:49Et hop, et c'est parti.
18:50Et on commence à jammer, à faire les cons, à déconner, à jouer.
18:53Et ça a duré toute la nuit.
18:54Les mecs, en général, c'est les comédiens qui attendent les techniciens.
18:57Mais là, c'est les techniciens qui attendaient qu'on ait fini de faire les cons.
18:59Parce que du coup, c'est parti en brille et on jouait pendant...
19:03Alors, il y a une scène que vous racontez qui est très drôle.
19:06Vous dites, pour un concert privé, vous demandez à l'ingéson de monter un petit peu
19:10le volume de la voix de Johnny qui avait fait un petit essai comme ça, au déboté.
19:14Puis après, vous dites, vas-y, monte le son.
19:16Et l'ingéson, vous dit, non, vraiment, je t'assure, monte pas le son.
19:18Et là, vous le racontez très bien, la voix de Johnny,
19:21vous dites, c'est un camion que vous prenez, enfin, un 38 tonnes dans la figure.
19:25Mais c'est quoi comme sensation, en fait ?
19:27Quand vous entendez la voix de Johnny comme ça dans le micro, qu'est-ce qui se passe ?
19:29Pourquoi c'est aussi...
19:30Il a du coffre, quoi.
19:32Ouais, parce qu'il avait une puissance vocale quand même extraordinaire.
19:35Et puis que c'est une voix qu'on connaît par cœur.
19:37Enfin, je veux dire, tout d'un coup, l'avoir pour de vrai, enfin, c'est un truc un peu...
19:43Mais est-ce que lui aussi, il n'avait pas un peu la pression de Johnny
19:46d'être, comment dire, une sorte de muse et il fallait qu'il vous inspire ?
19:51S'il allait chercher un musicien de la jeune génération,
19:55il fallait aussi que vous puissiez projeter sur lui vos aspirations musicales.
19:58Alors, je ne dis pas que c'était difficile, mais est-ce que lui-même, il ne se disait pas,
20:03il va falloir que je les emmène ces jeunes-là, que je les inspire, parce que vous aviez commencé
20:06avec Elvis, a priori, vous n'aviez pas besoin d'être inspiré par Johnny Hallyday.
20:11Je dis ça de façon un peu provoque, mais...
20:13Non, mais de toute façon, Johnny se mettait la pression en permanence.
20:16Ah ! Et ça, c'est comme ça, c'est le seul...
20:19Enfin, c'est d'ailleurs pour ça que sa carrière a été aussi longue et aussi exemplaire,
20:22c'est que le mec se mettait la pression tous les jours.
20:24Je vais monter sur scène, j'ai la pression, il faut que je défonce, il faut que je sois fort,
20:27il faut que... Donc, il avait tout le temps la pression et il se la mettait lui-même.
20:30Il était un grand anxieux, un grand... pas vraiment traqueux, mais histoire de se dire
20:35qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux ? Comment ça pourrait être mieux ?
20:37Comment est-ce qu'on pourrait changer pour que, voilà, aller plus loin ?
20:40Et puis, vous l'avez remis dans le rock, c'est ce que vous dites, c'est comme ça que
20:43vous appelez ce chapitre.
20:44Vous nous avez rendu... Tu nous as rendu Johnny, le Johnny pur et dur.
20:47Et je crois que vous vouliez nous faire parler de deux chansons.
20:51En fait, Yarol, je pense qu'il a eu l'intelligence de dire la vérité à Johnny.
20:55En gros, il n'avait pas de problème de se dire est-ce qu'il va mal prendre, bien prendre,
20:58ça.
20:58Donc, il a eu l'intelligence de lui dire ce que vous avez fait de mieux Johnny,
21:01c'est entre 68 et 1972, en gros, la plus grande période scénique de Johnny.
21:05Ce retour au rock, il s'est dit, je vais refaire chanter à Johnny ma jolie Sarah
21:09et on va faire des choses comme... Alors, je ne sais pas si on va entendre...
21:11Ah, on écoute ma jolie Sarah.
21:16Ma jolie Sarah
21:20Oh, bien !
21:23Qu'est-ce que j'en peux ?
21:25Alors, je crois qu'il y a des versions où tu fais des cœurs, d'ailleurs,
21:28où il y a des... avec lui, enfin, il est...
21:29Je suis un fils de personne, je suis un fils de...
21:31Bon, et il y a évidemment ce retour à l'acoustique
21:34avec des titres comme Mystery Train,
21:36qui est quand même une des premières chansons, on l'est fait par Alvis.
21:49Et donc, ça arrive au moment où Johnny, depuis 15 ans à l'époque,
21:53est entouré de gens qui tournent un peu vers la variété rock.
21:56Et là, il retourne vraiment au son pur qu'il aime, quoi.
21:59C'est-à-dire qu'il fait vraiment la musique qu'il aime.
22:01Et je crois que votre relation, en fait, elle vient de là, quoi.
22:03C'est un même terrain de jeu, c'est le sentiment que ça donne,
22:06c'est que vous vous êtes retrouvés presque sur un goutte de l'enfance.
22:10Oui, c'est-à-dire qu'on avait effectivement, tous les deux,
22:15cette culture du rock'n'roll du début, dont on parlait tout à l'heure,
22:20qui était liée aussi à des souvenirs d'enfance.
22:22C'est-à-dire qu'en fait, au bout d'un moment,
22:23il n'y avait plus de différence de génération.
22:25On était deux gamins, moi, les Arènes de Lutèce, lui, la Trinité,
22:27en train de parler de Cochrane, et ouais, tu connais,
22:30mais oui, mais quand il a changé, et quand il a changé de label,
22:33et puis telle autre chanson, et puis Jean-Vincent,
22:34après, c'était plus bien, il a fait ci, il a fait ça,
22:36ouais, mais moi, je préfère ça.
22:37Et donc là, du coup, on était...
22:39Comme deux gosses.
22:40Il avait cette culture du rock'n'roll,
22:43comme l'avait Dick Rivers, comme la...
22:45Eddie Mitchell, c'est-à-dire qu'il parlait du rock comme un livre,
22:47il avait cette dimension-là.
22:49Oui, oui, alors il n'était pas bloqué, effectivement,
22:51sur les années 50 et tout, il connaissait aussi,
22:53évidemment, tout le reste, mais il y avait quand même
22:54ce truc qui...
22:56C'est comme qu'on découvre quelque chose
23:00qui va ensuite complètement conditionner nos vies,
23:05c'est en général le premier truc qu'on a découvert,
23:06le premier coin de...
23:08Oh, dis non, c'est ça qui nous marque la vie, quoi.
23:10C'est ça qui nous marque la vie, quoi.
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