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  • il y a 17 heures
Dans l’émission “Clique” sur Canal+, retour sur la rencontre entre Johnny Hallyday, Philippe Labro et Yarol Poupaud. Une séquence qui met en lumière les liens artistiques et humains entre ces figures de la scène et du milieu musical autour de Johnny.

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Musique
Transcription
00:00Philippe Labroux, vous étiez un proche de Johnny, un de ses paroliers.
00:03Vous avez été le premier auteur à écrire tout un album pour Johnny.
00:06Et votre histoire d'amitié a commencé dans une boîte de nuit, Battle de Santiago.
00:09À l'époque, il y avait très peu de gens qui portaient des Santiago.
00:12On nous prenait pour des ploucs.
00:14Et donc, je suis dans une boîte de nuit rue Saint-Benoît,
00:16et je vois ce garçon que je n'avais jamais vu de ma vie.
00:18Avec les bottes, il voit les miennes.
00:20Il me dit, d'où elles viennent les tiennes ?
00:22Je lui dis, c'en t'as fait.
00:25Et toi ? Mexico City.
00:27Donc, vous étiez pote de bottes ?
00:28Pote de bottes, ça c'est...
00:31Pas mal, pas mal.
00:32Plus tard, je fais un film dont la musique est faite par Edi Vartan,
00:37qui était son beau-frère à l'époque.
00:39Il dit, écoute, on va montrer le film,
00:41on fait une projection privée,
00:42si ton beau-frère peut venir, il vient.
00:45Il vient, il voit le film,
00:47il sert des louches à la sortie,
00:49et puis je sors dans la rue des Dames Augustines,
00:52je m'en souviens encore, à Neuilly.
00:54Et là, il est là, debout, contre un réverbère,
00:56et il m'attend.
00:57Il me dit, voilà, j'adore le cinéma,
01:00j'adore l'Amérique, est-ce qu'on peut parler ?
01:02Et on est restés debout, tous les deux,
01:05pendant 50 minutes,
01:07à parler d'Elia Cazan,
01:09James Dean, Marlon Brando,
01:11tous les films qui, à l'époque, le passionnaient,
01:13et le cinéma le passionnait.
01:14D'ailleurs, d'une certaine manière,
01:16même s'il est devenu le rocker que tu sais,
01:19je crois qu'il aurait aimé avoir une carrière cinématographique
01:22encore plus large et plus importante.
01:24Je tiens à dire que Johnny, c'était un cinéphile actuel,
01:27c'est-à-dire que moi, j'ai eu la chance de le côtoyer,
01:29il me parlait de films de Hong Kong extrêmement pointus,
01:33il faut savoir qu'il a tourné avec Johnny To,
01:35qui est une des stars du cinéma de Hong Kong,
01:37il l'a fait venir ici.
01:39Il avait une admiration pour les nouveaux cinéastes,
01:41pour John Woo, pour tous les gens comme ça,
01:43et c'était les mêmes conversations.
01:44Moi, il me parlait de films qu'on appelait de sous-culture,
01:47mais qui sont en fait des films majeurs,
01:49de réalisateurs majeurs,
01:50et lui, il était à la pointe du cinéma,
01:52mais comme Johnny était également très aimé par les intellectuels, Pauline.
01:56Alors, c'est à double tranchant,
01:58il y avait toute une partie de la population des intellectuels
02:00qui, au contraire, en faisait un individu plutôt très mésestimé,
02:04pas très intelligent, assez imbécile.
02:05Je pense notamment à Marguerite Duras,
02:07qui avait fait une interview catastrophique de lui en 1964,
02:11où vraiment, elle le faisait passer pour un demeuré,
02:14pour ainsi dire,
02:14mais ça, comme savait l'être Duras, parfois très méchante.
02:17Et il y avait aussi, évidemment, ceux qui l'adoraient,
02:20et je pense en tête à François Sagan,
02:22qui lui a même écrit des chansons,
02:24dont une, qui s'appelle Quelques cris,
02:26qui était dans l'album 100%,
02:28produit ensuite par David Hallyday,
02:30qui l'avait arrangé,
02:31et qui a été un de ses plus grands succès commerciales,
02:33et je vous propose qu'on écoute François Sagan parler de cette chanson.
02:37La difficulté à l'idée, c'est que,
02:39moi, il y a quelques fois, j'ai fait des chansons,
02:41par conséquent, c'était sur des musiques qu'on m'avait données,
02:43et que je n'avais plus qu'à remplir,
02:46parce que faire des paroles de chansons comme ça,
02:49sans rien, c'est difficile,
02:50puisque un poème, c'est pas,
02:51c'est trop littéraire pour être une chanson,
02:54et entre-temps, pourquoi écrire,
02:56si c'est pas un problème, je veux dire,
02:57c'est difficile quand on écrit.
02:59Il y en a une qui s'appelle Quelques cris,
03:02qui est une, qui est beaucoup plus, je crois,
03:04qu'il va chanter,
03:06c'est une histoire des cris que peut jeter un homme au cours de sa vie,
03:09quotidien, quand il découvre l'amour,
03:11quand il découvre le succès,
03:13quand il découvre la solitude.
03:14Thierry, je voulais savoir,
03:16est-ce que vous, il vous a déjà fait part de ce mépris,
03:19est-ce que ça le blessait,
03:20que certains intellectuels disent de lui qu'il était bête, en fait ?
03:23Non, mais d'abord, moi, je sais,
03:24et on le savait, que c'était un homme très intelligent.
03:27Il y a toute forme d'intelligence.
03:28La sienne ne repose pas forcément sur la culture,
03:30puisqu'il a quitté l'école très, très tôt.
03:32Il m'a d'ailleurs raconté un jour
03:34comment son père l'enfermait dans un placard
03:36pour l'empêcher d'aller à l'école.
03:38Moi, j'ai tout su avec lui.
03:39On avait une amitié formidable.
03:42Mais je pense qu'il en souffrait,
03:44mais il n'en parlait jamais.
03:47En revanche, moi, j'ai toujours dit à tout le monde,
03:50vous êtes des cons.
03:51Le type est très intelligent.
03:53Arrêtez.
03:54Et peu à peu,
03:55et vous le savez bien, vous venez de le dire,
03:57les intellectuels, comme on dit,
03:58les intelligents, comme disait Michel Piccoli,
04:01ont compris en voyant son parcours
04:04et en lisant en particulier un très grand entretien
04:07qu'il a eu un jour pour Le Monde.
04:09Alors, d'un seul coup, quand il est dans Le Monde, ça va.
04:11Signé Daniel Rondeau.
04:12Et d'un seul coup,
04:13ah, quand même, ah oui.
04:15Et puis, ils ont découvert non seulement son répertoire,
04:18mais sa puissance, son énergie,
04:22sa voix, son talent inouï.
04:24Et d'un seul coup,
04:26dans les années 70 à peu près,
04:2870-80,
04:30Johnny Hallyday est devenu l'idole de tout le monde.
04:33Pas seulement du grand public,
04:35ce qu'il aimait.
04:36C'est pour lui la seule chose qui comptait.
04:38On l'a vu dans les images.
04:39C'était le plus grand public,
04:41mais aussi de ce qu'on peut appeler bêtement l'élite.
04:45Yarol, quand on se retrouve dans le tourbillon
04:47de Johnny Hallyday,
04:48comment on arrive là-dedans ?
04:49Comment on survit ?
04:50Comment est-ce qu'on résiste ?
04:52Parce que finalement,
04:53t'es resté très longtemps avec lui.
04:55Qu'est-ce qu'on vit
04:56que tu n'aurais jamais imaginé vivre dans la musique ?
04:58Alors, je ne suis pas resté si longtemps que ça avec lui.
05:01Six ans.
05:01Ça a duré six ans, ouais.
05:03Avec le nombre, je pense,
05:04au nombre de concerts qu'on a fait,
05:05le nombre de trucs qu'on a vécu,
05:07j'ai l'impression que ça a duré 15 ans.
05:10Donc, franchement,
05:12moi, ce que j'ai vécu grâce à lui sur scène,
05:14c'était hallucinant.
05:15C'est-à-dire que moi,
05:16ce qui m'a donné envie de faire de la musique
05:17quand j'étais enfant,
05:18c'est Elvis Presley,
05:19c'est Chuck Berry,
05:20c'est Jimi Hendrix,
05:21c'est Led Zeppelin.
05:22Et grâce à lui,
05:23je me suis retrouvé à jouer des chansons
05:25de Jimi Hendrix,
05:26de Chuck Berry,
05:27dans des stades.
05:29Ça n'existe pas.
05:30Non.
05:31Il y a quoi ?
05:32Il y a les Stones, peut-être,
05:33qui font encore des Chuck Berry dans des stades.
05:34C'est-à-dire que moi, tout d'un coup...
05:36Rappelons que Jimi Hendrix
05:37a fait la première partie de Johnny.
05:38Voilà, exactement.
05:39Oui, oui, grave.
05:40Elle a la pièce,
05:41puis même toute une tournée en France
05:42au début de la carrière de Jimi Hendrix.
05:45Donc, franchement,
05:46jouer des chansons comme Hey Joe,
05:48enfin, des standards,
05:49des adaptations en français en plus
05:51qui sont toujours très malines,
05:53réussir grâce à lui
05:54à jouer ça devant 80 000 personnes
05:56au stade de France
05:57ou dans d'autres stades,
05:57moi, j'étais là,
05:58mais je me réveillais,
05:58je me pinçais, quoi.
06:00C'est-à-dire que ce truc
06:01que j'ai appris à jouer avec la guitare
06:02quand j'avais 12 ans,
06:04tu vois, par exemple,
06:04une chanson qui s'appelle
06:05O'Carolle,
06:05tu vois,
06:05que c'est la première riff de guitare
06:07que j'ai appris à jouer.
06:08Donc, à jouer ça dans la stage,
06:09j'étais là,
06:09mais ça ne va pas,
06:10il y a un truc,
06:10il y a un bug.
06:12Donc, moi,
06:12effectivement,
06:12moi, il y a eu un bug.
06:13Il y a eu un truc grâce à lui
06:15que j'ai vécu
06:15qui s'était pas,
06:16c'était,
06:16j'étais là,
06:17j'étais là,
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