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  • il y a 7 semaines
Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros2WE à 20h du vendredi au dimanche

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Transcription
00:00Il est quasiment 20h sur CNews, merci d'être avec nous pour l'heure des pros.
00:03On est avec Alain Destex, cher Alain, bonsoir.
00:07Avec Joachim Lefloquimat, bonsoir Joachim, Driss Galli est avec nous, essayiste bien sûr.
00:12Et Gérald Pandelon, pardonnez-moi de décorcher votre nom, Pandelon, vous êtes avocat pénaliste.
00:19Maître, merci d'être avec nous.
00:21Merci à vous.
00:21On va parler beaucoup de la justice dans cette émission et vous allez nous apporter votre regard,
00:27votre expertise d'avocat pénaliste.
00:31La politique et la justice, parfois, ça peut faire une sorte de confusion des genres.
00:37Il y a certaines déclarations qui entraînent des actions en justice.
00:42Mais dans l'univers médiatique et politique dans lequel nous vivons, il y a un privilège.
00:48Alors, ce n'est pas dans le code pénal, mais ça s'appelle le privilège rouge.
00:51Il est formidable, le privilège rouge.
00:52Le privilège rouge, il vous permet de tenir des propos extrêmement dangereux, pour ne pas dire sédicieux.
01:01Et finalement, ça passe crème.
01:03Je n'ai pas vu de dépêche sur les déclarations de M. Balib Bagayoko, maire de Saint-Denis,
01:09qui appelle à l'insurrection populaire si le Rassemblement National arrive au pouvoir.
01:17Alors, je me suis posé la question tout au long de la journée.
01:20Je me suis dit, est-ce que ce n'est pas faire une publicité au propos de Balib Bagayoko ?
01:25Mais le fait majeur, c'est quoi ?
01:28C'est que des députés, et ça devient un élément politique et judiciaire,
01:33ont saisi le procureur après les déclarations de Balib Bagayoko.
01:37Et pourquoi je vous parle de privilège rouge ?
01:40Parce que je n'ai pas vu de dépêche de l'AFP sur Balib Bagayoko.
01:44La déclaration de M. Balib Bagayoko, elle ne sera pas aux 20h de France 2 ou aux 20h de TF1.
01:50C'est plus intéressant de parler du canon français que de parler d'un maire,
01:55de la deuxième ville d'Île-de-France, expliqué et appelé à l'insurrection populaire.
02:02Alors écoutez, il était l'invité d'un site qui s'appelle Ouma.
02:07C'est un site qui se présente comme communautaire, musulman francophone,
02:12d'actualité musulmane francophone,
02:14où il appelle en cas de victoire du RN à la présidentielle, à l'insurrection populaire.
02:18Écoutez.
02:20En 2027, si on a Jordan Bardella ou Marine Le Pen élus au souvent tour,
02:26qu'est-ce qui se passerait ?
02:27On fait un peu de prospective, selon vous, à votre échelle de maire de Seine-Saint-Denis.
02:30Il n'est pas possible, si l'on dit bien qu'il y a celles de ceux qui se rangent
02:34du côté, en fin de compte, de valeurs qui sont en opposition aux valeurs de la République,
02:37ce qu'est l'extrême droite.
02:39Et celles de ceux qui sont les tenants de la République et donc des valeurs fortes,
02:42notamment y compris à gauche et chez les écologistes,
02:44avec l'ensemble de la force, de masse qu'il y a derrière,
02:47moi j'ai l'intime conviction que la population est capable de se lever.
02:50Et cette forme d'insurrection populaire, elle ne sera possible
02:52que si déjà on redonne du pouvoir à la base.
02:56Les mots sont importants, parce que vous appelez à l'insurrection populaire.
02:58Bien sûr, l'insurrection populaire au sens, bien sûr,
03:01lever la population de manière importante,
03:03parce que malheureusement, toutes les réformes importantes dans ce pays
03:07se sont faites par une insurrection populaire.
03:09La prise de la bastille, tous ces sujets-là,
03:10c'est des choses qui sont liées à l'histoire de France.
03:13Et c'est bien parce qu'à un moment donné,
03:14il y a une forme d'indignation populaire
03:18qui se traduit par l'immobilisation de masse
03:19et qui fait qu'à un moment donné, on met tout le monde sur le trembleur.
03:22Et c'est comme ça qu'on arrive à avoir des victimes.
03:23Alors attention, parce qu'on va vous reprocher d'appeler à l'insurrection,
03:27M. Bagayogo.
03:28Oui, mais en fait, ce que certains diront,
03:31c'est qu'aujourd'hui, Bali, ce n'est pas un gourou
03:32et que les gens sont à la fois conscientisés
03:35et qu'en fait, ils n'ont pas besoin d'appel.
03:39Alors, Mathieu Bloch, député UDR, a réagi.
03:43J'ai saisi ce jour par courrier le ministre de l'Intérieur
03:45pour demander la suspension immédiate du maire de Saint-Denis
03:47sur le fondement d'un article de la CGCT
03:51et vous allez nous expliquer ce que c'est peut-être maître
03:53après des propos insurrectionnels inacceptables.
03:56Il saisit également le président de la République
03:58pour que toutes les sanctions nécessaires soient prises,
03:59y compris la révocation en Conseil des ministres
04:02compte tenu de la gravité des propos tenus par M. Bagayogo.
04:05On ne peut appeler au désordre en tant qu'élu de la République.
04:10La République doit garantir le respect des scrutins
04:13de la démocratie, de l'ordre public.
04:14Julien Audoul également a signalé les propos de M. Bali Bagayogo
04:20au procureur de la République sur le fondement de l'article 40
04:24de procédure pénale.
04:27Et Thibaut de Montbrial a réagi lui aussi sur le site Ouma.
04:30Le maire de Saint-Denis, Bali Bagayogo,
04:32appelle tranquillement à une insurrection populaire
04:35si le RN gagne en 2027.
04:37Et il le dit deux fois.
04:38Le tabou de l'appel à la violence est brisée.
04:41La rapidité de la désinhibition de l'extrême gauche est vertigineuse.
04:46Je vous propose d'écouter Karl-Olive, il était l'invité d'Europe.
04:50Je pense que M. Bagayogo, il est sur la ligne mélenchoniste.
04:54Le chaos, il faut l'insurrection, il faut la révolution.
04:58Et on le voit aussi à l'Assemblée nationale
05:01où c'est un meeting systématiquement à ciel ouvert sans aucun respect.
05:06J'appelle simplement, je dirais,
05:08un respect de l'autorité de l'État
05:10qui est totalement dégradé dans toutes les strates de la société.
05:13Que ce soit envers les élus, on va certainement y revenir,
05:16envers les enseignants, envers les policiers.
05:17C'est inadmissible, je dirais,
05:20ces combats face aux policiers qui sont là pour nous protéger.
05:22Il faut arrêter de donner raison à une minorité
05:25qui vient polluer l'immense majorité des Français.
05:27Et je vous propose d'écouter Sébastien Chenu,
05:30député du Rassemblement national,
05:32qui était peu ou prou d'ailleurs sur la même ligne que Karl-Olive.
05:34– Monsieur Bagayoko dit tout haut ce que Jean-Luc Mélenchon pense tout bas.
05:39En fait, il dit sans filtre ce qu'est ce mouvement de la France insoumise,
05:43c'est-à-dire un mouvement violent
05:46qui ne compte pas respecter la démocratie.
05:49Et je pense qu'en fait, la France insoumise porte ça en germe.
05:53Alors il dit n'importe quoi aussi.
05:54Il dit que toutes les grandes réformes se sont faites
05:56via des insurrections populaires.
05:57Non.
05:57Donc en fait, c'est un travail de sape constant de nos valeurs.
06:00C'est la négation de la démocratie.
06:03C'est aussi la banalisation d'une certaine forme de violence politique
06:06à travers les mots, avant d'en passer aux actes auxquels il appelle.
06:10Donc sincèrement, les propos de Monsieur Bagayoko sont très graves.
06:13Ils disent réellement ce qu'est la France insoumise
06:16et la menace de ce que les élus de la France insoumise
06:19peuvent représenter pour notre pays.
06:21– Et quand je parle du privilège rouge,
06:23c'est que personne ne va relayer
06:25et les déclarations de Monsieur Bagayoko,
06:28mais également le fait que des députés aient signalé des propos,
06:32que la justice puisse être saisie, etc.
06:35Avant d'aller sur le terrain judiciaire avec vous, Maître,
06:38je veux avoir votre analyse sur le climat, la couleur politique.
06:42– Écoutez, il devrait clairement être suspendu
06:45parce que c'est clairement un appel à la violence.
06:47Il dit que la population n'acceptera pas
06:50une éventuelle victoire du Rassemblement national.
06:52Mais si la population a voté pour le Rassemblement national,
06:56c'est vraiment qu'elle l'a souhaité.
06:58Donc dire qu'elle ne le souhaite pas, c'est déjà une contradiction.
07:01Mais surtout, il est non seulement dans la ligne de Jean-Luc Mélenchon,
07:05mais il est dans une lignée révolutionnaire depuis 1789.
07:08C'est ce qu'ont toujours fait les révolutionnaires et l'extrême-gauche.
07:12C'est comme ça que Robespierre a procédé,
07:14c'est comme ça que Lénine a procédé pour prendre le pouvoir en URSS.
07:18Ils veulent prendre le pouvoir par la force
07:20et pas par les urnes et pas par la démocratie.
07:23Il y a une phrase de Lénine qui dit ça très clairement.
07:26Sans révolution violente, impossible de substituer l'État prolétaire à l'État bourgeois.
07:33Donc il est dans la continuité de cette non-démocratie,
07:36de cet autoritarisme et de cet appel à la violence.
07:39Et il devrait être suspendu.
07:40Vous parlez de l'extrême-gauche, mais l'extrême-droite historique,
07:45elle est justement anti-républicaine.
07:48Elle va contester parfois le poids des élections.
07:51M. Bagayoko, il a été élu, et grandement élu, à Saint-Denis.
07:57Certains disaient, oui, mais il y a eu beaucoup d'abstention.
07:59Ben non, il a été élu.
08:01C'est simple.
08:02On respecte le choix des électeurs et des habitants de Saint-Denis.
08:07Alors si M. Bagayoko,
08:08ce n'est pas une révolte ou une insurrection populaire qu'il veut,
08:11c'est un changement de régime.
08:13C'est de dire, si demain, le RN est au pouvoir,
08:17alors le choix des Français, le vote à l'élection,
08:20on ne le respecte pas.
08:21C'est comme ça que je le comprends, Andrice Galli.
08:24Bien sûr, bien sûr.
08:25On est dans la France qui est, je dis souvent ça,
08:30avant elle était la fille aînée de l'église,
08:32maintenant elle est la fille aînée de la gauche.
08:33En tout cas, pour la gauche, la France est sa propriété privée.
08:36C'est son butin de guerre.
08:38La gauche a gagné la guerre culturelle dans ce pays.
08:40Elle l'a gagnée, en tout cas, elle le croit.
08:42Elle le croit, donc elle ne veut rien lâcher.
08:44Elle ne veut pas lâcher France Télévisions,
08:45ça explique toute la polémique sur M. Alloncle,
08:47toutes les folies qu'on a entendues.
08:49Elle ne veut pas lâcher la politique,
08:51même quand le peuple vote pour le RN.
08:53Voilà.
08:54Donc ils sont chez eux et on n'a qu'à obéir.
08:55Alors quand on vote pour le bloc central ou pour la gauche,
08:58nous sommes tolérés,
08:58mais quand on vote pour autre chose,
09:00vous avez l'appel à la violence.
09:02Moi, la question que je me pose,
09:03c'est pourquoi personne n'en parle.
09:04Et ma petite idée, c'est que tout le monde a la trouille.
09:07Tout le monde a la trouille d'aller sur les questions de fond
09:09et d'aller sur le programme,
09:13la doctrine,
09:15les idées parfois de M. Bali Bagayoko,
09:18parce que la crainte, c'est quoi ?
09:19C'est qu'ensuite, vous soyez taxés de racisme
09:22ou d'islamophobie dans d'autres cas, bien sûr.
09:25Je ne parle pas de M. Bali Bagayoko.
09:27Mais, pardonnez-moi,
09:29je ne vais pas du tout sur un autre sujet que quoi ?
09:33Alors, ses déclarations, son programme,
09:35par exemple, son programme, il voulait désarmer,
09:37c'était écrit noir sur blanc,
09:38il voulait désarmer la police municipale.
09:41Ensuite, il est revenu un peu sur ses propos.
09:43Il voulait remettre en cause le droit de propriété.
09:45C'est dans son programme.
09:47Et là, il appelle à quoi ?
09:48À une insurrection populaire,
09:49six victoires du Rassemblement national.
09:52Donc, mais les journalistes,
09:54soit ils sont complaisants,
09:55soit ils ont la trouille.
09:56Ça, c'est mon avis.
09:57C'est un discours qui est absurde,
09:58historiquement, par ailleurs.
09:59Parce qu'en 1789,
10:01c'était la volonté de défendre
10:02la souveraineté populaire.
10:03Or, qu'est-ce qu'il propose
10:04à travers cette déclaration ?
10:05Le corsetage du peuple,
10:07puisqu'il appelle à l'insurrection
10:08si le RN venait à arriver au pouvoir.
10:10Donc, c'est un discours qui est évidemment
10:12indigne d'un élu de la République.
10:13C'est un discours de quasi-guerre civile.
10:15Et c'est, j'ajoute,
10:17ça n'a pas été dit pour l'instant,
10:18mais c'est un discours illégal
10:19puisque l'appel à l'insurrection
10:20est proscrit aussi bien par la loi
10:21sur la liberté de la presse
10:23que par le code pénal.
10:25C'est la question que je me suis posée
10:28lorsque j'ai entendu cette déclaration.
10:30Est-ce que c'est pénalement répréhensible ?
10:32Et des signalements ont été faits
10:34et la justice a donc été saisie.
10:36Du moins, le procureur a été saisi
10:39par le député Julien Audoul.
10:40Maître Gérald Pandelon,
10:43que dit la loi en soi ?
10:45Si vous me permettez une petite remarque
10:47avant de rentrer dans les textes,
10:49quel paradoxe politique
10:51de la part d'un représentant
10:53de la France insoumise
10:55qui pratique la génuflexion
10:57devant le saint autel
10:58que constituent les droits de l'homme,
11:01etc., la démocratie,
11:02mais lorsqu'il s'agit de se l'appliquer
11:04à lui-même,
11:05là, la démocratie,
11:07elle est uniquement à usage interne.
11:09Outre le fait que l'insurrection,
11:12elle a du sang sur les mains,
11:14c'est la constitution montagnard
11:16du 24 juin 1793,
11:18d'où est sortie Robespierre, etc.
11:21La terreur, etc.
11:23Elle a du sang sur les mains.
11:25Mais en réalité,
11:26M. Bagayoko, il est très habile.
11:28Enfin, on pourrait aussi vous dire
11:30que la révolte du peuple
11:32a permis aussi
11:35des grandes avancées historiques,
11:37et on pense par exemple
11:38au droit de l'homme.
11:40Vous voyez ce que je veux dire.
11:41Mais allons sur le terrain,
11:43au-delà de...
11:43Pardonnez-moi, Maître,
11:44si vous êtes sur le plateau,
11:45c'est vraiment...
11:46Ce que je veux savoir,
11:47c'est est-ce que, oui ou non,
11:49ces propos peuvent tomber
11:50sous le coup de la loi ?
11:51Ils peuvent tomber
11:52sous le coup de la loi
11:53si on fait, je dirais,
11:54une application assez stricte
11:56des textes.
11:57Alors, c'est notamment
11:57l'article 412.3, 412.4 et 5
12:00du Code pénal
12:02qui prévoit des poursuites pénales
12:04en pareilles circonstances.
12:05Mais le texte prévoit aussi
12:06qu'il faut un élément matériel
12:08précis.
12:10C'est-à-dire que dire,
12:11oui, on va appeler
12:12à l'insurrection,
12:13mais s'en tenir uniquement,
12:14et c'est pour ça que je considère
12:15que c'est très habile,
12:16uniquement à ce propos,
12:18n'est pas en soi
12:19répréhensible ou poursuivable.
12:20Et si c'était poursuivable,
12:2299 fois sur 100,
12:24M. Bagayoko bénéficierait
12:25de ce qu'on appelle
12:26un classement sans suite.
12:28En revanche,
12:28s'il avait dit
12:29il faut une insurrection populaire,
12:31commencer à attaquer
12:33M. Bardella,
12:34M. X ou Y,
12:35tout de suite,
12:36avec des éléments concrets,
12:37ce qu'on appelle
12:38l'élément matériel,
12:39alors c'eût été punissable
12:42et immédiatement.
12:43Donc au-delà
12:43de l'élément intentionnel,
12:44c'est l'élément matériel.
12:46C'est très habile.
12:47Oui, j'entends.
12:48Mais c'est,
12:48vous créez un climat.
12:51un an avant la présidence.
12:52C'est un climat de peur.
12:52Non, mais vous créez,
12:53vous constituez un climat.
12:55Mais j'entends la nuance.
12:58Je me dis peut-être naïvement
13:00que vous enlevez
13:03Bali Bagayoko
13:04et vous mettez par exemple
13:05Éric Zemmour
13:06qui tient ce genre de propos.
13:08Je ne sais pas
13:08ce que fait la justice,
13:09mais en tout cas,
13:10je suis certain
13:10de ce que feraient les médias.
13:11outre le fait.
13:12Certains.
13:12Outre le fait.
13:13Certains.
13:14Et je sais que je ne serai pas
13:15le seul à en parler.
13:16Parce que si Éric Zemmour
13:17tient ce genre de propos,
13:18soyez certains
13:19que je commence l'émission
13:20comme on a commencé
13:21pour M. Bali Bagayoko.
13:22Oui, mais exactement.
13:23Parce que vous dites,
13:25et à juste titre, Elliot,
13:26que les médias
13:26n'en parlent pas
13:27à part CNews.
13:28Mais on pourrait aussi
13:29renverser la chose.
13:30Pourquoi est-ce que les médias
13:32en ont fait une...
13:33Et Europe 1.
13:33Europe 1 a commencé
13:34à en parler ce matin d'ailleurs.
13:35Oui, mais bon,
13:36voilà, Europe 1...
13:37Je vous dis simplement
13:38que c'est...
13:39Peut-être que JDD
13:40en parlera demain.
13:41Peut-être aussi.
13:41Peut-être, on ne sait pas.
13:43Mais ce qui est intéressant,
13:44c'est pourquoi on en a fait
13:45aussi rapidement une icône.
13:46Alors, vous avez raison,
13:47il est totalement légitime
13:48comme maire de Saint-Denis.
13:50Mais il faut quand même
13:50aussi relativiser.
13:52Il est maire élu
13:53avec 10 000 voix
13:54dans une France
13:55de 60 millions d'habitants.
13:56Ce n'est pas vrai
13:57ce que vous dites.
13:57Pardonnez-moi.
13:58D'ailleurs, son parcours
13:59est intéressant.
14:00C'est quelqu'un qui a 25 ans
14:02dans l'activité militante,
14:04associative,
14:05qui a été à l'opposition
14:06à Saint-Denis,
14:07connaît sa ville.
14:08Il y a aussi peut-être
14:09un vent dégagiste
14:10du côté de Saint-Denis
14:11parce que vous aviez
14:12des éléphants
14:13qui ne faisaient pas avancer
14:14cette ville.
14:14Et après,
14:15on verra ce qui va se passer
14:16dans les prochains mois,
14:17si ses promesses
14:18seront tenues,
14:19si son programme
14:20va permettre
14:22aux Dionysiens
14:22de vivre mieux.
14:24Et une nouvelle fois,
14:25je le dis,
14:26M. Bagayoko
14:27vient quand il veut.
14:28Il est qui rêve
14:29de faire des news.
14:30Il vient quand il veut.
14:30Elliot, est-ce une raison
14:31pour en faire une icône nationale
14:33comme on l'a fait ?
14:33Moi, je pense que c'est
14:34parce qu'il est en harmonie
14:35avec une grande partie
14:37de la presse,
14:37des médias
14:38et de l'élite politique.
14:39Je ne vois pas trop
14:39par ailleurs...
14:40Ah, pardon.
14:41Juste pour terminer,
14:42vous savez,
14:43la terreur,
14:44c'est quand même très important.
14:44Les Américains
14:45et les Anglais
14:45n'ont pas eu besoin
14:46de la terreur
14:47pour avoir la démocratie
14:48et les droits de l'homme.
14:49Je ne vois pas trop
14:50par ailleurs
14:50ce que s'appelle
14:51l'insurrection de populaire
14:52parce que quand on regarde
14:53les études d'opinion,
14:54il y a une très large majorité
14:55des Français,
14:5668% je crois,
14:56qui considèrent
14:57que les filles
14:58attisent la violence.
14:59En tout cas,
14:59ça annonce une chose,
15:00ça annonce
15:01ce que va être
15:01le climat politique,
15:02le climat médiatique
15:03de l'année à venir.
15:04Tous les coups vont être permis
15:05jusqu'en 2027
15:06et ça risque d'être
15:07encore pire
15:07après l'élection présidentielle.
15:08C'est le fameux
15:09troisième tour social.
15:10Mais très peu de politiques
15:12ont eu le courage
15:13de répondre
15:14à M. Bali Bagayoko.
15:16Là aussi,
15:17ces courages fuyants
15:18du côté des politiques.
15:19Vous avez
15:21Karl Olive
15:22qui l'a fait ce matin,
15:23vous avez
15:25Julien Odoul,
15:26Mathieu Bloch,
15:26mais il se compte
15:27sur les doigts d'une main.
15:28Encore une fois,
15:29je reprends mon exemple.
15:30Éric Zemmour
15:31tient ce genre de propos
15:32sur une radio communautaire
15:35que sais-je.
15:36Mais vous avez...
15:37Mais c'est un tsunami.
15:39C'est un tsunami.
15:40Là,
15:41ce n'est pas le même traitement
15:42parce qu'on appelle ça,
15:43certains l'ont théorisé
15:44et je pense
15:45à un certain M. Goldnadel,
15:46le privilège rouge.
15:48Mais je ne sais pas
15:48ce qu'il pense de ce sujet.
15:49Je ne lui ai pas parlé
15:50ces dernières heures.
15:51Maître ?
15:51Vous évoquez rapidement
15:53le CGCT,
15:54le Code Général
15:55des Collectivités Territoriales
15:57qui prévoit
15:58dans son statut
15:59que le maire
16:00doit appeler,
16:01aussi paradoxal
16:02que ça puisse paraître,
16:03à la tranquillité
16:04et à l'ordre public.
16:07Mais si l'on suit
16:08à la fois
16:09le Code Pénal
16:10et les termes
16:11du Code Général
16:12des Collectivités Territoriales,
16:14il trahit d'une certaine manière
16:16son serment
16:17outre le fait
16:18qu'au sein de la mairie
16:20que ce monsieur administre,
16:22il y a sans doute
16:23des personnes
16:23qui n'ont peut-être
16:24pas voté pour lui.
16:27En tous les cas,
16:28Bali Bagayoko,
16:29dans cet entretien,
16:30j'invite les téléspectateurs
16:31à l'écouter
16:32parce que c'est vrai
16:33que sur la forme,
16:34il y a quelque chose
16:35d'assez troublant.
16:36Il s'exprime
16:37parfaitement bien,
16:38il est éloquent,
16:39il a une voix très posée,
16:40très calme.
16:41Et dans le fond,
16:42il y a une radicalité.
16:43Pour ne pas dire,
16:44ce n'est pas la radicalité,
16:46c'est parfois de la sédition
16:47quand vous appelez
16:47à l'insurrection populaire.
16:50Mais il y a aussi
16:51une violence dans ses propos.
16:52Lorsqu'il parle,
16:53et là encore une fois,
16:54la trouille des journalistes,
16:55Routel Kriyev,
16:56qui est une journaliste
16:57exceptionnelle,
16:58qui a une grande carrière,
16:59Routel Kriyev,
17:00elle a eu le malheur
17:01de mal prononcer son nom.
17:03Dans cet entretien,
17:04il va expliquer
17:05que Routel Kriyev,
17:05soit elle est folle,
17:06je résume grossièrement,
17:08soit elle a fait exprès
17:10décorcher son nom
17:12personne ne va en soutien
17:14de Routel Kriyev
17:14qui s'est publiquement
17:16à présenter ses excuses
17:17en disant moi-même,
17:18j'ai un nom
17:19et un prénom compliqué.
17:20Et on m'a même demandé
17:21dans ma carrière
17:22de prendre une sorte
17:24de changer de nom
17:25pour que ça soit plus simple.
17:26Donc elle sait ce que c'est.
17:27Et elle le dit à l'antenne.
17:28Non.
17:29Bam !
17:29Il faut y aller.
17:31Alors que lui-même,
17:32lorsqu'il parle de la marche
17:33qu'il veut lancer
17:34contre le racisme
17:35et l'antisémitisme
17:36le 21 juin prochain,
17:38fait un lapsus.
17:39Il dit que ce sera une marche
17:39contre le racisme.
17:40et pour l'antisémitisme.
17:42Et c'est le journaliste
17:43qui le reprend.
17:43Il dit, attendez,
17:44pour l'antisémitisme ?
17:45Oui, contre les sémites.
17:47Non mais...
17:47Non mais là aussi.
17:48Et là, il se reprend.
17:49Il y a un lapsus qu'il fait.
17:50Mais si vous suivez son raisonnement,
17:52ça veut dire quoi ?
17:53C'est un lapsus révélateur,
17:54M. Balibagayoko ?
17:55Bon, bah non.
17:56Évidemment, on a le droit
17:57de faire des erreurs en direct.
17:59Mais encore une fois,
18:00moi je rêverais
18:00de pouvoir parler
18:01de son projet pour Saint-Denis,
18:02de cet appel
18:03à l'insurrection populaire.
18:04Ça veut dire quoi ?
18:05Parce qu'il faut peut-être
18:06aller un peu plus loin.
18:07L'insurrection populaire,
18:09c'est avec les armes
18:09qu'on s'insurge ?
18:11Bien entendu.
18:12Bah non, bien entendu.
18:13Je ne sais pas,
18:13je ne vais pas poser la question.
18:14L'insurrection populaire,
18:15elle est toujours armée.
18:16Il n'y a aucune révolution
18:17qui s'est faite pas suffisant.
18:18Il y a toujours des armes.
18:20Non, mais c'est une vraie question.
18:21Ce qui est intéressant aussi,
18:22c'est qu'il est sur un site ami
18:23qui s'appelle Houma.
18:25Et c'est le journaliste de Houma
18:27qui le relance deux fois,
18:29qui lui dit
18:29attention à vos propos.
18:31Il existe et signe.
18:32Bon, un dernier mot avec vous, Maître,
18:34et après je voudrais qu'on avance.
18:35On a plein de sujets dans l'actualité.
18:36Très rapidement,
18:37juste un dernier mot.
18:38Il faut savoir que l'article 412.3
18:40du Code pénal
18:41relatif aux insurrections
18:43prévoit,
18:43lorsque l'on appelle à l'arme
18:46à attaquer avec des armes,
18:48donc par conséquent
18:49à tuer,
18:50c'est 15 années d'emprisonnement.
18:51Oui, mais ce n'est pas ce qui est fait
18:52dans cet entretien.
18:53Oui, parce qu'il est très habile.
18:55Mais c'est pour ça
18:56qu'il faut prolonger sa réflexion.
18:57Moi, je serais ravi de savoir
18:59ce que c'est l'insurrection populaire.
19:01Parce que l'insurrection populaire,
19:04c'est comment ?
19:04Qu'est-ce qui peut se passer ?
19:05Est-ce que, par exemple,
19:06lui appellera l'insurrection populaire
19:09si, en 2027,
19:11il y a victoire du Rassemblement national ?
19:13Est-ce qu'il va prendre la parole
19:14pour dire
19:15dionysien ?
19:16Il faut cette insurrection populaire.
19:17Qu'est-ce que ça veut dire ?
19:18Prolonger,
19:19M. Balibagayoko.
19:20Et je le rappelle,
19:22des signalements ont été effectués
19:24au procureur de la République.
19:25Je le rappelle pour les téléspectateurs
19:26qui l'ont bien compris,
19:27mais aussi pour mes confrères journalistes
19:29qui font des dépêches
19:30sur le canon français,
19:31sur...
19:32Je crois qu'il y a eu une polémique
19:33autour du 8 mai
19:34avec des champs
19:35du côté de Carcassonne.
19:38Il y a des dépêches,
19:39de nombreuses dépêches
19:40qui tournent.
19:41Mais parfois,
19:42il y a des sujets
19:42qui ne sont pas traités.
19:43C'est d'autant plus imprésemblable
19:44que les journalistes
19:45ont très souvent été pris pour cible
19:46ces dernières années par l'EFI.
19:47Je rappelle que Jean-Luc Mélenchon,
19:48il y a quelques années encore,
19:49disait que la haine des médias
19:50et de ceux qui les animaient
19:51était juste et saine.
19:53Avançons.
19:54Autre sujet à présent,
19:55et c'est un sujet
19:56absolument dramatique.
19:58On est du côté d'Avignon.
20:01Et vraiment,
20:02je salue pour le coup
20:02le travail de la presse quotidienne régionale
20:04et heureusement qu'il y a
20:06la presse quotidienne régionale
20:07parce que souvent,
20:09les presses dites nationales
20:10regardent ailleurs.
20:12Il y a tout dans le sujet
20:14que je vais vous présenter aujourd'hui.
20:17Vous avez une situation dramatique,
20:20je le disais.
20:20Vous avez un homme de 74 ans,
20:23un octogénaire.
20:2470 ans, pardonnez-moi.
20:27Alors, ils disent un octogénaire.
20:2979 ans, pardonnez-moi.
20:31Et je remercie Julien Duroux en régie.
20:33Tué par un motard à Avignon,
20:36le conducteur,
20:36en plein rodéo urbain,
20:38avait refusé d'obtempérer.
20:40Dans ce titre,
20:41il y a tout.
20:42Il y a tout.
20:43Vendredi 8 mai, vers 23h,
20:45un piéton de 79 ans est mort,
20:47fauché à vive allure
20:48par un motard de 28 ans
20:49qui faisait une roue arrière
20:51alors que la victime traversait
20:53au passage clouté
20:54au niveau de l'arrêt de tram
20:56des olivades
20:57et de la pharmacie
20:58du même nom.
20:59Plusieurs sources concordantes
21:01ont décrit un choc
21:02d'une rare violence.
21:04On poursuit parce que
21:06il y a le profil aussi.
21:07Quelques minutes avant la catastrophe,
21:09le motard très défavorablement
21:10connu de la justice,
21:11ainsi que les conducteurs
21:13de deux scooters,
21:14avaient refusé d'obtempérer
21:16un simple contrôle de police
21:17au niveau de l'avenue Eisenhower.
21:20d'après des témoins,
21:21le mis en cause
21:22a également été aperçu
21:23roulant à contresens
21:25dans le secteur de l'accident.
21:28Dans ce drame,
21:29il y a tout.
21:30Pourquoi je vous dis ça ?
21:32Parce que là,
21:33on a donc un homme
21:34épais à son âme
21:35et pensons à sa famille
21:36de 79 ans
21:37qui traversait tranquillement.
21:39Percuté, tué.
21:40Vous n'allez pas avoir
21:41des voitures brûlées.
21:42Il n'y aura pas d'émeute
21:43pour cet homme de 79 ans.
21:45D'accord ?
21:45Connu défavorablement
21:46des services de justice
21:47et de police
21:48qui refuse d'obtempérer.
21:50La police le perd.
21:51Peut-être que la police
21:52n'avait pas aussi
21:52à en tête
21:54tout ce qui a pu se passer
21:54avec les refus d'obtempérer.
21:56Et là,
21:56vous n'allez pas avoir
21:57non plus les politiques
21:59pour nous expliquer
22:00qu'il y a du racisme systémique
22:01dans la police,
22:02qu'il y a des violences policières,
22:03etc.
22:04Écoutez Bruno Bartosetti.
22:08On va écouter Bruno Bartosetti
22:09dans un instant.
22:10Je sais que
22:11le ministre de l'Intérieur,
22:13Laurent Mouniez,
22:14a également réagi,
22:16puisqu'il y a aussi
22:17une gendarme
22:18qui a été blessée.
22:20Hier,
22:21des rodéos sauvages
22:21ont à nouveau
22:22eu des conséquences dramatiques.
22:24Lors d'une intervention
22:25à Belle-Grand-Ville
22:27pour faire cesser
22:28un rodéo,
22:28une gendarme
22:29a été projetée
22:30au sol et blessée.
22:31Et à Avignon,
22:31un conducteur de moto
22:33a renversé
22:33un piéton âgé
22:34de 79 ans,
22:36malheureusement décédé.
22:37Je vous propose
22:38d'écouter Bruno Bartosetti.
22:41Vendredi soir,
22:42en Avignon,
22:42vers 23h,
22:44on a trois motocyclistes
22:45qui ont refusé le contrôle.
22:46Délibérément,
22:47ils ont pris la fuite.
22:49Nous avons progressé
22:50tout à fait normalement,
22:51sans prendre de risques.
22:53Et malheureusement,
22:54on connaît le résultat.
22:55Un des motocyclistes
22:56a renversé
22:57d'une manière
22:58très violente
22:59un homme de 79 ans
23:00qui a perdu la vie,
23:02je crois,
23:02presque instantanément.
23:03Le conducteur
23:04qui est en garde à vue,
23:05il a été légèrement blessé
23:06et conduit à l'hôpital.
23:08Et bien sûr,
23:08l'enquête est en cours
23:10et on va pouvoir déterminer
23:12d'abord les raisons
23:12pour lesquelles
23:13ils ont refusé le contrôle.
23:14Est-ce qu'ils étaient
23:15sous stupéfiance ?
23:16Ce que l'on sait,
23:16c'est que le conducteur,
23:17lui,
23:18était connu
23:18des services de police.
23:20Je ne sais pas encore
23:20tout à fait les motifs exacts.
23:22Mais voilà ce que je sais,
23:23en tout cas,
23:24sur le déroulé
23:24de cette triste affaire.
23:26Et je disais,
23:27c'est malheureusement
23:29toutes nos faillites
23:30qui s'accumulent
23:31dans ce drame-là,
23:32Joachim Lefloit.
23:33C'est un cocktail
23:34qui raconte
23:35une autorité de l'État
23:36réduite à la portion congrue
23:38puisqu'il y a absolument tout
23:39dans cette actualité.
23:40Il y a l'impunité
23:41qui prévaut
23:42quasi systématiquement
23:43sur fond de l'axisme
23:44de la justice.
23:45Il y a le fléau innommable
23:47des refus d'obtempérer
23:48et des rodeos urbains
23:49qui explosent
23:50d'un point de vue quantitatif.
23:51Je le rappelle,
23:52plus de 164% en un an,
23:54220 rodeos urbains par jour
23:55comme si nos forces de l'ordre
23:56n'avaient pas d'autres chats
23:57à fouetter.
23:57Et il y a enfin le fait
23:58que ce sont toujours
24:00les gens ordinaires,
24:01les classes populaires
24:02en particulier,
24:03qui sont les premiers
24:04à subir cette violence
24:06du quotidien.
24:07Ces gens ordinaires
24:08que la gauche est abandonnée
24:09alors même que dans son ADN
24:10elle avait vocation
24:11à les défendre.
24:11Je rappelle que le droit
24:12à la sûreté,
24:13il était inscrit
24:13dans la Déclaration
24:14des droits de l'homme
24:15et du citoyen.
24:15Il était considéré
24:16comme un droit naturel,
24:17un droit inviolable
24:18et sacré.
24:19Alain et ensuite maître.
24:20Moi ça me fait penser
24:21à l'affaire Naël évidemment.
24:23C'est exactement la même chose.
24:24C'est le même concept
24:25sauf qu'à quelques centimètres près
24:27vous avez des honnêtes gens
24:29qui n'ont pas été percutés
24:30par la voiture.
24:31Voilà,
24:31donc des honnêtes gens
24:32qui n'ont pas été percutés
24:33et sans doute peut-être
24:34dans cette affaire
24:35des policiers
24:36qui n'ont pas osé intervenir
24:38pensant aux conséquences possibles.
24:39Il y a quand même
24:40un policier
24:41qui est mis en examen aujourd'hui.
24:42Donc c'est la reproduction
24:43de l'affaire Naël
24:45quasiment modemable.
24:46Alors sur ce cas très précis,
24:47je ne sais pas.
24:48En revanche,
24:48ce que nous disent
24:49les policiers,
24:50c'est qu'ils ont évidemment
24:52en tête,
24:53ils nous disent en off
24:53et parfois
24:55ils le disent sur le plateau,
24:57mais en off,
24:57ils nous disent
24:57évidemment qu'on a en tête
24:59le drame
25:00parce que là aussi
25:00c'est dramatique.
25:01Mais qui va marcher,
25:05se mobiliser
25:05du côté des politiques
25:07pour cet homme
25:08de 79 ans ?
25:09Qui va le faire ?
25:10D'accord.
25:11Mettre en un mot
25:12avant la publicité
25:13sur justement
25:15cette délinquance,
25:16cette impunité.
25:17Oui,
25:17très rapidement.
25:18En France,
25:18vous avez 25 000
25:19refus d'obtempérer
25:21par an,
25:22vous avez 5 000
25:22rodéos urbains
25:24et qui deviennent
25:25de plus en plus dangereux.
25:26Il y a des textes
25:27qui répriment.
25:28Il y a des textes.
25:29L'article L231
25:31du Code de la route
25:32réprime,
25:33peut réprimer
25:33ce type de violence.
25:35Et c'est surtout
25:37le rapport à la loi.
25:40Avant,
25:40c'était d'une certaine manière
25:41l'esprit des lois,
25:42le respect
25:43qui a cédé la place
25:44à des lois
25:45d'une certaine manière
25:47sans esprit
25:48puisqu'on ne respecte
25:49plus l'autorité,
25:49on ne respecte plus l'État,
25:50on ne respecte plus
25:51l'autorité
25:52attachée à la loi.
25:53Pour ce qui concerne
25:55l'auteur des faits,
25:56puisque vous m'indiquez
25:57qu'il est passé
25:58en garde à vue,
26:00qu'est-ce qu'il encourt ?
26:01Il encourt
26:01des violences volontaires
26:02ayant entraîné la mort
26:04s'il est décédé
26:05sans intention
26:06de la donner
26:06ces 15 années
26:07d'emprisonnement.
26:08En tous les cas,
26:09je serais curieux
26:10de voir
26:10quel est son CV judiciaire.
26:12On va voir
26:13qu'est-ce qu'il faisait dehors,
26:15est-ce que c'est
26:15un récidiviste,
26:17etc.
26:18Mais c'est un sujet
26:18qu'on va traiter
26:19évidemment
26:20de manière très précise,
26:21en profondeur
26:22et une nouvelle fois
26:23ayant eu une pensée
26:25pour la famille
26:26de la victime
26:27et cet homme
26:28de 79 ans.
26:29On revient dans un instant,
26:29on va parler des violences
26:31urbaines à Paris.
26:3272 heures après,
26:33vous avez eu
26:33les premières comparutions
26:35immédiates.
26:35Vous voulez que je vous donne
26:36une information
26:37que vous avez peut-être déjà
26:38sur les premières ?
26:40Il n'y en a pas un
26:41derrière les barreaux.
26:41Il n'y en a pas un
26:42derrière les barreaux.
26:43Moi, je n'ai pas vu
26:43la dépêche,
26:44mais je devine.
26:45Et pourquoi pouvez-vous
26:46mettre derrière les barreaux
26:47des personnes
26:48qui ont participé
26:49à des violences urbaines
26:50ou qui s'en sont pris
26:51aux forces de l'ordre ?
26:52Mais quelle bêtise.
26:53Oui, enfin,
26:54avec quoi vient-il ?
26:54Vraiment, où est-ce que
26:55j'ai la tête ?
26:5620h26, à tout de suite.
27:0172 heures après
27:02les violences urbaines
27:03à Paris,
27:04les premières comparutions
27:05immédiates sont tombées.
27:06Et comme l'année dernière,
27:07quasiment pas un seul individu,
27:09il y en a eu un
27:10l'année dernière
27:11qui avait fini derrière les barreaux
27:12avec mandat de dépôt.
27:14Pas un derrière les barreaux
27:15ou en détention provisoire.
27:17On parle pour certains
27:17de violences sur personnes
27:18des dispositaires
27:19de l'autorité publique,
27:20sur violences avec armes
27:21ou dégradations.
27:23Juliette Sadat
27:24était au tribunal
27:27aujourd'hui,
27:27notre journaliste
27:28au service police-justice,
27:29pour découvrir
27:30les premières auditions
27:31et les comparutions
27:32immédiates.
27:34Plusieurs personnes
27:35comparaissaient ce samedi
27:36au tribunal de Paris
27:38après avoir été
27:38interpellées
27:39le soir du match
27:41Bayern PSG.
27:42Il y a cet individu
27:43de 19 ans
27:44reconnu coupable
27:45d'avoir tiré
27:46plusieurs fois
27:46des tirs tendus
27:48de mortier
27:48en plein visage
27:49d'une policière.
27:50Il est connu
27:51de la justice.
27:52Le ministère public
27:52avait requis
27:53à son encontre
27:54un an de prison ferme.
27:56Le tribunal lui a attribué
27:5710 mois de sursis.
27:59Il y a ensuite
28:00ces deux individus
28:01interpellés
28:02à proximité
28:02de feu de poubelle.
28:04Ils ont été
28:04donc suspectés
28:05de participer
28:07à un regroupement
28:08en vue de commettre
28:09des violences
28:10ou des dégradations.
28:11L'un des deux
28:12a été relaxé
28:13pour ce chef.
28:14Il n'a écopé
28:15que d'un stage
28:16de citoyenneté.
28:17Pour l'autre
28:17reconnu coupable,
28:19il a eu
28:19en plus de ce stage
28:21de citoyenneté
28:21200 euros
28:23d'amende,
28:24pas de prison
28:24prononcée.
28:25Le quatrième individu
28:28dont on a pu suivre
28:28l'audience,
28:29son procès
28:29a été renvoyé.
28:30C'est-à-dire
28:31qu'il sera jugé
28:33ultérieurement.
28:33Le tribunal
28:34s'est posé
28:34la question
28:35de savoir
28:36si en attendant
28:37il serait placé
28:38en détention provisoire.
28:40Le ministère
28:41public
28:41avait requis
28:43ce placement
28:44en détention provisoire.
28:45Il a été
28:46placé
28:47sous contrôle judiciaire
28:48uniquement.
28:48Pas de peine
28:49ferme
28:50donc prononcée
28:51ce samedi.
28:52Je rappelle
28:52que pour des violences
28:53volontaires commises
28:54sur les forces
28:56de l'ordre,
28:56la peine encourue
28:57est de 5 ans
28:59de prison ferme,
29:0010 lorsque les violences
29:01sont aggravées.
29:02Alors attention,
29:03violence Paris,
29:04pas de prison,
29:04c'est faux,
29:05c'est pas de prison ferme.
29:06Il n'y en a pas un
29:07derrière les barreaux
29:08avec les 4 dossiers,
29:10ces 4 exemples.
29:11Alors maître,
29:12moi je me tourne vers vous,
29:13l'année dernière
29:13j'avais voulu,
29:14il faut toujours dire ça,
29:15il faut aller voir
29:16pour le croire.
29:17Les comparutions immédiates
29:18sur des dossiers comme ça
29:19quand ils s'enchaînent,
29:20j'ai eu la sensation
29:21mais je ne suis pas
29:22ni avocat
29:23ni juge,
29:24une sorte de fast-food
29:25judiciaire.
29:26C'est-à-dire
29:27ça part comme ça,
29:28c'est un rouleau compresseur,
29:29on ne va pas sur les dossiers
29:30et puis il y a un monde
29:31entre les faits,
29:33la peine qui est requise,
29:36la peine que peut risquer
29:38le prévenu
29:38et finalement
29:39la peine prononcée.
29:41Oui,
29:42parce que bien souvent
29:43vous avez un décalage
29:44entre l'individualisation
29:47de la peine
29:48qui a vraiment fauté
29:50et le fait
29:51que ce sont
29:51des mouvements collectifs.
29:53Or il y a un principe
29:53dans notre droit pénal,
29:55c'est nul ne peut être
29:56responsable
29:56que de son propre fait.
29:58Or lorsque vous interpellez
30:00un certain nombre
30:01de personnes,
30:02c'est la première chose
30:03que fait un avocat
30:04de la défense,
30:05c'est de dire
30:05comment pouvez-vous
30:06être sûr
30:07avec la plus grande certitude
30:09sans aucun doute possible
30:11que c'était monsieur
30:12un tel
30:12qui a perpétré
30:14les faits
30:15pour lesquels
30:15il est placé
30:16en garde à vue.
30:17Et c'est la raison
30:18pour laquelle
30:18soit ce sont des classements
30:19sans suite,
30:20il n'y a pas de poursuite,
30:22soit il n'y a pas
30:24de mandat de dépôt
30:26qui est décerné,
30:27elles sont placées
30:28sous contrôle judiciaire.
30:32Ce qu'il y a de certain,
30:33c'est que ces peines
30:34n'auront aucun effet
30:37dissuasif,
30:37aucun effet préventif
30:39que ce soit pour la finale
30:40ou pour les matchs suivants.
30:42Et puis bon,
30:43en comparaison aux médias
30:44que vous avez dit
30:44c'était un rouleau compresseur,
30:45mais en une journée,
30:47on ne peut quand même pas
30:48juger plus d'un certain
30:49nombre de personnes.
30:50Donc si les peines
30:51ne sont pas exemplaires
30:53contre les quelques-uns
30:54qui sont jugés,
30:55eh bien vous n'avez
30:56aucun effet dissuasif
30:57et ça va se reproduire
30:58et d'ailleurs ça se reproduit
31:00à chaque match important
31:01et on va voir
31:02ce qui va se passer
31:02pour la finale.
31:03Je crains à l'inverse
31:04que ça ait un effet,
31:05simplement que ça autorise
31:07ces individus-là
31:07à récidiver demain
31:09et que ça en autorise
31:09d'autres à les imiter.
31:11On voit qu'on n'apprend pas
31:12de nos erreurs d'ailleurs
31:12puisque ça rappelle vraiment
31:13les comparutions immédiates
31:14qui avaient eu lieu
31:15après la finale
31:15de la Ligue des Champions
31:16l'an dernier.
31:17Oui, c'est ça.
31:17Il y a vraiment une décision.
31:19Je vous assure,
31:19vous voyez défiler
31:21des individus,
31:21souvent des jeunes,
31:23pas forcément mineurs,
31:24pas non plus la trentaine,
31:26mais jeunes entre 18 et 25 ans,
31:28primo-délinquants parfois,
31:29mais qui ont participé
31:30à des exactions,
31:31des pillages.
31:32C'était difficile,
31:33si vous voulez,
31:34un, pour la justice
31:34de déterminer exactement.
31:36Vous aviez aussi un climat
31:37où vous avez tous les avocats
31:38qui disaient,
31:39monsieur le juge,
31:41l'individualisation de la peine.
31:43Pourquoi voulez-vous faire
31:44de monsieur Destex
31:45un exemple ?
31:47Vous voulez donner raison
31:48aux médias,
31:50au climat politique
31:51qui voudraient faire
31:52de ce qui s'est passé
31:53quelque chose de gravissime ?
31:55Voilà ce qui se passe.
31:55Mais juste en une phrase,
31:56si on persiste dans l'erreur,
31:57c'est aussi parce qu'on fétichise
31:59l'état du droit actuel.
32:00Qu'est-ce qu'il faudrait faire
32:01pour rompre avec la spirale
32:03de l'impunité ?
32:04On le sait très bien.
32:04Il faudrait responsabiliser
32:05les parents démissionnaires,
32:07il faudrait rétablir
32:07la loi anti-casseurs,
32:09il faudrait des courtes peines,
32:10abolir l'excuse de minorités.
32:11On ne le fait pas
32:12parce qu'on raisonne
32:13à droit constant,
32:14à constitution constante.
32:15Alors moi,
32:16ce qui m'intéresse,
32:16c'est toujours d'aller
32:17sur les cas très pratiques,
32:18très précis.
32:19Vous savez, par exemple,
32:20le procureur
32:21qui demande de la prison ferme.
32:23Pour un des cas,
32:24on va le redécouvrir ensemble.
32:25Pour des faits qui sont graves.
32:27Oui.
32:27Il n'y aura pas
32:28cette prison ferme.
32:29Il n'y aura pas ce moment
32:30où cet individu
32:32qui aura fait cet acte-là
32:33va passer la nuit
32:35derrière les barreaux.
32:37Il a 19 ans,
32:38il est déjà connu de la justice,
32:40il est reconnu coupable
32:41d'avoir tiré au mortier.
32:42En plein visage
32:43d'une policière.
32:45Il a 10 mois de prison
32:46de sursis probatoires,
32:48obligation de travailler
32:49et d'indemniser la victime,
32:50encore heureux,
32:52interdiction de paraître
32:53aux abords du stade
32:54et un stage de citoyenneté.
32:56Mais on se fout de nous.
32:58Ce cas,
32:58pardonnez-moi
32:59de le dire ainsi,
33:00mais je...
33:00Mais c'est comme ça
33:01qu'on fait exploser
33:02un régime politique.
33:03En donnant l'impression
33:04d'injustice.
33:05Parce que le régime politique,
33:06aujourd'hui,
33:06on n'est pas tendre avec lui,
33:08en tout cas pas moi,
33:08mais il n'a pas que des défauts.
33:09Mais là,
33:10vous êtes le français moyen
33:11qui paie ses impôts,
33:12qui a élevé ses enfants
33:13dans la crainte de l'uniforme.
33:14Je n'ai même pas dit
33:15dans l'amour de l'uniforme,
33:16la crainte de l'uniforme.
33:16Vous voyez quelqu'un
33:17qui envoie un mortier
33:18sur la tête d'une policière
33:20et là,
33:21vous devenez dingue.
33:22C'est comme ça
33:23qu'on a eu le boulangisme
33:23et toutes les aventures
33:24que nous appelons
33:25d'extrême droite.
33:26C'est exactement ça.
33:28Si un jour,
33:28il y a un problème en France,
33:29ce sera mon dernier point.
33:30C'est à cause
33:30de ces sentences-là.
33:32Maître,
33:33je crois qu'il risquait
33:3310 ans de prison,
33:34cet individu.
33:35Absolument.
33:35Et ce d'autant
33:36que ce type de personnel pénal
33:38bien souvent
33:39ont des casiers surchargés.
33:41C'est-à-dire que
33:42ce n'est pas la première fois
33:43qu'on les retrouve
33:45dans des attroupements
33:46à dégrader,
33:48à agresser,
33:49etc.
33:50Donc,
33:52le fait qu'un parquetier
33:54en substitut du parquet
33:55puisse jamais,
33:57au cas d'espèce,
33:58requérir
33:59à tout le moins
34:02une sanction lourde,
34:04j'aimerais,
34:05voyez-vous,
34:05que les honnêtes citoyens,
34:08les policiers
34:09que je défends,
34:10et les honnêtes citoyens
34:11puissent bénéficier
34:12parfois devant
34:13les juridictions pénales
34:14d'autant de mensuétude.
34:16Je voudrais qu'on avance
34:17puisqu'il nous reste
34:18moins de 10 minutes.
34:19Ce sont les premières
34:19comparutions immédiates,
34:22les 4 premières.
34:23Si mes souvenirs sont bons,
34:25c'était 127 personnes
34:26interpellées,
34:2794 placements
34:28en garde à vue.
34:31Donc,
34:31dans les prochains jours,
34:32il y aura
34:33les nouvelles comparutions
34:35immédiates.
34:36Donc,
34:36il faudra suivre
34:36attentifement pour l'instant,
34:38pas une peine
34:38de prison ferme
34:39pour les 4 personnes
34:41qui comparaissaient
34:42immédiatement.
34:43La justice doit être rendue,
34:44mais elle doit être aussi
34:45perçue par le peuple français
34:47comme étant rendue.
34:48Et aujourd'hui,
34:49le peuple français
34:49n'a pas l'impression
34:50qu'elle est rendue.
34:51Mais surtout que la justice
34:52en France est rendue
34:53au nom du peuple français.
34:54Absolument.
34:55Et ça,
34:56parfois,
34:57je ne dis pas tous les juges,
34:58bien sûr,
34:58parce que ça serait caricatural,
34:59mais certains
35:01voudraient aller en contradiction
35:03avec cette volonté
35:05d'avoir plus de fermeté
35:06et d'avoir une justice pénale
35:09plus ferme.
35:09Politique pénale,
35:10par exemple,
35:10ça fait hurler certains juges
35:12quand on parle de politique pénale,
35:13maître.
35:13Et des avocats,
35:14d'ailleurs.
35:15Oui,
35:15pas tous.
35:16Étant précisé qu'il y a
35:18de plus en plus
35:19un divorce,
35:20d'une certaine manière,
35:21qui est scellé
35:22entre le droit,
35:23parce que les textes existent,
35:25et la justice.
35:27Puisque le droit prévoit
35:30des sanctions,
35:30parfois ferme.
35:31Vous avez rappelé
35:32qu'on peut sanctionner
35:33à hauteur de 10 années,
35:34mais la justice ne suit pas.
35:35C'est un peu le divorce
35:36entre le droit et la justice.
35:38Avançons.
35:39Et là aussi,
35:40on va parler de la justice,
35:41ou plutôt de l'injustice
35:43perçue,
35:44vécue
35:45par une femme
35:47résiliente
35:48qui sera notre invitée
35:49demain à 9h
35:50dans l'heure des pros.
35:51Elle s'appelle Karine.
35:52Elle a 29 ans.
35:54Il s'avère que
35:54quand elle avait 5 ans
35:56et de 5 à ses 7 ans,
35:58elle a vécu
36:00et subi
36:00des sévices sexuels
36:03atroces
36:03par un individu
36:04qui était un multirécidiviste
36:06qui l'a violée
36:08à de nombreuses reprises
36:09à tel point
36:10qu'elle est marquée à vie.
36:11Elle a des séquelles
36:12à vie de ce qui se passe.
36:13Aujourd'hui,
36:14Karine,
36:1429 ans,
36:15est maman d'une enfant
36:16de 5 ans
36:16et quand elle voit son enfant,
36:18elle repense
36:19à ce qu'elle-même a vécu.
36:21Pourquoi on parle de Karine ?
36:23Parce que
36:23son bourreau
36:25a été condamné
36:26en 2018
36:27à 30 ans
36:28de réclusion criminelle
36:29qui est la peine maximale
36:31accompagnée
36:32de 20 ans
36:33de sûreté.
36:34Suivez bien le dossier.
36:35Mais comme
36:36c'est un multirécidiviste
36:37et qu'il avait déjà
36:38été condamné
36:40précédemment
36:40et notamment
36:41en 2007
36:42à 18 ans
36:43de prison,
36:44Maître,
36:44pourquoi vous me dites non ?
36:46Non.
36:46Je termine
36:47et vous allez préciser.
36:49Cet homme avait déjà
36:50été condamné.
36:51Il s'avère
36:52qu'il y a
36:53ce qu'on appelle
36:54la confusion
36:55des peines
36:57et qu'il a
36:59fait ses 20 ans
37:00de sûreté.
37:00Il a pu demander
37:01une remise de peine
37:03et donc
37:03il sera libéré
37:04la semaine prochaine.
37:06Je vous propose
37:06d'écouter
37:07les déclarations
37:09de Karine,
37:10de sa mère
37:11adoptive
37:12qui encourage
37:13aussi de prendre
37:13la parole,
37:14qui ont fait
37:14condamner l'État
37:15dans ce dossier-là
37:16pour inaction
37:16à quatre reprises
37:19et qui,
37:20Karine,
37:21qui dit
37:23mon violeur
37:23sort de prison
37:24et moi
37:25je vais devoir
37:25me cacher
37:26puisque son violeur
37:27va vivre
37:27à quelques kilomètres
37:28de chez elle.
37:33Pour Karine Jambu,
37:34c'est l'incompréhension.
37:35En 2018,
37:36son violeur
37:37est condamné
37:37à 30 ans
37:38de réclusion
37:38mais huit ans
37:39plus tard,
37:40il s'apprête
37:40à sortir de prison.
37:41C'est inimaginable,
37:43impensable,
37:44c'est un poids énorme,
37:45je suis pétrifiée,
37:46comment la justice
37:47peut-elle me traiter
37:47comme cela ?
37:48Une nouvelle
37:49qu'elle apprend
37:49par un simple mail
37:50du juge d'application
37:51des peines
37:51fin avril
37:52pour l'informer
37:53de la sortie prochaine
37:53de son agresseur
37:54qui va résider
37:55chez son frère à Rennes,
37:56à deux kilomètres
37:57seulement de sa victime.
37:58Karine considère
37:59qu'on se moque d'elle
38:00en écrivant ces mots
38:01parce que c'est à la victime
38:02de supporter le fait
38:03que la justice
38:04n'est pas en capacité
38:06de le mettre ailleurs.
38:08Une libération
38:08strictement encadrée
38:09que justifie
38:10le procureur
38:11de la République de Caen
38:12dans les colonnes
38:12de Ouest-France.
38:14S'il n'avait pas été
38:15autorisé à séjourner à Rennes,
38:16il aurait été SDF
38:17dans une situation
38:18d'errance
38:19qui n'aurait pas permis
38:20la mise en place
38:20des mesures de surveillance
38:22nécessaires
38:22au regard de son profil
38:24et des faits
38:24qu'il a commis.
38:25Ce qui aurait créé
38:26un risque majeur
38:27de récidive.
38:28La mère adoptive
38:29de Karine Jambu
38:29a lancé une pétition
38:30pour protester
38:31contre cette situation.
38:32Elle a déjà récolté
38:33plus de 42 000 signatures.
38:36Et là, encore une fois,
38:37Juliette Sadat
38:37va nous expliquer justement
38:38comment se fait-il
38:39que cet homme
38:41qui en 2018
38:42est condamné
38:43à 30 ans de réclusion
38:45peut se retrouver
38:468 ans plus tard
38:48avec une possibilité
38:49de sortir.
38:50C'est cette fameuse
38:51confusion des peines.
38:55Comment expliquer
38:56que Roland Bloddy,
38:57violeur
38:58multi-récidiviste
38:59condamné
38:59en 2018
39:01à 30 années
39:01de prison
39:02soit libéré
39:03dès la semaine prochaine ?
39:04Pour le comprendre,
39:05il faut se plonger
39:07dans le code
39:07de procédure pénale
39:09et l'article
39:10qui concerne
39:11le principe
39:11de confusion
39:12des peines.
39:13En fait,
39:13Roland Bloddy,
39:14il avait déjà été condamné
39:16en 2007.
39:17C'était déjà
39:18pour des viols,
39:19en l'occurrence,
39:19sur sa propre fille.
39:21Il avait été copé
39:21de 18 années
39:23de prison.
39:24Alors,
39:24quand il est condamné
39:25en 2018,
39:26il demande à la justice
39:27que les deux peines
39:29se confondent
39:30et que la plus longue
39:31absorbe la deuxième.
39:33Le juge accepte.
39:35Grâce à cela,
39:36sur sa peine
39:37de 30 ans
39:37prononcée
39:38en 2018,
39:40il en avait déjà
39:40effectué 11
39:41derrière les barreaux.
39:43Et on arrive
39:43à aujourd'hui,
39:45grâce à ce principe
39:46de confusion des peines,
39:47après seulement
39:488 ans,
39:50sa peine de sûreté
39:51est achevée.
39:52Roland Bloddy
39:52est légalement
39:53en droit
39:54de demander
39:54un aménagement
39:55de peine,
39:56ce que la justice
39:57accepte encore une fois.
39:58Je vous propose
39:59d'écouter
40:00Laurence,
40:00qui est la mère adoptive,
40:02sur la réaction
40:03de sa fille.
40:05Elle l'a appris
40:07en recevant
40:08le courrier par mail
40:09comme une publicité,
40:10en fait,
40:10pas un coup de téléphone
40:12avant,
40:12rien.
40:13Et la lettre
40:14démarre par
40:15« J'ai l'honneur
40:16de vous annoncer
40:16que M. Bloddy,
40:18Roland,
40:18condamnez-le,
40:19va sortir. »
40:21C'est comme si
40:21c'était une joie,
40:22en fait,
40:23pour la magistrate
40:23d'annoncer
40:24que l'adresseur
40:26de Karine
40:26va sortir.
40:28Enfin,
40:28la formulation
40:29déjà est terrible.
40:31Et Karine a reçu ça
40:32comme un coup de poignard,
40:33en fait.
40:34Elle a eu
40:35un moment
40:36où elle a été
40:37complètement sidérée.
40:38Elle s'est dit
40:38« C'est le cauchemar
40:40qui recommence.
40:41À nouveau,
40:42je vais être
40:42reconfrontée
40:43à tout ce que j'ai vécu. »
40:45Et une dernière fois,
40:46je veux qu'on écoute
40:47Laurence sur le fait
40:49qu'il n'y ait pas de place
40:50pour les victimes
40:51dans cette justice.
40:54C'est-à-dire
40:55qu'il n'y a pas de place
40:55pour les victimes,
40:56en fait.
40:56Il n'y a déjà pas de place
40:57quand on est...
40:58Karine a vécu
40:59dix ans de souffrance
41:00pendant l'instruction
41:01criminelle,
41:02pendant les enquêtes.
41:03Dix ans,
41:04on a fait condamner
41:05la France quatre fois.
41:06La dernière procédure
41:08s'est terminée
41:08le 18 février
41:102026,
41:11il y a deux mois.
41:12Et la France
41:14a à nouveau
41:14été condamnée.
41:16Et là,
41:17deux mois après,
41:18il sort.
41:19Comme si de rien n'était,
41:20en fait.
41:21Mais le problème,
41:22c'est l'histoire de Karine,
41:24mais le problème,
41:24c'est l'histoire
41:24de toutes les victimes.
41:25Quand est-ce qu'on va
41:26protéger les victimes,
41:28en fait ?
41:28Quand est-ce qu'on va
41:29s'assurer
41:29de leur bien-être ?
41:31Parce que, bien sûr,
41:32il y a le procès,
41:33mais il y a l'après.
41:34Comment est-ce qu'une victime
41:35peut renaître,
41:37peut recommencer à vivre
41:39si on lui met
41:40son agresseur
41:41à côté de chez elle ?
41:42Bien sûr.
41:42Et pour Karine,
41:43c'est insupportable,
41:44mais je pense
41:45que c'est un prédateur.
41:47Et Laurence
41:47qui a été interrogée
41:48par Anthony Favalli
41:50ce matin.
41:51Ce sujet est insupportable
41:52pour les Français.
41:53Insupportable.
41:54Vous imaginez
41:55pour la famille.
41:56Et Laurence
41:58me disait au téléphone
41:58ce matin
41:59qu'il a un CV
42:00de prédateur sexuel
42:01long comme le bras.
42:02Il a été condamné
42:03dès que 87
42:04pour atteinte à la pudeur,
42:0697 pour agression sexuelle
42:07sur six enfants,
42:09en 2007
42:09pour des viols,
42:10notamment sur sa propre fille.
42:13et il est dehors
42:14aujourd'hui.
42:15Expliquez-nous.
42:16Peut-être que ça,
42:17c'est vraiment l'analyse
42:17de l'avocat
42:19quand je dis injustice.
42:20Et c'est vraiment
42:21un cri du cœur.
42:22Ce n'est pas effectivement
42:22une expertise.
42:23Loin de là.
42:24C'est pour ça que j'ai besoin
42:25d'avoir votre expertise.
42:25C'est-à-dire qu'on peut se poser
42:27la question de savoir
42:27si le droit
42:29se construit
42:30pour protéger
42:31les victimes
42:31ou pour uniquement
42:33pour lui-même
42:34de certaines manières.
42:35Parce qu'il a été condamné
42:36bien avant 2007,
42:38en 1997.
42:40Puis en 2007,
42:41il est condamné
42:42à 18 années
42:43d'emprisonnement.
42:45Et les faits
42:46pour lesquels,
42:46en 2018,
42:47il va être condamné
42:48à 30 années,
42:49les faits,
42:50aussi bien pour 2007
42:51que pour 2018,
42:53sont antérieurs
42:54à 2007.
42:56Je rappelle,
42:56enfin utile,
42:57qu'il a violé
42:59sa propre fille.
43:00Ce que je disais.
43:00Sa propre fille.
43:01Donc,
43:02par l'effet
43:03de la confusion des peines,
43:04le fameux article 132.3
43:05du code pénal,
43:07la plus grande peine,
43:09la plus haute peine
43:09vient absorber
43:10la plus petite.
43:11Donc,
43:12on va calculer
43:13sur 30 années.
43:15Ce n'est pas automatique.
43:15Ce n'est pas automatique.
43:16C'est-à-dire qu'il faut faire
43:17la demande au juge.
43:18Absolument.
43:18Comme il faut faire
43:19la demande au juge
43:20pour la libération
43:23après les 20 ans de sûreté.
43:24Oui.
43:24Ce n'est pas automatique non plus.
43:26Donc,
43:26il y a effectivement
43:27un arsenal judiciaire
43:29qui aujourd'hui
43:30permet ça
43:31et peut-être plus concentré
43:33sur les bourreaux
43:34que sur les victimes.
43:35Absolument.
43:36Mais il y a aussi
43:36des décisions humaines,
43:38des décisions des juges
43:39et notamment des juges
43:40d'application des peines.
43:41Je demanderai à Laurence
43:42parce que Laurence et Karine
43:43seront nos invités,
43:43je le disais,
43:44demain matin.
43:45Laurence,
43:45la maire adoptive,
43:46qui dit,
43:46elle a reçu une lettre
43:47avec marqué
43:48j'ai l'honneur
43:49de vous annoncer.
43:50Je pense qu'elle s'est trompée
43:51parce que je ne peux pas croire
43:53qu'une femme
43:54envoie à une autre femme
43:56qui a été violée
43:57quand elle était enfant.
43:58J'ai l'honneur
43:58de vous annoncer.
43:59Et si vous m'expliquez
44:00que c'est du jargon administratif,
44:02là non plus,
44:03je ne veux pas le croire.
44:03Mais c'est impossible.
44:05Ça devient presque
44:06d'une certaine manière
44:07pervers
44:07puisqu'il a suivi
44:09ce sojudiciaire
44:10pendant 15 ans
44:11mais au sein de la ville,
44:13de la même ville
44:13que sa propre victime.
44:15Et des solutions,
44:16il y en aura.
44:16Nous parlerons en longueur demain.
44:18On est pressés par le temps
44:19et je remercie Karine
44:21et Laurence
44:23de venir demain matin.
44:24Olivier de Carreflec,
44:25on change complètement
44:25de sujet.
44:26C'est simplement
44:26pour vous allumer.
44:27Vous annoncez
44:29l'émission spéciale
44:31de 23h.
44:33Puisque c'était une information
44:35particulièrement attendue,
44:36notamment outre-Atlantique,
44:37le ministère américain
44:38de la Défense
44:39qui a rendu public
44:40plus de 160 documents
44:41jusqu'ici secrets
44:42sur les objets.
44:44Sur les objets
44:44on envoie à l'antenne.
44:46Les ovnis, c'est ça.
44:47Les ovnis, déclassifiés.
44:49Des pièces très intrigantes
44:51qui vont être décryptées
44:53puis il y a un aspect politique.
44:54Vous avez des spécialistes.
44:55On a des spécialistes
44:56et on aura un témoignage
44:57d'un général d'aviation.
44:58Il a été confronté,
45:00alors il appelle ça
45:00des phénomènes spatiaux
45:02inexpliqués.
45:03Je vais regarder ça
45:05avec grande attention.
45:06Merci à tous les cinq.
45:07L'info se poursuit sur Sénat.
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