00:00La guerre des prix dans les transports ferroviaires est très vive en ce moment.
00:04On le voit avec Ouigo notamment qui casse les tarifs sur la ligne Paris-Bordeaux.
00:08On en parle avec Jérôme Laffont, directeur général de Ouigo.
00:12Merci d'être sur CNews.
00:13Merci.
00:14Alors le magazine Que Choisir a sorti une étude.
00:16Ils disent que le low cost avec Ouigo, c'est presque fini parce que les prix montent petit à petit.
00:22Alors non seulement ce n'est pas fini, mais ça va continuer, ça va s'amplifier.
00:25Ouigo par exemple, si on regarde le nombre de voyageurs en 2025, c'est 28 millions de voyages.
00:31C'est absolument gigantesque.
00:32Il y a un client sur deux qui a payé moins de 30 euros.
00:36Donc vous avez 14 millions de personnes qui ont payé moins de 30 euros.
00:39Et Ouigo, les prix sont fixes pour les enfants, c'est 8 euros.
00:43Donc notre promesse low cost, elle est plus que jamais tenue.
00:45Elle va continuer à se développer parce que Ouigo va se développer.
00:48Donc le 10 euros quand même, c'est rare.
00:50Il faut les trouver les trains à 10 euros pour aller à Bordeaux.
00:52Le 10 euros, c'est le prix d'appel sur Ouigo Train Classique.
00:55Donc il y a à la fois du Ouigo Grande Vitesse, c'est la majorité de l'activité de Ouigo.
00:59Mais il y a aussi Ouigo Train Classique sur quelques destinations.
01:03On a en train de Bordeaux.
01:04Ça, c'est à partir de 10 euros.
01:05Mais sur Ouigo Train Classique, il y a un client sur deux qui paye moins de 20 euros.
01:09Donc c'est très avantageux.
01:10On se demande comment la SNCF gagne de l'argent avec des trains à 10 euros pour aller jusqu'à
01:14Bordeaux.
01:14Quand le même billet est vendu 100 euros sur une ligne Grande Vitesse.
01:18C'est vrai que Ouigo, c'est en moyenne, toute destination confondue, 30% moins cher qu'Inouï.
01:24Alors comment on arrive à faire ça ?
01:26D'une part, on va faire circuler les trains le plus possible toute la journée.
01:29Donc c'est une utilisation très intensive des rames.
01:32Et d'autre part, on s'assure qu'on a des taux d'occupation qui sont très élevés.
01:35Pour Ouigo, c'est plus de 90% en moyenne sur l'année.
01:38Et c'est par ces deux éléments qu'on arrive à mieux maîtriser les coûts et donc proposer des prix
01:43très intéressants.
01:43Et vous n'hésitez pas à utiliser des vieux trains ?
01:46C'est ça le corail qu'on en a connu quand on était gamin, années 70, remis sur les rails
01:52?
01:52C'est ce qu'on a fait avec Ouigo Train Classique.
01:54Ça a été créé il y a 4 ans.
01:55C'est parti d'un postulat qui est simple.
01:56C'est est-ce qu'on ne peut pas utiliser un matériel qui est certes ancien,
02:00mais qu'on repeint aux couleurs Ouigo et qui permet de proposer des prix qui sont encore plus intéressants que
02:05Ouigo Grande Vitesse.
02:06Mais on est sur un trajet qui est plus long.
02:07Donc c'est des trajets pas urgents, mais c'est de l'ultra-accessibilité entre eux.
02:12Et donc ça tombe à un moment où le pétrole est cher, où on hésite à prendre la voiture pour
02:16partir en vacances.
02:17Vous récupérez de la clientèle sur ce point ?
02:20C'est trop tôt pour dire.
02:21En fait, il y a une dynamique des trafics en général sur le train depuis au moins la période Covid
02:27qui s'accentue année après année.
02:29Donc c'est très difficile à ce stade de se dire si la crise du pétrole a un effet immédiat.
02:33Il y a une légère hausse aujourd'hui sur l'été, il y a une hausse aussi sur avril-mai.
02:38Est-ce qu'elle vient précisément de ça ?
02:39C'est très difficile à dire parce que les ponts de mai, par exemple, sont très très bien orientés cette
02:43année.
02:44Mais plus globalement, en fait, il y a une appétence des Français pour le train.
02:47Et c'est vrai que Ouigo, proposant des prix très intéressants,
02:50comme je le disais, les taux d'occupation sont supérieurs à 90%.
02:53Donc ça veut dire que ça marche bien.
02:55Et donc, vous faites quand même des bénéfices chez Ouigo.
02:58Donc ça prouve que le train, même low cost, il gagne de l'argent ?
03:01C'est une activité qui ne perd pas d'argent, en fait.
03:04Elle est équilibrée économiquement.
03:06Quand je dis ça, en fait, c'est qu'on dégage suffisamment d'argent pour financer notre avenir.
03:10C'est-à-dire acheter ou financer de nouveaux trains ou de la rénovation de trains
03:14pour pouvoir continuer à proposer ce service dans les années qui arrivent et même le développer.
03:19C'est tout l'enjeu de Ouigo dans les années qui arrivent.
03:22C'est d'avoir 30% de rames en plus pour pouvoir proposer 30% de destination,
03:27de trafic en plus aux clients et donc de petits prix.
03:30Oui, avec en face des concurrents.
03:32Vous avez Trenitalia, ils étaient présents il n'y a pas longtemps chez nous,
03:34qui aussi cassent les prix sur Paris-Lyon, vers l'Italie aussi.
03:38Velvet, je crois, bientôt, qui va arriver.
03:40C'est un nouveau nom que pour l'instant, on ne connaît pas.
03:43La concurrence arrive.
03:44La concurrence, en fait, on l'a connue depuis très longtemps en dehors du ferroviaire.
03:48Parce qu'historiquement, nous, on était concurrents avec l'avion, la voiture.
03:52Et donc, on a l'habitude d'être dans un milieu concurrentiel
03:55et de se positionner avec une proposition qui est le train,
03:58qui est de la mobilité bas carbone, avec des prix compétitifs.
04:01Là, depuis quelques années, il y a Trenitalia.
04:03Il y aura peut-être d'autres concurrents dans les années à venir.
04:06Finalement, nous, ça nous stimule, en fait, dans nos capacités à innover.
04:09Et surtout, ça nous incite à garder la préférence des Français.
04:14Ouigo, notre combat, c'est les prix.
04:17C'est la compétitivité des prix.
04:18Qu'on parle de grande vitesse de train classique.
04:20Et donc, on est très bien positionnés aujourd'hui.
04:22Mais vous pourriez continuer à toujours avoir des prix compétitifs ?
04:25Parce qu'avec l'inflation, les coûts qui augmentent, les salaires,
04:28il y a quand même l'électricité.
04:30Même, je pense, je ne sais pas combien ça coûte,
04:31un pari Bordeaux en termes de consommation d'énergie.
04:34Ça ne doit pas être rien, quand même.
04:35Oui, mais en fait, on arrive à faire ça.
04:37Par exemple, nous, on n'augmente pas nos prix.
04:39On n'a pas augmenté nos prix en début d'année.
04:41Les prix n'ont pas bougé.
04:43Et c'est important pour nous de rester dans cette stabilité des prix
04:46pour que, justement, quand le pouvoir d'achat, potentiellement,
04:49est érodé par d'autres aspects,
04:50que les Françaises, les Français puissent continuer
04:53à avoir une grande vitesse ou un train classique
04:57acceptable et abordable le plus possible.
04:59Mais ils ne risquent pas un jour d'être lassés,
05:01de voir que quand ils vont sur SNCF Connect
05:03pour réserver un billet,
05:04il y a les billets très chers pour le TGV Inouï.
05:08Et puis, à côté, on peut prendre un TGV à 20 euros.
05:12Comment peut-on expliquer un tel différentiel ?
05:14En fait, on propose le choix, tout simplement.
05:16En français, avec SNCF Voyageurs,
05:18vous avez des propositions comme TGV Inouï.
05:20Vous avez des clients qui sont en attente
05:22d'un maximum de confort, d'un maximum de flexibilité.
05:25Vous avez d'autres clients qui disent
05:27« Moi, je veux avant tout le prix,
05:28je veux l'essentiel de la grande vitesse. »
05:30Donc, on propose ça.
05:31C'est soit du TGV Inouï, confort, flexibilité,
05:34soit l'essentiel de la grande vitesse,
05:35une offre très simple, très accessible avec WeGo.
05:37Il en faut pour tous les goûts.
05:38On peut dire que c'est un peu un SNCF à deux vitesses, alors, non ?
05:41On peut dire ça comme ça.
05:43En tout cas, c'est une SNCF qui répond à tous les besoins,
05:46à différentes attentes de clients
05:48et qui veut faire en sorte que la grande vitesse
05:50soit accessible, non pas à quelques-uns,
05:52mais à tout le monde.
05:53Merci, Jérôme Laffont, d'être venu sur CNews.
05:55Je rappelle, directeur général de WeGo.
05:58Restez avec nous sur CNews.
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