00:00Écoutez, c'est très simple, ça fait 40 ans dans ce pays qu'on a décidé d'avoir du pluralisme
00:05dans les principaux médias
00:07qui sont la télé et la radio. Et donc, on a défini tout un tas de règles pour assurer l
00:12'équité,
00:13s'assurer que la majorité ne soit pas écrasante dans les médias, s'assurer que des parties un petit peu
00:17plus petites
00:18aient voix au chapitre à la télévision. Et on a fait ça quand la télévision était le média majoritaire.
00:24Sauf que maintenant, la moitié des Français, chaque jour, s'informent sur les réseaux sociaux.
00:29Et c'est même le média d'information numéro un, les réseaux sociaux, jusqu'à 35 ans dans notre pays
00:34aujourd'hui.
00:36Et donc, moi, ce que je propose, c'est très simple, c'est que ces règles-là, qui sont des
00:40bonnes règles à la télévision,
00:42à la radio, puissent s'appliquer sur les réseaux sociaux. Et donc, qu'on ait des règles d'équité de
00:47temps de parole
00:47pour les expressions politiques sur les réseaux sociaux.
00:50Quel objectif et comment l'appliquer, Paul Midi ?
00:52Vous savez, on est quand même le seul pays au monde à appliquer cette règle à la télévision.
00:58Les autres pays, par exemple, ils ont libéralisé. Ils se sont dit, justement, il y a les réseaux sociaux.
01:03Donc, on libère le temps de parole sur les médias, la télévision et la radio.
01:07Mais vous voulez aller plus loin. Comment on appelle ça ?
01:09En fait, moi, je pense qu'on a des bonnes règles de démocratie en France.
01:12Et vous prenez les exemples étrangers.
01:14Aux États-Unis, plus vous avez d'argent, plus les entreprises vous soutiennent,
01:19plus vous êtes en capacité que vous exprimez à la télévision par des publicités,
01:24sur les réseaux sociaux par des publicités.
01:26Tout ça est complètement libéralisé.
01:28Je suis libéral économique, mais je préfère une démocratie où on a du pluralisme,
01:33où chaque opinion puisse être entendue et que ce soit équitable entre les différents candidats d'une élection.
01:41Et je pense que ces règles d'équité de temps de parole qu'on a à la télévision sont des
01:44très bonnes règles.
01:45Elles sont d'ailleurs soutenues par une très grande majorité de Français depuis une quarantaine d'années.
01:49Mais pas du tout par les médias et par les journalistes.
01:51Par contre, alors ça dépend des médias.
01:54Non, non, non, je peux vous dire, il n'y a aucun média, aucun journaliste qui...
01:57Non, mais parce que c'est compliqué, c'est laborieux.
01:59C'est compliqué, c'est laborieux pour vous, parce qu'effectivement, pour un média comme une chaîne de télé,
02:04vous avez besoin de quelqu'un qui est dans un bureau en train de faire ses calculs
02:07et qui va noter, bah, monsieur Midi s'exprime sur telle partie, telle autre personne s'exprime sur telle partie.
02:13C'est un petit peu laborieux, effectivement.
02:15Mais pour un réseau social, c'est 100 fois plus simple.
02:18Parce que le réseau social, il sait le contenu qu'il vous envoie.
02:21Il le sait même avant de vous l'envoyer.
02:23Et donc, c'est très facile avec la technologie des réseaux sociaux
02:27de pouvoir mesurer, savoir et assurer cette parole et cette équité.
02:32Et je veux bien préciser un point, pour qu'on soit très concret.
02:36Parce que, évidemment, ce qu'on mesure à la télévision,
02:39c'est ce qui est poussé par la chaîne de télévision.
02:42Si vous voulez aller voir Jordan Bardella, parce que vous êtes fan de lui,
02:46et voir sur TF1+, ou sur la plateforme de CNew, je ne sais pas si vous en avez une,
02:51si vous voulez aller voir 100 fois dans la journée,
02:53ou vous voulez passer votre journée à la regarder, pas de problème.
02:56C'est évidemment pas compter dans les temps de parole.
02:59Pareil pour les réseaux sociaux, il faut que ce soit exactement la même règle, ni plus ni moins.
03:02Ce qui est poussé proactivement par le réseau social,
03:05quand l'algorithme de TikTok décide de vous envoyer une vidéo,
03:08ça, ça doit rentrer dans les règles d'équité de temps de parole.
03:11Par contre, si vous avez envie d'aller voir le compte de Jordan Bardella ou de Jean-Luc Mélenchon,
03:16et bien sûr, vous pouvez passer votre journée à regarder ces comptes-là.
03:18La télévision fait un choix, alors que sur les réseaux sociaux, on subit.
03:22Question de Marc Menand, et ensuite Mathieu Bocoté.
03:25Non mais, comment pouvez-vous imaginer qu'à un moment donné,
03:28il y ait un algorithme qui soit là, en train de remarquer,
03:34on est pied, ça devient de l'inquisition, il n'y a plus de liberté en tant que telle.
03:39C'est-à-dire qu'il y a une disponibilité,
03:41et l'algorithme, où on interdit les algorithmes dans tous les domaines,
03:45mais on ne peut pas focaliser sur la politique.
03:47Il y a quelque chose.
03:48En fait, aujourd'hui, vous avez, si je prends l'exemple de TikTok,
03:51un algorithme chinois qui décide d'envoyer, par exemple,
03:56les contenus de Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il est très présent sur cette plateforme,
03:59à des millions de Français, et souvent des jeunes,
04:03puisque ce sont des jeunes qui sont sur TikTok,
04:04c'est un algorithme chinois qui décide aujourd'hui.
04:06Moi, je ne veux pas que ce soit un algorithme chinois.
04:10Ce sont eux qui choisissent de regarder.
04:12Non, pas du tout, c'est ça le sujet.
04:15Je vais vous donner un exemple concret.
04:16Moi, je me suis rendu compte de ça.
04:18Excusez-moi, Paul Midy.
04:19J'essaie de décrire, Marc Menon.
04:21Non, mais c'est vrai.
04:22En fait, là où je suis peut-être d'accord avec vous,
04:25c'est sur le fait que lorsqu'il y a des algorithmes
04:28qui viennent, qui savent ce que vous aimez bien,
04:31ça veut dire qu'ils aiment bien Jordan Bardet, là, Paul Midy.
04:33Pas forcément.
04:34Et qui vous donnent du contenu que vous n'avez pas demandé.
04:37Donc, c'est là où ça fait une différence.
04:39Mais là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous,
04:41Paul Midy, ensuite Mathieu vous poserait une question.
04:44C'est le fait qu'aujourd'hui, maintenant,
04:46c'est plutôt libérer le choix des téléspectateurs,
04:51des auditeurs, au lieu d'encadrer, encadrer, encadrer encore.
04:54Justement, je me permets de réagir rapidement.
04:57Parce que, justement, ça n'est pas libre.
04:59C'est ça qu'il faut comprendre.
05:00C'est l'algorithme chinois de TikTok
05:02qui décide d'envoyer à nos enfants
05:04les vidéos de Jean-Luc Mélenchon.
05:06Et c'est de ça dont je me suis aperçu
05:08pendant la dernière campagne des législatives.
05:10Ce sont les parents qui me montraient
05:12« Regardez le téléphone de ma fille.
05:14Elle ne suit pas spécialement Jean-Luc Mélenchon.
05:17Elle n'est pas pour la France insoumise.
05:18Et pourtant, toutes les trois vidéos,
05:20elle a une vidéo de Jean-Luc Mélenchon. »
05:22Alors, dans un instant, je demande...
05:23Sous-titrage Société Radio-Canada
05:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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