00:00La première chose qu'il faut dire, c'est qu'en effet, on a tous l'affaire,
00:03l'affaire précisément, le scandale du périscolaire dans la tête.
00:07Le dossier et l'accumulation de l'histoire nous a évidemment glacé le sang.
00:11Mais là, hier, il ne s'agissait pas du procès de l'affaire du périscolaire,
00:14mais du procès d'un homme et des actes que lui a posés,
00:18ce qui parfois fausse nos attentes, dans ce cas comme dans d'autres.
00:21Parce que ce scandale nous a tellement glacé le sang
00:24qu'on s'attend à des peines à la hauteur de notre sidération.
00:28Et la deuxième chose qu'il faut dire avant de le faire,
00:32c'est de reconnaître qu'un tel procès,
00:34il y avait neuf petites plaignantes qui avaient dix ans au moment des faits,
00:38il se tient à huit clous sur demande, notamment des partis civils,
00:41et ça appelle forcément à une grande prudence,
00:43nous n'avons pas accès à l'oralité des débats
00:45et le détail de la défense et des partis civils par définition.
00:53Donc il faut évidemment rester prudent,
00:54surtout vu la nature des accusations qui sont dramatiques évidemment pour les victimes,
00:59mais dramatiques aussi potentiellement pour des personnes
01:01qui pourraient être accusées à tort ou dont nous n'aurions pas tous les détails.
01:05Donc c'est pour ça, je le dis sans du tout présager sur cette histoire en particulier,
01:09mais c'est difficile comme matière à traiter.
01:12Il y a malgré tout des faits auxquels nous avons eu accès.
01:14Cet animateur compare,
01:15c'est en effet pour harcèlement et agression sexuelle sur mineurs,
01:18ce qui fait encourir 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende,
01:23selon évidemment la nature des faits.
01:26À l'automne 2024, donc il faut préciser que c'est avant le scandale,
01:29parce qu'évidemment pendant le scandale, pendant que c'est très médiatisé,
01:31ça peut aussi générer des accusations qu'il ne faut pas pouvoir prendre avec plus de prudence.
01:35Là c'est avant le scandale et avant sa médiatisation,
01:38c'est important de le préciser.
01:39Un groupe de fillettes de CM2, donc 10 ans, va voir la directrice de leur école
01:43et elles évoquent le comportement très bizarre, je cite,
01:47de cet animateur qu'elles connaissent pourtant depuis des années.
01:50La directrice réagit immédiatement dans ce cas-là
01:52et le vacataire, il est vacataire à ce poste-là depuis 20 ans,
01:56ce qui pose un autre problème,
01:58est immédiatement suspendu par la mairie.
02:00Il est interpellé six mois plus tard,
02:04interpellé, garde à vue, puis contrôle judiciaire jusqu'à hier,
02:08donc jusqu'à son procès.
02:09Dans le détail, qu'est-ce qu'on lui reproche ?
02:11Premièrement, des surnoms,
02:13tels qu'il appelle les élèves,
02:15donc mon bébé d'amour, ma délicieuse, mon cœur,
02:17et ce genre de surnoms.
02:19Des dessins très sexualisés pendant des ateliers de manga,
02:22qui faisaient faire des dessins à des petites filles
02:25extrêmement sexualisées, avec des poses très suggestives.
02:29Des câlins décrits comme forcés par les petites filles.
02:32Des récits particulièrement glauques.
02:34À la cantine, il n'avait rien de mieux à faire pour des enfants de 10 ans
02:36que de leur raconter des épisodes de viol ou de crime,
02:39de faites-entrer l'accusé.
02:40Des gamines de 10 ans, je ne sais pas si c'est l'idéal.
02:43Des propos rapportés comme gênants par les petites filles.
02:46Il y en a une, par exemple, qui dit,
02:47il m'a dit, si je pouvais, je te ferais des bisous partout,
02:49mais je n'ai pas le droit.
02:50Et trois d'entre elles l'accusent par ailleurs d'avoir passé sa main
02:53sous leur t-shirt pendant ces temps de périscolaire.
02:57Lui conteste le récit, ça on le sait aussi.
03:00Il évoque des remarques maladroites et des accolades.
03:03Mais il évoque aussi, et il explique ça par des jalousies
03:05entre ces petites filles et une manipulation de la directrice.
03:08Mais il reconnaît quand même, par exemple, avoir parlé de bisous partout,
03:11avoir dit à cette jeune fille, puisqu'il a dit qu'il regrettait cette phrase,
03:14j'aimerais bien de faire des bisous partout, mais je n'ai pas le droit.
03:17Et en revanche, il ne voit absolument pas le problème de faire dessiner
03:19des femmes à moitié nues, avec des poses suggestives, à des enfants.
03:23Il ne voit vraiment pas où est le problème.
03:25Ce sont des mangas, c'est la culture manga.
03:28Ça n'est pas un problème.
03:29Donc il y a certains faits dont il est accusé,
03:31qu'il a lui-même reconnus tout en les relativisant.
03:33Voilà ce que l'on sait, malgré le huis clos.
03:36Alors, toujours est-il que le parquet ne l'a pas cru,
03:39puisqu'il requiert d'entrer en voie de condamnation.
03:43Qu'est-ce qui a pu le convaincre, finalement, le parquet ?
03:45En effet, ce qui nous étonne un peu, c'est que la réquisition reconnaît la faute,
03:49puisqu'elle demande au tribunal d'entrer en voie de condamnation.
03:52Mais elle relativise sa gravité par rapport à ce que peut être une agression sexuelle.
03:56Évidemment, il y a une échelle, puisqu'elle requiert 18 mois de prison
04:00avec sursis probatoires pendant deux ans.
04:03Donc un temps pendant lequel on examine bien qu'il suit les exigences.
04:06Interdiction d'entrer en contact avec les victimes,
04:08de se rapprocher de l'école, obligation de soins,
04:10interdiction définitive d'activité en lien avec les mineurs.
04:13Et nous aurons la réponse le 16 juin prochain.
04:15Sans doute parce que, à cette accumulation d'accusations poisseuses,
04:21j'ai trouvé que le bon mot, c'était poisseux.
04:23On sent qu'il y a une ambiance poisseuse avec cet animateur et les enfants.
04:29On sent que c'est bordeur en permanence.
04:31S'ajoutent des expertises psychiatriques auxquelles nous avons eu accès également.
04:36Donc les fillettes, non, selon le psychologue.
04:38Alors là, c'est pareil, c'est des examens qui sont rapides, etc.
04:41Mais devant le tribunal, aucune tendance à la fabulation.
04:44Et à l'inverse, lui prendrait un plaisir sadique, je cite,
04:47à troubler les écolières,
04:49notamment en leur racontant ses affaires atroces de viol et de meurtre.
04:52Et la psy n'a pas décelé de pédophilie fixe chez cet homme.
04:56Mais, je cite, une régression avec les années
04:58qui a poussé le mis en cause célibataire et vivant chez sa mère
05:01à rechercher un rapprochement pseudo-affectif avec des mineurs
05:05à défaut de trouver de l'affecte chez les adultes.
05:07Donc, clairement, on comprend l'obligation de soins étant donné le diagnostic.
05:11Il y avait déjà eu un avertissement.
05:13Et là, c'est la preuve d'un dysfonctionnement,
05:14même si, en l'occurrence, la directrice et la mairie ont réagi très rapidement dans ce cas-là,
05:18puisque le comportement de cet homme avait déjà été mis en cause en 2021.
05:22Et à l'époque, il s'était engagé, je cite,
05:24à ne pas nommer les enfants par des surnoms, quels qu'ils soient.
05:27Donc, ça avait déjà généré une ambiance étrange.
05:30Voilà la raison pour laquelle je vous ai précisé les surnoms qu'il donnait
05:33à ces jeunes filles, ce qu'il n'a donc pas fait, même s'il s'y était engagé.
05:36– Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Grégoire, en plus de son plan déjà annoncé sur le sujet,
05:41promett-il une convention citoyenne sur les temps de l'enfant
05:44pour répondre à ce problème ? On ne comprend pas.
05:47– Ça, c'est intéressant. Au-delà du cas particulier de cet homme,
05:49il y aura un prochain procès fin mai, et puis ensuite une avalanche de procès,
05:52puisqu'on sait qu'il y a plusieurs, évidemment, dossiers en cours.
05:55Mais là, on a, dans la réaction de la mairie de Paris,
06:00il y a la Convention sur la protection et les temps de l'enfant à l'école,
06:03qui est présenté comme l'un des piliers centraux du plan de réaction
06:06contre les violences faites aux enfants.
06:08Et à partir du 18 mai, il va y avoir une convention citoyenne
06:11pour réfléchir à cette question.
06:13Pourquoi c'est intéressant ?
06:15Parce qu'à la base de ce scandale du périscolaire,
06:18et d'ailleurs, Gabriel nous en avait parlé,
06:19il y a un recrutement absolument délétère
06:21de ces animateurs chargés du périscolaire,
06:24parce qu'il y a eu l'imposition de ce temps scolaire
06:27avec le périscolaire, qui a été absolument imposé,
06:30en dépit du réalisme le plus élémentaire,
06:33qui est la capacité à recruter correctement,
06:36évidemment, ces animateurs.
06:37Il y avait l'affrontement entre la semaine des 4 ou des 4,5 jours.
06:42François Hollande voulait absolument qu'il y ait cette matinée en plus
06:44à l'école, quand il a été élu.
06:46Et seul Paris et quelques grandes villes ont gardé la semaine
06:50des 4 jours et demi, puisque les autres ont dit
06:51« les parents râle, les profs râle, tout le monde râle du changement d'organisation ».
06:55Donc, seules quelques grandes villes l'ont fait,
06:57peu importe la capacité à recruter.
06:59Je vous ai précisé que cet homme était vacataire depuis 20 ans,
07:02comme 10 des 15 000 animateurs, il était vacataire.
07:06C'est-à-dire, lui en l'occurrence, il l'était depuis très longtemps,
07:08mais la plupart du temps, il y a énormément de turnover,
07:10en bon français, parmi les animateurs,
07:13et donc évidemment une capacité de contrôle du recrutement extrêmement limitée,
07:18d'autant qu'évidemment, le métier, ce sont quelques heures par semaine,
07:20des horaires morcelés, des salaires évidemment adaptés à cette situation,
07:24entre 600 et 1 800 euros net.
07:26Donc, c'est un métier qui n'est pas très attractif,
07:29et ensuite, il y a potentiellement évidemment la cooptation
07:31entre délinquants potentiellement sexuels,
07:36mais en sachant qu'il y a aussi beaucoup de dossiers de violence pure,
07:38de violence physique et non pas sexuelle.
07:42Donc, il y a un grave problème,
07:44mais on comprend que la ville revient sur cette idée,
07:46la ville dirigée par des socialistes,
07:47revient sur cette idée imposée par des socialistes,
07:49et que parfois, le réalisme en politique,
07:51prendre en compte la réalité,
07:53ferait beaucoup de bien, ferait gagner beaucoup de temps
07:55et protégerait en l'occurrence des enfants.
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