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  • il y a 2 jours

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00:00Il est 7h46, la Banque Alimentaire de Bayonne et du Pays Basque tenait son Assemblée Générale hier après-midi.
00:05Alors au-delà des grandes tendances de l'année 2025 dont nous allons parler,
00:09on se pose la question ce matin des conséquences de la rigueur budgétaire,
00:12de la forte hausse aussi du prix des carburants.
00:15L'invité d'Ici Pays Basque ce matin votre invité, Yves Tussaud, c'est Philippe Labedan,
00:19le président de la Banque Alimentaire de Bayonne et du Pays Basque.
00:21Bonjour Philippe Labedan.
00:22Bonjour.
00:22Merci d'avoir accepté l'invitation.
00:23Vous avez tenu hier l'Assemblée Générale de la Banque Alimentaire de Bayonne et du Pays Basque
00:27avant de revenir sur les grandes tendances 2025, évoquons le présent, les finances.
00:32Est-ce que vous êtes impacté directement par la forte hausse du prix des carburants ?
00:36Oui, très directement.
00:37L'impact pour nous est violent, mais ça représente 40% de surcoût sur le poste carburant.
00:45Donc sur l'année, si la tendance reste ce qu'elle est aujourd'hui,
00:49on aura entre 10 et 15 000 euros de suppléments.
00:52Donc pour nous c'est douloureux.
00:54Oui, parce que tous les jours il y a plusieurs camions de la Banque Alimentaire qui circulent, qui tournent.
00:58Complètement, nous avons 6 camions frigorifiques qui tournent sur tout le Pays Basque,
01:02qui font chacun 150 km par jour.
01:05Donc le poste transport chez nous pèse entre 20 et 25%,
01:09donc c'est très lourd en termes d'impact.
01:12La situation est tenable sur la durée ?
01:14Oui, actuellement ça va.
01:17On n'est pas obligé de refondre nos tournées de collecte pour l'instant,
01:21mais il ne faudrait pas que ça dure.
01:23Ça pourrait être une possibilité de refondre les tournées ?
01:26Oui, complètement.
01:27Il faudrait envisager de les modifier.
01:30Notre problème c'est qu'aujourd'hui, ce qu'on ramasse dans les grandes surfaces,
01:34c'est du J0, c'est-à-dire c'est à redistribuer le jour même.
01:37Et du coup, ça ne nous laisse pas de latitude pour vraiment optimiser les tournées.
01:43C'est compliqué.
01:43Alors l'institution Banque Alimentaire est concernée.
01:46Est-ce que les bénévoles de la Banque Alimentaire commencent à vous parler
01:49de l'envol des prix du carburant ?
01:52Non, ils ne nous en parlent pas, ils sont tellement motivés, enthousiastes,
01:55ils ne le disent pas, mais on sait pertinemment que sur nos 240 bénévoles
02:01qui viennent donc chacun une fois par semaine à minima,
02:04certains viennent de loin, viennent de Mackay, La Ressort, de Tarnos,
02:08et donc c'est sur leur propre denier.
02:10Et ça a un impact direct sur leur portefeuille.
02:12Ils ne sont pas reconnus quelque part comme gros rouleurs ?
02:17Pas du tout, pas du tout.
02:18Chaque fois, les associations et donc les bénévoles passent sous les radars.
02:22On parle bien sûr évidemment des transporteurs, on parle des infirmières,
02:26mais ces bénévoles qui tous les matins prenaient leur voiture pour venir à travailler,
02:31ben non, il ne se passe rien.
02:32Donc vraiment, il faut leur tirer un grand coup de chapeau.
02:377h48 sur ICI Pays Basque, notre invité Philippe Labedan,
02:39le président de la Banque Alimentaire de Bayonne et du Pays Basque.
02:41Le financier, c'est forcément un point chaud.
02:43Est-ce que c'est un souci ?
02:44Les subventions de l'État avaient baissé l'an dernier, en 2025.
02:47Oui, au niveau de l'État, ça avait baissé de façon sensible.
02:51On avait perdu 50% de nos subventions.
02:55Au niveau de la région Nouvelle-Équitaine également.
02:57Le conseil départemental, l'année dernière aussi, nous avait fait...
03:01nous avait provoqué une baisse de 30%.
03:05Cette année, je ne sais pas vous dire exactement ce qui va se passer.
03:08En euros, combien est-ce que vous aviez perdu ?
03:10On a perdu l'équivalent de 80 000 euros en subventions.
03:13Sur un budget global ?
03:14De 500 000.
03:15Donc c'est violent, oui.
03:17Alors donc, on a été obligé de diversifier nos sources de financement.
03:21On a fait appel davantage à la générosité du public.
03:24Et au mécénat privé, c'est une recommandation de la Cour des comptes.
03:27Mais ça fait 40 ans qu'on se tourne vers la générosité du public.
03:31Et ce qu'il y a d'important à rappeler, c'est qu'ils ont été présents
03:34au rendez-vous.
03:35Les gens, chaque fois qu'on les sollicite, sur les collectes,
03:37sur les événements qu'on a organisés, dîners caritatifs, concerts de chant, tout ça,
03:42ils ont toujours répondu présents.
03:43Et ça, c'est génial.
03:45Et pour que ça dure.
03:46Si on revient à 2025, au bilan 2025 que vous avez adressé hier,
03:50en quelque sorte,
03:51en termes de quantité de produits distribués, collectés,
03:54que faut-il retenir ?
03:56Donc, une stabilisation, ce qui est bien,
03:59parce qu'avec un peu moins de subventions,
04:02avec une difficulté budgétaire,
04:04on a réussi à faire le job.
04:07Et donc, c'est surtout une augmentation,
04:10qui n'est pas très importante.
04:12La précarité alimentaire n'a pas explosé au Pays Basque,
04:15mais quand même, 4% de plus de personnes accueillies,
04:17de bénéficiaires, c'est notable.
04:19Et des profils différents ?
04:21Oui, tout à fait, tout à fait.
04:23Bon, et historiquement, on accueille bien sûr
04:25beaucoup de familles monoparentales,
04:26de retraités en difficulté,
04:29mais depuis deux ans, on a des travailleurs pauvres,
04:32des gens qui travaillent, qui bossent tous les jours,
04:35et ces gens-là n'arrivent plus à boucler la fin de mois.
04:38Et quand vous êtes précaire en France,
04:39vous êtes précaire à 1250 euros par mois.
04:42Ici, au Pays Basque,
04:43avec l'impact du foncier, du logement,
04:46à 1250, il y a longtemps que vous êtes précaire,
04:47et même à 1500, 1600, vous avez des difficultés pour boucler les fins de mois,
04:51et vous poussez la porte des associations.
04:53C'est vraiment un souci, entre guillemets, récent,
04:58sur les dernières années ?
04:59Oui, oui, oui.
04:59Oui, c'est depuis deux ans,
05:01ça augmente significativement,
05:04on le note de plus en plus.
05:06Philippe Labedon,
05:07l'équivalent de ce que vous avez distribué,
05:10ça correspond à 2 500 000 repas ?
05:12Oui, et surtout, il faut savoir que la précarité alimentaire,
05:17l'aide alimentaire au Pays Basque,
05:18il n'y a que la moitié des gens éligibles qui la demandent.
05:22Nous avons au Pays Basque un taux de précarité de 10-11%,
05:25donc sur un bassin de population de 330 000,
05:28ça fait 33 000 personnes,
05:29et nous, nous accueillons donc 13 500 personnes,
05:31les restos 4 000,
05:34donc vous avez juste 17 000 personnes.
05:36Donc, il y a encore beaucoup de boulot.
05:38Pardon, des gens qui n'osent pas pousser la porte ?
05:41C'est ça, tout à fait,
05:41des gens qui n'osent pas pousser la porte.
05:43Et alors ça, c'est très vrai,
05:45dans le Pays Basque intérieur,
05:46où aujourd'hui, aller dans une association,
05:49ça ne se fait pas, c'est compliqué,
05:50et de ce fait, nous avons encore quelques zones blanches, oui.
05:54Merci, Philippe Labedon, bonne journée à vous.
05:56Merci à vous.
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