00:00Bon lundi, c'est la rentrée des classes pour les élèves, les enseignants, et quelque part aussi, c'est la rentrée des parents d'élèves.
00:06Notre invitée ce matin, Aurélie Truchelut, présidente de l'Appel Pays Basque, c'est l'association des parents d'élèves de l'enseignement libre.
00:12Elle est votre invitée, Yves Tussaud.
00:13Bonjour Aurélie Truchelut.
00:15Bonjour.
00:15Au Pays Basque, l'enseignement catholique, 17 000 élèves répartis dans 81 établissements.
00:21Est-ce que globalement, cette rentrée, vous parents d'élèves, dans l'enseignement libre, vous l'abordez de manière sereine ?
00:26Oui, oui, nous sommes plutôt sereins, même si nous sommes quand même assez vigilants par rapport aux annonces de la ministre, madame Borne.
00:33Mais moi, je n'ai pas eu de remontée négative de parents, de chefs d'établissement, ou même d'élèves.
00:40Il y a une inquiétude qui est dans le public à coup sûr, puisque les syndicats l'ont évoqué, c'est la question du nombre d'enseignants disponibles, entre guillemets.
00:49Est-ce que pour vous, il y aura ce matin, et dans les jours à venir, un enseignant dans chaque classe ?
00:53Normalement, oui, selon mes informations, c'est plutôt rassurant.
00:56On aura quelqu'un pour tous les élèves du Pays Basque dans l'enseignement catholique, oui.
01:03Quelle est votre priorité en tant que parent ? Est-ce que c'est simplement l'enseignement, l'acquisition des bases, par exemple en primaire, lecture, mathématiques ?
01:11Ou est-ce que ça va plus loin ? Est-ce que vous espérez, est-ce que vous attendez une prise en charge complète des enfants ?
01:16Oui, ça va beaucoup plus loin, puisque nous, en tant que parent d'élèves dans l'enseignement catholique, on est vraiment dans la communauté éducative.
01:25Donc on attend une certaine confiance, un partage de la bienveillance, aussi bien avec les instituteurs, les professeurs, les chefs d'établissement.
01:33Oui, ça va beaucoup plus loin que juste l'éducation.
01:37Ce dialogue existe dans les établissements ?
01:40Dans la plupart des établissements, oui. Il y a vraiment une confiance et un partage entre nous tous, de la communauté éducative, oui.
01:46Alors justement, confiance et partage, il y a un sujet qui forcément est dans toutes les têtes.
01:51C'est la première rentrée, après les révélations sur ce qui s'est passé à Bet-Taram, ou encore à Saint-François-Xavier, à Hustaritz.
01:58Des viols, des violences sexuelles, des agressions, des coups.
02:02Cette question-là, ces sujets-là sont sur la table.
02:04Vous en avez parlé entre vous, vous en avez parlé avec la hiérarchie dans les écoles ?
02:10Oui, oui, bien sûr, on en parle. Après, il y a encore des enquêtes en cours, donc on n'a pas accès aux éléments.
02:15Et puis, ça reste un peu un sujet tabou pour certaines personnes.
02:19Mais ce que je veux dire, au niveau de l'inquiétude des parents, il n'y en a pas trop,
02:22puisque toutes les équipes pédagogiques se sont passées à l'incriminer.
02:27Donc, ce n'est pas du tout la même façon de fonctionner à l'heure actuelle.
02:32Et bien sûr qu'on y pense, et on pense à toutes les victimes et à leur famille.
02:37Et on les soutient.
02:38Pour vous, on est passé à autre chose ?
02:40Ça ne pourrait pas se reproduire aujourd'hui, ce type d'agression, de violence ?
02:44Beaucoup moins, en tout cas. Beaucoup moins.
02:46Je pense qu'on est quand même plus à l'abri, il y a quand même plus de communication.
02:50Et après, oui, bien sûr, ça pourrait arriver.
02:54Mais beaucoup moins, et j'ai envie de dire pas plus que dans le public.
02:58Ici Pays-Basque, il est 7h49.
03:00A l'occasion de la rentrée des classes aujourd'hui, nous recevons Aurélie Truchelut,
03:03la présidente de l'Appel Pays-Basque.
03:05C'est l'association des parents d'élèves.
03:06Alors, on parle beaucoup en cette rentrée du téléphone portable,
03:10on parle beaucoup de l'intelligence artificielle.
03:12On parle aussi et surtout de la santé mentale des enfants.
03:16Est-ce que ça, c'est un point d'inquiétude ?
03:18Et si c'est un point d'inquiétude, comment est-ce que c'est pris en charge dans l'enseignement catholique ?
03:22Pour nous, c'est une vraie préoccupation, une vraie inquiétude.
03:24D'ailleurs, c'est le thème central de l'Appel National cette année.
03:28Alors, il y a des interventions dans les écoles par des psychologues
03:33et des personnes formées pour la santé mentale.
03:36Pour moi, c'est le plus gros enjeu.
03:39C'est hyper important.
03:41Et c'est pour ça qu'on va faire cette année, au premier trimestre,
03:43à l'Appel Pays Basque, une conférence débat avec des spécialistes, justement.
03:49Et on invite toute la communauté éducative, aussi bien chefs d'établissement, parents et enseignants.
03:55On est sur quoi ? On est sur un abus de téléphone portable ?
03:57On est sur un abus de numérique ?
03:59On est au cœur de l'intelligence artificielle ?
04:01On est dans les suites directes du Covid et des confinements ?
04:05C'est un mélange de tout.
04:07Et on voit bien qu'à travers les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle,
04:10il y a beaucoup, beaucoup de dérives.
04:12Et l'enfant se replie sur lui-même.
04:14Et on a des cas graves de dépression, de manque d'estime de soi.
04:19Et c'est vraiment un vrai enjeu national pour moi.
04:22Est-ce que vous arrivez à faire éteindre les portables dans les établissements ?
04:26C'est le grand débat.
04:27Logiquement, un collégien n'a pas à avoir son portable allumé dans l'établissement.
04:33C'est le cas ? Ou c'est pas le cas ? Ou c'est ingérable ?
04:36Alors nous, il y a l'article de loi qui est sorti récemment.
04:40Mais nous, ça fait pas mal de temps dans l'enseignement catholique que c'est dans les règlements intérieurs.
04:45Et je pense que c'est respecté par la plupart des élèves.
04:48Et c'est même plus un sujet à table, j'ai envie de dire.
04:50Mais concrètement, ça se passe comment dans les établissements ?
04:53Eh bien, la plupart, dès qu'ils sont dans le bus, ils arrêtent le téléphone.
04:57Et ils le rallument quand ils sont dans le bus.
04:58Donc normalement, ils n'ont pas accès du tout à leur téléphone pendant les heures scolaires.
05:03Bon, après, il y a toujours des enfants qui...
05:06Vous n'allez pas me dire que tous les collégiens éteignent tranquillement, j'allais dire religieusement,
05:11leur téléphone portable avant de rentrer dans les établissements ?
05:14Non, ce n'est pas l'idéal.
05:15Mais non, je pense que c'est respecté par la plupart des élèves.
05:18L'intelligence artificielle, est-ce qu'aujourd'hui, l'école doit s'en emparer ?
05:22Parce que les enfants d'aujourd'hui sont dans l'intelligence artificielle.
05:26Ils savent comment elle fonctionne.
05:27Ils savent à quoi elle peut servir.
05:28dire, les professeurs l'utilisent.
05:30C'est quelque chose dont il faut prendre compte ?
05:34Je pense que oui, il faut mettre en place des cours sur l'intelligence artificielle,
05:39puisqu'il y a quand même pas mal de dérives.
05:41Et l'enfant, on lui met ça dans les mains, il ne sait pas s'en servir.
05:45Et je trouve que c'est très très dangereux, oui.
05:48Mais en tant que parent, est-ce que vous comprendriez que vos enfants utilisent l'intelligence artificielle
05:52pour faire leur devoir ?
05:54Si c'est cadré, oui. Il faut qu'il y ait un encadrement, ça c'est sûr.
05:57Et donc s'ils peuvent apprendre à travers une heure de cours, par semaine ou par mois,
06:01mais il faut de toute façon un encadrement.
06:03Parce que même nous, parents, c'est nouveau pour nous.
06:06Et on ne sait pas comment l'apprivoiser, en fait, cette intelligence artificielle.
06:10Donc je pense que oui, il faudrait le mettre dans les cours.
06:13Merci Aurélie Truchelut, présidente de l'APEL Pays Basque, d'avoir accepté notre invitation.
06:17Bonne journée, bonne rentrée.
06:18Bonne journée, bonne rentrée.
06:19Et l'invité de l'APEL Pays Basque.
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