00:00RMC, le choix de la rédaction.
00:02Faut-il légaliser les tests ADN ?
00:05C'était l'une des questions posées lors des états généraux de la bioéthique,
00:08des débats qui doivent aider à rédiger une future loi
00:11et qui prennent officiellement fin aujourd'hui.
00:14Bonjour Louise Salé.
00:15Bonjour Élise, bonjour Victor.
00:17Dans le cadre de ces discussions, un comité citoyen
00:20a rendu un avis favorable à la légalisation des tests ADN
00:24qui permettent de connaître ses origines,
00:26car la France est l'un des seuls pays européens à les interdire,
00:30même si beaucoup de Français contournent la loi, Louise.
00:33Oui, chaque année plus de 100 000 Français font un test ADN
00:36auprès d'entreprises israéliennes ou américaines
00:39comme MyHeritage ou Ancestry
00:41qui ont décliné toute demande d'interview pour cette chronique.
00:44Alors comment ça marche ?
00:45Après avoir payé une cinquantaine d'euros sur Internet,
00:48vous recevez une sorte de coton-tige pour prélever votre salive,
00:52vous l'envoyez à l'étranger
00:53et vous recevez par mail les résultats quelques semaines plus tard.
00:57Vous découvrez alors vos origines géographiques
00:59et si vous « matchez », c'est le terme utilisé,
01:02avec d'autres personnes qui elles aussi ont fait ce test,
01:05c'est-à-dire que vos ADN se ressemblent
01:07et qu'il existe un lien de parenté entre vous.
01:10C'est ce qu'il s'est passé pour Christine Debril.
01:12Elle est ce qu'on appelle « née sous X »,
01:14sa mère biologique la confie à l'adoption de façon strictement anonyme
01:18et elle a découvert que son ADN était très proche de celui d'une autre femme.
01:22Donc ça, c'est une demi-sœur.
01:24En fait, nous avons découvert que nous avions le même géniteur
01:27et le mois prochain, je vais en Bretagne où habite cette autre fille.
01:31On ne va pas créer un lien sœur,
01:34mais on a besoin de connaître notre histoire.
01:36C'est pour ça que nous faisons les recherches.
01:37Le collectif des « nées sous X », dont Christine fait partie,
01:40aide ses membres à faire un test ADN.
01:42Ils expédient les échantillons par la Belgique et c'est très simple.
01:46Pourtant, ils risquent gros, 3 750 euros d'amende.
01:49Alors, on le comprend, Louise, c'est important pour ces personnes
01:52de connaître leur histoire, mais est-ce qu'il n'y a pas d'autre moyen
01:55que de confier son ADN à une entreprise étrangère ?
01:58Alors, s'il existe des organismes publics pour aider à retrouver
02:01les parents biologiques d'enfants adoptés ou bien donneurs de sperme
02:05dans le cadre d'une procréation médicalement assistée, une PMA.
02:09Mais ça fonctionne mal, selon Audrey Kermal-Vézen.
02:12Elle est fondatrice de l'association Origines et elle est née d'une PMA.
02:15En fait, ces organismes publics ne permettent pas de retrouver ses origines
02:19parce qu'il y a des problèmes d'archivage des dossiers
02:21et donc on n'a pas suffisamment d'informations pour remonter la trace.
02:24Eh bien, j'ai fait un test ADN et j'ai enfin un nom
02:27et je me sens enfin comme les autres.
02:28Après, Audrey, légaliser ces tests permettrait aussi de mieux encadrer
02:32l'activité des entreprises étrangères qui seraient alors autorisées
02:36à exercer en France.
02:37Mais Louise, une question.
02:39Est-ce qu'on peut vraiment garantir que nos données sont en sécurité
02:43si ces tests sont légalisés ?
02:45Eh bien, pas vraiment.
02:46Et c'est la principale raison pour laquelle la France interdit ces tests ADN.
02:50Les résultats peuvent être vendus, c'est le cas aux Etats-Unis,
02:52à des entreprises pharmaceutiques qui veulent des informations génétiques
02:56pour développer un médicament, par exemple.
02:59Paul Verdu est anthropologue et généticien au CNRS.
03:02Ces entreprises constituent des bases de données
03:04et qui peuvent servir à plein d'autres personnes,
03:06que ce soit dans un cadre complètement légal,
03:08avec un changement de loi qui déciderait que les allocations,
03:10on les donnerait aux personnes qui sont comme ça génétiquement
03:12et pas comme ça, ou pour ficher les gens.
03:15Donc ça, ce sont des réalités qui existent à l'heure actuelle.
03:18Ce n'est pas un risque fantasmé.
03:19Créer des entreprises françaises ou européennes
03:22qui analysent notre ADN de façon sûre n'est pas non plus une solution,
03:25car pour trouver des liens de parenté,
03:27il faut avoir déjà recueilli l'ADN de centaines de milliers de personnes.
03:31Et ça, seules les sociétés qui font des tests depuis des années
03:34en ont les capacités.
03:35Reste à voir comment donc leurs activités pourraient être encadrées.
03:39En France, une proposition de loi des députés macronistes
03:42est bientôt discutée sur ce sujet
03:44dans une dizaine de jours à l'Assemblée nationale.
03:47Merci Louise Salet pour ce choix de la rédaction.
03:50Et tiens, dites-nous aussi sur le WhatsApp RMC et au 3216
03:53si vous avez déjà pratiqué ces tests,
03:55si vous avez déjà essayé de retrouver des proches
03:58que vous n'avez pas vus depuis très longtemps,
04:00que vous ne connaissez pas encore.
04:013216 et le WhatsApp 0612 424 424.
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