- il y a 18 minutes
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national et député du Nord, était l'invité du Face-à-Face de ce mercredi 29 avril sur BFMTV et RMC. Il a été notamment interrogé sur la présidentielle 2027, sur les prix des carburants ou encore sur la difficulté de financement du Rassemblement national.
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00:00Et un cours du brut, on le sait, qui ne cesse d'augmenter.
00:02Est-ce que vous considérez, au vu de ces chiffres ce matin, Sébastien Chenu,
00:06que Total fait aussi partie de ces profiteurs de guerre que vous dénoncez ?
00:10Ceux qui font du profit sont les marchés financiers.
00:12En réalité, plus que les pétroliers, encore davantage,
00:15ce sont les marchés qui, avec les fluctuations du pétrole,
00:19aujourd'hui, les marchés sont eux les profiteurs de cette crise-là.
00:23Et de fait, fait profiter...
00:25Et de façon, j'allais dire, en seconde main, les pétroliers eux-mêmes.
00:28Mais sur les pétroliers, il y a une capacité à pouvoir faire bouger un certain nombre de lignes.
00:32Mais sur les marchés financiers, on voit bien que ce sont les premiers qui en profitent.
00:37Ça veut dire quoi ?
00:38Ça veut dire qu'il faut, en fait, des mesures qui soient structurelles.
00:41Sinon, évidemment, les choses sont très déséquilibrées.
00:43Les consommateurs payent ces augmentations à la pompe
00:46et puis se retrouvent sans compensation ou sans possibilité
00:50de pouvoir remplir leur voiture de carburant d'une façon...
00:54Et on connaît ces mesures structurelles de la part du RN.
00:56Vous le réclamez depuis de nombreuses semaines, la baisse de la TVA.
01:00Ça, on va en parler.
01:01Mais quand vous voyez ces chiffres, encore une fois,
01:04avec un patron de Total, Patrick Pouyanné,
01:07qui est encore ces derniers jours alerté sur les risques de pénurie,
01:10un gouvernement qui le tense en disant, en gros, vous sortez un peu de votre rôle,
01:13est-ce que vous dites, finalement,
01:15peut-être qu'un geste patriotique de la part de Total est à venir ?
01:18Quand on voit, encore une fois, des chiffres très impressionnants ?
01:21Non, mais on peut contrôler des marges ou on peut, évidemment,
01:25le faire sur un temps, j'allais dire, relativement court.
01:27Parce qu'attention, si on le fait sur un temps beaucoup trop long,
01:29on importe le pétrole, on aura des effets pervers sur les importations.
01:33Donc, on peut demander, effectivement, un geste patriotique à un moment aux pétroliers.
01:38On peut, évidemment, avoir quelques obligations sur le déstockage,
01:42notamment du pétrole au bénéfice du marché intérieur,
01:45à un prix qui soit acceptable.
01:47C'est-à-dire pas le prix du marché, mais le prix du stockage du pétrole lorsqu'ils l'ont
01:50acheté.
01:51Ça, on peut le faire.
01:52Mais attention, comme on importe beaucoup de pétrole,
01:54à ne pas se retrouver dans des difficultés, évidemment, d'approvisionnement.
01:57C'est la raison pour laquelle, nous, on pense que ce sont des mesures structurelles
02:00qu'il faut initier pour le pays.
02:02Mesures structurelles qui sont sincèrement initiées par tous les autres pays européens,
02:07avec différentes formes.
02:08Certains y sont revenus, et avec un coût pour nos finances publiques,
02:11aujourd'hui, le gouvernement le dit, que nous ne pouvons pas assumer.
02:14La baisse de la TVA que vous prenez, c'est 12 milliards d'euros par an.
02:19Aujourd'hui, Sébastien Lecornu dit que ce n'est pas possible.
02:22Juste sur la mesure structurelle, juste s'arrêter sur Total.
02:26Raffineur, industriel, ça, c'est une partie de son métier, j'ai envie de dire, entre guillemets,
02:29mais aussi distributeur.
02:31Il a pris des mesures, il y a quelques semaines, en plafonnant les prix.
02:34Est-ce que, finalement, quand vous voyez, encore une fois, pardonnez-moi, j'y reviens,
02:37sur ses super profits, il s'est acheté une bonne conduite ?
02:40Oui, mais, enfin, je veux dire, ce qu'il fait, c'est du bricolage.
02:43La réalité, par exemple, voyez-vous, une mesure qui aurait été une mesure à longue échéance,
02:47ce serait un investissement sur le raffinage.
02:49On a très peu de raffinerie en France.
02:51On aurait des investissements sur le raffinage et sur les raffineries,
02:54ça, ce serait des mesures structurelles à longue échéance.
02:57Ce qu'il fait, c'est du bricolage, en réalité, M. Lecornu.
02:59Mais surtout, il n'a pas d'idée.
03:01Il laisse les Français à l'abandon.
03:03Mais vous ne répondez pas à ma question.
03:04Non, sur ce qu'a fait Total il y a quelques semaines.
03:07Les distributeurs, à la pompe, on l'a vu, dans leur station.
03:10Probablement, c'est un prix d'appel, tout à fait.
03:11C'est un prix d'appel ?
03:11C'est un prix d'appel, donc, de toute façon, évidemment...
03:14Peut-être anticipant de très bons résultats et en disant, regardez, on a fait ce geste-là.
03:17Évidemment, nous ne sommes dupes de rien.
03:19Évidemment, nous ne sommes dupes de rien.
03:20Mais derrière, c'est à l'État, aujourd'hui, de prendre des mesures structurelles.
03:25Les pétroliers, de toute façon, c'est un prix d'appel pour les supermarchés,
03:29c'est un prix d'appel pour les grandes surfaces que celui de l'essence.
03:31Donc, de toute façon, on sait très bien tout ça.
03:33Mais l'État, lui, doit prendre des mesures structurelles au bénéfice des Français.
03:36Les pétroliers, ils ne travaillent pas au bénéfice des Français.
03:38Vous ne croyez pas, Sébastien Lecornu, quand il dit
03:40« nos finances publiques ne permettent pas, notamment, d'adopter la mesure que vous prenez,
03:45cette baisse de la TVA à 5,5 environ, pour un coût important. »
03:50Vous n'êtes pas tout à fait d'accord sur les chiffres.
03:52Hier, à l'Assemblée, vous étiez sans doute dans ses rangs,
03:55il y a eu cette question d'un de vos députés.
03:57La réponse du ministre de l'Économie, qui a parlé de misérabilisme de votre part,
04:01d'exagération, de contre-vérité totale, en disant, en gros, à votre député
04:05« travaillez un peu », considérant que cette mesure est totalement inapplicable.
04:10Roland Lescure parle de misérabilisme lorsque nos députés,
04:12c'était Édouard Jordan, nouveau député de l'Aude,
04:15qui a succédé, celui qui est maintenant maire de Carcassonne,
04:17Christophe Arthès, lui a parlé, effectivement, de notre proposition de baisser la TVA.
04:21Le ministre de l'Économie dit « si vous faites du misérabilisme »,
04:23enfin, sincèrement, les Français qui bossent, qui ont besoin de leur voiture,
04:26qui remplissent leurs réservoirs tous les jours pour aller travailler,
04:30ce n'est pas du misérabilisme, c'est la vie réelle.
04:32Alors, je veux bien qu'en Macronie, on regarde tout ça de haut avec beaucoup de mépris,
04:36mais nous, on essaie de trouver des idées concrètes pour faire avancer les choses.
04:39Ce qu'on vous reproche sur cette mesure de la baisse de la TVA,
04:41c'est que ça concernerait des millions, tous les Français.
04:45Et on pointe du doigt par ces Français pas modestes, justement,
04:49qui peuvent se payer un 4x4, un SUV, et qui vont en week-end à la campagne.
04:54Mais ce n'est pas parce qu'il y aurait une minorité de Français qui se payent un 4x4 ou
04:56un SUV
04:57qu'on ne va pas prendre une mesure, qui touche une immense majorité des Français
05:00qui, eux, roulent avec des voitures beaucoup plus modestes.
05:02À un moment, cet argument, il est ridicule.
05:04On peut vous opposer aussi, Sébastien Chenu, le fait qu'on ne peut pas décider seul.
05:07La France devrait demander l'accord des pays européens.
05:10Elle ne peut pas fonctionner.
05:11J'y viens. On a déjà passé, ça a déjà été effectué.
05:14Les baisses de TVA ont déjà été effectuées dans l'Union européenne.
05:17Ça s'est déjà fait.
05:18Il y a un certain nombre de pays qui l'ont déjà fait.
05:20Donc, il faut arrêter de nous dire que ce n'est pas possible.
05:22Moi, ce que je vois, c'est un gouvernement qui est impuissant, qui a zéro idée.
05:25La dernière idée qu'ils aient eue, c'était sincèrement faire un prêt aux entreprises
05:28pour payer leur essence.
05:30Je ne sais pas si on peut faire plus ridicule en matière de logique économique
05:33un prêt qui va être remboursé avec des intérêts.
05:36Donc, en fait, les entreprises vont payer des intérêts pour se payer de l'essence.
05:39Mais des actiflés aussi.
05:41Au secours.
05:41Près de 3 millions de travailleurs modestes.
05:43Ça, ça coûte très cher d'ailleurs.
05:44Ça, ça coûte très cher des aides ciblées et ça ne résout rien.
05:46Est-ce qu'on va se dire que dans notre pays, on peut avoir des mesures structurelles
05:50à court, moyen, long terme, comme nous les proposons ?
05:53Nous, ça fait longtemps qu'on propose cette baisse de la TVA.
05:55Ce n'est pas sorti avec la crise actuelle au Moyen-Orient.
05:58C'était déjà dans le programme de Marine Le Pen en 2022.
06:00Baisse de la TVA, baisse de la TICPE.
06:02Ça veut dire qu'en fait, en réalité, nous, on propose une mesure qui,
06:06dans le temps, puisse être amortie aussi.
06:08Vous dites que ça coûte très cher.
06:09Ça coûte 1 milliard d'euros par mois, c'est-à-dire 12 milliards d'euros par an, à peu
06:13près.
06:13En effet, ça a été chiffré.
06:14C'est-à-dire, c'est une mesure.
06:15Et par des instituts et par le gouvernement.
06:16C'est une mesure qui est tout à fait possible, acceptable, entendable, supportable par l'État,
06:23à condition, évidemment, que l'État fasse des économies ailleurs.
06:26Or, moi, je vois dans le projet de budget que nous avons commencé à étudier
06:29en début de semaine à l'Assemblée nationale,
06:30il y a encore une hausse, 0,2% des dépenses.
06:34Donc, évidemment, tant que le gouvernement ne baisse pas la dépense publique ailleurs,
06:38eh bien, ça ne peut pas profiter aux Français tant que le gouvernement.
06:39Donc, à ceux qui vous disent démagogie, impossibilisme, de mettre en place, vous dites,
06:44faites des économies ailleurs.
06:46Ce sont des choix à faire.
06:47Nous, on considère qu'il y a des choix à faire en matière d'économies ailleurs,
06:51que ce soit l'Union européenne, que ce soit les médicales d'État,
06:53que ce soit les agences d'État, que ce soit les aides sociales.
06:56On a déjà proposé, dans un plan d'économie, des milliards d'euros d'économies.
07:02Et il bénéficiera qui ? Aux classes populaires ? Aux Français qui ont besoin de leur voiture ?
07:05Et ce sera sans doute l'objet, évidemment, de votre programme pour la présidentielle.
07:09Sébastien Genu, j'y viens, parce que la présidentielle 2027,
07:12vous avez cette petite formule, tout le monde y pense.
07:15Cette expression est peut-être encore un peu plus vraie dans votre parti.
07:18Quand on voit, notamment, les déclarations de Marine Le Pen,
07:20votre patronne hier à nos confrères de l'AFP,
07:23elle sait déjà qui elle veut affronter.
07:25Et je dois dire, personnellement, que j'ai été un peu surprise par ces déclarations.
07:28Elle le dit, je souhaite un second tour face au bloc central.
07:31Elle va même un peu plus loin s'ils arrivent à avoir un candidat commun.
07:34Dans cette configuration, Édouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques.
07:39Je la cite, c'est de l'adoubement ou de la pure stratégie politique ?
07:43Qu'est-ce qu'elle cherche à faire en désignant Édouard Philippe ?
07:45Marine Le Pen a toujours cette forme de sincérité qu'on peut lui reconnaître.
07:48C'est-à-dire qu'elle dit, je préfère gagner sur le choix que sur le rejet.
07:52Face à Jean-Luc Mélenchon, ce serait une élection qui se construirait sur le rejet.
07:55Le rejet de Jean-Luc Mélenchon.
07:57L'homme de la violence, l'homme de l'antisémitisme, l'homme qui fait peur, l'homme qui ruinerait le
08:01pays.
08:02Donc, ce serait une élection sur le rejet.
08:04Face à Édouard Philippe, qui est le plus madré, le plus expérimenté des candidats du bloc central,
08:09ce serait une élection de choix.
08:11Vous savez, Édouard Philippe...
08:12Mais une élection beaucoup plus compliquée aussi.
08:14Vous comprenez mon étonnement et ma surprise.
08:16C'est-à-dire que les derniers sondages, notamment quand Jordan Bardella est testé,
08:20Jordan Bardella est défait face à Édouard Philippe.
08:23Ce sondage un an avant la présidentielle.
08:26Ce n'est pas la difficulté qui nous fait peur en ce qui nous concerne.
08:28Moi, je pense qu'Édouard Philippe, c'est le fiasco avec l'air sérieux.
08:31Si vous voulez, c'est l'air sérieux de l'ancien Premier ministre,
08:34mais dont le fiasco, dont le bilan est un fiasco total.
08:37Baisse de la croissance, hausse de la CSG, les 80 km heure, les gilets jaunes, la retraite à 67 ans.
08:43Donc, vous ne dites même pas peur face à Édouard Philippe,
08:45même si les sondages vous donnent perdant face au second tour, face à lui ?
08:50Aucune peur, mais surtout la capacité pour les Français de choisir réellement
08:55deux programmes qui soient très différents, deux programmes de société.
08:59Et puis, effectivement, la capacité pour les Français de juger un homme qui a déjà un bilan.
09:04Édouard Philippe, on l'a vu.
09:05On l'a vu aller en Algérie, ne rien demander à Théboune les deux fois où il l'a rencontré.
09:09Donc, c'est quoi ? C'est plus excitant ?
09:10Juste, je vais vous poser la question.
09:12C'est quoi ?
09:12C'est plus clair.
09:13Stratégie politique aussi ?
09:14C'est plus clair.
09:14Est-ce qu'il y a une forme de baiser de la mort, en fait ?
09:16On a envie de dire.
09:16Non, mais c'est plus clair parce que derrière, il faut aussi avoir une majorité pour gouverner.
09:20Et nous, nous pensons que lorsque les choix sont clairs,
09:22lorsque les Français s'expriment dans la clarté,
09:25pas dans le bidouillage, on se souvient, les bidouillages du bloc central pour gagner lors de la dissolution,
09:29et bien ensuite, c'est plus, non pas facile, c'est jamais facile de mener une politique,
09:34mais c'est plus clair, c'est plus transparent pour les Français de savoir où on va.
09:40Au moins, il n'y a pas tromperie sur la marchandise lorsque vous avez le choix entre Édouard Philippe et
09:45Marine Le Pen.
09:45On sait ce que chacun propose, alors qu'avec Jean-Luc Mélenchon, c'est automatiquement tout de suite le rejet
09:50directement.
09:50Et trop facile, du coup.
09:52Pas trop facile, rien n'est jamais facile en politique.
09:54Si votre parti se met en ordre de bataille, vous confirmez l'information du Figaro,
09:58vous avez trouvé vos nouveaux locaux pour la campagne, votre nouveau siège de fête.
10:02Oui, on est en train de s'organiser, que ce soit des locaux, que ce soit un programme présidentiel,
10:07que ce soit eu de nouvelles propositions aussi, en plus de celles que nous portons depuis longtemps,
10:13non seulement lors des élections, mais aussi à l'Assemblée nationale.
10:16Que ce soit aussi un prêt auprès des banques, qui semble toujours aussi compliqué à contracter pour le parti Rassemblement
10:23national.
10:23Il y a un problème démocratique de votre point de vue ?
10:25C'est le moins qu'on puisse dire. J'entendais d'ailleurs le président de la Fédération française des banques
10:28ce matin
10:29qui disait que c'est quand même un problème, effectivement, que les banques ne prêtent pas au Rassemblement national.
10:34Mais vous semblez ne pas être le seul parti concerné par cette difficulté.
10:38Eh bien, c'est un problème aussi, si c'est le cas pour les autres. La démocratie, ça a un
10:41coût.
10:42Je rappelle qu'Emmanuel Macron avait indiqué qu'il ferait, qu'il créerait la banque de la démocratie.
10:46Évidemment, encore une promesse enterrée.
10:48Ça n'est pas allé au bout, en effet.
10:49Mais qui peut accepter que le premier parti de France, en nombre d'adhérents, en nombre de parlementaires,
10:55en score aux dernières élections, en sondage aux prochaines élections, ne puisse pas se financer, être financé ?
11:02Sincèrement, c'est totalement indécent dans une démocratie.
11:04Est-ce que, un an avant l'élection, vos sentiments, prédictions disent que vous pourrez un jour signer avec une
11:11banque française
11:12ou vous allez devoir vous tourner vers des banques étrangères ?
11:14Aujourd'hui, nous faisons le tour des banques françaises. C'est la priorité.
11:17Et nous espérons bien qu'une banque française contribuera au jeu démocratique.
11:21Mais d'ailleurs, moi je dis à M. Philippe, à M. Attal, qui gargarissent toujours de grands mots, de grandes
11:26déclarations sur la démocratie,
11:27c'est à eux de demander aux banques françaises de financer tous les candidats aux élections présidentielles.
11:32Qu'ils pèsent aussi avec vous pour obtenir ces...
11:34Mais c'est leur boulot, c'est eux qui ont la main d'ailleurs, qui ont la relation avec toutes
11:38ces banques.
11:39Le message est passé.
11:40Attal et Philippe, c'est les deux faces d'une même pièce. La face gauche, la face droite, c'est
11:44les mêmes en réalité.
11:45D'un côté, c'est le fiasco de Philippe, d'autre côté, c'est Oliver Twist. Mais c'est les
11:49mêmes en réalité.
11:50A vous, c'est Oliver Twist pour Marine Le Pen. Hier, c'était Cosette. A chacun son expression du matin.
11:56Marine Le Pen qui, hier aussi, a nos confrères de l'AFP, tacle violemment Bruno Retailleau, candidat déclaré Les Républicains
12:02à la présidentielle.
12:03Ce sera le Zemmour de 2027. M. Plus, son pari pour le patron des Républicains qui va se radicaliser.
12:11Un bilan à bouveau juste pathétique. Franchement, c'est quoi de tirer ce tel portrait ?
12:19Vous y voyez une menace ou pas du tout ?
12:21Non, mais M. Retailleau, c'est surtout une illusion. Quand il a été aux responsabilités, comme ils disent souvent, comme
12:27ministre de l'Intérieur, son bilan, effectivement, est pathétique.
12:30Et surtout, il a validé les logiques macronistes, notamment les hausses d'impôts. Je vous rappelle que lorsqu'il était
12:35ministre du gouvernement, il y avait 30 milliards de hausses d'impôts dans le budget.
12:39Donc, si vous voulez, c'est la crédibilité ramenée à zéro. Donc, effectivement, M. Retailleau, il va devoir brasser du
12:43vent pour essayer d'exister.
12:45Donc, non seulement, il ne nous fait pas peur, mais c'est le vote inutile par excellence, le vote Bruno
12:50Retailleau.
12:50Nous, on dit à ses électeurs, votez directement pour le candidat du Rassemblement National.
12:54Justement, parce que vous partagez un certain nombre de diagnostics, notamment vis-à-vis de notre relation avec l'Algérie.
13:00Ces propos du président de la République qui y ont fait réagir.
13:03D'ailleurs, il s'est senti directement visé, l'ancien ministre de l'Intérieur.
13:05Ces maboules qui veulent se fâcher avec l'Algérie.
13:09Ces propos vous ont choqué de la part du chef de l'État ?
13:11Oui, parce qu'en fait, le chef de l'État dénonce souvent des postures ou des positions de ses adversaires.
13:19Mais lui, il s'exprime désormais comme Donald Trump.
13:22On connaissait son mépris, sa capacité à insulter ses adversaires politiques.
13:27Et aujourd'hui, d'ailleurs, il y a la forme qui est choquante.
13:30L'expression du président de la République...
13:31Il y a insulte et insulte. Maboule, ce n'est pas non plus...
13:34L'expression du président de la République ne convient pas à son statut.
13:36Mais surtout sur le fond, on peut ouvrir ce débat.
13:39Est-ce que des médecins étrangers doivent pouvoir effectivement passer un diplôme, un contrôle,
13:44une validation dans l'ordre des médecins pour exercer en France ?
13:46Nous, nous pensons que oui.
13:47Vous pensez que oui, mais vous dites aussi qu'on a besoin de ces médecins étrangers hors Union Européenne
13:52pour venir travailler sur notre sol.
13:53On a surtout besoin de fabriquer des médecins en France.
13:57C'est-à-dire que depuis des années, on nous dit qu'il y a des secteurs en tension.
14:00Le monde médical en fait partie.
14:02Et depuis des années, on demande à des gens venus du bout du monde de venir exercer ici.
14:06Fabriquons des médecins en France et nous n'aurons plus ce genre de problème.
14:10D'ailleurs, je vous le dis, ces pays dont nous importons des médecins finiront par nous en vouloir.
14:15De leur prendre quelque part leur cerveau, leur énergie, etc.
14:21Fabriquons des médecins ici.
14:22Ça va faire dix ans qu'Emmanuel Macron est président de la République.
14:25On ne forme toujours pas dix mille médecins par an.
14:28Là-dessus, Sébastien Seulch-Chenu, sur ce diagnostic, vous le partagez avec l'ancien ministre de l'Intérieur.
14:32Mais force de déconstater qu'à Beauvau, sa stratégie du bras de fer avec l'Algérie n'a pas fonctionné.
14:38Et on apprend dans le même temps que Laurent Nunez, son remplaçant, a réussi à renouer un dialogue avec l
14:44'Algérie.
14:44On apprend aussi que les expulsions de la France vers l'Algérie ont redémarré ces dernières semaines.
14:50Certes, crudemment et pas dans un nombre significatif, mais il y a eu de nouvelles expulsions et des laissés-passés
14:55consulaires délivrées par l'Algérie.
14:57Combien de laissés-passés consulaires depuis le mois de janvier ?
14:59Combien de laissés-passés consulaires ont été délivrés depuis le mois de janvier ?
15:01Pour le moment, le chiffre n'est pas rendu plus.
15:03Parce que ce chiffre, il est ridicule.
15:06Oui, mais entre zéro et peut-être ridicule, ce que vous considérez comme ridicule.
15:09Mais ridicule, madame.
15:10Ça a repris.
15:10Non mais madame, c'est ridicule.
15:11Est-ce que ce n'est pas finalement la technique qui fonctionne ?
15:13C'est de l'ordre du symbolique.
15:15C'est ridicule.
15:16La réalité, c'est que lorsque Boilem Sansal est libéré, c'est parce que c'est l'Allemagne, la diplomatie
15:21allemande, qui a fait pression et qui parle.
15:23La réalité, c'est que Bruno Retailleux, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, il a manqué tous les arbitrages
15:28sur l'Algérie.
15:29Il n'a pas été soutenu une seule fois.
15:30Il n'y a pas de bras de fer avec l'Algérie.
15:32On le sait.
15:32Et Emmanuel Macron, à travers son expression, nous dit...
15:34Il faut tout couper.
15:34Il faut couper toutes nos relations.
15:36Vous savez qu'en fait, c'est impossible.
15:38Il ne s'agit pas de couper.
15:39Il s'agit d'avoir un bras de fer.
15:41C'est-à-dire que si vous ne reprenez pas vos ressortissants qui sont des délinquants, vous n'aurez pas
15:45de visa.
15:46Ça, c'est la première des choses.
15:47Jamais ce bras de fer n'a été tenté.
15:49Et Emmanuel Macron nous le dit.
15:51Il ne le tentera pas.
15:52Sébastien Chigny, on arrive à la dernière minute de cet entretien.
15:55Une question sur ce rapport.
15:56Charles Laloncle, très très discuté, très très commenté.
16:00Après quatre mois de travaux sous tension, les députés de la commission d'enquête sur la neutralité,
16:04le fonctionnement, le financement de l'audiovisuel public va pouvoir être rendu public autour du 4 mai, je crois.
16:11Vous félicitez de cette nouvelle.
16:13Et par ailleurs, est-ce que vous considérez que ce qui a déjà été rendu public,
16:17fuité dans la presse comme on dit, va suffisamment loin ou pas ?
16:21Bon, d'abord, ce qui est important, c'est de voir qu'enfin ce rapport peut être édité, présenté, rendu
16:27public.
16:27J'ai vu que la gauche voulait absolument l'empêcher, voulait le censurer.
16:31C'est quand même des drôles de pratiques à gauche que d'imaginer que le service public leur appartient
16:34et d'empêcher que la lumière soit faite.
16:37Ça aurait été un scandale total.
16:39Parce que pourquoi ? On parle de problème de neutralité, on parle de problème de conflit d'intérêts,
16:43on parle de problème de gabegie financière.
16:45Il faut que tout soit sur la table.
16:46Quand je vois d'ailleurs que de l'autre côté, vous avez les dirigeants de France Télévisions
16:49qui sont prêts à faire des procès à des humoristes.
16:52Je veux dire...
16:53Quand on voit les propos, en l'occurrence de l'humoriste Patrick Sébastien,
16:57à l'encontre de Delphine Ernotte, on peut comprendre sa démarche.
17:00Je suis favorable à ce que la France ne fasse jamais de procès à des humoristes.
17:05Mais vous voulez aller plus loin.
17:06Vous avez lancé une pétition pour privatiser le service public.
17:09Ça, ça fait partie de la seconde étape.
17:10C'est un autre débat.
17:11Je veux dire, l'étage supérieur.
17:12D'abord, il y a un certain nombre de préconisations.
17:14On va les découvrir.
17:15Moi, je ne les connais pas.
17:16Mais qui sont peut-être des préconisations anti-pantouflage,
17:19des préconisations qui permettraient d'assainir les finances publiques de France Télévisions.
17:23Il faut aller vers cela.
17:24Puis ensuite, nous irons vers une privatisation partielle.
17:26C'est ce que nous proposons.
17:27Si vous arrivez, évidemment, au pouvoir.
17:29Sébastien Chenu, merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
17:31Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
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