00:00La situation actuellement, c'est qu'on a 165 demandes de mutations en C pour la Réunion.
00:05On en a 140 prioritaires, donc des gens qui ont leur famille ici, donc qui sont séparés.
00:10Et jusqu'à maintenant, on avait un système qui nous permettait d'avoir un regard, on va dire, bienveillant de
00:16la part de la Direction Générale,
00:17qui nous envoyait toujours un léger surnombre.
00:21Là, cette année, ils ont changé, ils ont changé la manière de comptabiliser les emplois.
00:25Et du coup, les personnes qui sont mutées en promotion, donc de C en B, ne seront pas remplacées à
00:33la Réunion.
00:33C'est-à-dire qu'il y a 27 agents qui sont en métropole et qui ne pourront pas rentrer.
00:39Donc ça veut dire que c'est brutal, ça veut dire que ça n'avait pas été annoncé, ni à
00:43la Direction locale, ni aux organisations syndicales.
00:46Que ça vient d'un changement de paradigme qui est manifestement, qui n'a jamais été expliqué, qui n'a
00:51pas été anticipé, etc.
00:53Et du coup, un violent choc, surtout pour les collègues qui attendaient leur mutation en métropole, qui sont 140,
01:00et qui se disent que peut-être rentrer à la Réunion, c'est chose impossible maintenant.
01:04C'est quoi ? C'est de la colère, de la frustration, le fait que ça n'a pas été
01:07anticipé ?
01:08Qu'est-ce qui vous énerve particulièrement dans cette histoire ?
01:10Plusieurs choses. La première, c'est de ne pas comprendre.
01:12La deuxième chose, c'est pourquoi aussi brutalement ?
01:15Et la troisième chose, c'est le manque de considération pour notre situation, qui à la Réunion est vraiment atypique,
01:22c'est-à-dire un éloignement très, très, très compliqué à gérer.
01:27Le fait que les Réunionnais ont moins de chances que d'autres d'avoir un ascenseur social,
01:33puisque à la Réunion, c'est compliqué d'obtenir un emploi intéressant.
01:38Donc, du coup, ils passent les concours administratifs beaucoup plus que les gens dans l'Hexagone.
01:43Et en plus, ils les réussissent, parce qu'ils ont des diplômes, parce qu'ils sont en capacité de les
01:47passer.
01:48Et en même temps, on leur demande de faire un choix qui est cornélien.
01:52C'est soit vous avez un emploi, soit vous restez à la Réunion.
01:56Ce n'est pas possible, c'est absolument inentendable.
02:00On a une situation particulière, elle a toujours été prise en compte.
02:04Pourquoi cette année, elle n'est plus prise en compte ?
02:05Est-ce que c'est à cause de la crise budgétaire ?
02:08Est-ce que c'est un problème politique ?
02:09Est-ce qu'on nous cache quelque chose et qu'on veut faire autre chose derrière,
02:13c'est-à-dire supprimer des emplois de fonctionnaires un peu partout ?
02:15Et nous, c'est encore plus parlant qu'ailleurs.
02:18Mais il faut le dire. Il faut être franc.
02:20Vous avez pu échanger avec la direction, aussi bien peut-être au niveau local que national,
02:24avec votre hiérarchique, et qu'est-ce qui vous aurait conduit ?
02:26Tout à fait. Alors, la direction locale est la première étonnée,
02:28parce qu'ils n'ont pas du tout été avertis non plus.
02:30Au contraire, le directeur local nous avait assuré que la résorption du surnombre se ferait sur les années,
02:36parce que la réunion avait un statut un peu particulier.
02:40La direction générale, pour le moment, ne nous a pas répondu.
02:43Mais on a réussi à les joindre au téléphone, et la seule réponse qu'on nous a donnée,
02:47« Ah ben, ça n'est que le début, vous verrez l'année prochaine. »
02:52On en aura autant.
02:54Donc ça veut dire qu'on est dans un changement qui est profond,
02:58qui est délibéré, politique ou pas, ça on ne sait pas,
03:02mais qui est délibéré, sans prise en compte de notre situation.
03:06Enfin, hasard du calendrier, c'est également le début de la période des déclarations de revenus.
03:13Est-ce que cette année, il y a des choses qui vous interpellent,
03:16ou on est sur une année normale ?
03:17Ça aurait bien se passer pour le contribuable brignonnais ?
03:19Ah ben, se passer bien, non, dans la mesure où on ferme de plus en plus nos accueils,
03:23où les gens n'arrivent plus à nous joindre,
03:24où on a un numéro de téléphone, où une personne, elle a 258 appels en attente,
03:29et on vient nous dire qu'on répond très rapidement au téléphone, ce qui est totalement faux.
03:33Donc l'accès du public au service public des impôts, il est de plus en plus réduit.
03:38Donc non, ce n'est pas vrai.
03:40Ça ne se passera pas mieux que les autres années,
03:43mais c'est dans la ligne, on va dire, de ce qui se passe depuis plusieurs années.
03:46Mais là où ça vient se rajouter, c'est que toutes les personnes qui sont au guichet
03:50et qui accueillent les gens, sont ces fameux agencés qu'on supprime là.
03:54L'année prochaine, on fera comment sans eux ?
03:56Qui va aller au guichet et répondre aux gens ?
03:58Ça veut dire qu'on fermera nos guichets ?
03:59Vous voyez ce que je veux dire ?
04:01C'est grave, ce qui se passe, c'est grave.
04:03Ça veut dire qu'on ferme complètement tous ces emplois
04:06qui étaient le premier emploi face au public.
04:08Donc ça veut dire qu'on a l'intention de fermer nos accueils.
04:11Ça veut dire qu'on va repousser les gens dehors, encore une fois.
04:13On va leur donner un numéro hypothétique, là où ils devront appeler,
04:16où ils en ont tellement marre que personne ne leur réponde,
04:19qu'en fait, ils laissent tomber.
04:21Et ils n'ont pas les bons renseignements.
04:22Ça, c'est l'abandon pur et dur du service public.
04:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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