00:00C'est quand la première fois que vous avez lu le roman et quel est votre souvenir ?
00:03C'était au lycée, je pense, tous les deux.
00:05Moi, je ne l'ai pas relu non plus avant le tournage.
00:08Moi, pour le coup, il m'avait assez marquée.
00:12Sous l'ère post-napoléonienne, il y avait quelque chose de quand même très frais, de très moderne,
00:17qui en fait peut être pour aujourd'hui, pour les jeunes, je dis ça pour les jeunes,
00:21c'est un peu un sort de « gossip girl » historique en vrai,
00:23parce que ça parle d'amour, de trahison, de famille, de l'argent qu'ils n'en ont pas,
00:28de déterminisme social, d'ascenseur social, à l'image de Dan.
00:32Tu vois, Julien Sorel est un peu un Dan, en fait, il a envie de...
00:34Non, mais c'est vrai. Et voilà, je vais m'arrêter là.
00:38Moi, je l'avais découvert au lycée aussi, je l'avais découvert dans un cadre scolaire,
00:42donc un peu laborieux, et le redécouvrir et me replonger dedans,
00:46aujourd'hui, avec mon regard d'aujourd'hui, j'ai effectivement trouvé
00:51qu'il y avait une modernité immense dans ce personnage et dans ce livre.
00:58Et modernité qu'on retrouve dans la série, je trouve que la force de Gaëlle Morel,
01:04c'est d'avoir vraiment trouvé cet équilibre parfait entre le texte classique
01:08et le monde d'aujourd'hui, en fait.
01:10Est-ce que vous avez chacun des points communs avec vos personnages respectifs dans la série ?
01:15Oui, je pense que, comme Mathilde, je refuse un peu qu'on me mette dans une boîte
01:20ou qu'on crasse mon destin professionnel.
01:25Voilà, je pense que je suis assez déterminée aussi, et peut-être un petit brin d'insolence aussi.
01:30Moi, je n'ai pas énormément de choses en commun avec lui, on est assez éloigné,
01:35mais il a parfois de la malice, et je peux être malicieux également de temps en temps.
01:44Le très caractère aussi de Vivien Sourel, c'est être constamment tiraillé entre deux choses,
01:49être prêtre ou soldat, entre Madame de Reynal ou Mathilde Lamolle,
01:53entre l'amour et l'ambition professionnelle et sociale.
01:56Vous, dans la vie, c'est entre quoi et quoi que vous êtes tiraillé ?
02:00Très bien cette question.
02:03Souvent, un peu entre vie perso, trouver le temps pour les gens qu'on aime, sa famille, etc.
02:08Et ce que demande aussi ce travail, c'est-à-dire d'être dispo un peu tout le temps,
02:12d'être tout le temps sur le qui-vive, d'être pas mal en déplacement.
02:15Donc ce serait, en tout cas pour moi, l'équilibre un peu vie professionnelle et personnelle.
02:21Et comme j'aime tellement mon métier d'actrice, et maintenant aussi de productrice,
02:24parce que j'ai monté ma boîte de production,
02:26je suis tellement passionnée dans les deux, que parfois j'ai du mal à trouver un équilibre.
02:30Et donc je rate beaucoup de choses avec ma famille, et c'est un peu le revers de la médaille.
02:36Moi, je suis très gourmand, donc je suis souvent tiraillé entre deux plats,
02:40entre deux desserts, entre deux cookies.
02:43C'est vrai, en plus.
02:44C'est vrai, en plus.
02:45C'est plutôt ça.
02:46Vous l'avez dit hier soir, pendant la projection,
02:49donc là, vous avez joué en costume d'époque et dans des vrais décors.
02:52Est-ce que ça vous a plu, et quel est votre plus beau souvenir de cette série historique ?
02:57C'est très agréable d'avoir des costumes, des décors comme ça.
03:00Ça aide tellement à se mettre dans le personnage.
03:02Et ce que tu disais tout à l'heure, c'est vraiment une time capsule.
03:07C'est presque bizarre.
03:08On arrive en jogging, et trois heures après, on est dans cet état-là.
03:13Et c'est très agréable.
03:14Moi, j'ai adoré tourner de l'époque.
03:15C'était la première fois que j'en faisais.
03:17Et j'adorerais en refaire, avec grand plaisir.
03:19Oui, pareil.
03:20C'est vraiment ce truc-là de faire un voyage dans le temps, en fait.
03:23On arrive dans le matin, on est dans nos quotidiens.
03:26Et d'un coup, on bascule totalement ailleurs.
03:30C'est hyper excitant.
03:31Et on n'est plus du tout dans notre quotidien.
03:33On est carrément presque 200 ans en arrière.
03:37Donc, c'est hyper excitant.
03:40Et puis, le travail de la langue aussi.
03:41Je trouve ça hyper intéressant d'avoir des aussi beaux mots à se mettre en bouche,
03:46mais à l'écran, pas au théâtre.
03:48Donc, c'est encore un travail différent.
03:49Ce qu'il s'agit d'évidemment avoir un langage soutenu.
03:52Mais sans être comme ça, et à jouer le bourgeois.
03:55Non, mais parce que c'est un travail, en fait, intéressant.
03:58Ce n'est pas si facile que ça à faire.
04:00Le travail de comment on parle aujourd'hui.
04:01On fait tout le temps des élisions, je te jure.
04:03Tu ne peux pas faire ça à cette époque.
04:05Et en même temps, il faut que ça paraisse naturel.
04:08Ça, c'était un travail, moi, qui m'a beaucoup intéressé aussi.
04:10Oui, c'est vrai.
04:11C'est de trouver l'équilibre parfait entre le respect de l'époque,
04:15le respect de ce qui est écrit aussi,
04:17le respect de l'historique et la modernité.
04:20Et voilà, ne pas non plus rendre ça plombant ou déclamant.
04:24Voilà, et trouver le juste équilibre entre le monde d'aujourd'hui et le classique.
04:31C'était hyper excitant aussi.
04:33Merci.
04:34Ça va sûrement faire aimer Standard à tous les lycéens.
04:36Yes, mais c'est ça le job qu'on essaie de faire.
04:39Espérons.
04:39Sous-titrage Société Radio-Canada
04:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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