00:00Éric de Ritmaten, le gouvernement lance un plan d'économie parce que la guerre coûte cher, il va falloir faire
00:06des économies dans les dépenses publiques.
00:07Vous dites et vous regrettez que le gouvernement n'agisse que sous la contrainte en réalité.
00:12Oui, c'est le cas. C'est insensé d'attendre un conflit comme celui que l'on vit actuellement pour
00:17faire des économies sous contrainte,
00:19avec le pistolet sous la tempe, si l'on peut dire, alors que le pays est en énorme difficulté depuis
00:23maintenant des années.
00:24La dette continue de monter. Savez-vous, par exemple, que ce qui se passe aujourd'hui fait grimper la dette
00:31de la France,
00:32notamment les taux à rembourser ? 3,5 milliards de plus, personne ne s'y attendait. Voilà un coup dur.
00:37C'est ce que dit David Amiel, le ministre des Comptes publics. Savez-vous également que la croissance va finalement
00:42chuter sous 1% ?
00:44Ça va coûter cher. Et que l'inflation, au même moment, va monter vers 2%. Que le surplus de TVA,
00:49dont tout le monde parle,
00:50avec la hausse des prix du pétrole, du carburant, finalement, elle est infime. On apprend que l'État subit un
00:56ralentissement de la consommation
00:57et qu'il reverse une grande part de cette TVA à qui ? Eh bien, à la Sécu et aux
01:02collectivités. Donc, opération presque blanche.
01:04Et on vous parle maintenant de faire 6 milliards d'économies parce que le conflit va coûter justement 6 milliards.
01:09En fait, je vais vous dire, Romain, l'État devrait faire beaucoup plus.
01:13Mais alors, Eric, qu'est-ce que ça veut dire qu'il faut serrer les vis ou bien qu'il
01:16faut trancher dans le vif ?
01:17Il pourrait profiter de cette période pour justement faire un régime sec qui demande à ses ministres de sabrer dans
01:24les dépenses inutiles.
01:25Alors, il y a bien sûr le ministère de la Culture. Je regardais qu'il y a plus de 3
01:28,5 milliards de dépenses pour financer d'innombrables associations.
01:31Il y a 1,5 million d'associations en France. L'État en finance 20%. Vous imaginez qu'ils sont
01:35culturels.
01:36Le rapport de l'IFRAP, d'ailleurs, que je relisais hier soir, explique que l'État verse comme subvention aux
01:41associations
01:42tellement d'argent qu'il pourrait dégager tout de suite 800 millions d'euros d'économies.
01:46800 millions parce qu'il n'est pas regardant sur ses aides.
01:49L'État parle de réaliser donc 6 milliards d'euros d'économies entre 4 et 6, dont 2 sur le
01:54dos du social.
01:55Enfin, sur le dos, ça peut passer ?
01:57Alors, ça, ça va être compliqué parce que vous savez qu'on avait la possibilité de faire une réforme des
02:02retraites
02:02qui a été ajournée. On perd 1,5 milliard d'économies. Ensuite, les prestations sociales gelées, François Bayrou n'a
02:08pas réussi.
02:09Le gel des pensions de fonctionnaires, ils sont 5,4 millions. C'était prévu l'an dernier. Ça a été
02:14rejeté.
02:14La lutte contre les fraudes à la sécu, il y en a pour 2 milliards. On n'en parle pas.
02:18La réduction de la durée des indemnités chômage non plus. Alors, peut-être toucher aux hôpitaux.
02:23Ça, c'est ce qu'on apprend ce matin, notamment les achats. C'est le deuxième poste de dépense pour
02:29les hôpitaux,
02:30juste après les frais de personnel. Et les dépenses en achat pour les hôpitaux, les matières premières, si je puis
02:36dire,
02:37ont augmenté de 36 % en un an. Preuve qu'il n'y a pas vraiment de contrôle là-dessus.
02:40Mais on imagine la levée de bouclier. Alors, je termine par un point.
02:44Peut-être que, finalement, les Français n'ont pas envie que ça change, n'ont pas envie que ça bouge.
02:48Qu'est-ce qu'on ferait vraiment si on était face à un conflit très dur qui dure ?
02:52Est-ce qu'on oserait toucher, finalement, aux dépenses inutiles ?
02:56Non, finalement, l'État continue d'augmenter les cotisations, les impôts sur les entreprises, les charges.
03:00Mais il ne sait pas réduire les dépenses. C'est ça, le problème.
03:03Et les Français auront sûrement cette pensée en 2027, lorsqu'ils auront à élire un nouveau gouvernement,
03:10puis un nouveau pouvoir.
03:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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