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  • il y a 2 heures
Intervenant(s) :
Stéphanie Gicquel, sportive de haut niveau, exploratrice et écrivain
Jean Galfione, champion olympique 1996 à la perche, skipper et directeur de la haute performance à la FFA
Anthony Marchand, skipper de Actual Ultim 4 engagé sur la transat Café L’Or

Catégorie

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Sport
Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, bienvenue au foyer C de la Maison de la Radio et de la Musique
00:04pour cette table ronde, un souffle d'air frais sur les nouvelles pratiques sportives.
00:11Thématiques larges, mais si on devait mettre des mots-clés, on pourrait peut-être mettre
00:14nature, liberté, grands espaces.
00:18L'occasion donc d'évoquer l'engouement autour des pratiques sportives de plein air,
00:22des pratiques moins encadrées, hors club.
00:25Pour illustrer ce mouvement, je vais prendre un exemple, c'est celui du trail, la course
00:32pied nature avec des chiffres qui sont issus du dernier observatoire du running et un baromètre
00:38sur le nombre de courses organisées par type de pratique, trail, course sur route, cross.
00:42L'an dernier, il y avait près de 5000 courses de trail contre un peu plus de 4000 sur les
00:48courses sur route, le trail qui connaissait déjà une belle progression depuis 2015 et
00:54le point de bascule, ça a été le Covid puisque le trail est passé devant.
00:58Autre élément, c'est sur les influenceurs.
01:00On sait qu'ils influencent comme leur nom indique la pratique, les pratiques au quotidien
01:07et dans le top 10 des influenceurs de course à pied, les trois premiers, ce sont Mathieu
01:12Blanchard, Kylian Jornet et le youtubeur Cascade Vert qui sont aussi sur la course nature
01:17du trail.
01:19Pour en parler, trois personnalités de trois univers différents, même s'il y a des connexions
01:25communes à certains.
01:27On va commencer par Stéphanie Gickel, que Guillaume vient tout juste de présenter, qui vient
01:32de remporter les 100 km de Millau en battant le record de l'épreuve, 8 heures et 2 minutes,
01:39il y en a quelques secondes, mais les secondes elles sont importantes, on le sait dans cette
01:43discipline et dans les sports à chrono.
01:46Bonjour Stéphanie.
01:47Bonjour.
01:49Depuis en plus quelques mois, vous êtes membre de la commission de haut niveau des athlètes
01:54à la Fédération française d'athlétisme, une fédération qu'on connaît très bien
01:59Jean Galfion, puisqu'il a été évidemment perchiste de très grand talent, champion olympique,
02:05bonjour Jean.
02:06Bonjour.
02:06Et vous venez donc de rejoindre la FFA comme directeur de la haute performance, pour résumer
02:11donc au sein de cette fédération, et depuis 20 ans, vous vous a donné à votre deuxième
02:17passion, la voile, et on a un voileux aussi à côté de nous, alors j'espère que c'est
02:22pas trop péjoratif comme terme, mais plutôt un skipper, voilà, c'est le terme exact, Anthony
02:29Marchand, skipper donc d'actuel Ultime 4, et vous allez d'ailleurs avoir une actualité
02:34forte ces prochains jours, parce que vous allez participer à la prochaine Transat, alors
02:40c'est plus Jacques Varroa, mais c'est Café Lorre, exactement, qui partira à du Havre,
02:43bonjour Anthony.
02:44Bonjour.
02:45Alors, des connexions communes, un point commun aussi peut-être, quelque part, est-ce que
02:50vous êtes dans cette pratique sportive, chacun dans votre élément, avec une recherche de
02:59vos limites, est-ce que, voilà, quelque part, vous faites du sport aussi pour chercher vos
03:03limites ? Peut-être Stéphanie pour commencer.
03:06Je crois que l'objectif, c'est de repousser ses limites, on a conscience de la capacité
03:11d'adaptation du corps, et on veut repousser ses limites, on ne veut pas les dépasser,
03:15parce qu'on voit bien en expédition que si on les dépasse, on n'en revient pas, et
03:19j'ai pu parcourir l'Antarctique, le Pôle Nord, le Groenland, le Spitsberg, certains
03:24explorateurs n'en sont pas revenus, parce que c'est encore des expéditions dans lesquelles
03:27on peut ne pas en revenir, donc l'objectif, ce n'est pas de dépasser ses limites, mais
03:30c'est effectivement d'aller les chercher, c'est ça qui est très compliqué, parce que c'est un
03:33équilibre qui n'est pas facile à trouver, c'est l'avis d'un sportif de haut niveau
03:37au quotidien, en faire suffisamment pour performer, mais pas trop pour ne pas se casser, et ça
03:42c'est compliqué à trouver, mais c'est ça qui est excitant aussi.
03:46Jean, Anthony ?
03:49C'est vrai que moi, je n'ai pas fait de la voile à très haut niveau comme ce que
03:57fait
03:57Anthony, j'ai eu la chance de participer à des très grandes régates, et c'était déjà
04:02pour moi des Everest de traverser l'Atlantique en solitaire sur une route du Rhum, et donc
04:06en fait, l'idée de repousser ses limites, c'est aussi l'idée de se découvrir soi-même,
04:11parce qu'on sait qu'on part, on ne sait pas ce qui va nous arriver, et on sait qu
04:15'il
04:15va falloir trouver des solutions, et ce sentiment est toujours assez intéressant pour se sentir
04:22grandir, tout simplement, au-delà de la performance sportive.
04:25Alors dans le monde de l'athlétisme, c'est très très mesuré, il y a des records, des
04:29performances, il y a beaucoup d'entraînement, c'est très pointillieux, mais je crois qu'on
04:32est toujours sur cette même recherche de repousser, ou du moins d'aller chercher quelque
04:37chose qui nous fait grandir, qui nous fait se sentir un peu plus.
04:43Oui, c'est vrai que moi je vais faire une petite élision à la voile, c'est vrai qu'un
04:46bateau stable, c'est un bateau qui n'avance pas vite, nous avec nos machines on cherche
04:50de l'instabilité, l'instabilité gère de la vitesse, donc on pousse la machine à ses
04:55limites, et c'est ça qui nous fait être performants, avancer vite, mais pour autant
05:00on n'est pas non plus des casse-coups, je pense que justement il ne faut pas du tout dépasser
05:04ses limites, et il ne faut pas réussir, il faut essayer de la mesurer, de la gérer
05:08sa limite, et je pense que ça, ça s'apprend dans notre domaine, dans tous les sports
05:11différents, et c'est ça qui nous rend performants, et surtout c'est ça qui nous excite en fait
05:18je pense, ça nous permet de se sentir vivre et de se sentir humain.
05:23Alors Anthony, vous vous disiez dans diverses interviews que j'ai lues, et après avoir échangé
05:28aussi avec vous, qu'à l'origine vous étiez plutôt dans une famille de terriens, et que
05:33vous avez découvert la voile finalement sur un optimiste à l'occasion d'une initiation
05:39à l'école, qu'est-ce que vous avez trouvé dans la voile que vous ne trouviez pas sur
05:44des sports entre guillemets de terriens ?
05:47Oui c'est vrai que, enfin je suis une famille de terriens certes, ça c'est sûr, personne
05:52de ma famille a navigué, m'a fait de la voile ou a été sur la mer, par contre on
05:55avait
05:55la chance de vivre proche de la mer. Et j'ai découvert ça vers 8-9 ans sur les journées
05:59extrascolaires, le mercredi après-midi, où on allait faire du char à voile ou de l'optimiste
06:03sur nos belles côtes, des côtes d'Armor en Bretagne-Nord. Et tout de suite en fait, j'ai
06:09fait du foot comme tous les enfants, j'étais en club, j'adorais aussi les sports d'équipe,
06:14mais en faisant l'optimiste je me suis senti grand, ou je sais pas, c'est ce que je recherchais,
06:19c'était de mener tout seul cette petite caisse à savon, cet optimiste d'aller un peu
06:25où je voulais, encadré par un moniteur en bateau à moteur, mais de se sentir libre,
06:31de se sentir dans un élément que tu ne maîtrises pas, mais que tu essayes d'appréhender quand
06:36même. Et voilà, ça a été vraiment une révélation pour moi, de toucher cet élément,
06:42la mer, le ventre, le sentir, essayer de l'apprendre, le connaître. C'était quelque chose
06:47que je ne connaissais pas du tout et j'avais envie de découvrir.
06:50Jean, alors on ne peut pas dire que vous étiez un terrien, vous étiez plus aérien,
06:53mais malgré tout, qu'est-ce que vous avez recherché dans cette seconde carrière ? Parce
06:59que même si vous avez une carrière plus modeste que celle d'Anthony, vous avez quand même
07:03fait deux routes du Rhum, notamment, qu'est-ce que vous recherchez justement dans la voile
07:09finalement ?
07:10Moi, j'ai commencé, j'étais athlète et sous mon bras, il y avait toujours un magazine
07:15de voile, j'étais abonné à toutes les revues. Les romans de mer, c'était les seuls
07:20livres que j'arrivais à lire quand j'étais gamin. Alors, je n'habitais pas au bord de
07:25l'eau, mais ma famille était bretonne et les amis proches étaient des gens qui étaient
07:29sur l'eau, des marins pêcheurs ou des militaires. Et donc, j'étais quand même un peu baigné
07:34par ces histoires. Et si bien, quand je suis arrivé sur la fin de ma carrière, j'étais
07:38très intéressé par cet univers et en gros, j'ai un copain qui m'a emmené faire une
07:42régate en voyant, je commençais un petit peu à galérer avec des blessures que je n'arrivais
07:46pas à guérir. Et vite, j'ai été happé par le monde de la compétition et je me suis
07:51retrouvé rapidement, même instantanément sur les bateaux de Coupe de l'América parce
07:56que j'étais sur des postes physiques. À l'époque, c'était des bateaux beaucoup plus
08:00gros et plus lourds qu'aujourd'hui. On était beaucoup plus nombreux, on était 16 à bord et il
08:04fallait tourner des manivelles très vite, très fort et très longtemps. Et j'avais une très bonne
08:07condition physique venant de l'athlée, donc c'était un peu ma porte d'entrée. Donc
08:11j'ai commencé à prendre, j'ai appris la voile sur un classe américain. C'est comme
08:14ils ont dit, j'ai appris à conduire sur une Formule 1. Donc j'avais quelques lacunes,
08:18mais je faisais bien mon job et puis je m'occupais de la préparation physique à terre. Et puis
08:23j'ai pris goût énormément et puis j'ai aimé tellement ça que, évidemment, c'était
08:28très compliqué parce que je passais par des moments où je ne sais pas du tout ce qu'on me
08:32demandait sur le bateau. J'étais paumé, complet, mais j'ai appris très très vite. Et dans
08:37cet apprentissage, ensuite, j'ai voulu faire de la course au large, j'ai voulu apprendre
08:40encore plus. Et je dirais que le grand écart, il est beaucoup plus important entre tourner
08:45des manivelles sur un classe américain et faire de la course au large que faire de l'athlée
08:49ou de la perche et monter sur un bateau et tourner manivelles parce que la course au large,
08:53c'est 20 métiers en un et d'une complicité. Et puis souvent, on gère des soucis seul.
08:58Donc c'était un apprentissage très très long, avec beaucoup de lacunes, évidemment.
09:02Mais j'avais vraiment envie de ce sentiment, d'aller un peu plus loin, repousser, de sentir
09:10capable de faire des choses qui m'étonnaient et sur lesquelles je ne me sentais pas forcément
09:15légitime d'y aller, mais de me dire, de me provoquer le fait d'aller se relever ce défi
09:20personnel. Et puis après, vraiment, on y prend goût. C'est tellement des bateaux qui sont
09:25qui sont faits pour la course, où on sent la glisse, où on est toujours dans le perfectionnement
09:29du réglage du bateau. Et quel que soit le bateau de course, en fait, c'est extrêmement
09:34grisant. Alors évidemment, quand on se retrouve sur des machines comme celle d'Anthony, c'est
09:38l'extrême. Mais déjà, mon niveau, j'étais en classe 40, c'était quand même extrêmement
09:42passionnant. Et puis on se prend au jeu de vouloir toujours faire mieux, d'améliorer, de grandir,
09:46de progresser. Et ça, c'est la compétition. On est pris, on a du mal à arrêter après.
09:52Alors, se prendre au jeu, avancer petit à petit, enchaîner les kilomètres. Vous, Stéphanie,
09:58en termes de kilomètres, ça, c'est d'heures à courir. C'est un peu, j'allais dire, votre quotidien,
10:04mais en tout cas, quelque chose dans lequel vous êtes spécialisée. Comment on tombe dans l'ultra-fond ?
10:12Parce que c'est quand même pas commun. Alors, c'est vrai que mon parcours, il est un peu particulier,
10:17parce que j'ai commencé par le sport-aventure avant d'aller vers le sport de haut niveau. Donc,
10:21c'est un peu atypique. En général, c'est plutôt l'inverse. Quand j'étais jeune, je rêvais
10:24de voyager. Et j'ai tout mis en oeuvre pour atteindre ce rêve, puisque je viens d'un milieu
10:28modeste. Et donc, je ne voyais pas d'autres moyens que les études pour parvenir à cet
10:32objectif. Donc, j'ai fait des études. Ensuite, j'ai commencé à travailler. Puis, j'ai
10:36commencé mes premières expéditions, d'abord dans les déserts chauds. Et là, on m'a parlé
10:40des déserts froids. Et en fait, j'ai eu un coup de foudre pour ces environnements. Et à force
10:44de parcourir des régions comme l'Antarctique, par exemple, j'ai fait 2045 kilomètres en
10:5174 jours. Donc, il y a eu des températures de moins 40, moins 50 degrés, des conditions
10:57un peu dantesques, etc. Je me suis rendue compte, en fait, dans ces conditions, parce que je
11:00partais souvent, enfin, toujours en groupe, en fait, toujours en équipe. Et je me rendais
11:04compte que je m'en sortais plutôt pas mal en termes d'endurance. Donc, je ne partais
11:07qu'avec des hommes. Et en fait, c'était plutôt pas mal. Et là, je me suis dit,
11:09tu vois, mais en fait, tu aimes vraiment l'endurance. Et après, j'ai rencontré des
11:13sportifs de haut niveau, notamment dans le ski alpinisme, qui m'ont dit, mais l'ultra
11:16endurance, on peut la faire aussi en compétition. Et là, ça m'a donné envie d'essayer. J'ai
11:21essayé. J'ai donc commencé par les championnats de France. Je les ai remportés, ainsi de
11:24suite. Et aujourd'hui, je suis dans le sport de haut niveau, donc sur 100 kilomètres
11:28et 24 heures. Et je fais aussi de l'ultra trail. Mais là, on est en dehors de l'athlétisme
11:33puisque c'est pas une... C'est privé, en fait, les ultra trails. C'est pas dans le giron de
11:39la fédé. Alors, des expéditions assez dantesques. Alors, vous, Anthony, vous avez
11:46fait un tour du monde l'année dernière. Le grand large, c'est pas intimidant, justement.
11:55C'est intimidant, oui. C'est vrai que faire un tour du monde, c'est intimidant. Moi, quand
11:59je suis parti de Brest pour faire le dernier tour du monde, j'ai voulu me forcer. Je prends
12:06pas trop de recul à me dire, tiens, demain, je vais pas faire le tour du monde. Et de
12:10voir ça de trop loin, prendre trop de recul. J'essaye à chaque fois de me focaliser sur
12:15la journée du départ, le dégolfage. Donc, c'est traverser le Goff de Gascogne. C'est
12:20à peu près les deux premières journées de navigation. Atterrir au... Le mieux placé
12:26au poteau noir à l'équateur. Enfin, j'essaye de vraiment gravir des petits sommets avant
12:30de gravir la montagne. Et j'essaye vraiment de me focaliser sur étape par étape pour justement
12:35pas prendre trop de recul et prendre trop de vertige justement à l'événement.
12:40Donc, mentaliser les choses, c'est quelque chose justement sur lequel vous insistez beaucoup
12:45lorsque vous faites des conférences aussi, Jean, que le mental pour la réussite de la
12:52performance est quand même un élément essentiel.
12:55Alors, j'insiste parce que tous les athlètes le savent bien. Ça se passe avant tout dans
13:02l'acceptation psychologique de la performance, la responsabilité de la victoire et de l'échec
13:08d'ailleurs, et aussi dans l'acceptation de l'effort qu'il faut faire pour y arriver.
13:14Donc, si on n'a pas rassemblé tout un ensemble de questions et des réponses qui vont avec,
13:19ça peut être très compliqué. Donc, quand on accepte de se voir en haut de l'affiche,
13:25c'est-à-dire de voir gagner, d'être parmi les meilleurs au monde, déjà on a fait un grand
13:28choix. Et ensuite, on met en œuvre des comportements qui vous permettent de prendre des bons choix,
13:34de faire des bons choix ou en tout cas reconnaître le moment où il faut prendre une décision.
13:38Et donc, l'aspect psychologique, on le sait. Aujourd'hui, dans le sport, il y a beaucoup
13:43de gens qui se penchent et qui sont penchés et qui se pencheront encore sur la question
13:49psychologique du cerveau. On ne connaît pas bien encore comment ça fonctionne tout ça.
13:52Mais c'est passionnant parce qu'on voit que les ressources individuelles,
13:56on peut les explorer beaucoup en passant par l'aspect psychologique.
14:00D'ailleurs, Stéphanie, vous faites des courses de 100 km, des trails de très longue distance.
14:09Cette dimension psychologique, elle est importante aussi pour ne pas lâcher.
14:14Est-ce que finalement, on utilise les mêmes images mentales quand on est dans l'Antarctique
14:18que lorsqu'on fait un trail de plusieurs heures dans le Morbihan ?
14:25C'est différent en fait. C'est-à-dire que quand on est en expédition,
14:28quand on est dans des conditions vraiment dantesques, on n'a pas vraiment le temps
14:32de penser à autre chose que ce qu'on est en train de vivre.
14:34Quand il y a du brouillard blanc, qu'on ne voit pas le bout de ses spatules,
14:37qu'il fait moins 50 degrés, qu'on a 80 km heure devant de face,
14:40on pense à l'instant présent et parfois on est même en situation de survie.
14:43Donc tout est débranché et on agite tout simplement.
14:46Après, il y a des moments quand il fait moins 20, moins 30 degrés,
14:49qu'on n'a que 20 km heure devant, on peut observer le paysage.
14:53Et là, c'est absolument extraordinaire.
14:55C'est vraiment une plénitude et c'est ce que l'on va chercher.
14:57Il faut accepter des moments de souffrance et des moments qui sont plus difficiles
15:01pour atteindre ce Graal et ce Sublime, je pense.
15:04Après, en trail, quand on est en tête de course et qu'on veut faire de la performance,
15:09on regarde beaucoup les balises, on pense à son ravitaillement.
15:12En fait, on n'est pas vraiment dans l'observation du paysage contrairement à ce qui est dit.
15:16Par contre, à l'entraînement, quand on fait un entraînement cool,
15:19là, on peut vraiment déconnecter, faire corps avec la nature,
15:23regarder ce qui nous entoure.
15:25Dans les expéditions, je me souviens avoir regardé les nuages
15:27alors qu'au quotidien, on ne les regarde jamais.
15:29Donc, en fait, il y a énormément de détails dans la nature.
15:33Et au final, chez nous, à Paris ou en France ou dans les grandes villes,
15:37il y a beaucoup, beaucoup d'informations, que ce soit l'information que l'on crée nous-mêmes,
15:40mais aussi l'information dans le paysage que l'on a créé,
15:43puisqu'on a agencé aussi le paysage pour notre confort.
15:47Et c'est vrai que ce que j'aime bien dans la nature,
15:49c'est de pouvoir être complètement déconnecté, loin de l'agitation du monde
15:53et pouvoir observer tous ces détails.
15:56Et au final, ce n'est absolument jamais monotone.
15:58Quand vous parcourez l'Antarctique, les nuages ne sont jamais les mêmes,
16:01les vagues de glace ne sont jamais les mêmes,
16:03les lumières tous les jours sont différentes.
16:05Donc ça, c'est extraordinaire puisqu'on sait...
16:06Aujourd'hui, je regarde des photos,
16:08je sais exactement quel était le jour de l'expédition
16:09parce que les jours se succèdent, mais ne sont pas les mêmes.
16:13Les lumières ne sont pas les mêmes.
16:14Et c'est ça que j'aime énormément.
16:17Après, sur les courses de 24 heures,
16:18je pratique aussi 24 heures en compétition en équipe de France,
16:22l'objectif, c'est de courir la plus longue distance sur 24 heures sur circuit,
16:26donc 1,52 km le circuit.
16:28Là, pour le coup, quand j'ai fait 253,6 km lors des championnats d'Europe en 24 heures,
16:34c'est le record de France d'athlétisme dans cette discipline.
16:39Là, pour le coup, l'objectif, c'est d'occuper sa tête.
16:42Et là, pour le coup, c'est très dur parce qu'on est dans un paysage
16:44qui est évidemment moins majestueux que l'Antarctique.
16:47Mais je crois que j'utilise des choses que j'ai appris dans le désert
16:52ou dans mes expéditions, finalement, pour garder le focus et que l'allure ne baisse pas
16:56parce que parfois, elle baisse uniquement parce qu'on n'a pas réussi à occuper sa tête.
17:00Vous parliez de connexion avec la nature, déconnexion.
17:03Anthony, lorsqu'on fait un tour du monde, est-ce que, même si on est en solitaire,
17:07est-ce qu'on est vraiment déconnecté à bord d'un voilier ?
17:10Alors non, aujourd'hui, c'est sûr qu'avec l'Internet en plein milieu de l'Atlantique,
17:16on a du haut débit.
17:17Ça nous permet d'être en sécurité aussi pour prendre des informations météo,
17:21pour continuer à analyser ses trajectoires, à être dans la compétition.
17:26Mais ça permet aussi de garder un lien avec la famille.
17:29Je sais qu'il y a des skippers qui prennent un deuxième téléphone juste pour le bord
17:34où ils donnent leur numéro à personne.
17:35C'est vraiment un téléphone de sécurité.
17:37Moi, j'ai le choix d'avoir mon propre téléphone
17:40et je peux interagir comme ça avec les amis, la famille, modérément, bien sûr.
17:44Mais ça ne me dérange pas de garder ce lien avec la terre.
17:48Je ne sais pas si c'est pour me rassurer ou banaliser aussi la chose.
17:52En tout cas, chaque concurrent fonctionne d'une manière un peu différente là-dessus.
17:58Après, on n'est pas le nez là-dessus en permanence.
18:00Ce qu'on aime bien, c'est aussi contempler le paysage.
18:03Alors pour avoir des informations techniques en regardant les nuages
18:08pour essayer d'éviter des gros grains ou des nuages un peu dangereux,
18:12mais aussi pour juste regarder la beauté du paysage
18:15et les albatros voler au-dessus de nous.
18:18Se connecter au paysage, les albatros, c'est joli, c'est beau.
18:22Vous aussi, c'est votre cas.
18:23Est-ce que ça explique, sans voir des albatros,
18:27mais cet engouement pour les courses nature ?
18:31Notamment le trail, vous êtes à la FFA désormais.
18:33Est-ce que ça, c'est un argument qui fait que ça popularise ce type de pratique ?
18:39Jean ?
18:40Alors, pour vous donner une idée, c'est qu'aujourd'hui,
18:45si on peut comparer pour vous donner une idée de l'évolution de ces pratiques,
18:49l'athlétisme aujourd'hui, c'est de pratiquer l'athlétisme sur une piste,
18:53sur un stade d'athlétisme, c'est seulement 20% des licenciés.
18:56Le reste, c'est de la course sur route, du trail, des marches nordiques aussi.
19:03Donc, en fait, l'activité, et ce qui était évidemment il y a 30 ans, c'était l'inverse.
19:08Donc, c'est pour vous montrer à quel point ce sport a évolué et changé,
19:12que la fédération doit aussi s'adapter et évoluer dans ce sens.
19:16Mais ce qui plaît, je pense que c'est le fait que ça soit accessible.
19:20Et puis, je pense qu'il y a aussi une autre façon d'appréhender son corps, sa santé,
19:26et la découverte du bien-être par ses activités.
19:29Et puis, en même temps, on se prend vite au jeu.
19:32De se sentir mieux, ça fait des émules.
19:36Mais ce que je pense que pas beaucoup de personnes avaient pu mesurer,
19:40c'est l'engouement aussi rapidement de l'évolution de la pratique de la course à pied de manière générale.
19:48Et ça, tant mieux, ça prouve vraiment que chacun y trouve son compte.
19:52Et ce n'est pas qu'un effet de mode parce qu'on aurait pu y croire.
19:55Et puis, en fait, ça continue à progresser et à évoluer.
19:58Et Stéphanie, cet engouement aussi se voit sur des très grandes distances
20:02parce qu'on avait coutume de dire que c'était plutôt des distances pour des coureurs expérimentés.
20:09Et vous-même, vous constatez que finalement, le peloton se rajeunit également ?
20:14Alors, complètement en fait.
20:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, sur les courses, il y a des hommes devant moi, ils ont tous
20:2125-30 ans.
20:22Là, sur le ultramarin que j'ai remporté en juin, l'âge moyen était très jeune.
20:27Idem sur le 100 km de Millau le week-end dernier.
20:30Donc, il y a de plus en plus de jeunes qui vont sur les longues distances.
20:32Je pense qu'il y a un rapport au temps qui est intéressant.
20:36C'est-à-dire que quand on fait du long, on est déconnecté pendant plusieurs heures.
20:41À l'entraînement, ça veut dire pendant plusieurs heures sans son téléphone, sans les réseaux sociaux, sans l'accès à
20:45l'actualité.
20:46Et je pense qu'on y prend goût parce qu'on est noyé dans la formation.
20:50C'est un stress, c'est beaucoup de charge mentale.
20:53Et je crois qu'aujourd'hui, l'homme, qui est un être endurant avant tout, a envie de se reconnecter
20:58un peu à soi.
20:59Et la longue distance le permet.
21:01Et ce que j'aime bien aussi dans la compétition, c'est que quand c'est très long, c'est
21:04vraiment une aventure.
21:05Quand j'ai couru l'ultramarin, donc les 175 km en 17 heures, en fait, c'est un gros projet.
21:11C'est-à-dire que c'est beaucoup de temps dans la préparation du ravitaillement, de la course.
21:15Les 17 heures, elles sont longues.
21:17Et donc, voilà, c'est pas autant que des expéditions, évidemment.
21:20Mais ça passe pas aussi vite qu'un 10 km où, en général, après, on continue sa journée normalement.
21:26On fait son 10 km le matin et le dimanche se passe normalement comme d'habitude.
21:30Alors que là, vraiment, sur des distances longues, c'est une aventure.
21:33Et je crois que ça, ça plaît de plus en plus de vivre ce type d'aventure, de déconnexion et
21:38de corps à corps avec la nature
21:40quand il s'agit du travail aussi.
21:42Un rapport au temps différent.
21:44Sur la voile aussi, le fait d'être en mer, vous me disiez que ça apprend aussi à relativiser les
21:50choses que l'on vit sur Terre, Anthony.
21:53Oui, c'est vrai que je trouve que, d'une manière générale, quand on est un peu dans l'euphorie
21:58d'une grande ville, dans la vie de tous les jours, à Terre,
22:01avec les informations, tout va vite, tout accélère et on perd un peu, j'ai l'impression qu'on perd
22:07pied un peu l'être humain.
22:08Et le fait d'avoir, pour moi, des passages de deux mois en mer, des expériences un peu isolées, ça
22:17permet de se rendre compte que tout va bien dans la vie,
22:21que la vie est normale, que de temps en temps, il y a beaucoup de vent parce qu'il y
22:24a une dépression, puis après, il y a un autre cyclone,
22:26donc c'est pour ça qu'il fait beau, enfin, je ne sais pas, ça permet de rationaliser un peu
22:30les choses.
22:32Et je trouve qu'après des grosses périodes de courses longues en mer, quand tu reviens à Terre et que
22:37tu te poses simplement dans un café à lire le journal et prendre un café le matin,
22:42tu trouves ça, mais juste, c'est l'impression que c'est le plus beau jour de ta vie.
22:45Et en fait, tu te rends compte que les choses simples et bêtes sont juste merveilleuses, donc tu t'ébahis
22:51de n'importe quelle petite chose de la vie de tous les jours.
22:56Et je trouve que ça me reconstruit, en fait. J'ai l'impression qu'on se déconstruit un petit peu
23:02pendant deux mois dans la solitude en mer,
23:05et ça nous permet de nous reconstruire un peu après, personnellement, dans la vie de tous les jours.
23:11Moi, en tout cas, j'en ai besoin et je pense que chaque athlète, avec toutes ses compétitions, tous les
23:20sports ou la manière dont ils se mettent dans le rouge,
23:22ça permet de rationaliser un petit peu toutes les choses qui nous arrivent, qu'on voit dans les médias, dans
23:28la vie de tous les jours, après, par la suite.
23:30Un peu la même approche, Jean ?
23:32Oui, alors moi, avec l'expérience de la voile, c'est ce que j'adorais, c'est de partir et
23:36d'avoir cette notion presque instantanée,
23:39enfin, il faut peut-être une première nuit, que ce qu'on va vivre n'est plus du tout, on
23:43n'a plus les repères de temps et même les repères tout court de ce qu'on a à terre.
23:48On ne dort pas, il fait nuit, enfin, c'est le soir, on va au lit, ça n'existe pas,
23:52on est très réveillé, endormi, l'alimentation, c'est un peu aussi comme ça,
23:57en fonction du rythme qu'impose le bateau et la météo, mais on s'y fait assez rapidement et puis
24:03surtout, c'est ça qui est surprenant, ce qui m'a surpris,
24:05c'est que le corps s'adapte énormément et l'adaptation qu'on doit avoir sur le bateau, enfin, en
24:12course en tout cas, on ne peut pas trop la travailler à terre.
24:15On a essayé, sur le sommeil, d'essayer de comprendre ce qui allait se passer en mer pour anticiper et
24:20s'entraîner au sommeil.
24:22Ce n'est pas possible, en fait, c'est très difficile d'anticiper ce qui va se passer parce qu
24:25'il y a le stress, il y a les éléments, il y a les vagues, il y a les bruits
24:27du bateau,
24:27et puis il y a des jours où ça passe plus que d'autres et cette notion de se décrocher
24:32de la vie terrienne est extrêmement, enfin, je ne sais pas comment le définir,
24:38c'est assez dingue, et puis il y a aussi une autre notion, c'est la notion de temps, la
24:42gestion du temps.
24:43Il y a des périodes en mer, sur le bateau, où on est dans le rouge complet, on manque de
24:48sommeil, on est puisé, il manque de tout, on a froid, on a faim, enfin,
24:52et puis il y a des périodes où on va bien, on va très, très bien, et voire même, on
24:56n'a plus grand-chose à faire.
24:57Et là, il y a une sorte d'ennui qui s'installe, une gestion de, pas de l'ennui, mais
25:01une gestion du temps où il ne se passe rien.
25:03Il faut être en vigilance, à l'écoute, et ça peut durer plusieurs jours, et ça pareil, ça n'existe
25:09plus à terre,
25:10des moments où on est juste à contrôler que tout se passe bien, ou même à profiter des moments.
25:14Et là, c'est réparti sur des longues distances, alors moi, mes longues distances, c'était une vingtaine de jours.
25:21Anthony, c'est deux, trois mois, donc il en parlera mieux, mais c'est vrai que ce sentiment de décrocher
25:25de la vie terrienne
25:26fait un bien fou quand on revient, et on prend plus conscience, en effet, des choses, des plaisirs simples, c
25:32'est évident.
25:33Mais même le goût du café n'est pas le même à terre que sur en mer, il y a
25:37des trucs qui sont plutôt rigolos quand on compare.
25:42Et sans aller en mer, Stéphanie, est-ce qu'on prend du recul après avoir fait des courses aussi longues
25:49?
25:49Je crois que vous ne prenez en plus pas beaucoup de vacances, c'est une notion qui vous paraît un
25:53petit peu abstraite ces dernières années ?
25:55Alors, c'est vrai que j'aime beaucoup ce que je fais, donc je passe d'une chose à l
25:58'autre, donc les préparations des compétitions,
26:01puis après j'interviens aussi en entreprise, j'ai pas mal d'activités, j'écris aussi, donc voilà, je passe
26:06d'une chose à l'autre.
26:07Mais c'est vrai que c'est bien de récupérer, mais en ce moment, j'ai moins de récupération qu
26:11'à d'autres moments.
26:12Mais après, je rejoins mes deux collègues sur cette difficulté à s'adapter aux carences en sommeil, ça c'est
26:21quelque chose, j'ai l'impression, auquel on ne peut pas s'adapter.
26:24Autant, on peut s'adapter à des stress thermiques, on le voit avec la chaleur, quand on fait des courses
26:29dans la chaleur, on peut s'acclimater, c'est ce qu'on fait à l'INSEP en chambre thermique.
26:33On peut s'adapter au froid, alors là c'est un protocole un peu différent, mais à force d'être
26:39dans le froid, finalement on voit que le corps s'habitue,
26:41et quand il fait moins 20 degrés après un passage à moins 50 degrés, on a relativement chaud et on
26:45peut se mettre même en tee-shirt en expédition.
26:48Donc le corps a vraiment beaucoup de capacités d'adaptation, maintenant le sommeil c'est vraiment plus compliqué.
26:54Et puis je vous rejoins aussi sur cette déconnexion, le fait d'être complètement hors du temps, et après quand
27:00on rentre, la moindre douche,
27:02quand je suis partie en Antarctique c'est pas de douche pendant trois mois, la moindre douche c'est un
27:06plaisir énorme, c'est vrai aussi après un ultra-trail,
27:09les aliments aussi, moi j'aime beaucoup le dénuement en expédition, partir avec peu, j'ai du mal vraiment au
27:16trop, c'est compliqué dans la vie quotidienne,
27:19et en expédition j'aime bien n'avoir que ce qui est vraiment indispensable à l'avancée, à la survie
27:25et pour s'alimenter,
27:27et ça c'est vraiment agréable, je trouve que c'est une charge mentale en moins.
27:30Alors Stéphanie, il y a une phrase que vous utilisez beaucoup, notamment sur les réseaux, dans votre communication, c'est
27:35« ce que tu fais, fais le bien ». Qu'est-ce que vous entendez derrière, parce que le premier
27:43degré on le voit de cette phrase,
27:45mais derrière, qu'est-ce que ça signifie pour vous ?
27:49C'est vrai que je suis assez à fond sur tout ce que j'entreprends, du coup je pense que
27:52la conciliation de trop de choses en même temps
27:54n'est pas possible à mon sens, et aujourd'hui il y a pas mal d'injonctions à tout concilier,
27:59c'est très très dur mentalement, parce que je pense que pour bien faire les choses on ne peut pas
28:03tout faire en même temps,
28:03je vis plutôt avec des moments de vie, et j'aime bien travailler le détail, vraiment aller au fond des
28:10choses.
28:11Si je prends l'exemple de l'athlétisme, je pourrais avoir des résultats à court terme, juste en courant beaucoup,
28:17parce qu'on sait que l'ultra c'est le fait de courir énormément, donc faire beaucoup de volume durant
28:22la semaine,
28:22mais j'aime bien passer par exemple par le travail de PPS, de préparation physique spécifique, les gammes athlétiques,
28:29je travaille avec un groupe de sprinters au stade français, et je sais que ça me permettra d'être plus
28:33forte plus longtemps,
28:34mais je n'arriverai pas forcément à atteindre l'objectif tout de suite, je peux l'atteindre plus longtemps après,
28:39mais ce qui m'intéresse c'est pas le résultat ou le reward, c'est plus le chemin, et c
28:45'est pour ça que ce que tu fais fait le bien,
28:47c'est vraiment une devise qui est chevillée au corps, comme le sens de l'effort et la liberté,
28:50c'est vraiment deux choses qui sont importantes pour moi, et qui finalement ont marqué tout mon parcours,
28:55et tous mes choix sont liés à cette devise, et puis à ces deux valeurs, l'effort et la liberté.
29:01C'est une approche que vous partagez, Jean, Anthony, ou elle est un petit peu différente ?
29:06Non, non, c'est une approche que je partage, c'est vrai que mon mot, mon lettre moti, c'est
29:13de me dire,
29:13à l'arrivée de chaque course, je fais tout pour ne rien regretter, et voilà,
29:18il faut avoir l'impression à chaque fois d'avoir tout donné, et voilà, peu importe le résultat,
29:25de se dire que j'ai fait tout comme il fallait le faire, la préparation, l'entraînement,
29:31que dès qu'il fallait changer une voile, je me suis levé pour la changer,
29:34que j'ai jamais procrastiné, et que voilà, le but c'est de rien avoir à regretter.
29:39Jean ?
29:41Oui, je pense que, en fait, la notion de gérer le détail fait toute la différence,
29:49et que souvent, pour avoir des résultats à très haut niveau, ça va se jouer sur ces détails,
29:57mais il ne faut pas négliger les détails, c'est-à-dire qu'à un moment donné, on ne peut
30:00pas bâcler aucun sujet
30:03en disant, on verra bien, mais ce qui est assez paradoxal, parce qu'en fait, je pense,
30:08autant il faut être d'une rigueur absolue sur tous ces détails et sur tous les détails,
30:13mais à un moment donné, on arrive dans une phase aussi où il faut déconnecter tout ça,
30:17et aller découvrir des choses, explorer des choses qu'on ne connaît pas, et se surprendre.
30:22Mais il ne faut pas le faire au bon moment, il ne faut pas partir en disant,
30:26début de saison, on verra bien ce qui se passe, ça ne marchera pas,
30:29et être trop mathématique et trop cartésien et trop carré pour pouvoir atteindre vraiment l'excellence.
30:34À un moment donné, on sait qu'on va chercher des choses qu'on ne connaît pas,
30:37mais pour y accéder, il faut que l'ensemble des détails soient réglés,
30:42en tout cas soient travaillés, on ne règle pas tout à 100%, mais qu'on y fasse attention,
30:47qu'il y ait cette attention et de se dire que s'il y a une différence qui doit être
30:50faite,
30:50elle va être faite là et à partir de ce moment-là, peut-être qu'on va pouvoir faire quelque
30:54chose d'un peu exceptionnel.
30:55Le détail, c'est ce qui va permettre la haute performance.
30:58Alors à la FFA, c'est votre mission dans la perspective, dans un premier temps en tout cas,
31:05des Jeux Olympiques à Los Angeles, même s'il y aura aussi d'autres échéances auparavant.
31:09Est-ce qu'on peut apprendre d'autres disciplines justement ?
31:14Peut-être de la voile, de l'ultrafond, pour justement donner des clés à ces athlètes
31:23pour aller sur le chemin de la haute performance et remporter des médailles ?
31:29Moi, j'ai accepté cette mission au sein de la Fédération parce que j'avais mon bagage précédent d'athlètes
31:37avec les différents succès que j'ai pu connaître, cette expérience.
31:40Et puis également le recul que j'ai pu mettre pour l'analyser.
31:43Parce que je pense à chaud en sortant de ma carrière, je pense que j'aurais peut-être pas pu
31:45avoir cette...
31:47J'aurais pas pu faire un bon tri.
31:49Et puis en effet, mon expérience à la voile m'a aussi appris beaucoup de choses dans le process d
31:53'analyse,
31:55dans le process de briefing, débriefing.
31:59C'est un sport beaucoup plus technologique et technique.
32:03Donc on a une réflexion en permanence sur le bateau, sur l'évolution technologique qu'il y a à bord,
32:08mais également comment nous, s'adapter au bateau aussi.
32:11Et cette notion de réflexion, de l'analyse du data, l'analyse en permanence en fait,
32:16et surtout assez honnête.
32:19Parce qu'autant quand vous faites un sport corporel, vous pouvez de temps en temps vous tromper d'analyse.
32:24Vous ne pouvez pas être forcément honnête, mais vous tromper.
32:27Vous trouvez qu'il faut mettre les responsabilités sur des raisons qui ne sont pas les bonnes.
32:34Et je pense dans un sport très mécanique, un peu scientifique, où on se trompe beaucoup moins.
32:41Mais ça demande aussi un effort.
32:42Dans la voile, ça peut être trop de vent, pas assez de vent.
32:45On peut se mentir sur plein de choses.
32:47Mais moi je sais que quand j'arrive aujourd'hui, je discute avec les jeunes athlètes ou entraîneurs,
32:51j'essaie de recentrer beaucoup le débat sur la réalité du problème et pas le jugement du problème.
32:56Et de remettre en état de cause le fait qu'ils sont au centre de la réflexion,
33:00au centre d'une mécanique qui a marché ou qui n'a pas marché.
33:03Et d'en faire l'analyse, on part à partir de sa responsabilité.
33:07Et bien sûr, derrière, ces expériences m'ont beaucoup appris.
33:10Mais je dirais que ma première vie d'athlète m'avait appris aussi un peu à gérer des situations de
33:14stress aussi.
33:15Parfois à la voile ou quand on se retrouve un peu dans une situation un peu compliquée seul,
33:19il faut aussi apprendre à respirer, à analyser son stress et à gérer des situations compliquées.
33:26Donc chaque sport et chaque activité enrichit l'autre, ça c'est une évidence.
33:31Mais aussi à condition que l'analyse et la réflexion soient posées et honnêtes, en tout cas réfléchies.
33:39Anthony, pareil, chaque sport apporte des choses.
33:42Je crois que vous faites maintenant du rugby touch, c'est ça ?
33:45Vous êtes lancé.
33:46Exactement, je m'y suis mis il y a trois semaines en fait.
33:52Donc l'armateur du bateau actuel est aussi partenaire du Stade Toulousain.
33:58Donc ça m'a permis de rencontrer le Stade Toulousain et j'ai trouvé cette discipline, cette ambiance, cette rigueur
34:03aussi d'entraînement, cette fratrie.
34:05Vraiment, c'était une découverte pour moi.
34:08C'est plus du loisir ou ça peut apporter quelques petites choses ?
34:11En fait, c'est du loisir, mais c'est aussi une séance en plus pour moi le soir, le lundi.
34:17En prépa physique, c'est génial. En cohésion, en gestuelle, ça permet aussi de réfléchir instantanément, à prendre des décisions
34:26dans la seconde, si je passe la balle ou pas.
34:29Et voilà, c'est peut-être des choses qu'on ne fait pas tout le temps dans la course au
34:33large parce que justement, on a beaucoup plus de temps devant nous et chaque discipline, chaque sport peut être aussi
34:39un bon moyen de faire de la prépa physique ludique pour notre sport actuel.
34:44Et en tout cas, ça me prend grand plaisir à apprendre les règles du rugby.
34:49Qui ne sont pas simples. Stéphanie, donc en termes de détails, je crois savoir que vous travaillez également avec des
34:57scientifiques pour savoir aussi comment fonctionne le corps, les gènes. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit
35:02peu plus ?
35:04Alors oui, c'est vrai que l'intérêt aussi des distances très longues ou des expéditions, c'est qu'on
35:10est confronté à tout plein de choses.
35:11Je pense notamment en ultra trail ou sur 24 heures, on peut être confronté à des stress thermiques, donc des
35:17amplitudes thermiques.
35:18C'était le cas à Phoenix quand j'ai amélioré le record de France d'athlétisme sur piste. J'ai
35:22commencé, il faisait très chaud. C'était en décembre et la nuit, il faisait très froid.
35:26Donc on est confronté à ces stress thermiques et donc on apprend à les gérer avec les chercheurs.
35:31On travaille notamment en chambre thermique avant une compétition dans la chaleur, par exemple. On court ou on pédale à
35:38hauteur de une heure par jour pendant 7 à 14 jours avant la compétition, de manière à avoir une température
35:44centrale qui monte à 38,5.
35:46On est exposé à entre 39 et 43. Et au fur et à mesure des jours qui passent, on déclenche
35:51des adaptations. C'est-à-dire qu'on a une fréquence cardiaque qui diminue, on a une meilleure sudation, beaucoup
35:55moins de rejet d'électrolytes.
35:57Et donc on est quasiment capable de réitérer la performance qu'on en ferait en milieu tempéré, dans un milieu
36:02extrêmement chaud.
36:03Et ce genre d'études, en fait, je collabore beaucoup avec les chercheurs de l'INSEP, le laboratoire sport, expertise
36:08et performance, a un intérêt pour le grand public puisqu'on se pose des questions aujourd'hui sur la capacité
36:12de tout un chacun
36:13à s'adapter aux vagues de chaleur qui vont être de plus en plus fortes et de plus en plus
36:16fréquentes avec le dérèglement climatique.
36:19Et on utilise donc entre guillemets les sportifs de haut niveau ou les explorateurs pour mieux comprendre la vie humaine
36:25et la capacité d'adaptation.
36:26Et c'est vrai que j'adore, déjà moi j'aime bien comprendre, c'est-à-dire je veux pas
36:29juste courir, je veux comprendre ce que je fais et je veux aussi apporter aux autres
36:33parce que j'ai pas envie de partir avec ça et je trouve que collaborer avec des scientifiques c'est
36:36extraordinaire.
36:37Ils posent beaucoup, beaucoup de questions, j'en pose aussi beaucoup. Ils ont plus de questions que de réponses mais
36:41c'est ça qui est intéressant
36:42et c'est ce que j'aime d'ailleurs dans ces nouvelles disciplines, je pense que c'est vrai de
36:45la voile, c'est vrai des expéditions polaires, c'est vrai de l'ultra,
36:48c'est qu'on ne connaît pas tout. Moi je pensais en passant du sport aventure au sport de haut
36:54niveau que ce serait beaucoup plus cadré, plus scientifique
36:57et en réalité il y a encore beaucoup de paramètres auxquels le corps ne peut pas s'adapter parce que
37:01quand on part sur du très long
37:02que l'on a des troubles digestifs à partir de 12 heures de course, on ne peut pas s'entraîner
37:07dans ces conditions-là
37:08parce qu'on a beau absorber du glucide à l'entraînement sur des sorties longues de 6 heures, on les
37:12absorbe très bien
37:13mais quand on se retrouve confronté à la compétition, on est sur 24 heures et là ça ne passe pas
37:17et les compétitions de 24 heures on peut en faire 2 maximum par an si on veut performer.
37:21Donc forcément la distance fait qu'on est confronté à des paramètres que l'on ne connaît pas
37:25et c'est là que le sport aventure m'aide beaucoup puisque cela m'aide à garder une forme d
37:29'agilité, d'esprit, d'aventurier
37:31avant de partir sur ces compétitions. Je me dis ok les entraînements se sont bien passés
37:35mais tu seras confronté à des choses qui n'iront pas au moment de la compétition
37:39donc je garde cet esprit agile et c'est vrai que le sport aventure m'aide énormément
37:45et après on manque encore de connaissances sur ces disciplines mais c'est ça qui est passionnant
37:49on apprend tous les jours et voilà on est un petit peu dans l'ultra, c'est un peu le
37:54marathon d'il y a des dizaines d'années
37:55on nous prend un peu pour des fous mais je suis sûre qu'un jour on aura beaucoup plus de
37:58connaissances
37:59et que ce sera pratiqué comme le marathon l'est aujourd'hui.
38:02Alors on a encore quelques minutes, on va faire circuler des micros dans la salle pour quelques questions
38:08il y a moi qui se lève peut-être sur le côté
38:11Merci
38:13Bonjour
38:17Justement j'avais une question, il y a un message qui m'est revenu en tête
38:22concernant le fait qu'il y a une peur de l'échec et surtout le fait qu'on peut perdre
38:30contrôle
38:31lorsqu'il faut accepter de faire de l'exploration, de se laisser aller, de vivre avec la passion du sport
38:37et ma question c'est surtout comment on arrive à franchir ce biais psychologique
38:42pour ensuite passer au-delà de la perte de contrôle et de se laisser aller sur ce qu'on fait
38:52Qui se lance ?
38:54Vous n'avez pas deux heures
38:56En fait la question c'est savoir comment on arrive à digérer la peur de l'échec
39:04Exact, en fait il y a un proverbe qui dit par exemple que la plus grande peur cache le plus
39:12grand talent qu'on a
39:13Et justement c'est par exemple la peur de l'échec va cacher l'envie de gagner, l'envie du
39:20succès qu'on veut avoir
39:21Déjà il faut intégrer entièrement qu'on ne peut pas gagner sans échec
39:25L'expérience de l'échec fait partie de la préparation
39:29Et si on n'a jamais connu d'échec c'est qu'on n'a jamais exploré à 100%
39:32ses capacités
39:33Et donc très tôt dans des clubs qui sont structurés avec des éducateurs qui ont compris ça
39:40Il faut rassurer les enfants sur leur échec mais surtout leur faire comprendre
39:44Et donc c'est pas grave, c'est pas grave en condition de s'en servir, de comprendre pourquoi et
39:48d'avancer dessus
39:48Donc en fait c'est un apprentissage
39:51Je pense que moi je sais pas mais j'ai l'impression que moi dans ma carrière d'athlète en
39:55tout cas
39:56J'ai eu plus d'échecs que de réussites
39:58Alors on va garder que les réussites
40:01Mais la vérité c'est que c'est pas comme ça
40:03Donc le message il doit être très tôt inscrit dans la tête d'un enfant qui veut faire de la
40:09compétition
40:09Et que c'est là dessus, j'irais même que c'est peut-être certainement même plus facile d'analyser
40:15un échec qu'une victoire
40:17Parce que les victoires parfois ça peut arriver, on est tellement plein de flatteries
40:21Qu'on oublie de mettre des curseurs où il faut de réalité
40:25Et dans un échec si on le fait de manière une fois encore assez claire, voyante, honnête et encadrée
40:31On peut s'appuyer dessus, on peut avancer et progresser
40:34Donc il n'y a pas de la peur de l'échec
40:41Je pense que ça concerne les gens qui n'ont jamais commencé
40:43Et quand on commence, c'est pas grave, on va tomber
40:47Et puis on va se relever et on va progresser
40:48Tout se fait progressivement en fait
40:51Oui et puis je pense que même dans la course large
40:54Le premier, celui qui gagne une course
40:56Il n'a pas fait une trajectoire parfaite, il n'a pas tout réussi
40:59En fait c'est juste la personne qui a fait peut-être le moins de bêtises
41:02Mais par contre même le premier il a fait plein de bêtises
41:04Il y a plein de moments où il est allé au mauvais endroit
41:06Il a changé de voile au mauvais moment
41:08Et en fait il faut se remettre en question en permanence
41:11Et voilà, on se dit que c'est une course
41:14C'est jamais terminé tant que tu n'as pas franchi la ligne d'arrivée
41:17Et donc on commence rarement ou jamais à se dire
41:21Ah ça y est c'est foutu, je vais être dernier
41:24Ou ça y est c'est l'échec
41:25Et c'est sûr qu'il ne faut surtout pas commencer à avoir ce genre de réflexion
41:29Après on peut être très déçu à l'arrivée d'une course
41:31Et faire un bilan et pourquoi ça n'a pas fonctionné
41:34Mais de se dire pendant une course
41:37Ça y est c'est un échec
41:39Peut-être qu'inconsciemment cette idée
41:41Avec l'énervement, l'agacement
41:43Parce qu'il s'est passé quelque chose
41:44On se le dit
41:45Mais je pense que rapidement
41:47On se remobilise
41:49Et puis on avance de l'avant
41:50Et on se dit non
41:51Demain la métaux va être différente
41:53Il va faire ci, on va faire ça
41:54Il faut essayer de toujours se forcer à positiver
41:58Et je pense que c'est la...
42:02Enfin voilà
42:03Un bon sportif doit forcément toujours positiver
42:07Merci
42:10Peut-être une autre question
42:13Il y a deux mains qui se lèvent
42:14Oui peut-être à droite
42:15On va mettre la tête derrière après
42:16Oui merci pour le débat
42:19Très intéressant
42:20J'avais envie de poser une question
42:22Vous êtes tous les trois dans des sports de nature
42:25Comment vous prenez en compte en fait
42:27L'impact de votre pratique sportive sur l'environnement
42:31Est-ce que vous intégrez ça justement
42:36Dans chacun votre discipline
42:39Est-ce que vous prenez la parole sur ces sujets-là
42:41Enfin voilà
42:42Quel lien vous faites entre votre pratique sportive
42:45Son impact environnemental
42:47Et les questions de changement climatique de façon générale
42:50Merci
42:55Je pense que quand on est dans des sports nature
43:01Forcément on est sensible à l'environnement
43:04D'autant plus qu'on le voit changer
43:06Quand on va par exemple au pôle Nord
43:09Ou au Spitsberg
43:10On voit les manifestations du changement climatique
43:13Quasiment d'une année sur l'autre
43:15Les passages du Nord-Est, du Nord-Ouest
43:17Alors c'est moins le cas en Antarctique
43:18Quand on est au cœur de l'Antarctique
43:19On ne le voit pas forcément
43:20Donc on est forcément sensible
43:22Et donc après on a une approche au quotidien
43:23Qui est forcément différente
43:26C'est notamment dans le
43:27Je pense le dénuement aussi
43:28De ne pas avoir trop
43:31Ce type d'approche
43:33J'aime bien partager sur ces sujets aussi
43:35Après on a tous une très très grande aventure
43:40Concernant l'environnement
43:42On est encore très très loin du compte
43:44Mais c'est vrai que le fait de pouvoir
43:46Voir ce type d'environnement
43:47Ça permet d'en parler
43:48Et puis de sensibiliser
43:50Mais je crois qu'on est encore plus sensibilisés
43:52Quand on a l'expérience d'eux
43:53C'est forcément plus fort
43:55C'est un peu comme l'importance
43:56De l'activité physique
43:57Pour la santé
43:58Mais aussi pour un monde plus durable
43:59Quand on le vit
44:00On a plus de convictions
44:03Que simplement on écoute
44:06Oui et puis c'est vrai que nous
44:08Notre sport, la course large
44:10Sport technologique
44:13On montre qu'on peut faire un tour du monde
44:16Avec très peu d'énergie fossile
44:18On a très peu de gaz de voile
44:20À bord de nos bateaux
44:21Ça sert juste à recharger un petit peu les moteurs
44:24Mais on a aussi beaucoup d'éoliennes
44:26Beaucoup de panneaux solaires
44:27Et on voit aujourd'hui que
44:28Tout ce qu'on crée, ce qu'on fabrique
44:30En aéro, en hydro
44:33Ça arrive sur des cargos
44:34Aujourd'hui il y a de plus en plus de cargos à voile
44:37Donc on se rend compte qu'on est des bons laboratoires
44:40Justement pour aussi le fret maritime
44:43Plus tard
44:45Mais aujourd'hui je pense que
44:47Même au sein des équipes
44:48Sur les déplacements de course
44:50On essaye de réduire le nombre de déplacements
44:52On fait beaucoup de courses qui partent d'un point A
44:54Et qui reviennent à un point A
44:55Et voilà c'est toutes ces petites choses
44:58Ces petites notions
45:00On essaye de
45:01Voilà on essaye tous de progresser
45:03Et voilà c'est quelque chose
45:07Je pense
45:09Voilà d'essentiel
45:10D'obligatoire aussi
45:12Aujourd'hui sur la mer
45:15Je ne sais pas si on voit vraiment
45:17Le changement climatique
45:19Il faudrait faire un tour du monde tous les ans
45:21Et régulièrement pour voir vraiment l'évolution à chaque fois
45:24Par contre ce qui est flagrant
45:26C'est sur l'Atlantique
45:27C'est les sargasses
45:28Donc ces petites algues qui prolifèrent
45:30Rapidement
45:31Et là en 10 ans
45:32D'année en année
45:33Mais c'est fois 2 à chaque fois
45:35Le nombre d'algues
45:36Et la zone où elle se propage
45:39Et c'est juste vraiment flagrant
45:41Et donc ça nous remet en question
45:43En permanent
45:44Et enfin tout le temps
45:46Et c'est vrai qu'on essaye
45:47D'apporter notre petite touche
45:50Pour essayer de progresser tous ensemble
45:53Merci beaucoup Anthony Marchand
45:55Merci beaucoup Jean Galfion
45:56Merci beaucoup Stéphanie Gickel
45:58Pour cette passionnante table ronde
45:59Merci d'avoir regardé cette vidéo !
46:00Merci à tous !
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