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  • il y a 5 jours
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Télématin reçoit Isabelle Aubert, en tournée dans toute la France pour son seule-en-scène "On n'empêche pas un oiseau de chanter".

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Transcription
00:00C'est une grande dame de la chanson française, comme on le dit, comme l'expression le dit, 60...
00:06Et attention Philippe, deux fois devant la caméra, double effet, je disais 70 ans de carrière,
00:12et toujours sur scène notre invitée, c'est Isabelle Aubray.
00:21Bonjour Isabelle, soyez la bienvenue sur notre plateau en direct.
00:24Vous êtes en tournée dans toute la France Isabelle, avec votre seule en scène,
00:28on n'empêche pas un oiseau de chanter, vous vous êtes produite à Paris, vous allez y revenir,
00:33et vous êtes donc sur les routes de France avec ce spectacle,
00:36dans lequel vous revenez sur les moments marquants de votre carrière,
00:39et évidemment, c'est obligé, vous interprétez vos plus grands succès.
00:43On va découvrir tout ça dans un instant, mais on commence par une petite séquence Isabelle,
00:46qui s'intitule du tac au tac, je vous pose plein de questions,
00:48vous me répondez de manière courte s'il vous plaît, histoire de bien vous découvrir.
00:52On y va ?
00:53On me décontractait aussi, c'est ça ?
00:54Oui, mais vous avez peur, mais non, n'ayez pas peur.
00:57Allez, on y va. Isabelle, êtes-vous nostalgique un peu beaucoup ou pas du tout ?
01:00Pas du tout.
01:02Maniaque, un peu beaucoup ?
01:03Pas du tout.
01:05Superstitieuse ?
01:05Non plus.
01:07Angoissée avant de monter sur scène ?
01:08Ah, ça c'est terrible.
01:10Où puisez-vous votre inébranlable optimisme ?
01:15Je crois que c'est dans la tendresse, dans les rencontres.
01:19Vous rencontrez aujourd'hui, par exemple, je récupère plein d'énergie.
01:23C'est gentil.
01:23À quoi attribuez-vous votre incroyable santé ?
01:26Je le dis parce que vous en parlez à l'aube de vos 88 ans.
01:29Parce que j'y veille d'abord.
01:30Je marche, je ne peux pas faire de sport, mais je marche, je chante tous les jours.
01:36Ça, c'est très important pour moi.
01:37Quoi qu'il arrive, 9h du matin, je suis dans mon studio et je chante jusqu'à 10h30, 11h.
01:43Quelle est votre plus grande peur dans la vie ?
01:47Je crois que j'ai peur de rien.
01:49C'est bien, c'est bien.
01:51Et enfin, diriez-vous que la scène est une addiction ?
01:53Oui, je crois que oui.
01:56C'est-à-dire qu'à l'âge de 4 ans, je savais que ma place se serait là.
02:01Donc, 70 ans après, mon Dieu, presque, oui, 84 ans après, la passion est toujours là et le même plaisir.
02:11Je crois que le grand plaisir, c'est le partage.
02:14Partager des émotions, des jolis mots, de la tendresse.
02:19En matière de jolis mots, on va y revenir, mais vous avez toujours chanté de très bons auteurs.
02:24Vous avez toujours été soucieuse de la qualité de vos textes et évidemment des mélodies.
02:28Alors, on va parler de ce spectacle.
02:29On va vous retrouver, chère Isabelle, dans un medley de votre succès.
02:32On commence forcément par…
02:34C'est beau la vie.
02:34C'est beau la vie, évidemment.
02:36Regardez Isabelle.
02:36Un oiseau qui fait la roue sur un arbre des jarous
02:43Et son cri par-dessus tout
02:45Que c'est beau, c'est beau la vie
02:55Liberté
02:56Mon trois-le-mars dans la vague
03:01Liberté
03:02Et c'était comme si tout recommençait
03:07La même innocence
03:10Les faisait trembler
03:13Avec le vent de l'Est
03:16Écoutez-le tenir
03:18Le plat pays
03:20Qui est le mien
03:23Le monde danse
03:28Il danse
03:30Il danse
03:40Voilà quelques-uns de vos succès, Isabelle.
03:42Alors, que s'est-il passé ?
03:43Parce qu'il me semble qu'en 2023, vous aviez fait vos adieux en disant « c'est fini ».
03:48Absolument.
03:49En fait, j'ai beaucoup de respect pour les auteurs et les compositeurs qui me confient leurs chansons.
03:55Alors, quand on est auteur-compositeur et qu'on chante un petit peu moins bien avec le temps qui passe,
04:00Je peux comprendre qu'on ait envie de continuer.
04:02Mais moi, j'ai trop de respect.
04:04Je voulais vraiment être sûre de toujours bien chanter.
04:07Vous ne vouliez pas faire le concert de trop.
04:08Vous avez dit « j'arrête ».
04:10Et finalement, vous avez une forme époustouflante.
04:12La voix est toujours là.
04:13Oui, c'est ça.
04:14Et comme je chante tout de toute façon, je chante tous les matins.
04:17Un jour, il y a une dame qui me dit « dans la rue, ce n'est pas possible Isabelle,
04:20vous ne chantez plus ».
04:21Et je lui dis « mais on n'empêche pas un oiseau de chanter ».
04:23Ah, vous le titre.
04:25Oui, et figurez-vous que, en fait, j'ai chanté très tôt.
04:29Donc, presque avant de parler.
04:31Et mon petit père m'avait appelé ma petite alouette.
04:33Et donc, c'est un petit peu un hommage au papa.
04:35Et donc, vous étiez d'une fratrie de 11 enfants.
04:38Vous étiez la seule chanteuse, Isabelle, dans la famille ?
04:41Non, j'ai ma soeur aimée qui a chanté.
04:43Et j'ai eu la chance d'avoir ma petite soeur Louisette, ma titi,
04:47qui a été ma choriste pendant plusieurs années, ce qui était un bonheur formidable.
04:51On va revenir sur votre plus grand succès, c'est « C'est beau la vie ».
04:55Évidemment, donc, musique de Jean Ferrat.
04:58Vous nous rappelez, alors, certains…
04:59Le texte, c'est Michel Sanlis et Claude Delécluse.
05:01Et Claude Delécluse, vous avez bien raison, absolument.
05:03Alors, certaines personnes connaissent l'anecdote, mais tout le monde ne la connaît pas.
05:06Dans quelles circonstances vous est arrivée, cette chanson ?
05:09Vous l'avez sollicitée auprès de Jean Ferrat, après un grave accident qui vous est arrivé ?
05:12Alors, ce n'est pas du tout à Jean Ferrat que je l'ai sollicité.
05:15Les gens me parlaient dans la rue, me voyaient fragiles, me disaient « Comment allez-vous, Isabelle ? »
05:20Et j'avais envie de leur dire « La vie est belle ».
05:22Et j'ai demandé à Michel Sanlis et Claude Delécluse…
05:25D'abord, les auteurs.
05:26Voilà, d'écrire un texte.
05:28Et voilà, et Ferrat a écrit la vie.
05:32Regardez, cet oxygène, il est rare.
05:43Jean Ferrat, donc vous dites évidemment le plus grand bien.
05:46Vous étiez quoi, comme deux frères et sœurs ?
05:48Oui, bien sûr.
05:49En fait, j'étais fiancée avec son producteur, Gérard Metz, et on se voyait, évidemment, régulièrement.
05:58Et c'était des moments magiques.
06:00On a joué à la pétanque, il avait horreur de perdre.
06:03C'est vraiment de perdre.
06:04Ah oui, un jour, on lui a fait plaisir, Fanny.
06:06Alors nous, on jouait une fois par an.
06:08Ce jour-là, il a perdu, il n'était pas content du tout.
06:11On parlait de cet accident de la route très grave que vous avez eu au début des années 60.
06:15Isabelle, du coup, vous deviez jouer dans les parapluies de Cherbourg.
06:18Vous deviez avoir le rôle titre.
06:19C'est ça, oui, je devais jouer le rôle de Catherine Donneux.
06:22Et ça ne s'est pas fait, évidemment, on le comprend.
06:24Et pour autant, vous n'en voulez pas au destin et à la vie.
06:27Oh ben non, non, non, non.
06:29Écoutez, j'ai rencontré des gens merveilleux.
06:31J'ai rencontré un...
06:34Comment dirais-je ?
06:35Des endroits et des gens que je ne connaissais pas du tout.
06:38Les infirmières, les assistantes, les petites femmes de ménage qui viennent.
06:42qui vous disent, après une opération, si vous l'avez au vrai, oui, ça change le lit.
06:50Évidemment.
06:51Évidemment.
06:52Vous voyez, j'ai vécu des choses formidables.
06:54J'ai rencontré des chirurgiens merveilleux.
06:56Je suis debout, je marche et je sais que je marche.
07:01On parlait de vos auteurs.
07:03Il y a évidemment le merveilleux Louis Aragon.
07:05On va vous retrouver interprétant Aimé à perdre la raison.
07:08Isabelle, regardez, c'est magnifique.
07:09Aimer à perdre la raison
07:14Aimer à ne savoir que dire
07:19A la voix que toi, horizon
07:23Et ne connaître de saison
07:28Que par la douleur du paraît-il
07:32Aimer à perdre la raison
07:36Qu'est-ce que c'est beau ?
07:37Les mots d'Aragon.
07:38C'est magnifique, je vous assure.
07:40Comme je chante tous les jours dans mon studio, je choisis.
07:44Et je ne chante pas toujours la même chose, évidemment.
07:46D'abord, ça fait travailler la mémoire.
07:47C'est excellent.
07:48Alors, quand je prends le disque d'Aragon, je dis, aujourd'hui, c'est toi, mon amour.
07:53Vous choisissez.
07:54Vous ne chantez que vos chansons dans votre studio ou vous chantez les chansons des autres ?
07:58Non, je ne chante que mes chansons.
08:00Hier, par exemple, j'ai chanté des chansons que j'ai enregistrées vers les années 60, 60 et à 62.
08:05Et c'est merveilleux, la mémoire, parce que quand vous faites ça, tout est là.
08:10Et en plus, on retrouve la fraîcheur, on retrouve l'innocence, je vais dire.
08:15En fait, j'ai l'impression de ne pas vieillir, parce que je chante toujours dans les mêmes tonalités.
08:21Ma voix n'a pas changé.
08:23Elle n'est pas devenue tout à fait grave.
08:25Pas du tout.
08:26Je chante toujours dans les mêmes tonalités.
08:27Et c'est magique.
08:30Mathilde, c'est à vous.
08:31Mathilde s'occupe des archives à Télématin.
08:33Et on va faire un saut dans le passé et dans le vide ce matin.
08:35Oui, parce qu'avec vous, Isabelle, on ne s'ennuie pas.
08:38On peut dire que vous n'avez pas froid aux yeux.
08:40Alors, pour ceux qui seraient passés à côté, est-ce que vous pouvez nous rappeler comment vous avez fêté vos
08:4385 ans ?
08:44Ah oui.
08:46Mon mari, Gérard Metz, m'a offert un saut en parachute.
08:52Voilà.
08:53On a les images.
08:54On y va.
08:56C'est pour quelle occasion ce saut ?
08:58C'est pour mes 85 ans.
09:25Ça va, Isabelle ?
09:27C'est génial.
09:30Non, mais quand vous êtes, bravo déjà, je ne sais pas si on l'aurait fait, sauté comme ça en
09:37chute libre, quand vous êtes là-haut à 4000 mètres, qu'est-ce que vous vous dites ?
09:40Écoutez, alors, mon souvenir, c'est que, et c'est là où je vous dis, on ne change pas, on
09:44reste des enfants, tout à fait là-haut.
09:46J'ai dit, petite mère, je t'aime.
09:49Vous parlez à votre mère ?
09:50Oui, à ma mère.
09:51Ah oui, petite mère.
09:52Comme on reste des enfants jusqu'au bout.
09:54Ah oui, bien sûr.
09:55Et vous nous disiez, vous avez recommencé l'année d'après.
09:58Et j'ai recommencé l'année suivante.
09:59Ah, vous avez pris vous, alors, à sauter en parachute ?
10:01Ah oui, oui, non, c'est une sensation.
10:03Et j'ai emmené ma titi, ma petite sœur, je lui ai dit, cette année, tu viens aussi.
10:08Mais vous aviez consulté un médecin avant ?
10:10Ah oui, bien sûr.
10:11Et vous avez dit, c'est bon, vous pouvez...
10:12Oui, oui, on fait les choses sérieusement.
10:13D'accord.
10:13Mais je me sentais de faire, alors.
10:15Mais c'est ça.
10:15L'année prochaine, vous faites quoi ?
10:17Oh, elle va grimper...
10:18Pilote d'avion.
10:19Les restes, Isabelle.
10:20Alors, j'ai fait une étape plane.
10:21Ah, voilà.
10:22Ça, c'est fait.
10:23Et j'aimerais bien faire parapente.
10:25Ah, vrai ?
10:26C'est plus doux.
10:26C'est plus doux.
10:27OK.
10:28Alors, si on revient à vos débuts, Isabelle, avant la chanson, vous travailliez à l'usine.
10:33Justement, je voulais vous montrer cette archive étonnante en 62, année de l'Eurovision.
10:37Une équipe de tournage vous propose d'y retourner pour vous mettre en situation sous votre vrai nom.
10:43Thérèse Coquerel, ce nom ne vous dit rien.
10:47C'est celui d'une petite ouvrière du textile, une parmi des milliers, habituée dans le matin sale à prendre
10:53le chemin d'une usine de Lille, de Roubaix ou de Saint-André comme ici.
10:57Et Thérèse était bien sûr une bonne ouvrière.
10:59Elle acceptait son destin, les yeux ouverts sur le rêve.
11:03Et si les Bobineaux poursuivaient inlassablement leur sarabande, dans un ordre strict et précis, la jeune fille songeait à une
11:11vie bien différente.
11:13Cette année-là, vous remportez... Elle est dingue, cette archive.
11:15Incroyable, oui.
11:16Vous remportez l'Eurovision avec ce titre, Un premier amour, qu'on va entendre.
11:21Un premier amour, premier amour...
11:24Votre carrière déconne et ce qui me frappe chez vous, c'est que vous êtes vraiment sans langue des bois.
11:29Vous vous souvenez de ce que vous avez dit sur les yéyés ?
11:34Qu'est-ce que vous pensez de l'époque actuelle ?
11:38Bien, c'est très bien parce qu'il y a une épuration qui se fait et qui ne fera pas
11:42de mal à la chanson française.
11:43En souhaitant que les auteurs et les compositeurs français travaillent un peu plus puisqu'ils s'occupent un peu moins
11:49des chansons américaines.
11:51Mais il est certain que ça fera du bien la chanson française parce que les Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, etc.
12:00C'est bien joli, mais ça ne peut pas être assez solide pour soutenir le moral de la chanson française.
12:07Oui, j'ai toujours été teigne.
12:10J'ai toujours dit ce que je pensais.
12:13J'avais une amie espagnole quand j'étais chanteuse d'orchestre qui m'a dit
12:16« Tu n'y arriveras jamais, tu es beaucoup trop spontane. »
12:22Vous qui chantiez Aragon, c'est vrai qu'on adore les yéyés, mais au niveau des textes, c'était un
12:27peu faiblard, évidemment.
12:27C'est-à-dire surtout, je trouvais à l'époque qu'on était beaucoup envahis par les yéyés, ce qui
12:32était très bien.
12:33Il en faut des chansons de récréation.
12:35Mais je trouvais qu'on ne laissait pas assez de la place à la vraie chanson, à la chanson de
12:39qualité, qu'on mélange, qu'on ouvre l'éventail.
12:42Et vous pensez toujours que Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, ce n'étaient pas de la vraie chanson aujourd'hui
12:46?
12:46C'est une autre chanson.
12:48Et c'est une chanson de récréation dont on a besoin.
12:50Alors là, évidemment, je suis un petit peu… je m'attends.
12:54Je suis un petit peu brusque.
12:56Moi, finalement, j'ai rencontré Hallyday, c'était un garçon extrêmement charmant.
13:01Quand Sylvie a eu son accident, je suis allée la voir.
13:04J'étais reçue un peu comme dans un jeu de qui, d'ailleurs.
13:06Mais vous voyez, je n'ai pas changé.
13:08Isabelle, t'es toi ?
13:10Ma petite mère me disait « Tourne ta langue dans ta bouche. »
13:14Merci beaucoup, Mathilde.
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