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  • il y a 17 heures
Saint-Exupéry disait qu'"on est de son enfance comme on est d'un pays". Le dernier film d'Eric Toledano et d'Olivier Nakache offre à chaque spectateur cette expérience étrange d'un voyage chez soi-même. Une plongée dans une nostalgie intime, individuelle, et commune.

Comment fabrique-t-on cette machine à remonter le temps ? Quels sont les ressorts des comédies ? Quel rôle joue la nostalgie dans l’art ? Eric Toledano est l’invité des Grands entretiens d’Anne Rosencher.
Transcription
00:00Quand on a 50 ans, on est ce qu'on appelle les jeunes de la vieillesse.
00:06Bonjour, bienvenue dans cette nouvelle édition des grands entretiens d'Anne Rosencher.
00:10Anne Rosencher, c'est moi, et tous les 15 jours, j'interroge, pour vous, une personne pertinente sur un sujet
00:17en particulier.
00:18C'est exactement la définition de la comédie, c'est-à-dire qu'on analyse tout ce qui ne va
00:23pas en nous,
00:24et c'est nos failles qui font rire les gens, c'est nos faiblesses.
00:27Les grands comiques, c'est généralement des gens très dark à l'intérieur pour en avoir fréquenté.
00:32Simplement, ils ont beaucoup d'élégance et ils ont décidé de ne pas se plaindre.
00:35Dans ce moment-là, dans cette séquence-là où il y a une obsession des autres sur cet aspect,
00:42c'est-à-dire l'antisémitisme qui est un peu obsessionnel, on l'a vu dans l'actualité,
00:46c'est au centre de tous les débats, qui est le plus antisémite, l'extrême droite, l'extrême gauche.
00:51C'était peut-être important de remettre de la normalité.
00:54Aujourd'hui, je reçois le réalisateur Eric Toledano, qui est aussi un très fin observateur de la société française.
01:02Son dernier film, co-écrit et co-réalisé avec Olivier Nakache, comme toujours, est sorti dans les salles le 15
01:09avril.
01:09Juste une illusion, c'est son titre, est une comédie sur un tout jeune adolescent en 1985
01:15dans une famille de la classe moyenne de banlieue parisienne.
01:19Alors, pourquoi avoir voulu se replonger si totalement dans les années 80 ?
01:24Quel rôle joue le cinéma dans la société ?
01:27Quels sont les ressorts d'une comédie sociale réussie ?
01:31Pour répondre à ces questions, Eric Toledano est avec nous, avec vous, dans la rédaction de L'Express.
01:36Installez-vous, ça commence.
01:44Eric Toledano, bonjour.
01:46Bonjour.
01:47Alors, on va bien sûr parler de votre film, de son thème, le passage à l'adolescence,
01:51de son ambiance amniotique, comme ça, dans les années 80.
01:55Mais d'abord, une question.
01:57Comment naît une idée de film ?
01:59Et celle-là en particulier.
02:00Comment elle vous est venue à vous et à Olivier Nakache ?
02:03Alors, moi, j'ai essayé de réfléchir à cette question,
02:07parce qu'à un moment, elle vient et elle est fondamentale.
02:09Je me suis dit que quand on a 50 ans, on est ce qu'on appelle les jeunes de la
02:16vieillesse.
02:17C'est-à-dire qu'il paraît qu'à 40 ans, on est les vieux des jeunes et qu'à
02:2050 ans, les jeunes de la vieillesse.
02:22Mais c'est quand même un passage.
02:23C'est-à-dire qu'on est dans un entre-deux.
02:25Et cet entre-deux, il a peut-être un écho avec un entre-deux plus fondamental et plus constitutif de
02:32nous-mêmes,
02:32qui est l'entre-deux de l'adolescence.
02:34Et moi, j'ai toujours été fasciné par ce moment de l'adolescence.
02:37D'abord, les adolescents me fascinent.
02:39Ils sont dans un passage.
02:40Ils sont dans un moment de leur vie où ils me fascinent.
02:42J'adore parler avec des adolescents.
02:44Je peux tenir des conversations longues pour savoir ce qu'il y a dans leur tête.
02:47Cette cristallisation un peu, ce moment où on est entre les deux ?
02:51Oui, c'est un moment un peu...
02:53D'abord, on le vit au présent, donc on n'a aucun recul.
02:55C'est assez turbulent.
02:57C'est assez compliqué.
02:58Tout change.
02:58Le corps change.
02:59La tête change.
03:00On commence à faire attention au regard des autres.
03:03D'ailleurs, j'ai beaucoup d'empathie pour la génération
03:05qui est obligée de construire la meilleure version de soi-même sur les réseaux
03:09et se mettre en scène pour dire qui on est à ce stage-là.
03:12Parce que déjà, chez les adultes, parfois, c'est pathétique.
03:15Mais alors, j'imagine que chez les adolescents, c'est très compliqué.
03:19Et donc, il y a ce phénomène-là, qui est en numéro un, qui m'a toujours fasciné.
03:23Deux, quand on a des ados qui passent l'adolescence,
03:26c'est comme si on refaisait un chemin, mais avec un autre point de vue d'observation.
03:31Et moi, j'ai eu des adolescents qui ont passé ce moment-là, ce moment turbulent,
03:35où il faut être stable dans un moment d'instabilité.
03:38Il faut garder le cap.
03:39Parce que c'est des moments où la honte est là.
03:42Tout est disproportionné.
03:43Quand on a la honte, on croit qu'on va mourir.
03:45Quand on a un chagrin d'amour, on croit que le monde va s'arrêter.
03:48Et donc, toute cette disproportion, on la voit chez ces adolescents,
03:52et on se dit, oh là là, mais ça me rappelle.
03:53Et on refait le chemin.
03:54Et donc, ça réveille quelque chose.
03:56Et on se rend compte, on mesure l'impact que ça a eu sur notre vie.
03:59Et là, je fais l'interaction avec En Thérapie,
04:02qu'on a eu la chance de faire avec...
04:04La série que vous avez faite avec Olivier Nakache sur Arte.
04:06Sur Arte, où effectivement, on questionnait le narratif.
04:09Et je me pose la question sur,
04:11est-ce que l'adolescence, c'est celle qu'on a vécue,
04:14ou c'est celle qu'on s'est construite pour avancer ?
04:16Est-ce que c'était une illusion ?
04:18Est-ce que vraiment...
04:19Et d'ailleurs, c'est marrant parce qu'on rencontre un ancien amour.
04:23Peut-être pour nous, ça avait été énorme.
04:25Et pour elle, ça avait été un détail.
04:27Et donc, tout ça, ces proportions, tout ça, ça nous intéresse.
04:30Donc, on en parle.
04:31On se dit, ça, ça pourrait être marrant.
04:33Ce moment-là.
04:34Et puis, à un moment, on se dit, mais si on veut vraiment être sincère,
04:36on pourrait en parler aujourd'hui,
04:38mais ce serait une enquête anthropologique sur les adolescents d'aujourd'hui.
04:41Est-ce qu'on les connaît ? Est-ce qu'on les comprend ?
04:43Parlons de nous.
04:44Racontons l'adolescence.
04:46Finalement, c'est quelque chose d'assez intemporel.
04:47On est tous passés par là.
04:49C'est une petite recherche aussi de commun,
04:51mais on va y venir peut-être plus tard,
04:52mais de recimenter un peu les choses.
04:55Donc voilà, c'est comme ça que ça naît.
04:56C'est à la fois soi et à la fois un étranger.
04:59C'est une version de soi,
05:01mais on se demande à quel point on n'a pas reconstruit
05:03ce qu'on a vécu à ce moment-là.
05:04Oui, exactement.
05:05Alors, l'un des personnages principaux du film,
05:08c'est l'époque.
05:09C'est-à-dire, ce que je veux dire par là,
05:11c'est que ça n'est pas seulement une toile de fond,
05:13la France des années 80,
05:14je me suis demandé comment est-ce que concrètement
05:17on reconstitue cette machine à remonter le temps
05:20qui interfère et qui interagit comme un personnage
05:23tout au long du film.
05:24C'est quoi concrètement les ressorts de ça ?
05:26C'est très émotionnel.
05:28Ça part d'un truc très émotionnel,
05:29très sensitif.
05:30C'est-à-dire que la différence fondamentale
05:32entre le cinéma et beaucoup d'autres choses,
05:34c'est le temps.
05:35Nous, on n'est pas pris par le temps.
05:36Si quelqu'un demain doit faire un document,
05:38même dans le milieu journalistique,
05:40il a un temps.
05:40Nous, il n'y a pas de temps,
05:42il n'y a pas de sablier.
05:42Donc, on va y aller à notre rythme.
05:44Donc, on va prendre le temps
05:45de regarder des émissions,
05:47de se replonger.
05:47Moi, c'est presque la plongée sous-marine.
05:49C'est-à-dire qu'on fait vraiment,
05:50on va revoir des émissions de l'époque,
05:53revoir des journaux de l'époque,
05:54voir comment on parlait,
05:55comment les ados parlaient.
05:56Et on commence à s'immerger.
05:58C'est une immersion comme ça.
05:59Et à un moment de l'intérieur,
06:01remonte des choses naturellement,
06:03par des couleurs,
06:04par des musiques,
06:05par la forme d'une lampe,
06:07par...
06:07Et tout redevient très sensitif.
06:09Et là, on commence à avoir
06:10les idées qui arrivent.
06:12On regarde aussi les albums de famille.
06:14Voilà, la R16 familiale.
06:16Et puis, on se rappelle.
06:17Et puis alors, l'avantage aussi,
06:18quand on est deux,
06:19c'est qu'on se raconte.
06:20Et qu'Olivier dit,
06:20ah, moi, j'ai une idée.
06:21Alors, il faut que je te dise
06:22que moi, j'avais ça plus tôt.
06:23Ça se passait comme ça.
06:24Mon père, il avait fait ça.
06:25Et donc, moi, j'étais à fond
06:27dans la New Wave.
06:28Et donc, j'ai commencé à aimer
06:29Robert Smith.
06:29Monsieur Koua fait comme lui.
06:31Et puis, j'ai eu cette histoire.
06:32Et bien, on commence à noter,
06:37ça arrive, j'espère,
06:38pour les spectateurs dans le film.
06:39C'est-à-dire qu'il y a
06:40quelque chose de cognitif.
06:41On sent l'époque arriver
06:43par, encore une fois,
06:44la lumière, la couleur d'un papier peint,
06:46la forme d'une lampe,
06:47le canapé familial,
06:48la télé dans le salon.
06:50Donc, ça vient.
06:51Et c'est comme ça qu'effectivement,
06:52c'est un personnage
06:52parce que tout va interagir.
06:54Et à un moment,
06:55toutes les problématiques de l'époque,
06:57il va falloir les rentrer
06:57dans les personnages.
06:58Et c'est comme ça qu'on s'est dit
06:59qu'on allait construire le film.
07:00Il y a notamment cette présence.
07:02Alors, bien sûr,
07:03il y a la question des décors.
07:04Mais ça, j'imagine que c'est du...
07:06Voilà, c'est le métier du cinéma,
07:08le décor,
07:09la bande originale, etc.
07:10Mais il y a aussi les thèmes.
07:11C'est-à-dire,
07:12je ne sais pas combien de fois
07:13on parle des cadres.
07:14Il y a une obsession pour les cadres.
07:16Et c'est vrai que,
07:16tout d'un coup,
07:17moi, ça m'a replongée
07:18dans un discours où...
07:19Oui, c'est un terme
07:20qui est un peu moins présent aujourd'hui.
07:22Mais il y a plein de choses comme ça
07:23où c'est comme une musique, quoi.
07:24Oui, c'est marrant.
07:25Les gens, ils viennent à la sortie des salles
07:26et ils disent
07:26Alors, on ne dit plus cadres.
07:27On dit manager de machin.
07:29Alors, effectivement,
07:29il y a aussi une sémantique
07:31qui appartient à l'époque.
07:32Il y a des expressions qui...
07:33Il y a même des flashs radios
07:34qui appartiennent à l'époque.
07:35Moi, j'ai...
07:36On en a vu plein.
07:37Il y en avait un.
07:37C'était le dollar à 10 francs.
07:39J'aimais beaucoup
07:40cette histoire du dollar à 10 francs.
07:41Ça me rappelait
07:42des choses précises.
07:44Oui, on s'accroche
07:46à des choses personnelles.
07:47Moi, mon père était cadre.
07:48Ça avait l'air d'être important.
07:49Pendant longtemps,
07:50je n'ai pas su
07:51ce que ça voulait dire.
07:54Il me dit,
07:55Attends, mais ça veut dire quoi ?
07:56Un jour, je lui demandais.
07:57J'étais tout petit.
07:57Il m'avait dit...
07:58Mon frère, il m'avait dit
07:59il fait signer beaucoup de papiers.
08:00C'est ça, le métier
08:01de faire signer des papiers.
08:03C'était peut-être aussi culturellement.
08:05Il venait d'un pays
08:06d'Afrique du Nord.
08:07Ils avaient réussi
08:08à arriver en France
08:09et c'était un statut.
08:10Et le statut,
08:11c'était un relief
08:12qu'il aimait bien mettre en avant.
08:14Mais aussi des petites impressions d'enfance.
08:16Par exemple, j'allais à son bureau
08:17qui était pas loin des Champs-Élysées
08:19et j'avais l'impression
08:20que tout le monde était habillé pareil.
08:21Comme dans un film de Jacques Tati,
08:23ils avaient tous une gabardine,
08:25le quotidien à la main,
08:26la petite mallette.
08:27Donc voilà.
08:28On se construit
08:29avec des souvenirs personnels
08:31et ensuite,
08:32on sollicite des documents.
08:34Une documentaliste
08:35qui nous procure plein de...
08:36Et on se nourrit aussi
08:38de l'époque
08:39et des thématiques de l'époque.
08:41Alors, je voulais vous soumettre
08:42une citation
08:43d'Albert Camus.
08:45Je sais que c'est un peu
08:46tarte à la crème,
08:46Albert Camus, maintenant.
08:47Mais non, Fabrice Luchini,
08:48allez-y, je vous en prie.
08:49C'est une de mes phrases préférées.
08:52Qui dit
08:52« La nostalgie,
08:54c'est l'essentiel
08:55de la pensée d'un homme. »
08:56Alors, votre film,
08:57il est nostalgique,
08:58au bon sens du terme,
09:00je dirais.
09:00Qu'est-ce qui vous a construit
09:02dans ces années-là
09:03et que vous avez eu envie
09:06d'exprimer
09:06ou de restituer
09:08avec juste une illusion ?
09:11Pas une chose en particulier.
09:14Plein de choses.
09:14Plein de choses
09:15qui sont constitutives,
09:16encore une fois,
09:17de la France
09:18dans laquelle moi,
09:19j'ai grandi.
09:19dit,
09:20il y a effectivement
09:22un truc qui se passe
09:23à l'adolescence.
09:24C'est qu'avant l'adolescence,
09:25j'ai l'impression
09:25qu'on se fout complètement
09:26de savoir d'où viennent
09:27nos copains.
09:28La grille de l'identité,
09:30si vous voulez,
09:30elle apparaît avec l'adolescence.
09:32Franchement,
09:33j'avais un copain chinois,
09:34un copain italien,
09:35mais c'était la vraie truc
09:37qui nous intéresse,
09:38c'est ce qu'il est sympa
09:39et est-ce que je m'amuse bien
09:40avec lui ?
09:42Et avec l'âge,
09:43arrive une forme
09:44de séparation culturelle,
09:47peut-être identitaire,
09:48etc.
09:49Et donc,
09:49c'est sûr que
09:50j'avais envie
09:51de reconvoquer
09:53d'autres modèles
09:53que celui d'aujourd'hui.
09:54Celui d'aujourd'hui,
09:56des fois,
09:56il m'étouffe un peu
09:58et l'idée que cet enfant
10:00demande à ses parents
10:00on est quoi nous ?
10:02Est-ce qu'on est que ça
10:03ou est-ce qu'on est africain,
10:05juif, français ?
10:06Et que la possibilité
10:07d'être plusieurs choses
10:08est paradoxale.
10:09Voilà.
10:10Et je trouve ça
10:11un peu plus respirable
10:12que quand on est réduit.
10:14De toute façon,
10:14je n'ai jamais aimé,
10:15même au cinéma,
10:16qu'on nous réduise.
10:18Chaque fois qu'on a fait un film
10:19ou qu'il a fonctionné,
10:20on se dit
10:20alors vous êtes les droits
10:21de la comédie.
10:21Non, non, non.
10:23Ne me mettez pas
10:24tout de suite une étiquette
10:25et dans la vie,
10:26c'est la même chose.
10:26Je n'aime pas
10:27qu'on réduise
10:28à une des dimensions.
10:29D'ailleurs,
10:29je lisais un truc
10:30très juste la dernière fois.
10:31Je disais
10:31on change tellement
10:33physiquement dans la vie.
10:34On n'est pas toute notre vie
10:36le même.
10:36Franchement,
10:37des fois,
10:37on rencontre quelqu'un
10:38et on dit
10:38waouh,
10:39après un sacré jeton.
10:41Mais si on est physiquement
10:43pas le même,
10:43est-ce que moralement
10:44ou intérieurement
10:45ou au niveau de l'esprit,
10:46on a le droit
10:46d'être aussi plusieurs choses ?
10:48Bien sûr,
10:48on est plusieurs,
10:49on est multiples.
10:51Et voilà déjà
10:51ce que j'avais envie
10:52de raconter.
10:53Et après,
10:54je pense que
10:54c'est plus métaphysique
10:55mais souvent,
10:57le cinéma,
10:57ça part de quelque chose,
10:58d'une espèce d'idée
10:59un peu méta,
11:01je pense que
11:02tous ceux qui font
11:03de l'artistique
11:03veulent essayer
11:04d'attraper le temps.
11:05Le temps,
11:05c'est la chose
11:06qui nous échappe
11:07par excellence
11:07depuis qu'on est petit.
11:08On a bien compris,
11:10c'est irréversible,
11:10ça avance.
11:11Et au cinéma,
11:13comme en littérature,
11:14comme en peinture,
11:16on a cette chance-là
11:17de pouvoir capturer
11:19des moments
11:19et les conserver
11:21et peut-être parfois
11:23rendre des choses immortelles.
11:24Et ça,
11:25c'est sûr que ces années-là,
11:26j'ai bien senti
11:27avec notamment
11:28le départ de Proches,
11:29qu'il y a un monde
11:30qui s'en allait avec eux
11:31et ce monde-là,
11:32je n'avais pas envie
11:32qu'ils partent
11:33sans qu'on lui dise
11:34au moins,
11:34c'était cool
11:35ou il y avait
11:36des choses intéressantes.
11:37Sans lui rendre hommage
11:38et sans lui rendre un...
11:39Un petit peu, oui.
11:40Et alors,
11:41je le disais au début,
11:42le thème du film,
11:43le thème principal,
11:44c'est ce passage
11:45par l'adolescence,
11:45c'est même le passage
11:46à l'adolescence
11:47que vous abordez
11:49notamment à travers
11:50cette préparation
11:51de Bar Mitzva
11:52qui est comme un fil rouge
11:53tendu
11:54dans tout le film.
11:56Le rite,
11:58ça sert à quoi
11:59dans la narration ?
12:01Qu'est-ce que ça permet
12:02le rite ?
12:03D'un point de vue
12:04purement cinématographique,
12:05physique,
12:06ça permet de l'humour.
12:07Parce que
12:08quand vous allez
12:09à une Bar Mitzva,
12:10il y a quelque chose
12:10d'assez marrant,
12:11c'est quand on prend
12:12un petit de 13 ans
12:13et qu'on lui met
12:13un costume
12:14et un nœud papillon,
12:15on dirait
12:16un enfant déguisé
12:16en homme.
12:17Et il est toujours
12:18un peu mal à l'aise
12:19dans son costume
12:20parce que lui,
12:20il a envie de mettre
12:20des baskets
12:21et un t-shirt
12:22mais on lui a mis
12:23une cravate.
12:24Généralement,
12:24il a une petite voix
12:25qui mue,
12:25etc.
12:26Mais ce qui est intéressant,
12:27ça c'est le côté
12:28on va dire paraître
12:29mais dans l'être,
12:30il y a quelque chose
12:31d'accompagner
12:33le mouvement intérieur,
12:34cette espèce
12:34de tumulte complexe
12:36et ce que je trouvais
12:38drôle,
12:38c'était de le raconter
12:40des deux côtés,
12:40c'est-à-dire du côté
12:41officiel des parents
12:42qui pensent
12:42qu'il faut l'encadrer
12:43alors qu'on sait
12:44que ça se passe ailleurs,
12:45ça se passe dans la relation
12:46avec son frère,
12:47dans la transgression,
12:48dans le fait
12:48de tomber amoureux,
12:49dans le fait
12:50de sortir du cadre
12:51et c'est marrant,
12:52on a choisi
12:52le fait qu'il s'échappe
12:53par la fenêtre,
12:54on en parle de la fenêtre
12:55depuis le début,
12:55on habite au premier étage,
12:57c'est pas très haut
12:57mais en vérité
12:58au moment où on sort
12:59du cadre,
13:00c'est au moment
13:00où on sort du cadre
13:02réellement
13:03et c'est le moment
13:04où on commence
13:05à sentir
13:05qu'on fait notre chemin
13:06à nous
13:07et en relisant
13:09un peu
13:09tous les bouquins
13:12ou les livres
13:14de Dolto
13:14sur l'adolescence,
13:15j'ai trouvé qu'elle faisait
13:17un truc très drôle
13:17avec le complexe
13:19du homard
13:19où elle dit
13:20que le homard
13:20perd une peau
13:22et s'en refait une
13:23et que l'adolescence
13:24c'est la même chose,
13:25on perd quelque chose
13:26au moment où on quitte
13:27l'enfance
13:27on perd quelque chose
13:28on est un peu à nu,
13:29on a froid
13:30et on se reconstruit
13:31une peau
13:31qui va être notre
13:32nouvelle personnalité
13:33et qui va faire
13:33qu'on va avancer
13:34et donc
13:36voilà,
13:36c'est encore une fois
13:37ce petit passage-là
13:38que je trouve fascinant.
13:40Mais c'est marrant
13:41parce que les rites,
13:42en fait,
13:42c'est en préparant
13:43cette interview
13:44que j'y ai pensé
13:44mais ils sont quand même
13:45très présents au cinéma.
13:47Là,
13:47on parle d'une marmise va
13:48mais le précédent,
13:50le sens de la...
13:50Enfin,
13:50pas le précédent d'ailleurs,
13:51ça fait déjà
13:52deux ou trois,
13:53je ne sais plus,
13:54le sens de la fête,
13:55c'est vraiment
13:55autour d'un mariage
13:56pour le coup.
13:57Mariage,
13:58j'y pensais,
13:59qui fait 25 minutes
14:00dans Le Parrain 1.
14:02Pourquoi ?
14:03Parce que tout ça,
14:04ce sont en fait
14:05des grands moments
14:05de mise en scène
14:06sauf que nous
14:07qui faisons ça
14:07de notre vie,
14:08on le voit
14:09avec un oeil différent
14:10comme vous,
14:10vous êtes,
14:11je ne sais pas,
14:11journaliste
14:12et vous voyez les choses
14:13avec un oeil.
14:13Nous,
14:14on voit la mise en scène
14:14au mariage,
14:15il y a des costumes,
14:16il y a des témoins,
14:17il y a des gens,
14:17il y a un public,
14:19et bien c'est la même chose,
14:21ce rituel de passage,
14:22c'est de la mise en scène
14:23et en fait,
14:24la mise en scène
14:24permet d'aider sûrement
14:27ce gamin
14:27à comprendre
14:28qu'il va rentrer
14:30dans l'âge adulte,
14:30en tout cas,
14:31c'est le discours
14:31qui l'accompagne
14:33mais en même temps,
14:33c'est très théorique.
14:34C'est le moment
14:35où la vie est déjà
14:37cinématographique
14:37par elle-même quoi.
14:38Oui,
14:38il y a déjà en tout cas
14:39une volonté
14:40de paraître
14:41et d'être dans le théâtre.
14:43Le théâtre de la vie,
14:44il est à toutes les étapes
14:46et c'est vrai
14:47que le mariage,
14:48les grands moments
14:48sont encadrés
14:49de mise en scène,
14:50les enterrements aussi,
14:51c'est de la grande mise en scène,
14:52il y a des discours,
14:53les gens sont émus,
14:55on est de toute façon
14:56dans cette...
14:56Moi j'aime bien,
14:57il y a un moment,
14:58je crois que c'est Kafka
14:58qui avait dit
14:59le monde est un théâtre,
15:00je joue dans la pièce
15:01mais je ne sais pas
15:02ce que je fais là.
15:02Moi je trouve que ça résume bien
15:04notre condition humaine.
15:06C'est pas mal en effet.
15:08Les Daillans,
15:08donc c'est la famille
15:09qui est au cœur du film,
15:11c'est une famille française,
15:12c'est une famille
15:13de Français juifs,
15:16est-ce que le fait
15:17de raconter cette histoire-là
15:18aujourd'hui,
15:20dans une France
15:20qui est traversée
15:22d'une flambée antisémite
15:24comme on n'en a pas vu
15:25depuis des décennies,
15:26est-ce que ça a été
15:28un moteur,
15:29une préoccupation
15:30ou pas du tout
15:31ou c'était même anodin
15:33parce que vous n'étiez
15:33que concentré sur l'histoire,
15:35comment ça interagit
15:37avec votre...
15:38De deux façons contraires,
15:39la première c'est que
15:40si on avait été Sicilien
15:41on aurait raconté
15:42comment les Siciliens
15:43à 13 ans y vivaient
15:44et qu'il se trouve
15:45qu'on est agrandi
15:46tous les deux
15:46dans des familles
15:47d'Afrique du Nord
15:47et que c'était la culture
15:49et qu'on parlait
15:50de son adolescence
15:50et faire l'économie de ça
15:51ça aurait été se cacher
15:53face aux obsessions des autres,
15:54ça aurait été une victoire
15:55pour eux
15:56et on ne leur aurait pas donné.
15:58On part de l'intime
15:59pour faire l'universel.
16:00Exactement
16:01et en même temps
16:02ça prend une place
16:03proportionnelle
16:04c'est-à-dire pas centrale
16:05sur ce que c'est
16:06que l'adolescence
16:07parce que l'adolescence
16:07c'est tellement multiple
16:08pour moi
16:08c'est la découverte
16:10quand je dis pour moi
16:10c'est pour nous évidemment
16:11c'est la découverte
16:12de tout un tas
16:13de sensations nouvelles
16:14qui sont des primes ultimes
16:16première et dernière fois
16:17qu'on ressentira
16:18les choses
16:18dans cette intensité
16:20et évidemment
16:21ça en fait partie
16:22maintenant
16:22je dis c'était deux choses
16:23et son contraire
16:24maintenant
16:26dans ce moment-là
16:27dans cette séquence-là
16:28où il y a une obsession
16:30des autres
16:30sur cet aspect
16:33c'est-à-dire l'antisémitisme
16:34qui est un peu obsessionnel
16:36on l'a vu
16:36dans l'actualité
16:37c'est au centre
16:38de tous les débats
16:39qui est le plus antisémite
16:40l'extrême droite
16:41l'extrême gauche
16:42c'était peut-être important
16:44de remettre de la normalité
16:46et de remettre
16:47une famille
16:48qui dans la photo
16:50de la France
16:51est là
16:51depuis longtemps
16:52a toujours été là
16:54et a vécu
16:55en bonne intelligence
16:57avec quelques stigmates
16:59de dire
16:59on ne fait pas de bruit
17:00on ne fait pas trop de...
17:02ce qui est une raison
17:03d'ailleurs de friction
17:04entre les parents
17:04et le fils
17:05qui lui
17:06n'a pas du tout
17:07envie de cette discrétion
17:08non mais à l'image
17:09de ce qu'on a ressenti
17:10avec des parents
17:11qui font des réflexions
17:12en disant
17:13on essaye d'être discret
17:15de ne pas faire de vagues
17:16comme on a été élevé
17:17mais en même temps
17:19exigeant
17:19sur le travail
17:20et pas obsessionnel
17:22sur leur judaïsme non plus
17:23c'est-à-dire obsessionnel
17:25avec des problèmes
17:26que tout le monde a
17:28loin des clichés
17:29au chômage
17:30avec des difficultés économiques
17:32de la classe moyenne
17:33donc un retour
17:34un peu à une base
17:36normale
17:36et non pas
17:37à des fantasmes
17:38que les autres
17:39projettent sur nous
17:40mais voilà
17:41c'est donc double
17:42à la fois je m'en fous
17:42et à la fois je le prends en compte
17:44Très bien
17:45alors avec Olivier Nacar
17:46je vous disais tout à l'heure
17:47que vous n'aimiez pas
17:47être mis dans des catégories
17:49mais enfin quand même
17:49on peut dire que vous faites
17:50plutôt des comédies
17:51je me...
17:52Oui bien sûr
17:53bien sûr
17:53mais c'était juste
17:56quand il y a des appellations
17:57d'accord
17:58qui disent
17:58feel good movie
17:59des choses comme ça
18:00où je suis un peu
18:01c'est un peu épidermique
18:02parce que c'est
18:03cette obsession
18:04de mettre des étiquettes
18:05mais voilà
18:05Mais alors ce choix
18:07de faire ce cinéma-là
18:08notamment la comédie
18:10ça vient d'où ?
18:11C'est un élan naturel
18:12vous deux
18:12vous êtes de toute façon
18:13construits autour de ça
18:14est-ce que c'est
18:16parce que vous avez
18:16des admirations
18:18pour des cinéastes
18:19et que c'est ce qui vous
18:20vous
18:20ce qui vous
18:21voilà
18:23motivait
18:24inspirait
18:26et dans ces cas-là
18:27quel est votre panthéon
18:28je dirais
18:29des grands
18:30cinéastes de comédie
18:31et pourquoi à chaque fois
18:33de quoi ils sont
18:35caractéristiques
18:35selon vous ?
18:36Alors d'abord
18:37on est tous les deux
18:38fans de comédie
18:38on s'est rencontrés
18:39parce qu'il me fait rire
18:40et parce que je le fais rire
18:41je crois que depuis 30 ans
18:42s'il y a bien une chose
18:43qu'on peut se dire
18:44c'est qu'on se marre
18:44quand même beaucoup
18:45et tous les jours
18:46même dans les mauvais jours
18:47il y a beaucoup
18:48le rire est très important
18:49pour lui
18:50comme pour moi
18:51le fait est que
18:53si on va un peu plus loin
18:54dans l'analyse
18:55et ce qui nous plaît
18:55dans l'humour
18:56c'est un humour spécial
18:57c'est l'humour qui sauve
18:58c'est l'humour qui aère
19:00c'est l'humour qui dédramatise
19:02donc même dans des situations
19:04très tendues
19:04et peut-être même encore plus
19:06dans des situations très tendues
19:07il y a une place
19:09pour l'humour
19:09qui vient
19:10et qui d'un coup
19:11voilà
19:12détend l'atmosphère
19:14amène le recul
19:15amène la connivence
19:17etc
19:18et c'est vrai que
19:19même dans les films
19:20qui n'ont rien à voir
19:21avec notre histoire
19:21je prends un touchable
19:22par exemple
19:23les deux se connectent
19:24la première fois
19:25parce que lui dit
19:26vous connaissez Berlioz
19:27il lui dit
19:29vous connaissez qui à Berlioz
19:30il dit Berlioz
19:30avant d'être un bâtiment
19:31c'est un truc
19:32il dit mais j'ai très bien compris
19:33c'est vous qui n'avez pas d'humour
19:34et l'autre lui dit
19:34ah c'est marrant
19:35vous n'avez pas d'autres motivations
19:36si j'ai cette fille
19:37donc en fait c'est
19:38comment l'intelligence de l'autre
19:40à travers l'humour
19:41fait qu'il retient l'attention
19:43je crois qu'on s'est connus
19:44grâce à ça
19:45et au Panthéon
19:46il y a forcément
19:47ceux qui mêlent
19:48le dramatique
19:49et le drôle
19:50le gay et le sérieux
19:51c'est les comédies italiennes
19:53c'est eux qui nous ont tout appris
19:54c'est à dire qu'on ne peut pas
19:56on ne peut pas trouver
19:56c'est marrant
19:57ça a été très méprisé
19:58quand c'est apparu en Italie
19:59mais les films
20:00comme Le Fanfaron
20:01comme Le Pigeon
20:02comme Nous Nous sommes tant aimés
20:04d'Ettorescola
20:05c'était les maîtres
20:06vraiment
20:07ils avaient l'art
20:08de raconter leur société
20:09la vérité de leur époque
20:10la vérité du quotidien
20:12mais avec un recul
20:13et un humour
20:14parfois même méchant
20:15parfois même cynique
20:17mais voilà
20:18c'est nos Panthéons
20:19c'est des personnages
20:20qui sont à la fois séducteurs
20:22à la fois charismatiques
20:23alors je vais un peu ramener ça
20:25et pardonnez-moi au film
20:27mais pour moi
20:28Louis Garrel
20:28c'est un acteur à l'italienne
20:30c'est à dire
20:30il est beau
20:31comme un acteur italien
20:32et ça j'ai remarqué
20:33que quand on se balade avec lui
20:35il est beau
20:36ça se voit
20:37ça se voit
20:38qu'il a une action
20:39sur pas mal de gens
20:41et de tout genre
20:42mais en même temps
20:44il n'a pas peur du ridicule
20:46il l'a montré d'ailleurs
20:47avant nous
20:47quand il fait Godard
20:48avec un accent
20:49pendant deux heures
20:50avec Michel Zanavicius
20:51ou quand il fait l'innocent
20:53il n'a pas peur
20:54de se grimer
20:55alors qu'il est géri
20:56de toutes les marques
20:57qu'on peut imaginer
20:57donc c'est aussi ça
20:59c'est à dire
20:59pas peur du ridicule
21:00aller dans des situations
21:02et avoir cette classe
21:04à la Victoria Gassman
21:05ou à la Mastroianni
21:05donc c'est vrai
21:06les comédies italiennes
21:07c'est celles qui nous ont
21:08le plus marquées
21:09parce qu'encore une fois
21:10elles analysent leur époque
21:12elles la scannent
21:13mais avec une élégance
21:15que pour moi
21:16et aussi une prise en compte
21:17du spectateur
21:18il a payé sa place
21:19on lui prend deux heures
21:20de sa vie
21:21alors on peut aussi
21:22le divertir
21:23c'est pas un tabou
21:25que de faire rire
21:26au contraire
21:26c'est même très dur
21:28et d'ailleurs
21:29j'en profite pour dire
21:30qu'on a beaucoup dit
21:31dans le cinéma français
21:32oui un acteur de comédie
21:34doit faire son tchao pantin
21:35moi j'aime bien Louis Garel
21:36il fait l'inverse
21:36c'est l'acteur
21:38dramatique
21:39et de cinéma d'auteur
21:40des films de Christophe Honoré
21:41qui vient montrer
21:43qu'il a aussi
21:44la dimension comique
21:45et ça
21:45je trouve ça
21:46hyper intéressant
21:47alors il y a une phrase
21:48j'ai pas réussi à savoir
21:49d'où elle venait
21:50j'ai interrogé Google
21:51mais j'ai pas eu
21:52de réponse ferme
21:54qui dit que
21:55la comédie
21:56c'est la tragédie
21:57plus le temps
21:59moi je peux vous donner
22:00l'origine de
22:01qui la cite
22:01c'est dans
22:02Crime et Daily
22:03de Woody Allen
22:03et à un moment
22:04il fait un portrait
22:05de son beau-frère
22:06pendant tout le film
22:07qu'il déteste
22:08et il lui fait dire
22:09ce qu'il pense de la comédie
22:10et il dit
22:11tragédie plus time
22:12mais on sait pas
22:13qui l'a dit
22:13mais en tout cas
22:14j'ai vu Mark Twain
22:15c'est possible
22:16mais d'abord
22:17est-ce que ça vous paraît
22:18juste comme définition
22:19est-ce que c'est une des choses
22:21de la comédie
22:22d'être une espèce
22:23de catharsis comme ça
22:24c'est ultra ultra vrai
22:26et d'ailleurs
22:27je crois qu'on peut tous
22:27l'observer dans son quotidien
22:29il vous arrive
22:30une vraie galère
22:31vous avez perdu les clés
22:32vous avez été bloqué
22:33en montagne
22:34il n'y avait plus
22:34au début
22:35c'est vécu comme
22:36quelque chose de tragique
22:37mais une fois que le temps
22:38est un peu passé
22:39vous allez le raconter
22:40et là les gens vont être
22:41explosés de rire
22:42parce qu'effectivement
22:43c'est exutoire
22:44vous racontez une galère
22:46et d'un coup on rit
22:48vraiment
22:48on arrive à transformer ça
22:50en comédie
22:50et généralement
22:51c'est le début de la mise en scène
22:52on commence à le raconter
22:53puis plus on le raconte
22:54plus on rajoute un détail
22:55parce qu'on voit que ça marche
22:56c'est un peu comme un one man show
22:58c'est l'histoire
22:59c'est quand on est quelque part
23:00à dire
23:00on raconte l'heure
23:01quand il t'est arrivé ça
23:02et c'est exactement
23:03la définition de la comédie
23:05c'est-à-dire qu'on analyse
23:06tout ce qui ne va pas en nous
23:08et c'est nos failles
23:10qui font rire les gens
23:10c'est nos faiblesses
23:11c'est notre côté petit
23:13qui est
23:13si je racontais que des trucs
23:14où j'étais le king
23:16ça n'aurait aucun intérêt
23:18et alors qu'est-ce que vous
23:20catharsisez vous spécialement
23:21avec Olivier Nakache
23:23à travers
23:23alors j'imagine
23:24chaque film d'ailleurs
23:25à son ressort
23:26etc
23:26mais c'est vrai qu'on parlait
23:27au début
23:28de cette nostalgie
23:30peut-être du
23:30du commun
23:32dont vous avez parlé
23:33et qui se retrouve
23:35dans beaucoup de vos films
23:36vous aimez
23:38mettre
23:38enfin
23:39faire le commun
23:39par le rire
23:40comme il n'existe
23:41peut-être plus
23:42tellement
23:43ou de moins en moins
23:44on va dire
23:45dans la société
23:46d'abord il faut dire
23:46que dans le cinéma français
23:47il y a énormément de gens
23:48qui ont du talent
23:49pour dire à quel point
23:50la société
23:50elle est
23:51elle est fracturée
23:53elle se détruit
23:54c'est pas
23:55la chose dans laquelle
23:56on aurait peut-être
23:57été les meilleurs
23:58et c'est vrai
23:59qu'on a plus envie
23:59de raconter
24:00même quand c'est un peu fou
24:01comme dans
24:02Hors Normes par exemple
24:03quand il y a
24:04un juif pratiquant
24:05un musulman pratiquant
24:06qui décide de s'unir
24:07pour s'occuper d'enfants autistes
24:08je trouve que voilà
24:09c'est plus ça
24:10qu'on a envie de raconter
24:11même si c'est
24:12parfois un peu utopique
24:13de raconter
24:14ceux qui ont comme envie
24:15de réparer le monde
24:15ceux qui ont envie
24:16de construire quelque chose
24:17ils nous fascinent
24:18peut-être par leur optimisme
24:20parce que nous aussi
24:21on est un peu des utopistes
24:22et qu'il faut aussi
24:23des illusions
24:24il faut aussi une illusion
24:25pour avancer
24:27c'est un moteur l'illusion
24:28si on n'en avait pas
24:29on baisserait tous les bras
24:30et on verrait que le monde
24:31s'effondre depuis toujours
24:33je ne sais plus
24:33qui avait dit ça
24:34je crois que c'est Gad
24:35elle m'allait dans un sketch
24:37il disait
24:37je suis sûr qu'au 15ème siècle
24:38il y avait deux mecs
24:39qui discutaient
24:39qui disaient
24:40c'est dur
24:40et qui disaient
24:41ouais surtout en ce moment
24:42c'est vrai qu'il y a le surtout
24:44en ce moment
24:44il s'applique à toutes les époques
24:46il y a pas de
24:47on sait que le monde s'effondre
24:49mais on fait dire
24:51à Lavergne
24:52Benjamin Lavergne
24:53dans le sens de la fête
24:55dans un discours interminable
24:56il termine
24:56d'ailleurs Bacri
24:57il dit
24:58j'ai vachement aimé la citation
24:59je crois que c'est Beaumarchais
25:00qui disait
25:01je me presse d'en rire
25:02de peur
25:04ou de peur
25:05ou avant que d'en pleurer
25:06je pense que la comédie
25:07c'est une tristesse déguisée
25:09on n'est pas moins conscient
25:10alors les gens aiment bien dire
25:11ils sont utopistes
25:12ils se marrent
25:13non
25:13les amis
25:14les grands comiques
25:16c'est généralement
25:17des gens très dark
25:18à l'intérieur
25:19pour en avoir fréquenté
25:20simplement
25:20ils ont beaucoup d'élégance
25:21et ils ont décidé
25:22de ne pas se plaindre
25:23et là
25:24je reprendrai cette phrase
25:26de Jean-Louis Trintignant
25:26quand il avait gagné amour
25:28j'ai adoré cette phrase
25:29elle m'est toujours restée
25:30il disait
25:30essayons d'être heureux
25:31ne serait-ce que
25:32pour donner l'exemple
25:33moi je trouve que c'est très fort
25:35moi je pense que c'est ça aussi
25:36l'humour
25:36c'est essayer de dire aux autres
25:38d'être heureux
25:39de toute façon
25:40on peut très bien
25:41partir dans l'autre discours
25:43très facilement
25:43mais ça fait juste
25:44chier tout le monde
25:45quand les gens se plaignent
25:46donc essayons de
25:47montrer ce qui fonctionne
25:49vous parliez de Jean-Louis Trintignant
25:51
25:51dans Juste une illusion
25:53il y a beaucoup d'hommages
25:55à
25:55je crois
25:56un réalisateur
25:57qui a beaucoup compté
25:58pour vous
25:58et dans votre construction
26:00cinématographique
26:00qui est Claude Lelouch
26:01pourquoi ce
26:02d'abord
26:04en quoi il a compté
26:05pour vous
26:06en fait
26:06en fait il a compté
26:08parce que
26:08d'abord il y a des grands films
26:10il faut toujours qu'il y ait
26:10des grands films au départ
26:11déjà La Bonne Année
26:12avec Ventura
26:13et Fabien
26:14et Charles Gérard
26:15ça pour moi
26:16c'est du grand cinéma
26:17il y a L'Aventure
26:18c'est l'aventure
26:18issu des comédies italiennes
26:20ça c'est même lui
26:21qui s'en revendique
26:22et après
26:23il y a
26:24les uns et les autres
26:25il y a des fresques
26:25il y a une ambition
26:26il y a une forme de liberté
26:28chez Claude Lelouch
26:29qu'on regardait
26:29ces making-of
26:30quand on était plus jeune
26:31il parle pendant les prises
26:33il s'autorise
26:34il utilise les acteurs
26:35dans l'humeur
26:36dans laquelle ils sont
26:36il compose avec le cinéma
26:38donc c'est vrai
26:39qu'on l'aime beaucoup
26:40mais comme on aime
26:41Claude Sauté
26:41on aime beaucoup
26:41les Claude en général
26:42mais Claude Sauté
26:43pour la vérité
26:45de ces cafés parisiens
26:47de Yves Montand
26:49de Romy Schneider
26:50de Patrick Devers
26:51des musiques
26:51de Philippe Sard
26:53voilà
26:53il y a toujours
26:54un univers
26:55qui nous a un peu bercé
26:56et effectivement
26:57là on trouvait marrant
26:59qu'en essayant
27:00de louer des cassettes
27:01X
27:02il soit obligé
27:03de se louer
27:04des films
27:05et on s'est dit
27:05finalement
27:05l'inverse du porno
27:06c'est un homme et une femme
27:07c'est le romantisme
27:08donc on a fait
27:09on a fait naître
27:10un homme et une femme
27:11dans ce film
27:11et on a eu la chance
27:12que Claude Lelouch
27:13nous donne son accord
27:14et sa gentillesse
27:16d'utiliser ça
27:18et sa musique
27:19et ses images
27:19et sa musique
27:20et ses images
27:21et d'ailleurs
27:22c'est une référence commune
27:24que vous avez
27:25avec Olivier Nakache
27:26et je suis obligée
27:27de vous poser la question
27:28sur Olivier Nakache
27:29et vous
27:29c'est-à-dire
27:29ses frères
27:30qui ne portent pas
27:31le même nom
27:31comme disait Bakri
27:33le secret
27:34de cette
27:36incroyable
27:37ce que je constate
27:39en tout cas
27:39parce qu'on a fait
27:39pas mal de presse
27:40c'est que
27:40les amitiés qui durent
27:42ça intrigue les gens
27:43mais c'est vrai
27:45qui durent dans le travail
27:46de façon aussi
27:47symbiotique quand même
27:49non bah écoutez
27:50pour tout vous dire
27:51on a décidé
27:52de ne jamais l'analyser
27:53peut-être que c'est le secret
27:55de ne pas dire
27:56de ne pas démonter la boîte
27:57pour dire
27:57alors s'il marche
27:58c'est parce que lui
27:59il est comme si
27:59ce qui est sûr
28:00c'est qu'on est
28:01beaucoup moins
28:01les mêmes
28:02que notre physique
28:03semble l'indiquer
28:04parce que les gens
28:06qui m'appellent
28:06une fois sur deux
28:07Olivier
28:07je rappelle que je suis Eric
28:08et j'ai dit aussi
28:09que très récemment
28:11j'ai parlé une heure
28:12avec une fille
28:12dans une soirée
28:12qui m'a dit
28:13tu embrasseras bien fort Eric
28:14ça veut dire que donc
28:16on n'est absolument
28:17pas identifié
28:18et quelque part
28:19cette espèce de fumée
28:21entre l'un et l'autre
28:22fait que
28:23ça nous arrange un peu
28:24et je vais vous dire
28:25on ne nous reconnait pas tellement
28:27sauf quand on est tous les deux
28:28par exemple dans des trains
28:29là il dit
28:30ah oui là les deux
28:31c'est sûr que c'est eux
28:32mais à un
28:33c'est comme si quelque part
28:34à un on n'était pas complètement
28:36c'est que à deux
28:37qu'on est un
28:38mais on n'a pas
28:38on n'a pas analysé
28:39ça se passe bien
28:40on est complémentaire
28:41on n'a pas du tout
28:42le même caractère
28:43pas les mêmes angoisses
28:44pas les mêmes qualités
28:45pas les mêmes défauts
28:46et donc en fait
28:47c'est très agréable
28:47quand on trouve un peu
28:48son binôme
28:49c'est à dire que
28:50moi je peux le dire
28:51je suis plus anxieux que lui
28:52on va dire
28:53plus angoissé
28:53plus anticipateur
28:55et puis des fois
28:56je me prends la tête
28:57je le regarde
28:57je dis mais en fait
28:57je vais me mettre
28:58en pilote automatique
28:59lui il a beaucoup mieux
29:00que moi
29:00et donc voilà
29:01et lui il fait la même chose
29:02dans d'autres situations
29:03il n'a pas envie de gérer
29:04des trucs conflictuels
29:05il se dit
29:06il va gérer
29:06et en fait
29:08c'est assez agréable
29:09et comme ça fonctionne
29:09et qu'on se marre bien
29:10et qu'on est resté
29:12un peu enfant
29:12parce qu'on s'est connus
29:13à l'adolescence
29:13c'est quand même
29:14très agréable
29:15moi je considère ça
29:15comme un grand privilège
29:17c'en est un
29:18et alors
29:18il n'y a rien à voir
29:20mais il y a un indicateur
29:21que je scrue très régulièrement
29:23qui est agrégé
29:24par la société
29:25Comscore
29:25et qui mesure
29:26la différence
29:27entre les entrées
29:28au cinéma
29:29dans la France entière
29:30et celle
29:31à Paris
29:31voilà
29:32donc c'est un coefficient
29:33on peut voir
29:35que
29:36voilà
29:36les films
29:37qui cartonnent surtout
29:38en province
29:40et qui sont boudés
29:40dans la capitale
29:41ou ceux à l'inverse
29:43qui sont surtout
29:45regardés dans les métropoles
29:46parce qu'en vérité
29:47c'est les métropoles
29:47que ça regarde
29:49et moins regardés ailleurs
29:52et plus le temps passe
29:53plus on voit
29:54qu'il y a des écarts
29:55à la moyenne
29:55c'est-à-dire que
29:56les français font un peu
29:58cinéma à part
29:59c'est dû à quoi ?
30:00C'est dû au goût ?
30:00C'est dû à l'industrie elle-même ?
30:02Est-ce que
30:02c'est quelque chose
30:03qui vous intéresse
30:04vous une fois que votre film
30:05est fait
30:05de comment il va être reçu
30:08comment il va être
30:09diffusé
30:10et pourquoi il va marcher
30:11dans tel ou tel endroit ?
30:13Alors c'est pas moi
30:13qui l'ai inventé
30:14je crois que les sociologues
30:15qui font des livres régulièrement
30:17sur l'état de la France
30:18savent que Paris
30:19et la province
30:19sont déconnectés
30:20de plus en plus
30:22ça on le sait
30:22après nous
30:23on a une méthode spéciale
30:25c'est que nous
30:25on fait des tournées
30:26donc on va voir les spectateurs
30:28et on va les voir
30:29partout
30:29Là vous en avez fait
30:30pendant je crois
30:30un mois
30:31un mois et demi
30:3250 villes
30:32on vient de faire
30:3350 villes
30:34et pas des villes
30:35que des grandes villes
30:36on fait des villes
30:37des villes moyennes
30:38et aussi des villes et villages
30:39il y a pas mal de cinéma
30:41associatif là
30:42on était par exemple
30:43à Plourin-les-Morlais
30:45en Bretagne
30:46voilà c'est
30:47c'est vraiment loin
30:48mais on a été à Lyon
30:49mais on a été à
30:50Bernay
30:50ou à
30:51je sais pas moi
30:52au Havre
30:53à Rouen
30:54et donc on voit
30:55Et l'accueil là
30:55il a été bon partout ?
30:56Pour l'instant
30:57l'accueil il est bon
30:58il est parfois plus chaleureux
30:59dans des endroits
31:00que dans d'autres
31:01mais en règle générale
31:02oui ça permet en tout cas
31:03de mesurer
31:03aux quatre coins de la France
31:05comment les gens réagissent
31:06alors pour ça
31:07il y a deux choses
31:07d'abord nous
31:08on pense qu'on sait jamais
31:09le film vraiment qu'on a fait
31:10et que c'est au spectateur
31:11de nous donner des indices
31:12c'est une enquête un film
31:14donc même si on a voulu dire ça
31:15peut-être qu'on a dit ça
31:16peut-être que les gens
31:17ont compris ça
31:18et donc ça
31:18il faut aller à la recherche
31:20et selon les régions
31:21parfois on n'a pas
31:22tout à fait
31:23et selon les pays
31:24pas compris la même chose
31:25après
31:26il existe une fois de plus
31:27des façons d'étiqueter
31:29et de réduire
31:30nous je pense
31:31qu'alors là
31:32il faudrait faire une psychanalyse
31:33mais nous on aime bien plaire
31:34à tout le monde
31:34en tout cas on aime bien plaire
31:35pas que pour les festivals
31:37ou pas que au centre-ville
31:38ou pas que aux intellos
31:39et d'ailleurs
31:40quand on voit même
31:41les partenaires du film
31:43c'est assez marrant
31:44de voir que ça va
31:45de France Inter
31:45aux parisiens
31:46et qu'on aime bien
31:48avoir
31:48voilà
31:49on aime les salles pleines
31:50et on s'en est jamais caché
31:51on aime que les films fonctionnent
31:53et on s'en est jamais caché
31:54après pourquoi
31:55en province
31:56c'est déconnecté
31:57il y a des problématiques parisiennes
31:59les gens qui sont
32:01voilà
32:01qui sont déconnectés
32:03dont les gens se foutent
32:04en province
32:04et c'est sûr
32:05il y a aussi des figures
32:06des acteurs
32:07qui sont plus populaires
32:08oui ça c'est vrai
32:08par exemple
32:09on va pas se mentir
32:10Louis Garel
32:10plus on va en profondeur
32:12il est arrivé
32:13qu'on dise
32:13j'ai une question
32:14pour Louis Garnier
32:15par exemple
32:15c'est arrivé à plusieurs reprises
32:16alors qu'à Paris
32:17normalement
32:17les gens savent un peu
32:18alors qu'à Paris
32:18il y avait plusieurs personnes
32:20qui attendaient
32:20avec des stylos à la main
32:22pour Louis Garel
32:23en faisant des photos
32:24et à l'inverse
32:25vous allez avoir
32:26des acteurs
32:28plébiscités
32:28Pierre Lautin
32:29est une véritable star
32:31qui joue aussi
32:31dans le Juste une Illusion
32:33ah bah oui
32:33dans le Nord en plus
32:34comme il est tuche
32:35il a fait En fanfare aussi
32:36qui se passe là-dedans
32:37donc voilà
32:38ça dépend
32:40moi j'ai aussi vu
32:41la popularité s'élargir
32:43j'ai vu des gens passer de
32:45Je suis une star
32:46que dans ce milieu
32:47avec Omar Sy
32:48parce qu'Omar
32:49on a fait
32:49plusieurs films ensemble
32:50dont un qui a vraiment
32:52fonctionné un peu partout
32:53donc ça se travaille
32:55ça se travaille
32:56d'être
32:57il y a aussi des personnalités
32:59les gens voient les personnalités
33:00par exemple
33:01Camille Cotin
33:02est très populaire
33:03mais Camille Cotin
33:04va rester toujours
33:05une heure après la projection
33:07et ne va laisser
33:07aucun spectateur
33:09sur le carreau
33:10pour faire sa photo
33:11donc il y a quelque chose
33:12d'accessible
33:12les gens le sentent
33:13donc c'est très irrationnel
33:15et en même temps
33:16il y a effectivement
33:17des films
33:17comme Les Bodins
33:19qui sortent que en Provence
33:20et pas à Paris
33:21et c'est un peu
33:23à l'image des centres-villes
33:24et des périphéries
33:24c'est pas les mêmes publics
33:27c'est pas les mêmes préoccupations
33:28sociales
33:29culturelles
33:31mais voilà
33:31il y a des moments
33:32où on arrive à tout transcender
33:34il y a des moments
33:34où moins
33:35et on va voir
33:37ce film
33:37c'est assez curieux
33:38on démarre pas
33:39avec le casting
33:40le plus populaire
33:41les gens connaissent
33:42un peu plus nos films
33:43que d'autres réalisateurs
33:45parce qu'on a
33:45un petit track list
33:46et alors avant de passer
33:47à ma dernière question
33:48je voulais d'abord
33:48vous demander
33:49puisqu'on a beaucoup parlé
33:50de vos références
33:52passées
33:54on a évoqué
33:55les comédies italiennes
33:56Claude Lelouch
33:56Claude Sauté
33:57etc
33:57aujourd'hui
33:59est-ce que vous avez
34:00des références
34:01ou alors des
34:02des gouttes
34:03comme dit
34:03Saint-Nation
34:05oui
34:06il y a un cinéaste
34:07américain
34:08que j'aime beaucoup
34:08qui s'appelle James Gray
34:09mais surtout
34:11dans sa période
34:11The Two Lovers
34:13avec Joachim Phoenix
34:14il y a des films
34:14qui ont une poésie
34:17une façon
34:17c'est une façon
34:18de mettre en scène
34:19de filmer
34:19et de raconter
34:20des histoires
34:21à laquelle je suis
34:21très sensible
34:23et en France
34:24j'avoue que
34:24comme beaucoup
34:25je suis fan
34:25de Jacques Audiard
34:26j'aime beaucoup
34:28alors j'aime beaucoup
34:29beaucoup les premiers films
34:30de Jacques Audiard
34:31j'aime beaucoup
34:31un héros très discret
34:33j'aime beaucoup
34:33un prophète
34:34j'aime beaucoup
34:34de battre mon coeur
34:35c'est arrêté
34:36et après
34:38aujourd'hui
34:38voilà
34:39j'ai vu
34:40The Drama
34:40samedi au cinéma
34:41avec
34:43Zendaya
34:44et Robert Pattinson
34:45et j'ai trouvé ça
34:46très original
34:46ça commence par
34:47une comédie romantique
34:49et ça part
34:49dans un mariage
34:50d'ailleurs
34:50un peu comme
34:51le sens de la fête
34:51qui devient très trash
34:53et j'ai trouvé
34:53l'écriture très intéressante
34:55et puis
34:55non non
34:56je suis très poreux
34:58aussi aux séries
34:59The Studio
35:00avec Seth Rogen
35:02j'ai beaucoup aimé
35:02non non
35:03je regarde
35:03je me nourris
35:04je pense beaucoup
35:05que les films
35:06et les séries
35:06dialoguent entre elles
35:07et d'ailleurs
35:08dans notre film
35:08il y a d'autres films
35:10il y a un peu de film
35:13des fois ça dialogue
35:14dans les films
35:15mais en fait
35:15en dehors des films
35:16ça dialogue énormément
35:17on est tous en train
35:18de faire des films
35:19les uns par rapport aux autres
35:20les uns après les autres
35:21on prend tout ce qui a été fait
35:23et on réfléchit avec
35:24c'est pour eux
35:24c'est comme en littérature
35:27on n'est pas dans un contexte
35:30anodin
35:31très bien
35:32alors ma dernière question
35:33c'est une question rituelle
35:35que je pose donc
35:36à tous mes invités
35:38elle concerne les billets d'euros
35:39vous connaissez les billets d'euros
35:40j'en ai eu une fois
35:43ils sont faits de ponts
35:45et d'arches
35:45qui n'existent même pas
35:46et ça n'est pas tout à fait
35:48rendre justice
35:49à la culture
35:50et à la civilisation européenne
35:51selon nous
35:52mais il paraît que ça va changer
35:53Christine Lagarde
35:54la présidente de la BCE
35:56a dit que ça allait changer
35:57donc notre contribution
35:58à l'Express
35:58c'est de proposer
35:59des personnalités
36:00ou des figures historiques
36:01donc vous
36:02Eric Toledano
36:03si vous aviez
36:04une personnalité
36:05ou figure historique
36:06à mettre
36:07sur les billets
36:08mettons de 20 euros
36:09parce que c'est les plus fréquents
36:10laquelle choisiriez-vous
36:12et bien on en a parlé
36:13à deux reprises
36:14mais dans toute ma vie
36:16de réalisateur
36:17j'ai rencontré
36:18beaucoup d'acteurs
36:18et j'en suis très fier
36:20beaucoup d'actrices
36:21mais il y en a un
36:22qui m'a marqué particulièrement
36:23parce que je l'ai cité
36:25à deux reprises
36:25parce qu'il était la synthèse
36:27d'un très très bon acteur
36:29mais de quelqu'un
36:30qui avait un très très bon abord
36:31à ce métier-là
36:32qu'il avait très bien compris
36:34il m'est arrivé
36:34il habitait à Uzès
36:35il m'est arrivé d'aller le voir
36:36à plusieurs reprises
36:37à la fin de sa vie
36:37c'est Jean-Louis Trintignant
36:38et ça a été une rencontre
36:40un peu mythique
36:42et mystique à la fois
36:43j'ai beaucoup beaucoup aimé
36:45la façon
36:46dans chaque anecdote
36:47qu'il avait sur sa carrière
36:48de se mettre
36:49un rôle minable
36:50dans chaque anecdote
36:51et ça je trouve
36:52que c'est une élégance
36:53quand quelqu'un vous raconte
36:54une anecdote
36:55et qu'il est le naze
36:56de l'anecdote
36:57alors que vous savez
36:58que vous avez en face de vous
36:59une légende
37:00une légende
37:01et ça a été
37:02jusqu'à un extrême
37:03où je lui parlais
37:04de Brigitte Bardot
37:05et où il m'a raconté
37:06à quel point
37:07il avait été humilié
37:08etc
37:08donc il y a toujours
37:09cette façon élégante
37:11de raconter
37:11alors que c'est quelqu'un de grand
37:12et bien moi
37:13j'aurais choisi
37:14Jean-Louis Trintignant
37:15et bien merci beaucoup
37:16Eric Toledano
37:16merci beaucoup
37:17si cet entretien vous a plu
37:19n'hésitez pas
37:19à nous suivre
37:20et à nous laisser
37:21des commentaires
37:21sur toutes vos plateformes
37:23habituelles
37:23de podcasts
37:24et de vidéos
37:25je vous donne rendez-vous
37:26dans deux semaines
37:27pour un nouveau
37:28grand entretien
37:29merci
37:29merci
37:32merci
37:32Sous-titrage FR ?
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