FULL HOT MOVIE Michel Serrault
Un cœur oublié est un téléfilm dramatique français de 2001, réalisé par Philippe Monnier, mettant en vedette Michel Serrault dans le rôle de Bernard de Fontenelle. L'histoire suit ce célèbre homme de lettres, ayant résisté à la passion toute sa vie, qui découvre tardivement l'amour auprès d'une jeune femme
*
#watchfreemovie
#watcnow
#fullmovie
#watchonlinemovie
#freestreaming
#StreamingNow
#MovieRecommendations
#MustWatch
#ClassicMovies
#Thriller
#Mystery
#WatchOnline
#TopRatedMovies
#CinemaLovers
#DramaFilm
#ForeignFilms
#AwardWinning
#MovieOfTheDay
#InstantClassic
#FeelGoodMovies
#RetroMovies
#MovieClips
#BestCinematography
#StreamingTonight
#LateNightMovies
#RomanticDrama
#Top10Movies
#PopcornTime
#MovieMarathon
#LoveStory
#romanticmovie
#WatchFree
#FreeMoviesOnline
#FilmOfTheYear
#BestMoviesEver
#Comedy
#FunnyMovie
#mustwatchmovie
#Movie
#Film
#filme
#Movies
#FullMovies
#ActionMovies
#ComedyMovies
#HorrorMovies
#DramaMovies
#RomanticMovies
#ThrillerMovies
#EuropeanFilms
#europeanmovie
#FrenchCinema
#SpanishMovies
#ItalianFilms
#GermanMovies
#EuropeanMovieClips
#EuropeanFilmFestival
#BestEuropeanMovies
#TopEuropeanFilms
#ClassicEuropeanCinema
#EuropeanDramaFilms
#EuropeanFilmAwards
#ScandinavianMovies
#EuropeanHorrorFilms
#EuropeanComedyMovies
#EuropeanArtFilms
#EuropeanIndieFilms
Un cœur oublié est un téléfilm dramatique français de 2001, réalisé par Philippe Monnier, mettant en vedette Michel Serrault dans le rôle de Bernard de Fontenelle. L'histoire suit ce célèbre homme de lettres, ayant résisté à la passion toute sa vie, qui découvre tardivement l'amour auprès d'une jeune femme
*
#watchfreemovie
#watcnow
#fullmovie
#watchonlinemovie
#freestreaming
#StreamingNow
#MovieRecommendations
#MustWatch
#ClassicMovies
#Thriller
#Mystery
#WatchOnline
#TopRatedMovies
#CinemaLovers
#DramaFilm
#ForeignFilms
#AwardWinning
#MovieOfTheDay
#InstantClassic
#FeelGoodMovies
#RetroMovies
#MovieClips
#BestCinematography
#StreamingTonight
#LateNightMovies
#RomanticDrama
#Top10Movies
#PopcornTime
#MovieMarathon
#LoveStory
#romanticmovie
#WatchFree
#FreeMoviesOnline
#FilmOfTheYear
#BestMoviesEver
#Comedy
#FunnyMovie
#mustwatchmovie
#Movie
#Film
#filme
#Movies
#FullMovies
#ActionMovies
#ComedyMovies
#HorrorMovies
#DramaMovies
#RomanticMovies
#ThrillerMovies
#EuropeanFilms
#europeanmovie
#FrenchCinema
#SpanishMovies
#ItalianFilms
#GermanMovies
#EuropeanMovieClips
#EuropeanFilmFestival
#BestEuropeanMovies
#TopEuropeanFilms
#ClassicEuropeanCinema
#EuropeanDramaFilms
#EuropeanFilmAwards
#ScandinavianMovies
#EuropeanHorrorFilms
#EuropeanComedyMovies
#EuropeanArtFilms
#EuropeanIndieFilms
Category
🎥
Short filmTranscript
00:01:39Huit heures !
00:01:43Votre bouillon !
00:01:45Il faut le boire bien chaud.
00:01:48Sinon, ça ne vous fera aucun...
00:01:51Aucun bien.
00:02:07Sinon !
00:02:09Sinon !
00:02:10Mathieu !
00:02:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:02:52Sous-titrage Société Radio-Canada
00:02:53...
00:02:54...
00:02:55...
00:03:06...
00:03:18J'ai des asperges que vous m'aviez commandées.
00:03:21Elles sont très belles.
00:03:22Cueillez-le ce matin.
00:03:23...
00:03:40Et mes fraises ?
00:03:42Je t'ai déjà dit que ça donnait des démangeaisons.
00:03:48Oh, madame, vous voilà en train.
00:03:50Qu'est-ce qui se passe-t-il ?
00:03:51Monsieur de Fontenelle s'est encore levé en pleine nuit
00:03:53pour aller regarder ces maudites étoiles.
00:03:55Et je l'ai trouvé endormi dans son cabinet.
00:03:58Franchement, madame, je me demande ce qu'il espère.
00:04:01S'il croit que les habitants de la Lune
00:04:02vont lui faire signe de monter ?
00:04:03Il vous a donc convaincu que la Lune était habitée ?
00:04:06Non, pas la Lune !
00:04:08Mais, attendez, on ne s'y retrouve plus dans tous ces astres.
00:04:15En tout cas, moi, je crois que les habitants du ciel
00:04:18en ont assez d'être regardés.
00:04:19Avec ces lunettes, qu'on dirait des fusils.
00:04:23Monsieur de Fontenelle a beau être un grand savant,
00:04:25il y a des choses qu'à son âge, on ne fait plus.
00:04:28Madame, il n'y a que vous, sa petite nièce,
00:04:32qui puissiez le raisonner.
00:04:33Qu'irais-je lui dire ?
00:04:35Il est la raison même.
00:04:36Au revoir, chère !
00:04:38Tout au plus pourrait en contenir sa gourmandise.
00:04:46Oh, ma chère nièce !
00:04:48Je vous souhaite le bonjour, mon oncle.
00:04:50Vous avez belle mine !
00:04:52Je suis ravie !
00:04:57N'y aurait-il point du fromage ?
00:04:59Vous ne dénerez point si vous prenez du fromage à cette heure.
00:05:01Neuver, on revient à peine de sonner.
00:05:03Je sais trop bien que vous n'en prendrez point qu'un seul morceau.
00:05:07Vous serez témoin qu'à près de 95 ans,
00:05:10je suis condamné à mourir de faim dans ma propre maison.
00:05:13Et de vous passer par la cuisine.
00:05:15En effet.
00:05:16Et n'avez-vous point remarqué ce qui se préparait pour le dîner ?
00:05:20Des asperges, mon oncle.
00:05:21Dieu soit loué.
00:05:23C'est étrange comme manger des asperges semble pour vous
00:05:25une forme avancée du bonheur.
00:05:27Vous parlez du bonheur comme si j'en connaissais les secrets.
00:05:31N'est-ce pas la vérité ?
00:05:35Je crois en effet que les secrets du bonheur ne vous sont pas inconnus.
00:05:40Vous appelez secrets de simples précautions.
00:05:43Confie-moi en une.
00:05:44Mais la plus simple,
00:05:46il faut se ménager en toutes circonstances.
00:05:50Oui.
00:05:51La mesure du bonheur qui nous a été donnée
00:05:55est assez petite, ma chère nièce.
00:06:03Ils ont pris donc de ne rien perdre.
00:06:07Et était-ce dans vos précautions que de ne pas vous marier ?
00:06:11Veuillez m'excuser.
00:06:17Pertinente question.
00:06:21Dans les nœuds de l'hymène,
00:06:23à quoi bon m'engager ?
00:06:25Je suis un.
00:06:27Cela doit suffire.
00:06:29Si j'étais deux,
00:06:31mon état serait pire.
00:06:33C'est bien assez de moi
00:06:34pour me faire enrager.
00:06:37Votre science des épigrammes vous tire de toutes les situations.
00:06:40Il n'empêche que vous savez vous faire adorer des femmes.
00:06:44Peut-être.
00:06:45Mais on les épouse.
00:06:47Et puis on les connaît.
00:06:48Le mariage est chose naturelle pourtant.
00:06:50On n'en parle pas dans le plan.
00:06:51Je dis, l'idée a bien dû vous venir,
00:06:55de vous marier.
00:06:57Quelquefois, oui, le matin.
00:07:13Voltaire aurait dit au roi de Prusse que vous étiez
00:07:15l'esprit le plus universel que le siècle de Louis XIV ait porté.
00:07:20Un compliment n'étant pas dans sa manière,
00:07:22j'en déduis qu'il a dû lui arriver quelque chose de fâcheux.
00:07:25Le froid, peut-être.
00:07:31Je m'étonne toujours comme les séances à l'académie
00:07:33ne vous fatiguent pas davantage.
00:07:35Pourquoi voulez-vous ?
00:07:36Je n'y ai plus d'ennemis.
00:07:58On dirait que vous avez oublié ce que messieurs Boileau et la brouillère
00:08:02ont dit de désagréable sur vous.
00:08:03Le vœu de mon enfance a racine de l'oublier parmi mes adversaires.
00:08:07Je leur ai pardonné et cela m'a fait beaucoup de bien.
00:08:11Non, aujourd'hui, je ne les blâme que d'être tous morts.
00:08:17Portez-vous toujours aussi aimablement, cher enfant.
00:08:28Eh bien, moi, c'est monsieur que je trouve trop aimable.
00:08:32Il n'en veut à personne et se contente de tout.
00:08:36Je me demande parfois si ce sont là les manifestations d'une bonté immense
00:08:40ou de pas de bonté du tout.
00:08:46Des fois, j'ai peine à lui ôter la poussière.
00:08:51Il me fait peur.
00:08:54Je crois monsieur de Fontenelle encore plus impressionné que vous par son oncle.
00:08:57Je comprends.
00:08:59Être le neveu du grand Corneille, c'est une situation tout de même.
00:09:03Pour vous aussi, madame.
00:09:06Oh, petite nièce du neveu de Corneille, c'est une place discrète.
00:09:34Qu'est-ce que vous faites?
00:09:36Monsieur, on en avait assez.
00:09:37Comment il en avait assez?
00:09:38Ah oui, il ne veut plus le voir, ce coffre.
00:09:4160 ans, à ce qui paraît.
00:09:42Mais il est plein.
00:09:43Ah ben, pour sûr, madame, qu'il est plein.
00:09:45On le sent bien quand on le porte.
00:09:47C'est tout ce que monsieur a point voulu lire qui est là-dedans.
00:09:50Mais qu'est-ce que tu racontes, Simon?
00:09:51Ce sont les journaux de monsieur qui sont dans ce coffre.
00:09:53Ah ben, je dis point non.
00:09:55Je dis qu'il n'a jamais voulu les lire.
00:09:57Qui vous a raconté ces sornettes?
00:10:00C'est...
00:10:01C'est lui.
00:10:03Qui c'est lui?
00:10:03Ben, monsieur de Fontenelle.
00:10:09C'est amusant, mais cela ne tient pas debout.
00:10:11Pourquoi ne les aurait-il pas lus?
00:10:13Monsieur n'aimerait pas qu'on répète ce qu'il nous a dit qu'à nous.
00:10:16Répète quand même, madame te le demande.
00:10:19Ben, il les a point lus parce qu'il se doutait qu'on ne disait pas du bien de lui
00:10:24là-dedans.
00:10:24Même qu'on l'attaquait.
00:10:32Après tout, cela est assez dans sa manière.
00:10:34Ne jamais aller au-devant de ce qui peut gâter votre humeur.
00:10:39C'est tout, lui, en effet.
00:10:41Débarras!
00:10:42Allez!
00:10:42Et vous repasserez le balai!
00:10:44Allez!
00:11:17Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:45Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:55Merci, monsieur.
00:11:56Restez, c'est périmiste.
00:11:56Non, mène, je m'imaginais pour pas.
00:11:58Restez ici.
00:11:59Mais excusez-moi.
00:12:01Vous l'avez effrayée?
00:12:02Mais non, c'est une petite sauvage, voilà tout.
00:12:06Qui est-elle, ça?
00:12:07Nous vous attendions pour souper.
00:12:09Je ne dois plus souper.
00:12:11Et pourquoi donc?
00:12:12Ça paraît que mon âge exige la tempérance.
00:12:16C'est belle affaire.
00:12:17Qu'est-ce que l'âge, quand la gloire le surpasse?
00:12:20Elle est bon.
00:12:20Accepteriez-vous néanmoins quelques fruits confits?
00:12:23Allez par ici.
00:12:26M. de Fontenelle vous a repérée comme étant la plus spirituelle de l'Assemblée.
00:12:31La plus spirituelle du salon de Mme Geoffrey.
00:12:35C'est Mme Geoffrey.
00:12:37M. de Fontenelle nous surpasse tous, Vallière.
00:12:39Dites-lui plutôt quelle conversation était la vôtre pendant le souper.
00:12:43De quoi disputiez-vous?
00:12:45Nous pensions qu'il est bien difficile pour une femme de déceler le sentiment sous une conduite galante.
00:12:52M. de Vallière soutenait que c'était un nouveau procès fait à la sincérité des hommes.
00:12:56Alors, qu'en pense le siècle passé?
00:12:58Ma foi, je...
00:12:59Je n'observe point les sentiments comme je le fais des planètes.
00:13:03Vous n'avez pas à observer ce qui vous est simplement donné de ressentir.
00:13:07Certes.
00:13:08Mais il est présomptueux d'avancée que j'ai déjà ressenti quoi que ce soit.
00:13:12Voilà quatre-vingt ans que j'ai relégué le sentiment dans mes poésies.
00:13:20Et vous appelez ça avoir vécu.
00:13:23Je crois avoir été empressé comme il convenait auprès des femmes.
00:13:26Mais l'amour...
00:13:29J'entends mal.
00:13:31Je parlais de l'amour.
00:13:33Lui et moi sommes des choses incompatibles.
00:13:36On dit pourtant que votre roman préféré n'est autre que La princesse de Clèves.
00:13:44Le style en est insurpassable.
00:13:46Il en est plus vif.
00:13:47Il n'en est pas de plus simple.
00:13:50Donc de plus grand.
00:13:52Mais La princesse, c'est une histoire d'amour.
00:13:54Qui n'a pas lieu.
00:13:56Quelle sagesse.
00:13:57Puisque vous soutenez que les sentiments vous sont étrangers,
00:14:00je suppose ce sont les idées qui ont vos faveurs?
00:14:03Pas davantage.
00:14:04Défendre des théories signifie riposter, se plaindre, accuser, soupçonner.
00:14:09J'aime trop mon repos.
00:14:12Et puis, pourquoi polémiquer?
00:14:17Tout est possible et tout le monde a raison.
00:14:22Allons, allons.
00:14:23Je sais certaines idées qui ne vous laissent pas indifférents.
00:14:27Si je vous disais que M. d'Alembert est venu nous lire hier son discours préliminaire à l'encyclopédie
00:14:33et que le chevalier de Jocourt nous a montré d'admirables planches dans les métiers.
00:14:37C'était d'un ennui mortel.
00:14:40Vous m'avez l'air encore bien vivant, il me semble.
00:14:42Mais enfin, que cherchez-vous avec cette encyclopédie?
00:14:46À instruire les médiocres de choses qu'ils n'entendront point?
00:14:49Qu'y a-t-il de plus ridicule que de parler de philosophie avec des ouvriers?
00:14:55Le divertissement et le jeu, voilà ce que le peuple attend.
00:14:58Pareils propos vous feront attendre à la porte de l'académie, j'en réponds.
00:15:02Déjà qu'il vous faudra faire oublier vos ouvrages libertins.
00:15:05Et moi j'entends bien naître de l'académie.
00:15:08Mes ouvrages sont lestes, j'en conviens,
00:15:10mais les composés sont d'un aussi dur labeur, croyez-moi.
00:15:13Une simple page me prend trois ou quatre heures.
00:15:18Vous finirez bien par attraper tout ce temps perdu.
00:15:20Mais je suis plus modeste que vous ne l'imaginez, monsieur.
00:15:23Vous n'aurez pas osé vous le dire, monsieur.
00:15:27Toutes ces femmes qui se disputent le vieux Fontenelle
00:15:29dans l'espoir qu'il va mourir dans leur salon.
00:15:35Pauvre Vallière, il se croit un esprit supérieur,
00:15:38mais la supériorité lui fait bien défaut.
00:15:40Et l'esprit lui manque.
00:15:43Venez, nous allons entendre la musique de près.
00:15:46Elle est bien assez insupportable de loin.
00:15:48Vous préférez la peinture ?
00:15:50Oh, la peinture, les murs sont enlédits par trop de portraits.
00:15:54La sculpture ?
00:15:56Je laisse les statues me regarder.
00:15:59Les arts vous touchent donc si peu.
00:16:03Je n'arrive pas à faire entrer tant de choses dans mon existence.
00:16:09Plus tard, peut-être.
00:16:11Votre force est de vous placer hors d'atteinte en toutes circonstances.
00:16:15Rien ne vous touche.
00:16:16Je vous admire.
00:16:19Bonsoir, cher Fontenelle.
00:16:21Pardon.
00:16:21Je vous souhaitais le bonsoir.
00:16:51Sous-titrage ST' 501 1
00:17:04Look, Mr. de Fontenelle, there are no words that you can hear, with, as often noticed,
00:17:10more precisely than what they hear normally.
00:17:14This comes from what the pavilion is wide,
00:17:16not like an abundance tree,
00:17:18which, instead of breaking its fruits,
00:17:20the words and verbs,
00:17:22by its vast embouchure,
00:17:24for you to hear.
00:17:25Let's see, Mr.
00:17:26Let's see the corner to your ear,
00:17:29the smallest of the extremities
00:17:31glissent all naturally.
00:17:33All right.
00:17:37How do you hear, Mr. de Fontenelle?
00:17:39Too far!
00:17:41I'm confused, because...
00:17:43It's natural,
00:17:44when we address someone
00:17:45whom we are afraid.
00:17:48I don't believe in my ear.
00:17:57What is it?
00:17:58We asked him to find him for Mr. de Fontenelle.
00:18:01Who asked him?
00:18:04Ajuster,
00:18:05enlever.
00:18:06Ajuster,
00:18:07enlever.
00:18:08Voilà,
00:18:09l'appareil n'est-il point too lourd,
00:18:10Mr.
00:18:11Mr.
00:18:12Mr.
00:18:13Mr.
00:18:15Mr.
00:18:16Mme Geoffroy,
00:18:16il vous envoie quelque chose.
00:18:28Oh...
00:18:30Je lis beaucoup mieux.
00:18:33Ce portrait de votre ami Lefreynois,
00:18:35j'ai pu l'acquérir sans trop d'embarras
00:18:37auprès de ce qui lui reste de famille.
00:18:39Je l'ai fait dans l'intention de vous l'offrir.
00:18:41Persuadez que le visage de celui qui fut votre plus proche
00:18:44et si grand ami vous rappellerez ces longs moments
00:18:47que vous passiez ensemble à ne rien dire,
00:18:49et pourtant à vous comprendre,
00:18:50comme seuls savent s'entendre la discrétion et l'innocence.
00:18:55Oui.
00:18:57Alors aujourd'hui, vingt ans qu'il est mort,
00:19:00je m'en vais sur le champ
00:19:01pour remercier Mme Geoffrin.
00:19:04Pourquoi ces moments que vous passiez à ne rien dire ?
00:19:08M. Lefreynois était si peu bavard.
00:19:13Portrait respire la ressemblance.
00:19:16Regardez.
00:19:18On dirait qu'il va acheter.
00:19:25La belle compagnie que voilà.
00:19:32Et tout ce monde pour m'accueillir ?
00:19:34Nous sommes toujours ravis de vous voir, M. l'abbé.
00:19:37Pas bien.
00:19:39Pas bien.
00:19:40Pas bien.
00:19:41Pas bien.
00:19:46Je parle de cette lettre au marquis de Laffard
00:19:48que le petit réservoir vient de publier.
00:19:50Eh bien.
00:19:50Comment ça, eh bien ?
00:19:52Que dit-elle, cette lettre ?
00:19:54Vous vous manquez, on soutient partout qu'elle est de vous.
00:19:57M'a-t-on vu l'écrire ?
00:19:58Je le sens bien, moi, qu'elle est de votre plume.
00:20:00Parler avec une telle insolence n'appartient qu'à vous,
00:20:03ou à Voltaire.
00:20:04Une lettre qui décrit l'embarras du Seigneur
00:20:05au moment de la résurrection, désigne son auteur.
00:20:09M'en direz-vous le nom à la fin ?
00:20:11Raillez, raillez.
00:20:12Je vois que, sous couvert de montrer les choses de la science
00:20:14auxquelles les cœurs sains n'entendent rien,
00:20:16il est bien aisé d'y jeter le table.
00:20:18Qu'est-il besoin d'expliquer ce qui doit rester inexplicable ?
00:20:22Vous faites parfois songer à quelques navigateurs
00:20:25dont les cas laisseraient passer l'eau,
00:20:27mais qui interdiraient qu'on écope.
00:20:33Oui, pas d'égard.
00:20:34On dit que ce sont vos ouvrages
00:20:36qu'on enfantez Voltaire.
00:20:38Laissez dire.
00:20:39Là, vous ne pouvez accepter que votre œuvre
00:20:41apporte caution à cet empire.
00:20:43Que me reprochez-vous ?
00:20:44N'est-ce pas fait mes Pâques ?
00:20:46Si fait, mais vous ne pouvez ignorer
00:20:47que Voltaire parle de Dieu comme...
00:20:49comme...
00:20:49comme s'il n'existait pas.
00:20:51Comme quoi ?
00:20:51Quelle malise que tout doit me faire répéter ces choses.
00:20:54Comme...
00:20:55comme s'il n'existait pas.
00:20:59Voltaire ne nie pas.
00:21:01Il s'interroge.
00:21:03C'est votre histoire des oracles qui a fait le mal.
00:21:06Ne me rejette pas dans mes oracles
00:21:07le spectacle de l'ignorance et de la sottise
00:21:10exploité par la mauvaise foi.
00:21:13Certes, mais...
00:21:14Mais ce spectacle me semble promis un grand avenir.
00:21:18Bah, justement.
00:21:18Des esprits faibles et impurs
00:21:20ont pu en déduire que Dieu n'existait
00:21:21que parce que nous voulions y croire.
00:21:27Mon ami...
00:21:28L'ignorance se démontre moins par les choses qui sont
00:21:32et dont la raison nous est inconnue
00:21:33que par celles qui ne sont point.
00:21:36Et dont nous trouvons la raison.
00:21:38Car non seulement nous ne possédons pas les principes
00:21:41qui mènent au vrai,
00:21:43mais nous en avons d'autres qui s'accommodent très bien
00:21:46avec le faux.
00:21:53Monsieur l'abbé, restera-t-il à dîner ?
00:21:55Va-t-il ?
00:21:55Dans votre servante.
00:21:57Bah, qui y a-t-il ?
00:21:58Le dîner !
00:21:59Eh bien...
00:22:00Désirez-vous des asperges ?
00:22:01Oh, j'en raffole.
00:22:04J'en raffole.
00:22:05Moi aussi.
00:22:06Ça, au beurre, qu'elle dit.
00:22:09Je préfère à l'huile.
00:22:10Au beurre, elle garde de leur fermeté.
00:22:12Et à l'huile, le goût en sort davantage.
00:22:14Elle se digère tout aussi bien au beurre.
00:22:17Ma nièce ne les apprécie qu'à l'huile.
00:22:19Bon, que dois-je faire ?
00:22:21Une moitié à l'huile, une moitié au beurre.
00:22:27Je connais bien votre manière, savez-vous.
00:22:29Jamais rien de véhément.
00:22:31Votre impertinence est des plus doux à peine visible.
00:22:34Point d'éclat, point de taca.
00:22:35Si ce papa fait des idées les plus terribles, les plus terribles.
00:22:39Je ne professe point d'idées.
00:22:42Je constate et je souris.
00:22:45C'est bien suffisant.
00:22:47Vous vous mêlez tous sans en avoir l'air.
00:22:49Voilà la vérité.
00:22:50Raisonnement, raisonnement, c'est votre unique défense.
00:22:52Moi, je maintiens qu'il est mauvais de raisonner sans cesse.
00:22:55Que c'est le moyen le plus insidieux de s'écarter peu à peu
00:22:57du chemin qui nous a été tassé.
00:22:59Par qui ?
00:23:03Vous voyez, vous raisonnez encore.
00:23:06Ça, je me demande si toutes mes parrières seront jamais suffisantes
00:23:08pour votre salut.
00:23:11Et si ?
00:23:12Arrgh.
00:23:15Arrgh.
00:23:17Arrgh.
00:23:19Arrgh.
00:23:21Arrgh.
00:23:22Arrgh.
00:23:24Arrgh.
00:23:25Arrrgh.
00:23:25Ansoise.
00:23:28Les asperges, toutes à l'huile.
00:23:32Arrgh.
00:23:41Non, non, déposez-moi à l'entrée du jardin.
00:24:01Enfin vous voilà!
00:24:03Nous n'attendions que vous pour souper.
00:24:07Attendez nouvelles de ce bon appéchalon.
00:24:09Il est à nouveau sur pied, si l'on peut ainsi dire, de quelque chose de rond.
00:24:15Vous ne cessez de le redoyer. Je me demande ce qu'il vous a fait.
00:24:18Il me fait peur!
00:24:23Le voilà!
00:24:23Oh!
00:24:30Chère Fontenelle, je ne crois pas vous avoir présenté Isabelle.
00:24:34La fille de ma soeur du comte Délatorre.
00:24:36Elle est arrivée de Florence la semaine passée.
00:24:41Ah, des asperges!
00:24:49On dit, monsieur, que vous n'avez pu résister à un mot cruel dont l'abbé Chalon fut l'innocente
00:24:54victime.
00:24:54La cruauté n'est pas ma façon, monsieur. Mais si cela est vrai, ce que j'ai dit semble avoir
00:24:59remis les asperges à la mode.
00:25:04Monsieur le philosophe, il paraît que vous refusez de croire à l'amour.
00:25:08Plaît-il?
00:25:10N'est-il point vrai que l'amour existe?
00:25:15J'avoue qu'à sept minutes, je ne doute plus.
00:25:21On m'a dit une charmante plaisanterie qui vous concerne, chère Fontenelle.
00:25:25À quelqu'un qui souhaitait faire un placement d'argent, il a été déconseillé de le faire sur votre tête,
00:25:30sauf à fond perdu, car vous rajeunissez en vieillissant.
00:25:34L'autre jour, j'ai voulu faire déplacer un meuble de famille, un vieux secrétaire qui avait toutes les apparences
00:25:38du neuf.
00:25:39Eh bien, à peine l'a-t-on touché, qu'il s'est effondré. Il était vermoulu.
00:25:46Vieillir me fait peur. Pour les femmes, la disgrâce des sens, c'est une horrible chose.
00:25:53Une sottise. Pour éviter à nos sens de vieillir, il faut veiller à leur fonctionnement régulier. Les entretenir, en quelque
00:26:02sorte.
00:26:02À suivre vos conseils, on tomberait vite dans l'excès, il me semble.
00:26:05L'homme de qualité sait tempérer ses audaces.
00:26:09Je crains, mademoiselle, que nos discours vous ennuient.
00:26:13Les vôtres, vous voulez dire ?
00:26:17Quand la beauté et la jeunesse s'accordent si magnifiquement, a-t-on envie d'entendre des propos desséchés ?
00:26:24A-t-on d'ailleurs envie d'entendre quoi que ce soit ? Les paroles retardent toujours les actes.
00:26:29Oh non, ce n'est pas possible.
00:26:31Qu'en pense votre nièce ?
00:26:33Elle va vous le dire elle-même, baron Grimm.
00:26:36Je ne suis pas encore à me laisser des conseils qu'elle en me donne.
00:26:40Ce qui n'empêche pas d'en faire le tri.
00:26:42De reconnaître la vérité dans ce qui est généreux, sensible, dévoué.
00:26:47En un mot, dans ce qui vient du cœur.
00:26:50Tous les êtres possèdent un cœur, me direz-vous.
00:26:53Eh bien non.
00:26:54La science nous le cache encore, mais certains en sont réellement dépourvus.
00:26:59Vraiment ?
00:27:00J'en connais personnellement.
00:27:01Dans quelques contrées lointaines, je pense.
00:27:03Point du tout, ici même.
00:27:05Nous direz-vous.
00:27:06À quoi bon ? Il s'est déjà reconnu.
00:27:14Je suis résolu à faire à l'Académie une communication sur l'intelligence de l'asperge.
00:27:24C'est un légume particulièrement savoureux, mais aussi commande à manger.
00:27:30En somme, fait pour nous plaire, mais avec une discrétion qui enchante.
00:27:37Il suffit d'ailleurs de savoir comment poussent les asperges.
00:27:40Elles passent la tête, pour d'abord voir si elles ne dérangent pas.
00:27:49Et puis alors, se sachant attendues, elles viennent.
00:27:56Tout entière.
00:28:00Aucun autre légume ne possède cette élégance.
00:28:06À vrai dire, monsieur, ça n'est pas précisément sur l'Académie et les asperges qu'on vous attendait.
00:28:10Sur quoi d'autre ?
00:28:11Eh bien, sur ce qu'affirme monsieur de Vallière.
00:28:14L'absence de cœur.
00:28:16Vous avez dû mal entendre.
00:28:17Comment cela ?
00:28:19Monsieur de Vallière pense que cela n'existe pas parce que le cœur, comme le cerveau, sont des organes qui
00:28:25lui sont encore étrangers.
00:28:27J'ai cru comprendre que pour l'instant, il ne s'intéressait qu'à la partie comprise entre la hanche
00:28:32et le genou.
00:28:39Bénissons l'esprit, monsieur. C'est lui qui vous tuera.
00:28:43Alors ne songez plus à l'Académie.
00:28:45Vous voilà déjà immortel.
00:29:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:29:15Sous-titrage Société Radio-Canada
00:29:32Sous-titrage Société Radio-Canada
00:29:35...
00:29:36...
00:29:39...
00:30:11On dirait que la musique vous est soudainement insupportable.
00:30:14...
00:30:50...
00:31:39Thank you very much.
00:31:57Come on, Mr. Leforger has promised to teach you a new skill.
00:32:08I prefer to retire.
00:32:10How you would like.
00:32:10Ma nièce ne possède-t-elle pas une voie merveilleuse ?
00:32:14Sans doute.
00:32:15Mais comment en aurais-je profité ?
00:32:19C'est à vous ?
00:32:21Je ne vois pas l'utilité de m'encombrer du bien d'autrui.
00:32:25Je veux dire, vous en avez réellement besoin ?
00:32:28Hélas, ma bonne amie, me voici parvenue à l'âge des accessoires.
00:32:48Oh mon Dieu !
00:33:06Ah !
00:33:07Ah !
00:33:07Ooo...
00:33:09Ah!
00:33:11Ne craignez rien.
00:33:12Ma vue aussi est mauvaise.
00:33:27Monsieur?
00:33:32Monsieur?
00:33:36Quelqu'un parle?
00:33:37Moi, monsieur.
00:33:54Votre esprit m'a charmé, monsieur.
00:33:57Je comprends que ma tante tienne tant à votre présence.
00:34:01Avez-vous aimé les airs que je chantais?
00:34:04Votre voix et votre accent feraient aimer tous les airs du monde.
00:34:08Votre voix et votre accent feraient aimer tous les airs du monde.
00:34:08Ha!
00:34:09Ha!
00:34:09Vous savez que je connais vos entretiens sur la pluralité des mondes.
00:34:13Ils sont très célèbres en Italie.
00:34:16Quelle chance est cette marquise d'être instruite par vous.
00:34:20Des Mercure, des Vénus, des Jupiter.
00:34:24Mais je vous mets en retard.
00:34:26Bonsoir.
00:34:27Bonsoir, monsieur.
00:34:33Nous sommes prêts, monsieur.
00:34:35Pas moi!
00:34:50Je vous pardonne d'avoir interrompu mon chemin si vous acceptez que je me mette en travers du vôtre.
00:34:57Aurais-je droit à une licence d'astronomie?
00:35:00J'aime les sciences, vous savez.
00:35:02J'imagine que vos soirées passées à instruire la marquise étaient pareilles à celle-ci.
00:35:16Enfin, voyons, vous vous conduisez avec moi comme si j'avais dix ans de moins.
00:35:23Puisque je ne peux prétendre tenir la place de votre marquise,
00:35:27je me contenterai de la beauté de ce spectacle.
00:35:31Qui cela serait?
00:35:33Les sceaux et les savants.
00:35:35Je crois qu'un jour viendra où l'homme visitera les planètes.
00:35:39Vous avez raison.
00:35:41Il n'aura pas la sageuse d'y renoncer.
00:35:44Et il ne pourra s'empêcher d'y mettre de l'orgueil.
00:35:47Comme toujours.
00:35:48Vous étiez moins pessimiste avec la marquise.
00:35:53Marquise?
00:35:57Imaginaire.
00:35:59Êtes-vous sérieux?
00:36:03Je voulais raconter simplement les principes qui régissent l'univers, alors j'ai imaginé des conversations avec une marquise, le
00:36:10soir, dans le parc d'un château.
00:36:15Je rêvais d'un ouvrage ni trop sec, ni trop léger, mais il se peut bien qu'en cherchant un
00:36:21juste milieu qui convainc tout le monde, j'en ai trouvé un qui ne convienne à personne.
00:36:26Les justes milieux sont impossibles à tenir.
00:36:30On ne m'y prendra plus.
00:36:33C'est pourtant grâce à vous que les femmes prennent plaisir à la science.
00:36:37Beaucoup d'hommes ne vous le pardonneront jamais.
00:36:41Enfin, l'aveu que vous m'avez fait me dispense désormais de me montrer jalouse envers votre marquise.
00:36:48Je vous demande pardon.
00:36:51J'ai parlé de la jalousie.
00:36:54J'avoue, ignorez ce que c'est.
00:36:56Je vous crois. Il n'y a que les femmes pour savoir.
00:37:02Allons, je ne suis pas tout à fait honnête.
00:37:06Pardon?
00:37:08Cette marquise, je ne l'ai pas entièrement inventée.
00:37:12Je me suis inspirée d'une personne réelle.
00:37:16Qui?
00:37:19Une dame de ma province.
00:37:21Auprès de laquelle beaucoup pensaient que j'étais...
00:37:25assidu.
00:37:27L'étiez-vous?
00:37:29Elle fait en sorte que mes manières fussent toujours honnêtes et obligeantes.
00:37:35Les jeunes gens n'entendent plus cela.
00:37:38Le seul intérêt des jeunes gens est de fuir les sentiments.
00:37:43Enfin, monsieur.
00:37:46Pour les sentiments.
00:37:49Quelle étrange conseil.
00:37:51Quelle importance.
00:37:53On reconnaît les bons conseils à ce qu'ils ne sont jamais suivis.
00:37:55Et les mauvais à ce que tout le monde s'est hâté de les précéder.
00:38:01Je ne vous ai que trop retardé, monsieur.
00:38:03Aurais-je prononcé quelques paroles pour vous déplaire?
00:38:07La nuit est fraîche, soudain.
00:38:11Elle est fort douce, au contraire.
00:38:14Je porte de prendre froid.
00:38:17Je m'en voudrais donner ton point attentif à votre santé.
00:38:27Le troisième acte commence par une scène entre la marquise et Dubois.
00:38:36Buvez.
00:38:40C'est brûlant.
00:38:42Vous vous souciez moins du chaud et du froid dans certaines maisons que je connais.
00:38:48Je dois écrire une lettre.
00:38:51Allez.
00:39:05C'est chaud.
00:39:30Mon pauvre ami, vous voilà dans un triste état.
00:39:33À cause de l'humidité de votre jardin.
00:39:36Que me dites-vous là?
00:39:38Que les faiblesses arrivent par où on ne les attend pas.
00:39:42Ma nièce m'a chargée de vous remettre cette lettre.
00:39:45Elle vous remercie d'être restée pour l'écouter chanter.
00:39:50Je crois avoir bien agi en exigeant qu'Isabelle s'installe chez moi.
00:39:54Elle ne pouvait rester à Florence plus longtemps.
00:39:56Sa mère n'aurait jamais trouvé sur place remède à son mal.
00:39:59De quel mal souffre-t-elle donc?
00:40:01De quoi voulez-vous?
00:40:03L'amour, mon ami.
00:40:05L'amour!
00:40:08Isabelle a connu il y a peu le revers d'une passion qu'elle croyait partager.
00:40:12Elle a surpris celui qui lui avait juré sa flamme dans les bras d'une autre.
00:40:15Enfin, quand je dis dans les bras, j'espère que vous me comprenez.
00:40:20Ma sœur s'est alarmée.
00:40:21Car la santé d'Isabelle donnait des signes d'inquiétude après cette pénible déconvenue.
00:40:26On ne saurait compter le nombre de fois où Isabelle a été surprise en larmes.
00:40:30Sans parler de ce jour pas si lointain où elle a voulu se jeter dans la rivière.
00:40:35Enfin!
00:40:36J'ai arraché ma nièce à son tourment et la voilà guérie.
00:40:41Je vous vois fatiguée, chère Fontenelle.
00:40:44Vous dites?
00:40:46Ah oui.
00:40:48L'amour.
00:40:53Me pardonnerez-vous, monsieur, un comportement aussi ce qu'inexplicable,
00:40:58alors que vous me faisiez la faveur de votre immense savoir.
00:41:02Il me faudra bien du courage pour réparer devant vous,
00:41:06alors même que je ne saurais me résigner à ne plus vous voir.
00:41:11…
00:41:19…
00:41:40Réalisé par Nathalie
00:41:54Mrs. Fontenelle, Mr. Fontenelle m'a chargeé de vous remettre ceci.
00:42:20Ah, monsieur de Fontenelle, je suis bien l'as de vous revoir. Monsieur Diderot et monsieur d'Alembert disaient à
00:42:26l'instant que vous étiez leur maître.
00:42:28Ce n'est pas un mince privilège, madame, que d'être née avant tout le monde.
00:42:34Fontenelle, vous avez retrouvé bonne mine. Ma nièce sera ravie de vous revoir.
00:42:38Oh, cette jeunesse nous donne le vertige.
00:42:49Qu'il me soit permis de saluer l'esprit le plus libre et le plus avancé de notre temps.
00:42:57Monsieur d'Alembert, vous me faites trop d'honneur.
00:43:00Notre encyclopédie vous est sans foi redevable.
00:43:03Vous verrez que mon âge finira par me rapporter.
00:43:12Je ne suis point un de ces hommes qui exhibent des certitudes.
00:43:17Mais je sais que c'est par la connaissance et le raisonnement que le monde sortira des ténèbres.
00:43:22Nos articles lui ouvriront les yeux et nos souscripteurs ne seront pas que des lecteurs.
00:43:27Comprenez-vous, ils transmettront, ils témoigneront.
00:43:32Ah, monsieur Fontenelle.
00:43:37On me dit que vous ne ménagez point votre peine pour nous soutenir.
00:43:40Soyez-en mille fois remerciés.
00:43:42Ce premier volume de votre encyclopédie me ravit, monsieur Diderot.
00:43:47C'est une vaste entreprise.
00:43:49Trop vaste, peut-être.
00:43:50En tout cas, elle vous apportera peu de satisfaction.
00:43:54Les hommes tels que vous sont faits pour les grandes aventures et la règle des 3D.
00:44:01J'ignore cette règle.
00:44:04Déconvenu, difficulté, découragement.
00:44:07Eh bien, j'en ajoute un quatrième.
00:44:09Défile.
00:44:10Je veux le relever.
00:44:11Vous avez raison.
00:44:13Il était tombé assez bas ces derniers temps.
00:44:21Charmant tableau.
00:44:23Lequel se tient l'autre ?
00:44:24Oh, Diderot préférera toujours Fontenelle à Voltaire.
00:44:27Il vaut caresser un chat qu'un scorpion.
00:44:38Monsieur de Fontenelle !
00:44:41Vous me voyez confuse.
00:44:43Oh, je veux vous assurer que l'idée que vous avez de moi n'est pas la bonne.
00:44:46Mais puisque je n'ai rien vu...
00:44:48Oh, le jour où vous m'avez surprise, mon mari m'avait insultée.
00:44:54Imaginez mon trouble.
00:44:55Comment le pourrais-je, madame ?
00:44:57C'est parce qu'il m'avait infligé cet affront que je me suis vengée de lui.
00:45:01Mais imagine que pareille vengeance vous coûte énormément.
00:45:06Personne n'est mort d'avoir été infidèle, n'ose pas ?
00:45:08Certains m'aiment vivre, madame.
00:45:11Mon mari m'a traité de catin.
00:45:15Pourtant, j'ai éprouvé de l'affection et de la tendresse pour tous les hommes qui m'a été donné
00:45:19de connaître.
00:45:20Dans ce cas, madame, ce n'est pas une insulte, c'est de la reconnaissance.
00:45:24Un peu de fraîcheur, un peu de fraîcheur me fera du bien.
00:45:36Quelle situation, monsieur ?
00:45:39Comment cela ?
00:45:41Ce rendez-vous que vous m'avez fixé dans les plus grands secrets.
00:45:44À la suite d'une lettre de vous et votre tante, qui me l'a remise,
00:45:48croit encore que vous m'adressiez de simples remerciements.
00:45:53I'll give you an excuse.
00:45:55I can't imagine what you thought of me after this evening.
00:45:59But what I thought at the moment
00:46:00has nothing to do with what I believe now.
00:46:04What do you want to say?
00:46:06That without a feeling that you hurt,
00:46:11you wouldn't have assisted
00:46:13to a departure
00:46:14that looks like
00:46:17a break.
00:46:20You know so,
00:46:23I'm more strong than I think.
00:46:25I believe I'm forgetting.
00:46:27I'm not going to die.
00:46:28It's true.
00:46:29And I believe that this will be my greatest glory.
00:46:33What force do you need to be inhabited?
00:46:36I don't see anything in the movements of the heart,
00:46:39but I prefer to keep it.
00:46:42Like if we had the choice.
00:46:44We have.
00:46:45We have.
00:46:46We have.
00:46:47We have.
00:46:58We have.
00:47:00We have.
00:47:00We have.
00:47:01We have.
00:47:02We have.
00:47:04We have.
00:47:04We have.
00:47:14We have.
00:47:19We have.
00:47:24We have.
00:47:25We have.
00:47:36We have.
00:47:39We have.
00:47:40We have.
00:47:42We have.
00:47:47We have.
00:47:48We have.
00:47:48We have.
00:47:48We have.
00:47:50We have.
00:47:51We have.
00:47:54We have.
00:47:57We have.
00:48:01We have.
00:48:03We have.
00:48:04We have.
00:48:04We have.
00:48:06We have.
00:48:06We have.
00:48:07We have.
00:48:07We have.
00:48:09We have.
00:48:10I can't see what I was trying to do.
00:48:11Why was I wrong?
00:48:14I just looked at how I went through the path.
00:48:18When I wanted to take care of an lawyer in my native city,
00:48:21I lost the only thing that I gave to me.
00:48:25What importance! You had the poetry!
00:48:27I gave her, and she didn't give me.
00:48:30I am now being detached,
00:48:33but I know how the detractors were right.
00:48:36My books did not imitate what we represented the worst on the theatre.
00:48:42But the Academy accepted you?
00:48:45After four attempts,
00:48:47they would have thought that I would live old,
00:48:49and they would make me wait more.
00:48:53You are a great servant.
00:48:55Without reading your books,
00:48:57would I have a taste for science and would I have...
00:49:01What?
00:49:02A small treaty.
00:49:05A small treaty.
00:49:07Two remarks, rather,
00:49:09on the refraction of the lumière.
00:49:11Aurais-je the honor to read them?
00:49:14Accepteriez-vous, on a change,
00:49:15to mention the observations of the stars?
00:49:18I am too malhabitable.
00:49:20L'observation des...
00:49:21Isabelle!
00:49:22L'observation des stars, yes?
00:49:24I don't hear anything else.
00:49:27Isabelle!
00:49:28All right, acceptez-vous.
00:49:30What?
00:49:31Isabelle!
00:49:32Soit!
00:49:33Soit!
00:49:35Soit!
00:49:35Quelle était cet air que vous chantiez?
00:49:38La la la la la la la la la la la la la la...
00:49:43C'est un air qu'on chante à Florence,
00:49:45et qui parle d'amour.
00:49:47Isabelle!
00:49:55Qui sait à quel instant de la succession des générations animales nous en sommes?
00:50:00Qui sait si ce bipède déformé qui n'a que quatre pieds de hauteur,
00:50:03qu'on appelle encore un homme,
00:50:05et qui ne tarderait pas à perdre ce nom en se déformant un peu davantage,
00:50:10n'est pas l'image d'une espèce qui passe?
00:50:12Diderot est merveilleux.
00:50:15C'est grâce à des hommes comme lui que le monde va s'ouvrir.
00:50:17Le monde, vous rendez-vous compte?
00:50:19Qui puis-je?
00:50:20Nous allons découvrir tant de choses nouvelles,
00:50:22comme j'ai hâte et comme j'ai envie.
00:50:24Mon fils, les envies sont inutiles quand on peut tout avoir.
00:50:28Qui sait si tout ne tend pas à se réduire à un grand sédiment inerte et immobile?
00:50:33Qui sait quelle sera la durée de cette inertie?
00:50:36Qui sait quelle race nouvelle?
00:50:42Qui peut résulter d'un amas aussi grand de points sensibles et vivants.
00:50:54Il sera plus aisé d'enseigner la mécanique que la tolérance.
00:50:59Sans doute.
00:51:00Il le faudra pourtant.
00:51:02C'est peut-être là notre véritable dessein.
00:51:05Certes.
00:51:07Mais l'homme est l'homme.
00:51:09Il avance et il recule.
00:51:11Vous ne le changerez pas aisément.
00:51:13Je ne suis pas pessimiste.
00:51:16Bessoir comme celui-là.
00:51:18Moi non plus.
00:51:20J amor à moi.
00:51:31C'est bon voisin.
00:51:33Je l'em bancois derrière c'est tropédé.
00:51:48J'ai envie de lies correctement.
00:51:50...
00:52:10Eh bien, qu'attend-on ? Françoise ?
00:52:14Il n'y a personne ! Françoise !
00:52:17Qu'est-ce que vous avez à crier comme ça ?
00:52:19D'abord, que faites-vous de beau ?
00:52:21Ben, il est bien temps, il me semble !
00:52:23Sept heures n'ont pas encore sonné ?
00:52:24Oh, voilà ! Mais qu'ai-je besoin des cloches ?
00:52:27Mon horloge à moi me dit qu'il est là !
00:52:30L'heure de quoi ? Mais...
00:52:32Voyez-vous !
00:53:16Sous-titrage ST' 501
00:53:17Sous-titrage ST' 501
00:53:43Ainsi, dans sa 95ème année, c'est que la déraison est à l'œuvre !
00:53:51Ben, vous ne dites rien, bien sûr !
00:53:58Eh bien, mon oncle ! Que faites-vous là ?
00:54:03J'attends !
00:54:04Vous attendez ?
00:54:05Oui, une jeune personne qui doit me montrer certains traités qu'elle a commis.
00:54:13Et... resterez-vous là jusqu'à son arrivée ?
00:54:16Ben, à vrai dire, elle ne viendrait que plus tard.
00:54:20Mais je tenais à m'assurer que tout était en place.
00:54:27J'attends.
00:54:42Vous n'oserez jamais me dire qu'est-ce plat ?
00:54:48Acceptez que juste de l'impunité que l'âge me confère...
00:54:52pour vous dire la vérité ?
00:54:54Votre étude est fort judicieuse.
00:54:56Et le style à votre image...
00:54:58pure et sensible.
00:55:00Pensez-vous, monsieur ?
00:55:03Mon souci de vivre selon des règles simples m'invite...
00:55:08à toujours penser...
00:55:11comme je dis.
00:55:14Je ne vois toutefois guère ce qu'il y aurait maintenant à vous apprendre...
00:55:18sur...
00:55:21l'observation des étoiles.
00:55:24Pardonnez-moi, monsieur, si je me suis mal faite entendre.
00:55:27En fait, ma tante ne possède pas des lunettes astronomiques.
00:55:31Et vous voudriez ?
00:55:33Venir étudier chez vous.
00:55:37Mais...
00:55:39La nuit ?
00:55:41Naturellement.
00:55:42Mais si cela est votre souhait, eh bien, je vais...
00:55:46je vais...
00:55:47je vais vous rendre votre excellente étude.
00:55:50Il y a d'autres choses dont vous m'avez promis de m'instruire.
00:55:55Ah...
00:55:56Je ne vois pas.
00:55:58Comment avez-vous si vous détachez de l'amour ?
00:56:02Alors, monsieur...
00:56:04Souvenez-vous de votre promesse.
00:56:08Comprenez mon embarras.
00:56:10Qu'y a-t-il d'embarrassant ?
00:56:12Rien.
00:56:13Eh bien...
00:56:17On se dévoile toujours trop.
00:56:20Quel danger !
00:56:21Il ne faut pas raconter sa vie.
00:56:24Après, les gens vous demandent des comptes.
00:56:27Ils estiment que je les regarde.
00:56:34Alors...
00:56:34Eh bien...
00:56:36Dans ma dix-septième année, une jeune fille de quinze ans,
00:56:39une lointaine parente, était venue passer la belle saison chez nous.
00:56:44Un soir que nous nous promenions, j'ai osé lui donner un baiser.
00:56:50Dans son regard, j'ai vu une...
00:56:52une confiance qui m'a ému bien plus que...
00:56:56que le baiser lui-même.
00:56:59Cet instant de grâce n'a été gâché par...
00:57:02par aucune parole.
00:57:05C'est la seule fois de ma vie...
00:57:07où j'ai ressenti quelque chose.
00:57:10N'avez-vous jamais revu cette jeune fille ?
00:57:14Je n'ai pas voulu.
00:57:17C'est pour cela que je ne l'ai jamais oublié.
00:57:21Mais après...
00:57:23Ce souvenir a suffi à me garder des ravages du cœur.
00:57:27À ne point fixer le mien.
00:57:30Ce qu'il me fallait, je l'ai trouvé.
00:57:34La sérénité de complicité aimable et bien vécue.
00:57:39Pour le reste...
00:57:42Regardez le calendrier.
00:57:45Vous verrez qu'il faut à l'amour bien du talent pour résister.
00:57:49En lieu et place de l'émerveillement perpétuel,
00:57:53vous trouverez l'exactitude et la régularité des jours.
00:57:59Un vertige.
00:58:01Il faut que la présomption domine pour répondre favorablement à la seule question qui vaille.
00:58:10M'aimerez-vous encore demain ?
00:58:18J'aimerais qu'il m'arrive quelque chose d'heureux.
00:58:23Pourquoi est-il si difficile ?
00:58:25Ça ne doit pourtant pas demander à Dieu un effort bien considérable.
00:58:31Qu'espérez-vous ?
00:58:35Ce que vous avez refusé.
00:58:37Vous vous y êtes déjà brûlée.
00:58:40Mais comment, enfin, pourrait-elle voir autrement sa vie
00:58:43qu'accordée à celle de l'homme qui sera l'aimée ?
00:58:46T'en as fait une croyance assez répandue,
00:58:49en dépit des dégâts qu'elle cause.
00:58:52Vous parlez comme un impie.
00:58:54Ne mêlez pas Dieu à cela.
00:58:56Le diable, alors.
00:58:57T'es souvent son homme d'affaires.
00:58:59Pour ne pas vous déplaire, il faudrait donc renoncer.
00:59:03Le cœur ne doit point faillir.
00:59:07Souhaitez-vous cela pour moi ?
00:59:09Ne cherchez-vous point de conseil ?
00:59:12On ne se marie pas avec la solitude.
00:59:15N'est-ce pas préférable un homme qui serait indigne de vous ?
00:59:19Vous possédez assez d'intelligence pour être jamais seul ?
00:59:23Ou point envie de connaître cette chose exquise et rare qu'on nomme liberté ?
00:59:28Et de jouir par la même de cette autre merveille qu'on appelle la paix ?
00:59:34Je dois partir.
00:59:40Regardez, le soir est déjà tombé.
00:59:43En effet.
00:59:50Bonsoir Monsieur de Fontenelle.
00:59:54N'aimez-vous pas mon prénom ?
00:59:56Vous ne le prononcez jamais.
00:59:59Je l'apprivage.
01:00:08Je voudrais ne pas me rappeler votre conseil Monsieur.
01:00:11Mais peut-être est-il déjà trop tard.
01:00:25Bonjour Françoise.
01:00:27Comment un autre homme ce matin ?
01:00:28Comme hier Madame.
01:00:29Et comme avant-hier.
01:00:30Il s'entonne, se fait raser et poudrer une heure durant, exige des rubans à son habit.
01:00:35Et il ne ressent plus aucune douleur.
01:00:37Il prétend même que son ouïe ne l'a jamais fait souffrir.
01:00:40Voulez-vous mon avis ?
01:00:42Monsieur se moque de nous.
01:00:45Et le pire, c'est que son appétit a redoublé.
01:00:49Il redemande de tout.
01:00:51J'en suis à me demander si c'est la signe de bonne santé ou de quelques dérangements.
01:01:14Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche.
01:01:17Pense-t-il seulement à dormir ?
01:01:19Sait-il encore où est sa chambre ?
01:01:46Je me demande s'il ne confond pas la nuit et le jour.
01:01:49Lui qui ne s'est jamais agité de sa vie, on dirait que rien va assez vite.
01:01:54Mathieu et Simon se plaignent de ce qui les a transformés en courants d'air.
01:01:57Tout ça n'est pas bon Madame, je vous le dis.
01:02:28Les visites de la jeune Isabelle semblent avoir survécu.
01:02:30Sur vous, un effet souverain, mon oncle.
01:02:35Êtes-vous inquiète ?
01:02:36Non point, mais vous qui avez toujours accueilli, avec la même humeur tranquille, les gens et les choses.
01:02:42Il semble que la jeune Isabelle puisse se flatter de provoquer le changement dans vos habitudes.
01:02:48Je suis attentif à ses travaux.
01:02:51Elle entend la science à merveille et pratique le raisonnement et la déduction comme peu de gens.
01:02:59Voudriez-vous que je fusse absent quand l'intelligence, la finesse, l'esprit et la beauté se sont donnés rendez
01:03:05-vous ?
01:03:08Je vous assure qu'il m'est plus agréable d'écouter et de regarder Isabelle que tous les académiciens réunis.
01:03:21L'autre jour, chez la marquise de Villemin, une femme qui devait avoir dans les quarante ans,
01:03:27se mit à nous observer comme si elle s'inquiétait qu'Isabelle fût si jeune ou que je fût si
01:03:33vieux.
01:03:35Quelle tristesse que de se trouver entre deux âges.
01:03:40Vous avez changé, mon oncle.
01:03:43Oh bien.
01:03:44C'est comme...
01:03:47Pardonnez-moi, j'allais dire une sottise.
01:03:50Allez, allez.
01:03:53Eh bien, c'est comme si, soudainement, vous vous découvriez un cœur.
01:04:25Je vous ai blessée, je suis impardonnable.
01:04:30Je suis confuse.
01:04:34Quelle étrange glisserie, cet air frais.
01:04:39Il est possible que cela porte un nom ?
01:04:42Ne le prononcez pas.
01:04:57Quand on me demande, eh bien, monsieur, comment va votre encyclopédie,
01:05:01j'ai l'impression qu'on me transperce le cœur.
01:05:03Voulez-vous la vérité ?
01:05:05Nous sommes persécutés par des coquins qui espèrent de nous la résignation.
01:05:09Et Voltaire qui nous conseille d'aller continuer en pays étranger.
01:05:11Mais quelle idée se fait-il donc du courage ?
01:05:14Oui, nous continuerons, mais à poursuivre nos ennemis.
01:05:18Et nous retournerons à notre profit la bêtise de nos censeurs.
01:05:22Il est heureux de vous entendre parler ainsi, monsieur Diderot.
01:05:25D'Alembert disait ici même l'autre soir que vous vous sentiez découragé.
01:05:29D'Alembert subit plus que moi les assauts des imbéciles.
01:05:33Mais il est vrai que le repos me tente.
01:05:37Je rêve parfois d'une vie tranquille, au fond de ma province.
01:05:42Alors tout s'apaiserait.
01:05:44Et je pourrais voir dans les cœurs un peu d'innocence.
01:05:49Mais il faut être utile aux hommes.
01:05:53Et travailler.
01:05:55Je me demande pourtant si l'on ne fait pas autre chose que les amuser.
01:06:00Quelle différence y a-t-il entre le philosophe et le joueur de flûte ?
01:06:03On ne peut changer les hommes, monsieur.
01:06:05Et tantôt ils se tourneront vers votre philosophe,
01:06:08tantôt ils préféreront le joueur de flûte.
01:06:11On croirait entendre monsieur de Fontenelle.
01:06:13Votre remarque me flatte, monsieur.
01:06:15Moi, je crois que les hommes sont faits de plusieurs petits récipients.
01:06:19Celui de la raison, celui de l'imagination, celui de l'esprit.
01:06:23Et qu'il y a aussi une grande marmite de pure bêtise.
01:06:28Ah !
01:06:29Voilà bien la preuve que tous les êtres ne se ressemblent pas.
01:06:32Et que pour certains d'entre eux, le destin n'appuisait que dans la grande marmite.
01:06:39Et bien moi j'avance que tous les êtres humains doivent être considérés de la même façon.
01:06:44Vous ne pouvez quand même pas prétendre qu'ici même nous sommes tous pareils.
01:06:48Et laissez donc le seigneur seul juge de ce que nous sommes et de ce que nous valons.
01:06:54De qui parlez-vous ?
01:06:56Je suis surpris, monsieur, de ne pas vous avoir entendu blasphémer plus tôt.
01:07:02Et voulez-vous que je me rattrape ?
01:07:04Taisez-vous.
01:07:06Je vais vous dire ma manière de penser, monsieur.
01:07:11Le châtiment est terrible.
01:07:15Je veux vous entendre en confession au plus tôt.
01:07:18En confession.
01:07:26On dit, mademoiselle, que vos travaux sont du plus grand intérêt.
01:07:30Monsieur de Fontenelle me prodigue des encouragements.
01:07:32Je voudrais y joindre les miens.
01:07:35Et...
01:07:36Je voudrais tout autant que vous ne refusiez pas que je vous entende chanter.
01:07:39Je ne peux, monsieur.
01:07:41Il n'y a personne pour tenir le clavecin.
01:07:43Si ?
01:07:47Moi ?
01:07:48...
01:08:13CELLO PLAYS
01:08:25I want to run away from the land of a fine love that I will expose myself from a refusal
01:08:35to the darkness and the darkness, to the darkness and the darkness.
01:09:34Nel, à ce temps matinal !
01:09:36Je dois voir votre nièce pour lui remettre ceci.
01:09:41Elle est sortie.
01:09:42Mais pourquoi avez-vous pris vous-même la peine de...
01:09:45Où est-elle ?
01:09:45Monsieur Diderot est venu la chercher.
01:09:48Voulez-vous me confier ce que vous avez là ?
01:09:51Je la peux attendre.
01:09:53À tantôt.
01:10:05Enfin, monsieur le Fontenelle, puisque je vous dis que monsieur Diderot n'est pas là !
01:10:08Où est-il alors ?
01:10:09Ah, il est, pour vous dire sincèrement, il est...
01:10:11Où est-il là ?
01:10:12Ah, le lieu, je l'ignore, monsieur, mais il est avec une personne.
01:10:16Et que font-ils ?
01:10:17L'avez-vous vue, cette personne ?
01:10:19Ah, celle-là, non, je ne l'ai pas encore vue.
01:10:21Enfin, vous avez bien une idée.
01:10:23Elle doit être jeune, non ?
01:10:26Jeune et belle.
01:10:28Elles sont toutes jeunes et belles, monsieur.
01:10:31Ah, je vais l'attendre.
01:10:56Mais c'est Fontenelle !
01:10:59Mais qui a-t-il ?
01:11:02Il n'y a que peu de choses à vous dire, monsieur.
01:11:06Ce que vous faites...
01:11:08Oui ?
01:11:10Ce que vous faites est...
01:11:13Elle est...
01:11:14Incomplet.
01:11:16De quoi parlez-vous, non ?
01:11:18De votre encyclopédie.
01:11:22Qu'a-t-elle d'incomplet ?
01:11:24Vous n'y traitez point, des passions, du sentiment.
01:11:32Qu'avez-vous à rire ?
01:11:34C'est vous, monsieur de Fontenelle, qui parlez de sentiments.
01:11:37Ah, et puis faites comme vous voulez.
01:11:39Je ne m'apprendrai à donner des conseils.
01:11:40Eh bien, une colère du paisible Fontenelle, l'événement est unique.
01:11:44C'est un honneur.
01:11:45J'envis vos emportements.
01:11:46J'aimerais vous ressembler.
01:11:48Permettez que je vous renvoie le compliment, mais vous n'êtes pas sérieux.
01:11:51Qu'est-ce donc que je possède qui vous manquerait ?
01:11:54Du courage.
01:12:47Sous-titrage ST' 501
01:12:47Qu'avez-vous ?
01:12:49Rien.
01:12:52Vous semblez vous ennuyer ?
01:12:55Non, point du tout.
01:12:59Je crois que j'abuse de votre bonté.
01:13:02Ce n'est pas une naissance que d'impôt d'intérêt pour un savant comme vous.
01:13:10Vous ne dites rien ?
01:13:13Que pense monsieur Diderot de vos observations ?
01:13:17Ma tante vous a dit.
01:13:19Il m'a fait l'honneur de trouver de l'intérêt à ce que je fais.
01:13:28Est-ce là ce qui vous contrarie ?
01:13:31Ce n'est pas un contrarier.
01:13:34C'est moi, en effet, qui devrais l'être.
01:13:37Yarnet, vous ne repartiez alors que je chantais ?
01:13:40Non, vous avez bien d'autres oreilles pour vous entendre.
01:13:45Vous êtes de méchante humeur, tout cela par ma faute.
01:13:49Aurais-je dû refuser l'invitation de monsieur Diderot ?
01:13:52Il s'est montré aimable et fort enjoué.
01:13:55Je n'en doute point.
01:13:58Reprenez vos observations.
01:14:06Pensez-vous que je ne puis oublier certains conseils ?
01:14:10Si monsieur Diderot a charmé mon esprit,
01:14:13mon corps, lui, n'a pas failli.
01:14:15Il aura été retardé en route.
01:14:17Vous croyez donc que je ne vous dis pas la vérité ?
01:14:21Pour ce que de bien connaître la vérité,
01:14:23je crois disposé d'une certaine avance.
01:14:25Bien inutile, je vous rassure.
01:14:28Les mises en garde que je vous ai adressées
01:14:31sont aujourd'hui dérisoires, dérisoires.
01:14:34Qui avait-il de dérisoires ?
01:14:36À vouloir m'épargner erreurs et souffrances ?
01:14:41Ce soir, je ne vois que trop la vanité de mes propos.
01:14:46Pas d'impulsion du cœur, du raisonnement.
01:14:52Je me suis laissé entraîner à penser
01:14:54que ce qui m'avait si bien convenu
01:14:57devait vous convenir aussi.
01:15:00Voilà les paroles d'un homme
01:15:02qui toute sa vie a peu changé de place
01:15:07et qui en a tenu si peu.
01:15:13J'ai promis à M. Diderot
01:15:14d'aller lui rendre visite chez lui.
01:15:18Mais...
01:15:21J'aimerais continuer à étudier auprès de vous.
01:15:25Vous aimeriez, mais vous ne le souhaitez point.
01:15:31Je vous comprends mal.
01:15:33Vous cherchez à me dire que vous voulez votre liberté.
01:15:37Vous me blessez, monsieur.
01:15:39Je crains de vous blesser aussi.
01:15:41Cela arrive quand on vise juste.
01:15:45J'ai de l'amitié pour vous.
01:15:47J'ai pensé cette amitié partagée.
01:15:50Elle paraît être inégale.
01:15:53J'aurais dû le savoir.
01:15:54Vous entrez dans la vie
01:15:56quand je ne me décide pas à en sortir.
01:15:58Alors ?
01:15:59Mon cœur est honnête, monsieur.
01:16:02Je serai toujours heureux
01:16:03d'avoir connaissance de vos travaux.
01:16:05Nous verrons chez votre tante
01:16:07si toutefois vous y paraissez encore
01:16:09ce dont je doute.
01:16:11Pourquoi cela ?
01:16:12Parce que votre tête, votre esprit,
01:16:15votre corps seront ailleurs.
01:16:16Ils y sont déjà.
01:16:18On ne peut pas songer, les hommes.
01:16:20Vous-même l'avez reconnu.
01:16:23Il est si pénible de dire adieu.
01:16:26Je voudrais vous éviter cet embarras.
01:16:29Ce soir,
01:16:32vous êtes là pour la dernière fois
01:16:35et je l'ai su avant vous.
01:16:39J'insisterai
01:16:40pour vous voir revenir
01:16:42que je forcherai votre compassion.
01:16:46Ce serait me renier.
01:16:51Monsieur Diderot s'est montré enjoué.
01:16:53Dites-vous.
01:16:57Il sera donc libertin
01:16:59quand vous le croirez galant.
01:17:01Vous serez ainsi rassurés
01:17:03en pensant que l'esprit l'emporte.
01:17:04Nous préférons toujours abdiquer
01:17:06dans le confort.
01:17:08C'est à cela qu'on reconnaît
01:17:10nos défaites ordinaires.
01:17:14Au revoir.
01:17:42VIOLIN PLAYS
01:18:02M. Delamotte est philosophe profond.
01:18:06Philosopher, c'est rendre à la raison toute sa dignité.
01:18:10Il serait plus agréable de vous entendre lire La princesse de Clèves.
01:18:14Mais vous connaissez ce roman par cœur.
01:18:18Le mot est juste.
01:18:22Mme Geoffrin vous rend visite.
01:18:25Bonjour, ma bonne amie.
01:18:27Que se passe-t-il ?
01:18:28Je vais vous expliquer.
01:18:32Votre avis me sera précieux.
01:18:34C'est au sujet d'Isabelle.
01:18:37Depuis un an, à peine l'ai-je vue sortir au matin de la maison et rentrer fort tard.
01:18:41Je le sens bien tous les reproches qui peuvent m'être faits.
01:18:44Je ne me suis point alarmée, sachant comme elle se passionne pour les sciences.
01:18:49Mais je connais aujourd'hui les raisons de sa conduite.
01:18:52Eh bien, M. Diderot a fait se rencontrer ma nièce et l'un de ses libraires.
01:18:58Ce jeune homme est l'un de ceux qui continue à soutenir l'encyclopédie.
01:19:00Mais il part s'installer en Flandre, à Lille, et il a demandé Isabelle en mariage.
01:19:06Je ne sais que faire, mon bon ami.
01:19:09Vous qui lui fûtes si précieux.
01:19:11Qui l'avait aidé à sortir de son tourment par l'étude de la philosophie.
01:19:14Vous devez me conseiller.
01:19:18Lille.
01:19:19Très belle ville.
01:19:29Néanmoins, il ne se rebute à pointe encore.
01:19:32Il fit tout ce qu'il put pour la faire changer de dessin.
01:19:38Des années entières s'étant passées,
01:19:40le temps et l'absence ralentirent sa douleur
01:19:44et éteignirent sa passion.
01:19:47Madame de Claude vécut d'une sorte
01:19:49qui ne laissa pas d'apparence
01:19:51qu'elle put un jour revenir.
01:20:16Votre visite m'a enchanté.
01:20:18Monsieur, je suis heureux de vous savoir à Lille.
01:20:24Tout au service de la librairie.
01:20:27Je sais ce que je vous dois, monsieur.
01:20:29Et je chercherai toujours de quelle façon vous exprimer ma reconnaissance.
01:20:34Je n'aurai plus à chercher longtemps, je pense.
01:20:37Qu'il voulait vous dire ?
01:20:39Mon âge a fini par me rattraper.
01:20:42Vous vous portez à merveille.
01:20:46J'étais venue dans l'espoir que vous m'y pardonnerez.
01:20:50Je n'ai pas un remarqué d'offense.
01:20:52Je préférais vous entendre dire que je m'étais montrée en grade.
01:20:56Nous ne sommes pas assez parfaits pour être toujours affligés.
01:21:03Travaillez-vous en ce moment ?
01:21:05J'étudie notre langue française.
01:21:09Sous j'ai inépuisable.
01:21:12Je m'étonne toujours de ce que tant de choses puissent loger dans si peu de mots.
01:21:20Regardez, il n'en faut que deux pour dire que le temps n'est pas à notre disposition.
01:21:27Et c'est des mots ?
01:21:29Trop tard.
01:21:38Au revoir, monsieur.
01:21:59Je ne chante plus, monsieur.
01:22:01Et pourtant, chaque fois que j'aimerais le faire, je pense à vous.
01:22:22Je ne sais pas.
01:22:23Allez, tu sais, il s'appelle.
01:22:27Hé !
01:22:28Let's go.
01:22:43It's still real.
01:23:07You're wrong.
01:23:10You're wrong.
01:23:33Let's go.
01:24:09Let's go.
01:24:28Let's go.
01:24:55Let's go.
01:25:00Let's go.
01:25:02Let's go.
01:25:03Let's go.
01:25:11Let's go.
01:25:17Let's go.
01:25:19Let's go.
01:25:22Let's go.
01:25:33Let's go.
01:25:33Let's go.
01:26:03Let's go.
01:26:08Let's go.
01:26:09Let's go.
01:26:14Let's go.
01:26:41Let's go.
01:27:11Let's go.
01:27:12Let's go.
01:27:22Let's go.
01:27:52Let's go.
01:28:22Let's go.
Comments