00:01RTL Matin
00:03A 7h17, l'édito d'RTL Matin avec vous Etienne Jernel.
00:06Dans un an, à quelques jours ou semaines près, on aura voté.
00:09Voté pour désigner celui ou celle qui succédera à Emmanuel Macron à l'Elysée.
00:13Et alors vous, vous nous dites ce matin que si on veut donner sa chance au prochain élu,
00:18il va falloir voter vite, ne pas trop tarder.
00:20Bref, ne pas se tromper dans le choix de la date.
00:23Et oui Thomas, c'est une petite affaire de calendrier qui peut changer beaucoup de choses.
00:27Emmanuel Macron pourrait rendre un service considérable à ses successeurs et donc à la France
00:33en annonçant qu'il avance la date de son départ de deux petits mots.
00:37Alors rendons à César ce qui appartient à César, ce n'est pas mon idée,
00:41mais celle du journal britannique The Economist qui explique que le calendrier français
00:45qui veut que les élections présidentielles se déroulent toujours vers avril-mai
00:48est un calendrier calamiteux.
00:51Et ça n'a d'ailleurs pas toujours été le cas, c'est la mort de Georges Pompidou le 2
00:54avril 1974
00:55qui est à l'origine de ce calendrier maudit.
00:58Maudit, calamiteux, mais qu'est-ce qu'il a comme problème ce calendrier ?
01:01Mais parce que ce sont les premiers mois qui comptent Thomas, ce qu'on appelle l'état de grâce.
01:05Après on s'enlise, ce phénomène est d'ailleurs universel,
01:08il a été très bien décrit par le prix Nobel d'économie Milton Friedman
01:11et sa femme Rose dans un livre publié en 1984
01:15et intitulé « La tyrannie du statu quo ».
01:18En clair, il y a 6 à 9 mois d'action possible
01:21après ce que les Friedman appellent le triangle d'acier reprend la main,
01:26l'opposition reprend ses esprits,
01:28ceux qui ont des intérêts à ce que rien ne change s'organisent
01:31et la mâchoire de la bureaucratie se referme.
01:34Or, explique The Economist,
01:36la présidentielle se termine début mai,
01:38s'en suit une dissolution,
01:40des législatives et la nouvelle Assemblée Nationale s'installe juste avant l'été,
01:44c'est les vacances.
01:45En gros, ce sont des mois perdus,
01:47après il y a la rentrée sociale.
01:49En octobre, c'est terminé.
01:51En 2017, Emmanuel Macron était au mois de juin
01:54à plus de 64% d'opinions favorables.
01:56En octobre, il n'était déjà plus qu'à 42%.
01:59En quelques mois, il est passé de 64 à 42, c'est inférieux.
02:02Et donc, ces deux mois changeraient vraiment les choses selon vous ?
02:05Oui, ça laisserait au nouveau président le temps d'engager au moins
02:07les premières réformes avant l'été,
02:09avant que tout s'enlise,
02:10avant la fin de l'état de grâce.
02:13Emmanuel Macron serait bien inspiré de se souvenir
02:15de la vitesse à laquelle son élan réformateur s'est émoussé.
02:19Et puis, après tout, vous savez,
02:21deux mois à l'Elysée, c'est un sacrifice modeste.
02:23Alors, mon idée, l'idée de The Economist,
02:25ça n'est pas gagné.
02:26Vous savez ce que disait Benjamin Franklin,
02:28qui résumait le problème ainsi.
02:29Je le cite.
02:30La tragédie de la vie est qu'on devient vieux trop jeune
02:34et sage trop tard.
02:36C'est joli, ça, encore.
02:37Merci beaucoup, Etienne Jernel.
02:38Merci.
02:38Merci.
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