00:03A 7h17, l'édito de RTL Matin avec vous, Etienne Jarnel, directeur du Point.
00:07Vous avez donc suivi l'intervention d'Emmanuel Macron hier soir.
00:10C'était très solennel, très grave, très équilibré aussi.
00:14On sent qu'il marche un peu sur des oeufs face à cette guerre que l'on n'a pas
00:18choisi, rappelons-le.
00:19Oui Thomas, et vous savez, parfois la posture physique dit beaucoup de choses.
00:22Emmanuel Macron était filmé à son bureau, mais la caméra n'était pas face au bureau,
00:26comme c'est le cas le plus souvent, il était filmé de guingouas,
00:30comme s'il cherchait un angle, une position qui ne soit pas frontale.
00:33Alors c'était hier un exercice d'équilibre, pour ne pas dire d'équilibriste.
00:37Emmanuel Macron a pris soin d'abord de faire porter la responsabilité première au régime iranien,
00:43qui persiste à vouloir se doter de l'arme nucléaire,
00:45qui soutient le Hamas, le Hezbollah, qui déstabilise la région, qui tire sur son peuple.
00:50De l'autre côté, il note que ces frappes ont été, je le cite,
00:53« Conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver. »
00:59C'est ciselé.
01:01Et en contrepoint, du contrepoint, il précise que l'histoire ne pleure jamais,
01:05les bourreaux de leur peuple, formule habile pour ne pas dire que lui non plus ne pleure pas,
01:11Hamenei, sans tout à fait le dire.
01:12Alors il reconnaît aussi le droit d'Israël à se défendre,
01:15en rappelant que le régime iranien a toujours voulu publiquement sa destruction.
01:20Il accuse le Hezbollah qui attaque Israël,
01:23mais il dit qu'une offensive terrestre israélienne au sud-Liban
01:25serait une escalade dangereuse et une erreur stratégique.
01:28Bref, c'est dû, en même temps, très soigner.
01:32Ce qu'on pourrait aussi appeler une forme de nuance.
01:34Il a quand même annoncé des choses, le chef de l'État,
01:36notamment l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle.
01:38Oui, c'était la partie la plus directe,
01:40la défense de nos alliés dans le Golfe et de Chypre.
01:42Donc il a rappelé, à juste titre, qu'elle était dans l'Union Européenne.
01:46Tout cela n'est quand même pas si loin de nous.
01:48Et puis, surtout, au-delà des paroles, sur ce point,
01:50il y a les actes, des rafales, des systèmes de défense antiaérien,
01:54une frégate et le Charles de Gaulle, instrument de puissance visible.
01:59En revanche, là où il était le plus ambigu,
02:01c'est pour le sort des Iraniens eux-mêmes.
02:03Et pourquoi il est ambigu ? Pourquoi vous le trouvez ambigu ?
02:05Il prône la reprise des négociations diplomatiques avec l'Iran, il l'a dit.
02:10Et en même temps, il dit « Je veux ici former le vœu pour le peuple iranien
02:15qu'il puisse lui-même librement décider de son destin ».
02:19C'est la partie la plus molle du « En même temps » d'hier soir,
02:22comme s'il croyait à un assouplissement miraculeux du régime de Téhéran.
02:27Or, comme le dit assez justement un proverbe perçant,
02:31« Le serpent change de peau, nom de nature ».
02:33Le serpent change de peau, nom de nature,
02:35l'édito d'RTL Matin signé Étienne Jernel
02:38et qu'on retrouvera évidemment demain matin.
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