Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 11 février 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:005
00:00RTL Matin
00:02A 7h18, l'édito d'RTL Matin, Etienne Gernal, directeur du Point.
00:08On va parler donc de ce qui est vraiment la pierre angulaire de notre 5ème République.
00:12Depuis 1962, volonté du général de Gaulle, le président de la République est donc élu au suffrage universel direct.
00:18Chaque Français, chaque Française peut choisir, c'est évidemment ce qui donne la force au poste.
00:24Mais justement, pour vous Etienne, il faut que cela cesse.
00:26Mais oui, c'est l'élection qui rend fou, vous avez remarqué ?
00:30Pas une semaine sans un nouveau candidat.
00:33Et vous savez, le pire, c'est qu'ils ont raison.
00:36Tant que vous n'êtes pas candidat à la présidentielle, vous n'existez pas, ça envahit tout, ça hystérise tout.
00:42Et le quinquennat a renforcé cette maladie présidentielle, car évidemment, elle revient plus souvent.
00:47L'élection au suffrage universel direct accentue le penchant naturel monarchique de la 5ème République,
00:54la présidentocratie, comme l'appelait Jean-François Reuvel, quel génial penseur.
00:59L'onction du suffrage universel direct remplace le sacre.
01:03Et alors après, il ne faut pas s'étonner que les présidents se prennent souvent pour Dieu.
01:06Vous savez, le philosophe Gaspard Koenig, qui a essayé de se présenter en 2022,
01:10bien que contre le principe de cette élection, et qui n'a pas eu sa signature,
01:14il explique tout ça dans un livre que je recommande, qui est hilarant, qui s'appelle Contraint.
01:18Il explique que se présenter à la présidentielle, c'est être, je le cite, candidat à la divination.
01:24Le candidat est supposé omniscient, il doit avoir réponse à tout, surtout, et omnipotent.
01:29Et après, on est forcément déçu.
01:31On passe de Macron-Jupiter à tout est la faute à Macron.
01:35Sauf que cette élection directe, c'était un totem, ça fait partie de nos institutions depuis si longtemps.
01:39Depuis 1962, mais ça n'était pas la 5ème République originale en 1958.
01:44Le président a été élu par un collège d'environ 80 000 grands électeurs, en gros, comme le Sénat d'aujourd'hui.
01:51Le général de Gaulle a fait modifier la constitution en 1962 par référendum,
01:56après l'attentat du petit Clamart, qui a servi de prétexte qu'il fallait, évidemment,
02:00que ses successeurs aient la stature nécessaire.
02:02A l'époque, ça a révolté beaucoup de monde, y compris des proches.
02:05Par exemple, Pierre Mazot, éminent juriste, qui fut ensuite président du Conseil constitutionnel,
02:11et gaulliste jusqu'au bout des ongles.
02:12Donc ça n'est pas assassiner le général que de remettre en cause ce principe.
02:17Bon, mais parlons concrètement. Est-ce qu'on peut revenir dessus ?
02:20Non. Clairement pas.
02:22Qui oserait proposer aux Français de les priver du pouvoir d'élire directement un roi,
02:28et donc du pouvoir aussi de lui couper la tête par la suite ?
02:32Le cirque présidentiel, selon toute vraisemblance, va donc continuer.
02:35Et ça commence maintenant pour cette fois-ci.
02:38Vous savez, j'ai retrouvé un passage d'Alexis de Tocqueville,
02:41qui avait analysé en 1831 l'élection présidentielle américaine,
02:46pourtant un peu moins directe.
02:48Je cite Tocqueville.
02:49À mesure que l'élection approche, les intrigues deviennent plus actives,
02:53l'agitation plus vive et plus répandue.
02:56Les citoyens se divisent en plusieurs camps.
02:58La nation entière tombe dans un état fébrile.
03:01Je crois qu'on y est.
03:02Merci beaucoup Étienne Gernel.
Commentaires

Recommandations