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Les États-Unis envoient des renforts dans le Golfe : 10 000 soldats sont attendus. L’Iran hausse le ton et menace aussi de bloquer la mer Rouge si le blocus se poursuit. On en parle avec : Général Philippe Sidos, ancien chef du bureau de liaison de la Finul. Sergueï Jirnov, ancien officier de renseignement du KGB. Sami Sfaxi, journaliste BFMTV. Ulysse Gosset, éditorialiste politique internationale BFMTV. Ondine de Gaulle, correspondante BFMTV à Islamabad (Pakistan). Gilles Kepel, professeur émérite des universités et spécialiste du Moyen-Orient. Et Michel Polacco, journaliste et aviateur, spécialiste de questions de défense.
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00:00Il est 20h, bonsoir et bienvenue. Les Etats-Unis envoient des renforts dans le Golfe.
00:0510 000 hommes sont attendus, il l'affirme. Les échanges maritimes iraniens ont été totalement interrompus.
00:11L'Iran hausse le ton et menace de verrouiller aussi la mer rouge si le blocus se poursuit.
00:15On en parle avec notre équipe ce soir.
00:18Sergei Jernoff, bonsoir.
00:19Ulysse Gosset, bonsoir.
00:21Fidèle au poste, le général Philippe Sidot, ancien chef du bureau de liaison de la Finule.
00:25Bonsoir.
00:26Force de l'ONU au Liban, bonsoir.
00:27Et Samy Saxi, bonsoir à vous Samy.
00:31Une séquence à vous montrer ce soir.
00:33C'est un message du commandement central des Etats-Unis.
00:38Un message de l'US Navy, un pétrolier qui défie le blocus, qui semble défier le blocus.
00:43Regardez ce que ça donne.
00:47Ici la marine des Etats-Unis.
00:49L'ocuse maritime des ports et des côtes iraniennes en vigueur.
00:52Tous les navires doivent immédiatement regagner le port ou interrompre toute route vers l'Iran.
00:56Ne tentez pas de franchir le blocus.
00:59Les navires seront arraisonnés, interceptés et saisis.
01:02Faites demi-tour et préparez-vous à être arraisonnés.
01:05En cas de non-respect, la force sera utilisée.
01:07Terminé.
01:12Là, le message est clair, Général Sido.
01:14Le blocus fonctionne et les Américains y veillent.
01:17Exactement.
01:17Il y a un bateau qui a tenté sa chance, disons, entre guillemets.
01:20Et puis, on a la démonstration.
01:22C'est très bien d'ailleurs que Sencom le montre.
01:24On a la démonstration de leur façon dont ils procèdent.
01:26On communique en radio.
01:29On reste quand même civilisés, j'ai envie de dire.
01:31On communique en radio.
01:33Channel International, ils avaient donné un numéro de Channel d'ailleurs.
01:36Et puis, là, on fait comprendre.
01:38Et puis, on fait comprendre que l'étape suivante, ce sera l'arraisonnement.
01:41C'est-à-dire, on s'approchera, on envoie un hélicoptère, des commandos, etc.
01:44Et puis, on prendra, si on envoie des SEALS, des commandos marines sur le bateau,
01:49ça veut dire qu'ils prennent possession du bateau, très clairement.
01:52Et ça, c'est si quoi ?
01:53Ça, c'est si, en réponse, les personnes qui sont sur le bateau disent qu'ils se fichent des consignes
02:00et qu'ils vont passer quand même ?
02:00Oui.
02:01Alors, ça, c'est une autre étape.
02:03C'est encore une autre étape.
02:04C'est une autre étape.
02:05Parce que je pense que le commandant du bateau, il faudrait qu'il ait des sacrées consignes de son armateur
02:10qui lui-même en aura de son gouvernement.
02:11Parce que là, on serait dans l'épreuve de force.
02:13Ce serait vraiment pour démontrer...
02:15Alors, on peut imaginer qu'effectivement, un bateau sous pavillon chinois dise
02:20« Moi, je ne vais pas céder. Je ne vais pas rejouer la guerre des boxers. Je ne vais pas
02:23céder. »
02:24Et là, je pense que le destroy américain laisserait passer le bateau chinois.
02:28Ah, vous pensez ?
02:29Oui, je pense.
02:30Un bateau chinois avec un pavillon chinois, avec un drapeau chinois.
02:33Il arrive un moment où l'incident diplomatique serait vraiment, vraiment lu.
02:36Ça n'en vaudrait pas le coup d'aller jusque-là.
02:38Non.
02:38Jusque-là, pardon.
02:39Donc, il n'irait pas jusqu'à raisonner et interrompre la trajectoire d'un bateau chinois.
02:45Avec un pavillon chinois national.
02:47Ah, c'est lourd.
02:48Ça irait trop loin.
02:50Visiblement, 9 navires ont été refoulés par l'armée américaine.
02:54Et les militaires américains affirment que les échanges maritimes de l'Iran ont été totalement interrompus.
02:59L'Iran dit que ce n'est pas tout à fait vrai, qu'il y a quand même deux bateaux
03:02qui ont déjoué le blocus américain
03:05alors qu'ils partaient des ports iraniens.
03:08Qu'en est-il vraiment ? Est-ce qu'il y a des trous dans la raquette ?
03:10Les trous sont énormes dans la raquette parce que c'est ça aussi.
03:13Vous savez, quand on regarde un tout petit peu les cartes, on met des gros bateaux au milieu d'un
03:19détroit ou de la baie, enfin de l'océan.
03:23Et on croit que tout est bloqué.
03:25En réalité, si vous prenez à la louche, c'est 14 000 kilomètres carrés le truc.
03:32Ça veut dire que vous avez 15 bateaux, sur la ligne droite c'est 400 bornes et sur les côtés
03:37c'est 400 bornes.
03:39Et donc bien évidemment, ils sont tous les 30 kilomètres.
03:44C'est pour ça d'ailleurs, en général, je vous ai expliqué, en fait, on communique avec la radio.
03:48On les voit au radar bien évidemment, on les voit au sonar.
03:53Si jamais il y a des bateaux en bas, mais bon, pour le moment, il n'y en a pas.
04:00Mais à mon avis, il peut y avoir des Chinois, il peut y avoir des Russes, il peut y avoir...
04:05Tous ceux qui possèdent les bateaux sous-marins, ils ne sont pas très loin.
04:11Ils observent aussi le truc.
04:13Et donc, les trous de roquettes sont énormes.
04:17Mais vous voulez dire quoi ? Vous voulez dire qu'il y a beaucoup de bateaux qui passent ?
04:19Non, ce n'est pas que les bateaux qui passent.
04:22Mais ce n'est pas un bateau, vous savez, ce n'est pas une ligne de bateau américain qui est
04:25là.
04:26Et ce n'est pas un tanqueur qui fonce sur un bateau qui l'empêche de passer.
04:31Non, en fait, la mer est là.
04:33Et donc, la ligne est imaginaire, si vous voulez.
04:36La ligne n'est pas inscrite.
04:38On est en mer, on est en haute mer.
04:40Donc, on est au milieu de l'océan indien.
04:42Donc, ils sont obligés de laisser passer certains bateaux ?
04:45On ne peut pas avoir...
04:45Non, ils ne sont pas obligés.
04:46Ils sont là pour les prévenir.
04:48Mais il n'y aura pas, si vous voulez, il n'y aura pas de forçage direct.
04:53Ça veut dire qu'il n'y aura pas un bateau qui va heurter autre bateau au milieu de l
04:57'océan.
04:57C'est un cinquième de la France.
04:58C'est gigantesque.
04:59C'est ça.
05:00Rétour à couvrir.
05:00Mais tiens, justement, Samy, vous gardez la parole.
05:02Puisque, au même moment, les États-Unis semblent appeler des renforts.
05:08Et on apprend, via le Washington Post, qu'environ 10 000 hommes américains seraient en route actuellement vers le Golfe.
05:14Alors, c'est vrai que le message envoyé par les Américains, c'est de maintenir cette pression sur l'Iran.
05:19Pression militaire, vous l'avez dit, des milliers de soldats qui sont en route vers le Golfe d'Omane.
05:24Du coup, c'est cette zone, encore une fois, le Golfe d'Omane, là où est stationné, là où est
05:29imposé, en tout cas, ce blocus militaire.
05:31Alors, à bord de deux navires qui sont gigantesques, on parle de groupes navals, d'un porte-avions,
05:36mais également des destroyers qui l'entourent.
05:39Le plus important, c'est l'USS Bush, vous le voyez justement à l'image.
05:43Alors, lui, regardez, ce qui est intéressant, c'est qu'il a quitté Northfolk, en Virginie, donc sur la côte
05:48est des États-Unis.
05:49Et alors, ce qui est intéressant, c'est qu'habituellement, il prend l'itinéraire rouge,
05:53c'est-à-dire qu'il passe par la Méditerranée, il passe ensuite par le canal de Suez,
05:58et puis ensuite, il fait le tour et il arrive dans le Golfe d'Omane.
06:01On a tous compris ici que le détroit de Babel-Mondeb...
06:04Qui est juste en dessous du Yémen.
06:06Absolument, qui est au large des côtes du Yémen, en fait, juste en dessous de la mer Rouge.
06:11Forcément, ce détroit est sous pression et les Américains, visiblement, ne veulent prendre aucun risque.
06:16C'est pour ça qu'ils ont fait tout un détour, ils passent par la corne africaine.
06:20Ça prend beaucoup plus de temps, bien sûr.
06:22Alors, regardez, on a sorti quand même quelques chiffres, un 6 000 militaires à bord,
06:26escortés, je le disais, par plusieurs navires.
06:28Il est capable d'embarquer 90 aéronefs et donc, il fait ce trajet.
06:33Alors, lui, il doit arriver dans les prochains jours.
06:35Mais alors, c'est intéressant parce qu'il y a un autre bâtiment de guerre qui, lui, est en route
06:39et qui vient des côtes californiennes.
06:41C'est l'USS Boxer.
06:43Il doit arriver dans les prochains jours.
06:45À l'heure où l'on se parle, il est au milieu du Pacifique.
06:47Il est au large de l'île de Guam.
06:49Et alors, regardez, cette USS Boxer.
06:52Ce qui est intéressant, c'est qu'il permet la projection de troupes, des opérations, notamment, amphibie.
06:57Donc, le débarquement, alors.
06:58Voilà, c'est le type de bâtiment qui permet d'envoyer des troupes sur le sol.
07:03Alors, ça ne veut pas dire qu'il va y avoir des troupes sur le sol iranien,
07:06mais c'est en tout cas un message qui est envoyé par Washington.
07:09Et c'est vrai qu'on va le voir, on va le rappeler, ces navires, ils vont arriver dans un
07:13endroit très précis.
07:14C'est ce fameux golfe d'Omane, là où est imposé ce blocus militaire américain.
07:20Et je le disais tout à l'heure, ça couvre quand même, la zone rouge, c'est un cinquième du
07:24pays.
07:24Donc, c'est très large, comme le disait Sergei à l'instant.
07:27Général, comment vous l'interprétez, ces 10 000 hommes qui sont actuellement en route vers le Golfe ?
07:32Alors, en fait, le Bush, qui arrive en contournant l'Afrique,
07:37remplace le Ford, qui était en Méditerranée, qui a eu des problèmes et qui a rentré aux Etats-Unis.
07:42Ça, c'est une chose, mais qui était en Méditerranée.
07:43Des problèmes techniques.
07:44Des problèmes techniques, oui, la laverie avait brûlé.
07:46La laverie qui a fait deux blessés graves, d'ailleurs.
07:48Oui.
07:49Il est incollable sur les portes-avions au bout de cinq semaines.
07:53Oui, c'est un portes-avions.
07:54Il était.
07:54C'est une puissance.
07:56C'est une puissance.
07:57Et l'incendie de la laverie fait revivre le bâton.
08:00Bon, peut-être une autre chose.
08:01Peu importe.
08:01Ça, c'est une digression.
08:03Voilà, c'est une version.
08:04Là, ce qui est intéressant, c'est qu'il y aura deux portes-avions dans la zone.
08:08Alors qu'il y en avait un en Méditerranée et un en Mère d'Arabie.
08:10Là, il y en aura deux dans la zone.
08:12Et ensuite, vous avez parlé, effectivement, du USS Boxer,
08:14dont on parle depuis trois semaines, qui devait arriver, etc.
08:16En fait, on a commencé à en parler vers le 20 mars.
08:19Et donc, il arriverait là.
08:20Et là, on aura deux portes-avions nucléaires et deux groupes de Marines.
08:25Et ça, bon, on ne va pas faire l'invasion de l'Iran avec ça.
08:29Mais c'est déjà très honnête.
08:30C'est costaud.
08:31Là, c'est vraiment beaucoup plus solide que ce qu'il y avait avant.
08:33Et c'est pourquoi ?
08:35Est-ce que c'est pour renforcer le blocus ?
08:37Ou c'est pour faire pression, faire monter la pression
08:39et dire qu'ils sont prêts à intervenir si ça dégénère
08:42et les négociations n'aboutissent pas ?
08:43Comment l'interpréter ?
08:44Moi, c'est vraiment faire pression.
08:46C'est vraiment, on est costaud, on est lourd, on fait pression.
08:48Le blocus, il fonctionne en ce moment avec ce qu'il y a.
08:50Ils n'ont pas besoin de plus d'hommes pour ce blocus-là en particulier ?
08:52Non, a priori, ça fonctionne.
08:53Parce que d'autant plus, on n'en parle pas.
08:55Mais il y a trois, quatre sous-marins américains dans la zone.
08:58Et ça, ça couvre énormément de secteurs, les sous-marins.
09:01Mais là, on double quand même les effectifs.
09:03Alors, qu'est-ce qu'on va faire avec ça ?
09:05Justement, ça ne permet pas d'avoir plein de suppositions.
09:08On va prendre Carg, on va prendre telle île,
09:09on va aller là, on va aller là.
09:10Là, on va vous envoyer sans arrêt, je vais prendre Carg,
09:14je vais faire ci, je vais faire ça.
09:15On ne le fera pas, ce n'est pas grave.
09:16Mais voilà, on sème le doute et l'incertitude.
09:19Et je dirais...
09:19Donc, c'est de l'intimidation, en fait, de la part des États-Unis.
09:21J'aurais beaucoup plus loin que le général,
09:23parce qu'en fait, bien évidemment, on peut faire des projections.
09:27Mais c'est des projections réelles.
09:29Ça veut dire que lorsque vous avez un bateau
09:31qui permet de faire déborquer 4000 hommes,
09:34c'est autre chose que ce qu'on a vécu jusqu'à maintenant.
09:38Et ce n'est pas juste un symbole, ils sont en train d'envoyer 4000 hommes sur place.
09:41Chaque bateau a sa spécialité lorsque vous vous déplacez.
09:44Parce qu'il y a autre chose aussi,
09:45vous n'allez pas brûler 7000 km de fuel
09:49juste pour jouer un tout petit peu, il faut faire de la pression.
09:52Non, non.
09:52Si vous déplacez un bateau, ça veut dire que Pentagone,
09:57il inclut la possibilité.
09:59Ce n'est pas dit que ça va être utilisé.
10:01D'une opération terrestre ?
10:02D'une opération terrestre.
10:03D'une opération terrestre, oui.
10:05Ça veut dire que ça rend cette opération terrestre réalisable.
10:09Concrètement réalisable.
10:10Et donc, ça veut dire, et Général, je parle sous votre contrôle,
10:14quand on a un bateau comme ça,
10:16ça veut dire qu'on a aussi quand même projeté la possibilité,
10:19l'éventualité de l'utilisation.
10:21C'est la même chose, les deux chasseurs de mines,
10:25qu'on en voit aussi, américains,
10:28qui ne sont plus à l'État d'ailleurs, en fait,
10:32mais on a prolongé exprès parce que c'est en guerre,
10:34parce qu'il n'y a pas de choix, etc.
10:36Et donc, ça, c'est la même chose.
10:38Ça veut dire qu'il y a aussi la possibilité, à ce moment-là,
10:40de déminer le canal d'Hormuz,
10:43le détrois d'Hormuz.
10:44Et donc, ce n'est pas des suppositions.
10:47Parce que vous savez, les militaires, ils sont très concrets.
10:49Ils ne font pas des suppositions.
10:51Il peut y avoir des gens, des politologues,
10:54éventuellement des journalistes qui peuvent faire des suppositions.
10:57Mais ça va au-delà de la simple mission d'intimidation.
10:59Il y a peut-être une opération terrestre qui est envisagée, en tout cas.
11:04Disons, on se donne des moyens.
11:06On se donne des moyens, deux.
11:08Après, est-ce qu'on va les utiliser ou pas ?
11:10C'est autre chose.
11:11Opération terrestre ?
11:12Ce sera sur place.
11:13Pour faire quoi ?
11:14Admettons qu'ils aillent jusque-là.
11:15Ce n'est pas le cas pour l'instant, soyons prudents,
11:16mais admettons qu'ils aillent jusque-là.
11:18Pour aller chercher l'uranium, on en est toujours là ?
11:20Non, l'uranium, ça me paraît quand même très compliqué.
11:22Déjà, il faut savoir où il est.
11:23Et puis là, ce serait vraiment une prise de possession territoriale.
11:26Et là, c'est gros.
11:27Il faudrait quand même bien protéger la zone.
11:29Là, les Iraniens pourraient vraiment intervenir par le sol.
11:31C'est vraiment lourd.
11:32C'est vraiment une très, très grosse opération.
11:34Là, honnêtement, il n'y aurait pas assez.
11:35Par contre, moi, j'ai toujours en tête le schéma de 87-88,
11:39où là, pareil, il y avait un porte-avions américain
11:41et ils s'étaient emparés de petites îles.
11:43Les petites îles qu'il y a, qui sont d'ailleurs,
11:46il y en a qui sont revendiquées par les Émirats arabes unis.
11:48Ça, c'est aussi intéressant.
11:49Ils étaient allés dessus, ils avaient détruit les installations.
11:53Et puis, ces îles, elles ont aussi des défenses antiaériennes.
11:55Elles sont armées.
11:56Donc, on peut imaginer un scénario.
11:58Il doit y en avoir quatre ou cinq, d'ailleurs,
12:00dans les soutes de l'état-major en ce moment.
12:02Mais il y en a un qui...
12:03Bon, on passe par le détroit...
12:04Enfin, l'ancien passage du détroit d'Hormuz, l'international.
12:09Et puis, on se couvre.
12:10C'est-à-dire que les petites îles qui ne sont pas trop loin,
12:11on les prend, on enlève le système militaire iranien qui est dessus,
12:14on le tient le temps qui va bien.
12:16Et là, on voit la réaction des Iraniens.
12:18Et là, quand il y a deux porte-avions, on commence à discuter.
12:22Et on a entendu aujourd'hui la réponse des Iraniens
12:25qui, eux aussi, de leur côté, essaient de faire monter la pression
12:27en menaçant de verrouiller la mer Rouge,
12:30donc cet autre détroit de Bab el-Mandeb.
12:33On regarde ce message diffusé à la télévision d'État.
12:37Le général de division Abdoulaye a souligné
12:40si les États-Unis, pays agresseurs et terroristes,
12:43devaient chercher à poursuivre leurs actions illégales
12:45consistant à imposer un blocus maritime dans la région
12:48et à mettre en danger la sécurité des navires commerciaux
12:51et des pétroliers iraniens,
12:53cette action de la part des États-Unis
12:55constituerait un prélude à la violation du cessez-le-feu.
12:57Et les puissantes forces armées iraniennes
12:59ne permettront pas la poursuite des exportations
13:01ou des importations dans le golfe Persique,
13:04la mer d'Omane et la mer Rouge.
13:08Et alors ça, ils ont les moyens de le faire ?
13:10Ils sont déjà occupés sur le détroit d'Hormuz.
13:14Ils auraient une façon aussi de s'attaquer
13:16à cet autre passage stratégique,
13:19aidé par les UTI au Yémen ?
13:20En fait, on pense aux UTI,
13:22c'est-à-dire aux alliés dans la région de l'Iran
13:25qui ont déjà démontré dans le passé
13:27qu'ils avaient une capacité de tirer des missiles
13:29qui pouvaient même aller jusqu'en Israël.
13:31Alors, les UTI sont un groupe qui est très structuré.
13:36C'est quand même plusieurs centaines de milliers d'hommes.
13:38C'est quasiment un État,
13:40avec au Yémen une guerre civile qui se poursuit
13:42et ils occupent la moitié du pays.
13:44Donc, ils ont des ressources
13:45qui leur permettent de fabriquer des armes,
13:47d'en recevoir de l'étranger,
13:49pourquoi pas de la Chine d'ailleurs.
13:51Mais ce qui est notable,
13:52c'est qu'au cours des dernières semaines
13:53et depuis le début de la guerre,
13:54ils ont quand même été extrêmement discrets.
13:56Ils ont, je crois, frappé deux fois.
13:59Et c'est tout.
14:00Juste un signal destiné à montrer...
14:03Oui, ils ne se sont pas impliqués plus que ça.
14:04Non, qu'ils restaient fidèles à leur alliance avec l'Iran.
14:08Mais ils ne sont pas entrés en guerre, entre guillemets.
14:11Évidemment, ça pourrait changer.
14:13Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.
14:14Donc, la menace sur la mer Rouge, c'est intéressant.
14:17Parce que ça traduit, en fait, je pense,
14:19des divergences au sein du régime.
14:20Ce communiqué-là, qui est un communiqué guerrier...
14:22Ah, dans quel sens ?
14:23Je pense que tout le monde n'est pas d'accord à Téhéran
14:25pour négocier avec Trump.
14:28Et il y a certainement une ligne dure
14:30qui veut qu'on aille jusqu'au bout.
14:32C'est-à-dire qu'on se batte jusqu'à la mort,
14:34jusqu'au martyr, entre guillemets.
14:35Et jusqu'à Sergueil, une guerre des Détroits ?
14:38Pourquoi pas ?
14:39Oui, tout à fait.
14:41On ouvre un deuxième front.
14:43Donc, forcément, la coalition,
14:46si il y a coalition,
14:47si on vient, où les troupes américaines
14:49seront obligées de se partager.
14:51Donc, du coup, ça prend beaucoup plus de moyens.
14:54Bon, après, pour les Iraniens,
14:55ça crée quand même un problème logistique
14:57parce que, même si Yémen,
14:59c'est les proxys de l'Iran,
15:03mais quand même, au niveau de kilométrage,
15:06c'est quand même 500 ou 600 kilomètres de l'Iran.
15:10Et l'Iran est déjà sous le blocus.
15:11Donc, en fait, les Iraniens ne pourront plus directement ravitailler ces outils.
15:16Ça veut dire qu'ils ont un certain nombre d'armement qui est sur place.
15:20Ils ont peut-être la possibilité de s'approvisionner,
15:23mais je ne vois pas très bien par où ils pourraient passer.
15:26Donc, en fait, ils vont utiliser les stocks.
15:28Et puis, ils se souviennent quand même de l'année dernière,
15:30ils ont reçu quand même un truc assez important
15:34de la coalition internationale
15:35quand ils ont commencé à nous casser les pieds.
15:38Et donc, du coup, c'est pour ça, d'ailleurs,
15:40je crois qu'ils se tenaient quand même un peu calmes
15:43parce qu'ils ne veulent pas non plus se créer des ennuis.
15:49Mais je suis d'accord, il y a quand même, en Iran,
15:52et c'est ça le problème d'ailleurs de l'Iran,
15:54c'est qu'il y a plusieurs camps
15:55parce que nous savons même qu'à l'intérieur de l'Iran,
15:58vous savez, l'ancien président qui s'est prononcé
16:02et l'ancien président du Parlement
16:04qui se sont prononcés pour parler,
16:06il y avait les Pazdaan qui l'ont dit
16:08ce sont les traîtres et il faut les fusiller.
16:10Donc, vous savez, ça c'est quelque chose qui est réel quand même.
16:13Donc, il y a des vraies fractures au sein du régime,
16:16ce que disait à l'instant Ulysse.
16:18Je voulais qu'on aille à Islamabad,
16:19retrouver notre journaliste correspondant de France 24 au Pakistan.
16:26Bonsoir, Andeline de Gaulle.
16:29C'est ça qui est presque...
16:30Alors, je ne pense pas qu'on puisse dire que c'est paradoxal,
16:32mais en tout cas, au même moment, en parallèle,
16:34alors qu'il y a cette montée en pression,
16:36visiblement, il y aurait des négociations imminentes
16:39qui seraient en train de se dessiner.
16:41Alors oui, effectivement,
16:43on vient d'apprendre que Washington étudiait la possibilité
16:46de tenir un second round de négociations à Islamabad.
16:49Les autorités pakistanaises se sont dites disposées
16:52à accueillir ces... pour parler.
16:54Et on voit qu'elles font tout pour essayer de coordonner
16:55les acteurs, les différents acteurs.
16:58Donc, deux délégations pakistinaises sont effectivement
17:00en déplacement en Iran et en Arabie saoudite.
17:02Le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Hassim Mounir,
17:06pour sa part, a été accueilli il y a quelques heures
17:08par le ministre iranien des Affaires étrangères à Téhéran.
17:11Le Pakistan est venu délivrer un nouveau message de Washington
17:14aux Iraniens qui concernerait notamment le dossier du nucléaire iranien.
17:17Il faut rappeler qu'Assim Mounir, qui fait rarement ce genre
17:20de déplacement à la confiance de l'administration Trump,
17:23avec lui se trouve aussi le ministre pakistanais de l'Intérieur
17:26qui a des liens étroits avec les autorités iraniennes.
17:29Et dans le même temps, ce matin, on a vu que le premier ministre
17:31pakistanais et son ministre des Affaires étrangères
17:34sont également partis en tournée régionale pour trois jours
17:37en Arabie saoudite où ils se trouvent actuellement.
17:39Puis ils se rendront au Qatar et en Turquie.
17:41L'objectif, c'est de poser les bases sur les points bloquants,
17:44notamment le dossier nucléaire, le détroit d'Hormuz
17:46et les réparations de guerre réclamées par Téhéran
17:48pour que la prochaine rencontre débouche sur des progrès concrets
17:53en gardant en tête que le cessez-le-feu doit prendre fin le 1er avril
17:56et que les autorités pakistanaises espèrent le voir étendu.
17:59Merci beaucoup, Andine.
18:01Sergei, vous écoutez religieusement.
18:03Qu'est-ce que vous disiez, Sergei ?
18:04C'est très intéressant parce que ça montre que les États-Unis
18:07ne sont pas la seule partie qui participe à ces pourparlers
18:11et que comme le blocage est régional,
18:15donc il y a tous les pays sunnites qui sont de l'autre côté,
18:20tous les royaumes du Golfe Persique qui sont très mécontents, d'ailleurs,
18:24de ces situations et donc vous voyez un pays musulman
18:27qui se pose en fait au milieu, en médiateur
18:33et qui essaie d'élargir et de montrer en fait au niveau régional
18:38nous sommes, nous, sur place, ça nous préoccupe
18:42et nous ne menons pas les pourparlers uniquement avec les États-Unis.
18:45Merci beaucoup, merci à tous les quatre.
18:48Donald Trump qui, je le rappelle, dit qu'on va assister à deux jours
18:52absolument incroyables, il fait monter le suspense
18:54et il dit qu'on est très près d'un accord.
18:58On verra et on verra qui se rend.
19:00C'est près d'une reprise des négociations.
19:01D'une reprise des négociations, effectivement.
19:02Et oui, je m'avance un peu.
19:04Non mais c'est très important, s'il y a un deuxième round,
19:06c'est très important, évidemment.
19:07C'est très important, merci beaucoup.
19:08Dans un instant, Gilles Kepel, il sera notre invité dans quelques minutes,
19:12suivi de Michel Polacco, notre spécialiste des questions de défense.
19:16Je vous garde avec moi, général.
19:18On marque une très courte pause, à tout de suite.
19:21Le 20h BFM se poursuit.
19:23On accueille notre invité ce soir, Gilles Kepel.
19:25Bonsoir et bienvenue, professeur émérite des universités,
19:28spécialiste du Moyen-Orient et co-auteur du livre
19:31« Antiterrorisme » aux éditions Plon.
19:33On est ravis de vous avoir avec nous.
19:34Merci, général Sidos, de rester avec nous.
19:37Donald Trump est-il en train de réussir son pari ?
19:40L'armée américaine l'assure.
19:42Les échanges maritines de l'Iran ont été complètement interrompus
19:45grâce à son blocus.
19:47Et Donald Trump en est persuadé.
19:48La fin du conflit est proche.
19:51Écoutez-le.
19:53Vous parlez de cette guerre au passé.
19:55Est-elle terminée ?
19:57Je pense qu'elle est presque terminée, selon moi.
19:59Oui.
20:00Vous savez quoi ?
20:00Si je levais le camp maintenant,
20:02ça leur prendrait 20 ans à reconstruire leur pays.
20:05Et nous n'avons même pas fini.
20:06Nous verrons bien ce qu'il se passe.
20:08Je pense qu'ils veulent désespérément un accord.
20:12Il dit qu'ils sont tellement affaiblis
20:15qu'ils n'auront d'autre choix que de se plier.
20:18Quelle est la situation réelle ?
20:19À quel point la société, le régime iranien, est affaibli ?
20:23D'abord, bien sûr, il faut prendre avec des pincettes
20:25ce que dit Donald Trump,
20:26puisque, à force d'en rajouter, si vous voulez,
20:28c'est celui qui crie au loup, au super menteur.
20:31Bon, effectivement, il y a quelque chose
20:33qui est en train de se passer.
20:36D'une part, dans la relation entre le front militaire
20:40et le front diplomatique.
20:42Donc, l'armée, la marine américaine, fait ce blocus,
20:46qui, pour l'instant, n'est pas rompu par qui que ce soit,
20:51avec la perspective, éventuellement,
20:53qu'un navire chinois s'avance.
20:57Et là, à ce moment-là, il ne s'agit plus simplement d'enjeux.
21:01Il s'agit de questions entre superpuissances nucléaires.
21:06Donc, est-ce que les Chinois vont tenter cela ou non ?
21:10C'est aussi pour eux de prendre un très gros risque.
21:12Donc, les enjeux ont été placés beaucoup plus haut par les États-Unis.
21:14Général Sidos n'y croit pas.
21:16Il pense que les Américains laisseraient passer les Chinois,
21:19les enjeux sont trop importants.
21:19Oui, alors moi, je ne vais pas contredire le Général Sidos
21:22sur l'enjeu militaire, mais je dirais même plus,
21:25comme dirait les Duponts, je crois que les Chinois
21:27ne vont pas faire ça.
21:29S'ils le font déjà, ça veut dire qu'on est à un niveau d'affrontement.
21:34Il me semble qu'il faut bien voir aussi que,
21:37c'est ce que vous avez expliqué tout à l'heure,
21:39il y a eu une très intense activité diplomatique
21:43menée essentiellement par le Pakistan
21:45pour une phase 2 des négociations.
21:49Le Pakistan, c'est un voisin de l'Iran,
21:52mais c'est aussi, contrairement à l'Iran, une puissance nucléaire.
21:55Et c'est un État qui a les moyens de parler à un certain nombre d'acteurs
22:00de la région qui sont, d'une certaine manière,
22:02les victimes et les ennemis de l'Iran,
22:05à savoir les États du Golfe.
22:07Vous avez eu une délégation en Arabie Saoudite,
22:09vous en avez d'autres Pakistanais qui sont allés en Iran.
22:12Donc, ils jouent effectivement un rôle de médiateur
22:15que, par exemple, les Turcs n'auraient pas pu jouer
22:17parce qu'ils n'ont pas la même capacité nucléaire.
22:20Et même si le Pakistan n'a pas de relation avec Israël,
22:24contrairement à la Turquie, qui en a,
22:27donc l'enjeu n'est pas là.
22:28L'enjeu est clairement sur la perspective iranienne.
22:31Troisième point, qui est aussi très significatif
22:34dans cette espèce de système de signes qui fonctionne,
22:38cela fait quelques jours que les Iraniens eux-mêmes
22:40n'attaquent plus.
22:42Alors, ils ont fait attaquer en Israël le Hezbollah,
22:49donc qui est évidemment, qui agit à leurs ordres,
22:52mais ce ne sont pas eux qui attaquent.
22:54Il leur est arrivé eux-mêmes d'envoyer des missiles sur Israël.
22:57Dans le Golfe, ce sont des groupes chiites,
23:02des paramilitaires chiites pro-iraniens
23:04qui envoient quelques missiles sur le malheureux Koweït
23:07qui est un peu l'exutoire de tout le monde.
23:09Mais eux n'attaquent plus ?
23:10Pour l'instant, non.
23:11Comment vous l'interprétez ?
23:12Précisément parce que c'est...
23:14Alors, je ne pense pas que ce soit un signe de faiblesse comme tel,
23:18mais c'est le signe d'une disponibilité à la négociation.
23:22Parce qu'ils menacent encore.
23:23Vous avez vu aujourd'hui ce qu'ils disent.
23:24Oui, bien sûr.
23:25Si vous continuez le blocus, on va verrouiller la mer rouge.
23:27Mais ça, s'il y a entre paroles, paroles, paroles,
23:31auxquelles on est habitués dans la région,
23:33et le fait de taper, il y a un...
23:36Donc ça, vous n'y croyez pas.
23:36Un golfe, si j'ose dire, sans jeu de mots.
23:39Donc, voilà.
23:40En forme, ce soir-là.
23:41J'essaye.
23:42Vous m'invitez.
23:43Et donc, voilà.
23:45Je crois que c'est là qu'on en est.
23:47On est précisément à ce moment de rupture
23:50où se joue à la fois la mise en scène militaire sur mer.
23:58On annonce aussi l'arrivée.
24:00En plus, tous ces porte-avions ont des noms de présidents américains guerriers,
24:04George Bush, etc.
24:06Donc, ça crée, ça participe à la scénographie.
24:09Mais donc, vous dites, en tout cas,
24:10c'est surtout qu'ils sont en train de montrer
24:12qu'ils sont disponibles pour discuter.
24:15Sauf qu'il y a un point d'achoppement principal.
24:18C'est le nucléaire.
24:19Et là-dessus, vous avez entendu ce que dit l'Iran aujourd'hui.
24:21Elle doit pouvoir poursuivre l'enrichissement d'uranium.
24:23C'est le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui le dit.
24:26On voit mal comment ils vont se mettre d'accord
24:28sur cette question-là précise du nucléaire.
24:30Je reviens à la question que vous posiez avant.
24:33C'était pour répondre à celle que vous posez après.
24:35C'est-à-dire, que veulent les Iraniens ?
24:38Est-ce que dans quel état est l'Iran aujourd'hui ?
24:40On n'en sait pas grand-chose,
24:42puisque la communication est strictement contrôlée.
24:45Mais on peut légitimement penser
24:47qu'avec la quantité de bombes qui ont été déversées sur l'Iran,
24:53le nombre d'infrastructures qui ont été détruites,
24:56le fait que l'Iran, avant même la guerre,
24:58était dans une situation économique catastrophique,
25:01gros producteur de gaz et de pétrole,
25:03mais qui étaient vendues en contrebande au Pakistan, justement.
25:06En hiver, on crevait de froid.
25:07Là, il va y avoir de plus en plus d'Iraniens qui vont perdre leur emploi.
25:13Il y a une inflation considérable.
25:15Le Rial continue à s'effondrer.
25:19Et donc, le système iranien a besoin de maintenir une forme de tension
25:24pour mobiliser la société, pour continuer la répression.
25:28Il ne communique pas sur les pendaisons quotidiennes,
25:30mais il y en a, ça on le sait par les dissidents qui l'informent.
25:34Donc, ils sont dans cette espèce de logique
25:37où ils veulent essayer de tirer le maximum de négociations
25:41parce qu'ils ne sont plus vraiment en capacité
25:43de mener une offensive forte,
25:46mais ils ne veulent pas non plus un arrêt de la belligérance.
25:52Sans cela, les dirigeants iraniens vont se trouver
25:55face à une population qui en a marre,
25:58qui aujourd'hui est écrasée par la répression.
26:00Mais si jamais il y a un signe indiquant dans l'ensemble iranien
26:06que le régime a dû aller à Canossa, si j'ose dire,
26:10à partir de ce moment-là, c'est un processus
26:13qui est beaucoup plus dangereux pour eux.
26:15Donc, je crois qu'il y a cette espèce d'équilibre qui se joue
26:18avec l'élément, me semble-t-il, très important en ce moment,
26:22c'est la montée en puissance du Pakistan, puissance nucléaire,
26:27avec laquelle, justement, l'Arabie saoudite,
26:30mécontente de la carte blanche qui avait été donnée
26:34par les États-Unis à Israël, à Gaza,
26:37avait commencé à se rapprocher.
26:39Vous vous souvenez peut-être qu'après l'Assemblée générale de l'ONU,
26:42le Premier ministre pakistanais, Shahbaz Sharif,
26:46qui faisait partie des discussions autour du Moyen-Orient avec Trump,
26:50s'était arrêté en Arabie saoudite,
26:53où le prince était resté,
26:55le MBS n'était pas allé,
26:56Ahmed Ben Salman n'est pas allé à New York,
26:58il était resté,
26:59il avait accueilli le Premier ministre pakistanais,
27:03qu'on voit à la manœuvre en ce moment,
27:04et avait signé un traité de coopération et de défense,
27:07ce qui ne veut pas dire que les Pakistanais
27:09vont utiliser une bombe atomique,
27:10mais néanmoins, c'est un signe fort
27:13d'un type d'alliance nouveau,
27:15et aussi d'une méfiance sur l'approche aux États-Unis.
27:17Quel rôle joue la Chine dans tout ça ?
27:20Donald Trump a fait part d'échanges qu'il a eus
27:23avec les Chinois sur son réseau True Social.
27:26La Chine est très heureuse que j'ouvre définitivement
27:28le détroit d'Ormuz, je le fais pour eux aussi,
27:30et le monde.
27:31Cette situation ne se reproduira plus jamais,
27:33ils ont accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran.
27:36Le président Xi me fera un gros câlin
27:38quand j'y serai dans quelques semaines,
27:40parce qu'il y va dans un mois à Pékin.
27:41Nous travaillons ensemble intelligemment,
27:44et très bien.
27:44Le rôle de la Chine est quand même très ambigu.
27:47Au même moment, on apprend par le Financial Times
27:49que l'Iran a utilisé un satellite chinois
27:51pour scruter les bases américaines dans le conflit,
27:54et en même temps, on sent que les discussions
27:56ne sont pas rompues avec les États-Unis.
27:58Quel est le rôle de la Chine ?
27:58C'est ce que je vous disais au début,
28:00à savoir qu'on n'est plus seulement
28:02dans un affrontement régional
28:04et une gesticulation,
28:06qui est plus qu'une gesticulation militaire,
28:08une mise en scène militaire,
28:10on est également à un autre niveau.
28:12Parce que l'une des hypothèses,
28:14parmi les nombreuses hypothèses,
28:15sur pourquoi il y a eu cette attaque américaine
28:18et israélienne sur l'Iran avec cette intensité,
28:21c'est que ce n'est pas tant l'Iran même
28:23qui était visé,
28:24mais c'était surtout une manière pour Trump
28:27de mettre des obstacles à l'expansion chinoise.
28:31C'est le grand défi de la présidence de Trump 47,
28:35la deuxième présidence Trump,
28:36c'est de faire en sorte que les États-Unis
28:39ne soient pas distancés par la Chine.
28:41Or, quelle est la différence entre la Chine d'un côté,
28:44les États-Unis et la Russie,
28:47même qu'elle traîne un peu derrière aujourd'hui,
28:48c'est que la Chine n'a pas de ressources en hydrocarbures,
28:53n'est pas producteur d'énergie,
28:54les États-Unis, eux, sont exportateurs,
28:56et la Russie aussi.
28:58D'ailleurs, c'est aussi quelque chose
28:59qui est en train de se jouer en ce moment.
29:02Poutine est allé expliquer tout récemment
29:05qu'il pouvait fournir du contrôle à la Chine.
29:08– Parce que l'Iran ne pouvait plus le faire.
29:10– Voilà, mais c'est assez compliqué.
29:13La relation sino-soviétique autrefois,
29:17sino-russe, n'est pas si simple que ça.
29:19Donc, pour l'instant, en effet,
29:21les navires iraniens ou les navires chinois ou autres
29:25chargés, les tanqueurs chargés de brutes iraniens
29:30qui, idéalement, sont prélevés à l'île de Khark,
29:34et puis c'est là que les autres côtes ne sont pas assez profondes,
29:37pour qu'ils abordent, suivent le détroit d'Ormose,
29:40le traversent, et vont à travers l'océan Indien,
29:43puis le détroit de Malacca, jusqu'en Chine,
29:47à travers des raffineries bidons, des transbordements d'avions,
29:50enfin, pour tourner les sanctions, etc.
29:52Cette situation, aujourd'hui, est néanmoins fortement impactée
29:59par le blocus.
30:00Le général nous disait tout à l'heure,
30:02un bateau chinois battant pavillon chinois.
30:04Effectivement, il ne le ferait pas.
30:05Mais en fait, beaucoup de ces bateaux,
30:07pour éviter le système de sanctions américain,
30:10sont des bateaux sous des pavillons de complaisance
30:12de divers États africains,
30:14qui disparaissent quelque part dans le golfe de Malacca,
30:19qui ensuite font du touche-touche avec un autre bateau
30:22sur lequel ils transportent le pétrole,
30:24en n'espérant pas être vus,
30:26qui vont dans des petites raffineries chinoises
30:27pour que le système chinois ne soit pas mis
30:31dans les sanctions américaines.
30:32Donc, vous voyez, on a tout un mode de fonctionnement
30:36qui est perturbé aujourd'hui,
30:39et qui se fait au détrit,
30:41pour l'approvisionnement de la Chine en hydrocarbures,
30:43et qui est à son détriment.
30:44Alors, ça n'est pas dans l'immédiat,
30:46puisque la Chine a accumulé d'énormes réserves de pétrole,
30:51alors que les États-Unis aient vendu les leurs,
30:53c'est-à-dire qu'ils n'en ont pas besoin,
30:54mais c'est quelque chose qui va se jouer.
30:57Il faut bien aussi garder quelque chose en tête
30:59par rapport à la...
31:00pour les gens qui font le plein, disons,
31:02qui est-ce qu'il y a beaucoup d'entre nous,
31:05et c'est qu'on n'est pas dans la même situation
31:08que dans la fameuse crise d'année 70.
31:10Vous savez, le prix du pétrole est quadruplé d'abord,
31:12avec la guerre de 73,
31:14puis ensuite la révolution islamique en Iran de 79.
31:18Là...
31:18Ce n'est pas pareil.
31:18Non, parce qu'à l'époque,
31:19il y avait à la fois,
31:20on avait une dépendance énorme au pétrole,
31:23et au pétrole du Moyen-Orient.
31:25Le monde de l'énergie s'est beaucoup diversifié,
31:28et par ailleurs,
31:29les États-Unis sont exportateurs nets,
31:31les Russes sont aussi gros exportateurs,
31:34donc vous savez,
31:34le prix du pétrole a augmenté,
31:36mais il n'a pas quadruplé.
31:37Il a augmenté de 50%, 60%,
31:40il recule ces jours-ci,
31:41il remonte un peu.
31:42Donc il y a un enjeu d'ajustement.
31:44Ce qui est le plus préoccupant aujourd'hui,
31:46c'est le GNL.
31:47C'est le fait que le Qatar
31:49ne peut plus faire passer son GNL,
31:52puisque les autres ont des tuyaux.
31:53Les Saoudiens, visiblement,
31:55ont réussi à faire en sorte
31:57que le roléoduc qui va vers Yanbu,
32:00c'est-à-dire sur la mer Rouge,
32:02qui peut sortir environ 7 millions
32:04de barils par jour,
32:08fonctionne en pleine capacité.
32:10Les Émiratis aussi ont réussi
32:13à faire sortir pas mal de pétrole
32:15par Fujaira, sur le golfe arabique,
32:17la mer d'Arabie.
32:18Ça se gère, si vous voulez.
32:20En revanche, le gros problème,
32:22c'est le gaz naturel liquéfié,
32:24non pas seulement pour lui-même,
32:26mais pour tout ce qu'il permet,
32:27pour fabriquer les engrais,
32:30le soufre, etc.
32:31Et c'est là qu'il y a
32:33un véritable goulot d'étranglement
32:35qui n'est pas tant sur les hydrocarbures
32:37comme tels en général,
32:39que sur les produits dérivés
32:40des hydrocarbures et la pétrochimie
32:42ou la gazochimie.
32:43Alors, chaque jour,
32:45l'Iran publie une nouvelle séquence
32:47de moqueries envers le président
32:50des États-Unis.
32:51Je voulais avoir votre regard à vous
32:52sur cette stratégie de communication iranienne.
32:56On a sorti la petite dernière,
32:58toujours avec les Legos au centre du jeu.
33:01Regardez.
33:13Go, go, go!
33:20Interview started.
33:26Hello, everyone.
33:28Hello, I'm from CNN.
33:31I have a question.
33:32CNN is fake news.
33:36What's your plan for the Strait of Hormuz?
33:39We escorted our ships and tankers
33:40through the Strait of Hormuz
33:42with our Navy,
33:43bravely and easily.
33:49Ça, c'est quasiment tous les gens.
33:50Je sens que ça vous plaît.
33:51Beaucoup, oui.
33:52Ça fait beaucoup de pubs
33:54pour les gens qui ont des...
33:56Je pense que ça s'appelle...
33:57Des jeux vidéo.
33:57Voilà, c'est ça.
33:58Des consoles vidéo pour les Gauves.
34:00Mais ça n'est pas cette communication
34:02qui se trumpise, finalement.
34:04Oui, et qui tourne en ridicule.
34:06Les excès même du président Trump,
34:08parce que même les pro-américains,
34:10aujourd'hui, et les anti-iraniens,
34:12qui sont sans doute plus nombreux
34:13que les pro-américains, peut-être,
34:16sont assez effarés.
34:18C'est la question que vous me posiez.
34:19Alors, Gilles Keppel,
34:20que pensez-vous des dernières...
34:21J'ai dit super menteur.
34:23Donc, il y a un côté
34:24qui est effectivement...
34:26Qui vise, bien évidemment,
34:27les opinions publiques occidentales.
34:29Et, notamment, les États-Unis,
34:31où, aujourd'hui,
34:34le soutien à Trump
34:36se délite de plus en plus.
34:38Vous avez, aujourd'hui,
34:40un nombre majoritaire
34:41d'Américains qui sont contre la guerre.
34:44Plus impiétant pour Israël,
34:47une majorité d'Américains, désormais,
34:49qui n'ont plus de sympathie pour Israël,
34:52jusque dans le Parti républicain,
34:54ce qui n'avait jamais été le cas.
34:56Et une partie du mouvement Maga
34:58qui dit que Trump se fait mener
34:59par le bout du nez, par Netanyahou.
35:01Donc, tout ça crée une atmosphère
35:04dans laquelle la propagande iranienne,
35:06où on était habitués aux présentatrices,
35:09se voilait.
35:09Vous imaginez, vous,
35:10dans cette situation.
35:11Elle a bien changé,
35:12cette communication iranienne.
35:13Donc, maintenant, c'est l'illégo.
35:14Mais remarquez, comme ça,
35:15ce ne sont pas des êtres humains.
35:17Donc, ça permet de...
35:18Ça fait déjà ça.
35:19Tiens, je vous garde un instant.
35:20On va faire rentrer
35:21Michel Poleco,
35:22notre prochain invité,
35:23journaliste, aviateur,
35:24spécialiste des questions de défense.
35:27Bonsoir à vous.
35:28Je vous laisse vous installer.
35:30Qu'est-ce qu'elle vous inspire,
35:31vous, ces séquences
35:32de communication iraniennes,
35:35où on se moque
35:36quasi tous les jours
35:38de Donald Trump ?
35:39La communication iranienne
35:41qui se trompise ?
35:42C'est ce qu'on disait à l'instant.
35:43Moi, je vous dirais
35:44que ça m'amuse aussi.
35:45Je suis tout à fait d'accord
35:46avec Gilles Keppel.
35:47Je trouve que c'est un apport,
35:48quelque part,
35:50culturel,
35:50à la manière de faire la guerre
35:52dans notre monde
35:53qui est extrêmement triste
35:54par certains côtés.
35:55Puis la guerre,
35:55c'est quand même toujours triste.
35:56Mais ils arrivent
35:57à transformer cette guerre
35:58en quelque chose
35:59d'un peu amusant.
36:01Et c'est vrai que, bon,
36:02c'est une manière
36:03de faire la guerre,
36:04c'est-à-dire la guerre psychologique
36:05en promenant dans le monde entier
36:07et aux Etats-Unis
36:10des dessins animés,
36:11des jeux vidéo, etc.
36:13Et ça marque,
36:13vous pensez que c'est efficace ?
36:14Je ne suis pas convaincu.
36:16Je pense que, si vous voulez,
36:17c'est comme toujours,
36:19les applaudissements
36:20arrivent aux vainqueurs.
36:21Donc, on verra
36:22à la fin de la partie.
36:23Et à la fin de la partie,
36:24si ça se termine mal
36:25pour les Iraniens
36:26et bien pour les Américains,
36:28et bien tout ça,
36:29on l'oubliera.
36:29Et puis, dans le cas inverse,
36:31eh bien on dira
36:32ils étaient quand même très forts.
36:33Parce que, même en termes
36:35de communication,
36:35ils ont réussi
36:36à déstabiliser
36:38la base
36:39qui soutient Trump
36:40non seulement aux Etats-Unis,
36:42mais dans bien des pays
36:43alliés du monde.
36:44Eh oui, parce qu'en l'occurrence,
36:45ils se moquent de Donald Trump,
36:46mais Donald Trump,
36:46il reste assez sérieux quand même
36:48quand il annonce
36:48qu'il va envoyer
36:50des milliers d'hommes américains
36:52en ce moment
36:53en renfort.
36:54On parle
36:55d'un nouveau porte-avions,
36:57le Bush,
36:58et son groupe naval
36:59qui compte 6 000 marins
37:00qui sont en train
37:01de se rendre actuellement
37:02dans la région
37:03et de 4 000 membres
37:04du groupe amphibie
37:06boxers,
37:07là encore,
37:07qui sont attendus
37:09à la fin du mois.
37:10Deux porte-avions
37:11qui seront sur zone,
37:13deux groupes amphibies,
37:14c'est-à-dire capables
37:14de débarquer des hommes.
37:16Ça, c'est très sérieux.
37:17Comment vous l'interpréter ?
37:18Mais ça fait 15 jours
37:18qu'on l'annonce tous les jours
37:19quand même, si vous voulez.
37:20Donc il faut leur laisser
37:21le temps d'arriver.
37:22Ils sont en train d'arriver.
37:23Ils vont finir par arriver.
37:25C'est comme le Ford
37:26qui fait le tour de l'Afrique
37:27pour ne pas passer
37:28par le canal de Suez
37:30et la mer Rouge
37:30pour éviter probablement
37:32d'éventuels tirs de outils.
37:34C'est le Bush cette fois-ci.
37:35Celui qui fait le tour ?
37:36Oui, alors le Bush.
37:38On les confond
37:39avec ces noms de présidents américains.
37:40Oui, il y a le Lincoln,
37:41le Bush et le Ford.
37:45Ça a commencé par la classe limite
37:46quand même,
37:47qui n'était pas un président américain.
37:48Oui, c'est ça, exactement.
37:49Mais si vous voulez,
37:50bon, vous en avez un
37:50qui fait le tour de l'Afrique,
37:51bon, il faut lui laisser du temps.
37:53Vous avez un qui est déjà sur zone.
37:58Les Américains, de toute façon,
37:59manifestement,
38:00ne sont pas fondamentalement pressés.
38:02Ils continuent à apporter des moyens.
38:04Ils continuent à renforcer.
38:06Je pense qu'ils profitent aussi
38:07de cette trêve
38:08pour recharger un petit peu
38:09parce que quand même,
38:10il a fallu tirer énormément
38:12de missiles antimissiles
38:15et d'armes diverses
38:17et utiliser des armes diverses.
38:19Et puis bon, les avions,
38:20il faut les maintenir.
38:21Les pilotes, les équipages,
38:23les mécaniciens,
38:24il faut les reposer.
38:24Donc si vous voulez,
38:25tout ça, cette pose,
38:26ça sert du côté iranien aux Iraniens
38:28et ça sert du côté américain aux Américains.
38:30Et vous ne le voyez pas, vous,
38:31parce qu'on avait cette discussion
38:32tout à l'heure
38:33avec le général Sidos.
38:35Ce sont des hommes
38:36qui sont donc capables
38:38de débarquer.
38:40Ils sont en capacité de débarquer.
38:42Ils sont en capacité de débarquer.
38:43Donc ça veut dire
38:44qu'on prépare une opération terrestre ?
38:45Ils ont les moyens,
38:47ils ont les hélicoptères,
38:48ils ont les bâtiments
38:50de petits,
38:51si on peut appeler ça,
38:52des petits chalants de débarquement,
38:54des petits bateaux de débarquement,
38:55etc.,
38:56qui sont sous les bâtiments
38:58comme par exemple
38:59le Boxer
39:00ou le Murphy
39:03ou le Peterson,
39:04etc.
39:05Mais ce n'est pas parce
39:06qu'ils ont la capacité,
39:08ce n'est pas parce qu'ils ont
39:09les moyens,
39:09ce n'est pas parce qu'ils ont
39:10le savoir-faire
39:11qui vont être utilisés.
39:12Mais c'est une manière
39:13de dire aux Iraniens
39:14qui ne sont pas idiots,
39:15qui savent regarder
39:16sur Wikipédia,
39:17comme tout le monde,
39:18de leur dire
39:19attention,
39:19vous avez vu ce qui débarque.
39:21La cavalerie continue
39:22à se renforcer.
39:24Bon,
39:24ben voilà,
39:25ça c'est la manière
39:26de faire de Trump.
39:28Moi,
39:28j'ai connu un président
39:29en France
39:29qui avait aussi sa manière,
39:31souvenez-vous,
39:32pendant la première guerre du Golfe,
39:33le président Mitterrand,
39:34quand il a envoyé
39:35le Clémenceau,
39:37c'était je crois d'ailleurs
39:38à Yambou,
39:39oui,
39:39c'était à Yambou,
39:41donc en Arabie Saoudite
39:42avec des camions
39:44et on a dit
39:45c'est pas possible,
39:46il nous ridiculise,
39:47il envoie un porte-avions
39:48avec des camions,
39:49il ne met pas des avions dessus,
39:50etc.
39:50Parce que le président Mitterrand,
39:52il avait décidé,
39:53quand les opérations
39:54commençaient à s'organiser,
39:55la coalition
39:56qui a fini par faire
39:5635 pays
39:57à se monter,
39:58il avait décidé
39:59qu'il irait
40:00à pas très long,
40:01qu'il essaierait
40:02d'entretenir
40:02une négociation
40:03le plus possible.
40:04Il y a eu énormément
40:06de contacts
40:07avec l'époque
40:07avec Tarek Aziz
40:08qui était l'homme fort
40:10du régime
40:10et le numéro 2
40:11du ministre des Affaires
40:12étrangères
40:13de Saddam Hussein,
40:14il a eu des contacts
40:15avec les Russes,
40:16il a traîné,
40:17il a traîné,
40:18il a promené le chien
40:19et finalement
40:20il y est allé
40:20et il est allé
40:21avec 25 000 hommes
40:22la division d'Agué
40:23et ils ont fait
40:24leur boulot
40:24comme les autres,
40:25c'était une opération
40:27finalement bien menée.
40:28Je pense que Trump,
40:29enfin je pense,
40:30j'imagine,
40:31mais je pense que Trump
40:31promène le chien lui aussi
40:33depuis un petit bout de temps.
40:35Je pense que le cessez-le-feu
40:36fait partie de cette politique
40:38je dirais de...
40:41lignifiante
40:41parce qu'elle est un peu
40:42lignifiante
40:42parce qu'il passe son temps
40:43à dire on va faire la paix,
40:44la paix va arriver très vite,
40:45etc.
40:46C'est pas contradictoire
40:47avec son message encore aujourd'hui,
40:48la guerre en Iran
40:49est presque finie.
40:49Il est très contradictoire
40:50de toute façon,
40:51il faut quand même être honnête.
40:53Il fait le chaud,
40:54le froid.
40:54Il me semble oui
40:55qu'en fait,
40:56effectivement la comparaison
40:57avec l'Irak
40:58est instructive
40:59parce que ça n'est pas
41:00la même chose
41:01en Irak
41:02à l'époque de Saddam
41:04il y a eu la guerre.
41:06Elle était prête
41:06comme celle-là.
41:08Ce qu'on est en train de voir
41:09c'est que tout ça
41:10est en appui
41:11à une position de force
41:13dans la mise en scène
41:15de la négociation
41:16qui se pose.
41:17Donc vous avez raison
41:18Michel,
41:19ils sont en capacité
41:20mais rien ne dit
41:22qu'ils vont être utilisés.
41:23Ils sont là
41:23pour mettre
41:24une pression maximale
41:26sur l'Iran
41:27puisque semble-t-il
41:29à moins qu'on soit démenti
41:31cette nuit
41:31mais pour l'instant
41:32ça n'en prend pas
41:33le chemin
41:34il va y avoir
41:35une deuxième phase
41:36de la négociation.
41:37Sur quoi va-t-elle porter ?
41:39Est-ce que ce sera
41:40sur le nucléaire
41:41d'abord ?
41:42Est-ce que ce sera d'abord
41:43sur le déblocage
41:44des Trois-Dormous ?
41:45Dans ce cas-là
41:45la Chine
41:46est nécessairement concernée
41:49et d'où
41:50les signaux
41:51à la Chine
41:52alors je ne sais pas
41:52quel gros câlin
41:53c'est Begrag
41:54je suppose
41:54il va faire
41:55un gros câlin
41:56c'est pas tout à fait
41:56la même chose
41:58C'est pas tout à fait
42:00la même chose
42:00en français
42:01en anglais
42:01parce qu'en français
42:03c'est encore plus ridicule
42:04mais donc
42:06Begrag
42:07c'est quand même
42:07oui
42:08et donc
42:09c'est pas un cas
42:10c'est un embrassade
42:11et donc
42:12vous voyez
42:13on voit
42:13effectivement
42:14dans les propos
42:15qui semblent grotesques
42:18le vocabulaire
42:19bizarre
42:19qu'il utilise
42:20effectivement
42:21on peut
42:22en étant
42:22un Trumpologue
42:23patenté
42:25traduire
42:26en catégorie
42:26géopolitique
42:28heureusement
42:28que j'ai quitté
42:28l'université
42:29j'aurais jamais été capable
42:30d'enseigner
42:32ça à Sciences Po
42:32vous imaginez
42:33vous imaginez
42:34le rouquisme
42:34en tant que
42:35envers ça
42:35en attendant
42:36alors il y a effectivement
42:37ces négociations
42:37imminentes
42:38mais il fait monter
42:39la pression
42:39il envoie 10 000 hommes
42:40supplémentaires
42:40au moment où on parle
42:42et son blocus naval
42:43est toujours d'actualité
42:44je voulais vous montrer
42:44une séquence
42:46séquence qui provient
42:47du commandement central
42:48des Etats-Unis
42:48qui diffuse un message
42:49de l'US Navy
42:51un pétrolier
42:51qui défie le blocus
42:52et ça donne ça
42:53regardez
42:56ici la marine
42:57des Etats-Unis
42:58blocus maritime
42:59des ports
43:00et des côtes iraniennes
43:01en vigueur
43:01tous les navires
43:03doivent immédiatement
43:04regagner le port
43:05ou interrompre
43:05toute route vers l'Iran
43:08ne tentez pas
43:09de franchir le blocus
43:10les navires seront
43:11arraisonnés
43:12interceptés
43:13et saisis
43:14faites demi-tour
43:15et préparez-vous
43:16à être arraisonnés
43:16en cas de non-respect
43:18la force sera utilisée
43:19terminée
43:21voilà
43:21c'est de la com
43:23américaine
43:23mais le message c'est
43:24vous ne pouvez pas passer
43:25on est là
43:26et on vaille
43:27à ce qu'aucun bateau
43:28ne passe
43:28oui alors je crois
43:29que c'est pour nous
43:30je ne suis pas convaincu
43:31que ce soit tellement
43:32pour les Iraniens
43:33parce que quand je regarde
43:34Marine Trafic
43:36et je le regarde
43:36deux trois fois par jour
43:38je trouve qu'il y a quand même
43:39beaucoup de gesticulation
43:40beaucoup de mouvements
43:40je trouve que ça bouge
43:42il y a beaucoup de gesticulation
43:43on a la carte devant nous
43:45de Marine Trafic
43:46mais vous voyez Marine Trafic
43:47mais moi j'ai fait un peu plus large
43:50et j'ai vu qu'il y avait quand même
43:52pas mal de bâtiments
43:52par exemple dans la partie sud
43:54vous voyez sud-est
43:55c'est-à-dire dans le golfe d'Omane
43:57et je me dis
43:59c'est pas impossible quand même
44:00qu'il y ait des trucs qui passent
44:01et les américains
44:02ils sont en train de nous distraire
44:03on nous montre autre chose
44:04vous voyez
44:05c'est-à-dire qu'ils nous montrent
44:06qu'ils sont en train
44:06d'essayer d'intercepter
44:08de gêner
44:09des tanqueurs iraniens
44:11qui viennent de ports iraniens
44:12alors qu'en fait
44:12il n'y a pas que des ports iraniens
44:14il y a des ports irakiens
44:16voilà
44:16il y a des ports irakiens
44:18il y a des ports
44:19des émirats unis
44:21il y a des ports de Bahreïne
44:23etc.
44:24mais vous voulez dire
44:24que si le blocus
44:26fonctionnait réellement
44:27il n'y aurait pas
44:27toute cette agitation
44:28comme vous dites
44:29sur ces cartes
44:30que vous scrutez
44:31des bateaux qui tournent en rond
44:32c'est un côté bizarre
44:33bon d'habitude
44:34quand ils ne bougent pas
44:36ils mouillent leur encre
44:37vous voyez
44:37voilà
44:38parce que d'abord
44:39ça consomme du carburant
44:40deuxièmement
44:41c'est quand même
44:42non je pense que ça bouge
44:44quand même
44:44il se passe des choses
44:45je pense qu'on ne nous dit pas tout
44:47on n'a pas la capacité
44:48d'observer
44:49les Russes le voient
44:50les Chinois le voient
44:52je pense que notre gouvernement
44:54français le voit
44:55un petit peu plus que nous
44:55voilà
44:56mais nous là
44:57sur le plateau
44:58nous les journalistes
44:59les journaux généraux
45:00les experts
45:01etc.
45:02je pense qu'on ne voit pas tout
45:03qu'on ne sait pas tout
45:04qu'on ne se rend pas très bien compte
45:05de tout ça
45:06de même
45:06bon
45:07on nous balade avec les mines
45:09les mines
45:10depuis le temps qu'il y a des mines
45:11vous avez vu qu'il y a deux navires
45:11chasseurs de mines américains
45:13qui seraient en route
45:13en ce moment
45:14on n'a toujours pas vu une mine
45:15quand même
45:15on n'a toujours pas vu une mine
45:16oui mais alors
45:16de ce que j'ai appris
45:18de ces cinq semaines de guerre
45:19on envoie quand même
45:20les chasseurs de mines
45:21même si
45:22bien sûr
45:22il n'y a pas de mines
45:22juste pour sauter
45:23c'est de la précaution
45:24c'est normal
45:24c'est de la précaution
45:31n'était pas bon
45:32dans ce domaine
45:33que c'était nous
45:34les français et les belges
45:35qui détenions le
45:36ah oui c'est une sottise
45:37ah oui c'est une sottise
45:38ah pardon Michel Polac
45:39parce qu'on répète
45:41on répète
45:41on dit des tas de trucs
45:42il n'y a pas de puissance nucléaire
45:44qui possède des sous-marins nucléaires
45:45lanceurs d'engin
45:46ou des sous-marins nucléaires d'attaque
45:48qui n'ait pas de moyens anti-mines
45:50parce que sinon
45:51les bateaux
45:51ils ne pourraient jamais
45:52ou sortir ou rentrer du port
45:53ce que j'appelle les bateaux
45:54c'est les bateaux noirs
45:55c'est les sous-marins
45:56donc si vous voulez
45:57la France
45:58elle a 17 chasseurs de mines
45:59enfin elle a 17 bâtiments
46:01dédiés à la guerre des mines
46:03dont des chasseurs de mines
46:04des bâtiments
46:05pour les plongeurs des mineurs
46:06des bâtiments
46:07pour gérer
46:08les drones de surface
46:10les drones sous-marins
46:11les robots
46:12pour aller faire péter les mines
46:13etc etc
46:14les américains en ont aussi
46:15sauf que si vous voulez
46:16ils n'ont plus
46:17une grosse flotte dédiée
46:18et par contre
46:19ils ont plein de bâtiments
46:20qui peuvent faire des tas de trucs
46:21dont ça
46:22vous voyez
46:23et là ils les envoient
46:24pourquoi pour déminer là
46:25mais il faut attendre
46:25par précaution simplement
46:26par précaution
46:27pour s'assurer
46:28parce qu'on en parle
46:29on ne sait jamais
46:30s'il y en a
46:30on ne prend aucun risque
46:32on prévoit tout
46:33effectivement
46:33ces petits bateaux
46:34qui devaient être retirés
46:35du service
46:36avec des coques en bois
46:38reviennent en fait
46:39ils étaient au Japon
46:39ils reviennent
46:40et puis effectivement
46:41il y a ces gros bateaux
46:42des LCS
46:43qui sont multimissions
46:44en fait
46:44avec une capacité
46:46assez extraordinaire
46:47de changer les missions
46:48on change l'équipage
46:50et on change
46:50les modules
46:51qui sont à l'intérieur
46:51et effectivement
46:53ce que disait
46:53Michel Polacco
46:54c'est qu'il y a aussi
46:55des moyens
46:56un petit peu autonomes
46:57j'ai découvert
46:58que des destroyers
46:59pouvaient être équipés
47:00avec des moyens
47:01des robots
47:02de détection de mines
47:04c'est-à-dire qu'en fait
47:05il y a énormément de moyens
47:06chez les américains
47:06c'est pas que
47:07des petits chasseurs de mines
47:08c'est-à-dire qu'ils ont
47:09plein de moyens
47:10des robots
47:10qui peuvent être mis
47:11sur un destroyer
47:12et puis le destroyer
47:13fait le boulot
47:14voilà
47:15et comment vont réagir
47:16les Iraniens
47:16face à tout ça
47:17vous avez entendu
47:17le nouvel avertissement
47:18aujourd'hui des autorités
47:19qui disent
47:19attention
47:19si vous continuez
47:20si ce blocus continue
47:21on va verrouiller
47:22la mer rouge
47:23est-ce qu'ils en ont
47:24réellement les moyens
47:25donc là on parle
47:26d'un autre détroit
47:27le détroit d'El Mandeb
47:28qui se trouve au sud
47:29du Yémen
47:30est-ce que réellement
47:31ils sont en capacité
47:32de bloquer deux détroits
47:33en fait
47:33alors les Iraniens
47:34ils menaient
47:35une guerre militaire
47:36qui pour l'instant
47:37n'est plus menée
47:38que par le Hezbollah
47:39puisque les Iraniens
47:40manifestement
47:41en ce moment
47:41ne tirent plus
47:42de missiles balistiques
47:43ni de drones
47:44sur les pays du Golfe
47:45ni sur les bâtiments
47:46qui sont dans le Golfe
47:48Rabo-Persique
47:49oui les Iraniens
47:51mènent aussi
47:51une guerre
47:52qu'on va appeler
47:52politico-médiatique
47:54c'est-à-dire des menaces
47:55des réactions
47:56des trucs
47:57comme on a vu tout à l'heure
47:58mais
48:00on voit bien
48:01que leur proxy
48:01commence à être
48:02un peu fatigué
48:03vous voyez les outils
48:04ils sont intervenus
48:05un peu au début
48:06puis ils ont redonné
48:07un petit coup
48:07il y a une dizaine de jours
48:08et puis à mon avis
48:10les outils
48:10ils se sont quand même
48:11fait bien aplatir
48:12par les Américains
48:13et les Israéliens
48:13il y a quelques mois
48:16on a vu
48:17qu'il y a quand même
48:17eu une guerre
48:18dans la mer Rouge
48:20et au détroit
48:21de Bab-el-Mandeb
48:21qui a duré
48:23deux ans
48:23trois ans
48:24où les outils
48:25ont quand même
48:25attaqué pas mal
48:26de bâtiments
48:26et où il y a
48:27des bâtiments
48:28européens
48:28nombreux
48:29dont des français
48:30mais il y a même
48:31eu un bâtiment
48:31pakistanais
48:32qui a participé
48:33à la défense
48:33du détroit
48:34de Bab-el-Mandeb
48:35et de la mer Rouge
48:36et donc si vous voulez
48:37je crois qu'ils ont été
48:38quand même
48:38fortement amoindris
48:40et donc quand les Iraniens
48:41menacent d'utiliser
48:43les outils
48:43bon bah peut-être
48:44que les outils
48:45vont faire
48:46quelques tirs de missiles
48:47ils ont aussi
48:47des missiles balistiques
48:48mais ça n'ira pas
48:49plus loin que ça
48:50je ne crois pas
48:51qu'ils aient des gros moyens
48:52sinon ils les auraient
48:53déjà utilisés
48:54sauf que la Chine
48:55visiblement
48:56aide aussi l'Iran
48:57et c'est un article
48:58du Financial Times
48:59que vous voyez là
49:00la Chine qui partage
49:01sa technologie satellitaire
49:02avec l'Iran
49:03pour aider l'Iran
49:04à surveiller
49:05les bases américaines
49:06visiblement
49:06ils auraient acquis
49:07ce satellite
49:08avant
49:08bien avant
49:09fin 2024
49:09bien avant
49:10le début de ce conflit
49:11en tout cas
49:11ça a été utile
49:12pendant ce conflit là
49:13dans quelle mesure
49:14la Chine
49:15aide et arme l'Iran
49:17alors d'abord
49:17la Chine est la deuxième
49:18puissance spatiale
49:19au monde aujourd'hui
49:19il faut le savoir
49:20derrière les américains
49:21c'est le deuxième pays
49:22qui lance des satellites
49:24qui fait des lancements
49:25annuels
49:25ils font 20-25 lancements
49:26annuels
49:27les américains en font 160
49:28nous en Europe
49:29on doit être à 3 par an
49:31en ce moment
49:31on va passer à 10
49:32si tout va bien
49:33dans quelques années
49:33les russes sont quasiment
49:35une dizaine
49:35ils sont descendus énormément
49:37donc les Chinois ont des moyens
49:38énormes
49:38ils ont beaucoup de satellites
49:39dans l'espace
49:40dans toutes les catégories
49:42nécessaires
49:43d'ailleurs ils ont aussi
49:44des hommes dans l'espace
49:45ils ont une station spatiale
49:46pas internationale
49:48nationale
49:48qui s'appelle
49:49Tiangong 3
49:50et dans laquelle
49:51il y a en permanence
49:51des hommes
49:52mais les moyens satellites
49:53pour regarder tout ça
49:55vous allez sur Google Earth
49:57vous voyez tout
49:58c'est ouvert à tout le monde
50:00donc si vous voulez
50:01ils ne peuvent pas aider
50:02tellement les Iraniens
50:03les Iraniens
50:04à partir du moment
50:04où ils ont une station
50:05Starlink qui marche quelque part
50:07ils sont capables
50:08d'aller voir énormément
50:09de choses tout seuls
50:10puis deuxièmement
50:11la base Prince Sultan
50:12en Arabie Saoudite
50:13elle était au même endroit
50:14il y a deux ans
50:15et elle est toujours
50:16au même endroit
50:17cette année
50:17c'est la base
50:18la fameuse base
50:19où un I-Wax
50:20l'avion américain
50:21qui a été détruit
50:22par un drone iranien
50:23voilà
50:24par un drone iranien
50:25et un drone iranien
50:26enfin un drone
50:27ou un missile balistique
50:27moi je ne sais pas très bien
50:29ce que je sais
50:30c'est qu'il y a eu
50:30quand même un gros pétard
50:31qu'il y a quand même
50:326 avions ravitailleurs
50:33qui ont été abîmés
50:34mais grâce à ces satellites
50:35donc
50:35grâce à ces satellites
50:36fournis par la Chine
50:37mais non
50:38la base elle n'a pas changé de place
50:39donc tout le monde
50:40moi je peux vous dire
50:40les coordonnées géographiques
50:42nord, temps, sud, temps
50:44de la base
50:45est, temps, longitude
50:47donc pas besoin
50:47des satellites chinois
50:48mais non il n'y en a pas besoin
50:49les satellites
50:50ils sont intéressants
50:51pour voir par exemple
50:53ce qui est en mer
50:54parce que là c'est sûr
50:55que bon
50:56les bateaux
50:57ça ne se voit pas comme ça
50:58les chinois ont des moyens
50:59de détection
50:59qui sont beaucoup plus pointus
51:01beaucoup plus précis
51:02que ce que nous on peut voir
51:03si vous allez sur Google Earth
51:05vous ne verrez pas
51:05les bateaux qui se déplacent
51:07sur Marine Trafic
51:08vous les voyez
51:08mais sur Google Earth
51:09vous ne les verrez pas
51:09donc si vous voulez
51:10je crois que les chinois
51:12sont
51:12oui
51:14un soutien
51:14de l'Iran
51:15je ne pense pas
51:16qu'ils arrivent
51:17à leur faire passer des armes
51:18et je ne crois pas
51:19qu'ils puissent leur faire passer
51:20beaucoup d'informations
51:21qu'on va appeler stratégiques
51:25le nucléaire
51:25est au cœur
51:27des discussions
51:28qui sont en train
51:29ou vont avoir lieu là
51:30dans un avenir très proche
51:32mais une question ce soir
51:34qu'on voulait vous poser
51:36est-ce que le vrai danger nucléaire
51:37ne se retrouve pas
51:38du côté de la Corée du Nord
51:39je ne sais pas si vous avez vu
51:39aujourd'hui
51:40ce que dit
51:41le gendarme du nucléaire
51:42l'AIEA
51:44visiblement
51:44les capacités nucléaires
51:45de la Corée du Nord
51:46augmentent de façon inquiétante
51:48la Corée du Nord
51:49serait en train d'exploiter
51:50plusieurs installations
51:51sur l'enrichissement d'uranium
51:53ce qui est une étape clé
51:54dans la construction
51:56d'ogives nucléaires
51:59est-ce que c'est une information
52:00effectivement inquiétante ?
52:02la Corée du Nord
52:03ça fait longtemps
52:04qu'ils ont des capacités
52:06balistiques
52:06et là avec la Corée du Nord
52:08je pense qu'on rentre
52:09vraiment dans le dialogue
52:09qu'on a connu
52:10pendant la guerre froide
52:11de puissance nucléaire
52:12vis-à-vis d'une autre puissance nucléaire
52:14donc il y a de la gesticulation
52:15c'est certain
52:16des Coréens
52:16là ils sont tranquilles
52:18ils n'auront plus
52:18d'invasion terrestre
52:19mais là
52:21il va falloir qu'on rentre
52:22effectivement dans le dialogue
52:24missile-anti-missile
52:25équilibre de la terreur
52:26là on va vraiment
52:27arriver dans cet équilibre-là
52:29pourquoi ils accélèrent la cadence ?
52:31pour bien dire
52:31attention
52:33voilà
52:33vous ne pourrez pas vous attaquer
52:34la Corée du Nord
52:34elle doit avoir à peu près
52:35une quinzaine
52:36ou une vingtaine
52:37d'armes nucléaires
52:37parce qu'elle a démontré
52:39en faisant des essais
52:39qu'elle avait des armes nucléaires
52:40par contre
52:41elle n'a pas démontré
52:42qu'elle était capable
52:43de les mettre
52:43au bout d'un missile
52:45deuxièmement
52:45elle a des missiles
52:46balistiques
52:47elle a démontré ça
52:48puisqu'elle a montré
52:49qu'elle n'arrivait pas
52:50à lancer un satellite
52:51quand même
52:51donc elle ne peut pas
52:52aller très très très loin
52:53mais elle a quand même
52:54réussi à tirer presque
52:55jusqu'à l'île de Guam
52:57etc
52:57donc elle a réussi à faire
52:594000-5000 kilomètres
53:00mais elle en a très peu
53:01et au bout
53:02elle ne peut pas mettre
53:02une arme nucléaire
53:03parce que mettre
53:04une arme nucléaire
53:04au bout d'un missile
53:06ça demande des capacités
53:07de miniaturisation
53:09ça demande des savoir-faire
53:10que pour l'instant
53:11ils n'ont pas acquis
53:12qu'ils auront
53:13il ne faut pas se faire
53:14d'illusions
53:14ils les auront
53:14à quelle échéance ?
53:16je ne peux pas vous le dire
53:17ça je ne le sais pas
53:17mais c'est quelques années
53:18mais ils l'auront
53:19parce que d'abord
53:20tout circule
53:21toute l'information circule
53:23deuxièmement
53:23bon bah maintenant
53:24qu'ils ont une arme nucléaire
53:25plus personne ne va les attaquer
53:26donc ils sont rentrés
53:27dans le jeu
53:28de la dissuasion nucléaire
53:29donc personne ne va venir
53:30les déranger
53:31d'un autre côté
53:32s'ils veulent servir de menace
53:34par exemple
53:34à l'appui de l'Iran
53:35en ce moment
53:36ils prennent des risques
53:37monstrueux
53:38parce que
53:39tout le monde sait
53:40qu'ils ne sont pas en capacité
53:41de mener une guerre d'Hicléaire
53:43c'est-à-dire
53:43une riposte dissuasive
53:46donc s'ils jouaient à ça
53:47à mon avis
53:48ils se mettraient
53:48franchement en danger
53:49c'est intéressant
53:50parce qu'on a presque
53:51l'impression
53:51que cette guerre
53:53au Moyen-Orient
53:54et cette volonté
53:55à tout prix
53:55de Donald Trump
53:56et d'Israël
53:56d'anéantir le nucléaire iranien
53:59renforcent
53:59et accélèrent
54:00la course du nucléaire
54:01dans ces autres pays
54:02notamment la Corée du Nord
54:03c'est toujours
54:04le danger des guerres
54:05on commence
54:05et puis à fait
54:06on fait naître
54:07d'autres potentielles guerres
54:09ou d'autres acteurs
54:11qui se réveillent
54:12et qui s'affirment
54:13effectivement
54:14c'est toujours le problème
54:15de ces affaires-là
54:15on réveille des petits démons
54:17et après il va falloir les gérer
54:19effectivement
54:19la Corée ça fait un moment
54:20qu'il faut la gérer
54:21mais bien sûr
54:22elle se rappelle à l'attention
54:24avec cette annonce
54:26c'est tout simplement
54:26ça aussi
54:27c'est la grande communication stratégique
54:28je voulais vous entendre
54:29sur l'avenir
54:30des guerres
54:32vous avez dû voir passer
54:32cette information
54:34l'Ukraine
54:36visiblement
54:36a recours désormais
54:37aux robots terrestres
54:38et elle affirme
54:39avoir réussi
54:39à prendre une position ennemie
54:42uniquement
54:42grâce à des robots
54:43et des drones
54:43sans envoyer de soldats
54:45c'est ça l'avenir ?
54:46c'est une partie de l'avenir
54:48mais je ne crois pas
54:49qu'on soit capable
54:50d'abord ça n'a aucun intérêt
54:51de faire battre
54:52des robots
54:52contre des robots
54:53tout court
54:54parce que les robots
54:54ils ne sont pas bellicistes
54:55ils n'ont ni envie de la paix
54:56ni envie de la guerre
54:57ils s'en foutent
54:58donc ça veut dire
54:59qu'il y a quand même
54:59des êtres humains derrière
55:00et les êtres humains
55:01ils ont quand même besoin
55:04de participer
55:05je dirais
55:06à la vue du terrain
55:08à l'intuition
55:10à l'approche
55:11à la perception
55:12etc
55:12donc on a quand même
55:13besoin d'avoir
55:14oui des drones
55:15oui des robots
55:16un robot
55:17c'est une machine
55:18qui revient
55:20un missile
55:21c'est une machine
55:22qui ne revient pas
55:22et un drone
55:23c'est un robot
55:23mais la guerre
55:24parce qu'en l'occurrence
55:26Vladimir Zelensky
55:27a bien précisé
55:27grâce à ça
55:28on a pu récupérer
55:30une position ennemie
55:31et aucun de nos hommes
55:32n'est mort
55:33oui mais les Russes
55:34vont envoyer des robots
55:35de leur côté
55:35et les robots
55:36vont détruire les robots
55:36si vous voulez
55:37et puis voilà
55:37c'est ce qui va se passer
55:39les Ukrainiens
55:40ont je dirais
55:41quasiment inventé
55:42la guerre
55:42des petits drones
55:43parce qu'il y a déjà
55:44eu des drones
55:45les Israéliens
55:46ont utilisé des drones
55:47pendant la campagne
55:48paix en Galilée
55:49en 82
55:49ils ont quand même
55:50détruit 140 batteries
55:52de missiles
55:53anti-aériens
55:53syriennes
55:54au Liban
55:55avec des drones
55:56et grâce à l'aide
55:56des drones
55:57donc si vous voulez
55:58c'est pas d'aujourd'hui
55:58mais c'est vrai
55:59que les Ukrainiens
56:00on peut dire
56:00ils ont inventé
56:01quelque chose
56:02dans la guerre moderne
56:03en utilisant
56:04des petits drones
56:04des drones pas chers
56:05en devenant insupportables
56:07mais je ne pense pas
56:10que si vous voulez
56:11ça va changer quelque chose
56:12de passer du drone robot
56:13et il n'y aura pas
56:15de guerre sans homme
56:16malheureusement
56:17merci beaucoup
56:18merci Michel Poléco
56:19merci Général Sidos
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