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  • il y a 11 heures
La plateforme est accusée "d'ubériser" la santé mentale.

Retrouvez « La chronique de Manon Mariani » dans Zoom zoom zen sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/veille-sanitaire

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Et c'est l'heure de la veille sanitaire. Manon, aujourd'hui, vous nous parlez d'une plateforme qui fait
00:03polémique.
00:04Elle s'appelle BetterHelp. Elle s'est implantée en France depuis un an et se vend comme leader en santé
00:08mentale.
00:09Son concept, trouver un thérapeute et suivre une thérapie en ligne.
00:12Bon, sur le papier, ça semble être une bonne idée. La santé mentale est un sujet de santé publique aujourd
00:17'hui,
00:17notamment chez les jeunes qui souffrent de plus en plus de dépression. On en parlait en première partie d'émission.
00:22Selon une étude de l'Institut Montaigne réalisée l'année dernière, un quart des 15-29 ans disent en être
00:27atteints.
00:27Plusieurs raisons. Le Covid, le climat anxiogène, la guerre, les réseaux. La jeunesse n'a jamais été aussi angoissée qu
00:33'aujourd'hui.
00:34Du coup, l'une des solutions pour s'occuper de sa santé mentale, c'est bien évidemment d'aller voir
00:38un professionnel de la santé pour en parler.
00:41C'est là que la plateforme BetterHelp intervient. Elle a été créée aux Etats-Unis en 2013.
00:45Elle a dépassé le milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2024.
00:48Et elle cherche désormais à accélérer sa croissance en Europe.
00:52Elle propose ses services via son site ou son application.
00:54Elle donne accès à des psychologues inscrits à l'ARS, l'Agence Nationale de Santé.
01:00Ils font des consultations par message, par audio ou par visio.
01:04Accessibles via un abonnement hebdomadaire qui coûte entre 50 et 90 euros.
01:08Tout a l'air beau, tout a l'air propre.
01:10C'est facile d'accès, mais tout n'est pas si rose que ça sur BetterHelp.
01:13Expliquez-nous pourquoi.
01:14Depuis quelques temps, la plateforme fait l'objet de pas mal de bad buzz.
01:17Mediapart a sorti une enquête le mois dernier qui parle d'une ubérisation de la santé mentale.
01:22La semaine dernière, le youtubeur TPZ a réalisé une vidéo où il dénonce les dangers de l'application.
01:27Et sur TikTok, des centaines de personnes appellent à boycotter la plateforme.
01:30Alors en cause, plusieurs problèmes.
01:32Déjà, le fonctionnement des praticiens.
01:34Les thérapeutes ont le statut d'indépendants et donc ils sont payés à la tâche.
01:38Autrement dit, leur rémunération dépend du temps passé sur la plateforme.
01:42Donc de la durée des appels, de la longueur des messages, du volume d'échange qu'ils ont avec leurs
01:47patients.
01:47En gros, plus ils en font, plus ils gagnent de l'argent.
01:49Dans l'enquête de Mediapart, certains dénoncent une pression pour répondre vite,
01:53sous peine d'être moins visibles dans l'algorithme de mise en relation.
01:57Car, en plus de ça, c'est donc un algorithme qui propose des thérapeutes aux utilisateurs.
02:02A l'inscription, il faut répondre à 27 questions censées orientées vers le bon professionnel.
02:07Des questions très personnelles, très intrusives sur notre orientation sexuelle,
02:11la religion, les problèmes à traiter, les pensées suicidaires, etc.
02:14Des choses que l'on confie normalement à un professionnel, non à une plateforme.
02:19Même si, évidemment, ça peut aider à mieux connaître ses utilisateurs.
02:22D'autant plus que BetterHelp a déjà été sanctionné aux Etats-Unis par la Commission fédérale
02:27pour avoir partagé des données personnelles de ses clients à des fins publicitaires.
02:31La plateforme a assuré à Libération qu'aucune info personnelle ait été partagée avec des annonceurs.
02:37Et puis, il y a le problème de son approche marketing.
02:40Car si BetterHelp se fait connaître, c'est essentiellement grâce aux influenceurs.
02:43Comment ça, maintenant, aux influenceurs ?
02:45La plateforme fait des partenariats avec des créateurs de contenu.
02:47Ils sont des centaines en France à en avoir fait la promo.
02:50Natoo, Thibaut InShape, Shera, Victoria Meo.
02:53La technique est toujours la même.
02:55Essayer d'appâter leur audience en leur vendant une histoire triste sur leur santé mentale.
02:59Tout le monde sait qu'à la rentrée dernière, j'ai été diagnostiqué anxio-dépressif.
03:03Ça a été très dur.
03:04Tu ne comprends pas ce qui t'arrive.
03:05Tu en parles, tu t'isoles.
03:06Tous mes proches ont été là à leur manière, etc.
03:08Et c'est ensuite que je me suis fait aider professionnellement.
03:10C'est pour ça que je suis tellement content de collaborer avec BetterHelp.
03:12Ah oui, c'est frontal.
03:14Là, par exemple, c'est très frontal.
03:15Vous entendez Sunday Jules, un youtubeur aux millions d'abonnés.
03:17Un placement de produit assez malsain.
03:19Car ce n'est pas un shampoing qui vend, mais donc un service de thérapie.
03:23Selon Mediapart, plus de 4300 youtubeurs et youtubeuses
03:26et plus de 5000 podcasts sont partenaires de la plateforme dans le monde.
03:30Aux Etats-Unis, BetterHelp a déjà perdu en popularité auprès des influenceurs.
03:34Il y a 8 ans déjà, ça remonte.
03:36Et ça monte quand même aussi dans notre retard sur le sujet.
03:38Le youtubeur PewDiePie a publié une vidéo où il dénonçait la communication de la plateforme.
03:43Derrière, des dizaines d'influenceurs avaient rompu leur contrat avec BetterHelp.
03:47Alors c'est encore loin d'être le cas chez nous.
03:49Certains préfèrent utiliser la vulnérabilité comme un argument marketing
03:52sans en mesurer la dangerosité potentielle.
03:55Merci.
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