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  • il y a 6 minutes
INVITEE - Elisabeth Rossé, psychologue à Toulouse et spécialiste des écrans

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Transcription
00:00Se passer une journée entière sans son téléphone, ça vous semble peut-être facile ou peut-être insurmontable ?
00:05En tout cas, ce qu'ont dû faire des étudiants d'une école de communication toulousaine,
00:08une journée détox digitale pour remettre en question notre usage quotidien des écrans.
00:12On en parle justement ce matin avec une psychologue toulousaine spécialiste de l'addiction aux écrans, votre invitée Alexandra.
00:18Bonjour Elisabeth Rosset, merci d'être avec nous ce matin.
00:20On le disait à l'instant, c'était notre reportage tout à l'heure à 7h30,
00:25cette journée détox, digitale détox dans une école de communication toulousaine.
00:28C'est utile, ça sert vraiment ou c'est comme les régimes flash comme ça qui finalement ne servent à
00:33rien ?
00:34Bonjour, oui c'est utile dans le sens où c'est faire l'expérience
00:38et faire l'expérience d'être sans écran dans une société hyper connectée,
00:43ça peut toujours servir en termes de prise de conscience.
00:47Oui, c'est ce qu'on entendait justement dans le reportage de cette jeune étudiante Ninon
00:51qui dit je passe 8h sur mon écran, je ne m'en étais pas forcément rendue compte.
00:55Est-ce que c'est énorme où vous en voyez beaucoup, des jeunes comme ça,
00:59qui passent tant de temps sur leurs écrans ?
01:02Alors, est-ce que c'est énorme ?
01:03Je pense que chacun peut s'interroger là-dessus et prendre son téléphone.
01:07Maintenant, nos téléphones nous donnent cette information de notre temps d'exposition aux écrans
01:12et j'invite tout le monde à en prendre connaissance et à se rendre compte
01:15qu'effectivement, comme c'est un objet qui rassemble à peu près toutes nos activités,
01:20forcément, on y passe beaucoup, beaucoup de temps.
01:22À partir de combien d'heures on peut considérer qu'on est addict ?
01:25Là, on regarde par exemple, on est en train de regarder en vous écoutant,
01:27et à partir de combien d'heures on peut considérer qu'on est addict aux écrans ?
01:30Alors, même si on utilise le terme d'addiction aux écrans,
01:33on n'est pas forcément dans ce qu'on appelle une addiction au sens sanitaire, en fait.
01:39C'est-à-dire que...
01:39Comme une addiction à une drogue ou une addiction...
01:41Oui, voilà, il faut faire un petit peu des nuances,
01:44parce que l'addiction telle qu'on la traite dans les centres de soins,
01:48c'est des addictions qui sont gravissimes,
01:50qui ont des répercussions sur l'ensemble de la vie des personnes.
01:53Ce qu'on a pu remarquer avec l'émergence de ces écrans,
01:56c'est qu'effectivement, il y avait des mécanismes qui étaient semblables à une addiction.
02:01Ça ne veut pas forcément dire que c'est avec la même intensité et la même gravité.
02:05Par contre, sur la question du temps, là aussi, c'est une question délicate,
02:09parce que, comme me le rappelait votre collègue,
02:12lui, il passe peut-être beaucoup de temps sur son écran,
02:13mais c'est pour lire des journaux.
02:14Oui, Frantz Massard qui disait juste avant cette interview,
02:17qu'il lisait la presse tous les jours sur son téléphone.
02:19Voilà, donc le temps, ce n'est pas une donnée fiable.
02:24Il faut regarder aussi du côté qualitatif.
02:26Qu'est-ce qu'on fait sur ces écrans, en fait ?
02:29Donc, il faut recouper plusieurs informations
02:31pour mieux connaître son usage des écrans.
02:34Donc, 8 heures qualitatives, c'est toujours mieux que 4 heures de mauvaise qualité.
02:38Je ne sais pas si c'est mieux.
02:39Je ne sais pas si c'est mieux.
02:41C'est à chacun d'en juger.
02:42Et au moins de s'interroger là-dessus.
02:44Et quelles conséquences, quel danger, justement ?
02:46Alors, vous le disiez, ce n'est pas tout à fait pour les jeunes,
02:48pour les adultes, ce n'est pas la même chose, cette addiction aussi,
02:50parce qu'on a des publics plus fragiles chez les jeunes.
02:52C'est quoi les conséquences de ces addictions ?
02:54Quand on observe les mécanismes, ensuite, derrière les conséquences.
02:56Alors, en fait, on a une vigilance vis-à-vis des plus jeunes,
03:00parce qu'ils sont en construction.
03:03Et du fait d'être en construction,
03:05c'est là où se mettent en place nos habitudes.
03:06Et parfois, c'est des habitudes qui vont peut-être être délétères.
03:10Et un des risques, en fait, avec,
03:13et ce qui est complètement paradoxal avec ces objets fantastiques,
03:16que sont les smartphones,
03:18c'est que ça nous isole.
03:19Alors qu'au départ, on a un objet de communication,
03:22on se retrouve à s'isoler au fur et à mesure.
03:24Parce que, quelque part,
03:26ça peut créer une forme d'inhibition dans l'action.
03:28Et c'est ça qui est délétère, à mon avis,
03:31aujourd'hui, avec ces usages excessifs d'écran.
03:34Et une fois qu'on a dit tout ça, c'est quoi les solutions ?
03:36Parce que c'est vrai qu'on a beaucoup parlé, par exemple,
03:38de la pause numérique, il y a deux ans,
03:39avec les jeunes dans le Midi Toulousain,
03:41notamment 15 collèges qui mettaient des casiers.
03:43On laissait le téléphone le matin,
03:45on ne le reprenait que le soir.
03:46Ça a marché ?
03:46Vous avez l'impression que les remontées de terrain sont plutôt bonnes ?
03:48C'est quoi les solutions ?
03:50Les solutions, c'est de s'interroger.
03:51C'est toujours pareil.
03:52C'est de s'interroger et de se demander,
03:54est-ce que ça me convient ?
03:56Est-ce que passer autant d'heures sur mon smartphone,
03:58ça me convient ?
03:59Et donc, se donner la possibilité de se décoller de l'écran.
04:03Donc, les idées de pause ou de faire l'expérience de l'absence,
04:07c'est toujours intéressant pour faciliter cette réflexion.
04:10Et donc, vous êtes favorable à ça ?
04:11Dans les collèges, dans les lycées, par exemple,
04:13vous dites que le public est plus fragile,
04:14c'est mettre en place ce genre de choses, finalement.
04:16Il faudrait le tenir.
04:17Dans les collèges, normalement, aujourd'hui,
04:19les téléphones portables sont interdits.
04:21Moi, ma fille, elle va au collège,
04:22elle part avec son téléphone portable.
04:24Alors, elle ne doit pas l'allumer de la journée,
04:26mais qui me dit que dans sa cour de récréation,
04:29au milieu de 300 élèves,
04:31elle va pas rallumer en loose billet.
04:32Faites des tests dans une SMS sinon, pour vérifier.
04:36Mais voilà, on ne peut pas être derrière chaque personne.
04:39Donc, en fait, il y a quelque chose.
04:41Il faut, dans ces cas-là,
04:42si on met en place des mesures,
04:44il faut qu'elles soient appliquées.
04:45Et concrètement, parce qu'on parle des jeunes,
04:47mais on est tous concernés,
04:48on l'a compris en vous écoutant depuis 5 minutes,
04:51on a tous un temps d'écran qui est assez élevé.
04:53Concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire
04:54pour peut-être le limiter ?
04:55Vous avez quelques conseils en quelques secondes, peut-être ?
04:57Quelques conseils ?
04:58Le poser de temps en temps,
05:00l'oublier,
05:02le différencier aussi nos objets.
05:06Par exemple,
05:07si je reprends l'exemple de votre collègue,
05:09France Décidément.
05:10Peut-être que de temps en temps,
05:11effectivement,
05:12plutôt déplier un journal
05:13que regarder sur l'écran.
05:15Et puis,
05:16il y a maintenant aussi des applications
05:19qui vous aident à réguler aussi
05:20votre temps sur les écrans qui se coupent.
05:22C'est vous qui les mettez en place de vous-même
05:24pour vous soutenir justement
05:26dans cette régulation du rapport à l'écran.
05:28Il s'agit plus d'éducation
05:30qu'évidemment d'interdiction.
05:31On va essayer de mettre en place tout ça.
05:33Merci Elisabeth Rosset.
05:34Je rappelle,
05:35vous êtes psychologue spécialiste de l'addiction aux écrans.
05:37Vous travaillez également
05:37avec l'association Clément Cisor à Toulouse
05:40qui lutte justement
05:41contre toutes les formes d'addiction.
05:42On éteint ses écrans,
05:43soit la télé et la radio.
05:45Oui, oui, bien sûr.
05:46Faites de la musique,
05:46faites de la couture,
05:47faites de la peinture,
05:48lisez et écoutez la radio.
05:50Ça, c'est bien.
05:50Surtout ici maintenant.
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