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  • il y a 2 jours
Une série de meurtres atroces choque l'Angleterre victorienne et le monde entier. Le responsable de ces meurtres reste un mystère. Le tueur en série le plus célèbre de l'histoire pourra-t-il être identifié? Qui est Jack l'Éventreur?
Transcription
00:00Ce programme contient des images dérangeantes et violentes.
00:03Il peut heurter la sensibilité de certains spectateurs.
00:07Jack, un fou meurtrier dont le nom reste un mystère.
00:11La police s'intéresse aux suspects l'un après l'autre.
00:14Mais il n'y a aucune preuve de leur présence ou ils ont des alibis.
00:19Rien de substantiel en fait.
00:23Quelques contemporains pensent que Jack l'éventreur aurait même pu être une femme.
00:28J'espère prouver que le grand-père de mon grand-père était aussi Jack l'éventreur.
00:51Londres, Angleterre, 31 août 1888.
00:56C'est le début de la matinée dans le quartier miséreux de l'East End.
01:02À la fin de l'époque victorienne, l'East End est une sorte de bidonville tentaculaire dans la ville même
01:08de Londres.
01:09On y trouve des artisans respectables, des petits commerçants, des boutiquiers.
01:14Mais pour l'essentiel, c'est le foyer des pauvres, des sans-abri et parfois des criminels.
01:21Charles Cross, chauffeur-livreur, marche dans les rues sombres de la ville.
01:26Charles Cross se promène le long de Box Row pour se rendre au travail à 3h40 du matin.
01:32Il aperçoit une bâche, perdue ou jetée, ce qui est une bonne trouvaille.
01:38Mais ce n'est pas une bâche.
01:40C'est un corps de femme.
01:43Il pense d'abord que cette femme est ivre ou endormie.
01:47En fait, elle est morte.
01:49Elle a été égorgée et mutilée.
01:53Les habitants identifient la victime.
01:56Marianne Polly Nichols.
01:59Polly Nichols était au départ la fille d'un artisan respectable.
02:04Et sa mère était blanchisseuse.
02:07Mariée jeune, elle a eu des enfants.
02:10Mais l'alcool et des problèmes maritaux l'ont fait quitter le domicile conjugal
02:15pour vivre dans la rue comme travailleuse du sexe.
02:20Ces femmes vivaient au jour le jour, sans vraiment savoir où elles dormiraient le soir.
02:26Elles couraient donc le risque d'être exploitées parce qu'elles n'avaient pas de véritables moyens de subsistance.
02:32À Londres, à cette époque, un crime commis à l'encontre d'une péripathéticienne ne retient guère l'attention.
02:38Mais la brutalité de celui-ci force la police à s'en préoccuper.
02:43C'était une attaque d'une brutalité inouïe presque sans précédent.
02:48Les meurtres sont courants dans l'East End.
02:51Mais un tel meurtre a tiré l'attention de la police et des citoyens.
02:56Après le meurtre de Nichols, le commissaire Warren charge l'inspecteur principal, Frédéric Haberlein, des meurtres de Whitechapel.
03:04Haberlein interroge les femmes du quartier à la recherche de suspects.
03:09Toutes se souviennent d'un personnage insaisissable.
03:12Il a même un surnom.
03:15Le point commun dans les dires des ouvrières, c'est qu'il y avait un homme qui leur extorquait de
03:20l'argent.
03:21Son surnom ?
03:23Leather Hepron.
03:25Tablier de cuir, parce qu'il en portait toujours un.
03:30Et les ouvrières étaient convaincus qu'il avait tué Paulie Nichols.
03:39Bientôt, le mystérieux tablier de cuir fait la une des journaux.
03:44La presse s'empare presque immédiatement de cette histoire.
03:47Elle en fait ses choux gras.
03:49Des journaux à sensation, comme le Star ou le Palme à la Gazette,
03:54accordent une attention particulière aux détails sordides du crime.
03:58Ça devient un cirque médiatique, une folie.
04:02Avec cette publicité, on observe vite un emballement.
04:07Deux jours après le meurtre de Paulie Nichols,
04:10une femme aperçoit un individu qu'elle pensait être tablier de cuir.
04:14Écrit à un gardien de la paix, ici, le voilà.
04:18Le gardien de la paix décide de le poursuivre.
04:21Il l'appréhende.
04:22L'homme nie être tablier de cuir.
04:25La femme affirme le contraire.
04:27Au final, le policier le laisse partir.
04:31Près d'une semaine s'écoule pendant que la police tente de retrouver tablier de cuir.
04:36Mais avant qu'elle n'y parvienne, le tueur frappe à nouveau.
04:40Vers 6 heures du matin, un homme âgé marchant dans Endory Street,
04:44près de son domicile,
04:46aperçoit ce corps dans l'ombre de l'immeuble.
04:49Plus tard, après que la police a été appelée,
04:53cette deuxième victime est identifiée comme étant Annie Chapman.
04:57Les blessures d'Annie Chapman sont similaires à celles de Paulie Nichols,
05:01mais plus graves.
05:02La gorge est tranchée jusqu'à la colonne vertébrale.
05:04Les intestins gisent près d'une épaule et l'utérus a disparu.
05:08Non loin du corps d'Annie,
05:10on a un tablier de cuir mouillé
05:12qui a pu être lavé ou utilisé par le tueur
05:15pour s'essuyer les mains sur le tablier.
05:17La preuve que le même tueur a frappé de nouveau ?
05:21La presse le croit.
05:23Après la découverte de la deuxième victime,
05:26l'opinion publique réagit très mal dans List End.
05:29Là, le public s'inquiète de plus en plus.
05:33Y aura-t-il un autre meurtre ?
05:35Quand aura-t-il lieu ?
05:37Pourquoi la police n'identifie-t-elle pas le meurtrier ?
05:40L'absence d'élucidation du crime renforce l'inquiétude,
05:45non seulement à Whitechapel,
05:46mais dans tout Londres aussi.
05:49Les journaux répètent que ces témoins oculaires
05:52décrivent les suspects comme « juifs »
05:54ou « d'apparence juive ».
05:56C'est ainsi qu'est née l'idée qu'un juif
05:58tuait des femmes dans Whitechapel.
06:01Des bagarres éclatent dans les rues,
06:03des foules scandent à bas les juifs.
06:04Il y a plein d'émeutes.
06:06Devant la montée de la violence,
06:08la police se hâte de localiser Tablier de cuir
06:11et d'interpeller un suspect.
06:14En enquêtant, la police a découvert
06:16qu'un finisseur de bottes était juif,
06:18un Polonais, du nom de John Pizer.
06:22Le 10 septembre, il est arrêté.
06:25Les voisins et les amis de Pizer
06:27attestent de son innocence.
06:30Ils le considèrent comme un homme bien,
06:32ce qui n'empêche pas la police de persister
06:34et de perquisitionner son domicile.
06:36En fouillant son domicile,
06:38ils trouvent cinq couteaux qui, selon eux,
06:40portent des traces de sang.
06:43La police analyse les couteaux
06:45tout en interrogeant Pizer.
06:48La nuit du meurtre de Paulie Nichols,
06:50Pizer affirme qu'il logeait au Crossman's Lodge.
06:53La deuxième, celle du meurtre d'Annie Chapman,
06:56Pizer affirme qu'il était terré chez lui,
06:58vivant dans la peur.
07:00La police est en mesure de confirmer
07:02les alibis de Pizer
07:03et d'éliminer les soi-disant preuves.
07:06Il n'y avait pas de sang sur ses couteaux.
07:08Après un examen plus approfondi,
07:09il découvre que c'était en fait de la rouille.
07:14La police fait venir Pizer
07:16pour un nouvel interrogatoire,
07:19car plusieurs témoins se demandent
07:20s'il n'était pas présent
07:22sur les lieux de certains des meurtres.
07:25Il subit deux séances d'identification,
07:28mais elle ne donne rien,
07:31surtout parce que les accusateurs
07:33se révèlent peu crédibles.
07:35Le 11 septembre,
07:36Pizer se retrouve libre de toute accusation.
07:40Ces deux analyses n'ayant pas permis
07:42d'identifier Pizer,
07:44la grande question reste la suivante.
07:46Si Pizer n'est pas le meurtrier,
07:49alors qui l'est ?
07:54En 1888,
07:56les habitants de l'East End de Londres
07:58sont en état d'alerte
07:59après les meurtres brutaux
08:01de deux jeunes femmes.
08:03Après le meurtre d'Annie Chapman,
08:05deux semaines passent, rien.
08:07Alors les gens se demandent,
08:09a-t-il fini, c'est tout ?
08:10Est-il parti ?
08:11Est-il en prison ?
08:13Personne ne sait ce qui se passe.
08:17Quelques semaines plus tard,
08:18ce n'est pas une,
08:19mais deux femmes
08:20qui sont découvertes sauvagement assassinées.
08:23Elisabeth Stride et Catherine Eddose
08:26sont mortes à quelques heures d'intervalle.
08:29Toutes deux ont été égorgées
08:31avec des blessures abominables
08:33et ablation des viscères.
08:36Il s'agit manifestement d'un schéma récurrent.
08:39Quatre jeunes femmes
08:40sauvagement assassinées en peu de temps
08:42à quelques pâtés de maison
08:44l'une de l'autre.
08:46Ça renforce l'inquiétude dans le quartier.
08:49Autant qu'au sein de la police.
08:52C'était quelque chose
08:54que personne n'avait jamais vu.
08:56Londres avait probablement affaire
08:57à son premier tueur en série.
09:03Et là,
09:04bien qu'on ait une troisième
09:05et une quatrième victimes,
09:07il n'y a aucun témoin.
09:09On n'a aucune piste.
09:10En toute franchise,
09:12la police était dans le noir
09:13le plus complet
09:14quant à l'identité de l'assassin.
09:17Le 1er octobre,
09:19tout ceci change.
09:20Un courrier commençant par DIRBOS
09:22transforme une enquête locale
09:24en un phénomène mondial.
09:29Le 27 septembre,
09:30l'agence de presse anglaise,
09:32la Central News Agency,
09:33a reçu la lettre DIRBOS,
09:35mais l'a considérée
09:36comme un canular.
09:37Mais le 30 septembre,
09:40Elisabeth Stride
09:40et Catherine Edoze
09:41ont été tuées.
09:43Dans la lettre,
09:44deux détails correspondent
09:45aux meurtres.
09:46Le premier,
09:47c'était qu'il allait
09:48se mettre au travail très vite.
09:49Le second,
09:50c'était qu'il couperait
09:51l'oreille d'une des femmes.
09:52La police a décidé
09:54de publier cette lettre.
09:56On l'appelle DIRBOS,
09:58soit « cher patron »,
09:59parce que c'est ainsi
10:00qu'elle commence.
10:00Le tueur s'adresse
10:02au chef de la police
10:02en l'appelant « boss ».
10:04Dans cette lettre,
10:05il se moque des efforts
10:06de la police
10:07et suggère qu'elle fait
10:08fausse route
10:08dans ses hypothèses
10:09et ses recherches.
10:13La lettre DIRBOS
10:15crée un personnage public
10:16captivant
10:17et semble inviter
10:19la police et le public
10:20à vouloir en savoir
10:22plus sur lui.
10:23« DIRBOS,
10:25j'entends toujours dire
10:26que la police m'a attrapé,
10:28mais ils ne mourront pas
10:29de si tôt.
10:30J'ai bien ri
10:31quand ils ont fait
10:31leurs intéressants
10:32en déclarant être
10:33sur la bonne piste.
10:35J'en ai après les putains
10:36et je n'arrêterai pas
10:37de les éventrer
10:38jusqu'à ce qu'on me boucle. »
10:40Cette lettre dérangeante
10:41est signée du pseudonyme
10:42le plus célèbre
10:43de tous les temps.
10:45« Mon couteau
10:46est si bien aiguisé
10:47que je vais m'y mettre
10:48tout de suite
10:49si j'en ai l'occasion.
10:50Bonne chance.
10:52Bien à vous,
10:54Jack l'éventreur. »
10:57La lettre DIRBOS
10:58a fondamentalement
10:59changé la façon
11:00dont les gens
11:00ont commencé
11:01à penser aux meurtriers
11:02parce qu'elle l'a dotée
11:04d'un côté amusé,
11:07sardonique,
11:08malveillant
11:09et selon certains
11:11d'un désir pervers
11:12et obsessionnel
11:13de violer le corps
11:15de ces prostituées.
11:18Cette lettre
11:20a associé
11:21ces crimes
11:22aux victimes
11:23de Jack l'éventreur.
11:25Ils sont devenus
11:26autre chose
11:27que les meurtres
11:28de Whitechapel.
11:30Le 9 novembre,
11:32l'éventreur
11:33fait une nouvelle victime.
11:34Mary Jane Kelly,
11:3525 ans,
11:36prostituée
11:37de son état.
11:39Le meurtre
11:39de Mary Jane Kelly
11:41est le plus horrible
11:42de tous.
11:43Elle avait sa propre
11:45petite chambre
11:45aux 13 mille heures courtes
11:47où elle passait ses nuits.
11:48Et l'éventreur
11:49a pu prendre son temps
11:50avec elle
11:51après l'avoir assassinée.
11:52Au matin,
11:53quand ils ont ouvert
11:54la chambre,
11:55il y avait des morceaux
11:56de corps éparpillés
11:57dans toute la pièce.
11:59Ils l'avaient entaillée
12:00jusqu'à l'os
12:00certaines fois.
12:02Il n'était pas
12:02tout à fait sûr
12:03que ce soit
12:03Mary Jane Kelly.
12:05Son visage était
12:06tellement mutilé
12:07que l'identifier
12:08était presque impossible.
12:11On suppose
12:12que le tueur
12:13avait des connaissances
12:14en anatomie macroscopique,
12:15celle du corps humain.
12:17Cette tuerie
12:18a confirmé l'hypothèse
12:19avec l'ablation
12:20de nombreux organes.
12:21Ils ont été prélevés
12:23proprement et précisément.
12:24Il faut un bon niveau
12:26pour y parvenir.
12:28Après le meurtre
12:29de Mary Kelly,
12:30les meurtres cessent.
12:31Le coupable
12:32court toujours.
12:33C'est facile
12:34de revenir
12:35sur le travail
12:35de la police
12:36en 1888
12:37et de le critiquer.
12:39Mais il faut se dire
12:40qu'il disposait
12:41de très peu
12:42d'outils
12:43pour résoudre
12:44un crime.
12:45Beaucoup de preuves
12:46n'étaient que
12:47des suppositions
12:48ou provenaient
12:49de soupçons,
12:50de rumeurs
12:51et n'apportaient
12:52rien qui permettent
12:53de déterminer
12:54l'identité
12:54de Jack Léventreur.
12:56L'affaire traîne
12:57jusqu'en 1892.
12:59Elle est alors
13:01réassignée.
13:03Melville McNaughton
13:05est chargé
13:05d'approfondir
13:06l'enquête
13:06sur les meurtres
13:07de Jack Léventreur.
13:09Il dresse un profil
13:10auquel beaucoup
13:11de gens se réfèrent
13:12encore aujourd'hui.
13:14Pour lui,
13:15Léventreur était
13:15instruit,
13:17potentiellement
13:18un immigrant polonais
13:19et quelqu'un
13:21ayant des connaissances
13:22en anatomie
13:23ou en médecine.
13:29Il mène
13:30différents interrogatoires,
13:31recherche les suspects
13:32et un nom
13:34s'impose à lui,
13:35celui de Michael Ostrog.
13:37Ostrog semble bien
13:38correspondre au profil.
13:41McNaughton
13:41mentionne deux points
13:42à propos d'Ostrog.
13:44Il avait une expérience
13:45chirurgicale
13:46acquise en Russie
13:47et c'était
13:48un maniaque sexuel.
13:50Il écrit
13:51qu'on dit
13:51de cet homme
13:52qu'il était souvent
13:52cruel envers les femmes
13:54et on sait
13:55que longtemps
13:55il a porté sur lui
13:56des couteaux chirurgicaux
13:57et ses explications
13:59sur où il était
14:00au moment des meurtres
14:01de Whitechapel
14:02ne l'ont jamais
14:03blanchi totalement.
14:05Une chasse à l'homme
14:06commence
14:06mais la police
14:07ne parvient pas
14:08à localiser Ostrog.
14:09On saura pourquoi
14:10bien plus tard.
14:12Plusieurs des premiers
14:13enquêteurs
14:13se sont éteints
14:14croyant que Léventreur
14:15était Michael Ostrog.
14:17Mais Ostrog
14:17ne pouvait pas l'être.
14:18A l'époque,
14:19il était emprisonné
14:20en France
14:20sous le nom
14:21de Grand Guidon.
14:23Mais Ostrog
14:23n'est pas le seul
14:24suspect potentiel
14:25de McNaughton.
14:27Une autre possibilité existe.
14:33McNaughton a également
14:34nommé un autre suspect
14:35dans ses rapports.
14:36Ce n'était pas un nom complet,
14:37c'était un nom de famille,
14:38Kosminski.
14:40Un tailleur arrivé
14:41à Whitechapel
14:42au début des années 1880
14:43qui devint ensuite barbier.
14:46Kosminski correspondait
14:47parfaitement
14:48au profil de Léventreur.
14:49Il était considéré
14:50comme violent
14:51envers les femmes.
14:52Il avait des tendances
14:53aux meurtres.
14:54Sa stabilité mentale
14:55était questionnable
14:57et il était
14:58dans les environs
14:58lors des meurtres.
15:01Check, check, check, check.
15:04A l'époque,
15:05on ne sait pas grand-chose
15:05sur Aaron Kosminski.
15:07Mais en 2014,
15:09un auteur britannique,
15:10Russell Edwards,
15:11fait une découverte incongrue.
15:13Edwards assiste
15:14à une vente aux enchères
15:15et achète le châle
15:16des doses.
15:17Il avait été retrouvé
15:19sur son corps
15:19la nuit de sa mort.
15:21Il trouve deux gouttes
15:23de sang sur ce châle
15:24et il espère
15:25que ces tâches de sang
15:26permettront
15:27d'identifier
15:28l'éventreur
15:29et plus particulièrement
15:31Kosminski.
15:33Les résultats
15:34sont très,
15:34très intrigants.
15:36La comparaison
15:36entre l'ADN du châle
15:38avec celui des descendants
15:39de Kosminski
15:39fournit une concordance
15:41de 99,2%
15:43et une de 100%.
15:44Le meurtrier
15:45paraît trouvé,
15:46mais l'ADN testé
15:47sur le châle
15:48était de l'ADN
15:49mitochondrial,
15:50pas de l'ADN nucléaire.
15:52L'ADN nucléaire
15:53permet d'identifier
15:54un individu
15:55de manière spécifique.
15:58En revanche,
15:59l'ADN mitochondrial
16:01permet de dire
16:02que ce sang
16:02provient d'une personne
16:04ayant des ancêtres
16:05d'Europe de l'Est.
16:06Donc, même si le sang
16:08présent sur le châle
16:09des doses
16:09correspond à celui
16:11de Kosminski,
16:12il ne permet
16:13en aucun cas
16:14d'identifier Kosminski
16:15comme le meurtrier.
16:17On dirait
16:17que Jack Léventreur
16:19nous échappe encore.
16:21Ou bien l'a-t-il fait ?
16:24La police londonienne
16:25s'efforce
16:26de retrouver
16:26Jack Léventreur.
16:27Sa tâche
16:28semble quasi impossible.
16:30La police
16:31s'intéresse
16:31aux suspects
16:32l'un après l'autre,
16:33mais il n'y a
16:34aucune preuve
16:34de leur présence
16:35ou ils ont des alibis.
16:37Rien de substantiel,
16:38en fait.
16:39John Pizer,
16:40Michael Ostroge,
16:41Aaron Kosminski.
16:43Chacun d'entre eux
16:44est un suspect prometteur,
16:45mais tous sont innocentés.
16:47Mais un spécialiste
16:48pense que
16:48McNaughton
16:49était sur la bonne voie
16:50concernant un nom.
16:51Kosminski.
16:53Sauf
16:53qu'on a fait
16:54une erreur d'identité.
16:59Les premières impressions
17:00de McNaughton
17:01concernant Kosminski
17:03étaient bonnes,
17:04mais des recherches
17:05ultérieures
17:05nous ont conduit
17:06à une personne différente,
17:07dont l'histoire
17:08est encore plus sombre.
17:11Décembre 1888.
17:13Un certain David Cohen
17:14est admis
17:15dans un asile londonien.
17:17David Cohen
17:18n'est pas un vrai nom.
17:19C'est le nom
17:20que la police utilisait
17:21pour un suspect
17:22inconnu et juif.
17:23Aujourd'hui,
17:23on dirait
17:24Monsieur X.
17:26Durant son internement,
17:28X a un comportement violent.
17:30Il attaque le personnel,
17:31il attaque les femmes,
17:32il montre
17:33des tendances violentes,
17:35celles-là même
17:35qui élèvent
17:36quelqu'un au rang de suspect.
17:38Il est atteint
17:39de syphilis
17:40et a été traité.
17:42Cette maladie suggère
17:43qu'il a fréquenté
17:44des prostituées
17:44qui la lui auraient
17:45transmises,
17:47ce qui expliquerait
17:47sa rancune
17:48pour celle de l'East End.
17:50L'élément le plus notable
17:52au sujet de ce suspect
17:53est le timing.
17:54« Les meurtres cessent
17:56après son internement.
17:57La police ne fait pas
17:58le lien à temps
17:59et il meurt
18:00avant que son identité
18:01ne soit connue. »
18:02Monsieur X reste anonyme
18:04jusqu'en 1987,
18:06date à laquelle
18:06Martin Fido,
18:07chercheur britannique,
18:09annonce connaître
18:10son identité.
18:10« Le vrai nom de Cohen
18:12serait Nathan Kaminsky.
18:14Kaminsky,
18:15Kosminsky,
18:16il est très facile
18:17de comprendre
18:17comment McNaughton
18:18a pu confondre
18:19les deux noms. »
18:20Et les similitudes
18:21ne s'arrêtent pas là.
18:23« Nathan Kaminsky
18:24était un juif
18:25de l'East End
18:26traité pour la syphilis.
18:27Il y a un autre détail
18:29important à propos
18:29de Kaminsky.
18:30Il était bottier,
18:31il travaillait avec
18:32des outils très tranchants
18:33et il portait
18:34un tablier de cuir.
18:36Il est tout à fait plausible
18:38qu'il se soit simplement
18:39s'agit d'une confusion
18:40entre deux noms
18:41somme toute très semblable.
18:45Quand l'inspecteur
18:46Haberlein
18:47prend sa retraite
18:47en 1892,
18:49il n'en a pas fini.
18:50Il poursuit ses recherches
18:52et dresse une liste
18:53de suspects.
18:54Pour lui,
18:54c'est toujours
18:55une affaire en cours.
18:571903.
18:58Près de 15 ans
18:59après les crimes,
19:00Frédéric Haberlein,
19:02désormais à la retraite,
19:03propose un autre suspect.
19:07Un homme nommé
19:08George Chapman
19:09a été exécuté
19:10en février 1903.
19:12Et Haberlein,
19:14en lisant ça,
19:14a vu les similitudes
19:16entre les meurtres
19:16de Whitechapel
19:17et ceux commis
19:18par Chapman.
19:20Suffisamment
19:21pour qu'il se dise
19:21que Chapman
19:22pouvait très bien
19:23être Jack l'éventreur.
19:27George Chapman
19:28n'est pas son nom
19:29de naissance.
19:29Il est né
19:30Severin Klosowski.
19:31Il est venu de Pologne
19:32à Londres en 1888,
19:34l'année des meurtres
19:35ou des léventreurs.
19:37En Pologne,
19:38il était assistant
19:39d'un chirurgien
19:40chargé de penser
19:41les plaies,
19:42etc.
19:43À Londres,
19:44il est devenu barbier
19:45et tenait un salon
19:46de coiffure
19:46sur Cable Street
19:47à l'époque des meurtres.
19:50Klosowski est parti
19:51pour l'Amérique
19:52et son départ
19:54des codes anglaises
19:55a coïncidé
19:56avec la fin
19:57des meurtres
19:58de Jack l'éventreur.
20:00Si Chapman
20:02était Jack l'éventreur,
20:03il est possible
20:04que sa série de meurtres
20:05ne se soit pas
20:06arrêtée là.
20:08George Chapman
20:09se marie encore
20:10trois fois
20:11en neuf ans
20:12et toutes ses épouses
20:14meurent de ses mains
20:15par empoisonnement.
20:17Février 1903,
20:19Chapman est jugé
20:20et exécuté
20:21pour les meurtres
20:22de ses femmes.
20:24Des semaines durant,
20:25l'affaire fait la une.
20:27À son arrestation
20:29et avant sa pendaison,
20:30il dit
20:30à l'inspecteur Godley
20:31« Félicitations,
20:33vous avez enfin
20:34attrapé
20:34Jack l'éventreur ».
20:36De l'aveu même
20:37d'Aberline,
20:38Chapman n'était même
20:39pas suspecté
20:40à l'époque des meurtres.
20:41Mais après
20:42des recherches ultérieures
20:44et l'élaboration
20:45par Aberline
20:46d'un profil plus précis,
20:48George Chapman
20:49cochait simplement
20:49toutes les cases
20:50pour lui.
20:53Mais les soupçons
20:54d'Aberline
20:54sont trop tardifs.
20:57Chapman a été pendu.
20:58Il est donc mort
21:00sans jamais avoir été
21:01identifié
21:01comme Jack l'éventreur.
21:03Jamais nous ne saurons.
21:077 mai 1896,
21:10Philadelphia,
21:10en Pennsylvanie.
21:12Dans la prison
21:12de Moya Menzing,
21:14on exécute
21:14un tueur en Syrie
21:15par pondaison.
21:16Son nom,
21:17Herman Webster Mudgett,
21:19plus connu
21:19sous le pseudonyme
21:20de H.H. Holmes.
21:22H.H. Holmes
21:24est descendu
21:24de l'échafaud
21:25et mis dans un cercueil
21:26double à moitié
21:27rempli de ciment.
21:29Ensuite,
21:30on fait encore couler
21:31du ciment
21:31et on l'enterre
21:32dans une tombe anonyme.
21:34Des décennies plus tard,
21:36un homme découvre
21:37un fait alarmant.
21:39À mes 40 ans,
21:41après le décès
21:42de mon grand-père,
21:43on m'a remis
21:43des documents
21:44qui m'ont amené
21:45à penser
21:45que l'homme
21:46connu dans l'histoire
21:47sous le nom
21:48de Dr. H.H. Holmes
21:50était en fait
21:51Herman Webster Mudgett,
21:53mon arrière-arrière-grand-père.
21:56Au cours des 10 à 15 années
21:58suivantes,
21:59j'ai fait des recherches
22:01sur la possibilité
22:02que le Dr. Holmes
22:03et ses 40 autres pseudonymes
22:05utilisés
22:05lors de ses crimes
22:06étaient aussi
22:07le tueur
22:08dans le plus célèbre
22:09cold case
22:10de tous les temps,
22:11Jack Léventreur.
22:17Né Herman Mudgett,
22:19Holmes s'installe
22:20à Chicago
22:21en 1886
22:22pour construire
22:23un hôtel
22:23de trois étages
22:24en vue
22:25de l'exposition universelle.
22:28Cette exposition
22:29est particulièrement
22:30importante pour Chicago
22:31car la ville
22:32s'est imposée
22:32face à des villes
22:33plus connues.
22:34C'est l'occasion
22:35pour Chicago
22:35de prouver au monde
22:36qu'elle est une ville
22:37qui compte.
22:40Tous ceux
22:41qui viennent à l'exposition
22:42doivent se loger.
22:44Holmes le sait.
22:46Il planifie
22:47la construction
22:48comme un hôtel
22:49afin que d'innocentes
22:50victimes
22:51y passent la nuit.
22:53Il peut ainsi choisir
22:55qui il veut
22:55pour poursuivre
22:56sa terrible entreprise.
22:59Il dispose
23:00de pièces secrètes
23:00qui peuvent être scellées
23:02et où les gens
23:02sont asphyxiés
23:03ou de pièces
23:04qui peuvent être
23:05remplies de gaz.
23:06Une fois assassiné
23:07aux étages supérieurs,
23:09Holmes envoie
23:09ses victimes
23:10par toboggan
23:11au sous-sol.
23:11Elles y sont dissoutes
23:12dans des cuves d'acide
23:13ou de chaux-vives.
23:15Il vend les squelettes
23:16pour environ 200 dollars
23:17l'unité,
23:18soit 5 à 10 000 euros
23:19d'aujourd'hui.
23:20C'est un homme
23:21vraiment monstrueux.
23:22Tant de temps
23:23et de travail
23:23pour créer
23:24l'espace parfait
23:25ou assassiner
23:26exactement quand
23:27et comme il le veut.
23:30En 2011,
23:32des informations
23:33soulèvent
23:33de nouvelles questions.
23:35Le tristement célèbre
23:36tueur en cérébrité
23:37britannique
23:37pourrait-il être
23:38H.H. Holmes ?
23:40J'ai été contacté
23:42par un groupe
23:42de gentlemen
23:43enquêtant également
23:44sur la possibilité
23:45qu'Holmes ait été
23:47à Londres
23:48lors des épouvantables
23:49meurtres
23:49de Whitechapel.
23:51Il y avait étudié
23:53la possibilité
23:54d'ouvrir
23:54une entreprise
23:55de vente
23:55de corps humains
23:56et de squelettes
23:58articulées
23:58aux écoles
23:59de médecine
24:00et aux universités
24:02comme il le faisait
24:03en Amérique.
24:05Jeff pense
24:06que le passé
24:06d'Holmes
24:07correspond parfaitement
24:08à celui
24:08de l'éventreur.
24:10H.H. Holmes
24:11sous le nom
24:12de Herman Webster
24:13Mudgett
24:13a obtenu
24:14son diplôme
24:15de médecin.
24:16Il peut pratiquer
24:17la médecine
24:17en Amérique.
24:19Certains pensent
24:20que comme
24:20H.H. Holmes
24:21Jack l'éventreur
24:23pourrait vendre
24:23des morceaux
24:24de ses victimes.
24:25L'une des rumeurs
24:26à l'époque
24:27était qu'un médecin
24:28était prêt
24:28à payer 20 livres
24:29pour un utérus humain,
24:31environ 3500 euros
24:32d'aujourd'hui.
24:33Deux des victimes
24:33de l'éventreur
24:34ont subi
24:35une ablation
24:35de l'utérus.
24:36Y a-t-il une similarité
24:37avec Holmes
24:38vendant des squelettes
24:39humains ?
24:39Y a-t-il un lien ?
24:41Deuxième étape,
24:42Jeff se penche
24:43sur la fameuse lettre
24:44« Dear Boss ».
24:45J'étudiais la possibilité
24:47qu'Holmes
24:48ait été à Londres,
24:49est écrit
24:50« Dear Boss »
24:51et est assassiné
24:52et dose
24:52quand un homme
24:53en Pennsylvanie
24:54m'a contacté.
24:55Il m'a présenté
24:56des comparaisons
24:57d'écritures manuscrites.
24:59Quand je les ai comparées
25:01à la lettre
25:02du plus célèbre
25:03tueur
25:04de tous les temps
25:04« Dear Boss »,
25:07ça m'a fait froid
25:08dans le dos.
25:09C'était bien
25:10la même écriture.
25:11Comme la graphologie
25:12et la comparaison
25:13d'écritures
25:14constituent
25:15une véritable
25:15science médico-légale,
25:17je me suis adressé
25:18à l'université
25:19de Buffalo
25:20qui a conçu
25:21un programme
25:21par ordinateur,
25:23le Cedar Fox
25:24reconnu
25:25par les tribunaux
25:26fédéraux,
25:26par le FBI
25:28et par Scotland Yard.
25:30Ils ont pris
25:31les éléments,
25:31la lettre
25:32« Dear Boss »
25:33et les courriers
25:34d'Holmes.
25:35Professionnellement,
25:36leur opinion
25:37était que le style
25:38était le même.
25:39Ils les ont passés
25:39au crible
25:40dans leur programme
25:41et quand ils sont revenus,
25:43il y avait plus de 90%
25:44de similitudes.
25:46Je devais dire au monde
25:47qu'on avait réussi.
25:48Après 134 ans,
25:49on avait résolu
25:50le mystère
25:51de Jack Léventreur.
25:52Alors qu'il a commis
25:53tant de crimes en Amérique,
25:55comment Holmes
25:56aurait-il pu
25:57en commettre à Londres ?
25:59En enquêtant
26:00sur la possibilité
26:01qu'Holmes ait été
26:03à Londres
26:04au moment des meurtres
26:05de Whitechapel,
26:07on a découvert
26:08des lettres d'Holmes
26:09exprimant sa frustration
26:11de ne pouvoir
26:12se procurer
26:13ses périodiques
26:14américains préférés
26:16lors de son séjour
26:17à Londres.
26:19En 2006,
26:20Scotland Yard
26:21et la BBC
26:22ont commandé
26:23un portrait robot
26:23de Jack Léventreur
26:24basé sur des témoignages
26:26de 1888.
26:29Ce n'est pas
26:29un élément
26:30susceptible
26:31de prouver
26:31une culpabilité
26:32dans un procès
26:33pour meurtre.
26:34Mais en observant
26:36le dessin,
26:36on voit une grande
26:38ressemblance
26:38avec la photographie
26:39de H.H. Holmes
26:41prise par la police
26:42de Boston
26:43après son arrestation.
26:45Il est presque exact.
26:48Il y a une fascination
26:50sur le nombre
26:51de meurtres
26:52commis par H.H. Holmes,
26:54la même
26:55que pour tout meurtre
26:56en série
26:56dans notre société.
26:58On veut tous
26:59savoir combien
27:00d'innocents
27:01sont morts
27:02de sa main.
27:03Un jour,
27:05j'espère prouver
27:06que mon ancêtre,
27:08le grand-père
27:08de mon grand-père,
27:10est aussi
27:11Jack Léventreur.
27:14D'ici là,
27:16Holmes
27:16n'est qu'une autre
27:17possibilité intrigante.
27:21À l'époque
27:21des meurtres
27:22de Jack Léventreur
27:23et au cours
27:24des décennies suivantes,
27:26presque tous
27:26les enquêteurs
27:27se sont appuyés
27:28sur une même hypothèse.
27:30Le tueur
27:31était un homme.
27:33La plupart
27:34des uxoricides
27:35sont des hommes,
27:36mais pas tous.
27:38Les femmes
27:39pauvres
27:39de Listend
27:40connaissent
27:41les tribunaux.
27:43Elles sont traduites
27:44en justice
27:44pour troubles
27:45à l'ordre public,
27:47moqueries grossières,
27:49pour s'être battues,
27:51avoir commis
27:51des actes violents,
27:52parfois contre des hommes,
27:53parfois contre d'autres femmes.
27:57Savoir que les femmes
27:59étaient capables
28:00de violences
28:01a peut-être
28:03incité certains
28:04à penser
28:05que Jack Léventreur
28:06aurait pu être
28:07Jill Léventreuse,
28:10une femme tueuse.
28:13L'idée de Jill Léventreuse
28:15remonte à l'époque
28:16des meurtres
28:16après celui
28:17de la cinquième victime,
28:18Mary Jane Kelly.
28:19L'heure de sa mort
28:20a été estimée
28:21entre 3h30
28:22et 4h du matin.
28:24C'est basé
28:25sur l'examen médical,
28:26la raideur cadavérique,
28:27la température du corps
28:29et sur les témoins
28:30l'ayant entendu
28:31ou vu en vie
28:32en dernier.
28:35Il y a cependant
28:36un témoin,
28:36Caroline Maxwell,
28:38qui affirme avoir vu
28:39Mary Jane Kelly
28:40le matin suivant
28:41son meurtre
28:41entre 8h et 9h.
28:43Caroline était sûre
28:44d'elle parce qu'elle
28:45connaissait Kelly
28:45et parce que Kelly
28:46portait une tenue
28:47très spécifique
28:48que Maxwell avait déjà vue,
28:50dont un châle rouge
28:51très reconnaissable.
28:54bien que son témoignage
28:55semble aller à l'encontre
28:56de ce qu'ont dit
28:57les médecins,
28:58Caroline Maxwell
28:59est très sûre
29:00de la date et de l'heure
29:01parce que son mari
29:02partait travailler.
29:04C'est le récit
29:05d'un unique témoin
29:06mais Frédéric Aberlein
29:08le retient
29:08pensant qu'il recèle
29:10quelque chose.
29:11Aberlein conclut
29:12que les ventreurs
29:13auraient pu revêtir
29:14les vêtements
29:14de Mary Jane Kelly
29:16et avoir été vus
29:17par Caroline Maxwell.
29:19Les ventreurs
29:20pourraient donc
29:20être une femme.
29:25Aberlein
29:26ne parvient pas
29:26à identifier
29:27la dite femme.
29:28Il retourne donc
29:29à d'autres théories.
29:32Mais en 1939,
29:34l'auteur William Stewart
29:35reprend la piste
29:36abandonnée
29:37par Aberlein.
29:39William Stewart
29:40pense que si
29:41Jack l'éventreur
29:42était une femme,
29:44celle-ci
29:45aurait pu être
29:46une sage femme.
29:49Beaucoup de ces jeunes femmes
29:50étaient des prostituées
29:51il n'aurait pas été
29:53rare qu'elles cherchent
29:54à se faire avorter
29:55ou dans certains cas
29:56à accoucher.
29:59Par conséquent,
30:00une sage femme
30:00marchant dans ses rues
30:01au milieu de la nuit
30:03avec un tablier
30:04couvert de sang
30:05n'aurait pas nécessairement
30:07éveillé les soupçons.
30:09Cela aurait pu être
30:10assez banal
30:11dans l'environnement
30:12de cette époque.
30:16Stewart en veut
30:17pour preuve
30:17l'état de la chambre
30:18de Mary Jane Kelly.
30:20Une sage femme
30:21aurait pu approcher
30:22ces femmes.
30:22À la découverte
30:23de Mary Jane Kelly,
30:24ses vêtements étaient
30:25pliés sur la chaise
30:26près du lit.
30:27Elle était à l'aise,
30:28elle était calme,
30:29pas surprise
30:30par l'arrivée
30:30inopinée de quelqu'un.
30:32Mais pourquoi
30:33une sage femme
30:33s'en prendrait-elle
30:34spécifiquement
30:35à Mary Kelly ?
30:36On ne sait pas
30:37pourquoi Kelly
30:38a été tuée.
30:39Stewart suggère
30:40qu'elle a demandé
30:40à la sage femme
30:41un avortement,
30:42qu'elle a changé d'avis
30:43et a menacé
30:44de la dénoncer
30:45à la police,
30:46les avortements
30:47étant à l'époque
30:47illégaux.
30:49Si le tueur
30:50est une femme,
30:51qui est-elle ?
30:53Tout chirurgien
30:54vous dira
30:54que faire une incision
30:55abdominale
30:56pour retirer
30:57les viscères
30:58demande beaucoup
30:58de force.
31:00Ce n'est pas quelque chose
31:01qu'on peut faire
31:02sans énergie
31:02et ça prend du temps.
31:05cela m'amène
31:07à penser
31:07que Jack Léventreur
31:09était un individu
31:10plutôt bien bâti
31:11et fort.
31:14Environ deux ans
31:15plus tard,
31:16la police
31:17a identifié
31:18une femme
31:18qui aurait pu être
31:19Jack Léventreur.
31:21En décembre 1890,
31:24une femme,
31:24Mary Percy,
31:25est exécutée.
31:26Elle a assassiné
31:27la femme et l'enfant
31:28de son amant
31:28et jeté leur corps
31:29à la rue.
31:30Comme les victimes
31:31de Léventreur,
31:32la femme et l'enfant
31:32ont été égorgés.
31:34On ne sait pas grand-chose
31:35sur Mary Percy.
31:36On ne sait pas
31:37si elle était sage-femme
31:38ou si elle avait
31:39des connaissances médicales,
31:40mais on sait
31:41qu'elle est capable
31:41de ce genre de violence.
31:44Melville McNaughton
31:45décrit Percy.
31:46« Je n'ai jamais vu
31:47de femme au physique
31:48plus puissant.
31:50Ses nerfs étaient
31:51aussi solides
31:51que son corps. »
31:53Pourtant,
31:54aucune femme
31:55n'a été arrêtée
31:55dans l'affaire
31:56de Jack Léventreur.
31:58Je comprends
31:59que McNaughton
32:00ait pu penser ça.
32:01À l'époque,
32:01les gens n'auraient pas
32:02voulu croire
32:03qu'une jeune femme
32:03était capable
32:04de telles choses.
32:06À l'époque,
32:07la théorie de
32:08Jill Léventreuse
32:08s'arrête là,
32:09jusqu'à ce que
32:10d'autres preuves
32:11apparaissent.
32:12« En 2006,
32:14un chercheur australien,
32:16Ian Findlay,
32:18identifie de l'ADN féminin
32:20dans la salive
32:22d'une des enveloppes
32:23envoyées par
32:24Jack Léventreur.
32:26Mais il faut replacer ça
32:28dans le contexte.
32:29Avec des analyses
32:31modernes d'ADN,
32:32on a quand même
32:33affaire à des échantillons
32:35vieux de plus d'un siècle.
32:37Je crois que ça remet
32:39en question
32:39la validité
32:40des résultats.
32:43Il est dommage
32:44qu'on ne puisse pas
32:45aller plus loin.
32:47Mais pour l'instant,
32:49on devrait continuer
32:50à l'appeler
32:51Jack Léventreur.
32:55Il ne fait aucun doute
32:56que l'affaire de meurtre
32:57non résolue
32:58la plus célèbre
32:58de Londres
32:59est celle
33:00de Jack Léventreur.
33:02Jack Léventreur
33:03a impitoyablement
33:05mis fin
33:05à la vie
33:06de cinq femmes.
33:07Mais son héritage
33:09a été immensément
33:11productif
33:12dans toutes sortes
33:13de formes culturelles.
33:15Romans,
33:15documentaires,
33:16œuvres d'art,
33:17tous cherchant
33:18à raconter cette histoire
33:19et à en comprendre
33:22le sens.
33:24Et si ce célèbre
33:25mystère britannique
33:26n'était pas
33:27strictement britannique ?
33:30En 2005,
33:31Trevor Marriott
33:32publie un livre
33:33offrant une nouvelle piste,
33:35un nouveau suspect
33:36et qui marque
33:37du saut de l'infamie
33:38un inconnu.
33:40Il suggère
33:41que Léventreur
33:42aurait pu être
33:42un marin
33:43n'ayant jamais vécu
33:44à Londres
33:44mais qui était
33:45taqué
33:45sur la Tamise
33:47lors des meurtres
33:49de Jack Léventreur.
33:56En 1894,
33:58Juliana Hoffman
33:59est retrouvée
33:59assassinée
34:00dans son appartement
34:01new-yorkais
34:02égorgée
34:02d'une oreille
34:03à l'autre.
34:04Deux ans plus tard,
34:05le coupable
34:05est exécuté
34:06à la prison
34:06de Sing Sing
34:07par électrocution.
34:09Son assassin
34:10s'appelle
34:10Carl Fegenbaum
34:12et son avocat
34:13déclarait à son exécution
34:14« Je pense
34:15que Carl Fegenbaum
34:16que vous venez
34:17de voir
34:18mis à mort
34:18sur la chaise électrique
34:19peut être relié
34:21au meurtre
34:21de Jack Léventreur
34:22de Whitechapel,
34:24Londres. »
34:25En creusant un peu,
34:27Trevor Marriott
34:27se rend compte
34:28que l'avocat
34:29de Fegenbaum
34:29avait peut-être raison.
34:32« Les quais de la Tamise
34:33sont très proches
34:34des lieux des meurtres
34:35à Whitechapel,
34:37ce qui laisse penser
34:38qu'il a pu les commettre.
34:39Il était en tout cas
34:41suffisamment proche. »
34:43« Un homme de la marine
34:45marchande
34:45comme Fegenbaum
34:47n'aurait jamais été arrêté
34:48parce qu'il arrive au port,
34:50commet le meurtre,
34:51puis repart
34:53pour revenir
34:53commettre le suivant. »
34:55Quand Marriott
34:56analyse les registres
34:57portuaires de Londres,
34:58sa théorie devient
34:59très plausible.
35:00« Trevor Marriott
35:02pense que
35:02Carl Fegenbaum
35:03était allemand
35:04et sa théorie sur lui
35:06est centrée
35:07sur la Neu-Dutched-Loy
35:08Sipping Company.
35:11Selon la théorie
35:12de Trevor,
35:12de nombreux navires
35:14de cette compagnie
35:15maritime allemande
35:15avaient des bateaux
35:16à quai à Londres
35:17à l'époque des meurtres.
35:19Cela pourrait le placer
35:20sur l'un des navires
35:21de la Norddeutscher. »
35:25« Selon Marriott,
35:26les meurtres
35:26ne s'arrêtent pas là. »
35:29« Cette théorie
35:30a du sens
35:31parce que la police
35:32ne s'est intéressée
35:33qu'aux personnes
35:34qui vivaient là
35:35ou ayant des liens
35:36avec le quartier.
35:37Et surtout,
35:39il est possible
35:40qu'il ait commis
35:40lors d'autres escales
35:42des meurtres
35:43jamais reliés entre eux. »
35:46Marriott poursuit
35:47ses recherches
35:48sur la Norddeutscher-Loy
35:49Shipping Company,
35:51suit les départs
35:52de Brême
35:52et analyse
35:53les périodes
35:54d'escale
35:54dans d'autres pays.
35:56Il relève
35:57qu'outre
35:58les meurtres
35:58de Londres,
35:59six prostituées
36:00ont été assassinées
36:01au Nicaragua
36:02en janvier 1889,
36:04une au Wisconsin
36:05en 1890,
36:07en Allemagne
36:08et en Suisse
36:08la même année
36:09et trois encore
36:10en Amérique
36:10en 1894.
36:12Toutes ces dates
36:13coïncidant
36:14avec les allées
36:15et venues
36:15des navires marchands
36:16allemands.
36:17De nombreuses femmes
36:18ont été égorgées,
36:19ce qui est une marque
36:19de fabrique
36:20de l'éventreur.
36:21Les cibles
36:22étaient également
36:22similaires.
36:23Beaucoup
36:24étaient des prostituées.
36:25Il y a donc bien
36:26eu un croisement
36:27entre les meurtres
36:28que Marriott a découvert
36:29dans d'autres pays
36:30et les meurtres
36:31de l'éventreur
36:32à Londres.
36:34Mais sans autre preuve,
36:36impossible de prouver
36:37la culpabilité
36:37de Feigenbaum.
36:39Si certains éléments
36:41contredisent
36:41l'hypothèse
36:42selon laquelle
36:43Feigenbaum
36:43serait Jack l'éventreur,
36:45la théorie
36:46selon laquelle
36:46le tueur
36:47serait de la marine
36:48marchande
36:48est bien crédible.
36:51C'est intéressant,
36:52certes,
36:53mais lier tout cela
36:55à un seul homme
36:55est un peu exagéré.
36:58Il y a beaucoup
36:59d'hommes misogynes
36:59et violents
37:00dans le monde.
37:01Il suffit de penser
37:02au nombre de ceux
37:03dont on a parlé
37:04rien qu'à Londres.
37:07Les preuves
37:08les plus convaincantes
37:09que l'on a
37:09sur les crimes
37:10de l'éventreur
37:11sont les corps
37:13des victimes.
37:15Bien qu'il ait
37:17nargué la police
37:18et le public
37:19en se créant
37:21un personnage
37:21diabolique,
37:23tordu
37:23et plein d'esprit
37:25de personnalité
37:26reconnue,
37:28il a laissé
37:29derrière lui
37:29très peu
37:30d'indices concrets
37:30qui permettraient
37:32de déterminer
37:33qui il était.
37:35Pourrons-nous un jour
37:36élucider les meurtres
37:37de Jack l'éventreur ?
37:39Je ne pense pas
37:40qu'on saura un jour
37:41qui était vraiment
37:41Jack l'éventreur
37:42mais on ne cessera
37:44pas de chercher.
37:45Avec tant d'enquêteurs
37:45cherchant à résoudre
37:46cette affaire,
37:47peut-être que
37:48Jack l'éventreur
37:48révélera bientôt
37:49sa véritable identité.
37:50Sous-titrage Société Radio-Canada
37:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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