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  • il y a 4 jours
Retrouvez notre soirée spéciale "Guerre en Iran", présentée par Alice Darfeuille, sur BFMTV ce vendredi 10 avril 2026.

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00:00:01Générique
00:00:05Bienvenue dans cette édition spéciale qui se poursuit avec Ulysse Gosset, Jérôme Clèche, Philippe Géli.
00:00:11Bonsoir à tous les trois. Dans un instant, nous aurons le plaisir d'accueillir Bernard-Henri Lévy.
00:00:15On va revenir évidemment tout d'abord sur ces dernières informations qui concernent les négociations
00:00:21qui vont se tenir demain au Pakistan entre Américains et Iraniens au troisième jour du cessez-le-feu.
00:00:27On va parler aussi évidemment des dernières informations sur le terrain avec les équipes de BFM TV
00:00:32que vous voyez ici à Tel Aviv, à Beyrouth. Nous serons aussi du côté de Doha, évidemment dans la région.
00:00:39On va tout de suite filer à Washington. Nous attend Laurent Saïm.
00:00:42Bonsoir Laurent Saïm. Ce qu'il faut dire là ce soir, c'est que ces négociations n'ont pas commencé.
00:00:48Ceux qui vont d'ailleurs les monnaie sont à peine arrivés sur place ou pas encore.
00:00:52Et d'ores et déjà, comme il aime le faire, le président américain met la pression sur les Iraniens.
00:01:00Oui absolument. Il s'est adressé à nos confrères du New York Post.
00:01:04Et il fait de plus en plus d'interviews avec des journalistes par téléphone pour donner depuis sa conférence de
00:01:11presse.
00:01:12Pardonnez-moi, j'ai un petit problème de retour. Voilà.
00:01:14Mais il fait depuis sa conférence de presse des interviews par téléphone avec des journalistes américains pour rappeler la position
00:01:21américaine.
00:01:22Alors à nos confrères du New York Post, Donald Trump a lancé un avertissement en disant que les navires américains
00:01:28qui étaient dans la région
00:01:29ont été rechargés avec, je cite le président américain, les meilleures armes, les meilleures munitions au cas où les négociations
00:01:39n'aboutissent pas.
00:01:40Et pour Donald Trump, comme il l'a confié à nos confrères du New York Post,
00:01:43eh bien à partir du moment où les négociations vont commencer, donc samedi, dans les 24 heures qui suivront le
00:01:48début des négociations,
00:01:50selon le président américain, on saura si les négociations marchent ou pas.
00:01:55Je voudrais vous rappeler qu'il y a 50 000 soldats américains qui sont stationnés autour de l'Iran,
00:02:00notamment sur une base américaine au Qatar.
00:02:03Et le président n'a cessé de répéter à nos confrères du New York Post, mais aussi à d'autres
00:02:08journalistes par téléphone,
00:02:09que les actions militaires reprendraient si les négociations n'aboutissent pas.
00:02:14Un mot, Laurent Seym, sur celui qui va mener ces négociations côté américain,
00:02:20J. Devance, le vice-président américain, qu'est-ce que ça change que ce soit lui, cette fois ?
00:02:26Est-ce que selon vous, il est l'homme de la situation ?
00:02:31Alors, c'est très intéressant parce que c'est le personnage central J. Devance,
00:02:35parce que cette semaine on a appris qu'il avait très clairement dit mi-février son opposition à une intervention
00:02:42militaire en Iran.
00:02:44Et visiblement, il y a énormément de fuites depuis ce matin dans le monde feutré de Washington sur le rôle
00:02:50maintenant de J. Devance.
00:02:52Et l'équipe de J. Devance serait très inquiète des répercussions de l'équipe de la Maison-Blanche,
00:02:58comprenez l'équipe de Trump, par rapport à la position d'hostilité que J. Devance a eue lorsque le président
00:03:04Trump l'a interrogé mi-février
00:03:06pour lui dire est-ce qu'il faut frapper l'Iran ou pas ?
00:03:08J. Devance avait clairement dit, monsieur le président, je ne suis pas pour, mais je serai là, fidèle comme d
00:03:13'habitude,
00:03:13si jamais vous décidez de bombarder l'Iran.
00:03:16Le rôle de J. Devance est très important parce que maintenant c'est public, on sait qu'il était opposé
00:03:20à la guerre en Iran.
00:03:22Et d'après ce que certains hauts responsables de la Maison-Blanche disent,
00:03:25eh bien c'est pour cela que J. Devance a été envoyé avec Jared Kushner, le gendre du président,
00:03:31avec Steve Witkoff qui est le négociateur préféré du président sur les dossiers difficiles.
00:03:38C'est d'une certaine manière celui qui a été contre la guerre, mais qu'on met dans les négociations
00:03:42pour faire en sorte que ça marche.
00:03:44Merci beaucoup, Laurent Saïm, en direct de Washington.
00:03:47Et à tout à l'heure, vous nous faites signe, évidemment, si vous avez du nouveau.
00:03:50Que sait-on à ce stade, ce soir, de ces négociations, Ulysse Gosset ?
00:03:54Qui sera ? Comment ça va se passer ?
00:03:56Alors, la composition de l'allégation américaine est très importante parce qu'effectivement, J. Devance en soi, c'est important.
00:04:03C'est quand même le vice-président des États-Unis.
00:04:05C'est l'homme qui dirigeait le pays si Trump avait une crise cardiaque.
00:04:08Donc, ce n'est pas rien.
00:04:09Et surtout, ce qui est vraiment nouveau, c'est qu'il est accompagné pour la première fois,
00:04:14non seulement de Steve Witkoff, l'émissaire de Trump, du gendre Jared Kushner,
00:04:18mais surtout de membres du Pentagone, donc des militaires,
00:04:22de membres du Conseil national de sécurité,
00:04:24donc les spécialistes américains de toutes les questions de sécurité nationale,
00:04:29et du département d'État.
00:04:31Donc, on a des experts, des diplomates, des militaires,
00:04:33qui sont là pour vérifier que s'il y avait, par exemple, une négociation pointue sur le nucléaire,
00:04:39eh bien, il ne suffirait pas de dire, ah ben oui, on va se mettre d'accord, etc.
00:04:42C'est ce qu'on avait reproché à Steve Witkoff, en particulier,
00:04:44lors de la première négociation qui avait été interrompue juste avant la guerre.
00:04:49Donc, c'est une solide délégation qui est prête vraiment pour travailler point par point.
00:04:52Et répondre à toutes les questions in situ.
00:04:55L'uranium enrichi, la disparition des 440 kilos,
00:05:00le détroit d'Hormuz, qui énerve beaucoup Donald Trump,
00:05:03qui a reculé de façon spectaculaire après avoir dit,
00:05:06je ferai bien du business, moi aussi, sur le pH du passage des navires.
00:05:10Eh bien là, aujourd'hui, c'est fini, halte au chantage.
00:05:12Si les Iraniens veulent qu'on négocie, il faut qu'ils abandonnent cette idée.
00:05:16On reviendra, évidemment, tout au long de cette soirée,
00:05:19sur les différents points de négociation et de friction, le nucléaire notamment.
00:05:23Mais un mot encore sur ce dernier coup de pression de la soirée,
00:05:26donc de Donald Trump dans le New York Post,
00:05:28qui dit, en gros, si ça ne marche pas, je déploie mes soldats à nouveau.
00:05:32Quelqu'un a écrit, il n'y a pas si longtemps, Philippe Géli,
00:05:34« Trump a une façon bien à lui d'amorcer des tractations,
00:05:37non pas en cherchant à établir la confiance,
00:05:39mais au contraire, en sautant à la gorge de son interlocuteur,
00:05:42comme sur un ring de catch. »
00:05:44C'est vous.
00:05:44– Oui.
00:05:45– Et vous l'avez écrit aujourd'hui dans le Figaro.
00:05:47On y est là.
00:05:47– Dans le Figaro de demain, en réalité.
00:05:49– Dans le Figaro de demain.
00:05:50– Oui, et sur le site, aujourd'hui.
00:05:52– Est-ce qu'on n'est pas typiquement dans ça,
00:05:54avec ces déclarations du New York Post ce soir ?
00:05:56– Oui, mais je le disais aussi pour établir une nuance avec J.D. Vance,
00:06:01parce qu'il n'est pas du tout certain que ce soit la méthode de négociation de J.D. Vance,
00:06:05même s'il s'est révélé assez brutal jusqu'ici, en général avec les alliés,
00:06:09il s'est révélé brutal avec Volodymyr Zelensky dans le bureau Oval,
00:06:12brutal à Munich vis-à-vis des alliés,
00:06:16faisant une ingérence manifeste cette semaine encore en Hongrie en faveur d'Orban.
00:06:22Donc ce n'est pas un souple,
00:06:24mais on lui confie une mission qui est presque une mission impossible.
00:06:30Quand Donald Trump dit « on saura dans 24 heures si on peut obtenir un deal ou pas »,
00:06:36c'est quand même un peu vertigineux quand on sait que pour le précédent accord,
00:06:41il avait fallu 12 ans de discussion,
00:06:442 ans et demi avec les Américains
00:06:45et 139 pages qu'il a déchirées en un geste hâtif en 2018.
00:06:54Donc, en gros, cette délégation, comme l'a expliqué Ulysse,
00:06:59elle est certes pleine d'experts,
00:07:00mais ils vont devoir dire très vite au président américain
00:07:03« est-ce que les Iraniens sont prêts à faire les concessions qu'on attend d'eux,
00:07:07sur Hormuz, sur le nucléaire, etc. »
00:07:10Or, si on se met deux minutes dans les chaussures des Iraniens,
00:07:14on ne cède pas en 24 heures.
00:07:19Et surtout, aurait-il l'intérêt à le faire maintenant ?
00:07:22On va en parler évidemment dans un instant avec Bernard-Henri Lévy,
00:07:25mais un nouveau détour sur le terrain.
00:07:27On nous attend, Angie Luata, en Israël,
00:07:29parce qu'il faut parler de ces dernières informations.
00:07:32Angie, on en apprend un peu plus ce soir sur cette campagne de frappe massive
00:07:37qui a été menée par les Israéliens.
00:07:40C'était mercredi.
00:07:42Et notamment, les objectifs visés, Angie.
00:07:47Exactement.
00:07:48Mercredi, avec une journée, vous le savez,
00:07:50qui a fait un bilan de 357 morts du côté libanais.
00:07:55Il y a évidemment un enjeu de communication aujourd'hui
00:07:57pour l'armée israélienne autour de cette journée de mercredi
00:08:01pour dire, selon les termes utilisés bien évidemment par Tzal,
00:08:04que 180 terroristes ont été neutralisés,
00:08:07ont été tués dans cette opération.
00:08:09Terroristes, évidemment, le vocable utilisé par l'armée.
00:08:12Israélienne, maintenant vous devez avoir l'habitude,
00:08:14on peut parler également de combattants du Hezbollah.
00:08:17Voilà ce qui a été annoncé,
00:08:19mais ce qui a été annoncé également avec un communiqué
00:08:21qui fait état de 180 personnes tuées en une minute.
00:08:25Et ça, c'est intéressant également pour montrer
00:08:26une forme d'efficacité communiquée par Tzal ce soir
00:08:30sur cette journée de mercredi,
00:08:32qui, je vous le rappelle, a également fait effectivement des victimes civiles.
00:08:36On a parlé également dans ce communiqué de précision sur les lieux.
00:08:39Donc à Beyrouth, le sud Liban, la plaine de l'Abeka.
00:08:42Et tout ça s'inscrivant bien évidemment dans la volonté de cibler
00:08:46notamment des infrastructures du Hezbollah.
00:08:48Voilà ce qui a été précisé ce soir.
00:08:51C'est important de le rappeler également dans un contexte
00:08:54où il y a une forme de dualité dans la société israélienne actuellement.
00:08:59à savoir s'il faut continuer, malgré le cessez-le-feu effectif
00:09:02avec l'Iran au niveau international,
00:09:05s'il faut continuer les opérations visant le Hezbollah.
00:09:08L'enjeu, bien évidemment, pour l'armée israélienne,
00:09:10c'est de montrer actuellement que l'ouverture à ces négociations
00:09:15ne minimise pas la volonté de frapper le Hezbollah
00:09:19qui, évidemment, également, c'est à noter.
00:09:21Aujourd'hui, par exemple, on nous parle d'une trentaine de roquettes
00:09:24tirées sur le nord d'Israël avec des conséquences également sur place
00:09:28et notamment des civils qui ont été touchés aujourd'hui.
00:09:32Angie Luata, merci beaucoup.
00:09:34Et merci à Caroline Bertolino qui est avec vous sur place.
00:09:37180 membres du Hezbollah éradiqués donc en une minute.
00:09:40Si c'est vrai, si c'est confirmé, c'est complètement fou, non ?
00:09:43Oui, il y a eu un coup de force de la part d'Israël
00:09:46et de Ben Hamid Netanyahou sur le Hezbollah
00:09:49sachant que le Liban allait être devoir se raccorder
00:09:54à se cesser le feu à la demande de l'Iran
00:09:56avec la pression en injuste retour des choses de Donald Trump
00:10:00qui a forcé la main, cette fois-ci, de Ben Hamid Netanyahou
00:10:03pour faire en sorte que le Liban soit raccordé à se cesser le feu.
00:10:07Mais militairement, ça paraît plausible, ces informations ?
00:10:10Oui, c'est tout à fait possible.
00:10:10Ça rappelle l'opération des Bipper, un peu.
00:10:13Alors, ce n'est pas du tout le même type d'opération pour le coup.
00:10:15Là, on est sur une campagne de frappe aérienne, j'allais dire, très massive.
00:10:18C'est tout à fait à la portée d'Israël et de Tsaal
00:10:21qui, encore une fois, a montré sa marque d'excellence
00:10:24que personne ne conteste
00:10:25et qui est tout à fait en mesure de livrer des frappes massives,
00:10:29très rapprochées.
00:10:30On a eu d'ailleurs à ce sujet
00:10:32un témoignage du ministre de la Culture, Hassan Salamé,
00:10:35le ministre de la Culture libanais,
00:10:36qui nous avait dit qu'en fait, effectivement,
00:10:38il y avait une sorte d'omniprésence des frappes à ce moment-là
00:10:41parce que Ben Hamid Netanyahou savait qu'il allait devoir,
00:10:44j'allais dire, lever le pied juste derrière.
00:10:46– Bonsoir Bernard-Henri Lévy. – Bonsoir.
00:10:48– Bienvenue sur ce plateau.
00:10:50On va commencer avec le front libanais, si je puis dire,
00:10:54et ce qui s'est passé effectivement ce mercredi.
00:10:56Il n'y a pas que des membres du Hezbollah
00:10:57qui ont été visés par ces frappes massives.
00:10:59Il y a eu aussi, évidemment, des victimes collatérales.
00:11:02On parle d'au moins 300 morts.
00:11:05Est-ce que l'objectif d'éradication du Hezbollah
00:11:07doit passer à tout prix par un bilan humain ravageur ?
00:11:13– Bien sûr que non, ne doit pas passer.
00:11:16Après, quand vous avez un ennemi, le Hezbollah,
00:11:20qui comme le Hamas à Gaza, a pour stratégie de se fondre parmi les civils,
00:11:27de se cacher dans les immeubles d'habitation,
00:11:30et plus s'est habité, plus ils installent leur centre d'opération et de coordination,
00:11:34ils prennent une responsabilité effrayante.
00:11:37– Mais précisément, est-ce que selon vous,
00:11:39et est-ce que justement ce qui s'est passé dans la bande de Gaza
00:11:42ne nous a pas prouvé le contraire,
00:11:44est-ce qu'il est possible d'éradiquer une telle entité,
00:11:47une idéologie par les bombes, en bombardant, en bombardant encore et encore ?
00:11:51– Est-ce que l'effet ne prouve pas le contraire ?
00:11:53– D'abord, on éradique, moi en tout cas, je n'ai jamais étenu ce langage,
00:11:56on éradique jamais, on affaiblit considérablement, c'est ça qu'on peut faire.
00:12:02– Et puis, une idéologie, comme vous dites,
00:12:06elle est très très affaiblie lorsque les gens voient que ça ne marche pas.
00:12:10Tant que le Hamas aura l'air en place,
00:12:14tant qu'il pourra dire qu'il résiste à l'armée israélienne,
00:12:17tant que les ayatollahs, les mollahs iraniens,
00:12:21seront encore en position de dire on résiste à la plus forte armée du monde,
00:12:25bien sûr que l'idée va prospérer.
00:12:28La clé, c'est comme ça dans toute l'histoire des totalités.
00:12:32– Vous étiez venu au début de ce conflit sur ce plateau,
00:12:35votre regard n'a pas du tout changé sur cette opération israélienne au Liban.
00:12:39Il faut laisser faire.
00:12:41– Mais ce n'est pas, il faut laisser faire,
00:12:44il est important, ça fait des années que cette opération aurait dû se faire.
00:12:48Le Liban vit en situation d'otage.
00:12:52Le peuple libanais tout entier est otage.
00:12:55Il y a un État dans l'État.
00:12:57Le Hezbollah est une armée plus puissante que l'armée nationale.
00:13:00L'armée nationale a reçu mandat de la communauté internationale
00:13:04de désarmer le Hezbollah.
00:13:06L'État libanais, l'armée nationale ne le peut pas.
00:13:08– Vous pensez que les Libanais détestent plus le Hezbollah
00:13:12que l'armée israélienne ?
00:13:13– Je n'en sais rien.
00:13:14Je sais aujourd'hui qu'il y a une situation de colonisation du Liban par l'Iran.
00:13:21Regardez d'ailleurs quel aveu.
00:13:24L'Iran qui, à la veille des négociations, dit « Ah oui, mais on veut que ce soit lié
00:13:30à un cessez-le-feu au Liban », comme si le Liban faisait partie de leur périmètre,
00:13:35comme si le Liban était une colonie.
00:13:38Ça, c'est insupportable.
00:13:39La guerre, évidemment que c'est toujours la dernière des solutions.
00:13:42Évidemment que ces images sont atroces.
00:13:44Évidemment que ça nous empêche de dormir.
00:13:45– Mais surtout, on se dit jusqu'à quand ? Combien de temps ?
00:13:47– Mais jusqu'à ce que la communauté internationale se décide
00:13:52à arrêter de jouer les hypocrites et à souhaiter et à participer à cet effort
00:13:59de libération du Liban et de désamendement du Moulin.
00:14:02– C'est-à-dire ? Qu'est-ce que vous imaginez quand vous parlez
00:14:05d'une coalition internationale qui participerait à cette opération ?
00:14:09– Ça veut dire où ?
00:14:09– Avec qui ? Pourquoi faire exactement ?
00:14:11– Mais aider les talibanais, renforcer l'armée libanaise,
00:14:16lui donner le moyen d'exercer sa souveraineté.
00:14:20Le Liban, c'est un pays sublime.
00:14:21Ça a été un modèle de multiculturalisme,
00:14:25d'identité compliquée, magnifique.
00:14:28Ce pays, il est ruiné par l'impérialisme iranien depuis des décennies
00:14:34et par le Hezbollah depuis des décennies.
00:14:36– Mais est-ce qu'en attendant de réussir à monter cette coalition internationale,
00:14:39il ne faut pas dire à l'armée israélienne « Stop, ça suffit,
00:14:43il y a trop de victimes collatérales ? »
00:14:45– Il faut dire à l'armée israélienne.
00:14:47Au nom de qui va dire ça et au nom de qui ?
00:14:50Il y a un deuxième problème, c'est que le peuple israélien reçoit
00:14:54tous les jours que le bon Dieu fait des roquettes sur le nord de son territoire.
00:14:59Vous avez des populations déplacées, vous avez des gens qui vivent dans les caves,
00:15:02vous avez des civils qui vivent terrorisés.
00:15:05Au lendemain du 7 octobre, le Hezbollah a décidé d'entrer dans cette guerre.
00:15:12Pourquoi ? Quel était le but ?
00:15:14Quel était le conflit territorial entre le sud du Liban et Israël ?
00:15:18Quel était le but ?
00:15:20Sinon, en effet, participer d'une volonté d'annihilation d'Israël.
00:15:24Alors, quand vous avez face à vous un adversaire qui veut vous détruire…
00:15:28Donc, vous continuez à dire qu'il faut que cette opération menée par l'armée israélienne
00:15:35continue jusqu'à atteindre ses objectifs ?
00:15:38Je dis que l'armée israélienne est la seule aujourd'hui à prendre ce problème au sérieux.
00:15:44C'est-à-dire à dire qu'on ne peut pas laisser un pays de grande culture,
00:15:49un pays de grande histoire, un pays petit par la géographie
00:15:53et grand par la mémoire et par la situation.
00:15:56On ne peut pas le laisser pris en otage par une force de barbares.
00:16:00Donc, Israël est apparemment le seul à prendre ce sujet au sérieux.
00:16:05C'est triste qu'il soit le seul.
00:16:07Et il est le seul à se faire, en plus, maurigéner quand il le fait.
00:16:12Le vrai scandale, c'est qu'il soit seul et que les protecteurs du Liban,
00:16:16y compris mon pays, notre pays, la France,
00:16:19ne soient pas du côté de ceux qui aident l'État libanais
00:16:22à se débarrasser de cette poisse, de cette tragédie qu'est le Hezbollah.
00:16:27Elle ne fait pas l'unanimité, quand même, cette opération israélienne, Ulysse Gosset.
00:16:31C'est le moins qu'on puisse dire.
00:16:32Il faut rappeler notamment que la France a critiqué sévèrement
00:16:35les frappes israéliennes disproportionnées.
00:16:38Oui, mais j'entends.
00:16:40Elles sont, selon vous, disproportionnées ?
00:16:42Je ne suis pas expert.
00:16:44Vous avez vu les images, vous voyez bien le nombre de morts.
00:16:46Il y a 357 morts pour 180 déliminations de Hezbollah.
00:16:50Mais c'est atroce, évidemment que c'est atroce.
00:16:52Et je n'ai même pas envie...
00:16:53Moi, cette histoire de disproportionné, je pense que résonner comme ça,
00:16:57résonner algébriquement, c'est résonner en barbare.
00:17:01Ma question, c'était surtout Trump et Israël.
00:17:03Trump a visiblement eu une conversation téléphonique très dure avec Netanyahou
00:17:07et il lui a demandé d'arrêter, en tout cas de réduire les frappes
00:17:11pour qu'elles soient, je dirais, tolérables, entre guillemets, si elles peuvent l'être.
00:17:15Et Netanyahou a décidé d'ouvrir des négociations.
00:17:19Alors, ma question est la suivante.
00:17:21Est-ce que vous pensez que ce qui se passe au Liban
00:17:23peut compromettre un cessez-le-feu dans la guerre avec l'Iran ?
00:17:27Et deuxièmement, est-ce que vous croyez à ces négociations entre le Liban et Israël ?
00:17:30Moi, je pense déjà qu'il y a deux mythes sur lesquels nous avons tous tendance à vivre.
00:17:35Le premier mythe, c'est que Trump, le cerveau de Trump, est contrôlé par Netanyahou.
00:17:40Premier mythe.
00:17:41Et que Trump s'est lancé dans cette guerre en Iran
00:17:43parce que Netanyahou est venu dans son bureau et lui a tordu le bras.
00:17:47Et deuxièmement, le deuxième mythe...
00:17:49Mais ça, c'est pas vrai, ça ?
00:17:50Il lui a pas tordu le bras, mais il a eu des arguments.
00:17:53Une guerre comme celle-là,
00:17:55comme celle qu'a déclenché les États-Unis contre le régime des Mollahs,
00:17:59vous croyez que ça se décide dans la nuit ?
00:18:01Vous croyez que ça se décide même en huit jours ?
00:18:03Avec Donald Trump, tout est possible.
00:18:04Mais avec Donald Trump, avec les armées modernes,
00:18:07avec l'armée américaine, avec l'armada qui était mise dans l'ordre,
00:18:09ça se prépare pendant des mois, sinon des années.
00:18:12Et le parti de la CIA était contre la guerre,
00:18:14le ministre des Améliques étrangères...
00:18:16Je vous dis pas que les États-Unis ne soient pas divisés,
00:18:18mais je vous dis juste que ce mythe de la guerre d'Israël,
00:18:23la guerre voulue, est un mythe absurde.
00:18:26Alors ma question, est-ce que ce qui se passe au Liban...
00:18:28Je crois plus par parenthèse, s'il y a des pays qui ont soufflé dans l'oreille de Trump
00:18:34pour intervenir au Liban, si j'avais à faire un pari,
00:18:38moins qu'Israël, je dirais les pays du Golfe.
00:18:40C'est plus la guerre du Golfe que la guerre d'Israël.
00:18:42Mais c'est surtout une guerre voulue par Trump, par les États-Unis,
00:18:48depuis des mois.
00:18:49Ça, c'est le premier mythe.
00:18:50Et le deuxième...
00:18:50Donc vous ne croyez pas à cet article du New York Times,
00:18:53pour ceux qui ne l'ont pas en tête,
00:18:55qui raconte cette semaine qu'en gros,
00:18:57Donald Trump serait tombé dans le piège de Benjamin Netanyahou qui a...
00:19:00Je trouve cet argument idiot et dégueulasse.
00:19:04Voilà, idiot pour la raison que je viens de vous dire.
00:19:07Parce qu'une guerre de cette ampleur, ça se déclenche pas comme ça.
00:19:10C'est pas une embuscade de guérilla urbaine qu'on décide à la nuit.
00:19:15C'est dégueulasse parce que ça réactive dans les esprits aux États-Unis.
00:19:20À droite et à gauche, un vieux fantasme avec lequel je crois qu'il ne faut pas jouer,
00:19:26qui est le fantasme d'Israël, on disait dans les années 30,
00:19:33des Juifs fauteurs de guerre.
00:19:35Le premier Amérique à faire...
00:19:36C'est une affaire d'hommes, peut-être ?
00:19:37Celui de Lindbergh, le premier...
00:19:39Entre Netanyahou et Trump, simplement.
00:19:40C'est peut-être juste une affaire d'hommes ?
00:19:42Mais une affaire d'hommes.
00:19:43Vous croyez vraiment qu'une histoire de cette importance,
00:19:46avec des portes-avions, avec des dizaines d'avions,
00:19:49avec 15 000 frappes ?
00:19:51Vous croyez que ça se décide ?
00:19:52Vous croyez que ça se décide entre deux gars
00:19:55qui s'entendent bien, qui se retrouvent à la Maison-Blanche,
00:19:58dans un bon climat fraternel,
00:20:00et qui décident ?
00:20:02Et c'est pas une affaire d'hommes.
00:20:03La réunion en question a lieu le 11 février,
00:20:05la guerre démarre le 28.
00:20:06Il y a quand même un peu de temps pour préparer, d'une part.
00:20:09D'autre part, ce que vous démentez,
00:20:11c'est exactement ce qui s'est produit en juin.
00:20:13L'Israël a commencé les frappes
00:20:15contre l'Iran au mois de juin, la guerre de 12 jours,
00:20:17et Trump a suivi, donc c'est pas si intensable que ça.
00:20:20Mais je ne crois pas non plus que la guerre de 12 jours
00:20:22se soit décidée en 48 heures.
00:20:24Mais c'est le jour de l'anniversaire.
00:20:25Je dis simplement que Netanyahou l'a commencé, celle-là.
00:20:28C'était le jour de l'anniversaire de Trump,
00:20:30la première guerre, celle de juin.
00:20:31Alors, on peut imaginer qu'en effet,
00:20:33il y a eu un anniversaire surprise pour Donald Trump,
00:20:35et qu'on lui a préparé une petite guerre de 12 jours.
00:20:37Non, mais c'est pas du tout ce que je dis.
00:20:39En tout cas...
00:20:39J'ai une question malgré tout, si je vous permettez.
00:20:41Oui, allez-y, et puis après on va avancer, s'il vous plaît.
00:20:43J'ai privé la situation au Liban.
00:20:45De ce que vous dites, je conclue qu'en fait,
00:20:47la réponse, la solution, elle est à Téhéran, n'est-ce pas ?
00:20:50Donc, il y a des négociations qui s'amorcent de main
00:20:54entre les Américains et les Iraniens,
00:20:57parmi lesquelles le Liban est un sujet.
00:21:00Pourquoi ne pas prétendre que la guerre au Liban
00:21:03est exclue de ce périmètre,
00:21:06et ne pas au contraire appliquer la trêve,
00:21:08pendant la durée de ces négociations, au Liban,
00:21:10dont la solution, à long terme,
00:21:13au-delà d'aller tondre la pelouse tous les 5 ans au Liban,
00:21:16la solution, à long terme,
00:21:17c'est l'affaiblissement du régime iranien
00:21:19et l'arrêt de son aide assez supplétif du Hezbollah.
00:21:23Mais le régime iranien, il est affaibli.
00:21:26Il y a une chose aussi
00:21:27dont je trouve qu'on tarde à prendre la mesure,
00:21:32c'est que cette guerre, aujourd'hui,
00:21:34elle est perdue par l'Iran.
00:21:36Celui qui est affaibli des deux protagonistes,
00:21:38ce n'est pas les États-Unis d'Amérique,
00:21:40ils ne sont pas affaiblis.
00:21:41Israël n'est pas affaibli.
00:21:43L'affaiblissement, c'est l'Iran.
00:21:46Décapité, militairement, capacité quasiment détruite,
00:21:49lanceur de missiles neutralisé pour les trois quarts,
00:21:52uranium...
00:21:52Franchement, Bernard Aurélie,
00:21:53ça ne saute pas aux yeux, quand même,
00:21:55cet Iran décapité que vous décrivez.
00:21:57Parce que la réalité ne saute pas toujours aux yeux, bien sûr.
00:21:59Ce qui saute aux yeux, c'est, comme on dit,
00:22:01la communication, c'est les effets médiatiques, bien sûr.
00:22:04C'est M. Galibaf qui roule des mécaniques et qui fait...
00:22:07Mais la réalité militaire, la réalité tragique,
00:22:11c'est l'Iran qui est dans un État épouvantable.
00:22:14Enfin, ils continuent à diriger le pays,
00:22:17ils continuent à nuire dans la région,
00:22:20à répondre en tirant des missiles,
00:22:22en tirant des drones.
00:22:23Sur le nucléaire, on ne sait toujours pas
00:22:25exactement là où ils en sont.
00:22:27Enfin...
00:22:28Ils continuent à nuire dans...
00:22:31Ils continuent à être isolés dans la région,
00:22:33ils continuent à être blacklistés
00:22:35par tous leurs anciens partenaires,
00:22:37ils continuent à avoir des stocks de matières fissiles
00:22:41dont on sait, si, qu'ils sont enterrés
00:22:43sous des montagnes de débris et de gravats
00:22:47et qu'il faudra une génération pour qu'ils les réatteignent
00:22:49et que les Américains ne le sont même pas...
00:22:50Mais ils ne sont pas à terre pour autant.
00:22:52Je veux dire, vous, quand vous regardez ce qui se passe,
00:22:54ça ne vous arrive jamais de vous dire,
00:22:55maintenant que Donald Trump nous parle de négociation
00:22:58et d'une porte de sortie,
00:22:58vous ne le dites jamais, mais tout ça pour ça ?
00:23:02Moi, je déteste...
00:23:03Franchement !
00:23:04Je suis un opposant,
00:23:06depuis son premier mandat absolu,
00:23:09de Donald Trump.
00:23:11Je pense que c'est un personnage épouvantable
00:23:13qui fait un tort terrible aux États-Unis.
00:23:16OK ?
00:23:16Après, il y a une question.
00:23:19Quand on voit Donald Trump se planter en Iran,
00:23:22est-ce qu'on se réjouit ou est-ce qu'on le regrette ?
00:23:24Est-ce qu'on a envie que l'Amérique réussisse ?
00:23:27Ou est-ce qu'on éprouve un plaisir malin
00:23:30à le voir, ce pauvre président Trump
00:23:34qui est une espèce de personnage
00:23:35entre Ubu,
00:23:37Ubu roi d'Alfred Jarry
00:23:38et les rois fouches expériens,
00:23:40est-ce qu'on est heureux de voir
00:23:41qu'il s'enlise et qu'il se plante ?
00:23:42Première question.
00:23:44Et deuxième question,
00:23:45qu'est-ce qui se passe en vrai ?
00:23:46Ce qui se passe en vrai,
00:23:47c'est que l'Iran,
00:23:48par rapport à ce qu'elle était
00:23:49il y a un mois ou un mois et demi,
00:23:51l'Iran est l'ombre,
00:23:52enfin le régime iranien,
00:23:53et l'ombre de ce qu'il était.
00:23:55Oui mais en quoi la population iranienne
00:23:58que vous voulez aider
00:24:00pourrait sortir grandi de ces négociations ?
00:24:03À quel moment on parle de la population iranienne ?
00:24:05Je vous parle du fait que l'appareil répressif,
00:24:08les gardiens de la révolution,
00:24:10les Basidji,
00:24:11ces bruts,
00:24:12qui ont liquidé 40 000 personnes
00:24:15en 48 heures,
00:24:17alarmes lourdes dans les rues de Téhéran,
00:24:19je pense qu'ils ne sont plus
00:24:21ce qu'ils étaient il y a deux mois et demi.
00:24:23Alors on va voir,
00:24:24parce qu'en effet un jour
00:24:25cette guerre va s'arrêter,
00:24:27à mon avis pas demain.
00:24:29Pas cette fois-ci ?
00:24:30Bon mais j'en sais rien,
00:24:31un jour elle va s'arrêter,
00:24:32le peuple iranien va tenter
00:24:35de reprendre son destin en main
00:24:36et on verra bien,
00:24:38on verra si les gardiens de la révolution
00:24:40ont gardé leur pouvoir,
00:24:41on verra si l'armée nationale iranienne
00:24:43reste toujours sur la réserve.
00:24:44Mais le peuple iranien va tenter
00:24:46de reprendre son destin en main,
00:24:48pardon mais ce ne sont que des mots en fait,
00:24:51c'est maintenant ou jamais non ?
00:24:52Non, non, c'est pas maintenant,
00:24:55pardonnez-moi mais
00:24:56ils ont déjà 40 000 morts
00:25:01et autant de familles endeuillées,
00:25:03c'est pas maintenant
00:25:04avec les bombes qui tombent d'un côté
00:25:06et les mitrailleuses de l'autre
00:25:07qui vont descendre dans la rue.
00:25:10Oui mais c'est pas maintenant
00:25:11avec des discussions
00:25:12qui visiblement n'ont pas pour objectif
00:25:16de mettre de côté
00:25:17ceux qui dirigent aujourd'hui le pays.
00:25:18Moi ce qui m'intéresse
00:25:19c'est les civils,
00:25:20en effet c'est les civils iraniens.
00:25:23Est-ce que tout le monde
00:25:23n'est pas en train de les lâcher ?
00:25:25Ah ben c'est possible
00:25:27que tout le monde soit en train de les lâcher,
00:25:28en tout cas on en parle de moins en moins
00:25:30et je vous remercie d'en parler
00:25:31et je vous remercie
00:25:31de me permettre de vous dire
00:25:32que c'est quand même
00:25:33le cœur de la fête.
00:25:34Oui mais à aucun moment
00:25:35les Américains aujourd'hui
00:25:36ne parlent de changement de régime.
00:25:38À aucun moment.
00:25:38La vraie question
00:25:39c'est est-ce que l'appareil répressif iranien,
00:25:42cet appareil barbare,
00:25:44est-ce qu'il sera encore capable
00:25:46dans 8 jours,
00:25:47dans 3 mois,
00:25:48lorsque les opérations militaires
00:25:50s'arrêteront,
00:25:51est-ce qu'il sera encore capable
00:25:52de provoquer le bain de sang
00:25:53qu'il a provoqué en janvier ?
00:25:54Moi mon avis...
00:25:55C'est que non.
00:25:58Est-ce que la simple survie du régime,
00:26:01avec même un durcissement,
00:26:03on est passé d'une république islamique
00:26:05des Molas
00:26:06à une dictature
00:26:07des gardiens de la révolution,
00:26:08est-ce que la simple survie du régime
00:26:10ce n'est pas la victoire de l'Iran ?
00:26:12Je ne crois pas
00:26:13parce que la survie
00:26:14n'a jamais été un objectif politique.
00:26:16Quand un régime...
00:26:17Ils auraient pu mourir
00:26:18et ils sont toujours là.
00:26:20Naturellement,
00:26:20entre la vie et la mort,
00:26:22il y a un état intermédiaire
00:26:23qui s'appelle la survie.
00:26:25Et pour les états totalitaires
00:26:26ou autoritaires,
00:26:27ce n'est jamais très bon la survie.
00:26:29Cette période-là,
00:26:30comme vous dites bien sûr,
00:26:32où vous survivez,
00:26:33c'est un moment
00:26:34de très grande fragilité
00:26:35pour ce genre d'état.
00:26:36En tout cas,
00:26:37je préfère les voir.
00:26:38Moi si j'étais iranien,
00:26:40si j'étais une de ces familles
00:26:42martyrs et endeuillés
00:26:43dont nous parlions,
00:26:44je préférais voir un régime
00:26:46survivant,
00:26:48fantomatique,
00:26:48que le régime arrogant
00:26:50et qui se croyait tout permis
00:26:52du 8 janvier dernier.
00:26:54Alors c'est...
00:26:54Bien sûr qu'on préférerait
00:26:56les voir totalement à terre.
00:26:57Bien sûr qu'on préférerait
00:26:58ne pas voir M. Galibaf,
00:27:00qui est un des grands ordinateurs
00:27:01de la répression.
00:27:03Ne pas le voir demain
00:27:05pavoiser au Pakistan.
00:27:07Mais vous ne croyez plus
00:27:07en un renversement clair et net
00:27:09du régime.
00:27:10Si, mais je crois malheureusement
00:27:13que l'histoire des peuples,
00:27:14ce n'est pas des jeux vidéo,
00:27:16ce n'est pas du presse-bouton.
00:27:18on ne décide pas du jour au lendemain
00:27:20de...
00:27:20Parfois ça marche très vite.
00:27:22Non, non, Lévi.
00:27:22Est-ce que c'est une erreur
00:27:24de négocier avec ce régime ?
00:27:26S'il est à ce niveau
00:27:27d'affaiblissement,
00:27:28est-ce que c'est une erreur
00:27:29de négocier avec lui ?
00:27:30Est-ce qu'il ne vaudrait mieux pas,
00:27:32d'une certaine manière,
00:27:33finir le travail ?
00:27:34Finir le travail,
00:27:36moi je ne dirais pas
00:27:37les choses ainsi.
00:27:38Mais vous avez raison
00:27:39sur un point,
00:27:40c'est que,
00:27:42avec un régime comme celui-là,
00:27:43la seule négociation possible,
00:27:47c'est qu'ils reconnaissent
00:27:49sa défaite,
00:27:50naturellement.
00:27:50Ce qu'ils ne feront pas,
00:27:51à ce stade,
00:27:52ils ne le feront pas.
00:27:53C'est une question
00:27:54que je voulais vous poser.
00:27:55Dans ce cas,
00:27:55vous avez raison,
00:27:56s'ils ne le font pas,
00:27:58si la discussion demain,
00:27:59ça tourne autour de,
00:28:02ok,
00:28:02on n'atteint pas le seuil nucléaire,
00:28:04mais on reste juste en dessous,
00:28:06ok,
00:28:07on veut bien réduire nos missiles,
00:28:09mais on regarde quand même,
00:28:10on ne prend aucun engagement
00:28:11vis-à-vis de notre population,
00:28:13ça sera une négociation honteuse.
00:28:15Bien sûr que ça sera honteux
00:28:17et que cette négociation
00:28:20aura fait la preuve
00:28:21qu'elle était...
00:28:24Il y a un risque
00:28:24que les Américains
00:28:25se soient retirés trop tôt
00:28:27de cette intervention américaine,
00:28:29c'est ça ?
00:28:29Ce n'est pas une question
00:28:30trop tôt parce que...
00:28:31Il y avait le choix,
00:28:32Donald Trump.
00:28:33Est-ce que Donald Trump
00:28:34avait le choix ?
00:28:36Un autre choix
00:28:37que le cessez-le-feu ?
00:28:38Écoutez,
00:28:38oui,
00:28:39si Donald Trump
00:28:40était
00:28:43un chef
00:28:44de démocratie
00:28:46en guerre
00:28:47et menant une guerre
00:28:48qui est plutôt juste,
00:28:50bien sûr qu'il a le choix.
00:28:50Il a le choix du calendrier,
00:28:52il a le choix du temps,
00:28:53il ne se fait pas dicter.
00:28:55Mais on verra ce qui se passe.
00:28:56Honnêtement,
00:28:57l'histoire est tellement grave,
00:29:00les enjeux sont tellement énormes.
00:29:02C'est la paix,
00:29:03c'est d'abord l'Iran,
00:29:05c'est la paix de la région,
00:29:06c'est la paix du monde.
00:29:07Donc,
00:29:07je n'ai même pas envie
00:29:08d'entrer dans des considérations
00:29:09sur la psychologie de Trump
00:29:11ni faire entrer
00:29:12l'antipathie
00:29:13qu'il peut nous inspirer.
00:29:15Vous avez abordé
00:29:16une question,
00:29:17une notion presque philosophique
00:29:19qui voulait justement
00:29:20que Jérôme Clèche,
00:29:22sur laquelle Jérôme Clèche
00:29:22voulait revenir.
00:29:23Vous posez une question.
00:29:24Vous interrogez sur cette notion
00:29:26de guerre juste
00:29:27que vous avez mentionnée,
00:29:27je m'adresse vraiment
00:29:28aux philosophes.
00:29:29Si on prend un peu de recul,
00:29:30qu'on regarde les 25 dernières années,
00:29:33prenons une échelle
00:29:34un peu prospective,
00:29:35en l'occurrence rétrospective,
00:29:362001-2026,
00:29:37est-ce que vous pensez
00:29:38que la notion de guerre juste
00:29:40peut encore trouver
00:29:41une traduction concrète
00:29:42quand on regarde finalement
00:29:43l'issue de toutes les guerres justes
00:29:45qu'on nous a peut-être survendues ?
00:29:49Personne ne nous a rien vendu
00:29:50ni survendu.
00:29:52Je ne sais pas à quoi vous pensez.
00:29:54Par exemple,
00:29:55j'estime...
00:29:56L'Afghanistan
00:29:56pour les raisons
00:29:57qui sont ce qu'elles sont.
00:29:58L'Irak n'était pas une guerre juste
00:30:00pour une raison.
00:30:00Trois, etc.
00:30:01Si vous voulez qu'on parle...
00:30:02Non, non, mais je vous ai...
00:30:03Oui, oui, oui.
00:30:04L'Irak n'était pas une guerre juste
00:30:05pour une raison,
00:30:06c'est qu'elle était basée
00:30:07sur un mensonge.
00:30:08Donc, premier principe
00:30:09de la guerre juste
00:30:10de Saint-Augustin
00:30:11à Michael Walzer
00:30:13en passant par le philosophe Grossius,
00:30:15c'est déjà avoir l'âme droite
00:30:17et ne pas mentir.
00:30:18Quand M. Colin Powell
00:30:19arrive avec sa fiole
00:30:21et que dedans,
00:30:22il y a de la poudre
00:30:22de perlimpinpin,
00:30:23déjà, la guerre juste,
00:30:24elle est mal partie.
00:30:25Voilà.
00:30:26Donc, ça dépend lesquelles.
00:30:27En revanche...
00:30:28Non, mais c'est intéressant.
00:30:29Est-ce que ce qui se passe aujourd'hui,
00:30:31c'est une guerre juste ?
00:30:32Ne pas mentir, vous dites.
00:30:33Ne pas mentir, bien sûr.
00:30:35Ne pas mentir.
00:30:36Aujourd'hui,
00:30:37c'est une guerre juste
00:30:39parce qu'il y a un régime
00:30:40qui, depuis 47 ans,
00:30:42prend son peuple en...
00:30:44obtient son peuple en esclavage,
00:30:47menace la région.
00:30:48Non, on s'en doutait,
00:30:50on le vérifie,
00:30:51il voue une haine
00:30:53absolue,
00:30:53inextinguée
00:30:54à tous ses voisins,
00:30:55Israël et les pays arabes.
00:30:57La guerre qu'il voue
00:30:58au monde sunnite
00:30:59est une guerre
00:31:00au dernier sang
00:31:01avec un fond
00:31:03fanatique
00:31:03qui est insoluble
00:31:05dans la négociation.
00:31:07Donc,
00:31:07contre ce régime-là,
00:31:09qui,
00:31:10depuis 47 ans,
00:31:11prétend faire la loi
00:31:12dans sa région du monde,
00:31:15ça impliquerait
00:31:15qu'en menant cette guerre,
00:31:17le président américain
00:31:19ait voulu,
00:31:19en partie,
00:31:20aider cette population iranienne.
00:31:22Et ça nous ramène
00:31:22aux objectifs
00:31:23du président américain.
00:31:24Vous disiez tout à l'heure
00:31:26Donald Trump
00:31:27ne s'est pas fait
00:31:27totalement embarquer
00:31:28tout seul
00:31:29dans cette aventure
00:31:29par Netanyahou.
00:31:30C'est quelque chose
00:31:31qui se prévoit,
00:31:32qui se réfléchit.
00:31:33Alors, dans ce cas,
00:31:34selon vous,
00:31:35quel était l'objectif
00:31:36du président américain ?
00:31:37Pourquoi il y est allé ?
00:31:38Est-ce que,
00:31:38sur ce point-là,
00:31:39vous y voyez plus clair ?
00:31:41Moi, je pense
00:31:42qu'il y est allé
00:31:45pour venir en aide
00:31:46à ses alliés de la région.
00:31:48Mais il n'y a pas qu'Israël.
00:31:49Il y a l'Arabie saoudite.
00:31:51Il y a les Émirats arabes unis.
00:31:52Il y a tout le monde arabe
00:31:55de la région.
00:31:55Il y a, deuxièmement,
00:31:56pour supprimer
00:31:57une menace nucléaire
00:31:58dont nous savons...
00:32:00Je vous l'ai dit,
00:32:01je crois,
00:32:0224 heures après
00:32:03le déclenchement
00:32:03de cette guerre,
00:32:05le responsable américain
00:32:07qui a été le premier
00:32:09à dire la chose
00:32:10et à dire que l'Iran
00:32:11était à 15 jours
00:32:12d'avoir l'arme nucléaire,
00:32:14le premier responsable américain,
00:32:15c'était Tony Blinken,
00:32:18le secrétaire d'État
00:32:19de Joe Biden.
00:32:20C'est lui qui,
00:32:20en juillet,
00:32:22à la veille de l'élection
00:32:23de Trump,
00:32:24a dit,
00:32:24le 15 ou le 16 juillet,
00:32:27l'Iran est à 15 jours
00:32:28d'être en mesure
00:32:30de fabriquer une bombe.
00:32:31Donc ça,
00:32:31c'est une bonne raison
00:32:32quand même
00:32:33pour déclenchement de guerre.
00:32:34Une bombe atomique...
00:32:34Alors, celle-là,
00:32:35peut-être,
00:32:36mais pour le coup,
00:32:36la sécurité des pays du Golfe,
00:32:38à ce stade,
00:32:39ce n'est pas une grande réussite.
00:32:41C'est même plutôt
00:32:41le contraire
00:32:42qui est en train
00:32:42de se produire.
00:32:43On est bien d'accord.
00:32:44D'abord,
00:32:45ce n'est pas le contraire
00:32:45parce que la preuve est faite.
00:32:47Si l'on s'en souciait,
00:32:49si ça,
00:32:49c'était un des soucis,
00:32:50la preuve est faite
00:32:51qu'on avait raison,
00:32:53que l'Iran considère
00:32:55les pays du Golfe
00:32:55comme des adversaires irréductibles
00:32:58et que c'est sur eux
00:32:59qu'ils tapent en premier
00:33:00quand les États-Unis
00:33:01tapent sur lui.
00:33:02Donc, au contraire,
00:33:02ça donne raison
00:33:03à ceux qui le redoutaient.
00:33:05Il y a tout un monde
00:33:07de chercheurs aux États-Unis
00:33:09et de décideurs politiques
00:33:11qui, depuis des années,
00:33:12vous disent ça.
00:33:13Et ce n'est pas,
00:33:14encore une fois,
00:33:14c'est pour ça
00:33:15la guerre d'Israël
00:33:15qui vous dit
00:33:16ce que pour le bien
00:33:18de la région,
00:33:21du détroit d'Hormuz,
00:33:22des pays arabes,
00:33:23tout ce que vous voudrez
00:33:24du commerce hamiltonien mondial,
00:33:26il faut en finir
00:33:28avec le régime des Mollahs.
00:33:29– Et ça fait plusieurs fois
00:33:30que vous y faites référence,
00:33:31vous craignez en fait
00:33:32que ce conflit au Moyen-Orient
00:33:33d'une certaine manière
00:33:35exacerbe aussi l'antisémitisme.
00:33:37– Je le crains, oui.
00:33:39Non seulement je le crains,
00:33:40mais je le constate un peu.
00:33:42– Vous le constatez ?
00:33:42– Oui, on le constate tous.
00:33:44– Enfin, il y a une différence
00:33:45entre être antisémite
00:33:46et juger ou critiquer
00:33:48l'opération de l'armée israélienne.
00:33:50Ce n'est pas la même chose.
00:33:51On est bien d'accord ?
00:33:52– Vous prenez pour quoi, là ?
00:33:54Évidemment qu'on peut critiquer
00:33:57l'armée israélienne,
00:33:58on peut critiquer l'État israélien,
00:34:00on peut détester Netanyahou,
00:34:02ce n'est pas ça le sujet.
00:34:03En revanche,
00:34:05faire ce que font
00:34:06certains femmes
00:34:07et hommes politiques à Paris,
00:34:09soutenir les terroristes,
00:34:11profiter de ces circonstances
00:34:12pour aller se recueillir
00:34:13sur la tombe
00:34:15des assassins,
00:34:16des athlètes israéliennes
00:34:17muniques il y a 40 ans,
00:34:18tout ça,
00:34:18ça, ce n'est pas de la...
00:34:19– Mais justement,
00:34:20vous avez parlé de Netanyahou,
00:34:21c'est important dans le contexte,
00:34:22parce qu'il y a deux hommes, là.
00:34:23Il y a Donald Trump
00:34:24et il y a Netanyahou.
00:34:25Il est fortement critiqué,
00:34:27notamment par son opposition,
00:34:28mais pas simplement,
00:34:29pour être finalement
00:34:31le premier ministre
00:34:32d'une guerre permanente
00:34:33qui lui permet
00:34:33de rester au pouvoir.
00:34:34Comment vous le jugez,
00:34:35vous, Netanyahou ?
00:34:36– Il y a un peu ça,
00:34:39mais ce n'est pas que ça.
00:34:41Il y a encore
00:34:41deux ans ou trois ans,
00:34:44toute l'opinion publique,
00:34:45toute la société israélienne
00:34:46disait l'inverse.
00:34:48Il disait
00:34:48que ce n'est pas un homme de guerre,
00:34:49que c'est un homme
00:34:50qui cherche toujours
00:34:50le compromis,
00:34:51et qu'il est au contraire
00:34:53pour une solution
00:34:54au profil bas.
00:34:55C'était le reproche
00:34:56qu'on lui faisait,
00:34:57parce qu'il n'a pas
00:34:57de culture militaire personnelle,
00:34:59etc.
00:35:00Donc,
00:35:00il faut faire attention
00:35:01à ce type.
00:35:02– Aujourd'hui,
00:35:03il fait exactement le contraire.
00:35:04Il est un chef de guerre avant tout.
00:35:06– Il a tout de même,
00:35:07il s'est passé quelque chose
00:35:09le 7 octobre.
00:35:09– Le 7 octobre, bien sûr.
00:35:10– Ça ne vous a pas échappé tout de même.
00:35:11– Bien sûr.
00:35:12– Au-delà même des morts.
00:35:14– Mais quel jugement
00:35:14vous portez sur le premier ministre,
00:35:15Netanyahou ?
00:35:16Est-ce que c'est quelqu'un
00:35:17qui pousse finalement
00:35:19au conflit,
00:35:20à la guerre
00:35:20pour garder son pouvoir
00:35:21et pour…
00:35:22– Moi j'ai d'autres raisons
00:35:24d'être en désaccord radical.
00:35:27– Pour échapper à la justice
00:35:28en particulier.
00:35:29– La réforme de la justice,
00:35:30le fait d'avoir
00:35:31deux fascistes
00:35:32à son gouvernement,
00:35:33le fait de leur céder
00:35:34beaucoup trop souvent
00:35:36et ainsi de suite.
00:35:37Après,
00:35:38décider de prendre
00:35:39le taureau par les cornes
00:35:40et d'essayer en tout cas
00:35:44d'en finir
00:35:44avec le Hezbollah
00:35:45qui tient tout le monde
00:35:48par un fil
00:35:49en otage
00:35:49depuis 40 ans,
00:35:51ce n'est pas
00:35:51un but indigne
00:35:53et c'est plutôt
00:35:55ce qu'on attendrait
00:35:57de toutes les démocraties
00:35:58du monde.
00:35:59La vraie surprise
00:36:00pour moi,
00:36:01c'est que les démocraties
00:36:03peuvent avoir des critiques
00:36:04sur la méthode,
00:36:05sur comment…
00:36:06Mais c'est qu'elles ne soient
00:36:07pas aux côtés d'Israël
00:36:08dans cette tentative
00:36:09d'affaiblir
00:36:11et de réduire
00:36:12le Hezbollah.
00:36:13– Pour revenir aux négociations
00:36:14et aux points de friction,
00:36:15on a beaucoup parlé
00:36:16du nucléaire,
00:36:17on a parlé du balistique,
00:36:18on n'a pas parlé
00:36:18quand même du contrôle
00:36:19du détroit d'Hormuz.
00:36:20Vous disiez
00:36:21l'Iran affaiblit.
00:36:23Est-ce qu'en détenant
00:36:24ce contrôle,
00:36:25en ayant pris le contrôle
00:36:26de ce détroit d'Hormuz,
00:36:27l'Iran aujourd'hui
00:36:28ne détient pas
00:36:29la carte maîtresse
00:36:30quand même
00:36:30des négociations ?
00:36:31– Bien sûr,
00:36:32mais ça ne va pas durer
00:36:33non plus très longtemps
00:36:35parce que le détroit d'Hormuz,
00:36:36en effet,
00:36:37il nous tient à la gorge,
00:36:39nous,
00:36:39le reste du monde,
00:36:41enfin,
00:36:41il tient à la gorge l'Iran aussi.
00:36:44un peu plus que 3 minutes.
00:36:45S'ils veulent avoir
00:36:46un avenir politique,
00:36:48c'est quand même
00:36:48leur artère fémorale
00:36:50par laquelle passent
00:36:51tout les Iraniens.
00:36:52Donc,
00:36:52ils ne peuvent pas
00:36:52le fermer indéfiniment.
00:36:54– Ils laissent passer
00:36:54les bateaux,
00:36:55pour le coup,
00:36:56qui vont dans leur intérêt.
00:36:58– Mais ce n'est pas avec ça
00:37:00qu'ils survivront
00:37:01plus de 3 minutes.
00:37:02– Vous pensez
00:37:02que cette carte-là,
00:37:04ils ne pourront pas
00:37:05la jouer indéfiniment ?
00:37:07– Il est scandaleux
00:37:08qu'ils la jouent.
00:37:09C'est une atteinte,
00:37:10alors là,
00:37:11absolue
00:37:11à ce qu'il fait
00:37:12la vie du monde.
00:37:15– Mais franchement,
00:37:16on se demande même
00:37:17pourquoi ils ne l'ont pas
00:37:17fait avant, non ?
00:37:18– Ils ne l'ont pas fait avant
00:37:19parce que jusqu'à présent,
00:37:21il restait probablement,
00:37:22même chez eux,
00:37:23une petite parcelle
00:37:24de rationalité.
00:37:26Mais il y a en effet,
00:37:27dans le monde,
00:37:28sur la planète,
00:37:28il y a 5 ou 6 des 3
00:37:31qui sont vraiment
00:37:34les artères
00:37:34du commerce mondial,
00:37:35sans lesquelles,
00:37:36comme dans le poème
00:37:37de Musset,
00:37:38c'est le sang
00:37:40qui se fige,
00:37:41le sang irrigateur
00:37:42de la planète
00:37:43qui se fige.
00:37:44Donc,
00:37:46bloquer cette artère-là,
00:37:47c'est en effet
00:37:48un danger majeur
00:37:50pour le monde,
00:37:51c'est un danger
00:37:51pour eux aussi
00:37:52et c'est en effet
00:37:53inacceptable.
00:37:53– Et vous pensez,
00:37:54vous seriez favorable
00:37:55à une opération militaire
00:37:56pour mettre fin
00:37:58à ce contrôle
00:37:59qu'ils ont
00:37:59sur le détroit d'Hormuz
00:38:00à laquelle,
00:38:01pour l'instant,
00:38:01la France ne veut pas
00:38:02participer ?
00:38:03– Je pense qu'il faut
00:38:04que le détroit d'Hormuz
00:38:06soit libéré,
00:38:07naturellement.
00:38:08Je pense qu'il faut
00:38:08que le…
00:38:09– Militairement ?
00:38:10– Par tous les moyens.
00:38:12Et si en effet
00:38:14ça ne se règle pas
00:38:16demain à Islamabad
00:38:17sous l'égide
00:38:18de ces grands démocrates
00:38:19que sont les Pakistanais,
00:38:20il faudra le régler autrement.
00:38:22– Et la France,
00:38:23doit-elle rester à distance
00:38:24de cette opération,
00:38:25selon vous,
00:38:25comme elle a choisi
00:38:26de le faire pour l'instant ?
00:38:28– Il y a deux raisonnements.
00:38:30Je comprends
00:38:31que la France dise
00:38:32« Attendez,
00:38:32on n'a pas été consulté,
00:38:34on ne nous a rien demandé,
00:38:35pourquoi est-ce qu'on viendrait
00:38:36maintenant de nous chercher ? »
00:38:37Je comprends cette réaction.
00:38:39En même temps,
00:38:40je crois aussi
00:38:40qu'il faut regarder
00:38:41un peu plus loin
00:38:42à l'échelle de nos enfants,
00:38:44à l'échelle de l'histoire.
00:38:46Est-ce qu'on est du côté…
00:38:48Est-ce qu'on souhaite
00:38:49que l'Amérique l'emporte
00:38:50ou est-ce qu'on souhaite
00:38:51que les Mollats triomphent ?
00:38:54Bon, voilà.
00:38:55Donc, il faut se mouiller un peu plus,
00:38:58c'est ça que vous dites ?
00:38:58– Il faut passer outre
00:38:59les agaceries,
00:39:01il faut penser que Trump
00:39:02est une péripétie
00:39:03dans l'histoire des États-Unis,
00:39:05il faut penser que ça durera
00:39:07peut-être encore moins longtemps
00:39:08qu'on ne le pense,
00:39:09et penser qu'en revanche…
00:39:11– Oui, il faut y participer.
00:39:12– Oui, bien sûr,
00:39:13il faut passer sur…
00:39:16C'est plus que de l'agacerie,
00:39:17c'est de l'humiliation,
00:39:18Trump a dit des choses abjectes
00:39:20sur le président Macron.
00:39:21– Mais au-delà de la susceptibilité,
00:39:23c'est peut-être qu'on ne veut pas
00:39:24participer à un engrenage, en fait,
00:39:26c'est peut-être aussi ça
00:39:27le raisonnement d'Emmanuel Macron.
00:39:28– Mais l'engrenage est là,
00:39:31l'engrenage est déjà là,
00:39:32nous y sommes en plein.
00:39:34Regardez les déclarations
00:39:35de notre Premier ministre,
00:39:36d'ailleurs parfait,
00:39:37avec beaucoup de sang-froid,
00:39:38il a dit, on est en guerre,
00:39:40la guerre par tous les moyens.
00:39:41– C'est ça que vous avez retenu, vous ?
00:39:42– Ah ben…
00:39:43– Non mais je veux dire,
00:39:44ça vous a interpellé, effectivement.
00:39:46– Il a retenu une vraie gravité,
00:39:49une vraie sagesse
00:39:51et une vraie intelligence
00:39:52des modalités nouvelles de la guerre
00:39:54qui fait rage,
00:39:55même quand il n'y a pas
00:39:56des avions dans le ciel.
00:39:57– À tous les niveaux.
00:39:57– C'est ça qu'a dit le Corneu.
00:39:59Il n'y a pas besoin
00:39:59qu'il y ait des missiles et des bombes
00:40:01pour être en guerre.
00:40:02Et il a raison.
00:40:03Et l'engrenage est déjà là
00:40:05et nous avons déjà le bras.
00:40:05– Et nous devons nous adapter,
00:40:07c'est ce qu'il a dit.
00:40:08– En effet, ce type de modalités guerrières,
00:40:10pour le coup,
00:40:11n'a absolument rien de nouveau.
00:40:12On sait bien que la guerre totale
00:40:13peut impliquer
00:40:14les dimensions économiques, etc.
00:40:16Mais du coup,
00:40:17quand vous parlez de guerre juste,
00:40:18est-ce que, pour vous,
00:40:19la question de justesse et de justice
00:40:22n'inclut que la morale
00:40:24et donc le souhaitable
00:40:25ou est-ce que ça inclut aussi
00:40:26la réalité et le possible ?
00:40:28À chaque fois, vous dites,
00:40:29au nom de la morale,
00:40:31finalement, ça devient juste.
00:40:32Mais si ce n'est pas possible
00:40:34et si c'est emmener tout le monde
00:40:35au carton 2003, 2011,
00:40:38avant 2001,
00:40:39ils n'étaient pas obligés
00:40:39après avoir poursuivi,
00:40:42finalement,
00:40:44Ben Laden
00:40:46en terre d'Afghanes
00:40:48pour venger les...
00:40:50– Heureusement qu'après avoir
00:40:52poursuivi Ben Laden...
00:40:53– Oui, mais c'était pas obligé de rester.
00:40:54– Heureusement,
00:40:55on a fait tomber les...
00:40:56– Si.
00:40:57– Non, non, non, ben non.
00:40:58– On a bien fait de rester
00:40:59en Afghanistan.
00:41:00– Voilà un exemple, voilà.
00:41:02– Donc la possibilité...
00:41:03– Pardon, je connais bien.
00:41:04Je suis allé souvent en Afghanistan
00:41:06dans cette période
00:41:07et j'y étais encore quelques mois
00:41:09avant le retour d'Emola.
00:41:10D'accord ?
00:41:11Donc je pense qu'on a bien fait
00:41:12d'y rester
00:41:12et je pense qu'on a eu tort
00:41:14d'en partir.
00:41:14– Mais vous vouliez
00:41:15qu'on reste ad vitam aeternam ?
00:41:16– Il y avait à l'époque
00:41:19quelques milliers
00:41:20de soldats américains.
00:41:21– Ce n'est pas pérenne,
00:41:22M. Lévy.
00:41:23– Attendez.
00:41:23– Ce n'est pas pérenne.
00:41:24– Il n'y a pas des soldats pérennes...
00:41:27– Une guerre peut pas durer des siècles.
00:41:29– Il n'y a pas des soldats...
00:41:29– Il n'y a pas des établissements
00:41:31américains pérennes en Allemagne
00:41:33dans d'autres pays d'Europe.
00:41:34– Ah, donc c'est une occupation
00:41:35et une colonisation de fait.
00:41:37– Vous aviez entre 2001,
00:41:39entre 2002 et 2000
00:41:42et le départ décrété par...
00:41:45voulu par Biden
00:41:46et exécuté par Trump
00:41:48il y a trois ans.
00:41:50– Et la Libye ?
00:41:52– Vous aviez eu un Afghanistan
00:41:55où les femmes relevaient la tête,
00:41:57où elles enlevaient les foulards.
00:41:58– Donc vous revenez à la morale.
00:41:59Mais la possibilité de maintenir
00:42:01un équilibre...
00:42:02– C'était possible.
00:42:03– A quel prix ?
00:42:04– Un prix minime ?
00:42:05Ça coûtait 100 fois moins cher
00:42:07aux États-Unis
00:42:08d'être présent en Afghanistan
00:42:10que d'être présent en Europe.
00:42:12– Ce qui est sûr,
00:42:12c'est que s'il vous plaît...
00:42:15– Les trois ou quatre dernières années
00:42:18ou cinq à vérifier,
00:42:20le prix dont vous parlez,
00:42:21grâce au ciel,
00:42:22n'existait plus.
00:42:23Il n'y avait plus de pertes,
00:42:24il n'y avait plus de combats.
00:42:25Les Américains n'étaient plus...
00:42:26– On vérifie ?
00:42:26– Je ne suis pas certain.
00:42:28– Dans les dernières années...
00:42:28– Vous vérifierez
00:42:29et on fera un débat
00:42:30la prochaine fois sur ce sujet,
00:42:32s'il vous plaît.
00:42:32– Les troupes américaines présentes
00:42:34n'étaient plus en mission de combat.
00:42:36– C'était sur la question du possible
00:42:37par rapport au souhaitable
00:42:38que je vous interrogeais.
00:42:39– Il était possible pendant 20 ans
00:42:41d'être en Afghanistan,
00:42:43de permettre aux femmes
00:42:44de vivre une vie normale,
00:42:46de permettre à des journaux
00:42:47de se créer,
00:42:48de permettre à une société civile
00:42:50de fonctionner.
00:42:51En revanche,
00:42:52le jour où Biden et Trump
00:42:53décident d'offrir à Doha,
00:42:55au Qatar,
00:42:56sur un plateau d'argent,
00:42:57le pays aux talibans,
00:42:59sans aucune raison...
00:43:00– Ah bah son regret était calamiteux,
00:43:01on est bien d'accord.
00:43:02– Ce regret était calamiteux.
00:43:03– Alors c'était calamiteux.
00:43:04Donc, il était bon...
00:43:06– Et s'il vous plaît,
00:43:07je me plèche, s'il vous plaît.
00:43:09– Il était bon que l'Occident
00:43:09conserve en Afghanistan
00:43:12le centième ou le cinquantième
00:43:14de la présence qu'il a,
00:43:15l'Occident, en Europe.
00:43:16– Et ce qui est sûr,
00:43:17c'est que la situation est dramatique
00:43:18pour les Afghans
00:43:19depuis que les Américains sont partis.
00:43:22Un documentaire de France...
00:43:24– Il y a quelques jours,
00:43:24avec Ahmad Massoud,
00:43:25le fils du commandant...
00:43:26– On va revenir ensuite à l'Iran.
00:43:27– Le représentant le plus crédible
00:43:29de la résistance en Afghanistan,
00:43:32la relation,
00:43:32les récits qu'il m'a fait
00:43:34sont terribles,
00:43:35les récits de l'intérieur.
00:43:37Et ça, c'est dû à quoi ?
00:43:38Au fait qu'un beau jour,
00:43:39on s'est dit,
00:43:40ah ben non,
00:43:40avoir 3 000 ou 4 000 soldats,
00:43:42ça coûte trop cher.
00:43:43En Allemagne,
00:43:44OK.
00:43:45en Australie,
00:43:46d'accord.
00:43:46Au Qatar,
00:43:47absolument.
00:43:48En Afghanistan,
00:43:48non.
00:43:49– Et un documentaire sur France 5
00:43:51a très bien documenté...
00:43:53– Non, alors s'il vous plaît,
00:43:54on s'arrête là.
00:43:55Je voudrais juste qu'on se projette encore
00:43:56pour conclure là,
00:43:57sur les prochaines heures
00:43:58et ces négociations décisives
00:43:59qui vont se tenir au Pakistan.
00:44:02C'est Donald Trump lui-même
00:44:03qui disait,
00:44:04on va très vite savoir en fait
00:44:05si ça va dans le bon sens ou pas.
00:44:08Est-ce que vous pensez effectivement
00:44:09que, comment dire,
00:44:11les positions des uns et des autres
00:44:13dans les premières heures
00:44:14de négociations
00:44:16seront tout de suite
00:44:17un indicateur de taille ?
00:44:18Est-ce qu'on sait très vite
00:44:19ou au contraire,
00:44:20est-ce que les négociations,
00:44:22ça peut aussi être le temps long ?
00:44:23Est-ce qu'on ne peut pas passer
00:44:24par plusieurs phases ?
00:44:26Est-ce qu'on ne peut pas
00:44:27claquer la porte
00:44:28et revenir autour de la table
00:44:29pour que finalement
00:44:29les discussions mènent quelque part ?
00:44:31– Honnêtement,
00:44:33honnêtement,
00:44:33je ne sais pas.
00:44:34Ça, je n'ai...
00:44:36Cette expérience-là,
00:44:37je n'ai pas.
00:44:39L'expérience...
00:44:39Non mais...
00:44:40Vous êtes un fin observateur
00:44:42de ces moments-là aussi ?
00:44:44– L'expérience de la bataille
00:44:45de Mossoul,
00:44:47je l'ai.
00:44:47L'expérience de l'Afghanistan,
00:44:49je l'ai.
00:44:50J'étais à l'époque
00:44:50le représentant
00:44:51du Premier ministre Jospin
00:44:53et du Président Chirac
00:44:54en Afghanistan
00:44:55pendant l'année 2022.
00:44:57Donc ça, je connais.
00:44:58Comment ça se passe
00:44:59une négociation
00:44:59entre des diplomates iraniens
00:45:02à genoux
00:45:03mais qui ne veulent pas le dire
00:45:05parce qu'ils sont
00:45:05dans leur bulle fanatique
00:45:07et entre des négociateurs
00:45:09américains médiocres
00:45:10et qui ne connaissent rien
00:45:11à la réalité
00:45:12dont ils sont censés
00:45:12se traiter.
00:45:13Comment ça va se passer
00:45:14cette négociation ?
00:45:15– Impossible à dire.
00:45:17– J'en sais rien.
00:45:18Moi, ce que je souhaite,
00:45:19vraiment,
00:45:20c'est que les Mollas
00:45:22comprennent
00:45:23qu'il est minuit
00:45:24moins cinq pour eux
00:45:25et qu'il est midi
00:45:26moins quatre
00:45:28pour leur peuple
00:45:29s'ils acceptent
00:45:30de lever la botte,
00:45:32de lever le pied.
00:45:32Moi, c'est ça
00:45:33et c'est ça que j'espère.
00:45:34– Vous qui connaissez
00:45:35justement aussi
00:45:35les terrains de guerre,
00:45:36vous venez de le dire.
00:45:37Un mot quand même
00:45:38parce que ça,
00:45:39ça a été aussi
00:45:40l'un des événements
00:45:41marquants de cette semaine,
00:45:42ce sauvetage
00:45:43de ce soldat américain,
00:45:46du F-16 américain
00:45:47qui a été abattu
00:45:47au-dessus de...
00:45:50F-15, non ?
00:45:51– Oui, F-15.
00:45:52– J'ai pas dit F-15 ?
00:45:52– 16.
00:45:53– F-16, F-15,
00:45:54pardonnez-moi,
00:45:54j'en perds mon vocabulaire
00:45:57militaire
00:45:58au-dessus du ciel iranien.
00:46:00Le premier a été secouru,
00:46:01le deuxième a dû se retrancher
00:46:03dans une crevasse.
00:46:04Il a finalement été secouru
00:46:07par cet outil inédit,
00:46:09fascinant,
00:46:10gosse murmure.
00:46:10Vous en avez entendu parler
00:46:11ou pas ?
00:46:12– Oui, j'ai entendu parler
00:46:13mais moi,
00:46:13ce qui m'a le plus fasciné,
00:46:15c'est pas tellement ça.
00:46:16– Je précise juste
00:46:17pour ceux qui nous regardent
00:46:18et qui n'ont pas entendu parler.
00:46:19Donc, on exploite
00:46:19l'intelligence artificielle
00:46:20pour capter à distance
00:46:23la signature électromagnétique
00:46:24des battements cardiaques.
00:46:26C'est fascinant.
00:46:27– Et le quantique.
00:46:27– Et le quantique.
00:46:28– Et le quantique.
00:46:29– L'IA et le quantique.
00:46:30– Incroyable.
00:46:31– Ce qui est surtout
00:46:33presque incroyable
00:46:34dans le monde barbare
00:46:35où on est entré,
00:46:36c'est qu'il y a encore des pays
00:46:37comme les États-Unis,
00:46:39comme la France,
00:46:39avec les deux otages
00:46:41rentrés avant-hier,
00:46:42comme Israël,
00:46:43qui sont encore capables
00:46:45de déployer
00:46:45une énergie considérable,
00:46:47des moyens militaires énormes,
00:46:49sans doute aussi beaucoup d'argent
00:46:50pour sauver un homme.
00:46:51Pour ne pas laisser
00:46:53un blessé
00:46:54ou un prisonnier derrière,
00:46:56il y a encore,
00:46:57ça s'appelle la démocratie,
00:46:58ça s'appelle
00:46:59le monde des libertés.
00:47:00des libertés.
00:47:01On attache un prix immense
00:47:02à une vie.
00:47:04Une vie ne vaut peut-être rien,
00:47:06mais rien ne vaut une vie.
00:47:07Donc, Trump ou pas,
00:47:08Trump ou pas,
00:47:09Vance ou pas,
00:47:10l'Amérique continue
00:47:11à raisonner comme ça.
00:47:12Et on voyait,
00:47:13on voyait les émissions
00:47:14en boucle sur CNN,
00:47:15tout ça,
00:47:16l'Amérique toute entière
00:47:18était suspendue
00:47:19à ce sauvetage du pilote.
00:47:22Il y avait un peu
00:47:23du goût du spectacle
00:47:24malsain,
00:47:25mais il y avait surtout
00:47:26cette idée
00:47:26que la vie d'un Américain,
00:47:27la vie d'un compatriote,
00:47:28c'est majeur.
00:47:29Pareil pour nous les Français
00:47:30quand on a des otages,
00:47:31pareil pour les Israéliens
00:47:32quand ils vont chercher
00:47:33derrière les lignes
00:47:35un des leurs capturés
00:47:37ou blessés.
00:47:38Et ça, je trouve
00:47:39que c'est plutôt
00:47:41une raison
00:47:42d'espérer un peu
00:47:45de l'époque
00:47:46et du monde
00:47:47dans lequel on vit.
00:47:48Et je me doutais
00:47:48que ce serait un sujet
00:47:49qui vous inspirerait.
00:47:51On va s'arrêter là-dessus.
00:47:52Merci beaucoup,
00:47:52Bernard-Henri Lévy,
00:47:53d'avoir été avec nous.
00:47:55On va filer du côté,
00:47:56vous vous restez évidemment
00:47:57sur ce plateau,
00:47:58on va filer du côté
00:47:59de Washington,
00:48:00retrouver Laurence Haïm
00:48:01qui nous attend sur place
00:48:02pour BFM TV.
00:48:03Je voudrais qu'on revienne ensemble,
00:48:05Laurence,
00:48:05sur ses déclarations
00:48:06de Donald Trump
00:48:07dans le New York Post,
00:48:09évidemment à la veille
00:48:10du début des négociations.
00:48:12Coup de pression
00:48:12du président américain
00:48:13comme il aime tant le faire
00:48:15dans ces moments-là.
00:48:18Oui, vous avez raison
00:48:19de le dire Alice
00:48:20et vous savez,
00:48:21l'actualité ça va très vite
00:48:22à Washington.
00:48:22Il y a quelques instants,
00:48:24Donald Trump fidèle
00:48:25à ses habitudes
00:48:26qu'on n'a toujours pas vues
00:48:27physiquement
00:48:28depuis sa conférence de presse
00:48:29il y a trois jours,
00:48:30il faut le rappeler.
00:48:31Et bien Donald Trump
00:48:32vient de faire un post
00:48:33sur son réseau social
00:48:34Trousse Social
00:48:35en disant
00:48:36la seule raison
00:48:38pour laquelle
00:48:38les Iraniens
00:48:39sont vivants
00:48:40aujourd'hui
00:48:41c'est pour négocier.
00:48:43Voilà un post
00:48:44qui ressemble
00:48:45à la communication
00:48:46de Donald Trump
00:48:47depuis une semaine
00:48:47à savoir mettre
00:48:48énormément de pression.
00:48:51Alors Donald Trump
00:48:51tout à l'heure
00:48:52avant de faire ce tweet
00:48:53avait parlé
00:48:53à nos confrères
00:48:54du New York Post
00:48:55pour dire
00:48:56qu'il allait laisser
00:48:58évidemment
00:48:59les troupes américaines
00:49:00dans la région
00:49:01et qu'elles avaient
00:49:01beaucoup plus de munitions
00:49:03et qu'elles seraient
00:49:04prêtes à intervenir
00:49:05si les négociations
00:49:07ne se passent pas bien.
00:49:08Autre petite information
00:49:10Donald Trump
00:49:11dans quelques heures
00:49:12va faire un meeting
00:49:13en Virginie
00:49:14à Charlottesville
00:49:15alors depuis encore une fois
00:49:16trois jours
00:49:17il est enfermé
00:49:18dans son bureau
00:49:18au Val
00:49:19mais tout à l'heure
00:49:20et bien après une réunion
00:49:21avec des gens
00:49:22dont on n'a malheureusement
00:49:23pas les noms
00:49:25il va sortir
00:49:26de son bureau au Val
00:49:27pour se diriger
00:49:28vers un moyen de transport
00:49:30qui va lui permettre
00:49:31d'aller à ce meeting
00:49:32en Virginie
00:49:33et là on nous a annoncé
00:49:34et bien que la presse
00:49:35pouvait filmer
00:49:37le président
00:49:37qui va partir
00:49:39en Virginie
00:49:39et c'est généralement
00:49:41dans la manière
00:49:42dont la Maison-Blanche
00:49:43fonctionne
00:49:43un moyen
00:49:44pour les journalistes
00:49:45de poser des questions
00:49:46donc peut-être
00:49:47que Donald Trump
00:49:47répondra à des questions
00:49:49évidemment tout le monde
00:49:50veut savoir
00:49:50ce que Donald Trump
00:49:51a dans la tête
00:49:51il téléphone
00:49:52à des journalistes
00:49:53qu'il choisit
00:49:54il a téléphoné
00:49:55depuis trois jours
00:49:56à nos confrères
00:49:56de NBC News
00:49:57bien sûr de Fox News
00:49:59et tout à l'heure
00:49:59donc au New York Post
00:50:00pour dire encore et toujours
00:50:02que dans les prochaines
00:50:0424 heures suivant
00:50:05le début des négociations
00:50:07on saura
00:50:07si ça marche ou pas
00:50:08et Donald Trump
00:50:09est plus déterminé
00:50:10que jamais à agir militairement
00:50:12si les négociations
00:50:13ne marchent pas
00:50:14et on suivra évidemment
00:50:15cette prise de parole
00:50:17s'il y en a une
00:50:18du président américain
00:50:19lorsqu'il se déplacera
00:50:20un mot sur G. Davance
00:50:22Laurent Saïm
00:50:23c'est lui
00:50:24qui va donc
00:50:25incarner
00:50:25ces négociations
00:50:26pour les américains
00:50:27donc en fait
00:50:27on a décidé
00:50:28d'envoyer celui
00:50:29qui ne voulait pas
00:50:30de cette guerre
00:50:30et qui n'a pas réussi
00:50:32à l'empêcher
00:50:34Oui et alors
00:50:36là aussi
00:50:36c'est très intéressant
00:50:37Alice
00:50:37et vous connaissez bien
00:50:38les situations
00:50:39de direct
00:50:40parce que
00:50:41évidemment
00:50:42l'information évolue
00:50:43en direct
00:50:43d'après nos confrères
00:50:45d'Axios
00:50:46qui sont extrêmement
00:50:46bien renseignés
00:50:47notamment avec
00:50:48un journaliste
00:50:49qui s'appelle
00:50:50Barack Ravid
00:50:51et bien
00:50:52G. Davance
00:50:53avant de partir
00:50:54en Iran
00:50:54l'équipe a dit
00:50:56G. Davance
00:50:57va aller
00:50:58faire son Super Bowl
00:51:00le Super Bowl
00:51:01aux Etats-Unis
00:51:01c'est comme
00:51:02le championnat
00:51:03de foot
00:51:03en France
00:51:04et donc
00:51:05c'est une citation
00:51:06que l'équipe
00:51:07de G. Davance
00:51:08a dit à nos confrères
00:51:09d'Axios
00:51:09ce qu'on sait
00:51:10lorsqu'on interroge
00:51:11des diplomates américains
00:51:12et vous l'avez dit
00:51:13G. Davance
00:51:14il était contre la guerre
00:51:15ça a été confirmé
00:51:16par nos confrères
00:51:17du New York Times
00:51:17lors d'une enquête
00:51:18qui est parue
00:51:19cette semaine
00:51:20mais c'est
00:51:21le président Trump
00:51:22qui lui a demandé
00:51:23de faire partie
00:51:24de cette négociation
00:51:26et d'après ce qu'on sait
00:51:28d'après ce que
00:51:28deux hauts responsables
00:51:29de la Maison Blanche
00:51:30disent
00:51:31et bien ce sont
00:51:32les Iraniens aussi
00:51:33qui ont voulu
00:51:33que G. Davance
00:51:35fasse partie
00:51:35de la négociation
00:51:37parce que
00:51:38les Iraniens
00:51:39auraient dit aux Américains
00:51:40qu'ils n'étaient pas
00:51:41très contents
00:51:42de la manière
00:51:43dont Jared Kushner
00:51:44et Steve Witkoff
00:51:45avaient mené
00:51:47les négociations
00:51:47préalables
00:51:48donc G. Davance
00:51:49c'est l'homme
00:51:49qui ne voulait pas
00:51:50de la guerre
00:51:51mais qui se retrouve
00:51:52à faire une négociation
00:51:53pour aboutir
00:51:54à la paix
00:51:55et comme Donald Trump
00:51:56donc l'a dit
00:51:57à nos confrères
00:51:57du New York Post
00:51:58on saura avant lundi
00:51:59si ça marche ou pas
00:52:00donc vous imaginez
00:52:02la responsabilité
00:52:03de G. Davance
00:52:04responsabilité
00:52:05pour la paix
00:52:06dans le monde
00:52:06et puis responsabilité
00:52:07politique
00:52:08et Donald Trump
00:52:09le sait très bien
00:52:10en le nommant
00:52:11donc
00:52:11dans ses négociations
00:52:13Merci beaucoup
00:52:14l'enseignement
00:52:15direct de Washington
00:52:15alors que le premier ministre
00:52:17du Pakistan
00:52:19indique à l'instant
00:52:19États-Unis et Iran
00:52:20seront bien présents
00:52:22pour négocier
00:52:23à Islamabad
00:52:24donc ça veut dire
00:52:24qu'ils ne sont pas
00:52:25encore arrivés sur place
00:52:26Ulysse Gosset ?
00:52:27Ils sont en train d'arriver
00:52:28ils sont en route
00:52:29le vice-président
00:52:30Zidivans
00:52:31a pris l'avion
00:52:31donc il est en vol
00:52:33ils vont y aller
00:52:34ça c'est quasiment certain
00:52:36après beaucoup
00:52:37d'incertitudes
00:52:38mais est-ce qu'ils vont
00:52:39vraiment se parler ?
00:52:40ça sera très intéressant
00:52:41de voir s'ils sont
00:52:41dans deux salles séparées
00:52:43ou autour de la même table
00:52:44en tout cas
00:52:45pour l'américain
00:52:46pour Zidivans
00:52:47le numéro 2 du pays
00:52:49le deuxième personnage
00:52:50le plus puissant de la planète
00:52:51c'est un enjeu majeur
00:52:52s'il réussit
00:52:54alors il gagne
00:52:54comme l'a dit Laurent Saïm
00:52:55le Super Bowl
00:52:56il gagne la coupe
00:52:57et il revient
00:52:59auréolé de gloire
00:53:00et il peut prétendre
00:53:01au succès
00:53:03après
00:53:04il a deux-trois idées en tête
00:53:05peut-être la Maison Blanche
00:53:06par contre s'il échoue
00:53:08d'abord il était opposé
00:53:09à la guerre
00:53:10c'est pas vraiment bien
00:53:11d'être en désaccord
00:53:11avec son président
00:53:12et puis surtout
00:53:13ça sera un échec
00:53:14donc pour lui
00:53:15enjeu politique intérieur
00:53:17énorme
00:53:17et aussi
00:53:17une question d'aura internationale
00:53:19est-ce que c'est l'homme
00:53:20qui va permettre
00:53:21de rapprocher
00:53:22des points de vue
00:53:22qui sont apparemment
00:53:24irréconciliables ?
00:53:24et on verra
00:53:25pourquoi ils sont
00:53:27irréconciliables
00:53:27ce qu'on dit
00:53:28les uns et les autres
00:53:28dans cette dernière
00:53:29ligne droite
00:53:30mais d'abord un mot
00:53:30quand même
00:53:31sur ces déclarations
00:53:32Olivier de Bavankov
00:53:33bonsoir
00:53:33de Donald Trump
00:53:35qui dit dans le
00:53:36New York Post
00:53:36à la veille des négociations
00:53:38alors qu'elles n'ont pas
00:53:38encore commencé
00:53:40si ça marche pas
00:53:41en gros
00:53:41si ça ne mène nulle part
00:53:43on redémarre tout
00:53:44on charge les navires
00:53:45avec les meilleures munitions
00:53:46les meilleures armes
00:53:47jamais construites
00:53:48meilleures encore
00:53:49que celles qu'on avait avant
00:53:50alors qu'on avait déjà
00:53:51tout fait exploser
00:53:53est-ce que c'est du bluff
00:53:55du pur bluff
00:53:56ou est-ce que militairement
00:53:58il y a une logique
00:53:59dans ce qui est dit
00:54:00dans ces mots
00:54:00du président américain ?
00:54:03c'est très difficile
00:54:04est-ce qu'il a juste
00:54:05à appuyer sur un bouton
00:54:06pour réenclencher
00:54:07les hostilités
00:54:10ça
00:54:10que la réactivité
00:54:12des armées américaines
00:54:13comme des armées occidentales
00:54:14soit très
00:54:15soit très forte
00:54:16ce n'est pas
00:54:17ça ne peut pas être contesté
00:54:19ce qui est très difficile
00:54:20dans les propos
00:54:21du président américain
00:54:22c'est que
00:54:23on a du mal
00:54:24à saisir
00:54:25la logique
00:54:26aujourd'hui
00:54:28il me semble
00:54:29que les négociations
00:54:30qui s'ouvrent
00:54:30au Pakistan
00:54:33le Pakistan
00:54:34est un pays
00:54:34dans lequel
00:54:35j'ai eu la chance
00:54:36j'ai trouvé
00:54:37un grand intérêt
00:54:38à mener des négociations
00:54:40extrêmement difficiles
00:54:41avec le prédécesseur
00:54:42du maréchal Mounir
00:54:43aujourd'hui
00:54:43qui était le général
00:54:44Kayeni à l'époque
00:54:46qui avait fait la une
00:54:47du Times
00:54:47parce qu'il était
00:54:48considéré comme
00:54:49l'un des hommes
00:54:50les plus puissants du monde
00:54:51et c'était ce qu'on appelait
00:54:52le Kayeni Gumbel
00:54:53qui consistait
00:54:54à se désengager
00:54:58face à l'Inde
00:54:58pour se réengager
00:55:00face à l'Afghanistan
00:55:01et aux zones tribales
00:55:02et c'était vraiment
00:55:03une option
00:55:04extrêmement forte
00:55:05et par ailleurs
00:55:05nous avons eu des discussions
00:55:06qui ont été extrêmement
00:55:07difficiles
00:55:08extrêmement longues
00:55:10à Islamabad
00:55:11comme à Peshawar
00:55:12ce que je veux dire
00:55:13par là
00:55:13c'est que
00:55:14la négociation
00:55:15qui s'ouvre aujourd'hui
00:55:16le cadre des négociations
00:55:17est un cadre
00:55:18qui va
00:55:19d'une certaine façon
00:55:20influer énormément
00:55:22sur le déroulement
00:55:24et les finalités
00:55:25de la négociation
00:55:26or là
00:55:27il y a un cadre
00:55:28très formel
00:55:28le Pakistan
00:55:29est un pays
00:55:30qui est un pays
00:55:31extraordinairement structuré
00:55:33c'est un très grand pays
00:55:34200 millions d'habitants
00:55:35peut-être un peu plus
00:55:37c'est un pays nucléaire
00:55:39un exemple de démocratie
00:55:40comme disait tout à l'heure
00:55:41Bernard-Henri Lévy
00:55:42ironiquement évidemment
00:55:43c'est un pays nucléaire
00:55:45c'est un pays
00:55:46qui a une élite
00:55:47extrêmement éduquée
00:55:48et c'est un pays
00:55:49qui attache
00:55:51une très grande importance
00:55:52aux signes extérieurs
00:55:54qui sont très importants
00:55:55lorsque vous démarrez
00:55:57une négociation
00:55:58tout ce qui est
00:55:58le protocole
00:56:00le protocole
00:56:01qui est respecté
00:56:01à la lettre
00:56:02tout ce qui est
00:56:02l'organisation
00:56:03des séquences
00:56:04qui a dû être définie
00:56:05de façon très précise
00:56:07avec les équipes
00:56:08et ensuite
00:56:09mais précisément
00:56:10vous qui connaissez
00:56:10ces moments-là
00:56:11visiblement
00:56:12est-ce que vous pensez
00:56:12que effectivement
00:56:13l'émissaire américain
00:56:15et l'émissaire iranien
00:56:16vont se retrouver
00:56:17dans la même pièce
00:56:18où il va y avoir
00:56:19des intermédiaires
00:56:20pour faire passer
00:56:20les messages
00:56:21qui va faire
00:56:21des allers-retours
00:56:23racontez-nous
00:56:23comment ça se passe
00:56:24en général
00:56:25alors
00:56:26même si évidemment
00:56:27ça peut varier
00:56:28d'un moment à l'autre
00:56:29et à chaque fois
00:56:30le protocole
00:56:30n'est pas le même
00:56:31mais
00:56:32qu'est-ce que vous
00:56:32je vais prendre un risque
00:56:33sur la façon
00:56:34dont ça va se dérouler
00:56:35mais je ne vois pas
00:56:35comment les deux délégations
00:56:37ne vont pas immédiatement
00:56:39être face à face
00:56:39le vice-président
00:56:41des Etats-Unis
00:56:42qui se déplace
00:56:43au Pakistan
00:56:44l'engagement
00:56:45du maréchal Mounir
00:56:47qui lui
00:56:47qui lui
00:56:49est le personnage
00:56:50le plus important
00:56:52de l'état pakistanais
00:56:53le chef d'état-major
00:56:55de l'armée terre
00:56:55c'est pas le joint
00:56:56chief of staff
00:56:57qui est le personnage
00:56:59le plus important
00:57:00le chef d'état-major
00:57:01de l'armée terre
00:57:02c'est lui
00:57:02qui pour des raisons
00:57:03que chacun comprendra
00:57:05a des responsabilités
00:57:07absolument imminentes
00:57:08elle peut être considérée
00:57:10comme le chef de l'état
00:57:11pour vous
00:57:12il vaut forcément
00:57:12à un moment donné
00:57:13se retrouver en face-à-face
00:57:14Philippe Géli
00:57:15peut-être
00:57:15mais honnêtement
00:57:16les Iraniens
00:57:17pourraient faire le choix
00:57:18à opposer
00:57:19je ne pense pas
00:57:20que ce soit les Américains
00:57:21qui soient
00:57:22par principe
00:57:23opposés à
00:57:23des négociations directes
00:57:26mais je pense que
00:57:26les Iraniens
00:57:27n'en voudront pas
00:57:28en tout cas dans un premier temps
00:57:28moi je partage
00:57:29Philippe Géli
00:57:30je pense qu'il y a
00:57:30une très grande incertitude
00:57:31parce que c'est leur méthode
00:57:33et ils ont mis
00:57:34des conditions
00:57:35ils ont mis
00:57:35deux conditions
00:57:36dont une nouvelle
00:57:38dont on n'avait pas
00:57:40entendu parler
00:57:41récemment
00:57:41c'est la libération
00:57:42des avoirs
00:57:43qui ont été gelés
00:57:44donc des milliards
00:57:44de dollars
00:57:45qui ont été gelés
00:57:46à cause des sanctions
00:57:47contre l'Iran
00:57:48et le président du parlement
00:57:49a dit tout à l'heure
00:57:50si on ne libère pas
00:57:52ces avoirs
00:57:52il n'y aura pas
00:57:53de négociation
00:57:53alors c'est une forme
00:57:54de chantage maximaniste
00:57:55avant le début
00:57:56de la négociation
00:57:57mais en tout cas
00:57:58si vous avez raison
00:57:59en général
00:58:01le fait qu'il y ait
00:58:02dès le début
00:58:03une poignée de main
00:58:04ou en tout cas
00:58:05une rencontre
00:58:05entre le vice-président
00:58:06des Etats-Unis
00:58:06et le président
00:58:09du parlement iranien
00:58:09et son milieu
00:58:10d'affaires étrangères
00:58:10ça serait une photo
00:58:12incroyable
00:58:13parce qu'aujourd'hui
00:58:14elle paraît extrêmement
00:58:15difficile à imaginer
00:58:17et ça serait sans doute
00:58:18une grande victoire
00:58:19vous imaginez
00:58:20le président du parlement
00:58:21iranien
00:58:21face au numéro 2
00:58:23américain
00:58:24je vois bien le hall
00:58:25je vois bien le bâtiment
00:58:26dans lequel vont se dérouler
00:58:27ces négociations
00:58:29qui est un bâtiment
00:58:30immense
00:58:31et extraordinairement
00:58:32qui est d'ailleurs
00:58:33très beau bâtiment
00:58:34avec des salles
00:58:35absolument immenses
00:58:36et des plafonds
00:58:37qui sont à 8 mètres de haut
00:58:38et je vois bien
00:58:39comment peut s'organiser
00:58:40les choses
00:58:41moi je pense très sincèrement
00:58:42que bien sûr
00:58:44il y a des stratégies
00:58:46qui sont radicalement opposées
00:58:47et aujourd'hui
00:58:48personne ne peut dire
00:58:50au fond
00:58:51si les négociations
00:58:52vont se passer
00:58:53comme on imagine
00:58:54que des négociations
00:58:55se passent
00:58:55et personne ne peut dire
00:58:57également
00:58:57s'il sortira quelque chose
00:58:59de ces négociations
00:59:00Alors précisément
00:59:01David Kalfa
00:59:02et d'ailleurs
00:59:03quand on lit
00:59:04le président américain
00:59:05on comprend bien
00:59:06qu'en fait
00:59:07les hostilités
00:59:08peuvent repartir
00:59:09à tout moment
00:59:11peut-être qu'il est important
00:59:12de rappeler
00:59:13sur les principaux points
00:59:14de friction
00:59:15c'est-à-dire
00:59:15le détroit d'Hormuz
00:59:16le nucléaire
00:59:17et les capacités balistiques
00:59:19ce que disent
00:59:19les uns et les autres
00:59:21et à quel point
00:59:22les exigences
00:59:23sont contraires
00:59:24En deux semaines
00:59:26c'est jouable
00:59:27franchement
00:59:28puisque c'est le temps
00:59:28d'y cesser le feu
00:59:29En deux semaines
00:59:30je ne le crois pas
00:59:31je pense que
00:59:32ces négociations
00:59:33seront prolongées
00:59:35je pense que
00:59:36c'est l'intérêt
00:59:37des deux parties
00:59:37de trouver un accord
00:59:39je pense qu'il n'y a pas
00:59:40d'appétence
00:59:40côté américain
00:59:41pour une reprise
00:59:42des hostilités
00:59:43et qu'en fait
00:59:44là il s'agit
00:59:44de négocier
00:59:45en position de force
00:59:46d'où
00:59:46ces espèces
00:59:47de compétitions
00:59:48de coq
00:59:49avec des positions
00:59:50très maximalistes
00:59:50mais qui servent justement
00:59:52encore une fois
00:59:52à arriver
00:59:54demain matin
00:59:55en position de force
00:59:58sur le nucléaire
00:59:59je pense qu'il peut y avoir
01:00:00un accord
01:00:01paradoxalement
01:00:01parce que
01:00:02cette guerre a montré
01:00:04que
01:00:05refuser de reconnaître
01:00:06à l'Iran
01:00:07un droit à l'enrichissement
01:00:08fut-il symbolique
01:00:09mène à une impasse
01:00:10je ne crois pas
01:00:11que les Iraniens
01:00:12reviendront
01:00:13sur cette ligne rouge
01:00:14donc Donald Trump
01:00:15n'obtiendra pas plus
01:00:16que Barack Obama
01:00:17alors
01:00:17non
01:00:17j'allais y venir
01:00:19en fait il peut reconnaître
01:00:20un droit
01:00:21symbolique à l'enrichissement
01:00:22parce que dans les faits
01:00:23en fait toute la chaîne
01:00:23de production
01:00:24et la chaîne logistique
01:00:25a été très largement
01:00:27endommagée
01:00:28l'Iran aujourd'hui
01:00:29ce n'est plus un état
01:00:30du seuil opérationnel
01:00:31c'est un état du seuil
01:00:32latent
01:00:33donc ce qui peut se passer
01:00:35c'est qu'il peut reconnaître
01:00:36symboliquement un droit
01:00:37à l'enrichissement
01:00:38tout en l'encadrant
01:00:39notamment la clé
01:00:40ce sera le transfert
01:00:41des 400 et quelques kilos
01:00:43dans un état tiers
01:00:45ça je pense que c'est possible
01:00:46si les Iraniens
01:00:47obtiennent cette reconnaissance
01:00:48qu'ils y tiennent beaucoup
01:00:49c'est une question
01:00:49de fierté nationale
01:00:51et existentielle même
01:00:52quasiment
01:00:53une question de souveraineté nationale
01:00:56je pense qu'ils peuvent
01:00:57faire des concessions
01:00:58sur ce point
01:00:59sur la question du balistique
01:01:00les Iraniens
01:01:01ne veulent pas non plus
01:01:01entendre parler
01:01:02d'un encadrement
01:01:03de leur programme
01:01:04mais on peut se mettre d'accord
01:01:06sur une espèce
01:01:07de formulation
01:01:08alambiquée
01:01:09parce que dans les faits
01:01:10techniquement
01:01:10c'est très très compliqué
01:01:11de vérifier
01:01:13si la portée des missiles
01:01:15permet aux Iraniens
01:01:17de continuer à menacer
01:01:18leur environnement proche
01:01:19c'est-à-dire les pays du Golfe
01:01:20et aussi Israël
01:01:21sur la question des proxys
01:01:24c'est une question
01:01:24d'influence régionale
01:01:26pour l'Iran
01:01:27la logicielle
01:01:28c'est celui de la révolution islamique
01:01:29donc l'exportation
01:01:30de la révolution
01:01:30dans la région
01:01:32mais en fait
01:01:33l'Iran
01:01:34depuis
01:01:34depuis des années
01:01:37prétend
01:01:37qu'il ne finance
01:01:38ni n'arme
01:01:39ni ne soutient
01:01:40ces proxys
01:01:41donc ils n'auraient aucun
01:01:43problème
01:01:43à dire
01:01:44dans un communiqué
01:01:45que
01:01:46si vous voulez
01:01:47ils demanderont
01:01:47à Minima
01:01:48ce qu'ils arrêtent
01:01:49de tirer
01:01:49par exemple
01:01:50aux outils
01:01:51et aux Hezbollahs
01:01:51qu'ils arrêtent de tirer
01:01:53sur les pays du Golfe
01:01:54et sur Israël
01:01:55mais je crois
01:01:56qu'en aucun cas
01:01:59les Américains
01:01:59seront en capacité
01:02:00d'imposer
01:02:01au régime iranien
01:02:01que l'Iran
01:02:02cesse
01:02:03d'armer
01:02:04de financer
01:02:04ces proxys
01:02:05parce qu'encore une fois
01:02:06c'est une question
01:02:07d'influence régionale
01:02:08pour le régime
01:02:08il reste le dernier point
01:02:09c'est le détroit d'Hormuz
01:02:10qui va être l'un
01:02:11c'est peut-être
01:02:12le point le plus difficile
01:02:13c'est le sujet
01:02:14le plus épineux
01:02:15c'est le sujet
01:02:16le plus épineux
01:02:17je constate
01:02:18que dans les déclarations
01:02:19de Trump
01:02:19mais c'est pas du tout
01:02:20étonnant
01:02:20parce qu'il se contrefiche
01:02:21du droit international
01:02:23là aussi
01:02:24il y a des contradictions
01:02:25et a fortiori
01:02:25le droit de la mer
01:02:26il parle d'un partage
01:02:28d'une espèce
01:02:28de droit de passage
01:02:31donc ça
01:02:31ça met en rage
01:02:32les pays du Golfe
01:02:33parce que déjà
01:02:34je rappelle que
01:02:34et Israël
01:02:35et les pays du Golfe
01:02:36sont exclus
01:02:37de ces discussions
01:02:38je regarde un peu
01:02:39ce qui s'écrit
01:02:41ce qui se publie
01:02:42par les think tanks
01:02:42saoudiens
01:02:43émiriens
01:02:43barrennés
01:02:44il y a de plus en plus
01:02:45de voix très critiques
01:02:46de la position américaine
01:02:48parce qu'ils estiment
01:02:48vraiment qu'il y a
01:02:50un manque de respect
01:02:51de l'administration
01:02:52Trump
01:02:53à leur égard
01:02:54alors qu'ils ont subi
01:02:55le gros des attaques
01:02:57venant de l'Iran
01:02:58là il y a une problématique
01:02:59puisqu'ils refusent
01:03:00ces pays du Golfe
01:03:01qui sont dans la proximité
01:03:02immédiate
01:03:03de l'Iran
01:03:04refusent ce droit de passage
01:03:06on peut imaginer
01:03:07une solution
01:03:08qui paraît un peu
01:03:10conceptuelle
01:03:11quasiment abstraite
01:03:11aujourd'hui
01:03:12mais possible
01:03:12qu'il y ait
01:03:13une espèce
01:03:13d'organisation multilatérale
01:03:15c'est-à-dire un partage
01:03:17un droit de passage
01:03:19irano-americano-golfien
01:03:22c'est pas complètement
01:03:23absurde parce que
01:03:23c'est ce qui va se passer là
01:03:24ça va être quasiment
01:03:25enfin ils vont négocier
01:03:26pied à pied
01:03:26moi ce que je trouve
01:03:27c'est que la question
01:03:29ne se soit jamais
01:03:30posée avant
01:03:31en fait
01:03:33le chef d'état-major
01:03:35des armées américaines
01:03:37dans la fameuse réunion
01:03:38qui a précédé la guerre
01:03:39le 11 février
01:03:40a dit à Donald Trump
01:03:41voici les risques
01:03:42et dans les risques
01:03:43il y avait le blocage
01:03:44du état-major
01:03:45oui mais ce que je dis
01:03:46c'est que
01:03:47les Iraniens n'ont pas
01:03:47utilisé cette arme
01:03:48apparemment
01:03:48et que ça se soit
01:03:49très bien passé
01:03:50pendant des années
01:03:51non seulement ça
01:03:54mais ce qui est dingue
01:03:55c'est que
01:03:56en fait ce qu'on sait
01:03:57désormais
01:03:57c'est qu'un lieutenant
01:03:59colonel
01:03:59de la force
01:04:02donc navale
01:04:04donc des gardiens
01:04:05de la révolution
01:04:06a pris l'initiative
01:04:07de façon totalement autonome
01:04:09en fait
01:04:09de bloquer partiellement
01:04:10le détroit
01:04:11que ça a provoqué
01:04:12l'ire
01:04:13de Ahmad Vaidi
01:04:15et des dirigeants
01:04:17des Pazdara
01:04:17donc des gardiens
01:04:17de la révolution
01:04:18et quand ils ont constaté
01:04:20en fait
01:04:20que ça
01:04:20en réalité
01:04:21que ça permettait
01:04:22à l'Iran
01:04:23d'obtenir une arme
01:04:24dont les effets
01:04:25étaient disproportionnés
01:04:26par rapport
01:04:27à ses capacités militaires
01:04:28franchement ils ont été surpris
01:04:30par le résultat
01:04:31en tout cas
01:04:32ça a été publié
01:04:33par le New York Times
01:04:35ça n'a pas été démenti
01:04:36et je ne suis pas sûr
01:04:38en fait
01:04:38que les Iraniens
01:04:39aient en réalité
01:04:40tellement anticipé
01:04:41cette capacité
01:04:42à imposer
01:04:43un blocus partiel
01:04:44sans en réalité
01:04:45parce qu'ils n'ont pas tiré
01:04:46quasiment
01:04:46enfin je veux dire
01:04:47ils ont tiré
01:04:47avec des drones
01:04:48mais globalement
01:04:49c'est la menace
01:04:50c'est l'anticipation
01:04:50de la menace
01:04:51qui a créé ce chaos
01:04:52on parlera avec vous
01:04:53dans un instant
01:04:54du détroit d'Harmouz
01:04:55mais si on revient
01:04:56un instant
01:04:56sur le message
01:04:57de Donald Trump ce soir
01:04:58on comprend bien
01:04:59qu'il n'est pas question
01:05:00pour les Américains
01:05:01de retirer
01:05:03les forces en présence
01:05:04dans la région
01:05:05personne ne bouge
01:05:06là dans ces cas là
01:05:07non mais ça c'est quand même
01:05:07la base
01:05:08j'allais dire
01:05:08d'une négociation bien menée
01:05:09c'est qu'il faut quand même
01:05:10toujours
01:05:11un dispositif militaire
01:05:13qui soit crédible
01:05:13et ce dispositif militaire
01:05:15non seulement
01:05:15il fait l'objet
01:05:16d'une planification
01:05:17très en amont
01:05:18donc en réalité
01:05:18la guerre est toujours prête
01:05:20à être déclenchée
01:05:21et c'est la question
01:05:22de la décision
01:05:23qui véritablement
01:05:24se pose ensuite
01:05:25mais la préparation
01:05:25elle est toujours là
01:05:26les militaires sont toujours
01:05:27le doigt sur la gâchette
01:05:28sauf que là
01:05:29au-delà de partir
01:05:30ou rester
01:05:31il semble même dire
01:05:32dans ce message
01:05:33qu'il renforcerait
01:05:35sa présence
01:05:36bonsoir
01:05:37c'est un peu comme ça
01:05:38oui ça coûte rien
01:05:39de le dire
01:05:40il peut éventuellement
01:05:41la renforcer
01:05:42ça va pas changer
01:05:43fondamentalement
01:05:43la donne
01:05:44ça voudrait dire quoi
01:05:44par exemple
01:05:44Jérôme Klesch
01:05:45on charge les navires
01:05:46avec les meilleures munitions
01:05:47ça veut dire
01:05:48avant de parler
01:05:49de meilleures munitions
01:05:49ça veut dire déjà
01:05:50avec des munitions
01:05:51parce qu'en fait
01:05:51ça vous fait sourire
01:05:53Philippe Génie
01:05:54mais c'est pas drôle
01:05:55au bout de 42 jours
01:05:56de guerre
01:05:58il y a quand même
01:05:59des stocks
01:05:59qui s'érodent
01:06:00donc là
01:06:01passez-moi l'expression
01:06:02mais tout le monde
01:06:03va se refaire un peu
01:06:03la cerise quand même
01:06:04que ce soit les Iraniens
01:06:06qui dans la logique de flux
01:06:07vont certainement
01:06:08réalimenter
01:06:09en drones
01:06:09en équipement
01:06:12pour les drones
01:06:13etc.
01:06:13et pour leurs missiles
01:06:14aussi
01:06:15parce que c'est quand même
01:06:16des assemblages
01:06:16tout ça
01:06:17les lanceurs
01:06:18là c'est déjà le cas
01:06:18les lanceurs
01:06:19les missiles eux-mêmes
01:06:20le carburant pour les missiles
01:06:21etc.
01:06:22voilà
01:06:22et puis
01:06:25la coalition israélo-américaine
01:06:26dans sa logique de stock
01:06:27il faut aussi
01:06:28qu'ils refassent
01:06:28les stocks
01:06:28y compris en défense solaire
01:06:30vous dites Olivier de Bavacop
01:06:31ça ne veut rien dire
01:06:32on charge les navires
01:06:33avec les meilleures munitions
01:06:35je ne savais pas
01:06:36qu'il y avait
01:06:36des mauvaises munitions
01:06:37mais je suis heureux
01:06:39de la prendre
01:06:39en fait
01:06:39par la bouche
01:06:42du président Trump
01:06:43le commandant en chef
01:06:44des armées américaines
01:06:45ça ne peut pas être
01:06:47des munitions plus performantes
01:06:48des bombes plus grosses
01:06:49que celles
01:06:50qu'ils ont déjà envoyées
01:06:51honnêtement
01:06:51il parle au fermier
01:06:53de la Iowa
01:06:53en lui disant
01:06:54t'inquiète pas
01:06:55c'est pas du tout le propos
01:06:56mais qui vous dit
01:06:57que le fermier de la Iowa
01:06:58ne nous regarde pas
01:06:59oui
01:06:59il peut nous regarder
01:07:01mais il veut être rassuré
01:07:02que ce ne sont pas
01:07:04des munitions de seconde main
01:07:05ce sont les meilleures munitions
01:07:06Olivier de Bavacop
01:07:07ce qui est sûr aujourd'hui
01:07:08c'est qu'en fait
01:07:09c'est une situation
01:07:10qui est extraordinairement instable
01:07:12et une situation
01:07:13qui est extrêmement incertaine
01:07:15on a des éléments
01:07:16qui sont des éléments factuels
01:07:18c'est à dire que
01:07:19il y a un cessez-le-feu temporaire
01:07:21qui vient d'être décrété
01:07:22pour une période de 15 jours
01:07:24cessez-le-feu temporaire
01:07:25et ensuite
01:07:26est-ce que ce cessez-le-feu temporaire
01:07:28permettra
01:07:29de parvenir à un accord global
01:07:32dans cette période de 15 jours
01:07:34sincèrement
01:07:34je pense que
01:07:35la somme
01:07:36des items
01:07:38qui sont stratégiques
01:07:40et techniques
01:07:41car derrière les items stratégiques
01:07:42il y a aussi
01:07:43des données techniques
01:07:44qui sont extrêmement importantes
01:07:45va demander
01:07:46un travail de fond
01:07:47qui ne peut pas être résolu
01:07:49fustile
01:07:50par les meilleures
01:07:51équipes du monde
01:07:52en 15 jours
01:07:52en revanche
01:07:54il y a quelque chose
01:07:55de très paradoxal
01:07:56dans la situation
01:07:56dans laquelle nous sommes
01:07:57et ça c'est un sujet
01:07:59qui évidemment
01:08:00va être la toile de fond
01:08:01de ces négociations
01:08:02c'est que l'Iran
01:08:04a subi
01:08:05d'un point de vue militaire
01:08:07des pertes
01:08:08qui sont vraiment conséquentes
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