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  • il y a 7 semaines
Le 7 avril, la commission des lois du Sénat auditionnait le Garde des sceaux, Gérald Darmanin. Interrogé sur son projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, il est revenu sur les objectifs du texte, son étude d’impact et l’avis du Conseil d’Etat. Longuement questionné sur son intention de créer une procédure de jugement pour les crimes reconnus, le ministre a réaffirmé sa volonté d’accélérer les délais de jugement des crimes. Il a également renouvelé son souhait de garantir le cadre constitutionnel du texte, au service d’une justice plus respectueuse des victimes. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:09Pas assez rapide, beaucoup trop longue. La justice est souvent jugée trop lente, jusqu'à 6 ans par exemple pour
00:00:17obtenir un jugement dans certaines affaires.
00:00:20Le garde des Sceaux souhaite que les choses changent. Il a présenté un projet de loi en Conseil des ministres.
00:00:25Gérald Darmanin est venu le défendre hier devant la sénateur.
00:00:29Je vous propose de revivre cette audition et on en reparle juste après.
00:00:32Quand j'ai proposé ce texte au Conseil d'État, où je suis allé moi-même défendre en section à
00:00:37l'intérieur les dispositions d'un texte court,
00:00:39vous l'aurez remarqué, moins d'une quinzaine d'articles, dont les articles de coordination pour l'outre-mer ainsi
00:00:45que pour le nouveau code de procédure pénale.
00:00:48Vous y trouverez d'ailleurs un texte qui ne prévoit pas ni quantum de peine augmentée, ni infraction nouvelle.
00:00:54Ce n'est pas une loi pénale supplémentaire, c'est une loi d'organisation de la justice criminelle.
00:00:58En effet, première partie du texte sur Global, que je souhaite qu'on voit inscrit en l'ordre du jour,
00:01:02je l'espère,
00:01:03dès la reprise des travaux du Sénat en septembre, après les élections sénatoriales.
00:01:07Premier ministre, on a fait la confirmation. Il faut qu'il le confirme désormais dans le débat, évidemment, parlementaire.
00:01:13Nous nous sommes entendus avec le Conseil d'État sur l'urgence, comme vous l'avez dit, de nombreux rapports,
00:01:19mais également de nombreuses prises de parole par les hauts magistrats eux-mêmes dans les rentrées solennelles,
00:01:24déjà l'année dernière et encore cette année, évoquant submersion ou évoquant une incapacité désormais pour la justice criminelle
00:01:33de faire face au tsunami, c'est encore des mots utilisés par les hauts magistrats, des affaires criminelles qui leur
00:01:40arrivaient.
00:01:40Le Conseil d'État, dans son avis, qu'il a rendu sur le texte et qui n'a disjoint qu
00:01:44'un seul article que nous n'avons pas d'ailleurs représenté,
00:01:47non seulement à regarder la nature conventionnelle et constitutionnelle des dispositions que j'ai l'air de vous présenter,
00:01:53mais dans son équipite évoquée, je cite le Conseil d'État,
00:01:56« Les juridictions criminelles, malgré l'augmentation des moyens qui leur sont consacrés,
00:02:00ne sont pas en mesure de juger les crimes dans un délai compatible avec les exigences du droit à un
00:02:04recours effectif ».
00:02:06C'est bien de cela dont il s'agit, c'est pouvoir utiliser pour nos concitoyens, pour les victimes singulièrement,
00:02:13le recours effectif auquel ils ont droit et d'attendre justice lorsqu'ils sont dans une affaire dite criminelle.
00:02:19Vous l'avez dit, Madame la Présidente, nous sommes dans une situation, le garde des Sceaux que je suis,
00:02:23dans une situation qui est une situation d'engorgement très importante de la justice criminelle.
00:02:29Pourtant des moyens, j'entends beaucoup de discours sur les moyens, les moyens sont là et ils arrivent.
00:02:34Vous avez vous-même accordé 800 millions d'euros d'augmentation chaque année au ministère de la Justice,
00:02:38encore cette année, qui bénéficie d'ailleurs de budgets supérieurs à la loi de programmation de la justice.
00:02:43Je rappelle qu'avec le ministère de la Défense, nous sommes les deux seuls ministères à avoir gardé à l
00:02:47'euro près notre loi de programmation.
00:02:49Depuis 2017, nous avons recruté 1450 magistrats supplémentaires.
00:02:53On est passé grosso modo de 8300 magistrats à quasiment 10 000 à la fin du quinquennat du Président de
00:02:58la République.
00:02:59Il y en a 9957, au moment où je parle d'ailleurs, qui sont en fonction.
00:03:04Nous avons augmenté de plusieurs milliers le nombre de greffiers et d'assistants de justice,
00:03:08ce que mon antéprédécesseur appelait les sucres lents.
00:03:11Et nous avons entrepris des moyens très importants de numérisation, d'application de l'intelligence artificielle,
00:03:16de fonctionnement du ministère de la Justice.
00:03:18Cela reste un ministère qui connaît, par rapport aux autres pays qui nous entourent,
00:03:22un ministère sous-doté en nombre de magistrats.
00:03:24Mais le rattrapage budgétaire est là, et je pense que le ministre de la Justice, son travail,
00:03:30c'est aussi de rendre compte, devant la représentation nationale, devant la Cour des comptes et devant l'opinion,
00:03:33à quoi sert cet argent.
00:03:35Cet argent, il a permis sans doute de combler un certain nombre de manques,
00:03:38mais il n'a pas permis de combler des réductions, les délais d'attente de nos concitoyens.
00:03:44Aujourd'hui, nous sommes en moyenne, pour les 36 cours d'appel de France,
00:03:48il y a évidemment des exceptions selon les cours d'appel,
00:03:49mais en moyenne à 6 ans, en première instance pour attendre le jugement d'un viol,
00:03:54et 8 ans pour attendre le jugement d'une affaire de narcotrafic ou d'homicide.
00:03:58Ce sont des délais, en première instance, totalement incompatibles avec le droit à un recours effectif,
00:04:03comme le dit le Conseil d'État, qui rend déraisonnable le fonctionnement de la justice,
00:04:09qui remet en question profondément la peine prononcée.
00:04:12Quelqu'un qui est condamné 6 ans après les faits, alors que peut-être sa vie a changé,
00:04:19il a peut-être eu l'occasion d'avoir une nouvelle vie familiale, d'avoir lui-même des enfants,
00:04:23d'être mieux intégré dans la société.
00:04:25Quelle est la nature de la peine qui est prononcée, voire le renvoi en détention,
00:04:29de quelqu'un qui est passé en détention provisoire souvent,
00:04:32est sorti de détention provisoire, a vécu 4 ans dans la vie civile, si j'ose dire,
00:04:36et se retrouve devant un tribunal ?
00:04:37Comment la victime d'ailleurs peut avoir sur elle le poids de quelqu'un qui va peut-être retourner en
00:04:42détention
00:04:43alors qu'elle voudrait, et c'est bien normal, avoir justice ?
00:04:46Comment les accusés qui sont quand même extrêmement nombreux en détention provisoire ?
00:04:51Je rappelle que dans la surpopulation carcérale que nous dénonçons collectivement,
00:04:54il y a actuellement 27 000 personnes en détention provisoire, une augmentation continue de ce flux.
00:04:59Comment les victimes elles-mêmes peuvent se reconstruire quand on attend 6 ans ou 8 ans pour avoir le jugement
00:05:05d'un crime ?
00:05:06Et comment la société peut croire en sa justice, lorsque même que les comptables de peine sont parfois très élevés,
00:05:12on y reviendra, notamment par l'effet de la Cour criminelle,
00:05:15cette peine est lointaine, elle est peut-être forte, mais elle est lointaine,
00:05:19elle est le contraire de Beccaria qui expliquait qu'il fallait des peines sûres et le plus rapide possible.
00:05:24Il faut sans doute préférer la célérité parfois à la sévérité, si on veut, une efficacité de notre justice criminelle.
00:05:31Quelques chiffres, mais je ne vais pas, Madame la Présidente, trop remplir la commission des lois
00:05:36de ce que connaît malheureusement la commission des finances auxquelles je suis allé de nombreuses années dans d'autres fonctions.
00:05:41Mais quand même, quand le président de la République est arrivé en responsabilité,
00:05:45il y avait 7% d'hommes, c'était à 95% des hommes, donc je parle des hommes par
00:05:50pure convention,
00:05:527% d'hommes qui étaient en détention provisoire ou qu'on est définitivement pour viol ou agression sexuelle.
00:05:59Aujourd'hui, c'est 21% de nos détenus qui sont en détention provisoire ou qu'on est définitivement pour
00:06:04viol ou viol.
00:06:06Donc nous avons triplé le nombre de personnes en détention en 8 ans pour des affaires de viol ou de
00:06:11violences sexuelles,
00:06:11sachant que par ailleurs, le pourcentage de personnes en détention a agrandi,
00:06:15puisque nous avons augmenté le nombre de détenus depuis 8 ans.
00:06:17Il y a eu, en 2016, 10 000 personnes, il y avait 10 000 personnes qui étaient inquiétées par une
00:06:23affaire criminelle
00:06:24devant un juge d'instruction ou renvoyée à une audience.
00:06:26Nous avons triplé, aujourd'hui il y a 30 000 hommes, en l'occurrence,
00:06:30qui ont une affaire criminelle en instruction ou renvoyée à une audience.
00:06:35C'est-à-dire que nous avons triplé le nombre de personnes qui subissent une instruction criminelle ou une audience
00:06:42criminelle.
00:06:43C'est l'affaire évidemment du mouvement de libération de la parole de la femme.
00:06:47On sait d'ailleurs que ce mouvement va continuer, puisque une partie des plaintes doivent être bien mieux traitées,
00:06:53par les services enquêteurs comme par la justice, et que donc ce nombre de dossiers va continuellement augmenter,
00:06:58et il augmentera encore dans les années qui viennent, quelles que soient les politiques pénales suivies
00:07:02et quelles que soient les gardes des Sceaux qui se succèdent ou les majorités politiques.
00:07:05Et on sait par ailleurs que les violences faites aux enfants, dont on voit d'ailleurs en ce moment même
00:07:09la libération de la parole,
00:07:11va faire naître davantage encore de dossiers.
00:07:12Donc nous connaîtrons, nous connaissons et nous connaîtrons une augmentation continuelle de dossiers criminels qui touchent les violences sexuelles.
00:07:19Par ailleurs, les affaires de narcotrafic se sont multipliées ces dernières années.
00:07:24Depuis trois ans, il y a eu 40% d'augmentation d'affaires de narcotrafic de plus,
00:07:30et autant en pourcentage de détenus supplémentaires en détention provisoire ou condamnés définitivement.
00:07:34Il y a en France aujourd'hui à peu près 20 000 détenus pour criminalité organisée,
00:07:40et il y a de façon définitivement condamnée 5 000 personnes qui sont condamnées à une infraction de criminalité organisée
00:07:46de plus de 5 ans.
00:07:47C'est le triple de ce qui se passait en 2016-2017.
00:07:50Donc sous l'effet de deux phénomènes de société que la justice et que les services enquêteurs traitent mieux,
00:07:55mais sans doute ne traitent pas totalement,
00:07:57donc la partie de l'iceberg n'est pas encore tout à fait découverte,
00:08:01les violences sexuelles et les affaires de narcotrafic,
00:08:04nous avons des dossiers criminels en augmentation de façon extrêmement importante.
00:08:10Alors est-ce à dire que la justice n'a rien fait pour être au rendez-vous de ces augmentations
00:08:15?
00:08:15Je ne le crois pas, grâce aux moyens que vous lui avez accordés, je le pense,
00:08:18grâce au travail collectif, bien sûr, des services enquêteurs, des magistrats,
00:08:22des avocats qui contribuent à la résolution de ces difficultés d'audiencement.
00:08:26Et les magistrats, ils ont traité beaucoup plus de dossiers.
00:08:29En 2024, ils traitaient à peu près 2 000 arrêts de justice criminelle par an.
00:08:35En 2025, ils en ont traité 3 000.
00:08:37Ils ont fait 1 000 arrêts de plus en une année.
00:08:40Mais si je regarde combien de dossiers il y avait en 2024,
00:08:44il y en avait à peu près 4 000.
00:08:46Il y en a désormais 6 000.
00:08:47C'est-à-dire que, comme je le dis peut-être vulgairement,
00:08:49nous ne sommes pas en déficit calorique.
00:08:50Il y a beaucoup plus de dossiers qui rentrent
00:08:52que d'affaires qui sont audiencées
00:08:54et de victimes qui entendent justice,
00:08:58d'accusés qui connaissent ou pas leur culpabilité.
00:09:00Une société qui voit si les affaires qu'elle voit passer parfois à la télévision
00:09:05ou dans la presse locale connaît une résolution.
00:09:09Donc la question des moyens est une question importante.
00:09:12Je souhaite d'ailleurs que le Parlement puisse continuer
00:09:14peut-être dans le cadre du prochain budget,
00:09:16d'augmenter considérablement le moyen du ministre de la Justice,
00:09:19au-delà peut-être de la loi de programmation de la Justice.
00:09:20Mais même si j'avais 5 000 magistrats supplémentaires,
00:09:23immédiatement, d'abord il faudrait évidemment ouvrir des concours,
00:09:26les recruter.
00:09:26Je rappelle que j'ai qu'une seule école nationale de la magistrature
00:09:29et qu'on est passé de 200 magistrats formés à 550 formés,
00:09:32ce qui est déjà un très gros travail de création, si j'ose dire,
00:09:35de valeur ajoutée intellectuelle pour des magistrats
00:09:38qui acceptent des conditions d'ailleurs de formation
00:09:40qui ne sont pas toujours à l'optimum de ce que permet une grande école
00:09:43comme l'école nationale de la magistrature.
00:09:45Pareil pour l'école nationale des greffiers.
00:09:47Combien même je les aurais, il faudrait attendre 3 à 4 ans
00:09:49pour qu'ils arrivent en juridiction.
00:09:51Et puis il faudrait évidemment des salles,
00:09:52il faudrait des palais de justice.
00:09:53Je sais qu'ici ou là, vous êtes nombreux à demander
00:09:55des rénovations, des constructions de palais de justice.
00:09:59Combien même j'aurais tous ces moyens,
00:10:00je ne réglerais sans doute pas une partie très importante
00:10:04de ces faits profonds, de ces tendances profondes
00:10:07qui touchent le ministère de la Justice,
00:10:08qui est la criminalisation de ce qui est criminel
00:10:10et ce qui n'était pas hier criminalisé.
00:10:12Hier encore, comme dirait le chanteur,
00:10:15la plupart des affaires de viols de réaction sexuelle
00:10:16étaient correctionnalisées.
00:10:18Vous avez souhaité, par notamment la création
00:10:20de la Cour criminelle, qui a rempli de ce point de vue
00:10:23son office, que nous criminalisions une partie,
00:10:24pas tout bien évidemment, mais une partie
00:10:27de plus en plus importante des viols.
00:10:29Et le quantum de peine prononcé
00:10:30passé à la Cour criminelle est à la hauteur
00:10:32de ce que voulait le législateur.
00:10:33Hier, lorsqu'il y avait un viol au tribunal correctionnel,
00:10:36quelqu'un qui passait dans le tribunal correctionnel
00:10:38pour viol avait en moyenne 23 mois
00:10:40de prison ferme prononcée par le juge.
00:10:43Aujourd'hui, la moyenne de la personne
00:10:45qui est confondue de viol,
00:10:46c'est 10 ans de prison ferme prononcée
00:10:48par la Cour criminelle.
00:10:49C'est-à-dire le même montant de quantum de peine
00:10:51qu'à la Cour d'Assise.
00:10:52Il n'y a pas de différence.
00:10:53Donc nous avons mieux traité,
00:10:55si on part du principe que le quantum de peine
00:10:56est la façon de mieux traiter
00:10:57un phénomène criminel,
00:11:00nous avons criminalisé une grande partie,
00:11:01pas tout encore, il y en a encore malheureusement
00:11:03qui sont correctionnalisés,
00:11:04c'est tout à fait vrai.
00:11:05Nous avons traité mieux les violences sexuelles
00:11:09et la condamnation à 10 ans de prison ferme
00:11:10au lieu de 23 ans de prison ferme
00:11:11démontre, je crois, de façon tout à fait importante,
00:11:15cette organisation criminelle nouvelle.
00:11:17D'ailleurs, 88%,
00:11:18je pense que même le rapporteur le dira
00:11:20ou l'a dit dans son rapport,
00:11:22mais 88% de l'activité des Cours criminels
00:11:24sont les viols.
00:11:25La Cour criminelle est devenue la Cour du viol.
00:11:2712% relèvent d'autres faits
00:11:29comme, par exemple, les coups mortels.
00:11:32De ce point de vue,
00:11:33nous avons répondu à la demande de sévérité
00:11:35de la population et du législateur.
00:11:38Nous n'avons pas, cependant,
00:11:40répondu à la demande de célérité
00:11:41puisque les délais,
00:11:42qu'ils soient en Cour d'assises
00:11:43ou qu'ils soient en Cour criminelle,
00:11:45ce n'est pas que de la responsabilité
00:11:46de la Cour criminelle,
00:11:47c'est tout aussi vrai pour la Cour d'assises,
00:11:49c'est vu allongé continuellement.
00:11:50Nous prenons entre 4 à 5 mois par an de plus
00:11:54de moyenne pour juger une affaire.
00:11:56À Paris, Madame la Présidente,
00:11:57il y a des dossiers qui attendent
00:11:58depuis 17 ans d'être audiencés.
00:12:01Instructions comprises, il est vrai.
00:12:02À Aix-en-Provence,
00:12:03les dossiers qui attendent
00:12:03depuis 13 ou 14 ans,
00:12:05à Douai, plus d'une dizaine d'années
00:12:06et je pourrais faire beaucoup
00:12:07des cours d'appel ainsi.
00:12:10Une fois que nous avons débloqué des moyens,
00:12:11alors j'ai encore moi-même annoncé
00:12:13un plan d'audiencement supplémentaire
00:12:15au début d'année,
00:12:16grâce au budget voté par le Parlement,
00:12:1934 présidents d'assises supplémentaires,
00:12:20des créations de salles immédiatement
00:12:22à Aix et à Paris,
00:12:24des plans d'audiencement
00:12:25qui accélèrent un certain nombre de dossiers.
00:12:27Nous avons une difficulté,
00:12:28c'est notre organisation criminelle elle-même
00:12:31et c'est pour cela que nous venons avec vous
00:12:34devant le Parlement pour ce projet de loi.
00:12:35Un projet de loi dont je me serais bien passé,
00:12:37Madame la Présidente,
00:12:38d'abord parce que je n'ignore pas
00:12:39que parler de texte législatif
00:12:41quand on parle de justice criminelle
00:12:42fait naître évidemment des discussions
00:12:45parfois chaleureuses et enjouées
00:12:47de la part de tous ceux
00:12:47qui s'intéressent à ces sujets,
00:12:49donc qui évidemment ont tous un avis
00:12:52sur la question
00:12:52et des avis évidemment tout à fait recevables.
00:12:55Nous sommes à un an de l'élection présidentielle.
00:12:57Il ne m'apparaît pas tout à fait volontaire
00:12:59de ma part de sauter à pieds joints
00:13:01dans une réunion parlementaire.
00:13:03Alors au Sénat, j'entends que la discussion
00:13:05se fait de manière absolument attentive
00:13:08et réfléchie.
00:13:09Il se trouve qu'à l'Assemblée nationale,
00:13:10les députés ne connaissant pas une majorité
00:13:12peuvent être un peu plus surprenants
00:13:13dans la façon dont ils peuvent traiter
00:13:15de textes importants
00:13:16qui touchent à la justice criminelle.
00:13:18Surtout que je ferai adopter ce texte
00:13:20s'il est adopté pour la fin du mois de juillet
00:13:22puisqu'il y a une seule lecture
00:13:23dans chacune des deux chambres
00:13:24avec une Assemblée nationale
00:13:25qui sera convoquée pour juin ou juillet
00:13:27sur le texte que je présente.
00:13:28Et je ne verrai pas les bénéfices
00:13:30ou très peu de ce texte de loi
00:13:32puisque si l'Assemblée nationale me prête vie
00:13:35ainsi que le président de la République,
00:13:37en tout cas mes fonctions,
00:13:38au mois d'avril prochain,
00:13:39lorsque je passerai le relais de la chancellerie,
00:13:42nous serons au début de la mise en place
00:13:43de l'organisation nouvelle que je vous propose.
00:13:46Je le fais par,
00:13:48vous n'y voyons pas,
00:13:48une victoire politique particulière.
00:13:51Ce n'est pas le projet de loi
00:13:52de la justice idéale
00:13:53que j'aimerais personnellement présenter.
00:13:54Je pense qu'il faudra trancher
00:13:55ce genre de choses
00:13:56dans les débats présidentiels.
00:13:57Ce sera important.
00:13:58J'y vois une urgence
00:13:59de ne pas libérer de détention provisoire
00:14:01d'ici la fin de l'année
00:14:02ou début de l'année prochaine
00:14:03des centaines de détenus
00:14:05qui seront libérés
00:14:06de détention provisoire
00:14:07parce que nous n'avons pas été capables
00:14:08d'audioncer à temps.
00:14:09Non pas parce qu'il y a eu un vice de forme,
00:14:11non pas parce qu'il y a eu un juge
00:14:13qui a décidé que cette détention
00:14:14devait prendre fin,
00:14:15mais parce que nous n'avons pas été capables
00:14:17d'audioncer à temps
00:14:19des dossiers extrêmement sensibles.
00:14:21Et puis, bien sûr, pour les victimes,
00:14:23je pense qu'on parle beaucoup
00:14:24de justice restaurative,
00:14:25d'écoute de la victime.
00:14:26Au ministère de la Justice,
00:14:27on peut faire énormément encore de progrès
00:14:28pour l'écoute et l'accompagnement
00:14:30de la victime,
00:14:30pas toujours d'ailleurs
00:14:31de manière législative.
00:14:32Ça passe aussi par l'organisation interne
00:14:34du ministère.
00:14:35Et j'aurais peut-être l'occasion
00:14:36d'en faire quelques démonstrations
00:14:37pendant le débat parlementaire
00:14:38que nous aurons.
00:14:38Pour les victimes,
00:14:39je pense qu'il n'est pas raisonnable
00:14:41de se dire que,
00:14:42sous prétexte de difficultés,
00:14:45ici ou là,
00:14:45il vaut mieux attendre le grand soir,
00:14:47ce grand soir n'arrivant jamais,
00:14:49et qu'elles attendent 6 ans,
00:14:507 ans, 8 ans, 9 ans, 10 ans
00:14:51avant de voir un juge
00:14:52qui veut bien reconnaître
00:14:55son statut de victime
00:14:56et condamner l'auteur de violences,
00:14:59quels qu'elles soient,
00:15:00de crimes, bien évidemment, en premier.
00:15:02C'est pour ça que le texte de loi
00:15:03a essayé de se concentrer
00:15:04sur l'essentiel et dans un esprit
00:15:06le plus large possible
00:15:07de consensus.
00:15:09Le débat parlementaire
00:15:10est fait pour cela.
00:15:11Le consensus,
00:15:12Madame la Présidente,
00:15:12je l'ai d'abord cherché
00:15:13en faisant dans le travail
00:15:14des assemblées,
00:15:16du Sénat et de l'Assemblée nationale,
00:15:17mais aussi de mes prédécesseurs.
00:15:18Et je pense à Didier Migaud,
00:15:19qui avait commandé
00:15:21à des avocats
00:15:21et à des magistrats.
00:15:22Je vous ai d'ailleurs envoyé
00:15:23ce rapport
00:15:24dès mon arrivée
00:15:25à la chancellerie,
00:15:26puisque j'ai trouvé,
00:15:27pour le coup,
00:15:27sur mon bureau,
00:15:28comme l'aurait dit
00:15:28un ancien Premier ministre
00:15:30à un nouveau.
00:15:31Et sur ce bureau,
00:15:32j'ai trouvé ce rapport
00:15:33sur l'audience pro-criminel
00:15:34et notamment avec des propositions
00:15:36qui prévoyaient
00:15:38la plupart des dispositions
00:15:40que je vous présente.
00:15:41Je vous les ai rendues,
00:15:42je vous les ai envoyées
00:15:42et je l'ai envoyée
00:15:43à la profession d'avocat
00:15:44dès mon arrivée
00:15:45à la chancellerie,
00:15:46proposant des concertations
00:15:47sur ce point.
00:15:48Nous avons d'ailleurs
00:15:48même échangé,
00:15:49je crois même,
00:15:50avec un certain nombre
00:15:50de personnes,
00:15:51notamment la dégagation
00:15:52aux droits des femmes,
00:15:52mais pas simplement
00:15:53dans votre assemblée.
00:15:55Elles prévoyaient effectivement
00:15:56une partie des dispositions.
00:15:57Deuxièmement,
00:15:57j'ai proposé ce texte
00:15:58au Conseil social,
00:16:01ministériel,
00:16:02au ministère de la Justice.
00:16:03Nous devons passer
00:16:03de texte de loi pour avis.
00:16:05C'est, je crois,
00:16:06le seul ministère,
00:16:07en tout cas,
00:16:07que j'ai eu à diriger
00:16:08qui le prévoit.
00:16:09C'est une originalité,
00:16:10sans doute due
00:16:10à l'originalité aussi
00:16:12que représente
00:16:13le ministère de la Justice
00:16:13en l'organisation de l'État.
00:16:15On doit avoir l'avis
00:16:15de ces syndicats
00:16:16pour présenter un texte.
00:16:17On dit de coutume
00:16:19qu'il n'est pas très évident
00:16:20de convaincre
00:16:20les syndicats de magistrats
00:16:21ou les syndicats pénitentiaires
00:16:22des textes de la chancellerie
00:16:24puisque je crois
00:16:24que depuis plus d'une quinzaine d'années,
00:16:26aucun des textes
00:16:32de la magistrature,
00:16:33les autres syndicats
00:16:34présents dans ce comité
00:16:35ont donné une validation
00:16:37de ce texte.
00:16:38Je pense que,
00:16:39devant l'urgence
00:16:40de la justice criminelle
00:16:42et devant sa situation
00:16:43de collapse,
00:16:44c'était une responsabilité
00:16:45comprise dans les syndicats
00:16:46et que j'en remercie,
00:16:48évidemment,
00:16:48après une discussion sociale
00:16:49que j'ai pu avoir avec eux.
00:16:50Le Conseil d'État
00:16:51a rendu un avis.
00:16:52J'entends beaucoup
00:16:53de questions de principe.
00:16:54Le Conseil d'État
00:16:55est censé regarder
00:16:56la constitutionnalité,
00:16:57la conventionnalité
00:16:58et l'équilibre des pouvoirs,
00:16:59évidemment.
00:17:00Il faut toujours toucher cela
00:17:01d'une main tremblante
00:17:02et nous pourrons,
00:17:03évidemment,
00:17:04je serai très ouverts
00:17:06aux amendements
00:17:07et aux discussions
00:17:07de tous bords
00:17:08pour trouver
00:17:08le meilleur compromis possible
00:17:10entre les nécessaires droits
00:17:12de la défense
00:17:12absolument inaliénables
00:17:14dans un procès criminel,
00:17:15mais également,
00:17:17bien sûr,
00:17:18l'efficacité
00:17:18du service public
00:17:19de la justice
00:17:19parce qu'il faut pouvoir
00:17:21organiser concrètement
00:17:22des audiences
00:17:22et condamner
00:17:23ou acquitter concrètement
00:17:24des personnes à la fin.
00:17:26Et le Conseil d'État
00:17:28n'y a pas relevé,
00:17:29je pense que vous avez vu
00:17:29son avis,
00:17:31de difficultés
00:17:31ni contraires à la Constitution,
00:17:33ni contraires à la Convention européenne
00:17:34des droits de l'homme,
00:17:35ni même contraires
00:17:36aux grands principes fondamentaux
00:17:37du droit.
00:17:37Je constate d'ailleurs
00:17:38que la plupart des dispositions
00:17:39que je vous présente
00:17:40sont déjà présentes
00:17:41dans les deux tiers
00:17:42des pays européens
00:17:43et dans tous nos pays frontaliers,
00:17:44à l'exception de la Suisse,
00:17:45mais qui n'est pas membre
00:17:46de l'Union européenne
00:17:47comme chacun sait ici,
00:17:48en Allemagne,
00:17:49en Grande-Bretagne,
00:17:50en Espagne,
00:17:51au Portugal,
00:17:51en Italie,
00:17:53aux Pays-Bas,
00:17:53en Belgique,
00:17:54il y a la plupart
00:17:55des dispositions
00:17:56que je vous présente.
00:17:57Ce texte se divise donc
00:17:58en trois points.
00:17:59Je répondrai rapidement
00:18:00à vos questions,
00:18:01évidemment,
00:18:01à la présidente,
00:18:02juste après.
00:18:02Le premier,
00:18:03c'est la réorganisation
00:18:04de la justice criminelle.
00:18:05Le plaid des coupables,
00:18:05qu'on appelle PJCR,
00:18:07possédure pour les faits reconnus.
00:18:09Nous y reviendrons
00:18:10parce qu'en effet,
00:18:11il fait couler
00:18:11beaucoup d'encre.
00:18:12Il n'est pas original
00:18:13dans la plupart des pays
00:18:14qui nous entourent,
00:18:15mais il est original
00:18:15dans notre droit.
00:18:16C'est tout à fait juste
00:18:18et tout à fait vrai.
00:18:19Là aussi,
00:18:19il est tout à fait perfectible.
00:18:20La proposition de la chancellerie
00:18:21n'a pas vocation
00:18:23à être une parole d'évangile
00:18:24et elle peut tout à fait
00:18:25être modifiée.
00:18:27Nous avons une cour criminelle
00:18:28revue.
00:18:29La cour criminelle
00:18:30a apporté beaucoup.
00:18:31Elle a aussi eu
00:18:32des difficultés,
00:18:33d'abord de conception.
00:18:34Je prends un exemple
00:18:35très simple.
00:18:36Le législateur a prévu
00:18:37par un amendement
00:18:37de la Commission des lois
00:18:38de l'Assemblée nationale,
00:18:39ce n'était pas dans le texte
00:18:40initial de la garde des Sceaux
00:18:41de l'époque,
00:18:42qu'on créait qu'une cour criminelle
00:18:43par département.
00:18:44Ce qui est un peu embêtant
00:18:45puisqu'on pourrait créer
00:18:46beaucoup de cour criminels
00:18:47dans plusieurs tribunaux,
00:18:48dans des départements plus grands,
00:18:49je pense dans le plus beau
00:18:50département de France,
00:18:51évidemment, le Nord,
00:18:52où nous avons beaucoup
00:18:53de tribunaux,
00:18:54beaucoup d'affaires en suspens.
00:18:55Rien ne nous empêcherait
00:18:56de créer à Dunkerque,
00:18:57à Vensurel,
00:18:58à Doué, à Cambrai,
00:18:59des cours criminels
00:18:59pour juger des affaires.
00:19:02Seule la loi nous l'empêche
00:19:04pour l'instant.
00:19:05Et puis d'autres sujets
00:19:06qui amènent parfois
00:19:07d'ailleurs des discussions
00:19:08autour d'une loi organique
00:19:09puisque vous avez deux textes,
00:19:10Madame la Présidente,
00:19:11devant vous.
00:19:12Une loi ordinaire, simple
00:19:13et puis une loi organique
00:19:14et notamment qui vise
00:19:15à reprendre une partie
00:19:16d'ailleurs des dispositions
00:19:17que vous avez votées à l'unanimité,
00:19:19notamment sur la proposition
00:19:20de Madame Vérien.
00:19:21Je pense aux avocats honoraires,
00:19:22on aura l'occasion
00:19:22d'en reparler.
00:19:24Ce premier point,
00:19:25plaidés coupables
00:19:26et refondes de la Cour criminelle,
00:19:28vise à gagner évidemment
00:19:29du temps d'audience
00:19:30de pouvoir traiter
00:19:32les 6 000 dossiers criminels.
00:19:34Il y a derrière tout cela
00:19:35autant d'accusés
00:19:35qui sont en détention provisoire
00:19:37ou de gens qui attendent
00:19:38qu'on les convoque un jour
00:19:39à un procès criminel,
00:19:40de victimes qui attendent
00:19:42d'avoir justice
00:19:42et de sociétés qui attendent
00:19:44évidemment que le service public
00:19:45fonctionne.
00:19:45Un deuxième point sur les victimes
00:19:47en effet.
00:19:48Nous avons notamment
00:19:49un point très important
00:19:50sur la généalogie génétique
00:19:52qu'on pourra en parler
00:19:52qui déchaîne là aussi
00:19:54les passions sans doute
00:19:55que vous avez accordées
00:19:56pour le dopage.
00:19:58Grange dit vous,
00:19:58c'est le législateur
00:19:59donc on se disait
00:20:00assez bêtement
00:20:01que si le dopage
00:20:01pouvait l'avoir
00:20:02on pourrait peut-être
00:20:03retrouver des auteurs
00:20:03de crimes sériels
00:20:04qui s'accumulent
00:20:06dans les dossiers
00:20:07notamment du Colcaise
00:20:08de Nanterre.
00:20:10Et puis nous avons
00:20:10d'autres dispositions,
00:20:11je pense aux autopsies
00:20:12qui est un point très important
00:20:13qui pour l'instant
00:20:14n'est pas mis en avant
00:20:15mais pour lequel
00:20:16beaucoup de victimes
00:20:17attendent des familles
00:20:18de victimes
00:20:18qu'on leur rende les corps
00:20:19dans quelles conditions
00:20:20les choses se sont passées
00:20:22pourquoi la justice
00:20:23n'explicite pas
00:20:25exactement
00:20:27ce moment extrêmement douloureux
00:20:28déjà de connaître
00:20:29la perte d'un être cher
00:20:30mais en plus d'attendre
00:20:30très longtemps parfois
00:20:31sans information
00:20:32de pouvoir faire son deuil.
00:20:34Et puis d'autres dispositions
00:20:35que je porte de façon
00:20:36tout à fait solidaire
00:20:38proposées par monsieur
00:20:39le ministre de l'Intérieur
00:20:39c'est notamment la question
00:20:40du FNAEG
00:20:41ou de la visioconférence
00:20:42pour les gardes à vue
00:20:42on aura l'occasion
00:20:43de leur parler
00:20:43si vous le souhaitez.
00:20:45Et puis le troisième point
00:20:46ce sont des simplifications
00:20:48de procédures pénales
00:20:49qui parfois complètent
00:20:50ce que nous avons imaginé
00:20:51dans la loi narcotrafic
00:20:52que vous avez là également
00:20:53voté à l'unanimité
00:20:54et qui prévoient en effet
00:20:56des dispositions nouvelles
00:20:57qui font aussi couler
00:20:59de l'encre
00:20:59et c'est tout à fait normal
00:21:00et là aussi
00:21:01la chancerie est tout à fait
00:21:02ouverte de trouver
00:21:02l'équilibre
00:21:03entre l'efficacité
00:21:05que nous devrons avoir
00:21:06pour pouvoir audioncer
00:21:07dans des temps
00:21:07qu'on pourrait qualifier
00:21:08de raisonnables
00:21:09je ne sais pas
00:21:09si passer de 8 ans
00:21:10à 4 ans sera raisonnable
00:21:11mais en tout cas
00:21:12ça nous permettra
00:21:12d'avancer un petit peu
00:21:13quand même
00:21:15et effectivement
00:21:15les nécessaires droits
00:21:17de la défense
00:21:18et de défense évidemment
00:21:19qui concernent
00:21:20l'inunité
00:21:20ou la détention provisoire.
00:21:22Voilà un texte court
00:21:23madame la présidente
00:21:23pour répondre à vos questions
00:21:25l'intérêt que porte
00:21:26chaque parti
00:21:27pour le procès pénal
00:21:28en cas de PJCR
00:21:29nous avons souhaité
00:21:30une procédure
00:21:31qui est pour l'instant
00:21:31à la fois très large
00:21:32et très simple
00:21:33très large parce que
00:21:34nous savions que le Parlement
00:21:35allait rétrécir
00:21:37son champ
00:21:37et donc évidemment
00:21:39au bout de 9 ans
00:21:40d'expérience
00:21:41et d'une dizaine d'années
00:21:42au Parlement
00:21:42pour moi-même
00:21:42j'ai compris
00:21:43qu'il fallait évidemment
00:21:45négocier avec le Parlement
00:21:46et que le champ très large
00:21:48de toutes les infractions
00:21:49par exemple prévues
00:21:49par la PJCR
00:21:50sauf terrorisme
00:21:51et sauf crime
00:21:53contre l'humanité
00:21:54appelaient évidemment
00:21:55une discussion
00:21:55avec le Parlement
00:21:56pour rétrécir son champ
00:21:57éventuellement
00:21:58sans perdre évidemment
00:21:59le bénéfice de son action
00:22:00est-ce que la PJCR
00:22:02est-ce que le plaidé coupable
00:22:03je l'aurais proposé
00:22:04si j'avais pas de problème
00:22:05d'audiencement
00:22:06la réponse est oui
00:22:07j'aurais sans doute
00:22:08pas fait ce texte maintenant
00:22:09j'aurais sans doute attendu
00:22:10d'avoir une majorité
00:22:11à l'Assemblée nationale
00:22:12si un jour cela arrive
00:22:13à un heureux ministre de la justice
00:22:14qui me succédera
00:22:16mais je l'aurais quand même proposé
00:22:17parce que je crois
00:22:18que ça ne retire rien à personne
00:22:19ce plaidé coupable
00:22:20en matière criminelle
00:22:20c'est un outil supplémentaire
00:22:23ce n'est pas du tout
00:22:23la CRPC délictuelle
00:22:24que vous avez connue
00:22:25qui désormais
00:22:26je le rappelle comme ça
00:22:27c'est sur 550 000 décisions judiciaires
00:22:29c'est 100 000 CRPC délictuels
00:22:32elle trouve quand même son office
00:22:33mais la CRPC délictuelle
00:22:35c'est quoi ?
00:22:35c'est un procureur
00:22:37qui d'office dit
00:22:38ça ça va en plaidé coupable
00:22:40ou ça ça va en CRPC
00:22:41si jamais évidemment
00:22:43on est dans une démarche
00:22:45où il n'y a quasiment pas d'instruction
00:22:46puisqu'il peut y avoir des instructions
00:22:48mais c'est quand même souvent du délit
00:22:49et il y a peu
00:22:50en tout cas pas tout le temps
00:22:52une partie civile
00:22:53là on parle bien de quelque chose
00:22:55qui se rajoute
00:22:56et si on y est opposé
00:22:58ne verra jamais de jour
00:22:59ce n'est pas le procureur de la République
00:23:00qui dit ça c'est un plaidé coupable
00:23:02ça c'est une version de procès simplifié
00:23:05ça c'est pas le procès classique
00:23:06c'est bien l'ensemble des acteurs
00:23:08le juge d'instruction
00:23:09ou la juge d'instruction
00:23:10à la fin de l'instruction
00:23:11nous parlons bien d'une situation
00:23:12où la personne ne plaide pas
00:23:14le plaidé coupable
00:23:14en garde à vue
00:23:15c'est pas le film de Michel Serrault
00:23:17comme ce que je peux regarder sur internet
00:23:18une caricature
00:23:19de ce que propose la chancellerie
00:23:20c'est pas du tout ça
00:23:21c'est à la fin d'une instruction
00:23:22qui a été longue
00:23:23contradictoire
00:23:23on a entendu les témoins
00:23:25les experts
00:23:25les personnes
00:23:26évidemment la victime
00:23:27on a souvent
00:23:28quasiment tout le temps
00:23:29fait un contradictoire
00:23:31la personne reconnaît les faits
00:23:33depuis très longtemps
00:23:34parfois elle le reconnaît même
00:23:34dès la scène de crime
00:23:36parfois la personne
00:23:37elle-même
00:23:37prévient les policiers
00:23:38pour dire
00:23:38j'ai tué
00:23:39j'ai donné des coups de mortel
00:23:41elle le reconnaît
00:23:42parfois en garde à vue
00:23:42elle le reconnaît
00:23:43évidemment devant le juge d'instruction
00:23:44d'ailleurs je constate
00:23:45qu'elle peut le reconnaître
00:23:45pendant toute cette phase
00:23:46sans jamais la présence d'un avocat
00:23:47alors que le texte
00:23:48que nous présentons
00:23:49oblige la présence de l'avocat
00:23:52et lors de cette phase d'instruction
00:23:53lorsqu'on a reconnu
00:23:54les faits
00:23:54et tous les faits
00:23:55le juge d'instruction
00:23:57propose de rentrer
00:23:58dans la démarche de la pégissaire
00:23:59où là nous disons
00:24:00que l'avocat est obligatoire
00:24:02et il y a une négociation
00:24:03une discussion
00:24:03entre l'avocat
00:24:05et la personne accusée
00:24:06et le procureur de la république
00:24:07et il faut que la victime
00:24:08ne s'oppose pas
00:24:10à cette procédure
00:24:12et il y a une audience
00:24:13une vraie audience
00:24:15dont j'ai lu d'ailleurs
00:24:15ici ou là
00:24:16qu'elle était à huis clos
00:24:17d'abord je constate
00:24:18que la victime
00:24:19peut à tout moment
00:24:19demander le huis clos
00:24:20dans une audience tout court
00:24:22quand il s'agit
00:24:22d'un procédé classique
00:24:24et personne ne s'en offusque
00:24:25mais par ailleurs
00:24:27il y a une vraie audience
00:24:28où tout le monde peut assister
00:24:29simplement c'est une cour d'assises
00:24:31sans jury
00:24:32c'est pour ça qu'elle n'est pas publique
00:24:33au sens où il n'y a pas
00:24:34de jury d'assises
00:24:35mais enfin il y a trois magistrats
00:24:36la CRPC intellectuelle
00:24:37c'est un seul magistrat
00:24:38pour homologuer
00:24:39après que le président
00:24:40est dans une vraie audience
00:24:41où la présidente
00:24:43ait rappelé les faits
00:24:43ait rappelé les qualifications
00:24:44des faits
00:24:45demande à l'auteur
00:24:46s'il reconnaît bien
00:24:47ces faits publiquement
00:24:48donne la parole à la victime
00:24:49donne la parole à l'auteur
00:24:50donne la parole aux avocats
00:24:51donne évidemment la parole
00:24:52au procureur de la république
00:24:54à l'auteur à la fin
00:24:56supposé qu'il reconnaît
00:24:57sa culpabilité en dernier
00:24:58et les magistrats
00:24:59homologuent ou n'homologuent pas la peine
00:25:01à tout moment
00:25:02le procureur de la république
00:25:03et l'auteur
00:25:04peuvent arrêter la procédure
00:25:05et surtout il y a une procédure d'appel
00:25:06qui est tout à fait possible
00:25:07quand bien même ce serait homologué
00:25:08et qui nous renvoie
00:25:09vers une cour criminelle
00:25:10ou une cour d'assises
00:25:11c'est effectivement
00:25:12quelque chose de nouveau
00:25:13mais ce n'est pas quelque chose
00:25:14qui retire quelque chose
00:25:15à quelqu'un d'aujourd'hui
00:25:17si imaginons cette hypothèse
00:25:20100% des avocats
00:25:21ne voulaient pas
00:25:22de la pégissère
00:25:23il n'y aura pas de pégissère
00:25:24puisqu'il y a une présence
00:25:25de l'avocat obligatoire
00:25:26pour cette pégissère
00:25:27et évidemment
00:25:29si 100% des victimes
00:25:30ne veulent pas
00:25:30qu'il y ait cette pégissère
00:25:32il n'y aura pas
00:25:32de plaidés coupables
00:25:33en matière criminelle
00:25:34et cette pégissère
00:25:35ne vient pas
00:25:36remplacer quelque chose
00:25:36qui existe
00:25:37mais rajouter un outil
00:25:38supplémentaire
00:25:39comme c'est le cas
00:25:40dans les deux tiers
00:25:40des pays qui nous entourent
00:25:42et notamment dans des pays
00:25:44qui ont
00:25:44si je prends le cas des viols
00:25:46mais ce n'est évidemment
00:25:47pas que le viol
00:25:47qui est concerné
00:25:49qui sont très à la pointe
00:25:50dans le droit des femmes
00:25:51je prends évidemment
00:25:52le cas de l'Espagne
00:25:53dont on a pu le voir
00:25:55précédemment
00:25:55l'étude d'impact
00:25:56d'ailleurs je crois
00:25:57est très intéressante
00:25:58de ce point de vue
00:25:59ce n'est pas du tout
00:26:00appelé des coupables
00:26:01à l'américaine
00:26:01ou à l'anglo-saxonne
00:26:02comme j'ai pu l'entendre
00:26:03puisque nous
00:26:03nous avons un juge d'instruction
00:26:04et nous avons une instruction
00:26:05c'est à la fin d'instruction
00:26:07le deuxième point
00:26:08que vous avez évoqué
00:26:08sur la qualité de la justice
00:26:09rendue
00:26:10dans la refonte
00:26:11de la cour criminelle
00:26:12je ne sais pas
00:26:13si on peut juger
00:26:14en qualité
00:26:15puisqu'il a été fait
00:26:18grief
00:26:18à la cour criminelle
00:26:19lorsqu'elle a été inventée
00:26:20par la chancellerie
00:26:21et par Nicole Belloubet
00:26:22il y avait déjà
00:26:23une opposition extrêmement forte
00:26:24de la profession d'avocat
00:26:25que ce serait une justice
00:26:26qui ne serait pas rendue
00:26:27de manière qualitative
00:26:28je constate que le procès
00:26:30de Scornec
00:26:30comme le procès
00:26:31de madame Pellicot
00:26:32se sont déroulés
00:26:33devant des cours criminelles
00:26:35je crois qu'il ne viendrait
00:26:36à l'idée de personne
00:26:37en tout cas je n'ai lu
00:26:37aucun papier sur ce point
00:26:39de dire que la justice
00:26:40n'a pas été bien rendue
00:26:40je pense que la justice
00:26:42a été rendue à madame Pellicot
00:26:43et que la justice
00:26:44a su condamner sévèrement
00:26:45en cours criminelle
00:26:46des choses qui nous concernent
00:26:48ici au premier chef
00:26:50donc la qualité
00:26:51de la justice rendue
00:26:52je ne sais pas si c'est
00:26:53quoi qu'il arrive
00:26:54toujours la cour d'assises
00:26:55d'ailleurs vous-même
00:26:56mesdames et messieurs
00:26:56les sénateurs
00:26:57vous avez souhaité
00:26:58dans votre propre proposition de loi
00:27:00restreindre la cour d'assises
00:27:01dans les affaires de narcotrafic
00:27:02avec une cour d'assises spécialisée
00:27:04pour éviter un certain nombre
00:27:05de difficultés
00:27:05qui touchent notamment
00:27:06le juré d'assises
00:27:07d'ailleurs je constate
00:27:08madame la présidente
00:27:09qu'il y a une sorte de paradoxe
00:27:10parfois qui est reproché
00:27:11à la chancellerie
00:27:12puisqu'on demande
00:27:13des magistrats
00:27:14extrêmement spécialisés
00:27:15en cours criminels
00:27:15jugeant essentiellement
00:27:17des violences faites aux femmes
00:27:19disant qu'ils ne sont pas
00:27:20assez spécialisés
00:27:21lorsqu'ils siègent
00:27:22en cours criminels
00:27:22et en demandant
00:27:23en même temps
00:27:23la fin des cours criminels
00:27:24et le retour au cours d'assises
00:27:25la cour d'assises
00:27:26c'est formidable
00:27:27je suis très attaché
00:27:27au jury populaire personnellement
00:27:29mais enfin le juré
00:27:30c'est tout
00:27:30sauf des gens spécialisés
00:27:32ce sont des personnes
00:27:33qui sont tirées au sort
00:27:34certes qui sont accompagnées
00:27:35par le président
00:27:37de la cour d'assises
00:27:37mais enfin qui ne sont pas
00:27:38haut à la pointe
00:27:39du consentement
00:27:40ou du contrôle coercitif
00:27:42donc je crains
00:27:43que l'on reproche
00:27:43à peu près
00:27:44toute forme de changement
00:27:46et peut-être
00:27:47que la question
00:27:47bien sûr
00:27:48mérite d'être posée
00:27:49de la qualité
00:27:50mais je ne vois pas
00:27:51où est la qualité
00:27:52de la justice
00:27:52quand quelqu'un attend
00:27:537 ans, 8 ans, 9 ans
00:27:54la condamnation
00:27:55de l'auteur
00:27:56de son viol
00:27:57ou de l'homicide
00:27:57de ses parents
00:27:58ou de l'inceste
00:27:59qu'il a connu
00:28:00voilà
00:28:01je pense que
00:28:02les deux articles
00:28:03sont différents
00:28:03et de ce point de vue
00:28:04l'article 2
00:28:04est bien plus important
00:28:05que l'article 1er
00:28:06l'article 1er
00:28:07c'est 600 personnes
00:28:09peut-être concernées
00:28:10par an
00:28:11d'après les procureurs généraux
00:28:13imaginons que la moitié
00:28:14seulement accepte
00:28:15la procédure
00:28:15ce ne seront que 300 dossiers
00:28:17sur 6000
00:28:18le plus important
00:28:19c'est le deuxième article
00:28:21qui nous permettra
00:28:22de juger bien plus
00:28:23puisqu'on créera
00:28:24beaucoup plus de cours
00:28:26criminels
00:28:26et puis tout un tas
00:28:27d'autres sujets
00:28:27que vous avez retenus
00:28:28évidemment
00:28:29dans cet article
00:28:29important et complexe
00:28:31la troisième question
00:28:34que vous posez
00:28:34c'est finalement
00:28:36pourquoi on a retenu
00:28:37un certain nombre
00:28:37de dispositions
00:28:39comme on a peu de temps
00:28:40parlementaires
00:28:40le ministre de l'Intérieur
00:28:41et j'ai été
00:28:42ministre de l'Intérieur
00:28:43avant lui
00:28:43je ne lui en fais pas grève
00:28:44il s'est dit
00:28:44tiens tu as un texte
00:28:45qui arrive
00:28:45ce serait bien
00:28:46que tu me prennes
00:28:46ces dispositions
00:28:47j'en ai refusé énormément
00:28:48il y en avait
00:28:50deux qui rentraient
00:28:50à peu près dans le champ
00:28:51de ce que nous faisions
00:28:52à la fois des sujets
00:28:52sur les OPJ
00:28:53je pense que sur
00:28:55la génération
00:28:56OPJ-APJ
00:28:57je ne pense pas
00:28:58qu'il y a un grand débat
00:28:59sur ce sujet
00:29:00je pense que c'est
00:29:00frappé du coin
00:29:01du bon sens
00:29:02elle complète la loi
00:29:022023 par ailleurs
00:29:04il y a le FNAEG
00:29:05qui pose des questions
00:29:06très différentes
00:29:07de la généalogie génétique
00:29:08et pour lesquelles
00:29:09je peux très bien comprendre
00:29:10qu'il y a un débat
00:29:10je me suis ouvert
00:29:11avec le ministre de l'Intérieur
00:29:12et puis il y a la question
00:29:13de la visioconférence
00:29:14que vous aviez acceptée
00:29:16pour le renouvellement
00:29:17des gardes à vue
00:29:17lorsque j'étais ministre de l'Intérieur
00:29:18mais qu'on n'avait pas proposé
00:29:19en initiale
00:29:21et que le ministre de l'Intérieur
00:29:21propose en initiale
00:29:23donc c'est des dispositions
00:29:27ont été introduites
00:29:28dans le texte
00:29:29pour pouvoir les défendre
00:29:30évidemment pour les services de police
00:29:32le plus rapidement possible
00:29:33puisque le texte
00:29:34du ministre de l'Intérieur
00:29:34ne prévoyait pas
00:29:35à l'époque
00:29:35il n'y avait que les polices municipales
00:29:37qui étaient à l'ordre du jour du Parlement
00:29:38le texte qu'il a depuis proposé
00:29:39qu'il appelle le riposte
00:29:41donc peut-être
00:29:41si vous les censurez
00:29:42ou si vous les amendez
00:29:44qu'il pourra éventuellement reprendre
00:29:45s'il le souhaite
00:29:45dans le texte
00:29:47qu'il a désormais proposé
00:29:48sous l'autorité de monsieur
00:29:49le Premier ministre
00:29:52Merci monsieur le ministre
00:29:53je vais d'abord donner la parole
00:29:55à madame Dominique Vérien
00:29:56qui est co-rapporteur
00:29:56avec monsieur David Marguerite
00:29:57mais qui je crois
00:29:58s'exprimera pour lui également
00:29:59ce soir
00:30:00et qui a quelques questions
00:30:02bien évidemment
00:30:03à vous poser
00:30:04et ensuite
00:30:04j'invite les collègues
00:30:05qui souhaiteraient intervenir
00:30:07à s'inscrire
00:30:09ce que vient de faire
00:30:15merci beaucoup madame la présidente
00:30:17merci monsieur le ministre
00:30:18pour cette présentation
00:30:20je ne vais pas vous présenter
00:30:21et le rapport
00:30:22et nos amendements
00:30:23ça je le garde pour demain
00:30:25et pour la commission
00:30:27mais j'aimerais vous entendre
00:30:29sur trois choses
00:30:31alors j'avais une première question
00:30:32qui était sur l'aide juridictionnelle
00:30:35dans le cadre du PJCR
00:30:37puisque celle-ci
00:30:38ne semblait pas possible
00:30:40mais j'ai vu que vous aviez
00:30:41déposé un amendement
00:30:43sur le sujet
00:30:44donc ma question
00:30:46tombe à l'eau
00:30:47mais malgré tout
00:30:48si vous pouviez
00:30:49le préciser
00:30:51ça me paraît être une bonne chose
00:30:52ma deuxième question
00:30:55porte sur l'appel
00:30:57en cours criminel départemental
00:31:01parce que
00:31:02je vous ai entendu
00:31:04l'expliquer
00:31:05mais je ne vous ai pas
00:31:06entendu l'expliquer
00:31:07ni devant notre commission
00:31:08ni d'ailleurs
00:31:09ce matin
00:31:10ce n'est pas un secret
00:31:11vous étiez devant notre
00:31:12devant notre groupe
00:31:13et je pense que c'est intéressant
00:31:15parce que
00:31:15aujourd'hui on se dit
00:31:17les cours criminels départementales
00:31:18sont déjà surchargés
00:31:20même si on arrive
00:31:22à multiplier
00:31:22les lieux
00:31:24et les cours criminels départementales
00:31:25est-ce que le fait
00:31:26de leur rajouter
00:31:27en plus l'appel
00:31:28ne va pas venir
00:31:30encore un peu plus
00:31:31les emboliser
00:31:32et pourquoi est-ce
00:31:34qu'on ne les laisse pas
00:31:35du coup
00:31:35aux cours d'assises
00:31:36qui permettraient
00:31:37d'avoir un jury
00:31:38effectivement
00:31:39qui intervienne
00:31:39mais donc j'aimerais
00:31:41vous entendre
00:31:41sur le sujet
00:31:42et ma troisième
00:31:43question porte
00:31:45sur le FNAEG
00:31:47le fameux fichier national
00:31:48automatisé
00:31:49des empreintes génétiques
00:31:51il y a quelques jours
00:31:52la cour de justice
00:31:53de l'Union européenne
00:31:54a rendu une décision
00:31:55dite
00:31:56contribus
00:31:57qui concerne
00:31:59directement la France
00:32:00en résumé
00:32:01la cour a considéré
00:32:02que les réglementations
00:32:03des états membres
00:32:04ne pouvaient pas
00:32:04autoriser
00:32:05une collecte
00:32:06individualisée
00:32:07et généralisée
00:32:08des données biométriques
00:32:09autrement dit
00:32:11même lorsque la loi
00:32:12a autorisé
00:32:12le relevé
00:32:13des empreintes génétiques
00:32:14des personnes
00:32:14mises en cause
00:32:15pour certaines infractions
00:32:17déterminées
00:32:17chaque décision individuelle
00:32:19doit être accompagnée
00:32:20d'une motivation
00:32:21claire
00:32:22et propre
00:32:23en cas d'espèce
00:32:24or cela
00:32:24notre cadre légal
00:32:26ne permet pas
00:32:26aujourd'hui
00:32:27de le garantir
00:32:28envisagez-vous
00:32:29donc de tirer
00:32:30parti
00:32:30de ce texte
00:32:31pour pouvoir
00:32:32avoir une mise
00:32:34en conformité
00:32:35de notre droit
00:32:36avec ses exigences
00:32:37européennes
00:32:38voilà
00:32:39trois petits points
00:32:40merci
00:32:44sur
00:32:45alors nous discutons
00:32:47évidemment
00:32:47avec la profession
00:32:48d'avocat
00:32:48et les échanges
00:32:49qu'on peut avoir
00:32:50notamment
00:32:50avec le conseil national
00:32:51des barreaux
00:32:52l'une
00:32:52pas la seule
00:32:53mais l'une des questions
00:32:55qui est posée
00:32:55c'est qu'en effet
00:32:56le plaid des coupables
00:32:56inventé
00:32:57dans ce texte de loi
00:32:58s'il devait avoir lieu
00:32:59n'est pas éligible
00:33:01aujourd'hui
00:33:01à l'aide juridictionnelle
00:33:02et il y a évidemment
00:33:03des personnes
00:33:03qui sont à l'âge
00:33:04dans un procès criminel
00:33:06et qui ne pourraient pas
00:33:07bénéficier de la présence
00:33:08d'un avocat
00:33:09à l'aide juridictionnelle
00:33:10où il le ferait
00:33:10pour le plaid des coupables
00:33:13donc j'ai entendu
00:33:14la demande de la profession
00:33:14j'ai entendu
00:33:16la demande
00:33:16d'une partie
00:33:17des sénateurs
00:33:18on m'a fait remarquer
00:33:19ma sénatrice
00:33:19la rapporteure
00:33:21que c'était un article 40
00:33:22et que seul le gouvernement
00:33:23n'avait le monopole
00:33:24j'ai donc proposé
00:33:25ce n'est pas ma coutume
00:33:26puisque vous constatez
00:33:27qu'il n'y a pas d'amendement
00:33:27du gouvernement
00:33:28sur le texte
00:33:29je considère
00:33:30que c'est une mauvaise manière
00:33:30faite au parlement
00:33:31quand on vient de déposer un texte
00:33:32que tout de suite
00:33:33vous mettez des amendements
00:33:34qui ne seraient pas passés
00:33:34au conseil d'état
00:33:35mais j'en ai fait exception
00:33:36puisque je sais que c'était
00:33:37une demande à la fois
00:33:37de la profession d'avocat
00:33:38et d'une partie des parlementaires
00:33:40dont vous madame la rapporteure
00:33:41pour qu'il y ait un amendement
00:33:42que vous puissiez étudier
00:33:42demain en commission des lois
00:33:44la possibilité
00:33:45évidemment de rendre éligible
00:33:47la procédure de PJCR
00:33:48à l'aide juridictionnelle
00:33:50sur le deuxième point
00:33:51qui est l'appel
00:33:52en cours criminelle départementale
00:33:53en effet l'article 2
00:33:55modifie une grande partie
00:33:56la cour criminelle
00:33:57et pose la question
00:33:59notamment de l'appel
00:34:03dans le monde
00:34:05avant la cour criminelle
00:34:07quand il y avait
00:34:09quelqu'un qui était condamné
00:34:10en cours d'assises
00:34:10il faisait appel
00:34:11devant une autre cour d'assises
00:34:13simplement
00:34:13elle était juste
00:34:14différemment composée
00:34:15avec deux personnes de plus
00:34:16mais c'était
00:34:17c'était une différence de degré
00:34:18mais c'était pas une différence
00:34:19de nature
00:34:20on n'avait pas devant
00:34:21un autre tribunal
00:34:23autrement composé
00:34:25quand on est condamné
00:34:27au tribunal correctionnel
00:34:28et qu'on fait appel
00:34:28on va devant la cour d'appel
00:34:29mais ça reste trois juges
00:34:31d'appel certes
00:34:32plus expérience
00:34:33mais qui jugent
00:34:34l'affaire de première instance
00:34:36la cour criminelle
00:34:37est à ma connaissance
00:34:39mais je suis un néophyte
00:34:40n'étant ni avocat
00:34:41ni magistrat
00:34:42ni fonctionnaire
00:34:44la cour criminelle
00:34:46est une
00:34:47il y a un étonnement
00:34:48à voir que la cour criminelle
00:34:49quand on fait un appel
00:34:52on va devant
00:34:53une cour totalement
00:34:54autrement composée
00:34:56puisqu'on passe
00:34:56de cinq magistrats professionnels
00:34:58à trois magistrats
00:35:00et un juré
00:35:02je comprends que c'est le fruit
00:35:04non pas d'une pensée profonde
00:35:06de la chancellerie
00:35:07mais d'une négociation
00:35:08qu'il y a eu précédemment
00:35:09lorsqu'il y a eu les expérimentations
00:35:11des cours criminels
00:35:12qui étaient déjà très attaqués
00:35:14puis leur généralisation
00:35:17est-ce que l'appel
00:35:19aux cours criminels
00:35:20vers la cour d'assises
00:35:21est un problème
00:35:21de résolution
00:35:23du stock
00:35:24pour parler d'un mauvais mot
00:35:25d'affaires criminelles
00:35:25la réponse est non
00:35:27puisque ça consomme
00:35:28plus de RH de magistrats
00:35:30d'aller devant
00:35:31une autre cour criminelle
00:35:32que devant une cour d'appel
00:35:33donc d'un point de vue
00:35:34strictement
00:35:36quantitatif
00:35:36si l'objet du projet de loi
00:35:38est de résoudre
00:35:39les avions
00:35:40qui attendent
00:35:40à Roissy
00:35:41et qu'il n'y a qu'une seule
00:35:41piste d'atterrissage
00:35:42évidemment
00:35:43pour nous
00:35:44si le parlement décide
00:35:46de la suppression
00:35:47de l'appel
00:35:48dans une autre cour criminelle
00:35:50ce qu'on appelle
00:35:50l'appel circulaire
00:35:51parce qu'il faut être
00:35:52dans un autre département
00:35:54et revient à la cour d'assises
00:35:55ça ne change rien
00:35:56à l'objectif
00:35:57du projet de loi
00:35:57et au contraire
00:35:58j'y verrais d'ailleurs
00:35:59du gain
00:36:00en magistrat
00:36:01donc pour répondre
00:36:02à votre question
00:36:03ce n'est pas l'essentiel
00:36:04du texte que je propose
00:36:05j'invite cependant
00:36:06peut-être à une discussion
00:36:07sur ce point
00:36:1088% des affaires
00:36:11sont donc des affaires
00:36:12de viol
00:36:13le taux d'appel
00:36:13en cours criminel
00:36:14pour la cour d'assises
00:36:15c'est 34%
00:36:15le taux d'appel
00:36:16d'une cour d'assises
00:36:17et d'une autre cour d'assises
00:36:17c'est 20%
00:36:18pourquoi il y a plus d'appel
00:36:20alors qu'on est devant
00:36:20des magistrats professionnels
00:36:23qui ont jugé en droit absolu
00:36:25bon
00:36:26peut-être
00:36:27peut-être
00:36:27j'ai mis une hypothèse
00:36:28que c'est parce que
00:36:29ayant été fortement condamné
00:36:31en cours criminel
00:36:32on se dit que
00:36:33devant le jury populaire
00:36:35peut-être que
00:36:36les arguments en droit
00:36:38ayant été entendus
00:36:39et sont un peu défavorables
00:36:40peut-être à la personne
00:36:41qui a été condamnée
00:36:42les arguments
00:36:43devant le jury populaire
00:36:44permettraient d'avoir
00:36:45une peine à moindrie
00:36:45voire un inquiétement
00:36:47et donc il faut essayer
00:36:48de comprendre
00:36:49est-ce que c'est ce qu'on veut
00:36:50parce que j'essaie de répondre
00:36:50quand même à la question
00:36:51qui m'a été posée
00:36:51depuis maintenant un an et demi
00:36:52que je suis à la chancellerie
00:36:53qu'il faut des magistrats
00:36:55spécialisés pour s'occuper
00:36:56des viols et des violences sexuelles
00:36:58sachant que 90%
00:36:59des affaires en cours criminels
00:37:01sont des viols
00:37:01demander la cour d'assises
00:37:02pour cela
00:37:03c'est donc aller à l'encontre
00:37:05de la spécialisation
00:37:05des magistrats
00:37:06je prendrai donc d'ailleurs
00:37:08puisque vous m'avez souvent
00:37:09fait le grief
00:37:09un décret
00:37:10dans les prochains jours
00:37:12qui obligera
00:37:13les magistrats
00:37:14à subir la formation
00:37:15obligatoire
00:37:16qu'ils doivent subir
00:37:16et dont une grande partie
00:37:17malheureusement
00:37:18ne suivent pas
00:37:19avant d'être affecté
00:37:20devant une cour criminelle
00:37:22je constate que
00:37:22c'est du décret
00:37:24je pensais que c'était
00:37:25la loi organique
00:37:25finalement c'est le décret
00:37:26je vais pouvoir le faire
00:37:27concomitamment à nos discussions
00:37:29mais je voudrais attirer
00:37:29votre attention
00:37:30même la rapporteure
00:37:30que si je suis condamné
00:37:32pour viol
00:37:32et que je fais appel
00:37:33devant la cour d'assises
00:37:35j'ai donc un autre jury
00:37:37qui va me juger
00:37:38un peu différemment
00:37:39que des cinq magistrats
00:37:40professionnels
00:37:41tout dépend de ce que l'on veut
00:37:42est-ce que l'on veut garder
00:37:44l'appel
00:37:45l'assise
00:37:45pour donner
00:37:46ce deuxième degré
00:37:47pour imaginer
00:37:48être conforme
00:37:49à la loi
00:37:49de 2019-2020
00:37:51ou est-ce qu'on dit
00:37:52ben non
00:37:52il faut que
00:37:52comme ce sont essentiellement
00:37:53des viols
00:37:54ce soit des gens spécialisés
00:37:55qui jugent
00:37:56de ces affaires
00:37:58voilà
00:37:58je pense qu'il y a un petit paradoxe
00:37:59que nous devons résoudre
00:38:00je rajouterai un point particulier
00:38:04qui est la façon
00:38:05dont désormais
00:38:06nous composons
00:38:07les cours criminels
00:38:08puisque le choix
00:38:09que nous avons fait
00:38:10n'est pas de recorrectionaliser
00:38:11les viols
00:38:12bien évidemment
00:38:12personne ne l'aurait accepté
00:38:13et votre serviteur en premier
00:38:16et ce n'est pas non plus
00:38:16de redescendre à trois
00:38:18le nombre de magistrats
00:38:19aux cours criminels
00:38:20on aurait pu proposer cela
00:38:23parce que la cour criminelle
00:38:24l'important n'est peut-être
00:38:25pas le nombre de magistrats
00:38:26qu'ils jugent
00:38:26mais le fait qu'ils jugent
00:38:27des crimes
00:38:28et qu'ils ne jugent pas
00:38:29par rapport à des délits
00:38:30j'ai pensé
00:38:32que ce serait très illisible
00:38:33dans l'opinion
00:38:33et que la cour criminelle
00:38:35avait montré son efficacité
00:38:36à avoir cinq magistrats
00:38:38simplement
00:38:38nous proposons
00:38:38qu'ils soient
00:38:39autrement composés
00:38:40obligatoirement
00:38:40trois professionnels
00:38:41et puis deux autres
00:38:42on parlait des avocats d'horaire
00:38:44des magistrats à titre temporaire
00:38:45et puis on parlera sans doute
00:38:46de la disposition nouvelle
00:38:47que nous proposons
00:38:48dans la loi organique
00:38:50cependant
00:38:50je prends l'exemple
00:38:52de l'affaire
00:38:52de madame Pellicot
00:38:53il y a 17 prévenus
00:38:54ils sont en cours criminels
00:38:56il y a un auteur
00:38:58bien parce que pour
00:38:59je rappelle que pour avoir
00:39:01la cour criminelle
00:39:02qui fonctionne
00:39:02il faut qu'on aille jusqu'à
00:39:0315 à 20 ans
00:39:04puisque au-dessus de 20 ans
00:39:05c'est la cour d'assises
00:39:06qui juge
00:39:06ce qui pose d'ailleurs
00:39:07la question des aggravations
00:39:09que la loi Berger
00:39:10que nous avons soutenue
00:39:11à la suite des propositions
00:39:12de madame Rossignol
00:39:13notamment est en cours
00:39:13d'attente
00:39:14demain quand la loi sera adoptée
00:39:16les viols aggravés
00:39:16ne feront plus partie
00:39:17de la cour criminelle
00:39:18ils seront envoyés
00:39:19directement en cour d'assises
00:39:21et ce sera peut-être
00:39:21très bien assis
00:39:22mais dans l'affaire de madame Pellicot
00:39:24comme le viol sériel
00:39:25aujourd'hui
00:39:26n'est pas une circonstance
00:39:27aggravante
00:39:28ce sont considérés
00:39:29comme autant
00:39:29de viols simples
00:39:30les 17 sont condamnés
00:39:32je pense que tout le monde
00:39:33a considéré
00:39:33que cette justice
00:39:34était une bonne justice
00:39:35il y en a un qui fait appel
00:39:37où est-ce qu'il fait appel ?
00:39:39il fait appel devant la cour d'assises
00:39:40on s'est retrouvé
00:39:40dans une situation absurde
00:39:42où il y a
00:39:4316 condamnés
00:39:44qui acceptent leur peine
00:39:45qui restent en cours criminel
00:39:46et un qui fait appel
00:39:47qui va en cours d'assises
00:39:47fort heureusement
00:39:48la cour d'assises
00:39:49l'a condamné
00:39:50au même quantum de peine
00:39:51qu'un cours criminel
00:39:52mais quel aurait été
00:39:53le résultat
00:39:53le résultat
00:39:54s'il avait été acquitté
00:39:56ou la peine
00:39:56très largement amoindrie
00:39:57on aurait très largement
00:39:59amoindri
00:39:59le procès même
00:40:00et la justice professionnelle
00:40:02qui avait rendu
00:40:03ses arrêts
00:40:04dans l'affaire Pellicot
00:40:06donc personnellement
00:40:08madame la rapporteure
00:40:09si le parlement
00:40:10ce ne sera pas un amendement
00:40:11que je présenterai moi-même
00:40:12mais si le parlement
00:40:14dit que dans
00:40:14cet article 2
00:40:15on doit permettre
00:40:16que l'appel
00:40:17se fasse dans la cour d'assises
00:40:18non tact
00:40:18je gagnerais du temps
00:40:20de magistrats
00:40:20pour être extrêmement concret
00:40:21puisque je pourrais utiliser
00:40:22ce RH de magistrats
00:40:24dans d'autres cours criminels
00:40:25mais vous serez
00:40:26assez contradictoire
00:40:27je dis vous
00:40:28le parlement
00:40:28puisque vous demandez
00:40:30sans cesse
00:40:30la spécialisation
00:40:31des magistrats
00:40:31pour les viols
00:40:32et vous allez
00:40:33en fait
00:40:34permettre de le faire
00:40:35devant des gens
00:40:35qui ne seront pas spécialisés
00:40:38et sur le FNAEG
00:40:39pardon
00:40:40j'entends la décision
00:40:41de la cour de justice
00:40:44évidemment
00:40:45aujourd'hui
00:40:45le FNAEG
00:40:46il ne comprend pas
00:40:47la collecte systématique
00:40:48mais une collecte ciblée
00:40:50c'est pour ça
00:40:50qu'on pense qu'on n'est pas
00:40:51tout à fait
00:40:51si j'ai bien compris
00:40:53dans ce qu'a rendu
00:40:53la cour de justice
00:40:55le prélèvement
00:40:56c'est une faculté
00:40:56mais pas une obligation
00:40:58il y a
00:40:59me semble-t-il
00:41:00à retravailler
00:41:01sans doute la mesure
00:41:02qu'on propose
00:41:02dans le texte
00:41:03parce que j'ai compris
00:41:04qu'il y avait
00:41:04un certain nombre
00:41:04de sujets
00:41:06où on disait
00:41:06oui il y a
00:41:06un certain nombre
00:41:07de choses
00:41:08que nous proposons
00:41:08qui rentrent
00:41:09dans le cadre d'eux
00:41:09et on va parfois
00:41:11attirer un peu trop loin
00:41:12notamment des gens
00:41:12qui auraient permis
00:41:13de commettre
00:41:14des infractions
00:41:14qui rentreraient dedans
00:41:15et je pense notamment
00:41:16à un certain nombre
00:41:17de militants
00:41:18par exemple
00:41:18j'en ai parlé
00:41:19avec monsieur le ministre
00:41:20de l'Intérieur
00:41:20et nous serons ouverts
00:41:21aux amendements
00:41:22que vous proposerez
00:41:26Merci monsieur le ministre
00:41:27je la parle
00:41:27à monsieur Francis Piner
00:41:30Oui monsieur le ministre
00:41:33personnellement
00:41:33je n'ai toujours pas compris
00:41:34l'hostilité des avocats
00:41:37au plaidé coupable
00:41:39pour simplifier les choses
00:41:41j'observe d'ailleurs
00:41:42que la profession
00:41:42qui était contre
00:41:43en matière correctionnelle
00:41:44aujourd'hui
00:41:45l'a parfaitement adapté
00:41:46et surtout
00:41:48ayant quand même
00:41:49quelques expériences
00:41:50de la cour décise
00:41:51je ne vois pas
00:41:52en quoi ça porte atteinte
00:41:53au droit des gens
00:41:55simplement
00:41:56ce qui est souhaitable
00:41:57c'est qu'on aligne
00:41:58le régime
00:41:59de plaidé coupable
00:42:00sur le régime
00:42:01du droit commun
00:42:02c'est à dire
00:42:03que la partie civile
00:42:05d'abord je souhaiterais
00:42:06qu'il soit limité
00:42:07c'est à dire
00:42:08qu'elle ne concerne
00:42:08que la victime
00:42:09et non pas les associations
00:42:11qui parfois se livrent
00:42:12à des détournements
00:42:12de procédure
00:42:13et la deuxième observation
00:42:15c'est que la partie civile
00:42:16ne puisse pas
00:42:17s'opposer à la peine
00:42:18de même qu'elle ne peut pas
00:42:19faire appel
00:42:20de la décision
00:42:21que les choses soient bien claires
00:42:23et sinon je considère
00:42:24que c'est plutôt
00:42:25un progrès
00:42:26et que je ne vois pas
00:42:27où est l'atteinte
00:42:27au droit de la défense
00:42:28j'ai lu quelques tribunes
00:42:30délirantes
00:42:30de gens qui paraît-il
00:42:31sont inscrits au barreau
00:42:32qui agitaient le spectre américain
00:42:35qui n'a rien à voir
00:42:36en revanche
00:42:37sur l'appel
00:42:40je ne peux pas
00:42:41vous suivre
00:42:42je pense que l'appel
00:42:43de la cour criminelle
00:42:44c'est la cour d'assises
00:42:45pour plusieurs raisons
00:42:46la première
00:42:48c'est une question de cohérence
00:42:49si une cour criminelle
00:42:50condamne monsieur X
00:42:51en première instance
00:42:53et que vous faites appel
00:42:54devant la même juridiction
00:42:55qui rend une décision
00:42:57complètement différente
00:42:58allait m'expliquer
00:42:59la légitimité
00:43:00d'une juridiction
00:43:01par rapport à l'autre
00:43:02et donc lorsque
00:43:04Jacques Toubon
00:43:05avait envisagé l'appel
00:43:07on avait pensé
00:43:08à un tribunal criminel
00:43:09appel cour d'assises
00:43:10il n'a pas fait cette réforme
00:43:12c'est madame Guigou
00:43:13qui l'a faite
00:43:14et effectivement
00:43:15l'appel à ce moment là
00:43:16c'est que la cour d'assises
00:43:17d'appel
00:43:18comprend un nombre supérieur
00:43:19qui est censé
00:43:20lui donner une supériorité
00:43:21là vous avez
00:43:23des cours criminels
00:43:24qui seront composés
00:43:25d'ailleurs on ne sait pas
00:43:26s'il y aura des conseillers
00:43:27à la cour
00:43:28des juges aux tribunaux
00:43:28et lorsqu'il y aura l'appel
00:43:30je vous aurai du mal
00:43:31à expliquer
00:43:32pourquoi la cour criminelle
00:43:33d'appel
00:43:34avait une légitimité
00:43:35supérieure
00:43:36à la cour criminelle
00:43:37de première instance
00:43:38et donc je pense
00:43:39qu'il faut maintenir
00:43:40la cour d'assises
00:43:41la deuxième observation
00:43:42que je fais
00:43:42c'est que c'est aussi
00:43:44une protection
00:43:44pour les magistrats
00:43:45parce que lorsqu'un verdict
00:43:47est rendu par le jury populaire
00:43:48avec les magistrats professionnels
00:43:50il n'est jamais contesté
00:43:51alors que sinon
00:43:52on vous parlera
00:43:53du laxisme des juges
00:43:54etc.
00:43:55donc je pense
00:43:56qu'il faut maintenir
00:43:57la cour d'assises
00:43:58comme juridiction d'appel
00:44:00en revanche
00:44:00j'en viens maintenant
00:44:02au sujet qui peut fâcher
00:44:03monsieur le ministre
00:44:04c'est la gestion
00:44:06des nullités de procédure
00:44:09je rappelle que
00:44:10lorsque des avocats
00:44:11soulèvent des nullités
00:44:12de procédure
00:44:13c'est qu'ils estiment
00:44:14que la loi
00:44:14n'a pas été respectée
00:44:15et il est donc normal
00:44:17qu'on demande au juge
00:44:18de respecter la loi
00:44:19or vous avez
00:44:20dans les dispositions
00:44:22réduit le délai
00:44:24de 6 mois
00:44:25à 3 mois
00:44:25pour présenter
00:44:26une requête
00:44:26en nullité
00:44:27et je vous le dis
00:44:28très clairement
00:44:29c'est vider
00:44:31complètement
00:44:32la possibilité
00:44:33de la requête
00:44:33en nullité
00:44:33parce que comment
00:44:34ça se passe
00:44:35monsieur X
00:44:36est mis en examen
00:44:37ou madame X
00:44:37ne soyons pas sexistes
00:44:38madame X
00:44:39est mis en examen
00:44:40le 1er janvier
00:44:41ça veut dire
00:44:42que dans les 3 mois
00:44:43son avocat
00:44:44doit prendre connaissance
00:44:45du dossier
00:44:45pouvoir l'étudier
00:44:46et présenter
00:44:47une requête
00:44:47en nullité
00:44:48sauf que pour ça
00:44:49il faut avoir
00:44:50la copie du dossier
00:44:50et que la demande
00:44:52de copie du dossier
00:44:53elle met entre 4 et 6 semaines
00:44:55ce qui fait que
00:44:56le 1er janvier
00:44:57vous êtes mis en examen
00:44:58vers le 15 février
00:44:59vous récupérez le dossier
00:45:00si le dossier
00:45:01fait 1000 ou 1500 pages
00:45:03ça veut dire
00:45:04que le temps
00:45:04que vous le lisiez
00:45:05et que vous n'avez pas
00:45:06malheureusement
00:45:07qu'un seul dossier
00:45:07à traiter
00:45:08il vous restera
00:45:09que quelques semaines
00:45:10pour présenter
00:45:11une requête
00:45:11en nullité
00:45:12si vider le contentieux
00:45:13donc ou vous maintenez
00:45:14le délai de 6 mois
00:45:16ou à ce moment là
00:45:17vous dites
00:45:18que ce délai
00:45:18de 3 mois
00:45:19ne peut commencer
00:45:19qu'à courir
00:45:20qu'à compter
00:45:21de la délivrance
00:45:22du dossier
00:45:22parce que sinon
00:45:23vous videz le contentieux
00:45:25des nullités
00:45:25de tout son sens
00:45:26voilà les quelques observations
00:45:28que je voulais faire
00:45:29sous réserve
00:45:29qu'après
00:45:29sur les demandes
00:45:30de mise en liberté
00:45:31il y a d'autres sujets
00:45:32qui pourraient être évoqués
00:45:33merci monsieur
00:45:34je vais prendre
00:45:35plusieurs questions
00:45:36à la suite
00:45:36monsieur le ministre
00:45:37monsieur Tani Mohamed Soali
00:45:39monsieur le ministre
00:45:41merci madame la présidente
00:45:43trois petites questions
00:45:46d'abord sur l'introduction
00:45:48de citoyens assesseurs
00:45:50dans les cours criminels départementales
00:45:53qui est prévu
00:45:55dans le projet de l'organique à venir
00:45:59qui sera distinct
00:46:01est-ce que cette introduction
00:46:03est conditionnée
00:46:04à l'adoption préalable
00:46:07de ce texte
00:46:08ou alors
00:46:08avant même l'adoption
00:46:09de ce texte
00:46:10elle pourrait être envisagée
00:46:13et le cas échéant
00:46:14quel est le calendrier
00:46:15quels critères
00:46:16de sélection
00:46:17seront retenus
00:46:19pour garantir
00:46:20leur impartialité
00:46:22deuxième question
00:46:23l'allongement
00:46:25de la détention provisoire
00:46:26avant comparution
00:46:27devant ces cours
00:46:32elle soulève
00:46:34des questions
00:46:35au regard des droits fondamentaux
00:46:36et notamment
00:46:37par rapport
00:46:37à la jurisprudence
00:46:38de la CEDH
00:46:39la Cour européenne
00:46:40des droits de l'homme
00:46:41comment vous envisagez
00:46:43l'articulation
00:46:45vis-à-vis
00:46:46de cette jurisprudence
00:46:47de la Cour européenne
00:46:48des droits de l'homme
00:46:49et enfin
00:46:50dernière question
00:46:51sur la réduction
00:46:52des convocations
00:46:54de témoins
00:46:55prises en charge
00:46:56par l'Etat
00:46:56puisque le projet de loi
00:46:58prévoit
00:46:59que cette prise en charge
00:47:01passe de 5
00:47:02à 2
00:47:03convocations
00:47:04est-ce que
00:47:05ici
00:47:06il n'y a pas
00:47:06un risque
00:47:08de
00:47:09justice à 2 vitesses
00:47:11entre
00:47:12les accusés
00:47:13qui auraient
00:47:14les moyens
00:47:16et ceux
00:47:17qui
00:47:17n'auraient pas
00:47:18les moyens
00:47:19financiers
00:47:20pour
00:47:22financer
00:47:23ces
00:47:25convocations
00:47:25donc voilà
00:47:26les 3
00:47:27courtes
00:47:28questions
00:47:28que j'avais
00:47:30merci
00:47:30madame
00:47:31marie-pierre
00:47:31de la gontry
00:47:32merci madame
00:47:33la présidente
00:47:35monsieur le ministre
00:47:36vous avez
00:47:37commencé
00:47:38votre propos
00:47:39en parlant
00:47:40de l'engorgement
00:47:41de la justice
00:47:42criminelle
00:47:42et en parlant
00:47:43du délai
00:47:44d'attente
00:47:45de la part
00:47:46aussi bien
00:47:46de l'accusé
00:47:47que de la victime
00:47:47pour obtenir
00:47:49une décision
00:47:50judiciaire
00:47:51et vous le savez
00:47:51nous avons déjà
00:47:52eu l'occasion
00:47:52de vous l'indiquer
00:47:54directement
00:47:55ce constat
00:47:56nous le partageons
00:47:58j'ai bien noté
00:48:00le terme
00:48:00que vous avez
00:48:00utilisé
00:48:01lorsque vous évoquiez
00:48:02la durée
00:48:03de 6 à 8 ans
00:48:04selon les affaires
00:48:05en indiquant
00:48:07avec
00:48:09honnêteté
00:48:10je vous l'ai
00:48:11guillemets
00:48:11instruction comprise
00:48:12il est vrai
00:48:15vous le savez
00:48:17aujourd'hui
00:48:17une instruction
00:48:18criminelle
00:48:19selon les études
00:48:20qui ont été faites
00:48:20par la chancellerie
00:48:21c'est entre
00:48:2236 et 39 mois
00:48:25pour une raison
00:48:26qui s'explique
00:48:27en partie
00:48:27par le fait
00:48:28que les juges
00:48:29d'instruction
00:48:30ont entre
00:48:3060 et 100 dossiers
00:48:32chacun
00:48:32et que donc
00:48:34ils peuvent
00:48:34à peu près
00:48:35passer une journée
00:48:36et demie
00:48:37à deux par an
00:48:38sur un dossier
00:48:40que par ailleurs
00:48:41le juge d'instruction
00:48:43confiant des commissions
00:48:44rogatoires
00:48:44pour diverses raisons
00:48:45celles-ci
00:48:46ne reviennent pas
00:48:47très rapidement
00:48:48et que donc
00:48:49les instructions
00:48:50se prolongent
00:48:51si j'illustre cela
00:48:53c'est que
00:48:54vous avez
00:48:55ou votre prédécesseur
00:48:57demandé à l'inspection
00:48:59générale de la justice
00:48:59deux années successives
00:49:022024-2025
00:49:03une mission
00:49:05vous êtes chargé
00:49:06d'une mission
00:49:06pour évaluer
00:49:08les mesures
00:49:09qui pouvaient être prises
00:49:10pour répondre
00:49:11à cet engorgement
00:49:14dont j'indique
00:49:15qu'il n'est pas lié
00:49:16que
00:49:17à la
00:49:19reconnaissance
00:49:20criminelle
00:49:20des affaires sexuelles
00:49:21puisque
00:49:22ce qui est évalué
00:49:23c'est que cela
00:49:23a à peu près
00:49:24fait diminuer
00:49:25de 20%
00:49:26guillemets seulement
00:49:27la correctionnalisation
00:49:29des crimes sexuels
00:49:32ces missions
00:49:34très intéressantes
00:49:35qui font un état des lieux
00:49:36assez sévère
00:49:37ont donné lieu
00:49:39à plus de
00:49:4143 recommandations
00:49:44et il serait intéressant
00:49:45que vous nous disiez
00:49:46dans ces 43 recommandations
00:49:48celles que vous avez
00:49:49l'intention de mettre
00:49:50en oeuvre
00:49:51et dans ces recommandations
00:49:53est évoquée
00:49:54la question
00:49:55de l'instauration
00:49:56d'un plaidé coupable
00:49:57criminel
00:49:59avec une proposition
00:50:00alternative
00:50:00il est dit d'ailleurs
00:50:01dans le rapport
00:50:02que cette proposition
00:50:03ne fait pas consensus
00:50:04dans la mission
00:50:05et est évoquée
00:50:06la possibilité
00:50:07d'instaurer
00:50:08un plaidé coupable
00:50:09qui serait
00:50:10divisé en deux temps
00:50:12le premier
00:50:13qui serait
00:50:13la reconnaissance
00:50:14de culpabilité
00:50:15elle-même
00:50:16et le deuxième temps
00:50:17qui serait
00:50:19une audience
00:50:20qui serait une audience
00:50:21complète
00:50:21pas une audience
00:50:22d'homologation
00:50:23qui permettrait
00:50:24à la victime
00:50:25qui a quand même
00:50:26une place assez réduite
00:50:27dans votre texte
00:50:29à la victime
00:50:30mais aussi
00:50:31à l'accusé
00:50:32aux témoins
00:50:32aux experts
00:50:33et à la cour
00:50:34de se faire
00:50:35une religion
00:50:36sur la nature
00:50:38de la peine
00:50:38qui serait opportune
00:50:40pourquoi n'avez-vous
00:50:41pas retenu
00:50:42cette hypothèse-là
00:50:43qui vous sera
00:50:44d'ailleurs proposée
00:50:45y compris
00:50:46dans le cours
00:50:47du débat
00:50:48parce que vous l'avez
00:50:49dit vous-même
00:50:50ce que vous proposez
00:50:51votre étude d'impact
00:50:53évalue entre 10
00:50:54et 15%
00:50:54de volume d'affaires
00:50:55envisageables
00:50:56et encore
00:50:58les premiers présidents
00:50:59que vous avez interrogés
00:51:00nous disent
00:51:01pour que la victime
00:51:02soit d'accord
00:51:03on va dire
00:51:04qu'on va plutôt
00:51:04tomber entre 5 à 7%
00:51:05d'affaires
00:51:07donc ça c'était
00:51:08ma première question
00:51:11ma deuxième
00:51:13question
00:51:14elle est un peu
00:51:15le corollaire
00:51:15de la première
00:51:16c'est que
00:51:17pourquoi ne proposez-vous
00:51:18pas
00:51:19de faire en sorte
00:51:20que les juridictions
00:51:21puissent travailler
00:51:21dans de bonnes conditions
00:51:22par exemple
00:51:23qu'il n'y ait pas
00:51:2360 à 100 dossiers
00:51:25chacun
00:51:25mais plutôt
00:51:26la moitié
00:51:27il y a environ
00:51:29600 juillies
00:51:30d'instructions
00:51:30en France
00:51:31donc je ne prétends
00:51:33pas que l'argent
00:51:33est magique
00:51:34mais vous avez
00:51:35un budget
00:51:36vous l'avez noté
00:51:37qui a augmenté
00:51:39de manière
00:51:39très sensible
00:51:40pendant plusieurs années
00:51:42n'y aurait-il pas là
00:51:43une question
00:51:44à se poser
00:51:45de ce fait
00:51:46dans votre logique
00:51:48nous avons du mal
00:51:49à comprendre
00:51:51alors même
00:51:52que les cours
00:51:52criminels départementales
00:51:54désormais
00:51:54sont elles aussi
00:51:55engorgées
00:51:55il faut savoir
00:51:56que depuis 2025
00:51:58elles ont plus
00:51:59d'affaires
00:52:00en instance
00:52:00que les cours
00:52:01d'assises
00:52:01les courbes
00:52:02se sont croisées
00:52:03et pourtant
00:52:04dans ce texte
00:52:05vous voulez les charger
00:52:05de la récidive
00:52:07ce qui n'était pas
00:52:08possible
00:52:08et de l'appel
00:52:10donc on voit bien
00:52:12qu'il y a une logique
00:52:13qui fait qu'au bout
00:52:14du compte
00:52:14ces cours criminels
00:52:15ne pourront pas
00:52:16faire face
00:52:17et dernier point
00:52:20il y a une curiosité
00:52:21vous l'avez dit
00:52:22tout à l'heure
00:52:22avec un petit peu
00:52:23de légèreté
00:52:24vous avez décidé
00:52:26de viser
00:52:27l'ensemble
00:52:28des crimes
00:52:29en pensant
00:52:30que le parlement
00:52:31ferait son ouvrage
00:52:32c'est aimable
00:52:33mais il y a aussi
00:52:35un problème
00:52:35de cohérence
00:52:36vous avez donc
00:52:37inclus les crimes
00:52:38sexuels
00:52:39dans votre procédure
00:52:41que j'appelle
00:52:43plaidé coupable
00:52:44mais vous avez trouvé
00:52:45un autre nom
00:52:46même l'acronyme
00:52:48PGCR
00:52:49mais il y a une curiosité
00:52:50à l'avoir retenu
00:52:50alors même
00:52:51qu'ils ont été exclus
00:52:52de la compétence
00:52:53du plaidé coupable
00:52:54délictuel
00:52:55donc
00:52:57il semble quand même
00:52:58qu'il faille décider
00:52:59ce qu'il en est
00:53:01soit
00:53:01les atteintes sexuelles
00:53:03quelles qu'elles soient
00:53:04délictuelles ou criminelles
00:53:05relèvent
00:53:06potentiellement
00:53:06accord de la victime
00:53:07etc.
00:53:08du plaidé coupable
00:53:09soit pas
00:53:09il y a une curiosité
00:53:10et une légère incohérence
00:53:11à ce que ce soit
00:53:12uniquement dans le cadre criminel
00:53:13et pas dans le cadre délictuel
00:53:15ou plutôt réciproquement
00:53:16voilà sur le reste
00:53:18sur
00:53:18je répondrai à Francis Piner
00:53:20avec plaisir
00:53:21sur pourquoi les avocats
00:53:22sont contre
00:53:23enfin bref
00:53:23on aura des discussions
00:53:24très intéressantes
00:53:25mais commission demain
00:53:26séance plus tard
00:53:27il ne faut quand même pas
00:53:28gâcher le plaisir à venir
00:53:31tout à fait
00:53:32encore deux prises de parole
00:53:34et ce sera votre tour
00:53:36monsieur le ministre
00:53:36monsieur Hervé Reynaud
00:53:38monsieur le ministre
00:53:39merci tout d'abord
00:53:41pour les éclairages
00:53:43dans votre propos
00:53:45introdictif
00:53:45et les premières réponses
00:53:48la profession d'avocat
00:53:49est en ébullition
00:53:50je pense que
00:53:51lorsqu'on est un élu
00:53:53ancré sur son territoire
00:53:55on ne peut pas
00:53:55tout à fait l'occulter
00:53:56en tout cas moi
00:53:57dans mon département
00:53:58de la Loire
00:53:58le barreau de Saint-Etienne
00:53:59la conférence des bâtonniers
00:54:01s'émeu d'un certain nombre
00:54:02de dispositions
00:54:04donc j'ai besoin
00:54:05de comprendre aussi
00:54:07n'étant pas un professionnel
00:54:08de la profession
00:54:08comme disait un humoriste
00:54:10j'ai besoin de vous entendre
00:54:12l'extension donc
00:54:13des compétences
00:54:14des cours criminels départementales
00:54:15et on l'a dit tout à l'heure
00:54:17notamment aux accusés
00:54:20en cas de récidive légale
00:54:21peut être appréhendée
00:54:22comme une minimisation
00:54:24finalement
00:54:25de la disparition progressive
00:54:27des jurys populaires
00:54:28et sur les aspects
00:54:30de principe
00:54:31Francis Piner
00:54:32l'a dit tout à l'heure
00:54:34c'est le principe
00:54:35d'une participation
00:54:36des citoyens
00:54:36à l'exercice
00:54:38de la justice criminelle
00:54:40qui est affirmée
00:54:41de longue date
00:54:42comme une garantie démocratique
00:54:43et symbolique forte
00:54:44donc sur cet aspect là
00:54:46si vous pouvez peut-être
00:54:49insister
00:54:50pour appuyer
00:54:54la loi
00:54:55telle que vous la proposez
00:54:56et puis le risque
00:54:57professionnel
00:54:58également
00:54:58pour l'avocat
00:55:00notamment dans son article
00:55:01dans son article 7
00:55:04avec
00:55:05ce qui peut être appréhendé
00:55:06par l'avocat
00:55:07comme un risque professionnel
00:55:08majeur
00:55:08notamment en transformant
00:55:10les règles de nullité
00:55:11qui peut être pris
00:55:11comme un piège procédural
00:55:14constant
00:55:16au final
00:55:17l'objectif
00:55:18de réduction
00:55:19des délais de procédure
00:55:21peut apparaître
00:55:22tout à fait légitime
00:55:24mais il ne peut être poursuivi
00:55:26en neutralisant
00:55:26les mécanismes
00:55:27mêmes
00:55:28qui assurent
00:55:29la légalité de l'enquête
00:55:30et la protection
00:55:31des libertés
00:55:33individuelles
00:55:33et donc
00:55:34donner le sentiment
00:55:36de privilégier
00:55:37une logique
00:55:38de gestion des flux
00:55:39plutôt que le respect
00:55:41des droits fondamentaux
00:55:42d'abord
00:55:43il y a la question
00:55:44des principes
00:55:44parce que tout le monde
00:55:45fait appel aux principes
00:55:47et puis il y a
00:55:48la question d'opportunité
00:55:50est-ce que
00:55:50c'est rompre
00:55:52avec un principe
00:55:53fondamental
00:55:54constitutionnel
00:55:55conventionnel
00:55:55que de prévoir
00:55:57la PJCR
00:55:58on y reviendra
00:55:59et la cour criminelle
00:56:00qui fait appel
00:56:01devant notre cour criminelle
00:56:02la réponse est non
00:56:05le conseil d'état
00:56:06si tant est que
00:56:06quand on aime
00:56:07l'état de droit
00:56:08j'imagine qu'on fait attention
00:56:09également aux avis
00:56:09du conseil d'état
00:56:10si le conseil d'état
00:56:10avait rendu
00:56:11un avis négatif
00:56:14on me l'aurait
00:56:15évidemment évoqué
00:56:16le conseil d'état
00:56:17dit qu'il n'y a
00:56:17aucune valeur
00:56:19constitutionnelle
00:56:19je dis pour
00:56:22monsieur Spiner
00:56:24mais également
00:56:24pour monsieur Reynaud
00:56:25il n'y a aucune valeur
00:56:26constitutionnelle
00:56:27à ce que
00:56:28on fasse
00:56:32rien n'est
00:56:33contre la constitution
00:56:34rien contre les principes
00:56:35fondamentaux
00:56:35rien contre la convention
00:56:36européenne des droits de l'homme
00:56:37à ce qu'on fasse
00:56:38un appel devant notre cour criminel
00:56:39d'ailleurs monsieur Spiner
00:56:39vous pourriez très bien proposer
00:56:40j'entends l'argument
00:56:41de la cour d'assises
00:56:42qui est rajouté
00:56:43de deux personnes
00:56:43vous pourriez me dire
00:56:44faites une cour criminelle
00:56:45avec deux personnes de plus
00:56:47voilà
00:56:48on pourrait imaginer cela
00:56:49donc la question
00:56:50c'est la question du jury populaire
00:56:51c'est pas la question
00:56:52en tant que telle
00:56:52de la cour criminelle
00:56:54donc après
00:56:55sur ce point très précis
00:56:57mais je pense que c'est
00:56:58un débat très intéressant
00:56:59mais je veux le dire
00:57:01devant votre commission
00:57:02il faut qu'on le résolve
00:57:03parce que sinon
00:57:03on va tout reprocher
00:57:04tout et son contraire
00:57:06à la justice
00:57:06au sens large du terme
00:57:08soit nous considérons
00:57:09puisque 90%
00:57:11des crimes
00:57:11qui sont détruits
00:57:13dans les cours criminels
00:57:14sont des viols
00:57:1687, 88, 90
00:57:18il y a même une cour d'appel
00:57:19où on en est à 94%
00:57:20il y a des
00:57:21des spécificités géographiques
00:57:25enfin en tout cas
00:57:26quasiment 9 crimes sur 10
00:57:28soit on considère
00:57:30je pense que c'était pour ça
00:57:31qu'on a créé en partie
00:57:32la cour criminelle
00:57:33je crois qu'on considère
00:57:34qu'il faut des magistrats
00:57:35professionnels
00:57:36qui soient formés
00:57:38à un concept
00:57:39à des concepts
00:57:40qui sont évolutifs
00:57:42le contrôle coercitif
00:57:43le consentement
00:57:44vous-même
00:57:44vous avez pris
00:57:45cette année
00:57:46deux lois
00:57:46mesdames et messieurs
00:57:47les sénateurs
00:57:48et vous vous apprêtez
00:57:49à en prendre une troisième
00:57:49avec le viol conjugal
00:57:51deux lois
00:57:52où vous demandez
00:57:53des concepts nouveaux
00:57:54dans la loi
00:57:55donc soit vous souhaitez
00:57:56qu'il y ait des magistrats
00:57:57professionnels formés
00:57:58pour cela
00:57:59pour juger
00:57:59c'est quoi l'emprise
00:58:01c'est quoi le viol
00:58:02c'est quoi le consentement
00:58:03c'est quoi le contrôle coercitif
00:58:07et dans ces cas là
00:58:07ce ne sont pas des jurys populaires
00:58:09qui peuvent le faire
00:58:10ils ne peuvent pas se former
00:58:10en temps réel
00:58:12sur tous ces concepts
00:58:13qui permettent de mieux
00:58:14condamner une personne
00:58:15qui est sous emprise
00:58:17qui revient sept fois
00:58:18chez son agresseur
00:58:19enfin bref
00:58:19tous ceux qui connaissent mieux
00:58:20que je ne peux le faire
00:58:21parce que vous travaillez
00:58:22depuis très longtemps
00:58:22sur ces questions
00:58:23connaissent cela
00:58:24et là il faut accepter
00:58:25que ce sont des magistrats
00:58:26professionnels
00:58:27magistrats professionnels
00:58:28qui ont passé des concours
00:58:29qui ont un garantie d'indépendance
00:58:30qui sont nommés par le CSM
00:58:31que jamais le garde des Sceaux
00:58:33ne nomme
00:58:34voilà
00:58:35soit vous considérez
00:58:36que ce sont des fadaises
00:58:37et que le jury populaire
00:58:39bien sûr
00:58:40c'est l'expression de la démocratie
00:58:41mais enfin les magistrats
00:58:41en dossier
00:58:42et la justice
00:58:42sont du peuple français
00:58:44et il faut que ce soit
00:58:45le jury populaire
00:58:46qui juge des viols
00:58:49mais
00:58:49non je réponds à monsieur Reynaud
00:58:51en partie
00:58:51en regardant monsieur Spiner
00:58:52c'est à dire que
00:58:53il faut juste que vous me disiez
00:58:55où est-ce qu'il faut
00:58:55que la pièce tombe
00:58:56parce qu'on ne peut pas
00:58:57à la fois demander
00:58:58que tout le monde soit spécialisé
00:58:59et qu'il y ait du jury populaire
00:58:59partout
00:59:00vous voyez
00:59:00ça c'est pas possible
00:59:02donc
00:59:03je pense que
00:59:04non mais quand j'entends
00:59:05monsieur Reynaud dire
00:59:06et je l'entends
00:59:06parce que j'entends aussi
00:59:07de la part des avocats
00:59:07le jury populaire
00:59:08c'est la fin
00:59:09de la démocratie
00:59:10dans la justice
00:59:11et c'est surtout
00:59:13la possibilité
00:59:15de regarder les choses
00:59:16de côté
00:59:17je ne le crois pas
00:59:19alors
00:59:20une fois qu'on a dit ça
00:59:21comme je l'ai dit
00:59:21monsieur Spiner
00:59:22moi
00:59:23j'entends tout à fait
00:59:24ce que vous dites
00:59:24sur l'appel
00:59:25comme l'a dit même
00:59:26la rapporteure
00:59:26si à la fin vous me dites
00:59:27l'appel c'est devant une cour d'assises
00:59:28l'appel c'est devant une cour d'assises
00:59:30et point
00:59:31mais j'aurais tenté de répondre
00:59:32à la question de la spécialisation
00:59:33bon
00:59:34sur la question des nullités
00:59:36moi j'entends ce que vous dites
00:59:39monsieur le sénateur
00:59:40et je suis prêt
00:59:41à aller
00:59:41à modifier mon texte
00:59:43dans votre sens
00:59:44quelle est notre difficulté
00:59:45on a eu ces discussions
00:59:46pendant la loi de la narcotrafic
00:59:47d'ailleurs votre commission
00:59:48a retoqué
00:59:49la disposition
00:59:49article 7
00:59:50qu'on vous propose
00:59:52elle l'avait retoqué
00:59:53non pas à cause
00:59:54mais grâce peut-être
00:59:54madame de la Gontry
00:59:55à Francis Spiner
00:59:56qui d'ailleurs s'était appuyé
00:59:58si j'en ai bien compris
00:59:58les travaux que nous avons eu ensemble
00:59:59parce que nous avons fait oeuvre de justice
01:00:01je rappelle d'ailleurs que
01:00:02et sans vraiment aucune coquetterie
01:00:04la profession d'avocat
01:00:05était opposée à la loi de narcotrafic
01:00:07au PNACO
01:00:08était opposée au quartier de haute sécurité
01:00:09était opposée aussi
01:00:10aux dispositions
01:00:11que vous avez votées à l'unanimité
01:00:12il peut arriver que
01:00:13parfois
01:00:15c'est normal
01:00:15vous êtes législateur
01:00:16nous n'ayons pas le même point de vue
01:00:17de la montagne
01:00:18mais c'est pas grave
01:00:18on est là pour en discuter
01:00:19et pour améliorer les choses
01:00:21soit
01:00:22à l'époque le débat
01:00:23c'était
01:00:24on ne sait pas ce qu'en pense
01:00:24le conseil d'état
01:00:25est-ce que c'est constitutionnel
01:00:26ou pas
01:00:27la nullité
01:00:27que propose
01:00:28la fin
01:00:28le régime de la nullité
01:00:29proposée par la chancellerie
01:00:31vous avez la réponse désormais
01:00:32on a saisi le conseil d'état
01:00:33quand on dit le conseil d'état
01:00:34son avis est extrêmement clair
01:00:35tout ça est très constitutionnel
01:00:36très conventionnel
01:00:37nous cherchons à régler quoi
01:00:38on ne cherche pas à empêcher
01:00:40les avocats
01:00:40évidemment
01:00:41de faire droit
01:00:43à leurs actes
01:00:44et de les empêcher
01:00:44par une sorte de calendrier
01:00:46organisé
01:00:46avec diablerie
01:00:48par la direction des affaires criminales et des grâces
01:00:50comment on crée un droit
01:00:52qui ne pourrait pas être obtenu
01:00:53bon
01:00:54et que peut-être
01:00:55que dans le monde merveilleux
01:00:56dans lequel vivent
01:00:57les magistrats
01:00:58et le ministre
01:00:58à la chancellerie
01:00:59place Vendôme
01:00:59on ne voit pas que
01:01:00concrètement sur le terrain
01:01:02le greffier
01:01:03parce qu'il est débordé
01:01:04ou parce qu'il est absent
01:01:05ne donne pas le dossier
01:01:06ou donne un mauvais dossier
01:01:08ou donne pas toutes les pièces
01:01:09ou attend un peu
01:01:10bon
01:01:11et du coup
01:01:12courir le délai
01:01:12qui fait que grosso modo
01:01:13votre délai 3 mois
01:01:14monsieur le ministre
01:01:15c'est un délai pour les lapins
01:01:16c'est un délai qui n'existera pas
01:01:17j'entends l'argument
01:01:18mais vous ne pouvez pas dire non plus
01:01:20monsieur le sénateur
01:01:22qu'il n'y a pas aussi
01:01:23peut-être
01:01:24lorsqu'un juge d'instruction
01:01:25reçoit une demande d'acte
01:01:26il dit
01:01:27oh là là
01:01:27moi je ne fais plus rien
01:01:29j'attends de savoir
01:01:31si tout ça est bien
01:01:32avant de prendre d'autres actes
01:01:33parce que quand on fait tomber quelque chose
01:01:34après on fait tomber tout le reste
01:01:36et là d'ailleurs
01:01:37madame la délai montrie
01:01:38vous référez à l'excellent rapport
01:01:39que vous évoquez
01:01:40dont je retiens
01:01:41sur les 43 propositions
01:01:4331 propositions
01:01:44dont 9 sont législatives
01:01:45et tout le reste ne sont pas législatives
01:01:47on a l'occasion de reparler
01:01:47si vous le souhaitez dans le débat
01:01:48il y a notamment
01:01:49des dispositions qui visent
01:01:50que pendant l'instruction
01:01:51pourquoi l'instruction dure
01:01:52c'est parce que parfois on attend
01:01:53on attend l'acte
01:01:54bah oui
01:01:55donc moi ce que je vous propose
01:01:56puisque votre proposition
01:01:57est faite de compromis
01:01:58et d'intelligence
01:01:58elle montre qu'à la fois
01:01:59on gagne du temps
01:02:00mais par ailleurs
01:02:02on fait bien droit à la défense
01:02:03bah moi je ne proposerai
01:02:04un amendement
01:02:05sauf si le sénateur Spinner
01:02:06le propose lui-même
01:02:07mais peut-être en séance
01:02:08pour dire
01:02:09c'est au moment
01:02:10où l'avocat
01:02:11reçoit
01:02:12ou consulte
01:02:13le dossier
01:02:14qu'il lui peut
01:02:15vous verrez
01:02:16on aura une discussion
01:02:17mais il reçoit le dossier
01:02:18reçoit le dossier
01:02:18et c'est à partir de là
01:02:19que les délais de 3 mois
01:02:20commencent
01:02:20comme ça il n'y aura pas
01:02:21de discussion
01:02:22pour savoir
01:02:22si c'est pour gagner du temps
01:02:24ou pas gagner du temps
01:02:24c'est au moment
01:02:25où il devrait le recevoir
01:02:26l'avocat peut le recevoir
01:02:27normalement à tout moment
01:02:28dans les faits
01:02:29c'est pas tout à fait
01:02:29comme ça que ça se passe
01:02:30et bah quand il le reçoit
01:02:31en plus demain
01:02:32grâce au numérique
01:02:33et à l'intelligence artificielle
01:02:34tout pourra être
01:02:35aurodaté
01:02:35très très facilement
01:02:36constaté
01:02:37au moment où il le reçoit
01:02:38madame la présidente
01:02:39madame la rapporteure
01:02:40on fera courir
01:02:40le délai de 3 mois
01:02:41c'est l'amendement
01:02:42de modification
01:02:42je proposerai
01:02:43de l'article 7
01:02:45pour répondre
01:02:45à la légitime interrogation
01:02:47de Francis Spiner
01:02:51sur la question
01:02:53de monsieur
01:02:54Thalys Fanny
01:02:55sur les citoyens-assesseurs
01:02:56donc nous introduisons
01:02:57dans la cour criminelle
01:03:00des citoyens-assesseurs
01:03:01comme il en existe
01:03:02dans les tribunaux
01:03:03pour enfants
01:03:03alors c'est pas une innovation
01:03:05extraordinaire
01:03:06puisqu'il existe
01:03:06dans les tribunaux
01:03:07pour enfants
01:03:07il y a des gens
01:03:08qui sont des collaborateurs
01:03:09occasionnels du service
01:03:10public de la justice
01:03:12qui sur titre
01:03:13après des formations
01:03:15nommées par le conseil
01:03:15supérieur de la magistrature
01:03:17peuvent accompagner
01:03:20les tribunaux pour enfants
01:03:21sans ça
01:03:21les tribunaux pour enfants
01:03:22ne fonctionneraient pas
01:03:23et ce sont des citoyens
01:03:24qui font un contrat
01:03:25avec le ministère
01:03:26de la justice
01:03:26ils ont toute garantie
01:03:27d'indépendance
01:03:27et le conseil constitutionnel
01:03:28comme le conseil d'état
01:03:29comme la CEDH
01:03:30a déjà montré
01:03:31qu'il n'y avait aucun problème
01:03:32avec ces personnes
01:03:33d'ailleurs
01:03:33ce qui est très intéressant
01:03:34dans l'avis du conseil d'état
01:03:36c'est qu'il n'est pas dit
01:03:36qu'il faut être magistrat professionnel
01:03:38pour rendre la justice
01:03:38c'est très intéressant
01:03:39il est rappelé
01:03:40que ce n'est pas un principe
01:03:41de notre démocratie
01:03:42qu'il faut des magistrats professionnels
01:03:43pour rendre la justice
01:03:44et c'est d'ailleurs intéressant
01:03:45que le conseil d'état
01:03:46l'ait relevé
01:03:46qu'à plusieurs reprises
01:03:47le conseil constitutionnel
01:03:48l'a jugé
01:03:49comme étant
01:03:50n'étant pas un principe
01:03:51même si évidemment
01:03:52il vaut mieux
01:03:53que l'immense majorité
01:03:54soit des magistrats professionnels
01:03:56tout le monde
01:03:56tout le monde en convient
01:03:58ces histoire-assesseurs
01:03:59non
01:03:59ils doivent attendre
01:03:59que la loi soit adoptée
01:04:00parce que d'abord
01:04:01il y a une loi organique
01:04:02et une loi
01:04:02parce qu'aujourd'hui
01:04:03il n'est pas prévu
01:04:03qu'ils puissent siéger
01:04:04en cours criminelle
01:04:05ils ne seront jamais majoritaires
01:04:07ceux qui sont majoritaires
01:04:08seront toujours
01:04:08les magistrats professionnels
01:04:09toujours ceux qui sont formés
01:04:10notamment
01:04:12aux spécialités
01:04:13qui concernent
01:04:14la cour criminelle
01:04:15et notamment
01:04:16les violences sexuelles
01:04:18ou les viols
01:04:19mais ces magistrats
01:04:21ces magistrats occasionnels
01:04:23on va dire ça comme ça
01:04:24on prévoit aujourd'hui
01:04:25que c'est Bac plus 2
01:04:25mais moi je suis prêt
01:04:26à ouvrir le champ
01:04:28des possibles
01:04:29quelqu'un m'a fait justement
01:04:30une remarque
01:04:30en me disant
01:04:31oui mais des policiers
01:04:31et des gendarmes
01:04:32ils ne sont pas toujours
01:04:32Bac plus 2
01:04:32pourtant ils sont au PSJ
01:04:33et ils pourraient très bien
01:04:34on peut toujours en discuter
01:04:36il n'y a aucun problème
01:04:38ils subissent une formation
01:04:39donc d'abord
01:04:39ils sont sélectionnés
01:04:40bon pas de casier judiciaire
01:04:42évidemment
01:04:43conduite déontologique
01:04:44irréprochable
01:04:44bon ça c'est assez normal
01:04:45lorsqu'on attend d'un magistrat
01:04:46ils sont sélectionnés
01:04:48ensuite ils sont formés
01:04:49et ensuite ils sont nommés
01:04:50par le conseil supérieur
01:04:51de la magistrature
01:04:52ce n'est pas le ministre
01:04:53qui le fait
01:04:54et par ailleurs
01:04:55ça ne peut pas être renouvelable
01:04:56c'est un contrat
01:04:57de 4 ans
01:04:58me semble-t-il
01:04:59mais qui n'est pas renouvelable
01:05:00c'est exactement ce qu'on fait
01:05:01pour les juges pour enfants
01:05:02améliorer la cour criminelle
01:05:03c'est une façon d'ailleurs
01:05:04de mettre un peu
01:05:04de jury populaire
01:05:08dans des gens
01:05:09formés
01:05:10à ce point
01:05:11voilà
01:05:13sur la question
01:05:14des délais de détention provisoire
01:05:15on a l'occasion sans doute
01:05:16d'en parler beaucoup
01:05:16dans l'hémicycle
01:05:20quand madame Belloubet
01:05:21a proposé ce texte
01:05:22je pense que le parlement
01:05:22lui-même
01:05:23ayant relu les débats
01:05:25vous l'avez tous dit
01:05:26d'ailleurs
01:05:26elle a
01:05:27vous avez
01:05:27enfermé
01:05:28dans un délai de 6 mois
01:05:30la détention provisoire
01:05:33délai de 6 mois
01:05:34de détention provisoire
01:05:34pour juger quelqu'un
01:05:35c'était très optimiste
01:05:36puisqu'on a en moyenne 6 ans
01:05:37maintenant
01:05:37pour juger quelqu'un
01:05:39donc que devons-nous faire
01:05:40on prolonge
01:05:41la détention provisoire
01:05:41aujourd'hui
01:05:42monsieur le ministre
01:05:42on fait des demandes
01:05:44les magistrats
01:05:44font des demandes
01:05:45de la chambre d'instruction
01:05:45ça embolise
01:05:46les champs d'instruction
01:05:46qui autorise
01:05:47ça n'empêche pas
01:05:49les demandes
01:05:49de la mise en liberté
01:05:50par ailleurs
01:05:51et donc on aligne
01:05:52tout simplement
01:05:53si j'ose dire
01:05:54la détention provisoire
01:05:55qui est en lien
01:05:56de la cour criminelle
01:05:56avec la cour d'assises
01:05:57et donc il n'y a pas
01:05:58de problème pour nous
01:05:59de jurisprudence européenne
01:06:00puisque ça a déjà été
01:06:01largement approuvé
01:06:02par la cour d'assises
01:06:03à madame de Lagontry
01:06:04vous avez posé
01:06:05plusieurs questions
01:06:07vous nous posez
01:06:08une question
01:06:08qui est une question
01:06:09qui nous a traversé
01:06:12qui est de dire
01:06:13voilà
01:06:13dans le rapport
01:06:15qui avait commandé
01:06:16Didier Migaud
01:06:17sur l'audiencement criminel
01:06:19bien sûr
01:06:19aucune des recommandations
01:06:21n'était
01:06:22j'ai reçu
01:06:22à mon arrivée
01:06:24les impétrants
01:06:25de cette commission
01:06:27c'était très intéressant
01:06:29il y avait
01:06:29le premier président
01:06:29de la cour d'appel
01:06:30de Paris de Boulard
01:06:30il y a aussi
01:06:31un avocat pénaliste
01:06:32qui est pour la PJCR
01:06:33qu'il a d'ailleurs
01:06:33en partie inventé
01:06:34qui est un avocat du Mans
01:06:36qui est très très favorable
01:06:37à la formule
01:06:39que nous proposons
01:06:40mais en effet
01:06:41il y avait
01:06:42des différences notables
01:06:43par rapport à la proposition
01:06:44faite par la chancellerie
01:06:44il y en a deux
01:06:46la première
01:06:46c'est qu'il ne prévoit pas
01:06:47de réduction
01:06:48de quantum de peine maximum
01:06:49c'est nous qui l'introduisons
01:06:51nous on dit
01:06:52du coup
01:06:53si on rentre dans la PJCR
01:06:54c'est jusqu'à deux tiers
01:06:55de la peine
01:06:56et 30 ans
01:06:57pour la perpétuité
01:06:58si on rentre
01:06:58dans cette procédure
01:06:59la PJCR
01:07:01imaginée par la mission
01:07:02ne le prévoyait pas
01:07:03et d'ailleurs
01:07:03il y a des pays
01:07:04qui ne le prévoient pas
01:07:04l'Espagne ne prévoit pas
01:07:05de quantum diminué
01:07:07voilà
01:07:07et pourtant ça marche
01:07:09donc il y a un débat
01:07:09sur ce quantum de peine
01:07:11incontestablement
01:07:12et puis il y en a
01:07:13un deuxième
01:07:14qui est en effet
01:07:15en gros deux audiences
01:07:17deux moments
01:07:17il y a un moment
01:07:18de la reconnaissance
01:07:19des faits
01:07:19puis il y a un moment
01:07:20de la reconnaissance
01:07:21de la peine
01:07:23ça nous paraît
01:07:24très complexe
01:07:25mais pourquoi pas
01:07:25ça a le mérite
01:07:26de la proposition
01:07:27et de la discussion
01:07:27en tout cas ça veut dire
01:07:28que la PJCR en soi
01:07:29n'est pas mauvaise
01:07:29mais qu'il y a une manière
01:07:30de la faire
01:07:30peut-être plusieurs manières
01:07:31de la faire
01:07:32ce qui nous paraît compliqué
01:07:33c'est qu'on voit mal
01:07:34comment on peut discuter
01:07:36de la peine
01:07:37sans revenir sur les faits
01:07:38et on pense
01:07:40qu'en fait
01:07:40nous allons recréer
01:07:41une deuxième audience
01:07:43de la première
01:07:45la culpabilité
01:07:46sur les faits
01:07:46et ensuite la peine
01:07:47au fond
01:07:48vous nous proposez
01:07:48un peu le CJPM
01:07:49si j'étais
01:07:52je n'irais pas taquin
01:07:53parce que je sais
01:07:53qu'il y a aussi
01:07:54beaucoup de discussions
01:07:55autour du CJPM
01:07:55dans le groupe socialiste
01:07:57mais vous proposez
01:07:57une dissociation
01:07:58de ces deux audiences
01:07:59avec du temps
01:08:00entre les deux
01:08:00d'ailleurs la question
01:08:01que fait cette personne
01:08:02entre les deux
01:08:02elle reste en détention provisoire
01:08:04elle ne reste pas
01:08:04en détention provisoire
01:08:05c'est bon
01:08:06donc nous
01:08:06sur cette proposition
01:08:07du truc
01:08:08de la CJPM
01:08:09en deux temps
01:08:09ça nous a paru
01:08:10pas tellement
01:08:11résoudre le problème
01:08:13puisque nous n'avons
01:08:15pas tranché
01:08:15le fait que
01:08:17fait et peine
01:08:18sont en fait
01:08:19la même discussion
01:08:20en tout cas
01:08:20nous le pensons
01:08:21voilà
01:08:22maintenant il y aura
01:08:22un débat dans les bicycles
01:08:23mais j'explique
01:08:24pourquoi on n'a pas fait
01:08:25ce choix là
01:08:28sur la question
01:08:29de la récidive
01:08:31et je réponds
01:08:31aussi à monsieur
01:08:32monsieur
01:08:32je ne suis pas d'accord
01:08:35avec madame
01:08:35de la comptrice
01:08:35pour dire
01:08:36vous n'allez pas
01:08:36pouvoir les juger
01:08:37puisque au contraire
01:08:37l'article 2
01:08:38il prévoit justement
01:08:39la recréation
01:08:40d'à peu près
01:08:40une soixantaine
01:08:40de cours criminels
01:08:41puisque l'article 2
01:08:42il faut le prendre
01:08:42dans sa globalité
01:08:43nous recréons
01:08:44beaucoup plus
01:08:45de cours criminels
01:08:47l'une des difficultés
01:08:48de la cour criminel
01:08:48c'est qu'il n'y en a
01:08:48qu'une par département
01:08:50et ça pose
01:08:50d'énormes
01:08:51d'énormes problèmes
01:08:52notamment pour les départements
01:08:53qui connaissent
01:08:53beaucoup d'affaires criminelles
01:08:54d'ailleurs les 9 cours d'appel
01:08:55qui concernent 60%
01:08:56du stock
01:08:57c'est comme par hasard
01:08:57les cours criminels
01:08:58avec les plus gros départements
01:08:59avec le plus nombre d'affaires
01:09:01donc en fait
01:09:02je pense que
01:09:03l'un des déblocages
01:09:05des avions
01:09:06qui attendent
01:09:06de se poser
01:09:06à Roissy
01:09:07c'est la création
01:09:08de plusieurs pistes
01:09:08d'atterrissage
01:09:09et notamment
01:09:09d'avoir plusieurs cours criminels
01:09:13et d'ailleurs
01:09:13on arrivera
01:09:14à les composer
01:09:15différemment
01:09:15puisque si vous
01:09:17adoptez l'article 2
01:09:18puis la loi organique
01:09:19je pourrais même
01:09:20les composer
01:09:20avec des avocats d'oraires
01:09:22ce que je ne peux plus faire
01:09:23puisque vous savez que
01:09:23l'expérimentation s'est arrêtée
01:09:25avec des MTT
01:09:26des magistrats
01:09:27à titre temporaire
01:09:28et des magistrats honoraires
01:09:28mais ça c'est vrai
01:09:29notamment pour les cours
01:09:30on va dire
01:09:31qui sont dans l'héliotropisme
01:09:32puisqu'il faut trouver
01:09:33des magistrats
01:09:35en retraite
01:09:35ou des avocats
01:09:36en retraite
01:09:37alors ils ne partent pas tous
01:09:38en retraite
01:09:38à Tourcoing
01:09:39ou à Mayotte
01:09:40ils passent souvent
01:09:41en retraite
01:09:41dans d'autres régions de France
01:09:42et on le regrette
01:09:43personnellement
01:09:44mais il faut bien trouver
01:09:45des endroits
01:09:45où il y a moins
01:09:46de magistrats honoraires
01:09:47à disposition
01:09:47il y a moins d'avocats
01:09:48honoraires à disposition
01:09:49d'où les assesseurs
01:09:50citoyens que nous évoquons
01:09:51et nous pourrons composer
01:09:53là où j'avais besoin
01:09:53de 3 magistrats professionnels
01:09:55en tribunal correctionnel
01:09:56puis de 5
01:09:57en cours criminels
01:09:58je pourrais composer
01:09:58des cours criminels
01:09:59à 3
01:09:59plus 2
01:10:01assesseurs
01:10:01magistrats honoraires
01:10:02MTT
01:10:02ou avocats honoraires
01:10:03donc en fait
01:10:04je pourrais créer
01:10:04beaucoup plus d'avocats
01:10:05de cours criminels
01:10:07supplémentaires
01:10:07madame la de la montrie
01:10:08d'autant qu'avec cela
01:10:09la difficulté c'est
01:10:10qu'aujourd'hui
01:10:10les cours criminels
01:10:11jugent essentiellement
01:10:12des personnes
01:10:13qui sont en détention provisoire
01:10:14ce qui demande donc
01:10:15vous le savez
01:10:15une logistique
01:10:16du ministère de la justice
01:10:16bien plus importante
01:10:17il faut des box
01:10:18il faut des extractions judiciaires
01:10:21il faut des personnes
01:10:22qui comparaissent
01:10:22dans le cadre
01:10:22d'une détention provisoire
01:10:23le but de ce projet de loi
01:10:25c'est aussi de juger
01:10:25tous ceux qui vont
01:10:27comparaître libres
01:10:27et donc je n'ai pas besoin
01:10:29de même salle d'audience
01:10:30avec des box
01:10:31avec autant d'agents pénitentiaires
01:10:32ou de suivis
01:10:33de sécurité
01:10:34et notre difficulté
01:10:35c'est que nous jugeons
01:10:36quasiment plus
01:10:36les personnes
01:10:37qui comparaissent libres
01:10:38et c'est une vérité première
01:10:40si quelqu'un
01:10:41connaît l'auteur
01:10:43en liberté
01:10:44c'est à dire
01:10:44s'il a fait
01:10:44la détention provisoire
01:10:45ou si le juge
01:10:46n'a pas mis en détention provisoire
01:10:46et qu'il est libre
01:10:47cette personne va attendre
01:10:48beaucoup plus longtemps
01:10:49que quelqu'un
01:10:50qui est en détention provisoire
01:10:51pour attendre son jugement
01:10:52et il y a donc
01:10:53une différence de traitement
01:10:54entre deux victimes
01:10:55où quasiment
01:10:56la suite de son procès
01:10:57dépend de la détention provisoire
01:10:59et de la remise en liberté
01:11:00ou pas de son auteur
01:11:01donc nous pourrons
01:11:02créer des cours criminels
01:11:04sans
01:11:06personnes qui comparaîtront
01:11:07en détention provisoire
01:11:08on peut imaginer
01:11:08qu'à Avene-sur-Elle
01:11:09par exemple
01:11:10on puisse faire
01:11:11une cour criminelle
01:11:12sans box
01:11:13de sécurité
01:11:14important
01:11:15puisque la personne
01:11:16est libre
01:11:16elle va comparaître
01:11:17libre de l'accusation
01:11:18de son viol
01:11:18ou libre de l'accusation
01:11:19du coup mortel
01:11:20ou de son homicide
01:11:21donc ce serait une autre
01:11:22logistique pour le ministère
01:11:22de la justice
01:11:23sans revenir sur ce qu'a pu
01:11:26indiquer d'ores et déjà
01:11:27ma collègue
01:11:28Marie-Pierre Delagontry
01:11:29et sur les points
01:11:32sur lesquels
01:11:32vous avez déjà répondu
01:11:34je pense qu'on aura
01:11:34largement ce débat
01:11:36en séance
01:11:37je voulais néanmoins
01:11:39moi aussi venir
01:11:40sur la question
01:11:41des infractions
01:11:43à caractère sexuel
01:11:44vous avez indiqué
01:11:46tout à l'heure
01:11:47qu'une grande partie
01:11:49du droit
01:11:50qui porte
01:11:50sur ces infractions
01:11:54ce technici
01:11:55si je puis dire ça
01:11:55comme ça
01:11:56en faisant référence
01:11:57au contrôle coercitif
01:11:58et à d'autres textes
01:11:59de loi
01:11:59qu'on a pu adopter
01:12:01en indiquant
01:12:02que ça nécessitait
01:12:03des magistrats
01:12:04de plus en plus informés
01:12:06de plus en plus formés
01:12:07est-ce que vous pouvez
01:12:08nous indiquer
01:12:09pour quelle raison
01:12:10vous n'avez pas
01:12:11intégré dans ce texte
01:12:13une proposition
01:12:14que font
01:12:14certaines
01:12:16féministes
01:12:16et certaines associations
01:12:17féministes
01:12:18sur la juridiction
01:12:19spécialisée
01:12:20en la matière
01:12:22première question
01:12:23et puis peut-être
01:12:25assortir
01:12:26cette question
01:12:27néanmoins
01:12:27d'un commentaire
01:12:28parce que je
01:12:29je suis moi
01:12:30pas plus que vous
01:12:32enfin en tout cas
01:12:33même certainement
01:12:33moins que vous
01:12:34encore spécialiste
01:12:35de toutes ces questions-là
01:12:36n'étant pas non plus
01:12:38avocate magistrate
01:12:39juriste
01:12:40et encore moins
01:12:40garde des Sceaux
01:12:41mais il me semble
01:12:43néanmoins
01:12:43que la question
01:12:45du jury populaire
01:12:47n'est pas liée
01:12:48qu'à la question
01:12:48de la technicité
01:12:50de l'expertise
01:12:51ou du professionnalisme
01:12:54dans une cour d'assises
01:12:55il y a des magistrats
01:12:56qui sont professionnels
01:12:57c'est eux
01:12:58qu'ils sont là
01:12:59pour aider
01:13:00à juger en droit
01:13:01le jury populaire
01:13:02n'est pas là
01:13:03pour faire le boulot
01:13:03des magistrats
01:13:04le jury populaire
01:13:06il est là
01:13:06pour porter la parole
01:13:07du peuple
01:13:07et justement
01:13:08s'assurer
01:13:08qu'à travers les règles
01:13:10ce sont aussi
01:13:10les règles
01:13:11de la vie en société
01:13:12qu'on s'est donné
01:13:13qui sont respectées
01:13:15le jury populaire
01:13:16il est là aussi
01:13:17pour justement
01:13:19juger de phénomènes
01:13:20comme vous les avez appelés
01:13:22de société
01:13:22je ne sais pas
01:13:23si c'est exactement
01:13:23le bon terme
01:13:24mais en tout cas
01:13:24je le reprends à mon compte
01:13:25parce que je vois
01:13:26ce que vous voulez dire
01:13:27donc moi je ne crois pas
01:13:28que parce que les sujets
01:13:29sont de plus en plus techniques
01:13:30on a plus besoin
01:13:32de magistrats professionnels
01:13:33que de jury populaire
01:13:34en tout cas moi
01:13:35je n'opposerai pas les deux
01:13:36et je n'en ferai pas
01:13:37l'argument principal
01:13:38pour considérer
01:13:39que sur ces sujets là
01:13:40on aurait plus ou moins besoin
01:13:43de magistrats formés
01:13:44ou d'une juridiction
01:13:46pardon
01:13:46spécialisée
01:13:47donc voilà
01:13:49la question
01:13:50que je voulais vous poser
01:13:52et puis
01:13:52dire quand même
01:13:53puisque je parlais
01:13:54des associations féministes
01:13:56que
01:13:57beaucoup d'entre elles
01:13:58considèrent
01:13:59et je reconnais avec vous
01:14:00que le sujet
01:14:01est complexe
01:14:02mais beaucoup d'entre elles
01:14:04considèrent que
01:14:05c'est faire peser
01:14:06un poids extrêmement lourd
01:14:08sur les épaules
01:14:08de la victime
01:14:10que de lui faire
01:14:13acquiescer
01:14:13à ce plaidé coupable
01:14:15c'est vrai que
01:14:16certaines de ces victimes
01:14:18peuvent préférer
01:14:19être jugées plus vite
01:14:21c'est vrai sans doute
01:14:22que certaines d'entre elles
01:14:23veulent échapper
01:14:24ainsi aussi
01:14:25à la victimisation secondaire
01:14:27mais ce qui est vrai aussi
01:14:28en tout cas nous disent
01:14:29les associations
01:14:30qui s'intéressent
01:14:31à ces questions
01:14:32c'est que
01:14:32lui faire décider
01:14:34à elles
01:14:36que le plaidé coupable
01:14:38est mieux
01:14:38c'est lui faire porter
01:14:39une grande responsabilité
01:14:40surtout quand on sait
01:14:41que dans 90% des cas
01:14:43le violeur
01:14:44est connu
01:14:45de la victime
01:14:46voilà
01:14:47donc c'est aussi
01:14:47ces questionnements-là
01:14:49que nous avons en tête
01:14:50dans l'examen
01:14:52de ce projet de loi
01:14:53et que nous aurons en tête
01:14:54au moment de la séance
01:14:56en portant ou pas
01:14:57des amendements
01:14:57sur ces questions
01:14:58merci
01:15:01alors sur la juridiction spécialisée
01:15:03moi j'y suis
01:15:04personnellement favorable
01:15:06et j'ai d'abord
01:15:07j'ai un amendement
01:15:08que je garde par deux vers moi
01:15:10si je t'ai dit
01:15:11devant la délégation
01:15:11des droits des femmes
01:15:12que j'ai reçu à deux fois
01:15:13une fois parce que
01:15:13vous m'avez invité
01:15:14ma rapporteur
01:15:16et puis ensuite
01:15:17encore très récemment
01:15:18j'ai dit ici
01:15:19la délégation des droits des femmes
01:15:20parce que c'est un sujet
01:15:22complexe
01:15:22qui traverse d'ailleurs
01:15:23je crois tous les groupes politiques
01:15:24je ne suis pas sûr
01:15:24que tout le monde soit
01:15:26d'accord sur tout
01:15:26j'ai dit
01:15:27si vous êtes favorable
01:15:27à ce qu'on transforme
01:15:28la cour criminelle
01:15:30en cours des crimes sexuels
01:15:33je sais faire
01:15:34dans le cadre de cette loi
01:15:37un quasi moyen constant
01:15:38et qui permettra
01:15:39une plus grande spécialisation
01:15:40et qui répondra
01:15:41à une demande
01:15:41d'une partie des associations
01:15:43une partie seulement
01:15:44parce que je crois
01:15:44que toutes les associations
01:15:45ne sont pas totalement favorables
01:15:46non plus
01:15:47et malheureusement
01:15:48je ne trahis pas
01:15:48la discussion que j'ai
01:16:04vous avez dit tout à l'heure
01:16:05vous-même
01:16:05le fait de le faire
01:16:08potentiellement
01:16:08via un amendement
01:16:09nous prive
01:16:10d'un certain nombre
01:16:11d'informations
01:16:11sur le sujet
01:16:12y compris l'étude d'impact
01:16:13l'avis du conseil d'état
01:16:14etc
01:16:16donc on aurait
01:16:17su pu être le contraire
01:16:19le mettre dans le texte
01:16:20et le retirer
01:16:21si d'aventure
01:16:22la délégation aux droits des femmes
01:16:24ou d'autres
01:16:24vous posez la question
01:16:26alors j'entends
01:16:27d'abord
01:16:27l'un n'empêche pas l'autre
01:16:28je peux très bien
01:16:29déposer un amendement
01:16:30saisir le conseil d'état
01:16:31et on peut en reparler
01:16:32très largement
01:16:32lorsqu'on aura un débat
01:16:33au retour de l'Assemblée nationale
01:16:34il n'y a aucun problème
01:16:35simplement
01:16:35comme je me méfie parfois
01:16:38madame la sénatrice
01:16:38il se trouve que
01:16:39quand je propose A
01:16:40parfois on peut me dire
01:16:41qu'il fallait faire B
01:16:41et que quand je fais B
01:16:42on me dit
01:16:42franchement c'est scandaleux
01:16:43vous auriez dû faire A
01:16:44j'ai entendu
01:16:45lorsque je suis venu
01:16:46il y a plus de 3 mois
01:16:48discuter de ce sujet
01:16:48des gens me dire
01:16:49si vous venez avec ça
01:16:50on considérera
01:16:51que c'est un mépris
01:16:52de la parole des femmes
01:16:53puisque vous mettez
01:16:53deux côtés dans une cour
01:16:55spécialisée
01:16:55quelque chose qui doit
01:16:56être entendu
01:16:56par tout le monde
01:16:58donc j'avais peur
01:16:58entre nous soit dit
01:16:59que si je venais avec
01:17:00une cour spécialisée
01:17:01des visions sexuelles
01:17:01vous me disiez
01:17:02mais comme c'est incroyable
01:17:03vous cherchez à invisibiliser
01:17:06cet état de fait
01:17:07de société
01:17:07et vous mettez deux côtés
01:17:09en plus avec des magistrats
01:17:10parce que ça pose
01:17:10d'autres problèmes
01:17:11la cour spécialisée
01:17:12il faut trouver des magistrats
01:17:14qui restent dans ces cours
01:17:16c'est pas
01:17:17on l'a vu d'ailleurs
01:17:17dans d'autres pays
01:17:18pas extrêmement attractif
01:17:19de faire pendant 15 ou 20 ans
01:17:21des crimes sexuels
01:17:22d'ailleurs ils ont
01:17:23des tas de problèmes
01:17:24de trouver des avocats
01:17:25qui pour le coup
01:17:26sont
01:17:26voilà bien sûr
01:17:27est-ce qu'on fait
01:17:28un parquet spécialisé
01:17:29ou non
01:17:29donc ça pose des questions
01:17:31plus larges
01:17:31donc j'ai un peu peur
01:17:32que ce soit
01:17:34une tenue de nessus
01:17:35que celle
01:17:36que vous essayez
01:17:37de me faire porter
01:17:38je vous dis juste
01:17:39que si le parlement
01:17:40en est d'accord
01:17:41je suis prêt à le faire
01:17:42pour éviter l'article 40
01:17:44et de le porter
01:17:45mais j'ai cru pour comprendre
01:17:46qu'il y avait
01:17:46une différence trop forte
01:17:47d'ailleurs je constate
01:17:48notamment dans la loi intégrale
01:17:50qui a été proposée
01:17:50à l'assemblée nationale
01:17:51qui reprend une partie
01:17:53des dispositions
01:17:54qu'il est à la fois écrit
01:17:55dans cette loi intégrale
01:17:56qu'on doit spécialiser
01:17:58les cours
01:17:59sur les violences faites aux femmes
01:18:00mais on doit supprimer
01:18:01la cour criminelle
01:18:02et revenir au jury populaire
01:18:05donc je pense que je vous dis
01:18:06qu'il faut juste qu'on tranche
01:18:07le nœud gordien
01:18:07qui est un nœud très difficile
01:18:08à trancher par ailleurs
01:18:09parce que je me permettrais
01:18:11de dire madame la sénatrice
01:18:12que les magistrats
01:18:13rendent la justice
01:18:13au nom du peuple français
01:18:15voilà ce n'est pas
01:18:16que le jury populaire
01:18:17qui le fait
01:18:19mais le jury populaire
01:18:20évidemment
01:18:20et moi j'y suis
01:18:21encore une fois
01:18:22extrêmement attaché
01:18:22je vous dis juste
01:18:23que c'est un petit peu
01:18:25contradictoire
01:18:26avec la volonté
01:18:27de spécialisation
01:18:28et bien sûr
01:18:29que les magistrats professionnels
01:18:30sont là pour guider
01:18:31mais enfin
01:18:31on sait tous
01:18:32même si le secret
01:18:34délibéré est très important
01:18:35il y a des moments
01:18:36où le jury populaire
01:18:36n'a pas suivi
01:18:37les magistrats professionnels
01:18:38et je pense que
01:18:39il y a des avocats
01:18:40qui ont plaidé aux assises ici
01:18:41ce que je n'ai pas
01:18:41eu l'honneur de faire
01:18:42et pourrais vous l'expliquer
01:18:44mieux que je ne peux le faire
01:18:46donc à la fin
01:18:47la cour d'assises
01:18:47vous savez
01:18:48c'est très favorable
01:18:48pour le garde des Sceaux
01:18:50parce que
01:18:50si je regarde simplement
01:18:52les choses extrêmement concrètes
01:18:53en moyen
01:18:55c'est trois magistrats professionnels
01:18:56au lieu de cinq
01:18:57donc pour quelqu'un
01:18:57qui essaie de juger
01:18:59plus de crimes
01:18:59la cour d'assises
01:19:00c'est plutôt
01:19:02plutôt sympathique
01:19:03surtout que
01:19:04la cour criminelle
01:19:05aujourd'hui
01:19:05c'est deux jours
01:19:05à deux jours et demi
01:19:06d'audience
01:19:06la cour d'assises
01:19:07c'est trois jours en moyenne
01:19:08on ne gagne pas tant
01:19:09de temps que ça
01:19:09en cour criminelle
01:19:10vraiment pas tant
01:19:12de temps que ça
01:19:14donc pardon
01:19:15alors
01:19:17non je n'ai rien proposé
01:19:17du tout
01:19:18parce que je pense
01:19:18que ceux qui ont écrit
01:19:19ces articles
01:19:20n'ont pas lu
01:19:20ni la constitution
01:19:22ni la déclaration
01:19:22des droits de l'homme
01:19:23qui empêche
01:19:24le garde des Sceaux
01:19:24d'intervenir
01:19:25dans l'organisation
01:19:26dans l'organisation
01:19:28des cours d'appel
01:19:29et des chambres
01:19:30ce qui est tout à fait vrai
01:19:30en revanche
01:19:31madame la séatrice
01:19:32c'est que pour rencontrer
01:19:33énormément de victimes
01:19:34en ce moment
01:19:34je me retrouve dans une situation
01:19:36où non seulement
01:19:36les gens me disent
01:19:37à la fin de l'instruction
01:19:38madame de la Gontry
01:19:38à la fin de l'instruction
01:19:40j'attends depuis quatre ans
01:19:41à la fin de l'instruction
01:19:43j'entends que l'instruction
01:19:44soit longue
01:19:44j'entends qu'on puisse réduire
01:19:46l'instruction
01:19:46j'entends qu'il faille
01:19:47je vais en parler
01:19:48des râches
01:19:49parce que je ne vous ai pas
01:19:49répondu sur vos propositions
01:19:51de juge d'instruction supplémentaire
01:19:53mais j'entends tout ça
01:19:54mais à la fin de l'instruction
01:19:55j'entends beaucoup de victimes
01:19:57me dire
01:19:57j'attends depuis trois ans
01:19:58depuis quatre ans
01:19:58depuis cinq ans
01:19:59la seule nouvelle que j'ai
01:20:00du ministère de la justice
01:20:02c'est quand je reçois
01:20:02des lettres de demande
01:20:03de remise en liberté
01:20:04de mon auteur
01:20:05parfois
01:20:0614 lettres
01:20:07depuis quatre ans
01:20:09lorsque mon avocat
01:20:10me dit
01:20:10au déboté
01:20:11tiens j'ai rencontré
01:20:12ma consoeur
01:20:13qui m'a dit
01:20:14que l'auteur était décédé
01:20:15parce qu'elle le défendait
01:20:16et donc du coup
01:20:17il n'y aura pas de procès
01:20:18et que la justice
01:20:18ne prend même pas le soin
01:20:19de prévenir
01:20:19qu'il n'y aura pas de procès
01:20:20j'ai attendu pendant quatre ans
01:20:21après l'instruction en procès
01:20:22et puis il est mort
01:20:23et du coup il n'y aura pas de procès
01:20:24je n'aurai pas de justice
01:20:25et j'entends aussi
01:20:26beaucoup de victimes
01:20:27qui me disent
01:20:29notre difficulté
01:20:29c'est que là
01:20:30on nous a dit
01:20:30tiens vous avez une journée
01:20:32on a le droit à une journée
01:20:32une journée et demie
01:20:33on a ça dans six mois
01:20:37dans un an
01:20:38ou dans un an et demi
01:20:39parfois maintenant
01:20:39on convoque les gens
01:20:40pour le deuxième semestre
01:20:422027 en ce moment
01:20:42voilà
01:20:43donc les gens reçoivent une lettre
01:20:44ils disent
01:20:45à partir de septembre
01:20:45c'est super
01:20:46ils n'avaient pas vu
01:20:46qu'il s'est marqué 2027
01:20:47ils sont déçus
01:20:48et vous avez le droit
01:20:49à une journée et demie
01:20:49et si ça traîne trop
01:20:51on renverra
01:20:52qu'est-ce que font les victimes
01:20:53aujourd'hui
01:20:53vous savez très bien
01:20:54elles ne font citer
01:20:55parfois même pas de témoins
01:20:56pour tenir dans la journée
01:20:57dans la journée et demie
01:20:58et que fait la personne
01:20:59qui est accusée
01:20:59cite quatre, cinq témoins
01:21:01d'ailleurs dans l'article 2
01:21:02on n'en parle pas
01:21:02mais c'est très important
01:21:03nous proposons
01:21:04que la réunion préparatoire
01:21:05soit conclusive
01:21:06pour qu'on puisse
01:21:07au moins se mettre d'accord
01:21:08quand on s'est mis d'accord
01:21:09avec le magistrat
01:21:10pour dire
01:21:10chacun cite trois témoins
01:21:11chacun cite trois témoins
01:21:12c'est très bien
01:21:12et sauf phénomène exceptionnel
01:21:14évidemment qu'on laisse
01:21:17au pouvoir du président
01:21:19ou de la présidente
01:21:20qui va présider la cour criminelle
01:21:22de dire
01:21:22ben voilà évidemment
01:21:23c'est un événement exceptionnel
01:21:23on fait citer la personne exceptionnelle
01:21:25mais aujourd'hui
01:21:25c'est des victimes
01:21:26qui sont maltraitées
01:21:27qui ne font citer
01:21:28très peu de témoins
01:21:29ou pas de témoins
01:21:29très peu d'experts
01:21:31ou pas d'experts
01:21:31très peu de personnes
01:21:32parce qu'on veut simplement
01:21:33que ça tienne dans la journée et demie
01:21:34parce que ça fait six ans
01:21:35qu'on attend son procès
01:21:37et quand on renvoie cela
01:21:38après une journée
01:21:39une journée et demie
01:21:39deux jours
01:21:40ben c'est à Matusalem
01:21:42vous imaginez la violence
01:21:44qu'elles subissent
01:21:44voilà
01:21:45et donc comme vous l'avez dit
01:21:46d'ailleurs tout à l'heure
01:21:47madame Lagontri
01:21:48et que de tous
01:21:49on constate
01:21:50et comme vous d'ailleurs
01:21:50qu'on maltraite énormément
01:21:52les victimes
01:21:52la question c'est
01:21:53quelles sont les propositions
01:21:55alternatives à celles que je propose
01:21:56moi je suis tout à fait prêt
01:21:57encore une fois
01:21:57je vous l'ai dit
01:21:58à prendre les choses
01:21:59où qu'elles viennent
01:22:00parce que je pense
01:22:00que c'est un sujet
01:22:01d'intérêt général
01:22:01et que ça dépasse un peu
01:22:02les sujets politiques
01:22:04donc sur la cour des crimes sexuels
01:22:06d'ailleurs dans d'autres pays
01:22:08comme l'Espagne
01:22:08il y a la cour des crimes
01:22:09c'est une cour des genres
01:22:11du genre
01:22:11de violence de genre
01:22:12donc qui prend aussi
01:22:13les délits et les crimes
01:22:14nous c'est pas notre tradition
01:22:15de mélanger délits et crimes
01:22:16mais est-ce que c'est la question
01:22:18qu'on voudrait se poser
01:22:18voilà
01:22:20qui prévoit donc une grosse place
01:22:22au plaid des coupables
01:22:24la question est ouverte
01:22:26et moi je suis prêt
01:22:27évidemment à en discuter
01:22:27mais j'ai compris
01:22:28qu'il n'y avait pas
01:22:28je crois madame la rapporteure
01:22:30d'unanimité loin sans faux
01:22:31quels que soient
01:22:32les groupes politiques
01:22:33sur cette question
01:22:34On va donc pour cette audition
01:22:36de Gérald Darmanin
01:22:37le garde des Sceaux
01:22:38vous l'avez entendu
01:22:38qui demande la mise en place
01:22:40d'un plaidé coupable
01:22:41en matière criminelle
01:22:42l'idée est de proposer
01:22:44une réduction de peine
01:22:44en échange d'une reconnaissance
01:22:46de culpabilité
01:22:47c'est un dispositif
01:22:48qui divise profondément
01:22:50le monde judiciaire
01:22:51et qui pourrait connaître
01:22:52des oppositions
01:22:53aussi dans l'hémicycle
01:22:54le texte sera examiné
01:22:56en début de semaine prochaine
01:22:58au Sénat
01:22:58on en reparlera
01:22:59bien évidemment
01:23:00sur notre antenne
01:23:01Voilà c'est la fin
01:23:02de cette émission
01:23:02merci d'avoir suivi
01:23:03restez avec nous
01:23:04l'information politique
01:23:05continue sur Public Sénat
01:23:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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01:23:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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