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Cessez-le-feu en Iran : quel rôle les militaires français vont-ils jouer pour sécuriser le détroit d'Ormuz ? 36 milliards d'euros supplémentaires dans la loi de programmation militaire : est-ce suffisant ? La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 09 avril 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 09 avril 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est donc la ministre déléguée aux armées Alice Ruffaut qui est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL Alice Ruffaut.
00:08Bonjour.
00:08Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est fragile, on le sait,
00:11mais il semble tenir en tout cas ce matin encore.
00:14Est-ce que le plus dur est passé pour vous ?
00:16Est-ce que la guerre au Moyen-Orient est derrière nous ?
00:18Non, la guerre n'est pas derrière nous, mais le cessez-le-feu est une bonne nouvelle
00:21qui ouvre une phase où la négociation est possible.
00:26La négociation est possible, mais est-ce qu'aujourd'hui vous diriez que l'Iran
00:29n'est plus une menace, comme Donald Trump qui est très optimiste ?
00:32Non, l'Iran a des capacités, un programme nucléaire, des capacités balistiques
00:37et des capacités de déstabilisation régionale qui étaient et qui restent évidemment préoccupantes.
00:44Préoccupantes, mais identiques à ce qu'elles étaient, finalement tout ça n'a peut-être servi à rien ?
00:50Je pense quand même que le programme nucléaire aujourd'hui n'est pas mis sous contrôle
00:54par un accord international comme c'était le cas lorsque les Européens notamment
00:59avaient poussé pour un accord sur le nucléaire iranien.
01:02Il y a des capacités balistiques iraniennes dont on voit les conséquences
01:07et puis il y a des capacités de déstabilisation régionale par des proxys, comme on dit.
01:12Maintenant le terme est devenu familier malheureusement.
01:16Des milices qui déstabilisent profondément la région.
01:20C'est un fait.
01:21C'est un fait.
01:21Israël dit de son côté que rien n'est fini après le cessez-le-feu et a continué à pilonner
01:25le Liban.
01:26Mercredi noir au Liban, titre par exemple l'Est républicain.
01:28Ce qu'il se passe au Liban sous le feu nourri des Israéliens est-il acceptable pour la France ?
01:33Non, ce qui s'est passé hier au Liban est inacceptable.
01:35Inacceptable ?
01:36Oui, complètement inacceptable.
01:37Et d'ailleurs, ça veut dire que la guerre s'est étendue au Liban du fait des frappes du Hezbollah
01:44sur Israël
01:46et le fait est sur les populations du nord d'Israël.
01:49Et on l'a dit aussi clairement que cela.
01:52C'est-à-dire qu'on a bien dit que c'était le Hezbollah qui portait la responsabilité d'avoir
01:56entraîné le Liban dans le conflit.
01:58Et donc, évidemment, Israël a le droit de se défendre, mais la disproportion de la réponse singulièrement hier avec ses
02:05frappes massives,
02:05alors même que le cessez-le-feu doit inclure évidemment le Liban, le cessez-le-feu qui est négocié, qui
02:12est discuté,
02:14c'est absolument inacceptable.
02:16Et ça met en péril à la fois le cessez-le-feu et puis évidemment la souveraineté et l'intégrité
02:20du Liban.
02:20Mais Alice Ruffoux, une fois qu'on a dit que c'est inacceptable, il se passe quoi derrière ?
02:23Jean-Luc Mélenchon parle de carnage et il demande à la France d'intervenir.
02:27Est-ce qu'on va intervenir au Liban ? Est-ce qu'on va soutenir le gouvernement libanais ?
02:32Moi j'étais au Liban la semaine dernière.
02:35On soutient évidemment les autorités libanaises et l'armée libanaise, on leur a livré d'ailleurs des matériels la semaine
02:41dernière,
02:42pour avoir le monopole des armes au Liban, ce qui est leur objectif, et pour renforcer leur souveraineté,
02:49pour aider aussi les populations civiles.
02:51Il y a un gros effort humanitaire de la France qui est fait et qui va être accentué.
02:54J'ajoute, parce que c'est plus mon domaine que la force des Nations Unies qui est au sud Liban,
02:59la finule qui est militaire, qui est aussi de l'humanitaire dans le sud.
03:02Il n'y a pas beaucoup de personnes qui font de l'humanitaire dans le sud, c'est dangereux le
03:06sud Liban aujourd'hui.
03:07Donc on fait ce qu'on doit faire en soutien au Liban dans la période.
03:11Et puis on a un rôle à jouer qui est important, notamment avec les Américains et les Israéliens,
03:18dans ce qu'on appelle le mécanisme tripartite, pardon pour le mot,
03:20mais c'est un mécanisme qu'on avait mis en place de surveillance du dernier cessez-le-feu en 2024.
03:25On a évidemment un rôle à jouer majeur pour obtenir que le Liban fasse partie du cessez-le-feu.
03:33Pour vous, il n'y a pas d'ambiguïté, le Liban doit faire partie et fait partie du cessez-le
03:36-feu.
03:36Donc Benjamin Netanyahou se met à la faute, là ?
03:39Le Liban doit faire partie du cessez-le-feu, je le dis clairement et on va y travailler.
03:43D'ailleurs on y traite, le président de la République a parlé au président Trump hier pour cela en particulier.
03:49Il a parlé au président iranien également.
03:52Donc Benjamin Netanyahou se met à la faute ?
03:54En tout cas, la réponse israélienne est profondément disproportionnée
03:58et les frappes d'hier sont inacceptables. Je ne peux pas le dire plus clairement que cela.
04:01Il y a donc une nouvelle donne qui est en train de se dessiner dans la région.
04:05Quel peut être le rôle de la France dans les 15 jours qui viennent et après le cessez-le-feu
04:10s'il tient ?
04:11Alors d'abord, la France a un rôle à jouer dans la région parce qu'elle y est très présente.
04:15On parle à tous, ce n'est pas si fréquent dans le monde d'avoir des gens qui parlent à
04:20tous comme ça.
04:21On a des forces qui sont présentes, on est ceux qui luttent contre le terrorisme dans la région,
04:26qui avons des moyens déployés dans la région.
04:28Donc on pèse, contrairement à ce que j'entends ici et là.
04:31Et puis on a pris une position depuis le début de cette guerre qui est très claire,
04:36qui est comprise par nos partenaires internationaux.
04:39Et donc on va peser pour faire en sorte que le cessez-le-feu soit durable
04:43et que les objectifs que nous nous visons, dont évidemment, j'entendais votre éditorial,
04:48la réouverture du détroit d'Hormuz, pour les conséquences que nous payons nous, puissent se faire.
04:54C'est-à-dire, est-ce que nos troupes pourraient participer à une sécurisation du détroit d'Hormuz ?
04:57Est-ce que c'est sur le tapis ça ?
04:59En fait, quand on parle de participation militaire, il faut dire les choses très précis.
05:06On a toujours dit qu'on ne participerait pas, à un moment donné, les Etats-Unis nous le demandaient,
05:10à une réouverture de vive force du détroit d'Hormuz.
05:13On a aussi dit qu'on travaillait à une planification de sécurisation.
05:16Ça veut dire quoi, en fait ? Ça veut dire du déminage, des capacités de réassurance.
05:22Il est miné ce détroit d'Hormuz ou pas ?
05:23En fait, qu'il soit miné ou pas, dans la période, vu que les Iraniens communiquent en ce sens-là,
05:28vous avez des voies de passage qui sont organisées comme si c'était le cas.
05:31Mais le fait est, pardon, pour revenir à votre question, pour l'instant, non.
05:35Il faut établir les conditions de sécurisation du détroit.
05:38Il faut une baisse des tensions qui n'est pas objective, là, à l'heure où on se parle.
05:42Et puis, il faut travailler sur la base du droit international qui existe
05:47et auquel il faut donner une force, là, dans la période.
05:51Donner force à ce droit-là.
05:52Ça ne veut pas dire déployer des moyens militaires demain matin dans le détroit d'Hormuz.
05:56Ça ajouterait encore à une conflictualité qu'on cherche précisément à faire baisser.
06:00Mais que la France, avec ses partenaires internationaux, ait un rôle à jouer
06:04pour travailler dans le cadre de la négociation qui est en train de s'ouvrir
06:07en démultipliant ses efforts, justement, maintenant,
06:09pour arriver à une situation où la circulation puisse reprendre
06:12dans des conditions de sécurité acceptables,
06:14y compris avec des moyens qu'on travaille et qu'on planifie.
06:17Vous savez que le chef d'état-major des armées y réfléchit, etc.
06:19Mais c'est à aucun moment une opération telle que celle que l'a souhaité les Américains, offensive.
06:24Bon. Dans ce contexte général, Alice Ruffaut,
06:26que va faire notre porte-avions nucléaires, le Charles de Gaulle ?
06:28Il va rester en Méditerranée ?
06:30Le porte-avions nucléaires Charles de Gaulle,
06:32enfin, le groupe aéronaval et les frégates qui sont avec lui
06:35sont en Méditerranée orientale dans une mission de réassurance
06:38de nos partenaires européens.
06:41Pas question de bouger, là, pour l'instant.
06:42Non. Et j'ajoute qu'on a une présence aussi maritime en mer Rouge
06:46avec des frégates où, quand même, une partie du trafic international se joue.
06:51On était très heureux de revoir hier Cécile Collère et Jacques Paris
06:54de retour en France après presque 4 ans passés en Iran.
06:57Qu'est-ce qu'on a promis aux Iraniens en échange de cette libération ?
06:59Est-ce qu'il y a eu des contreparties ?
07:00Non, il n'y a pas de contreparties.
07:02D'abord, je veux saluer la libération des otages
07:06parce que le Quai d'Orsay, notre ambassadeur que j'écoutais hier...
07:10Qui sera l'injité de Marc-Olivier Fogé.
07:12Ah ben voilà, c'est bien parfait.
07:14Il pourra vous dire à quel point l'effort de la diplomatie française a été important,
07:19puis d'autres services de l'État, y compris...
07:21Il n'y a pas un deal, il n'y a pas « on vous les rend »,
07:22mais en échange, vous nous garantissez que vous n'interviendrez pas contre nous ?
07:25Non.
07:25Non.
07:26C'est pas comme ça que ça se passe.
07:28D'accord.
07:29Bon.
07:29On sait que nos finances ne sont pas très flamboyantes, Alice Rufo.
07:31Tout ce qu'on investit vers l'Iran, vers le Moyen-Orient,
07:33est-ce que c'est retiré à l'Ukraine ?
07:35Le président Zelensky est très très inquiet.
07:38Moi, je comprends l'inquiétude du président Zelensky
07:40parce que regardez, merci d'ailleurs d'en parler,
07:41parce qu'on n'en parle plus.
07:42Pourtant, il continue à y avoir des frappes,
07:44il continue à y avoir des attaques contre les populations civiles en Ukraine.
07:49Donc, je comprends son inquiétude
07:51et c'est important d'en reparler
07:52et c'est important de dire qu'une partie de notre sécurité à nous,
07:56de ça qu'on parle en premier lieu,
07:57se joue en Ukraine.
07:58L'inquiétude, elle vient du fait que, au fond,
08:00les Américains pourraient avoir moins de moyens
08:03que les Européens, d'ailleurs,
08:05une partie de nos partenaires,
08:06achètent pour donner à l'Ukraine.
08:08Bon, nous, on a veillé dès le début,
08:10on a un peu anticipé les choses
08:12et la déstabilisation globale
08:13et donc on a veillé dès le début
08:14à maintenir notre soutien à l'Ukraine
08:16à un bon niveau
08:17et évidemment que les Européens,
08:19qui font déjà énormément,
08:21continuent dans cette ligne
08:22avec une grande unité.
08:23Nous, non.
08:24On ne va pas renier là-dessus.
08:25Nous, la France ?
08:25La France, non.
08:26Les Européens, non plus.
08:27Ce n'est pas la ligne européenne.
08:28C'est dans ce contexte, évidemment,
08:30qui n'est pas très rassurant,
08:31de monde instable,
08:32que le projet de loi
08:34de programmation militaire
08:35a été réactualisé
08:36avec 36 milliards supplémentaires
08:38ajoutés pour la période 2024-2030.
08:40Tiens, on parlait des Russes.
08:41Est-ce qu'on a vu
08:42qu'ils étaient capables
08:42de tirer 1000 drones par jour
08:44contre l'Ukraine il y a quelques jours ?
08:45Si ça nous tombait dessus,
08:46quelque chose,
08:46est-ce qu'on est capable
08:47de riposter à ça aujourd'hui en France ?
08:49Est-ce qu'on sait faire face ?
08:51Alors, d'abord,
08:53les armées françaises
08:54sont par définition prêtes.
08:56Et d'ailleurs,
08:57elles démontrent plutôt...
08:59Nous ne sommes pas
09:01dans la situation de l'Ukraine.
09:02Je voudrais quand même
09:02le redire
09:03pour aussi donner
09:05des éléments objectifs.
09:06Nous sommes un pays
09:07qui est membre
09:08de l'Alliance Atlantique,
09:09membre de l'Union Européenne.
09:09Nous avons la dissuasion nucléaire.
09:10Nous avons des moyens
09:11très importants.
09:12Donc voilà.
09:13Après, vous pointez
09:14la problématique des drones,
09:15la question des drones
09:16dont on voit,
09:17et vous avez raison,
09:18en Ukraine,
09:18comme au Moyen-Orient,
09:20à quel point
09:20ils ont des effets
09:21de saturation,
09:22y compris sur les défenses
09:23aériennes et antimissiles.
09:25Et puis,
09:26à quel point
09:26il y a une différence
09:27dans le...
09:28On appelle ça
09:29cost to kill, pardon.
09:30Ce n'est pas une très jolie expression,
09:32mais c'est combien ça coûte
09:33de détruire un autre moyen
09:36et donc un différentiel
09:37entre des moyens pas chers...
09:38C'est le rapport entre le coût
09:38et le nombre de morts.
09:39Voilà, c'est ça.
09:40C'est le coût.
09:40Non, mais la manière
09:42dont on abat
09:43un autre système d'armement.
09:44Bon.
09:45Donc, ça,
09:45on en tire les leçons
09:46depuis un moment.
09:47Justement,
09:47la loi de programmation,
09:48l'actualisation de la loi
09:49de programmation militaire
09:50que vous citez,
09:52accélère très sensiblement
09:53dans le domaine
09:54des drones
09:54et de la lutte anti-drones
09:55pour précisément
09:57compléter les moyens
09:58de nos armées
09:59sur ces sujets
09:59de saturation
10:00tout en ne touchant pas
10:01à la cohérence
10:02de notre modèle d'armée.
10:04Bon.
10:04Qu'est-ce qu'on souhaite
10:05à une ministre des Armées
10:06qui fête ses 40 ans aujourd'hui ?
10:07Alors, je n'ai pas du tout 40 ans,
10:08c'est vachement gentil.
10:11Mais merci.
10:11Qu'est-ce qu'on souhaite ?
10:12Que le cessez-le-feu
10:13soit durable
10:14et qu'on puisse sécuriser
10:15le détroit d'Hormuz.
10:16Bon, Catherine Vautrin,
10:17vous avez eu un petit message
10:18ou pas à la ministre des Armées ?
10:19Pas encore,
10:19mais il est très tôt.
10:20Il est très tôt,
10:20ça va venir.
10:21Merci beaucoup,
10:21en tout cas,
10:22excusez-moi pour l'erreur
10:23sur la jolie structure.
10:24Non, c'est plutôt dans ce sens,
10:25ça va ?
10:25C'est pas grave.
10:26Merci beaucoup.
10:27Et à tout de suite.
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