- il y a 49 minutes
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, était l'invité de BFMTV ce dimanche 5 avril
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00:00Bonsoir Dominique de Villepart.
00:01Bonsoir.
00:01Merci d'être avec nous ce soir.
00:03Une image, si vous voulez bien, pour commencer cette image,
00:06ce sont les dégâts infligés aux appareils américains
00:09qui sont allés chercher ce fameux pilote américain
00:12qui a finalement pu être secouru après 36 heures.
00:15Vous voyez les dégâts, soit infligés par l'Iran,
00:18soit par l'armée américaine au moment de quitter l'Iran.
00:21En tout cas, ce soldat est désormais libre.
00:24Il est gravement blessé, c'est ce qu'a dit Donald Trump aujourd'hui.
00:26Il a été exfiltré vers le Koweït.
00:28Est-ce que c'est une victoire pour le président américain
00:31ou est-ce que c'est un avertissement ?
00:32C'est d'abord la preuve du formidable professionnalisme de ces pilotes
00:38et de celui-ci en particulier et de leur courage.
00:41Dans une opération, on le voit bien, extrêmement difficile.
00:46Du côté de l'administration américaine,
00:50on voit également à quel point les risques sont pris
00:53sont aujourd'hui particulièrement grands
00:56et que cette opération est au-delà d'un véritable contrôle.
01:02Nous sommes dans une zone grise
01:04qui à tout moment peut faire basculer les choses
01:06dans un sens ou dans un autre,
01:08ne serait-ce qu'à travers les menaces
01:10qui sont celles proférées par Donald Trump.
01:12– Que se serait-il passé par exemple
01:14si cet homme était tombé entre les mains du régime iranien ?
01:17– Eh bien, c'était une carte maîtresse dans le jeu
01:21des gardiens de la révolution iranien
01:23et donc une fragilité très grande pour les États-Unis
01:27face à ce régime.
01:29Il n'aurait pas eu toutes les cartes en main
01:31et le discours que tient aujourd'hui le président Trump.
01:34Il faut voir les mots qu'il emploie.
01:37ouvrez ce putain de détroit, bande de bâtards,
01:48sinon vous vivrez en enfer.
01:51C'est un langage peu habituel sur la scène internationale
01:54et en particulier pour un chef de guerre
01:56qui engage la vie de ces hommes.
01:59Donc la première chose qu'il faut constater,
02:02c'est que les États-Unis sont en zone de risque.
02:06Ils n'ont pas l'initiative sur ce conflit,
02:09même si le déséquilibre de la puissance
02:11est considérablement en leur faveur.
02:14La capacité de résistance des Iraniens et de ce régime,
02:17la capacité de jouer sur leur propre terrain,
02:21qui est un terrain très hostile,
02:22on l'a vu dans la zone où ce pilote est tombé,
02:27fait qu'aujourd'hui les Américains sont obligés
02:30pour toute opération de prendre en compte
02:32ce risque très grand de tomber dans les mains de l'ennemi.
02:35Ce que vous dites, c'est que Donald Trump
02:36ne contrôle pas tant que ça la situation.
02:38Lui qui dit depuis des jours,
02:39nous contrôlons l'espace aérien au-dessus de l'Iran.
02:42La réalité sur le terrain, pour vous,
02:44n'est pas exactement celle-là.
02:45Mais ils sont devant un régime qui résiste.
02:49Et devant un régime qui n'est pas sensible
02:52aux arguments employés par les Américains.
02:55L'utilisation de la force, de la violence tous azimuts,
02:58ce n'est pas quelque chose qui est farouche.
03:00Les tenants d'un régime pour qui la première préoccupation,
03:04c'est de survivre, faire survivre ce régime.
03:07Et on connaît cette réalité asymétrique dans le jeu de la puissance.
03:12Ce n'est pas la puissance la plus forte qui a alors l'initiative
03:15et qui tient les choses.
03:17C'est celle, au contraire, qui peut employer
03:20le peu de moyens à sa disposition,
03:22mais qui peut les employer avec une détermination sans égale.
03:26Si on s'en tient au but de guerre,
03:28tel qu'ils ont été définis,
03:30même s'ils ont un peu varié depuis le début de la guerre,
03:32le changement de régime et l'impossibilité pour les Iraniens
03:36d'avoir un jour la bombe atomique.
03:37Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent
03:40absolument rien ne justifiait cette guerre
03:42si l'on s'en tient à l'aspect uranium enrichi ?
03:45Ou est-ce que vous dites, finalement, il y avait un risque
03:49et après tout, les Américains font le sale boulot ?
03:51Tous les arguments qui ont été employés
03:54ne résistent pas à l'analyse.
03:56Tout simplement parce que si les États-Unis
03:59avaient véritablement voulu mettre hors jeu
04:02le programme nucléaire, nous le savions,
04:04il y avait d'autres solutions.
04:06Et en particulier, faire ce qu'avaient fait
04:09certains de ses prédécesseurs,
04:10et en particulier Barack Obama,
04:12signer un accord avec un régime
04:14qu'il a respecté à tout le moins
04:16de 2015 à 2018.
04:18– Accord que Donald Trump a rayé d'un trait de plume
04:20pendant son premier mandat.
04:22– Qu'il a rayé d'un trait de plume
04:22pour entrer dans une aventure
04:24qui vise à, depuis les airs,
04:26détruire un programme nucléaire
04:28dont nous savons que, quoi qu'il arrive,
04:34il comporte des acquis qui sont irréversibles.
04:37Il y a aujourd'hui un certain nombre d'Iraniens
04:40qui détiennent les clés de ce nucléaire
04:42et qui, si les conditions le permettent,
04:45sont susceptibles de refaire cette bombe.
04:46Donc il y a un chemin qui a été fait
04:48qui est difficilement réversible.
04:50Mais ce qui me paraît important,
04:51si vous me le permettez,
04:53c'est que nous voyons bien
04:54que les buts de guerre affichés
04:55n'ont pas été remplis,
04:57et que les Américains,
04:59comme les Israéliens,
05:00bien que les buts israéliens, eux,
05:02étaient clairs,
05:02c'est au moins leur mérite,
05:03mais nous voyons bien
05:04qu'ils ne sont pas susceptibles
05:07d'être remplis par la force.
05:09Nous rentrons dans une autre période
05:10et qui montre la véritable réalité
05:13du jeu américain.
05:14Première réalité,
05:16l'Amérique a un pouvoir très grand
05:19qui est celui de la destruction.
05:21Et on voit bien,
05:21dans l'ultimatum qui est donné,
05:23qu'aujourd'hui,
05:24la véritable capacité américaine,
05:26c'est celle qui consiste
05:27à donner libre cours à cette destruction.
05:30Quand ils affichent l'objectif
05:32de détruire les ponts,
05:33de détruire les centrales électriques,
05:36nous voyons bien
05:36qu'ils ont la possibilité
05:38d'un feu illimité
05:39visant à détruire
05:40les conditions de vie
05:42dans ce pays.
05:43Vous pensez qu'aujourd'hui,
05:44c'est devenu un but de guerre ?
05:46Détruire le quotidien des Iraniens
05:48et qu'on est entré dans autre chose
05:49où les buts de guerre
05:50qui ont beaucoup variés
05:52n'existent plus ?
05:53Les buts de guerre affichés
05:54n'ont aucune réalité.
05:55La vérité, aujourd'hui,
05:57c'est que là où ils sont inarrêtables,
05:59les Américains,
06:00c'est dans leur capacité
06:01de destruction
06:02et de rendre la vie impossible
06:03en Iran.
06:04Ça, cette puissance négative
06:06dans une relation asymétrique
06:08avec les Iraniens,
06:09ils détiennent cette puissance.
06:11Mais il y a une deuxième réalité
06:12et il faut le mesurer
06:14sur chacun des plateaux
06:17où la parole s'exerce
06:19chez nous,
06:20aux États-Unis
06:21et ailleurs.
06:22C'est qu'à côté
06:23de cette logique de destruction,
06:24il y a une deuxième logique
06:25qui s'est mise en place
06:26depuis déjà un certain temps.
06:28C'est la logique
06:29de déshumanisation.
06:31Le peuple iranien,
06:32il n'est pas là,
06:32on n'en parle pas.
06:33On ne parle pas
06:35de tous ceux
06:36qui perdent la vie
06:37dans cette guerre,
06:38de tous ceux
06:38qui se retrouvent
06:39dans des conditions
06:40de vie effroyables,
06:41le plus d'un million
06:43de réfugiés au Liban.
06:45Ces femmes,
06:46ces enfants
06:46ne sont rien
06:47à côté
06:48de la cible
06:50prétendument visée,
06:51un terroriste ici,
06:53un terroriste là
06:54et au nom
06:55de ces cibles.
06:56Eh bien,
06:56cette déshumanisation
06:58de la guerre,
06:58elle est totale.
07:00Et on revient...
07:01Non, mais le portrait
07:01que vous dressez là,
07:03presque d'action
07:05par cruauté
07:06de guerre,
07:07ce serait celle
07:08d'un tirant.
07:09Vous considérez
07:09qu'aujourd'hui,
07:10Donald Trump
07:11et Benjamin Netanyahou...
07:12J'en viens au troisième point.
07:14C'est destruction,
07:17déshumanisation
07:17et déséquilibre.
07:19Nous voyons bien
07:20que la guerre
07:21est aujourd'hui
07:21dans les mains
07:22de gens
07:22dont on peut s'interroger
07:24sur leur équilibre.
07:25quand on écoute
07:26Pete Exet
07:26qui fait des pompes
07:28à côté des militaires
07:30comme s'il jouait
07:31dans la même catégorie.
07:32Quand on écoute
07:33Donald Trump,
07:34j'ai cité
07:34quelques extraits.
07:35Nous voyons bien
07:36que le leadership
07:38américain
07:39est aujourd'hui
07:39plus que discussable.
07:41Il y a une fuite
07:42en avant.
07:43Et,
07:43M. Fauvel,
07:44il faut comprendre,
07:46ce n'est pas ma pensée
07:47que j'exprime,
07:48c'est le regard
07:49des trois quarts
07:50de l'humanité.
07:50Vous mettez ça
07:52sur le compte
07:53de la santé mentale
07:54de Donald Trump
07:54et de ses proches
07:55d'un trait de caractère.
07:57Les trois quarts
07:58de l'humanité
07:59ont compris
08:01qu'il n'y avait
08:01aucune rationalité
08:04dans la conduite
08:05de cette guerre
08:05et tous les pays
08:06occidentaux
08:07le mesurent aujourd'hui.
08:08Mais vous savez
08:08que ses adversaires
08:09ont dit ça
08:09pendant toute la campagne
08:10présidentielle.
08:11Il a été élu
08:12avec des millions
08:12de voix d'avance.
08:14Mais il n'empêche
08:15que vous pouvez
08:15être un personnage
08:16tout à fait excessif
08:18et obtenir
08:19un certain soutien.
08:20Pour dire les choses
08:24de manière moins diplomatique
08:25que vous,
08:25vous considérez
08:26que ce qu'on est fou.
08:28Pourquoi aucun pays européen
08:30et Dieu sait
08:30si dans les pays européens
08:32une grande partie
08:32de ces pays
08:33sont atlantiques,
08:35favorables
08:36à la relation atlantique.
08:37Pourquoi aucun
08:38ne le suit ?
08:39Parce que personne
08:40ne comprend
08:41ce que les Américains
08:42vont faire
08:43dans cette galère.
08:44C'est ça la réalité
08:45de cette affaire inouïe.
08:48Alors ça fait
08:48de bons plateaux
08:49de télévision.
08:49Ça fait des images
08:52formidables.
08:53Ça fait des histoires
08:54et des récits étonnants
08:55avec des pilotes
08:56qu'on va rattraper
08:58au milieu du désert.
09:00Mais la réalité
09:01de cette guerre,
09:01elle nous renvoie
09:03à quelque chose
09:04de très cru
09:04et de très absurde.
09:06Et en tout cas,
09:07de totalement inhumain.
09:08Et c'est pour cela
09:09que nous devons
09:10avoir le souci
09:11face à cela
09:12de rappeler
09:13de rappeler
09:14à la ministre
09:14à Trump
09:15son humanité.
09:17Aujourd'hui,
09:17on ne peut pas
09:18agir selon son bon plaisir
09:20quand on détient
09:21dans sa main
09:22la vie
09:23de millions,
09:24pour ne pas dire
09:24de dizaines
09:25de millions de personnes.
09:26Vous parlez d'humanité,
09:27Dominique de Villepin.
09:28Est-ce que vous mettez
09:29le Premier ministre israélien,
09:30Benjamin Netanyahou,
09:31si vous me passez l'expression,
09:32dans le même panier
09:33que Donald Trump ?
09:34Lui qui a, par exemple,
09:35fait passer une loi
09:36il y a quelques jours
09:37pour rétablir
09:38la peine de mort,
09:39mais uniquement
09:40contre les Palestiniens
09:42qui seraient reconnus
09:42coupables,
09:43de terroristes.
09:44Est-ce que vous y voyez
09:45une faute politique,
09:46un défaut d'humanité
09:47ou est-ce qu'après tout,
09:49la menace,
09:50le souvenir du 7 octobre
09:51sont-elles
09:51qu'il peut se permettre ça ?
09:53Vos mots sont bien tièdes
09:55par rapport à une réalité
09:56beaucoup plus crue.
09:58La réalité beaucoup plus crue,
09:59c'est qu'il y a une logique
10:01du côté de l'administration
10:03de M. Netanyahou.
10:05Cette réalité,
10:07c'est, par tous les moyens,
10:09assurer la sécurité d'Israël.
10:10Par tous les moyens.
10:12Ce qu'on peut comprendre.
10:12Par tous les moyens
10:14de force,
10:14c'est-à-dire sans limite,
10:16quelles que soient
10:17les destructions réalisées.
10:19C'est le cas au Liban,
10:20c'est le cas en Syrie,
10:21c'est aujourd'hui
10:22le cas en Iran.
10:23Est-ce que cela va se traduire
10:25par plus de sécurité
10:26pour Israël ?
10:27Je le dis
10:28très solennellement,
10:30non.
10:30Pourquoi ?
10:31Parce que la sécurité,
10:33à partir d'un certain moment,
10:35elle dépend
10:35de conditions politiques.
10:38Benjamin Netanyahou
10:38ne veut pas entendre
10:40parler d'objectifs politiques.
10:41Il ne veut pas
10:42d'un État palestinien.
10:43Il ne veut pas
10:44d'un compromis
10:46avec l'Iran
10:47qui placerait Israël
10:49en situation
10:50d'avoir à garder
10:52un rapport de force
10:53avec l'Iran.
10:54Donc nous sommes
10:55dans une situation
10:55où Benjamin Netanyahou,
10:57à la fois pour des raisons politiques,
10:58il est constant
10:59dans la ligne
10:59qu'il a choisie,
11:00mais aussi pour des raisons
11:01personnelles et politiques,
11:02s'installe dans la conduite
11:04d'une guerre illimitée,
11:06d'une guerre sans fin,
11:07au risque de trahir
11:09les idéaux même
11:11qui sont ceux d'Israël.
11:12Et quand on voit
11:13que cette loi
11:15est passée à la Knesset,
11:16on peut espérer
11:17que la Cour suprême
11:18ne la fera pas appliquer,
11:20qu'il a débouché le champagne,
11:22on voit bien qu'on est,
11:23alors là, clairement,
11:24il n'y a pas d'autre mot
11:25que celui-là,
11:26dans une logique d'apartheid.
11:27À partir du moment
11:28où on traite
11:29les Palestiniens différemment,
11:31à partir du moment
11:31où il y a plusieurs règles
11:33qui s'appliquent,
11:34on voit bien
11:34qu'il y a là
11:36une pente,
11:37une logique
11:38qui est désormais
11:40malheureusement fatale.
11:41Vous faites le constat
11:41de deux hommes sans limite,
11:43si je vous suis,
11:43Donald Trump
11:44et Benjamin Netanyahou,
11:45peut-être pour des raisons différentes.
11:47Quelle peut être
11:47la voie de la France ?
11:48Vous avez été l'homme
11:48à la tribune de l'ONU
11:50qui a dit non
11:51il y a plus de 20 ans de ça
11:52à la guerre en Irak.
11:53Aujourd'hui,
11:53au-delà de la condamnation,
11:55on voit bien
11:56qu'aujourd'hui,
11:57on se fâche avec Donald Trump
11:58mais qu'on n'ose pas aller trop loin,
11:59on a peur de plein de choses,
12:00des droits de l'homme
12:01ou d'autres choses.
12:01Au-delà des mots
12:02pour condamner aujourd'hui
12:03cette guerre
12:04et la façon dont elle est faite,
12:06qu'est-ce qu'on peut faire ?
12:06Alors d'abord,
12:07au-delà des mots,
12:08encore faudrait-il
12:09employer les mots.
12:10Vous trouvez que la France
12:11ne les utilise pas ?
12:12Non, je n'ai pas entendu
12:13un discours,
12:14je n'ai pas entendu
12:14une prise d'opposition
12:15des Européens
12:16qui traduise le rejet,
12:19la condamnation
12:19de la politique
12:20menée par Donald Trump.
12:21Peut-être parce qu'ils sont divisés
12:22entre les Espagnols
12:23qui interdisent
12:23le survol de leurs avions,
12:24la France qui ne l'interdit
12:25mais pas tout le temps,
12:27les Anglais qui se font taper
12:28sur les doigts,
12:29l'Europe,
12:30quel téléphone ?
12:31Quel numéro de téléphone ?
12:32Peut-être.
12:33Mais il n'empêche
12:34que l'un des grands dirigeants
12:36de cette Europe,
12:37et je pense qu'il revient
12:38à la France
12:39de jouer ce rôle,
12:40pourrait s'élever
12:41et poser clairement
12:43cette opposition.
12:45On voit bien aujourd'hui
12:47que faute de nous opposer
12:49à cette guerre,
12:51cet illimitisme
12:52de Donald Trump
12:53s'accélère.
12:54Et le résultat,
12:55c'est que c'est nous
12:56qui payons l'addition.
12:57Ne l'oublions pas,
12:58les Américains,
12:59entre le Moyen-Orient
13:00et les États-Unis,
13:02il y a une mer
13:03et il y a un océan.
13:04Nous, nous sommes
13:05dans la proximité
13:07de ces conflits
13:08et c'est nous
13:08qui en payons le prix.
13:09Mais s'il y a demain
13:11un risque migratoire,
13:12s'il y a un risque terroriste,
13:13et le risque terroriste,
13:14ce n'est pas quelque chose
13:15d'hypothétique,
13:16il est là.
13:17S'il y a un risque
13:19de prolifération
13:20qui s'accroît
13:20dans les prochaines années,
13:21nous serons ceux
13:22qui payent l'addition.
13:24C'est pour cela
13:24que les Européens
13:25doivent marquer clairement
13:27le rapport de force
13:28vis-à-vis des États-Unis.
13:29Nous ne sommes plus
13:30dans le même bateau.
13:32Nous n'avons plus
13:32les mêmes intérêts.
13:34Et nous devons le dire
13:35aux États-Unis,
13:36quelles qu'en soient
13:36les conséquences,
13:37je ne fais pas partie
13:38de ceux qui sont
13:39en faveur de la politique
13:40du pire.
13:41Je ne crois pas
13:41qu'il nous appartient
13:42aujourd'hui
13:42de quitter l'OTAN.
13:44Mais jouons désormais
13:45entièrement dans le cadre
13:47du pilier européen
13:48de l'OTAN.
13:49Accélérons nos efforts,
13:50faisons un effort
13:51supplémentaire
13:52pour, entre Européens,
13:54être capables
13:55de prendre la relève.
13:56Parce qu'il y a
13:56un risque supplémentaire.
13:58C'est que les États-Unis
13:59laissent tomber l'Ukraine
14:01et que l'Ukraine
14:01se retrouve face
14:02à une Russie
14:03qui tire quelques bénéfices
14:05de la situation actuelle,
14:06notamment du fait
14:07de sa rente pétrolière.
14:08J'essaye de remettre
14:10de la réalité de l'Europe
14:11quand je vous écoute.
14:12On a du mal
14:13à construire simplement
14:14un avion
14:14avec les Allemands.
14:15Si demain,
14:17effectivement,
14:18un homme ou une femme
14:19en Europe
14:19se lève pour dire
14:20ces cas de vérité
14:21à Donald Trump
14:21et que,
14:22imaginons que ce soit
14:23Emmanuel Macron,
14:23et que dans la foulée,
14:24les États-Unis
14:25nous mettent
14:2530% de droits de douane,
14:26est-ce que vous ne reviendrez
14:27pas sur ce plateau
14:28pour dire
14:28c'est scandaleux,
14:30il ne fallait pas aller
14:30jusque-là ?
14:31C'est-à-dire,
14:31on voit bien qu'aujourd'hui,
14:32il y a beaucoup de voix
14:33en Europe
14:34qui ont envie
14:34de se fâcher
14:35avec Donald Trump
14:35mais qu'elle n'ose pas
14:36parce qu'il a aussi
14:37la toute-puissance économique.
14:38Mais il ne s'agit pas
14:39de se fâcher
14:39avec Donald Trump,
14:40il s'agit tout simplement
14:42de prévenir Donald Trump
14:43de ce qui va se passer.
14:45Vous pensez vraiment
14:45qu'on peut lui faire peur ?
14:46Mais en 2003,
14:47qu'est-ce qui s'est passé
14:47avec Jacques Chirac ?
14:49Nous avons dit
14:50à George Bush
14:51ce qui allait se passer.
14:52Et il y allait quand même.
14:54Et le chaos
14:55en a été la conséquence.
14:56Et il y allait quand même
14:56comme aujourd'hui.
14:57Et vous croyez
14:57que le peuple américain
14:58n'est pas capable
14:59à 5 mois
15:00des échéances
15:01des midterms
15:02de se rendre compte
15:03que ce type d'aventure
15:05encore et encore
15:06conduit
15:06et les Etats-Unis
15:07et le Moyen-Orient
15:09et l'économie.
15:10Donc notre espoir
15:10c'est le peuple américain.
15:11Et l'économie.
15:11Mais notre espoir
15:12c'est la démocratie.
15:14Notre espoir
15:15c'est de ne pas infantiliser
15:16nos peuples.
15:17Notre espoir
15:18c'est de rester
15:19capable
15:19de mener des politiques humaines.
15:21C'est d'être capable
15:22de mener le monde
15:23avec réalisme.
15:25C'est les trois quarts
15:26de la planète
15:26qui sont en attente
15:27d'un leadership européen.
15:28Mais le problème
15:29c'est que ce ne sont pas
15:30les trois quarts de la planète
15:30qui votent pour élire
15:31le président américain
15:32mais les citoyens américains.
15:33Oui.
15:34Mais au bout du compte
15:34l'addition risque
15:35d'être encore plus redoutable
15:36pour Donald Trump.
15:37Mais une fois de plus
15:38si personne ne dit
15:40à Donald Trump
15:41son fait
15:42si personne ne prévient
15:44Donald Trump
15:44des risques qu'il prend
15:46non seulement aujourd'hui
15:47pour les soldats américains
15:48mais pour l'ensemble
15:49de la planète
15:50nous sommes tous
15:51aujourd'hui
15:52à subir les conséquences
15:53de cette politique
15:54qui a une traduction
15:56dans le déséquilibre
15:57économique du monde
15:58tragique.
15:59Et bien je pense
16:00que ça mérite
16:00au moins
16:01que les Européens
16:02aient le sursaut
16:03la dignité
16:04de dire les choses
16:06aux Etats-Unis
16:07et au reste du monde.
16:08Et dans cette addition
16:09de la guerre
16:09dont vous parlez
16:10Dominique de Villepin
16:11il y a évidemment
16:12la flambée des carburants.
16:14Vous allez nous dire
16:14dans un instant
16:15ce que vous feriez
16:16si vous étiez
16:17aujourd'hui
16:17en responsabilité.
16:18Mais est-ce que vous seriez
16:20cigale ou fourmi ?
16:21Est-ce que vous diriez
16:22je saupoudre
16:23je vise les professions
16:24qui soufflent le plus
16:25ou j'ouvre grand les vannes
16:26et tant pis pour le déficit ?
16:27Je serais responsable.
16:29Oui mais...
16:30Oui oui mais
16:30qu'est-ce que ça veut dire ?
16:31Permettez-moi de le dire.
16:33Responsable ça veut dire quoi ?
16:34C'est-à-dire qu'il faut
16:35protéger les plus vulnérables
16:37et en particulier
16:38ceux qui dans notre territoire
16:40subissent les conséquences
16:41tragiques
16:41et ne peuvent plus travailler.
16:43Ne peuvent plus
16:43utiliser leur voiture.
16:45Et c'est pour cela
16:46que je suis pour que
16:47les maires
16:47et les intercommunalités
16:48puissent distribuer
16:50des chèques carburants
16:51à ceux qui en dessous
16:52d'un certain seuil
16:53de ressources
16:54ne peuvent pas
16:55aujourd'hui travailler.
16:56Deuxièmement...
16:56Pardon, des chèques carburants
16:58pour tous les automobilistes
16:59en dessous d'un certain
17:00seuil de revenus ?
17:00Non.
17:01Pour ceux qui dans les territoires
17:03ont absolument besoin
17:05de leur voiture.
17:06Si vous êtes à Paris
17:07vous prenez le métro
17:08vous prenez le bus
17:09il y a d'autres moyens
17:09dans les grandes villes
17:10c'est le cas.
17:11Qui les finance
17:11ces chèques carburants ?
17:12Eh bien c'est à partir
17:14des moyens
17:15dont nous disposons
17:16des ressources
17:16dont nous disposons
17:18encore
17:18même si
17:19la pelote
17:20s'est beaucoup rétrécie
17:21compte tenu de l'état
17:22de nos finances publiques
17:23que nous pouvons
17:24dégager une marque.
17:24Donc je suis pour des aides
17:25ciblées.
17:26On l'a fait pour les producteurs.
17:27Vous avez un montant en tête ?
17:29Le gouvernement
17:30est bien placé pour le faire.
17:31Le gouvernement
17:32il a dit 70 millions
17:33pour l'instant
17:34sur les professions
17:35les plus ciblées uniquement.
17:36Il ne pourra pas
17:37en rester là.
17:38Il faudra
17:38et il faut
17:39prendre en compte
17:40cette réalité-là.
17:40Deuxièmement
17:41il faut une politique
17:42d'écrètement.
17:43L'écrètement
17:43ça veut dire que
17:44quand les prix
17:45vont monter
17:46au-delà d'un certain seuil
17:47prenons 2,50 euros
17:48et bien
17:49il faudra
17:50alors
17:53faire en sorte
17:54que
17:54nous puissions
17:56quand
17:57le prix
17:58baissera
17:59écrêter
18:00c'est-à-dire
18:00qu'à périmètre constant
18:02nous allons
18:03lisser
18:03le prix.
18:04C'est-à-dire qu'on fixe
18:05pour plusieurs mois
18:06le prix à 2,50 euros
18:08quand il est au-dessus
18:10c'est l'État
18:10qui paye
18:11quand il est en dessous
18:12il se rembourse
18:13Exactement
18:13c'est-à-dire
18:14que c'est un système
18:14qui permet
18:15d'établir
18:15une sorte de caisse
18:16de compensation
18:17Si ça ne redescend pas
18:18Eh bien
18:19si ça ne redescend pas
18:20on peut quand même
18:20penser
18:21qu'il y a
18:22un principe
18:22de réalité
18:23qui jouera
18:24et que ce ne sera
18:26pas seulement
18:26les Européens
18:27qui s'opposeront
18:29alors à Donald Trump
18:29Il y a
18:30aujourd'hui
18:31je crois
18:31un troisième élément
18:33qu'il faut prendre en compte
18:34compte tenu du fait
18:34que nous voyons
18:35qu'il y a
18:36un certain nombre
18:36de rentes
18:37et de super-profits
18:38qui sont dégagés
18:39en particulier
18:40par les pétroliers
18:41Il faut
18:42que l'ensemble
18:44de ces super-profits
18:46puissent être restitués
18:47Il n'y a pas de raison
18:48que dans cette période-là
18:51quiconque
18:51puisse faire
18:52des marges importantes
18:53Donc qu'il s'agisse
18:54Pour les citer
18:54il faut une taxe
18:55sur les profits total
18:56C'est ce que vous demandez
18:57par exemple
18:57Au minimum
18:58Et les distributeurs
19:00sont susceptibles
19:01également d'en faire
19:02Mettons en place
19:03un dispositif
19:04qui permettra
19:04de faire la lumière
19:05Il ne s'agit pas
19:06de faire un procès
19:06l'intention à quiconque
19:07Il s'agit de poser
19:09un principe de justice
19:10Les Français
19:11veulent la clarté
19:13et ils veulent
19:14la justice
19:14A partir de là
19:16et bien effectivement
19:17nous mesurerons
19:18combien
19:19nous avons encore
19:20un effort à faire
19:20en matière d'électrification
19:22Ça veut dire que
19:23contrairement à ce qui a été fait
19:24depuis quelques années
19:25où nous avons commencé
19:26à tourner le dos
19:27à notre effort écologique
19:28nous avons besoin
19:29d'avancer
19:30dans la voie
19:31de la décarbonation
19:32Il y a là
19:32un effort puissant
19:33qu'il faut faire
19:34Ça veut dire
19:35que tôt ou tard
19:36les politiques se payent
19:37et quand on ne fait pas
19:38ce qu'on doit
19:39et bien
19:39on s'en trouve
19:41en difficulté
19:42Et d'un mot
19:42nationalisé total
19:43comme le propose
19:44Xavier Roussel
19:45chez les communistes
19:46Non
19:46Je ne dirai pas
19:47jusque là
19:48Je crois qu'il faut
19:48raison garder
19:50Mais en tout état de cause
19:51dans cette période
19:52exceptionnelle
19:52ne pas accepter
19:54une rente
19:55des bénéfices indus
19:56Je crois que c'est
19:57la moindre des choses
19:58Donc taxe sur les super profits
19:59et système où on bloque
20:01les prix
20:03pour atténuer
20:04les hausses et les baisses
20:05Je retiens vos deux propositions
20:06qui permet de maintenir
20:07les prix
20:08dans une certaine réalité
20:09Dominique de Villepin
20:10Hier une manifestation
20:11a été organisée
20:12par le maire
20:13de Saint-Denis
20:14Bali
20:14Bagayoko
20:16contre des attaques
20:17jugées racistes
20:18contre lui
20:19Plusieurs personnalités
20:20de gauche y étaient
20:21Je n'ai pas vu
20:22Je ne vous ai pas vu
20:23parmi les participants
20:24sur les écrans
20:25Le président de la France
20:26humaniste
20:27était présent
20:28Benoît Jiménez
20:29le maire de Garges-Légonès
20:30Nous étions présents
20:32et j'ai fait un message
20:33à cette occasion
20:33Donc vous considérez
20:35qu'il y a bien
20:36un racisme contre lui
20:37et contre d'autres maires
20:39élus au municipal ?
20:41Monsieur Fauvel
20:41je crois qu'à moins
20:42d'être sourd
20:43et aveugle
20:44il est difficile
20:45de nier cette réalité-là
20:46même si c'est
20:48beaucoup
20:48beaucoup de vos confrères
20:50se sont illustrés
20:51à cette occasion
20:52je crois que c'est
20:52une réalité incontestable
20:54il y a des comportements
20:56absolument scandaleux
20:57dans une forme de racisme
20:58qui peut étonner
20:59un certain nombre
21:00de nos compatriotes
21:00on n'est pas là
21:01comme on l'a connu
21:02dans le passé
21:03à des insultes
21:04à des stigmatisations
21:05ouvertes
21:06on est dans quelque chose
21:07de sous-entendu
21:08ce que j'appelle
21:08un halo de racisme
21:10c'est-à-dire qu'on joue
21:12autour
21:12à travers des mots
21:13justement
21:14tournons pas
21:14autour du pot
21:15c'est le principe
21:16du sifflet de chien
21:17c'est-à-dire qu'on joue
21:19sur des fréquences
21:20où
21:21et bien justement
21:22tous ceux qui sont soucieux
21:24de stigmatiser
21:25l'extrême droite
21:26un certain nombre
21:28de journalistes
21:29en l'occurrence
21:30tous ceux qui souhaitent
21:31appuyer
21:32sur
21:34ces leviers
21:35qui divisent
21:37les français
21:38et montent
21:39les français
21:39comme s'il y avait
21:40certains français
21:42qui étaient moins français
21:42que d'autres
21:43est-ce que vous voyez
21:43comme Jean-Luc Mélenchon
21:44une vague de racisme
21:46aujourd'hui
21:46qui concerne
21:47notamment les élites
21:50venant des élites
21:51je ne rentrerai pas
21:54dans des analyses
21:55à ce point sophistiquées
21:57ce qui me frappe
21:58c'est que nous avons
21:59aujourd'hui
22:00une extrême droite
22:01qui prêche
22:03en faveur
22:04des français
22:04de souche
22:05et qui distingue
22:06entre les français
22:07c'est une logique
22:09d'exclusion
22:09que je crois
22:10dangereuse
22:11de l'autre côté
22:12nous avons
22:12Jean-Luc Mélenchon
22:13qui depuis 2018
22:14la nouvelle France
22:15a développé
22:16un discours
22:17sur la nouvelle France
22:18une France
22:19disons
22:20difficile de la définir
22:21parce que lui-même
22:22varie
22:22une France plus métissée
22:23à la fois sociale
22:25et en même temps
22:26ethnique
22:27est-ce que vous faites
22:28le même constat
22:28est-ce qu'il y a
22:29une nouvelle France
22:29le risque
22:30c'est que
22:31cette nouvelle France
22:33divise à nouveau
22:34les français
22:35donc d'un côté
22:36vous avez un parti
22:37qui joue sur l'exclusion
22:38de l'autre côté
22:39vous avez
22:40un parti
22:41qui joue
22:41sur une logique
22:42de bloc
22:43et bien
22:44dans ces deux cas
22:46je ne crois pas
22:47que nous retrouvions
22:48la France
22:48la France
22:49telle que nous la connaissons
22:50la France telle que nous l'aimons
22:52et c'est pour cela
22:52que je pose
22:53un principe
22:54d'exigence
22:55qui est celui
22:56du rassemblement
22:57une France
22:58humaniste
22:59fidèle à ses valeurs
23:00une France
23:01qui rassemble
23:02tous les siens
23:02c'est la France
23:04de tous les jours
23:04c'est notre France
23:05à tous
23:06et je crois
23:07que toutes ces constructions
23:08politiques
23:08illustrent une chose
23:09qu'il faut prendre en compte
23:11c'est la radicalisation
23:12de notre jeu politique
23:13c'est pas un hasard
23:14si aujourd'hui
23:16dans le jeu politique français
23:17vous n'avez que deux grands partis
23:18qui tiennent debout
23:19vous avez d'un côté
23:20le rassemblement national
23:21et vous avez de l'autre côté
23:22à l'autre bout
23:23la France insoumise
23:24le risque donc
23:25c'est que cet affrontement
23:27entre des radicalités
23:28ne conduise en permanence
23:30à voir tous les français
23:32pris en otage
23:32entre ces deux pôles
23:34Votre discours Dominique
23:35de Villepart
23:36mais on va en parler
23:36dans quelques minutes
23:37Moi je m'élève
23:37pour défendre
23:40pour défendre
23:41le rassemblement
23:42et nous ne sommes pas nombreux
23:43quand j'entends
23:44chez les républicains
23:46des voix qui s'élèvent
23:47pour parler
23:48d'un état de droit
23:48qui ne serait
23:51aujourd'hui
23:53pas quelque chose
23:54de garanti
23:56mais quelque chose
23:57ça c'est pour Bruno Retailleau
23:58pour Bruno Retailleau
23:59je fais le sous-titrage
23:59quand j'entends
24:01par ailleurs
24:02d'autres
24:03mettre en avant
24:05un droit international
24:06qui n'existerait plus
24:08on voit bien
24:09qu'on est
24:09entre différentes réalités
24:11qui toutes
24:12toutes
24:13visent
24:14à effacer
24:15les principes
24:16sur lesquels
24:16était appuyé
24:18notre pays
24:18moi je crois
24:19que plus que jamais
24:20les principes républicains
24:22sont nécessaires
24:22je vois M. Attal
24:24qui a aussi
24:25une conception
24:25très militante
24:26de la laïcité
24:27je crois que nos principes
24:29ne doivent pas
24:29être arsenalisés
24:31il ne s'agit pas
24:32d'en faire des armes
24:33contre une partie
24:34des français
24:34et donc
24:35notre pays
24:37a besoin
24:38de stabilité
24:39de sécurité
24:40et de rassemblement
24:41vous êtes l'homme
24:42du milieu
24:44qui rejette
24:45les extrêmes
24:46de la droite
24:47et de la gauche
24:48ce créneau là
24:49il a déjà été occupé
24:50et pris
24:51avec un certain succès
24:52par Emmanuel Macron
24:53est-ce que vous considérez
24:54que vous êtes
24:54une sorte d'héritier
24:56du macronisme
24:56c'est-à-dire
24:57l'homme qui va
24:58réconcilier
24:58on n'a pas dû
24:59regarder le même film
25:01pendant dix ans
25:01c'est sur cette promesse
25:02qu'il s'est fait élire
25:03non mais sur cette promesse
25:04je veux bien
25:05mais il n'en a pas mis
25:08il ne l'a pas du tout
25:09mis à exécution
25:10gouverner avec les meilleurs
25:11à droite
25:12à gauche
25:12piocher dans
25:13les deux camps
25:14pour éviter
25:14la France
25:15oui mais ça c'est
25:16ça c'est du jeu politicien
25:17moi je vous parle
25:18des français
25:19et des françaises
25:20je ne vous parle pas
25:21de saupoudrer
25:22des élus de droite
25:23avec des élus de gauche
25:24ça c'est les tours
25:25de passe-passe habituel
25:26de la politique politicienne
25:27moi ce qui m'intéresse
25:28c'est que
25:29face aux défis
25:31formidables
25:31que sont devant nous
25:32nous sommes aujourd'hui
25:33menacés dans notre souveraineté
25:34souveraineté technologique
25:36souveraineté en matière
25:37de sécurité
25:37souveraineté financière
25:39il faut donc
25:40pour mener ce combat
25:41que nous soyons capables
25:43de nous regrouper
25:44de nous rassembler
25:45nous devons unir
25:46nos forces
25:47et donc c'est
25:48une nécessité
25:49absolument vitale
25:50pour les français
25:51de se retrouver
25:52vous dites
25:53nous devons unir
25:54nos forces
25:55on sait que vous faites partie
25:56des possibles candidats
25:58à l'Elysée
25:59on dit que vous vous préparez
26:01est-ce que
26:01pour être très simple
26:02vous êtes candidat
26:03ou vous n'êtes pas candidat
26:04le moment viendra
26:05le moment viendra
26:06mais il doit y arriver
26:07les français ne sont pas
26:08dans le temps
26:08de l'élection présidentielle
26:09et même ceux
26:10qui avaient l'air très pressés
26:11comme Edouard Philippe
26:12il y a quelques mois
26:14ont bien compris
26:15que nous n'étions pas
26:16dans ce moment là
26:17je vous pose la question
26:18différemment
26:18depuis le 1er avril
26:19tous les candidats
26:20à l'élection présidentielle
26:21doivent mettre de côté
26:22leurs factures
26:22pour les réintégrer
26:23dans leur compte de campagne
26:24est-ce que vous avez ouvert
26:25sur votre ordinateur
26:26un document
26:27j'appelle compte de campagne
26:28monsieur Fauvel
26:29je suis très soucieux
26:31de tout
26:32de respecter
26:33vous gardez vos factures
26:34avec beaucoup de régularité
26:35toutes les obligations
26:36qui s'imposent
26:37vous gardez déjà
26:38les factures politiques
26:38et non seulement cela
26:40mais nous avons créé
26:41un mouvement
26:41la France humaniste
26:42nous sommes aujourd'hui
26:44ça mérite d'être souligné
26:45le premier mouvement
26:47de jeunes en France
26:48100 000 jeunes
26:49c'est pas quelque chose
26:50d'évident
26:51quand on a 72 ans
26:52que d'être capable
26:53de rassembler
26:55cette jeunesse
26:55nous avons aujourd'hui
26:57près de 60 000
26:58militants
26:59à la France humaniste
27:00donc c'est pour vous dire
27:02qu'il y a un combat
27:04qui est à mener
27:04ce combat
27:05il est pour l'intérêt général
27:07moi je ne défends pas
27:08la France nouvelle
27:08la France ancienne
27:09je ne défends pas
27:10telle et telle catégorie
27:11je défends
27:13la France
27:14qui est aujourd'hui
27:15menacée
27:15d'effacement
27:16je défends les français
27:18qui tous les jours
27:18ont le sentiment
27:19de la dépossession
27:20de leur vie individuelle
27:21et de leur vie collective
27:22je défends des français
27:24qui sont en train
27:24de perdre la fierté
27:26d'être français
27:26quand on voit
27:27que la voix de la France
27:28ne s'exprime plus
27:29et je crois donc
27:31qu'il y a
27:31un sentiment d'abandon
27:33chez nos compatriotes
27:34et qu'il est nécessaire
27:35aujourd'hui d'y répondre
27:36Dominique de Villepin
27:37il y a une question
27:38qui divise
27:38et les français
27:40et la classe politique
27:41c'est la question du voile
27:42pas le voile pour les femmes
27:43le voile pour les jeunes filles
27:44ou les fillettes
27:45question très simple
27:46quand vous croisez aujourd'hui
27:47une fillette
27:47je ne donne pas d'âge
27:49volontairement
27:49est-ce que c'est une image
27:51qui vous choque ?
27:53Monsieur Fauvel
27:54il y a des règles
27:55dans notre pays
27:56que nous avons installées
27:57et j'étais avec Jacques Chirac
27:58en 2004
27:58parfois elles changent
28:00en 2004
28:00j'étais avec Jacques Chirac
28:01pour fixer un cadre
28:02à un moment
28:03où les professeurs
28:04les instituteurs
28:05s'interrogeaient
28:06sur ce qu'il fallait faire
28:07ce cadre a été posé
28:08et la règle est extrêmement claire
28:10à la fois dans le milieu scolaire
28:11et dans les services publics
28:13mais vous me parlez de loi
28:14je vous parle de valeur
28:15est-ce qu'il faut
28:16est-ce qu'il faut
28:17l'étendre
28:18et si vous l'étendez
28:21quelles en sont les conséquences
28:22alors il y a deux conséquences
28:23qu'il faut peser
28:24la première
28:24est-ce qu'il appartient à l'état
28:26de rentrer dans la vie des familles
28:27parce que vous me posez
28:28la question sur des fillettes
28:29si vous les croisez
28:30c'est plutôt dans la rue
28:31dans l'espace public
28:31oui mais
28:33que se passe-t-il
28:34dans les familles
28:35et dans la rue
28:36des mineurs
28:37voire des très très jeunes
28:38sont sous la responsabilité
28:41de leurs parents
28:41faut-il rentrer
28:42dans cette logique-là
28:43deuxièmement
28:44votre réponse c'est non
28:45deuxièmement
28:46je vais aller plus avant
28:47je vous ai dit deux raisons
28:49deuxièmement
28:50quels moyens
28:51allez-vous utiliser
28:52les forces de l'ordre
28:53vont désormais
28:55enlever
28:55arracher leur voile
28:57à des fillettes
28:58de 15 ou 16 ans
29:00vérifier l'identité
29:01de ces fillettes
29:02est-ce que tout cela
29:03ne nous fait pas rentrer
29:05dans une logique
29:06du contrôle
29:08mais vous dites
29:09à peu près la même chose
29:10qui ne permet pas
29:11qui ne permet pas
29:12de nous faire vivre
29:14ensemble
29:14en république
29:15donc c'est par l'éducation
29:17que je souhaite
29:18aujourd'hui
29:18faire en sorte
29:19que les comportements
29:21puissent reculer
29:22c'est par l'éducation
29:23que je souhaite
29:24et par le partage
29:24de nos valeurs
29:25que je souhaite
29:26que chacun puisse
29:27le plus possible
29:29vivre sereinement
29:31et librement
29:31en France
29:32mais je ne crois pas
29:33que nous ayons
29:34à rentrer
29:34dans une logique
29:35à l'intérieur
29:36des familles
29:37ou dans une logique
29:38de force
29:40l'obligation
29:41aujourd'hui
29:42on le voit bien
29:42interdire
29:43les réseaux sociaux
29:44pour les moins de 15 ans
29:45nous sommes en permanence
29:46dans une logique
29:47d'interdiction
29:47c'est la politique
29:49de la surenchère
29:50menée en particulier
29:51par l'extrême droite
29:52et par la droite
29:53je crois qu'il faut
29:53travailler en conviction
29:54en explication
29:56la démocratie
29:57est une valeur
29:58extrêmement puissante
30:00à condition
30:01aussi
30:01d'oeuvrer
30:02au niveau des consciences
30:04on a entendu
30:04votre position
30:05claire
30:06sur le voile
30:07pas question
30:08donc d'une loi
30:08pour l'interdire
30:10ce serait trop compliqué
30:11et pour vous
30:12merci
30:12une loi
30:12nous ferait rentrer
30:13dans quelque chose d'autre
30:15qui n'est pas tout à fait
30:16la république française
30:17d'aujourd'hui
30:18merci beaucoup
30:18Dominique Le Vipin
30:19d'être venu ce soir
30:20sur BFM TV
30:21BFM TV
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