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  • il y a 3 mois
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, était l'invité de BFMTV ce dimanche 2 novembre

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00:00On va parler avec vous du budget, de la situation de la droite aussi.
00:04Vous êtes devenu ces derniers mois l'une des personnalités politiques préférées des Français.
00:09Vous vous direz tout à l'heure si ça vous surprend.
00:11D'abord, je voudrais vous faire commenter ce sondage Elab paru ce matin dans les colonnes de la tribune dimanche avec BFM TV
00:17qui montre que le Rassemblement National poursuit son ascension en cas d'élection présidentielle.
00:23Jordan Bardella ou Marine Le Pen caracolerait en tête des intentions de vote entre 34 et 37,5% des voix.
00:30Si on ajoute leurs alliés potentiels, que ce soit Sarah Knafow, Éric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan,
00:36on est à 45% des voix pour l'extrême droite.
00:39Est-ce que la victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella est aujourd'hui inéluctable ?
00:44Nous sommes habitués à ces bulles politiques qui crèvent à l'approche des élections présidentielles.
00:49Mais il faut prendre ce sondage au sérieux.
00:50C'est un avertissement.
00:52Comment en serait-il autrement ?
00:54Quand on voit le spectacle affligeant de la classe politique, l'instabilité gouvernementale,
01:00un débat budgétaire qui ressemble à une bataille de scalps,
01:06les Français sont affligés.
01:08Et donc, ils vont vers le parti qui leur paraît aujourd'hui,
01:13et une majorité de Français le considère comme tel,
01:15comme le parti de la stabilité.
01:17Est-ce que c'est le cas ?
01:18Est-ce qu'aujourd'hui, le RN est devenu le parti de la stabilité ?
01:21Il faut être capable de gratter un peu.
01:23Quand on regarde, par exemple, le contre-budget fait par le RN,
01:27100 milliards d'euros sur 5 ans, qu'est-ce qu'on voit ?
01:32Des expédiants, des formules magiques.
01:36On élimine les crédits de l'immigration, de l'écologie, de l'Europe.
01:42Et avec tout ça, on laisse penser aux Français que les problèmes seront réglés,
01:46que tout ira bien.
01:47C'est évidemment beaucoup plus compliqué que cela.
01:50Il y a eu un autre sondage cette semaine, Dominique de Villepin,
01:53publié cette fois par l'Institut Via Voice pour Libération,
01:55qui dit, ce ne sont pas des intentions de vote,
01:58c'est est-ce que vous pourriez un jour, aux prochaines élections,
02:00voter pour le RN 54% des Français ?
02:03Donc une majorité désormais dit oui, je pourrais glisser un bulletin pour le RN.
02:07Est-ce que vous, un jour, vous pourriez le faire ?
02:09Non. Non, parce que je connais l'histoire du Rassemblement national.
02:14Je sais le poids des héritages pour les partis politiques.
02:16Le poids des traditions.
02:18Et je sais que la nature revient au galop, indépendamment de la personnalité.
02:22Vous dites que le RN ne s'est pas dédiabolisé ?
02:25Le RN s'est dédiabolisé.
02:27Et je ne mets pas en cause la figure de Marine Le Pen,
02:30pas plus que celle de Jordan Bardella.
02:32Mais par contre, dans l'ADN de ce mouvement,
02:36il y a une réalité dont il sera très long de se défaire.
02:40Et en particulier, c'est un mouvement qui joue sur les peurs,
02:46beaucoup plus que sur sa capacité à redresser le pays.
02:51Il laisse miroiter le grand remplacement, comme d'autres parties d'extrême droite.
02:56Mais ce que je crains surtout...
02:57C'est plutôt Éric Zemmour que Marine Le Pen.
02:58Mais c'est vrai aussi, quand on voit la stigmatisation qui est faite d'un certain nombre de catégories,
03:04des immigrés et d'autres.
03:05C'est surtout, aujourd'hui, le risque du grand renoncement qui nous guette.
03:10Je parlais de démission de la classe politique.
03:14Le véritable risque, c'est quoi ?
03:16C'est que notre État, qui est un État qui est au cœur de la vie publique,
03:23que cet État devienne un État identitaire, sécuritaire, autoritaire.
03:28Et que cela transforme la République.
03:30Que cela transforme la démocratie que nous devenions,
03:32comme un certain nombre de grands empires aujourd'hui,
03:35et de pays européens, une démocratie illibérale.
03:39Moi, je ne veux pas que la France soit un jour à l'égal de la Hongrie,
03:43sous la botte de grands empires comme les États-Unis ou la Russie.
03:49Je crois qu'il y a une singularité française.
03:52Il y a une indépendance française qu'il faut défendre.
03:55Et je ne crois pas que ce soit uniquement en stigmatisant les peurs,
03:59en laissant miroiter des formules magiques populistes que l'on peut espérer redresser notre pays.
04:06Pour la première fois cette semaine, Dominique Villepin,
04:08le Rassemblement national a réussi à faire adopter l'un de ses textes à l'Assemblée nationale.
04:12Ça s'est joué à une voix près.
04:14C'est un texte important puisqu'il demande à Emmanuel Macron
04:17de dénoncer l'accord franco-algérien de 1968
04:20qui facilite l'entrée sur le sol français des Algériens.
04:25Vous l'auriez voté, ce texte ?
04:26Non, je ne l'aurais pas voté.
04:28Et ce texte qui a surtout une portée symbolique,
04:33puisqu'il ne change rien sur le fond,
04:35mais il est révélateur de la démission d'une grande partie de la classe politique.
04:38Il a été voté avec une partie des voix des Républicains
04:40et avec les voix des députés d'Horizon d'Edouard Philippe.
04:43Et l'absence, le silence de beaucoup de députés Renaissance,
04:47qu'est-ce que cela dit ?
04:49Cela dit que cette classe politique aujourd'hui,
04:51elle n'est pas prête à mener le combat
04:53contre ce qui est le principal risque pour notre pays,
04:56qui est la menace d'une victoire du Rassemblement national
05:00et qu'elle est déjà dans la course après ce parti.
05:05Vous voulez dire que le RN a déjà gagné la bataille idéologique ?
05:08Ce vote en est le symptôme.
05:10Il a gagné la bataille des tempéraments
05:11et on voit bien que tous ceux qui représentent les partis qu'on a cités
05:14sont déjà dans la course à l'union des droites.
05:17Ils ont déjà cédé, en quelque sorte, sur la digue principale.
05:22Jacques Chirac, tous ceux qui, au cours de la Ve République,
05:25se sont battus contre les idées du Rassemblement national
05:28ou du Front national,
05:29n'ont jamais imaginé que l'on puisse transiger,
05:32compromettre sur cette question-là.
05:34Et donc, ce symbole, le vote de cette résolution,
05:38qui, une fois de plus, ne change pas les choses sur le fond,
05:42mais qui a une portée symbolique extrêmement grande,
05:45cela montre aujourd'hui que la politique étrangère de la France
05:48peut être prise en otage
05:50sans que chacun mesure les conséquences que cela représente.
05:55C'est-à-dire qu'on a voté à l'Assemblée nationale
05:57en faveur de cette résolution
05:58au nom d'une vision de politique intérieure.
06:02La politique étrangère, elle ne se fait pas selon les humeurs,
06:07selon les rejets de tel ou tel État.
06:10– Donc vous êtes plutôt sur la ligne du ministre de l'Intérieur,
06:12Laurent Nunez, qui dit que le bras de fer, ça ne fonctionne pas.
06:15C'est ce qu'on a tenté ces derniers mois avec Bruno Retailleau,
06:17son prédécesseur.
06:18– Monsieur Fauvel, je suis sur la ligne qui a toujours été la mienne
06:22et que je n'ai jamais cessé de répéter.
06:25– Si je résume à grands traits sur l'Algérie aujourd'hui,
06:27il y a deux lignes.
06:28Soit on va au bras de fer, on renégocie cet accord,
06:31soit on continue à discuter avec les Algériens.
06:33Laurent Nunez, ce matin, explique que depuis le printemps dernier,
06:36les canaux de discussion sont rompus
06:39et que l'Algérie, par exemple, ne reprend pas les Algériens
06:42que la France expulse sous OQTF.
06:45On fait quoi aujourd'hui ?
06:46– Les canaux sont rompus et pour cause.
06:49Les quelques fils que nous pouvions espérir tirer
06:52à la suite de la présence de notre ambassadeur
06:54lors des commémorations de 1961, des drames de 1961,
06:59le petit fil que nous pouvions tirer à la suite d'échanges
07:03de messages entre Laurent Nunez
07:05et son homologue ministre de l'Intérieur algérien.
07:08Eh bien, tout ça, effectivement, est rompu par ce geste
07:11qui est d'une brutalité inouïe.
07:13– Et qu'est-ce qu'on peut faire ?
07:15C'est un pays qui refuse de reprendre ses ressortissants.
07:17– Et qui revient sur l'héritage gaulliste,
07:19l'héritage du général de Gaulle,
07:21qui est une politique d'apaisement, de réconciliation
07:24avec une terre qui, pendant 132 ans, a été française.
07:30On ne peut pas nier l'importance des relations humaines
07:34qui existent de part et d'autre.
07:36Et il faut mesurer dans quelle situation nous sommes aujourd'hui
07:38sur le plan juridique.
07:39À la suite de tout cela, des familles qui ne peuvent plus se voir,
07:42des grands-parents qui ne peuvent plus voir leurs petits-enfants,
07:45des étudiants qui ne peuvent pas rejoindre leur université,
07:48il y a des drames humains considérables.
07:50Tout ça, par idéologie.
07:53Alors, je prends en compte ce que vous dites.
07:55– Que fait-on avec un pays, par exemple,
07:57qui refuse de reprendre ses ressortissants,
07:58comme c'est le cas depuis quelques mois de l'Algérie ?
08:00– Il est impératif…
08:01– Expulsé, je précise.
08:02– Il est impératif que nous reprenions le dialogue avec l'Algérie.
08:06D'abord parce qu'il faut que nous réglions
08:09la situation de Boilem Sansal et de Christophe Gleize.
08:13– Le journaliste qui est aujourd'hui détenu et le romancier.
08:15– Détenu en Algérie, qui doivent pouvoir revenir,
08:18rien ne peut justifier qu'il soit détenu aujourd'hui en Algérie.
08:22Et puis, nous avons un ensemble de relations avec l'Algérie,
08:27qui sur le plan économique, qui sur le plan géopolitique,
08:29la situation du Sahel ne cesse de se détériorer,
08:32le Mali est en grande difficulté,
08:34avec des conséquences sur la situation terroriste dans cette région,
08:38qui est très importante pour nos deux États.
08:40Nous devons développer notre coopération, elle est indispensable.
08:44une partie des responsables politiques français n'arrive pas à comprendre
08:50que la relation entre la France et l'Algérie, elle n'est pas négociable.
08:54C'est une relation vitale entre nos deux États,
08:57marquée par l'histoire,
08:59et nous avons le devoir de faire ce qu'il faut pour aboutir,
09:03dans un contexte géopolitique qui ne nous facilite pas les choses.
09:06Nous avons vu la résolution votée par le Conseil de sécurité
09:09sur le Sahara occidental à l'initiative des États-Unis,
09:12où la Russie et la Chine se sont abstenus,
09:15ils n'ont pas mis leur veto, c'est donc une donnée nouvelle.
09:19Nous avons vu la situation au Sahel se dégrader,
09:23on a donc le devoir de faire avancer les choses.
09:25Le bras de fer, Bruno Retailleau a essayé, ça n'a rien donné.
09:29Et je souhaite que le Président de la République puisse,
09:33puisque c'est sa responsabilité,
09:36faire ce qu'il faut faire pour apaiser les esprits.
09:39C'est-à-dire ?
09:39C'est-à-dire reprendre langue avec son homologue algérien.
09:42Des fautes ont été commises de part et d'autre.
09:45Donc c'est à lui aujourd'hui d'appeler son homologue,
09:47de renouer les fils ?
09:48C'est au Président de la République, avec le ministre de l'Intérieur
09:49et bien sûr le ministre des Affaires étrangères,
09:52de retisser les fils.
09:55En allant sur place par exemple ?
09:57Je ne pense pas que ce soit aujourd'hui opportun,
10:00mais en recréant les conditions d'un dialogue
10:02avec tous ceux qui sont susceptibles de jouer un rôle
10:04dans la relation entre la France et l'Algérie,
10:06je crois que dans ce contexte, les partis politiques,
10:11le régime des partis qui s'installent aujourd'hui
10:13au cœur de la République,
10:14desserrent les intérêts vitaux de la France
10:16dans un dossier comme celui-ci.
10:19Dominique de Villepin, on voit aujourd'hui,
10:21pour en revenir à la situation en France
10:23et à l'examen du budget qui se poursuit à l'Assemblée nationale,
10:25que les chances de réussir à faire passer un budget
10:27avant la date limite du 31 décembre
10:30semblent s'éloigner de jour en jour.
10:33L'examen ne va pas assez vite,
10:35il y a des désaccords très forts sur de nombreuses mesures.
10:37Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
10:38revendique ce matin dans la presse
10:40une stratégie des petits pas.
10:42Il dit, je négocie texte après texte,
10:44amendement après amendement.
10:45Est-ce qu'il peut s'en sortir ?
10:47La situation est très difficile
10:48et il est quasiment impossible d'imaginer
10:50que ce budget puisse être voté.
10:53Et donc, il se passe trois après.
10:54Et donc, passés les 70 jours,
10:56nous avons le choix entre un budget passé par ordonnance,
11:00ce qui serait d'une très grande brutalité,
11:02alors même qu'on a un gouvernement
11:03qui a renoncé au 49-3,
11:05ou une loi spéciale
11:08qui reconduirait le budget de l'année antérieure.
11:10Et qui ne règle pas la question d'endettement.
11:12Et qui ne règle aucune des questions.
11:13mais on voit bien qu'un certain nombre aujourd'hui
11:16de responsables, et en particulier économiques,
11:18finissent par considérer
11:19que ce serait peut-être une pas si mauvaise solution.
11:23Nous avons pris les choses...
11:24Entre toutes ces solutions
11:25et une autre que vous n'avez pas abordée,
11:27c'est-à-dire la dissolution
11:28que vous avez prônée, vous, à une autre époque,
11:31des solutions qui n'ont pas fonctionné
11:33parce qu'elle a fait perdre la majorité.
11:34Non, moi, je n'ai jamais prônée...
11:36Vous avez été dans ceux qui...
11:37Vous avez été secrétaire général de l'Elysée.
11:39C'est une autre époque, on parle des années 90.
11:41Ça n'a rien à voir avec la situation actuelle.
11:42Je n'ai jamais prôné la dissolution
11:44dans la période récente.
11:47Je pense au contraire
11:47que ça n'a fait qu'envenimer les choses.
11:49Aujourd'hui, nous avons fait les choses dans le désordre.
11:52Et on voit bien, le débat
11:53qui s'est noué à l'Assemblée nationale
11:55sur les recettes l'a montré.
11:57C'est une bataille de chiffonniers
11:58à coups de mesures et de surenchères
12:01pour savoir qui aura la taxe la plus visible,
12:04le scalp le plus manifeste
12:06qui permettra de marquer des points.
12:07Nous sommes donc dans une bataille politique
12:09qui n'a pas pour but de faire adopter un budget,
12:11qui n'a pas pour but de réduire les déficits,
12:13qui n'a pas pour but de faire en sorte
12:15que la France, dans la situation économique
12:17très grave auquel nous sommes confrontés,
12:20s'en tire mieux.
12:21Mais qui a pour but de marquer des points
12:23politiquement.
12:24C'est le régime des partis.
12:25Donc comment on sort le régime des partis ?
12:27On a oublié deux choses essentielles.
12:31La première, c'est qu'il y a un impératif
12:33de justice sociale.
12:35Et le gouvernement, d'emblée,
12:37aurait dû faire les gestes suffisants
12:38pour recoudre la confiance en France
12:41à travers ces gestes.
12:42Ça veut dire quoi ?
12:43Ça veut dire que chacun, au sein de la nation,
12:47doit payer à la hauteur de ses moyens.
12:49Et il est normal, dans ce contexte,
12:51que les plus riches,
12:52que les entreprises qui font les plus gros bénéfices,
12:54que ceux qui, aujourd'hui,
12:56peuvent éventuellement bénéficier
12:58de situations de rente
12:59ou de profits exceptionnels,
13:01soient amenés à faire une contribution
13:03plus importante.
13:04Vous avez voulu que la taxe Zuckman
13:05soit votée avant-hier ?
13:06Mais je ne m'attache pas à des totems
13:08et je n'ai aucun tabou.
13:10Mais je crois que des gestes importants
13:12doivent être faits.
13:13Pourquoi ?
13:14Parce que l'effort que nous devons faire cette année,
13:16il faudra le refaire pendant 4 ans.
13:18Et c'est donc un véritable travail pluriannuel
13:21qu'il faut être capable de faire.
13:23Vous voyez le mal qu'on a à le faire cette année.
13:25Imaginez ce que ça va être l'année prochaine.
13:26Mais pour être très clair,
13:27vous auriez souhaité qu'il y ait
13:28quelque part le nom de Gabriel Zuckman
13:30ou un autre nom,
13:31vous auriez voulu une taxe sur le budget.
13:32Je veux que, par le dialogue,
13:35on arrive à la solution la plus juste
13:37et la plus transparente.
13:39Parce qu'aujourd'hui,
13:39ce qu'on constate à l'occasion
13:41de ce débat budgétaire,
13:43c'est qu'il y a d'énormes méconnaissances
13:45sur la réalité des choses.
13:47On ne sait pas quelles sont véritablement
13:50les aides qui sont accordées aux entreprises.
13:52On ne sait pas quelle est la situation des plus riches,
13:55ceux que l'on veut taxer à 2% de leur fortune
14:00au-delà de 100 millions.
14:02Quelle est leur véritable contribution
14:04à l'effort national ?
14:05Et donc, il aurait été très souhaitable
14:07que nous puissions travailler
14:09avec un véritable audit par fonction budgétaire,
14:12que nous puissions connaître exactement
14:15la situation de l'ensemble des différentes catégories.
14:18Et de ce point de vue-là,
14:19la Cour des comptes et éventuellement
14:20par un organisme d'experts en liaison
14:23avec l'Assemblée nationale
14:24aurait pu faire ce travail.
14:26C'est le travail que j'ai effectué
14:28entre 2005 et 2007
14:29pour réduire la dette
14:30et réduire les déficits.
14:32Aujourd'hui, on a le sentiment
14:33que la politique de la France
14:35se fait à la corbeille de l'Assemblée nationale,
14:37aux doigts mouillés
14:38et à coups d'humeur des uns et des autres.
14:41Tout cela n'est pas sérieux.
14:42Le résultat, c'est quoi ?
14:44C'est que les entreprises ont le sentiment
14:45d'être les boucs émissaires
14:47et il y a une démobilisation,
14:48il y a une inquiétude,
14:49il y a une imprévisibilité
14:51de notre situation économique.
14:53Les Français sont effarés
14:55parce qu'ils ne voient pas
14:56où tout cela va s'arrêter
14:58et comment surtout nous arriverons
14:59à redresser les comptes de notre pays.
15:02Et tous ceux qui nous regardent,
15:03les marchés,
15:04les autres pays européens,
15:06constatent cette incapacité française
15:07à se prendre en main.
15:08Tout cela est tragique
15:10et je regrette pour ma part
15:12que les dirigeants des partis
15:15n'aient pas eu à cœur
15:15avec le gouvernement,
15:18éventuellement avec le président,
15:19de fournir une copie
15:21qui soit à la hauteur de la situation.
15:24Vous aviez eu des mots rudes
15:25à l'égard de Sébastien Lecornu
15:27il y a quelques semaines
15:28en disant qu'il devait s'émanciper
15:29d'Emmanuel Macron
15:30sous peine de devenir son gentil toutou.
15:33Suite à cette déclaration
15:35que vous avez faite,
15:35le canard enchaîné affirme
15:37qui vous a envoyé un texto,
15:39en voici le contenu,
15:40d'après le canard enchaîné,
15:41je ne comprends pas cette rage
15:42qui sous-entend,
15:43vous aurait écrit le Premier ministre,
15:45un mépris de classe
15:45parce que je ne suis pas
15:46issu de l'ENA,
15:48le toutou c'est le collaborateur
15:49du président
15:49qui a été nommé Premier ministre,
15:51vous donc,
15:51ce qui n'est pas mon cas,
15:52je suis un élu.
15:53Est-ce que vous confirmez
15:54qu'il vous a effectivement écrit ça ?
15:55Non, ce propos je l'ai déjà dit,
15:57il est mensonger.
15:59L'Opinion,
15:59très bon journal,
16:00a lui publié l'intégralité
16:02des échanges que j'ai eus
16:03avec Sébastien Lecornu
16:04qui ont été extrêmement cordiaux
16:07mais qui...
16:08Le gentil toutou,
16:09c'est l'origine,
16:09ça c'est pas très cordial.
16:10Mais écoutez,
16:12il y a quelques valeurs en politique
16:14à avoir des responsables
16:16qui disent la vérité.
16:17J'ai dit à Sébastien Lecornu
16:19ce qui le menaçait.
16:21Il vaut mieux être averti.
16:22Il vaut mieux savoir
16:23le risque que l'on court.
16:24Gentil toutou, voilà.
16:25Je suis à l'opposé.
16:26Je suis à l'opposé
16:28du système de cours
16:29qui malheureusement
16:30domine en France.
16:31Depuis cette phase,
16:32Dominique de Villepin,
16:33la suspension de la réforme des retraites,
16:34le dégel finalement
16:35des pensions de retraite,
16:36le dégel des prestations
16:38des minimas sociaux annoncés,
16:41vous trouvez qu'il a coupé la laisse
16:43pour reprendre votre...
16:44Écoutez, nous le verrons.
16:45Nous sommes dans la partie recette.
16:46Nous allons engager
16:47la partie dépense.
16:49Nous verrons bien
16:49si à la fin,
16:51nous arrivons à un budget
16:53Frankenstein
16:53ou si ce budget
16:55a quelque cohérence,
16:56quelque rationalité
16:57et s'il sert véritablement
16:58les intérêts de notre pays.
16:59Mais d'un mot encore là-dessus.
17:00Vous lui avez présenté des excuses
17:01pour cette phrase
17:02ou ça s'est réglé autrement ?
17:03Mais il n'y a jamais eu
17:04d'excuses à apporter.
17:05J'ai clairement exprimé
17:08ce que j'avais à dire
17:08et nous avons les relations
17:10les plus cordiales
17:10comme nous avons pu
17:12se le manifester
17:14à d'autres occasions.
17:15Dans quelques jours,
17:16Dominique de Villepin,
17:16le 10 novembre précisément,
17:18Nicolas Sarkozy
17:19connaîtra la date
17:20de sa remise en liberté.
17:22Est-ce que vous considérez,
17:23comme certains de ses soutiens,
17:25que la place d'un ancien président
17:26ne peut pas être en prison ?
17:28Mais nous ne parlons pas
17:29d'un ancien président,
17:31M. Fauvel.
17:32Nous parlons d'un justiciable
17:35qui a à répondre devant la justice
17:37et qui a été condamné.
17:39Condamné, présumé innocent,
17:42en attente d'une éventuelle condamnation
17:44ou au contraire, innocence.
17:46Donc, ne mélangeons pas tout.
17:47Donc, vous ne partagez absolument
17:49aucune de ces attaques
17:50contre la justice.
17:51Je ne fais pas partie
17:52des responsables politiques
17:53qui s'adonnent
17:55au mélange des genres.
17:56On peut avoir
17:57des relations personnelles,
17:59des relations d'amitié
17:59avec l'ancien président
18:01de la République
18:02et pour autant,
18:03il y a une décision de justice.
18:05Cette décision de justice...
18:05Vos relations avec Nicolas Sarkozy,
18:07elles ont souvent été,
18:08je parle encore une fois
18:09d'une époque ancienne,
18:11attendues, très conflictuelles.
18:12Ça n'y est pour rien
18:13ce que vous nous dites ce soir.
18:14Vous mettez de côté
18:15vos désaccords politiques.
18:16Mais je suis sur les principes.
18:18Je suis sur les principes.
18:20J'ai, en ce qui me concerne,
18:21suffisamment souffert
18:22de tout cela
18:23et j'ai tourné la page.
18:25Il y a des principes
18:26dans notre République.
18:27Vous savez, tout est lié.
18:29Les principes républicains,
18:31quand on commence
18:31à les déboulonner,
18:33on change de République.
18:34On dénature cette République.
18:36Il faut donc être lucide
18:37et conscient.
18:38Nous avons eu ce débat
18:39autour de Marine Le Pen.
18:40Nous avons aujourd'hui
18:41le débat autour de Nicolas Sarkozy.
18:43Les Français ne peuvent pas
18:45ne pas avoir le sentiment
18:46d'un deux poids, deux mesures.
18:47C'est catastrophique
18:48pour la République.
18:50C'est catastrophique
18:50pour la démocratie.
18:51Et qui plus est,
18:52quand on est un ancien président
18:53de la République,
18:54on a un devoir d'exemplarité.
18:55Donc, ne mélangeons pas
18:57les choses.
18:58Il y a un appel
18:59qui aura lieu
19:00dans les prochains mois.
19:01Ce sera un rendez-vous
19:02important.
19:03Mais je crois que
19:04tout ce qui vient
19:06créer de la suspicion,
19:08tout ce qui vient créer
19:09du doute
19:10est mauvais
19:11pour la démocratie.
19:12et de ce point de vue-là,
19:14nous devons être comptables
19:15des gestes,
19:16des paroles
19:17qui sont les nôtres
19:18de façon à être exemplaire.
19:19Gérald Darmanin,
19:20le ministre de la Justice,
19:21a rendu visite
19:22à Nicolas Sarkozy
19:23en prison.
19:24Il a expliqué
19:24qu'il le faisait
19:25pour aller vérifier
19:27sur le terrain
19:27les conditions de sécurité
19:28de l'ancien président.
19:30Est-ce que vous trouvez
19:30qu'il y a dans cette visite
19:32matière à polémique
19:33ou est-ce que vous considérez
19:34que c'est son rôle ?
19:35Je ne mets pas en doute
19:36la bonne volonté
19:38et les intentions
19:38de Gérald Darmanin.
19:41En ce qui me concerne,
19:42je pense qu'effectivement,
19:44il y a le risque
19:44qu'une telle démarche
19:46soit mal interprétée.
19:48Donc il faut...
19:49C'est-à-dire comme une forme
19:50de pression ?
19:51C'est un risque.
19:52Vous savez,
19:53la responsabilité,
19:54elle doit s'accompagner
19:55de beaucoup de réflexions.
19:56Il faut peser.
19:57Un garde des Sceaux,
19:58il doit peser
19:59ce qu'il fait
20:00et ce qu'il ne fait pas.
20:01Gérald Darmanin
20:02a décidé
20:03de rendre visite.
20:04Une réunion s'est même tenue
20:05avec le directeur
20:06de la prison.
20:07Est-ce que tout ceci
20:08est opportun ?
20:09Je n'en suis pour ma part
20:10pas sûr.
20:11Je ne l'auriez pas fait,
20:12vous,
20:12dans de telles circonstances.
20:13Je crois qu'il faut être
20:15économe
20:16dans ces situations-là
20:17et éviter
20:18tout ce qui peut
20:19s'apparenter
20:20à une interférence
20:21susceptible
20:22d'être mal comprise.
20:23Je voudrais qu'on reparle
20:24de votre famille politique.
20:25Mais d'ailleurs,
20:26je ne sais pas
20:26si c'est encore
20:27votre famille politique.
20:28Non, je ne suis pas
20:29membre des Républicains.
20:30Mais ça reste votre famille
20:31de près de loin ?
20:32C'est l'endroit
20:32où vous seriez
20:33plus à l'aise ?
20:34Non, je ne suis pas...
20:34Non, non, je suis un gaulliste
20:35et donc je ne suis pas
20:37aux Républicains.
20:38Bon.
20:39Bruno Retailleau
20:39ne fait plus partie
20:40du gouvernement,
20:41ça ne vous a pas échappé.
20:42Six ministres LR
20:43font partie du gouvernement
20:44Lecornu
20:44et ils ont été suspendus
20:46du parti.
20:47Est-ce que vous considérez
20:48aujourd'hui
20:49que les Républicains
20:50sont dans la majorité
20:51ou dans l'opposition ?
20:52Ou, j'allais dire,
20:53est-ce que vous en fichez
20:54complètement ?
20:55Si vous me passez l'expression...
20:56J'observe
20:57le jeu politique.
20:59Ça a été votre famille.
21:00Ça ne l'est plus aujourd'hui
21:00mais ça a été votre famille.
21:01J'observe
21:02le jeu politique
21:03et je constate quoi ?
21:05Je constate que malheureusement
21:06les Républicains
21:07sont en train
21:08de se diviser
21:09sur des stratégies
21:10personnelles,
21:10électorales,
21:11de futures candidatures
21:12à la présidentielle
21:13entre Laurent Wauquiez
21:15et Bruno Retailleau.
21:16Que Bruno Retailleau,
21:18en fonction,
21:19n'a pas montré
21:20qu'il était capable
21:21de joindre la parole
21:22à l'action.
21:23Beaucoup de redemontades,
21:24beaucoup de promesses.
21:25On l'a vu sur l'Algérie,
21:26on l'a vu sur la sécurité,
21:27on l'a vu sur l'immigration.
21:29Mais au bout du compte,
21:29le sentiment
21:30qu'on peut avoir
21:31les Français,
21:32c'est que cela
21:32ne s'est pas traduit
21:33par la mise en place
21:35de politiques publiques
21:36susceptibles
21:36de répondre
21:37à l'inquiétude
21:38des Français.
21:39Regardons la situation
21:40de la sécurité en France,
21:41elle ne s'est pas améliorée.
21:43Vous savez,
21:43la politique publique,
21:45c'est quelque chose
21:45de sérieux.
21:46Il faut une vision,
21:47il faut des outils
21:48et une capacité
21:49à coordonner
21:49l'ensemble des hommes,
21:50des acteurs
21:51sur le terrain.
21:52Tout ceci n'a pas été fait.
21:53Pourquoi ?
21:54Parce que
21:54les Républicains,
21:56à leur tête,
21:57ont cédé à la tentation
21:58qui est celle
21:58du Rassemblement national
21:59tous les jours,
22:00qui n'est pas
22:01de faire de la politique
22:02avec le réel,
22:03pas faire de la politique
22:04avec l'État,
22:05mais de faire de la politique
22:06avec de la déclaration,
22:08avec des anathèmes.
22:09Là, vous parlez-t-il
22:10de Bruno Rotaillot ?
22:11Oui, je parle de Bruno Rotaillot.
22:11C'est la même chose
22:12que le RN, Bruno Rotaillot.
22:13Mais il est dans la foulée
22:15du Rassemblement national.
22:17Et si aujourd'hui,
22:18ils sont dans un passage à vide,
22:21c'est bien parce que
22:21la crédibilité des Républicains
22:24est en train de s'affaisser.
22:25Mais il n'est pas le seul.
22:27Quand Édouard Philippe
22:28vote une résolution
22:30sur l'Algérie,
22:31on voit bien qu'il emprunte
22:32le pas de mouvements identitaires
22:34qui ne sont pas conformes
22:36à la philosophie qui est la sienne.
22:38C'est une forme de démission
22:39de la classe politique,
22:40de course à la reconnaissance,
22:44de volonté d'obtenir facilement
22:46l'acquiescement des Français.
22:48Mais vous savez,
22:48les Français, au bout du chemin,
22:50ils savent qui est capable
22:51de tenir son rang,
22:53qui est capable
22:53de défendre leurs intérêts.
22:56Imaginons,
22:56parce que c'est une nécessité
22:58puisque nous allons bientôt
23:00démarrer une campagne présidentielle.
23:02Vous imaginez ce qu'on a cité
23:04demain, faire face à Donald Trump,
23:07faire face à Vladimir Poutine
23:09ou au président Xi Jinping.
23:11Vous imaginez Jordan Bardella
23:13dans la cour des grands ?
23:15Est-ce que les intérêts
23:16de la France sont défendus ?
23:17On voit bien qu'Emmanuel Macron
23:18a aujourd'hui du mal
23:19à tenir son rang.
23:22Il est en grande difficulté
23:23dans la capacité
23:24à défendre nos intérêts,
23:25même s'il y a des points
23:26qu'il faut saluer,
23:27et en particulier
23:28la reconnaissance
23:29d'un État palestinien.
23:29Vous voulez dire qu'il faut un homme
23:30qui a de l'expérience
23:31du vécu politique
23:32pour arriver à l'Élysée en 2027 ?
23:34On ne s'amuse pas
23:35avec la politique.
23:36À deux ans,
23:37on peut être tenté
23:38de dire
23:38je voterai pour le RN,
23:40je voterai pour tel et tel
23:41aux Républicains,
23:42mais la réalité du pouvoir,
23:44c'est qu'au bout du compte,
23:46c'est le destin de la France.
23:48Est-ce que vous êtes prêts
23:49à brader le destin
23:50de notre pays ?
23:51Vous imaginez
23:52ce que serait
23:53alors le destin
23:55de notre pays
23:56qui a connu
23:57des épisodes tragiques,
23:58rappelons-nous 1870,
24:00la dépêche d'Ems,
24:01on a cédé devant les Prussiens,
24:041940,
24:05Montoir,
24:06vous imaginez...
24:07Aujourd'hui,
24:07dans la classe politique,
24:08une personne telle
24:09que vous décrivez,
24:10est-ce qu'il y en a ?
24:10Mais ça,
24:11c'est au franc,
24:12mais moi,
24:12ce que je veux...
24:13Vous êtes en train de nous dire
24:14que je ne laisserai pas
24:15les clés de l'Élysée
24:15à quelqu'un qui a 30 ans
24:16comme Jordan Bardella,
24:17c'est ce que je propose
24:18aux propos.
24:19Il n'y a pas de carrière
24:20les Français
24:21lors de l'élection présidentielle.
24:22Voilà,
24:23et moi,
24:23et moi...
24:24Ma question,
24:24je vais vous la poser différemment.
24:25Est-ce que c'est votre portrait
24:26que vous êtes en train de placer ?
24:27Non, moi,
24:28je veux qu'ils ouvrent les yeux
24:29et qu'ils se posent
24:29un certain nombre de questions.
24:32Le poste de président de la République,
24:34le poste de Premier ministre,
24:35la représentation de l'État,
24:37ce ne sont pas des postes
24:38qu'on occupe
24:39pour le bon plaisir.
24:40Ce ne sont pas des postes
24:41où on peut se satisfaire
24:42de faire des promesses.
24:44Ça fait presque 10 ans
24:45qu'on voit ce que c'est
24:47que des gouvernants
24:49qui ne tiennent pas l'État.
24:50Et le drame de la France aujourd'hui,
24:52c'est l'affaissement
24:53de cet État.
24:54Eh bien,
24:54je souhaite
24:55que la France se reprenne.
24:56Vous savez,
24:57nous avons un grand pays.
24:59Nous sommes un pays
25:00qui a une histoire,
25:03une ambition,
25:05des talents formidables.
25:06Eh bien,
25:07nous allons gâcher tout ça
25:08par colère,
25:10par peur,
25:11parce que nous pensons
25:12qu'à un moment donné,
25:12il faut jouer à la roulette,
25:14je ne la qualifierai pas de russe
25:15avec les élections présidentielles,
25:17au risque
25:18de reconnaître
25:20les pires mamans
25:21de notre histoire.
25:22Je vous écoute,
25:23je vois tout cela
25:25avec inquiétude.
25:26Et si je m'engage
25:27aujourd'hui en politique,
25:29si je reviens 18 ans plus tard,
25:30vous l'avez rappelé,
25:32c'est parce que je pense
25:32qu'il y a des combats
25:34à mener dès maintenant.
25:35Je m'engage en politique,
25:36ça veut dire quoi ?
25:37Quand on est comme vous,
25:39quand on a été Premier ministre,
25:40ministre des Affaires étrangères,
25:40eh bien, ça veut dire
25:41que sous tous les grands sujets,
25:43on a parlé de l'Algérie,
25:45on a parlé du budget,
25:46sur tous les grands sujets,
25:48je veux montrer
25:48qu'il y a un autre chemin,
25:50qu'il y a une France,
25:51une France républicaine,
25:54une France humaniste,
25:55une France universaliste,
25:56et que nous n'avons pas
25:57à nous renier,
25:59nous n'avons pas à devenir
26:00un tout petit pays
26:01tenu par une laisse
26:02pour imaginer un avenir
26:05pour la France.
26:05J'ai l'impression d'entendre
26:06votre discours à l'ONU,
26:07c'est le Premier ministre,
26:07d'un vieux pays qui vous parle ici,
26:09aviez-vous lancé
26:09à l'Assemblée générale
26:11au moment où vous vous posez
26:12à la guerre,
26:12on vous vieillissait tous,
26:13évidemment,
26:14mais j'ai aussi le sentiment
26:15d'avoir devant moi
26:16quelqu'un qui est officieusement
26:17candidat à l'Élysée,
26:19ou officiellement d'ailleurs peut-être.
26:20Est-ce que c'est le cas ?
26:21Est-ce que vous avez par exemple
26:22commencé à recueillir
26:23les fameuses 500 signatures ?
26:25Mais M. Fauvel,
26:27j'ai créé un parti,
26:29ce parti est en train
26:30de s'organiser,
26:30de se structurer,
26:35évidemment de se préoccuper
26:36de la question des signatures.
26:39Mais ma démarche,
26:41ce n'est pas une démarche personnelle.
26:43Ma démarche est une démarche d'équipe.
26:44Je crois qu'il faut...
26:45Vous n'allez pas chercher
26:46des signatures pour quelqu'un d'autre.
26:47Mais l'idée neuve aujourd'hui en France,
26:49c'est l'idée du rassemblement.
26:50Vous voyez,
26:51il y a des talents formidables
26:52dans notre pays.
26:52On a écouté Jean-Louis Borloo
26:54nous expliquer
26:55l'un des grands nœuds gordiens
26:57aujourd'hui
26:58auxquels notre pays est confronté.
26:59La question de la relation
27:01entre l'État et les territoires.
27:03Il y a des guichets à l'infini,
27:05il n'y a pas de pilote,
27:06on ne sait pas où on va,
27:07il y a des doublons partout.
27:08Voilà des voies
27:09qui comptent dans notre pays.
27:11C'est drôle ce que vous dites
27:12que vous savez
27:12que vous êtes aujourd'hui
27:13la deuxième personnalité politique
27:14préférée des Français
27:15et la première c'est
27:16Jean-Louis Borloo.
27:18Et c'est pour dire
27:19que c'est nœuds gordiens.
27:20La question du travail en France.
27:22En France aujourd'hui,
27:23le travail ne paye pas.
27:25Comment fait-on
27:26pour faire en sorte
27:27qu'il puisse véritablement rémunérer ?
27:29Tous ces nœuds gordiens,
27:30ce n'est pas par des promesses,
27:32ce n'est pas sur les estrades
27:34qu'on les réglera.
27:35C'est par un travail profond,
27:37assidu,
27:38avec des gens qui connaissent l'État,
27:39des gens sérieux.
27:40Et donc je veux rassembler
27:41le plus grand nombre possible
27:43de bonne volonté,
27:45de talent.
27:46Et puis cette équipe-là
27:47déterminera le moment venu
27:49qui doit représenter
27:50notre famille politique.
27:52– D'un mot, vous en êtes à combien
27:52dans les signatures ?
27:53– Pas vous le dire aujourd'hui,
27:56c'est un travail long
27:57pour une raison très simple.
27:58M. Fauvel, il ne vous a pas échappé
28:00que les municipales
28:00n'avaient pas encore eu.
28:01– Oui, exactement.
28:02– Donc soyons patients.
28:03– Il n'y a pas que les signatures
28:04des maires qui comptent,
28:05même si vous avez raison,
28:06c'est le gros des signatures.
28:07parce qu'il y a 35 000 maires.
28:08– Donc la véritable collègue
28:09commencera après.
28:10– Ce matin, le sondage est là.
28:11On en parlait tout à l'heure.
28:13Vous êtes crédité de 3 à 5 %
28:14des intentions de vote.
28:15Vous l'avez lu ce matin,
28:17ce sondage ?
28:17– Mais vous me le dites.
28:18Écoutez, pour quelqu'un
28:19qui n'est pas candidat,
28:20qui revient après une longue traversée,
28:23je trouve que c'est déjà
28:24un début d'atterrissage.
28:26Tout est à faire.
28:27Je ne suis pas naïf.
28:29Et puis surtout,
28:30le combat commence.
28:31Il faut convaincre les Français.
28:33Il faut mettre sur la table
28:34des sujets qui aujourd'hui
28:35n'y sont pas.
28:36Et c'est un immense travail.
28:38C'est le travail de la démocratie.
28:39– Je voudrais qu'on dise un mot
28:41puisqu'il y a 20 ans,
28:43quasiment jour pour jour,
28:43la France était secouée
28:44par trois semaines d'émeutes urbaines
28:47après la mort de deux adolescents,
28:49Ziad Ebouna à Clichy-sous-Bois.
28:50Vous étiez Premier ministre
28:51depuis quelques mois
28:52quand les émeutes se sont déclenchées.
28:54Est-ce que vous pensez
28:55qu'elles pourraient recommencer aujourd'hui ?
28:58– Ce fut un drame terrible.
29:01J'ai été profondément marqué
29:02par ce drame.
29:03Et les deux figures
29:04de Ziad et Ebouna
29:06restent profondément gravées en moi.
29:09Et la rencontre que j'ai eue
29:10à Matignon avec les parents,
29:13les familles,
29:15en compagnie de Nicolas Sarkozy,
29:17ministre de l'Intérieur,
29:18a été un moment très fort
29:20d'émotion et de regret.
29:22Parce qu'il faut dire les choses.
29:24– Qu'est-ce que vous regrettez ?
29:25– À ce moment-là,
29:26la République,
29:27le gouvernement,
29:29le ministre de l'Intérieur
29:29et moi-même,
29:30nous n'avons pas trouvé
29:31les mots justes
29:32puisque nous avons repris
29:34dans un premier temps
29:35l'analyse du ministère
29:36de l'Intérieur
29:36qui était une analyse
29:38qui imaginait
29:39qu'il y avait eu
29:40un cambriolage
29:40et c'était faux.
29:42Ces deux jeunes
29:42n'étaient en rien
29:43mêlés à un cambriolage.
29:44– Ils sortaient d'un match de foot.
29:45– Ils sortaient d'un match de foot,
29:47revenaient de Livy-Gargan
29:48pour aller chez eux
29:49à Clichy-sous-Bois
29:50et ils étaient totalement innocents.
29:52– Vous pensez
29:52que ces mauvaises informations
29:54elles ont joué
29:55dans la rupture de confiance
29:56et dans les trois semaines
29:57d'émeute ?
29:59– Je pense
29:59qu'elles ont créé
30:01un profond sentiment
30:03d'injustice
30:04et d'abandon
30:05et que la confiance,
30:07ça se gagne lentement.
30:08Il y a eu malheureusement
30:09d'autres éléments
30:10qui après ont aggravé
30:11les choses
30:11et c'est pour cela
30:12que ça a été
30:14un long travail
30:15que de cicatriser tout cela
30:16et d'essayer
30:17de reprendre les choses.
30:18Malheureusement,
30:18si l'on prend la situation
30:2020 ans plus tard,
30:22non seulement la situation
30:23ne s'est pas améliorée
30:24mais elle s'est dégradée.
30:25Et une de mes grandes tristesses
30:26c'est de voir
30:27que la politique de la ville
30:28a été complètement écartée.
30:30Malheureusement,
30:30Emmanuel Macron
30:31a considéré
30:31que ce n'était pas
30:32quelque chose
30:32de suffisamment important
30:34et donc cette politique
30:35de la ville
30:36aujourd'hui
30:36elle est en panne.
30:37Ça fait partie
30:38de ces très nombreuses
30:39politiques publiques
30:40qu'on pourrait citer
30:40le logement,
30:41l'égalité des chances
30:42et beaucoup d'autres
30:43qui doivent être reprises
30:44et à l'heure
30:45où le budget
30:46risque de couper
30:47dans les budgets
30:48des associations,
30:49j'alerte sur le fait
30:51que ces associations
30:53font un travail
30:54formidable
30:55dans notre pays
30:56en matière culturelle,
30:57en matière sportive,
30:58en matière éducative
30:59et ça
31:00c'est des talents
31:00qu'il faut reconnaître.
31:02La République
31:02ne reconnaît pas suffisamment
31:05le travail
31:06qui est fait
31:06partout sur les territoires
31:08par des bénévoles,
31:09par des gens
31:10qui engagent
31:12leur temps
31:13et leur vie
31:14au service des autres.
31:15Merci.
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