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  • il y a 11 minutes
Le président de la République a répondu aux questions des journalistes depuis la Corée du Sud où il est actuellement en visite d'État ce jeudi 2 avril. Mercredi, le président américain avait assuré que son homologue français "se fait maltraiter par sa femme et il se remet à peine de la droite qu'il a reçu à la mâchoire". Emmanuel Macron a répondu que ses propos n'étaient "ni élégants ni à la hauteur".

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Transcription
00:00D'abord, je ne le présente pas en ces termes qui seraient, je dirais, négatifs. Ensuite, c'est une question
00:05qui est souveraine.
00:07Et quand on regarde le niveau de la présence à la fois militaire, de l'importance des liens, et c
00:11'est bien légitime depuis maintenant plus de 70 ans,
00:14je pense que ça ne peut pas être incantatoire. Néanmoins, je perçois chez tous mes interlocuteurs la même chose que
00:21chez nous,
00:22c'est-à-dire une interrogation, un doute, quand on est confronté à des situations qui ne sont pas prévisibles
00:28et qui peuvent parfois mettre dans la difficulté. Et donc je crois que la conviction qui maintenant est croissante
00:36à la fois chez les responsables politiques, mais également chez les responsables économiques,
00:42c'est celle de devoir diversifier les partenariats. Et je crois que l'Europe, en tout cas c'est ce
00:47que je suis venu plaider,
00:48l'Europe et la France doivent être regardées sans doute un peu différemment. J'ai rappelé nos chiffres, nos atouts,
00:53mais également le fait que nous étions des partenaires au service de l'ordre international, prévisibles et de confiance.
01:02Et au fond, dans la guerre aujourd'hui qui accourt au Moyen-Orient, c'est la même chose, c'est
01:09le même message qu'envoie la France.
01:10Nous sommes des partenaires de confiance et nous sommes du côté du droit international et de la stabilité.
01:15Je crois que ça a beaucoup de valeur. Voilà. Donc tout ça prendra du temps, mais je pense que les
01:21choses sont en train de s'infléchir.
01:22Et en tout cas, c'est très cohérent avec ce que nous défendons depuis maintenant 9 ans sur la stratégie
01:27indo-pacifique.
01:28Monsieur le Président, vous faisiez allusion à l'instant au Président Trump qui s'en est pris ces derniers jours
01:32plusieurs fois à la France.
01:33Hier soir, il s'en est même pris à vous directement avec des allusions privées sur votre couple.
01:38Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que c'est une attaque que vous considérez contre la
01:42France, ce qu'il a dit ?
01:43Écoutez, je ne vais pas rentrer. On parle de choses trop graves. On parle de guerre.
01:47On parle aujourd'hui de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes et de
01:52civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans cette région.
01:56On parle aussi des conséquences de cette guerre sur nos économies.
02:01Je pense à nos compatriotes. Les Américains vivent la même chose.
02:04Les prix de l'essence, du gaz qui montent. Et donc les propos que j'ai pu entendre, que vous
02:10faites référence,
02:11ne sont ni élégants ni à la hauteur. Voilà.
02:15Donc je ne vais pas y répondre. Ça ne mérite pas de réponse.
02:17Ce qu'il faut faire, c'est agir pour la désescalade, pour un cessez-le-feu,
02:24pour la reprise de négociations qui seules peuvent régler en profondeur,
02:28ce qui se joue dans la région et qui est important pour la stabilité de tous nos partenaires et de
02:32nous tous,
02:32et pour la reprise aussi d'une libre circulation, la reprise des échanges économiques dont nous avons besoin.
02:40Parce qu'aujourd'hui, ce sont nos compatriotes, c'est nous tous qui sommes les victimes des conséquences de cette
02:47guerre.
02:48Malgré tout, est-ce que ça ne distend pas vos liens ?
02:51Est-ce que ça ne fait pas encore plus peut-être des États-Unis un partenaire qui deviendrait encore plus
02:55imprévisible que jamais ?
02:57Ce n'est pas ces mots qui changent quoi que ce soit. La réalité est là.
03:00Et donc moi, ce qui m'importe, c'est d'aller de l'avant pour notre pays, pour nos compatriotes
03:05et pour tous nos amis dans la région.
03:07Et donc maintenant, il faut bâtir les solutions diplomatiques.
03:11Et donc permettre d'avoir la paix le plus vite possible, un cessez-le-feu, un cadre clair,
03:18et permettre de reprendre la libre circulation à travers le détroit d'Hormuz,
03:23et pouvoir avoir justement un cadre établi.
03:26et ensuite construire le chemin d'une paix durable.
03:30Alors il y a toute la région, et puis il y a la question aussi du Liban,
03:33à laquelle évidemment nous sommes très attachés, sur laquelle nous oeuvrons aux côtés des autorités libanaises.
03:38Monsieur le Président, hier, vous avez justement parlé, vous avez dit, sur NHK,
03:42à quoi servirait d'avoir bombardé l'Iran pendant des semaines s'il ne sortait pas un nouveau cadre ?
03:46Quel pourrait être ce cadre ?
03:47Et on sait assez bien ce qu'il convient de bâtir.
03:53Il y a eu des emprises nucléaires qui ont été détruites, à nouveau frappées.
04:00Je rappelle qu'il y a six mois, on nous avait expliqué que tout avait été détruit, que tout était
04:02réglé.
04:05Pour ceux qui l'avaient oublié.
04:06Donc on voit bien que qu'est-ce qui manque ?
04:08S'il n'y a pas derrière des enquêteurs internationaux qui vont regarder où sont la matière existante,
04:15comment se font les recherches, aller vérifier les sites,
04:18ça n'est pas sérieux parce que vous avez toujours aujourd'hui, et vous aurez demain en Iran,
04:23des gens qui ont la compétence, vous avez toujours des sites cachés, etc.
04:27Et donc ça n'est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines,
04:30qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire.
04:33Et donc derrière, il faut un cadre le plus exigeant possible pour éviter qu'il y ait de nouveaux enrichissements,
04:39pour éviter, pour traiter la question des matières qui seront encore justement sur place,
04:45de voir comment les traiter, il y a plusieurs, je ne vais pas rentrer ici, dans les modalités techniques,
04:50mais sous l'autorité de l'Agence internationale de l'énergie atomique,
04:53de pouvoir en reprendre le contrôle et de s'assurer qu'il n'y a pas d'enrichissement,
04:57ni derrière de militarisation.
04:59Ça c'est la première chose.
05:00S'il n'y a pas de cadre de négociation diplomatique et technique,
05:05la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années.
05:09Ensuite, sur les activités balistiques, c'est la même chose.
05:12Il faut derrière qu'à travers la négociation, on bâtisse un cadre qui permet d'observer l'évolution de ses
05:18capacités
05:19et de s'assurer qu'il n'y a pas à nouveau un réarmement.
05:23Puis la troisième chose, c'est qu'il y a un engagement aussi sur ce qu'on appelle les proxys,
05:27en tout cas tous les groupes, groupes terroristes ou milices,
05:30qui agissent au nom de l'Iran dans des pays voisins
05:33et qui viennent bousculer la souveraineté de plusieurs de ces États.
05:37Et donc sur chacun de ces sujets, ça n'est que par une négociation approfondie,
05:42un accord, et d'ailleurs il faut mettre dans cet accord également la question des sanctions,
05:47qu'on pourra, donc c'est par un tel accord, qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la
05:53durée
05:53et préserver la paix et la stabilité pour tous.
05:56Monsieur le Président, parmi les déclarations notamment d'hier,
05:58il y a cette menace de nouveau brandi de se désinvestir de l'OTAN,
06:03de la part des Américains, en tout cas Donald Trump et certains de ses ministres
06:07qui insistent de plus en plus sur ce point en restant évidemment ambigus.
06:11Et puis il y a aussi une autre déclaration hier soir,
06:13c'est ces annonces de frappes encore plus dures pour deux à trois semaines sur l'Iran.
06:19Quelle est votre réaction sur ces deux points ?
06:21Écoutez, moi je n'ai pas beaucoup de réactions à avoir.
06:24Je pense que des organisations, des alliances comme l'OTAN,
06:28elles valent par ce qu'on ne dit pas, c'est-à-dire la confiance qu'il y a derrière.
06:34Et c'est souvent comme ça d'ailleurs des sujets militaires et stratégiques.
06:38Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on en vit de la substance.
06:43On n'appartient pas de commenter, c'est une responsabilité
06:46que prennent aujourd'hui les autorités américaines en chaque matin
06:49disant qu'elles feront ceci, ne feront pas cela ou autre.
06:52Quand on a signé un texte, quand on s'est engagé dans une alliance,
06:57quand on croit qu'il est important de défendre la sécurité de ses alliés,
07:02en tout cas partenaires,
07:05n'est à la hauteur des engagements qu'on a signés,
07:06on ne les commande pas chaque matin,
07:07ni pour dire qu'on le fera ou qu'on ne le fera pas, on ne dit rien.
07:10Et le jour où il y a un problème, on est là.
07:13On a signé des accords avec les pays du Golfe,
07:17on n'a pas commenté ces accords pour dire on sera là, on ne sera pas là.
07:20Ils ont été attaqués, on était là.
07:22C'est comme ça que ça doit se passer et pas d'une autre manière.
07:25Donc moi, je ne suis pas là pour commenter les commentateurs.
07:27Je trouve que ça parle trop.
07:32Ça va trop dans tous les sens.
07:33Voilà.
07:34Et donc je pense que le monde a besoin de stabilité.
07:37Je pense qu'on a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix.
07:42Et ça n'est pas un spectacle.
07:45On parle de paix, de guerre, on parle de la vie de femmes et d'hommes,
07:50on parle de la situation de nos pays, des risques qu'il y a sur nos pays,
07:53et on parle de la situation économique de nos pays,
07:56d'ailleurs qu'il s'agisse des États-Unis d'Amérique,
07:58ou de nous Européens, ou ici d'Asiatiques.
08:00Tout le monde paye les conséquences.
08:01Donc il faut être sérieux.
08:02Quand on veut être sérieux, on ne dit pas à chaque jour le contraire de ce qu'on a dit
08:05la veille.
08:06Et il ne faut peut-être pas parler tous les jours.
08:08Il faut juste faire calmer les choses et bâtir une paix durable.
08:11Sur les frappes, les tensions frappes massives annoncées hier soir ?
08:15Je n'ai pas tellement de commentaire à faire.
08:17Je ne suis pas le commentateur d'une opération que les Américains ont décidée avec les Israéliens,
08:22seuls.
08:24Ils peuvent après déplorer qu'ils ne sont pas aidés dans cette opération qu'ils ont décidée seuls.
08:29Ce n'est pas notre opération.
08:31Nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait la paix le plus vite possible
08:34et qu'il y ait un cadre diplomatique qui soit établi.
08:37Et donc je ne vais pas, moi, commenter ce qui est dit par les uns les autres.
08:40Je m'assure en tout cas que la sécurité de nos partenaires est préservée,
08:44que la sécurité de nos emprises est préservée
08:47et que nous puissions aussi aider les pays qui sont les plus déstabilisés,
08:52du banc que j'évoquais,
08:53et surtout que le plus vite possible, on puisse restaurer la liberté de circulation.
08:58Sur le détroit d'Hormuz, justement, est-ce que la première ministre japonaise,
09:03et vous allez en parler avec le président sud-coréen,
09:05se sont engagés à participer à l'initiative que vous avez évoquée il y a maintenant deux ou trois semaines
09:10?
09:11Et là encore, Donald Trump a redit dans son allocution,
09:14ça ne suffit pas d'intervenir comme vous proposez une fois que les armes se seront tues,
09:19c'est aux pays qui ont besoin du détroit d'Hormuz de venir maintenant le libérer,
09:22prenez-le, allez-y.
09:23Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de difficile à réconcilier entre ces deux armes ?
09:27Non, d'abord, il y a des gens qui défendent l'idée de libérer de vives forces
09:32par une opération militaire le détroit d'Hormuz,
09:35une position qui a parfois été exprimée par les États-Unis d'Amérique,
09:38je dis parfois parce qu'elle a pu varier.
09:41Ça n'est jamais l'option que nous avons retenue,
09:44et nous considérons qu'elle est irréaliste.
09:46Elle est irréaliste parce qu'elle prendrait un temps infini,
09:49et elle exposerait, tous ceux qui iraient au travers de ce détroit,
09:52des risques côtiers de la part des gardes de révolution qui ont des moyens,
09:57mais aussi de missiles balistiques, de tas de risques.
10:00Depuis le début, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut pouvoir rouvrir ce détroit
10:04parce qu'il est stratégique pour l'énergie, pour d'ailleurs les engrais aussi,
10:10le commerce international,
10:12mais que ça ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran.
10:16Et donc, première chose, c'est évidemment qu'il y a un cessez-le-feu,
10:19une reprise des négociations,
10:21et dans ce cadre, pour garantir qu'il n'y a pas de frappe qui touche ces bateaux,
10:26avec, possiblement, c'est ce qu'on offre des missions de réassurance,
10:29c'est une des options possibles,
10:32de pouvoir le faire, mais ça n'est en aucun cas une opération de vive force
10:35que nous avons proposée.
10:38Donc voilà, le cadre est clair.
10:40C'est pour ça qu'il vient dans un temps second,
10:43mais ne pensons pas qu'on puisse libérer ou l'ouvrir de vive force.
10:46Après, c'est là où aussi la négociation diplomatique est très importante,
10:50c'est que le monde ne peut pas vivre avec non plus l'Iran
10:53qui, du jour au lendemain, déciderait d'ouvrir, de fermer.
10:56Donc il faut que le cadre soit établi.
10:59Il y a des eaux iraniennes, il y a des eaux internationales,
11:02il y a des eaux omanaises.
11:03Donc il faut que tout ça soit bien établi et respecté et surveillé
11:08et que les choses puissent reprendre.
11:10Quelques mots très rapides, M. le Président,
11:11juste sur le territoire national.
11:13On ne vous a pas entendu de vive voix
11:15sur cet attentat déjoué Bank of America à Paris.
11:19Et ce matin, on apprend que la Goldman Sachs
11:22est placée sous protection judiciaire
11:23après des menaces d'un groupe iranien.
11:26Quelles sont les informations que vous avez à ce sujet ?
11:27Je ne ferai pas de commentaire au-delà
11:29de ce que les magistrats en charge du dossier
11:31et les ministres peuvent dire.
11:33Je veux ici simplement dire que nous sommes extrêmement vigilants,
11:36comme nous le sommes depuis toujours,
11:38sur les menaces terroristes.
11:40Je félicite les services enquêteurs
11:42qui ont eu l'information
11:43et qui ont ainsi pu déjouer la tentative
11:45qui s'est organisée il y a quelques jours.
11:47Je veux dire que nous sommes très vigilants
11:49sur chacun de ces sujets
11:50pour aussi rassurer tous ceux qui peuvent être ciblés,
11:54d'ailleurs en France comme ailleurs,
11:54parce qu'on a vu plusieurs autres pays européens
11:56qui ont été ciblés par des tentatives d'attentats
11:59du même type.
12:00Donc grande vigilance,
12:03mobilisation de l'ensemble des services compétents
12:05et des magistrats,
12:06et c'est eux qui vous éclaireront sur les faits.
12:08Merci à tous.
12:09Merci beaucoup.
12:10Merci mesdames et messieurs.
12:11Bonne soirée.
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