00:02Nous ne sommes pas tous égaux face à la crise des carburants.
00:05Écoutez bien ce chiffre révélé par l'Institut Montaigne.
00:08Les deux tiers des ruraux sont très impactés par la hausse des prix
00:11quand à peine un citadin sur deux en souffre vraiment.
00:14Bonjour Vincent Serrano.
00:15Bonjour Thomas, bonjour à tous.
00:17Ce matin, Vincent, et c'est notre événement sur RTL,
00:19vous avez choisi d'aller sonder les campagnes qui tirent la langue à la pompe.
00:22Vous êtes donc rendu à Emblinville, c'est dans l'Oise,
00:25une commune, un territoire comme il en existe des milliers,
00:28loin de tout et où les choses sont simples, on ne peut pas vivre sans sa voiture.
00:32Oui, où l'on se tient surtout au courant tous les jours
00:35de l'évolution des prix dans les stations-services du coin.
00:37C'est Jean-Christophe qui s'y colle ce matin.
00:40Avant de partir au travail, il est écouté religieusement par ses amis sur la place du village.
00:45Le gasoil, oui, là, ça pique.
00:46Moi, je passe devant Carrefour où elle était à 2,35,
00:49au champ de 21, Total, 2,09.
00:53J'ai voulu prendre de l'essence ce matin chez Total, 999, 999.
00:58Il n'en a plus.
00:58Il en faut vraiment qu'il fasse quelque chose parce que là, on fait déjà de la route
01:01pour pouvoir prendre de l'essence.
01:02Où est-ce qu'on va aller chercher de l'essence ?
01:04Quand on n'en aura plus, on ne roule plus, c'est fini, on ne bouge plus.
01:06Vous êtes en Picardie, vous êtes à la campagne,
01:08puis selon l'endroit où vous travaillez.
01:10Après, il faut partir prendre le train dans le Val-d'Oise pour être sur Saint-Lazare, par exemple.
01:14C'est votre cas, vous travaillez à Paris combien de kilomètres jusqu'à la gare ?
01:17Donc 25, 50.
01:19Par jour, juste pour aller travailler à Paris ?
01:21Et pour prendre le train après.
01:22J'ai fait le plein du 3008, le plein, il me restait un quart, 100 balles.
01:25Il faut vraiment qu'il fasse quelque chose parce que là,
01:27tout le monde va être impacté avec les coûts de transport.
01:29Mais là, il n'y a pas de télétravail ici ?
01:31Non, non, ah ben non, ici, il n'y a même pas un guichet pour retirer de l'argent.
01:34Et puis pour faire les courses, ce n'est pas à côté.
01:36Ah non, il y a l'obligation de prendre un véhicule.
01:38On sent, pardon, je me rapproche, merci.
01:40Votre prénom ?
01:40Marcel.
01:41Marcel, ce que vient de dire Jean-Christophe, ça parle ?
01:43On ne peut pas être sans voiture.
01:44Pas dans les campagnes comme nous, ce n'est pas possible.
01:46On n'a pas de erreur, on n'a pas de car, on n'a rien du tout ici.
01:49S'il y avait vraiment des moyens de transport, on prendrait un peu moins la voiture,
01:52mais sinon, on n'a pas le choix.
01:53Qu'est-ce que vous voulez qu'on prenne ?
01:54Un métro ?
01:55Oui, on va chercher un métro en Blainville.
01:56Oui, tiens, c'est l'original.
01:57On arrive encore à en rire ici, un peu jaune quand même.
02:01Jean-Christophe a vu son budget essence passer de 250 à 340 euros par mois.
02:07En effet, il y a de quoi rire jaune.
02:08Et on entend, Vincent, cette impuissance chez ces automobilistes.
02:11C'est presque même de la résignation.
02:13Ce que finit par me dire, clairement, Angélique, avant de pouvoir se servir à la station essence,
02:17la moins chère du coin, prise d'assaut, même si ça passe à 3 euros le litre,
02:21on devra quand même faire le plein.
02:23On va faire crédit maintenant pour pouvoir aller bosser.
02:2540 kilomètres jusqu'à son boulot.
02:28Est-ce que ça vaut le coup d'aller travailler ?
02:29Parce qu'on va payer plus cher que ce qu'on va gagner, en fait.
02:33Je me sens un peu dépité au volant.
02:34Ça fait combien de temps que vous attendez de pouvoir vous servir ?
02:3640 minutes, c'est énorme.
02:38Les collèges, lycées, universités sont loin d'ici.
02:40Et pour les parents, comme Edeline, une voiture derrière,
02:43il est hors de question de pénaliser les enfants.
02:45Pour les plus petites de 5 et 6 ans, de déposer à l'école du village,
02:48on essaye du coup de faire les trajets à pied.
02:50Par contre, j'ai une grande en études sur Beauvais.
02:523, 4 allers-retours par semaine.
02:54Exactement. 35 minutes, on est à trentaine de kilomètres.
02:57C'est un budget, donc on essaye de faire autrement, de trouver.
02:59Des fois, je fais du covoiturage aussi avec ma voisine.
03:01On ne faisait jamais avant.
03:02Il y a à cette station-service une file d'attente d'une vingtaine de véhicules
03:06qui ne diminuent jamais.
03:07Benoît habite juste à côté.
03:09Ah non, ça c'est toute la journée.
03:10Parce que c'est une station totale avec les prix qui sont bloqués
03:13et que les autres stations autour sont plus chères.
03:14À minuit, il y avait la queue avec les gendarmes qui disaient la circulation.
03:17Les automobilistes stressés à l'idée de ne pas avoir assez d'essence dans le réservoir
03:21pour se rendre simplement au travail.
03:24Merci beaucoup Vincent Serrano.
03:26Et pour le remplir ce réservoir, chacun cherche les bonnes astuces.
03:29Ça consistait pour les frontaliers que la Belgique allait faire le plein
03:32de l'autre côté de la frontière.
03:33Sauf que la Voix du Nord nous apprend ce matin que faire son plein en Belgique,
03:36c'est la fin d'un bon plan puisque là-bas, les prix des carburants ont rattrapé.
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