Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
Commission des affaires culturelles : M. Charles Torossian, président du Conseil d’évaluation de l’école

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00Merci.
00:00:30Merci.
00:01:00Merci.
00:01:30Merci.
00:02:00Merci.
00:02:30Merci.
00:03:00Merci.
00:03:30Merci.
00:04:00Merci.
00:04:30Merci.
00:05:00Merci.
00:05:30Merci.
00:06:00Merci.
00:06:30Merci.
00:07:00Merci.
00:07:30Merci.
00:08:00Merci.
00:08:09Merci.
00:08:18Merci.
00:08:20Merci.
00:08:20Merci.
00:08:21Merci.
00:08:22Merci.
00:08:22Merci.
00:08:23Merci.
00:08:26Merci.
00:08:30moi, qui est accompagné également de M. Christophe Carrero. J'ai souhaité que nous
00:08:36puissions entendre aujourd'hui M. Torossian pour qu'il nous présente ses ambitions pour
00:08:40le Conseil d'évaluation de l'école, dont l'utilité a pu être mise en cause par certains
00:08:45députés dans nos débats, et pour introduire l'audition aussi de cet après-midi des deux
00:08:50personnalités que la présidente de l'Assemblée se propose de désigner comme membre du Conseil
00:08:53d'évaluation de l'école, sur lequel notre commission doit formuler un avis. Je vous
00:08:59rappelle au passage que deux membres de notre commission siègent au Conseil d'évaluation
00:09:03de l'école, à savoir Mme Aïda Adizadeh et M. Christophe Marion, que nous saluons. Sans
00:09:08plus attendre, je vous donne la parole, M. le Président, pour une présentation liminaire
00:09:11de l'ordre de 15 minutes. Je vous en prie.
00:09:16Merci M. le Président pour cette introduction. Mesdames et Messieurs les députés, c'est
00:09:23évidemment un grand plaisir d'être auditionné par la Commission Culture et Éducation, et
00:09:28l'occasion, évidemment, de porter peut-être une voix rénovée sur la question de l'évaluation
00:09:36des établissements scolaires et, bien entendu, des missions du Conseil. Alors, peut-être
00:09:42rappeler dans un premier temps les missions du Conseil d'évaluation d'école, qui n'est
00:09:48pas le Conseil d'évaluation des établissements scolaires. Quatre missions sont définies par
00:09:55la loi de 2019. Le Conseil d'évaluation d'école fait suite à la dissolution du
00:10:02CNESCO. Donc, ces quatre missions que je vais rappeler. D'abord, veiller à la cohérence
00:10:05des évaluations conduites par le ministère chargé de l'Éducation nationale, portant
00:10:11sur les acquis, les dispositifs éducatifs, l'école inclusive, les établissements d'enseignement
00:10:16scolaire. Alors, ça veut dire que le Conseil est fondé à donner un avis sur les travaux
00:10:23d'évaluation que le ministère porte et, évidemment, en premier lieu, la question des travaux de l'ADEP.
00:10:31Deuxième mission, donner un avis sur les méthodologies, sur les outils, sur les résultats
00:10:36des évaluations du système éducatif. Donc, ça, c'est plutôt une mission d'expertise.
00:10:41Vous savez, les questions de méthodologie ne sont pas neutres, notamment pour les statisticiens.
00:10:47Je rappelle le bon mot, évidemment, de Churchill sur les questions des statistiques.
00:10:53Proposer aussi des méthodologies de mesure des inégalités territoriales scolaires et formuler
00:10:58des recommandations utiles pour les réduire, c'est un axe très important et, évidemment,
00:11:03à ce titre, une mission principale du ministère de l'Éducation nationale, c'est de constituer
00:11:09aujourd'hui l'égalité des chances, mais surtout l'équité scolaire, en quelque sorte.
00:11:14Et puis, la quatrième mission, qui est la plus connue, qui est de définir le cadre
00:11:19méthodologique, les outils d'auto-évaluation et d'évaluation des établissements, conduits
00:11:24par le ministère chargé de l'Éducation nationale, et d'analyser les résultats de ces évaluations.
00:11:28En particulier, le Conseil définit la fréquence de ces évaluations, les modalités de leur
00:11:35publicité, et bien sûr définit le cadre méthodologique qui est réalisé.
00:11:46Alors, peut-être préciser ici, on va faire dans un premier temps un bilan assez rapide
00:11:55des évaluations. Est-ce que nous avons, depuis 2018, depuis, pardon, 2020 pour le
00:12:03second degré et 2022 pour le premier degré, réalisé les objectifs fixés par la loi
00:12:09de 2019 ? Alors, en quantitatif, la réponse est positive et donc c'est le premier succès
00:12:15collectif que je souhaitais partager avec vous. Cette année, 100% des établissements du
00:12:20second degré auront été évalués. Bonne nouvelle. Concernant le second degré, qui
00:12:26a commencé un tout petit peu plus tard, nous aurons atteint 66% cette année. D'accord ?
00:12:33Donc, en termes de, j'allais dire, du quantitatif, cet objectif ambitieux, et je rappelle que nous
00:12:42sommes partis de zéro. La France était le dernier pays de l'OCDE, après la Bulgarie, à avoir
00:12:49mis en place l'évaluation systémique des unités éducatives. Donc ça, c'est le premier succès
00:12:57que nous pouvons partager ensemble. Deuxième question, et je ne vais pas jouer à cache-cache
00:13:04avec la Commission. Est-ce que ces évaluations ont servi aujourd'hui à quelque chose ? C'est
00:13:14une bonne question. Mais c'est pour ça que je devance les questions en donnant déjà
00:13:21des éléments de réponse. D'abord, reprenons un petit peu un élément important. Depuis
00:13:282017, une stratégie très profonde du ministère de l'Education nationale a été de placer
00:13:34la question des unités éducatives au cœur de la réflexion, d'une part, et d'autre part,
00:13:40renforcer l'efficacité didactique et pédagogique dans la classe. Donc vous voyez, en quelque
00:13:45sorte, nous avons enrichi, notamment durant le quinquennat, le premier quinquennat, la question
00:13:53éducative sous deux angles. Efficacité dans la classe, notamment la reconstitution,
00:13:58évidemment, de méthodes pédagogiques un peu efficaces, et création d'une culture
00:14:03d'établissement. Avec, d'une part, le renforcement par la loi RIAC sur la question du pilotage
00:14:11dans le premier degré, et d'autre part, en créant une culture établissement scolaire
00:14:17second degré, de quelle manière ? D'abord, en renforçant les compétences managériales
00:14:24des cadres. On ne pouvait pas, comme on le faisait précédemment dans les décennies
00:14:28précédentes, demander aux établissements scolaires de piloter l'orientation, piloter
00:14:33la performance scolaire, piloter la pédagogie, piloter l'insertion professionnelle, sans s'assurer
00:14:39que nos cadres avaient les compétences de leadership scolaire pour réaliser ces objectifs
00:14:45ambitieux collectifs. C'est pourquoi l'Institut des hautes études de l'éducation et de la
00:14:50formation, que j'ai eu le plaisir de diriger pendant six ans, et d'accueillir huit promotions
00:14:54de chefs d'établissement, s'était forcé sous l'égide, j'allais dire, du Grenelle
00:15:01de l'éducation, à mettre en place un grand plan managérial, en partenariat avec le réseau
00:15:08des IAE, pour augmenter les compétences managériales de l'ensemble de nos cadres. Par ailleurs, nous
00:15:14avons comblé des trous systémiques dans la carrière des chefs d'établissement. Peut-être
00:15:20que les personnels, les honorables députés et députés de cette Assemblée l'ignorent,
00:15:26mais nos chefs d'établissement, avant cette période 2017-2026, avaient une formation initiale
00:15:34de qualité, mais très peu de formation continue. On pouvait prendre la tête d'un établissement
00:15:39scolaire du second degré, un lycée général et technologique, ou un lycée professionnel,
00:15:43sans avoir eu aucune formation durant les 15 ans précédant la prise de poste. Dorénavant,
00:15:49depuis la transformation de la voie professionnelle, mais aussi les actions que nous avons menées
00:15:54avec la direction de l'encadrement, rattachée maintenant au secrétaire général, mis en place
00:15:58des formations systémiques, obligatoires, lors de la prise de poste. Je prends le poste de chef
00:16:06d'établissement en lycée, j'ai une formation à l'Institut des hautes études. Je prends
00:16:10une formation, je prends un poste en lycée professionnel, j'ai une formation à l'Institut
00:16:16des hautes études. Voilà des actions concrètes qui ont été menées, et donc, en quelque sorte,
00:16:20nous avons aussi mis en place des formations systémiques sur le leadership scolaire, sur
00:16:26le pilotage de l'orientation, sur le pilotage par la donnée, pour faire en sorte que nos chefs
00:16:31d'établissement, qu'une nouvelle génération de chefs d'établissement puissent émerger
00:16:35au sein de notre ministère d'Education nationale. Ça, c'est la deuxième chose que je souhaitais
00:16:41préciser ici, parce qu'on ne peut pas fixer des objectifs ambitieux aux acteurs, notamment
00:16:47aux responsables des unités éducatives, sans s'assurer, d'une part, de la qualité
00:16:51du recrutement, et d'autre part, la qualité de la formation initiale et continue de ces
00:16:57personnels. Troisième volet, est-ce que les choses étaient cohérentes ? Vous savez,
00:17:05les projets d'établissement, ça fait 40 ans qu'ils sont obligatoires, est-ce que
00:17:09tous les établissements scolaires ont un projet d'établissement opérationnel ? Pas
00:17:15tout à fait. Moins de 20% des établissements ont un projet d'établissement opérationnel.
00:17:21Voilà. Et par ailleurs, qu'est-ce qu'il y a dans ces projets d'établissement ? Est-ce
00:17:26qu'on traite des questions fondamentales, les acquis des élèves, l'orientation, l'insertion
00:17:31professionnelle ? Pas toujours. C'est pourquoi le ministère de l'Education nationale, en
00:17:37juillet 2024, a souhaité que les projets d'établissement scolaire, qu'on pourrait
00:17:42appeler dorénavant des plans de réussite collectif, d'accord, pourraient, doivent,
00:17:51doivent, doivent, j'insiste sur ce terme, doivent être construits après l'évaluation. Pour
00:17:58prendre en compte l'évaluation comme le socle initial de la réflexion collective des
00:18:04établissements. Troisième élément, on a fait une analyse assez précise de ces milliers
00:18:10de rapports qui sont remontés au conseil d'évaluation de l'école. Est-ce qu'on parlait des choses
00:18:14essentielles ? Les acquis des élèves, le collectif de travail, la performance scolaire, etc. ? Pas
00:18:24toujours. C'est pourquoi mon prédécesseur a souhaité simplifier, mieux expliciter les attentes
00:18:32de l'évaluation en créant tout simplement, j'allais dire autour des quatre domaines principaux
00:18:39réflexifs, douze portes d'entrée portant de manière assez précise sur ce qu'on attend dans
00:18:47l'auto-évaluation et l'évaluation. Alors les quatre domaines, je vais les citer pour bien qu'on comprenne
00:18:54que, évidemment, on n'est pas en train de parler de choses abstraites, mais on est en train de parler
00:18:59de choses très concrètes. Le premier domaine porte sur les acquis des élèves, et donc les acquis des
00:19:05élèves, les parcours, l'orientation. On accorde des choses très concrètes. Deuxième domaine, c'est le
00:19:10bien-être. Le bien-être des élèves et des personnels, le climat scolaire, la lutte contre le harcèlement.
00:19:15Le troisième domaine, c'est plutôt l'organisation. L'organisation et les choix pédagogiques, les politiques
00:19:20d'évaluation des acquis, la formation continue des personnels. C'est interrogé par les équipes. Dans les
00:19:28rapports, il y a des choses très concrètes sur les demandes en formation des personnels de l'établissement.
00:19:34Dans les choix pédagogiques, on demande à ce que l'école, le collège, le lycée s'interrogent sur les
00:19:43méthodes pédagogiques, sur les ressources pédagogiques, sur les manuels scolaires, pour avoir
00:19:50effectivement plus de cohérence. Quatrième domaine, les liaisons, évidemment, inter-établissement,
00:19:56inter-degré, les partenariats extérieurs, les relations avec les familles. Comme vous
00:20:02voyez, nous avons aujourd'hui un cadre très opérationnel pour l'auto-évaluation, mais
00:20:07aussi pour l'évaluation externe, qui vient donner corps, qui vient de vivifier les axes stratégiques
00:20:14réflexives de l'établissement. Je rappelle aussi que l'évaluation des établissements
00:20:18scolaires ne constitue pas un audit. On n'est pas en train de vérifier que l'établissement
00:20:23a bien mis en œuvre les quotas ou je ne sais quel objectif opérationnel du ministère
00:20:30de l'Education nationale. Ce n'est pas du tout ça. L'évaluation des établissements
00:20:34scolaires vise à interroger les décisions propres de l'école ou de l'établissement, dans
00:20:40le cadre de ces marges d'autonomie, en lien avec ces objectifs mis en place ou, en
00:20:47tous les cas, interrogés dans le projet d'établissement. À travers ces organisations
00:20:52stratégiques, qu'elles dessinent, qu'elles préfigurent et qui permettent de constituer
00:20:57le projet d'école et d'établissement, qui sera ensuite réinterrogé. Alors, quatrième
00:21:05point, est-ce que nos établissements, nos chefs d'établissement, nos directeurs ont
00:21:13tous les outils pour mettre en œuvre le projet d'établissement ? Mettre en œuvre
00:21:20la transformation ? Et puis, je vais poser une question. Là, on entame, je vous ai dit,
00:21:26100% des établissements ont été évalués, du second degré. Donc, on entame la deuxième
00:21:30vague. Une deuxième vague pour faire quoi ? J'ai demandé à mes équipes, et c'est dans
00:21:38le programme de travail qui a été publié par le Conseil d'évaluation d'école, de
00:21:42bien repérer déjà dans la première vague s'il y avait eu des transformations opérationnelles
00:21:48suite à l'évaluation, ce qu'on a appelé les pépites. Nous publierons en 2026 un bilan
00:21:55des conditions et des pépites que nous aurons trouvées sur la première vague. Nous avons
00:22:00un programme de travail ambitieux. Je voudrais partager avec vous, au fond, la philosophie
00:22:05qui préside à cette deuxième vague de l'évaluation, et je veux dire un mot sur la troisième vague.
00:22:11Si l'évaluation ne sert pas à la transformation des établissements scolaires, ce ne sera pas utile
00:22:17de faire une troisième vague. Nous avons un défi opérationnel collectif à réussir, avec
00:22:23les académies, avec les départements, avec les unités éducatives, faire en sorte
00:22:28que l'évaluation débouche sur des projets d'établissement qui embarquent les collectifs,
00:22:34qui embarquent une ambition importante au service de la transformation, transformation au service
00:22:40des élèves, transformation au service, j'allais dire, de la réussite éducative, de l'équité
00:22:46scolaire, et bien sûr des compétences de nos élèves, mais surtout faire en sorte que
00:22:52notre école, nos établissements du second degré, qui pour beaucoup d'entre eux ont des
00:22:58parcours post-bac, servent les grands objectifs de la nation, réarmement, réindustrialisation,
00:23:07compétition internationale, faire en sorte aussi que nos jeunes disposent des compétences
00:23:12psychosociales utiles pour s'insérer dans un monde du travail. Je rappelle que les enfants
00:23:18qui vont rentrer à la maternelle cette année traverseront l'ensemble du XXIe siècle.
00:23:24Et donc il est important de s'interroger. Et donc à la fois cette simplification, j'allais
00:23:29dire, de la réflexion propre des établissements scolaires, mais aussi cet objectif ambitieux
00:23:36autour de la transformation, c'est quelque chose qui est partagé aujourd'hui. L'exemple
00:23:42même de ce que le ministre a mis en place, avec les 756 collèges en progrès, réinterroge
00:23:51la capacité des académies à accompagner le développement professionnel de nos équipes,
00:23:56de nos professeurs, des équipes éducatives. Et donc c'est une porte d'entrée première
00:24:02pour l'auto-évaluation et l'évaluation des établissements scolaires. Nous partageons cette ambition.
00:24:07Et peut-être que demain, il faudra réfléchir ensemble, vous ici, responsables du budget,
00:24:14de la manière dont nous finançons notre formation continue. Faudra-t-il demain réorienter
00:24:22la capacité de formation des établissements, doper en quelque sorte cette capacité pour
00:24:29répondre aux objectifs qui ont été exprimés autour de l'auto-évaluation des établissements
00:24:36en termes de formation de collectif ? Je le pense, je le crois et je pense que c'est
00:24:41absolument nécessaire. En tous les cas, peut-être deux, trois éléments d'ambition que nous
00:24:47devons partager durant le programme de travail du Conseil d'évaluation de l'école pour
00:24:54cette année. Peut-être, évidemment, nous avons une... à partir des évaluations qui seront portées,
00:25:06nous avons quelques études préliminaires qui déboucheront sur des propositions.
00:25:12Les questions qui restent devant nous, c'est faut-il adapter le cadre de l'évaluation en fonction
00:25:17de la taille des établissements ? Voilà une question qui n'est pas évidente.
00:25:19L'auto-évaluation a vraiment satisfait l'ensemble des acteurs. La question de l'évaluation externe
00:25:26est peut-être un peu plus compliquée pour les académies. Est-ce que nous disposons de tous
00:25:31les éléments sur des conditions pour analyser la transformation post-évaluation ? Voilà une
00:25:37question qui est beaucoup étudiée à l'international et on mettra tous les moyens qu'il faut pour
00:25:43accompagner, évidemment, nous aux établissements. La place des collectivités territoriales,
00:25:49évidemment, est au cœur de notre réflexion et des études seront proposées. Évidemment,
00:25:55la relation école-entreprise, bien entendu, la question de l'insertion professionnelle,
00:26:00la relation avec les familles. Et puis surtout, on a souhaité... le Conseil d'évaluation de l'école
00:26:06a souhaité la création de nouveaux indicateurs dans sa mission première et à disposition des chefs
00:26:12d'établissement sur des acquis des élèves, en français et en mathématiques, des indicateurs
00:26:17simples, trois indicateurs pour que les chefs d'établissement pilotent enfin la performance
00:26:22scolaire, la question du sport, de la santé physique et mentale, et puis surtout le devenir
00:26:28des anciens élèves. Peut-être que vous le... je le partage avec vous, une interrogation
00:26:32surprenante, mais un principal d'un collège en France n'a aucune idée de ce que deviennent
00:26:38les élèves trois, quatre, cinq ans après leur sortie du collège. Si je pose la question
00:26:44à un établissement scolaire, mettons un collège, savoir s'il y a des filles qui vont
00:26:48dans les sciences et les technologies, cinq, six ans après être passées par ce collège,
00:26:54eh bien personne n'est capable de répondre à cette question. En tous les cas, les chefs
00:26:58d'établissement, les équipes pédagogiques n'en ont aucun retour. Est-ce que le ministère
00:27:04de l'Éducation nationale et l'Éducation supérieure dispose de toutes les données
00:27:08qui permettraient d'éclairer la performance, ou j'allais dire la contribution de chaque
00:27:14établissement scolaire à des grandes politiques, d'égalité des chances, d'équité scolaire,
00:27:18d'insertion professionnelle, notamment dans les métiers technologiques et industriels ?
00:27:23Eh bien, oui, tous les enfants nés depuis l'an 2000 ont un INE communicant, et donc vous
00:27:29êtes en capacité aujourd'hui de redonner une information cruciale aux établissements
00:27:34scolaires, collèges et lycées, sur ce que sont devenus les élèves qui ont fréquenté
00:27:39ces établissements. C'est un des objectifs qui est porté par le Conseil, de permettre,
00:27:44de mettre à disposition dès cette année, un indicateur de suivi, ce qu'on a appelé
00:27:50le projet Alumni, en partenariat avec l'ONICEP et l'ADEP et le SIES.
00:27:55Voilà pour les propos préliminaires que je souhaitais partager avec vous, et je reste
00:28:01avec Christophe Carrero, expert auprès du Conseil d'évaluation de l'école, ancien
00:28:06recteur de la cabinet de Paris, c'est un directeur de cabinet, du ministre Blanquer.
00:28:10Nous répondrons, bien évidemment, à toutes les questions que vous souhaiterez nous
00:28:13poser.
00:28:15Merci beaucoup, M. le Président, pour cette intervention liminaire qui a pu ouvrir
00:28:19beaucoup de sujets, en tout cas qui n'en a pas omis beaucoup. Je vais tout de suite
00:28:23céder la parole aux différents orateurs de groupe, en commençant par M. Roger Chudot
00:28:28pour le groupe Rassemblement National, pour une durée de deux minutes.
00:28:30Merci, M. le Président. M. le Président du Conseil d'évaluation, M. le Recteur,
00:28:36le Code de l'éducation dispose que le CE évalue l'organisation et les résultats
00:28:40de l'enseignement scolaire. Ce qui intéresse la représentation nationale, c'est de savoir
00:28:44à quelle fin. S'agit-il de pilotage, de management général, de mobilisation des acteurs,
00:28:49ou bien s'agit-il d'amélioration des performances du système éducatif ? Là est en effet la
00:28:53question centrale. Notre système éducatif ne parvient pas, et depuis des décennies,
00:28:57à remplir ses missions, à atteindre les objectifs que le fixe la nation. Personne
00:29:00ici ne contestera ce constat. En quoi le Conseil d'évaluation de l'école peut-il
00:29:05contribuer à remonter la pente du déclin de l'école ? Quelle est la valeur ajoutée
00:29:09de cet organisme vis-à-vis des institutions qui sont déjà chargées de cette même mission
00:29:13d'évaluation ? Dois-je rappeler que les deux chambres du Parlement, la Cour des comptes,
00:29:17sont chargées d'évaluer les politiques publiques ? Qu'à l'interne, le ministère
00:29:21dispose des travaux de l'ADEP, comme ça veut dire direction de l'évaluation de la
00:29:25prospective et de la performance, et des corps d'inspection, inspection générale
00:29:28comprise, bien sûr, chers collègues. Alors, à quoi bon une autorité indépendante ? Il
00:29:32en existe plus de 1 200 qui doublonnent pour des milliards d'euros les services de
00:29:37l'État et les institutions de contrôle et d'évaluation. Mais admettons que l'intention
00:29:42du ministère et du législateur de l'époque, en 2019, a été de doter le ministère
00:29:46d'un organisme, d'un organe de pilotage. Mais alors, quid des missions de pilotage
00:29:50de l'ADGESCO, de celle des recteurs et des IADSDEN ? Ces organes du ministère et ces
00:29:55services déconcentrés sont explicitement chargés de mettre en œuvre la politique
00:29:58éducative du gouvernement. Faut-il comprendre qu'ils n'y parviennent pas ? Il faut
00:30:03hélas apporter une réponse positive à cette question, car si le système est
00:30:07administré, il n'est ni dirigé ni piloté. Vous rappelez vous-même que 50% des établissements
00:30:12scolaires des EPLE ne disposent pas, ne sont pas capables de présenter un projet
00:30:16d'établissement, alors que c'est une obligation légale depuis 1989, loi Jospin.
00:30:21Cela dit quelque chose, d'ailleurs, sur la responsabilité des gouvernements successifs
00:30:25sur leur absence manifeste de perception de ce que sont pour la nation et son avenir les
00:30:28enjeux de la politique éducative. Quant à nous, nous considérons que le CE est une structure
00:30:34dont on peut se passer et que nous en tirerons les conséquences à l'avenir. Merci.
00:30:38Merci, chers collègues. Je cède maintenant la parole à M. Christophe Marion pour l'Ogopension
00:30:43pour la République, en rappelant qu'il est représentant de notre Assemblée au Conseil
00:30:48d'évaluation de l'école.
00:30:50Merci, M. le Président. Mes chers collègues, M. le Président du Conseil d'évaluation
00:30:54de l'école, c'est un plaisir de vous retrouver dans cette commission, alors que nous avons
00:30:57siégé ensemble aux dernières réunions du Conseil d'évaluation de l'école. Dès votre
00:31:01arrivée en novembre, vous avez tout de suite mesuré l'importance de ce Conseil, dont
00:31:06les missions, comme vous l'avez rappelé, résultent de l'adoption en 2019 de la loi
00:31:10pour une école de confiance proposée par notre majorité. La création du Conseil
00:31:14visait à rapprocher l'évaluation de notre système éducatif des recommandations formulées
00:31:18par les institutions européennes et internationales pour améliorer et coordonner nos instruments
00:31:23d'évaluation en vue de renforcer l'efficacité de notre système scolaire. On ne peut que
00:31:28saluer la montée en puissance très rapide des évaluations d'établissement menées
00:31:31depuis 2020, grâce à la mobilisation de nombreux personnels qui s'approprient de
00:31:36mieux en mieux les outils d'évaluation. Cette dynamique doit néanmoins s'accompagner
00:31:40d'un nouvel élan dans la prise en compte des résultats de ces évaluations. Votre
00:31:43programme de travail pour 2026 montre que vous avez cette ambition. Je vous ai précisé
00:31:48que vos recommandations viseront la méthodologie de l'évaluation, les suites de l'évaluation
00:31:53et l'organisation du système éducatif en s'appuyant notamment sur des comparaisons
00:31:57internationales et les travaux les plus récents de la recherche. Vous envisagez
00:32:01même la création d'un réseau d'experts associés dans le domaine de l'évaluation
00:32:05des politiques éducatives. Selon vous, quel a été jusqu'à présent, et vous en avez
00:32:11déjà touché un mot, quel a été jusqu'à présent l'impact du Conseil sur ces politiques
00:32:15éducatives, qu'elles soient nationales ou locales ? Comment prévoyez-vous de renforcer
00:32:20l'influence du Conseil sur le ministère et les établissements afin que les nouvelles études
00:32:25qu'il produira soient utiles à notre système scolaire en étant concrètement suivis
00:32:29des faits ? Enfin, comment vos travaux s'articulent avec ceux de l'inspection générale de
00:32:33l'éducation, du sport et de la recherche, et ceux de la direction de l'évaluation de
00:32:38la performance et de la prospective ? Je vous remercie.
00:32:42Merci, chers collègues. Je vais maintenant donner la parole à Mme Aïda Adizadé pour le
00:32:46groupe socialiste et parenté qui est également membre du Conseil d'évaluation de l'école.
00:32:50Merci, M. le Président. M. le Président de Roussion, je voudrais d'abord
00:32:54m'excuser parce que je n'ai pas pu participer, contrainte par mon agenda, à la dernière
00:32:58réunion du Conseil d'évaluation de l'école. Cela étant, moi, je voulais attirer l'attention
00:33:05de vous-même et de tous mes collègues députés sur un fait qui, moi, me frappe beaucoup.
00:33:11Vous êtes mathématicien. Je pense qu'on peut résumer l'école à une équation simple.
00:33:16La qualité de notre école dépend de la qualité du travail qui est fait. Le travail fourni
00:33:21par les élèves et le travail fait par les enseignants pour faire travailler ses élèves.
00:33:26Et voilà cette chose qui me frappe, c'est que les enseignants crient la détérioration
00:33:34de leurs conditions de travail. Moi, j'ai un enseignant qui m'a dit cette phrase qui me
00:33:38marque. J'adore mon travail, mais je commence à détester de le faire parce que les conditions
00:33:44qui entourent son travail se dégradent. Et donc, si on doit évaluer notre école,
00:33:49je pense qu'il faut l'évaluer à l'aune de cette équation, comment on peut améliorer
00:33:54la qualité de travail qui est fournie et elle ne peut s'évaluer qu'avec les enseignants,
00:33:59que par eux. Et donc, cette technique d'auto-évaluation que ni l'ADEP ne peut faire,
00:34:03ni la DGESCO, et à mon avis la bonne, mais pour cela, vous étiez en train de dire qu'il
00:34:09fallait
00:34:09tirer des conclusions de cette auto-évaluation. Je pense que ces conclusions-là, il faut
00:34:13les faire en y associant de très très près les enseignants et qu'ils se sentent plus
00:34:17que dans tout autre cadre écoutés. Ils ont les moyens d'évaluer leur travail et
00:34:23d'évaluer le travail de leurs élèves et ils ont les moyens de nous aider à améliorer
00:34:27l'école. Ce n'est pas qu'ils ont les moyens, on ne pourra pas améliorer l'école
00:34:30si on ne s'appuie pas sur eux. Évidemment, il y a la question des moyens, il y a la
00:34:34question
00:34:34des salaires, mais vous l'avez souligné, la question de la formation, de la formation continue,
00:34:39des moyens qu'on y met, des temps qu'on dégage pour mener ces fameux projets qu'ils
00:34:43n'arrivent pas à faire, la question des relations, du climat scolaire, tout ça, ils
00:34:47connaissent ça par cœur et ils le disent par tous les moyens possibles, ils ne tiennent
00:34:51plus, ils sont à bout de souffle et je pense qu'il faut l'entendre. Et si je devais
00:34:55donner un pourcentage que j'aime à redire et à répéter, à l'heure actuelle, 70%
00:34:59d'entre eux ne recommandent pas leur métier à leurs proches. Voilà un chiffre sur lequel
00:35:03nous pouvons nous appuyer pour poursuivre cette évaluation avec eux, par eux, pour eux.
00:35:08Merci, chers collègues. Pour le groupe droite républicaine, Madame Frédérique Meunier.
00:35:13Merci, Monsieur le Président. Monsieur le Président, le Conseil d'évaluation de
00:35:19l'école a été créé en 2019 dans le cadre de la loi dite pour une école de la
00:35:23confiance par Monsieur Blanquer. Le Conseil d'évaluation de l'école devait permettre
00:35:27d'installer une véritable culture de l'évaluation au service de la réussite des
00:35:31élèves et de l'amélioration continue de notre système éducatif. Sur le principe, nous
00:35:36partageons cet objectif, mais sur le terrain, de nombreuses interrogations
00:35:40persistent et certains enseignants craignent encore une logique de contrôle ou de mise
00:35:45en concurrence. Tout d'abord, la question de l'utilité réelle. Les rapports produits
00:35:50sont souvent riches, mais leurs effets restent limités, faute de suivi ou de moyens.
00:35:55Quelles garanties pouvez-vous apporter quant à la traduction opérationnelle des futures
00:36:00recommandations ? Il faut que ces rapports débouchent sur des décisions tangibles.
00:36:05Cependant, je constate qu'aujourd'hui, vous avez mis 7 ans pour faire une évaluation
00:36:09du système scolaire. 7 ans. C'est le délai de réflexion. 7 ans. Il faut nous parler de la
00:36:14transformation pour de vrais projets d'établissement. Combien de temps allez-vous mettre ? Parce que si vous
00:36:18remettez encore 7 ans, ça va être long, cette histoire. De plus, nous avons toujours été
00:36:23favorables à ce que les établissements aient plus d'autonomie. Mais vos évaluations
00:36:27servent-elles pour mieux accompagner les chefs d'établissement ou à les contrôler ?
00:36:32Ont-ils vraiment des marges de manœuvre ? Enfin, se pose la question de l'adaptation
00:36:37aux réalités locales. Un cadre national peut difficilement rendre compte de la diversité
00:36:43de nos territoires. Il est donc nécessaire de prendre en compte les difficultés spécifiques
00:36:48des territoires. Comment le dispositif peut-il mieux intégrer ces spécificités et s'adapter
00:36:53aux réalités locales ? En fait, sur ce que vous nous avez dit, vous nous avez parlé
00:36:57de trois phases. Une phase évaluation, vous avez mis 7 ans pour la faire. Une phase
00:37:02transformation, elle est en cours. Mais j'attends la troisième phase. Vous n'en avez pas
00:37:07parlé, puisque vous nous avez dit que cette troisième phase existerait si la deuxième
00:37:11phase a un intérêt. Donc, quelle est cette troisième phase ? Merci beaucoup.
00:37:15Merci, chers collègues. Et enfin, une dernière intervention de Mme Béatrice Piron pour le
00:37:19groupe Horizon et Indépendant.
00:37:21Merci, M. le Président. Au nom du groupe Horizon, je vous remercie, M. Torossian, président
00:37:25du Conseil d'évaluation de l'école, pour votre présence aujourd'hui devant notre
00:37:29commission. Le Conseil d'évaluation de l'école joue un rôle important dans notre
00:37:33système éducatif. Il garantit une évaluation indépendante, régulière et exigeante des
00:37:38établissements, tout en contribuant à diffuser une culture de l'évaluation au service
00:37:42de la réussite des élèves. A ce titre, je tiens également à vous remercier pour la publication
00:37:46de votre dernier bilan national de la campagne d'évaluation 2024-2025, qui apporte des éléments
00:37:51d'analyse utiles et structurants. Comme vous le disiez, cette évaluation systémique est
00:37:57un grand progrès. Actuellement, 100% des écoles primaires sont évaluées, mais cet objectif
00:38:01n'est pas encore atteint pour le secondaire. J'ai pour cela deux questions à vous poser.
00:38:07Premièrement, s'agissant du premier degré, depuis 2017, on observe une évaluation importante
00:38:12du nombre d'évaluations des acquis des élèves réalisées dans les écoles primaires.
00:38:16Pouvez-vous nous préciser les liens, s'il y en a, qu'il y a entre ces évaluations des
00:38:20acquis des élèves et les évaluations des écoles faites par auto-évaluation, par exemple ?
00:38:25Surtout, pouvez-vous nous indiquer quels points précis et concrets vos évaluations ont eu
00:38:29sur les moyens alloués aux écoles et sur l'amélioration des apprentissages ?
00:38:34Deuxièmement, concernant les collèges, vous avez insisté sur les formations continues
00:38:38apportées aux chefs d'établissement. Vous avez également évoqué l'identification
00:38:41d'un certain nombre de collèges pour lesquels les résultats aux épreuves du diplôme
00:38:44national du brevet sont très en deçà des attendus. Pouvez-vous nous préciser quelles
00:38:49sont vos analyses faites à propos de ces établissements et quelles actions concrètes
00:38:53préconisez-vous pour accompagner plus efficacement ces collèges en difficulté ?
00:38:57Je vous remercie.
00:38:59Merci, chers collègues. Nous avons également quatre demandes de questions individuelles, députés,
00:39:03que nous allons prendre tout de suite. Alors, commençons par M. Thierry Pérez.
00:39:07Merci, M. le Président. M. le Président du CEE. Dans le rapport annuel d'activité 2024
00:39:14du Conseil d'évaluation de l'école, il est indiqué avoir entendu dans le cadre du
00:39:20Comité technique d'évaluation sur l'égalité et l'équité scolaire la présentation par M.
00:39:24Choukri Benayed d'un dossier intitulé « Les expérimentations de mixité sociale au collège,
00:39:30une contribution sociologique aux enjeux de mixité et de non-mixité ».
00:39:35Ce document est présenté comme un éclairage complémentaire à la revue de littérature
00:39:39publiée par le CEE en novembre 2023.
00:39:42Or, ce dossier ne se borne pas à décrire des difficultés sociales ou territoriales.
00:39:48Il recourt explicitement à la notion de ségrégation scolaire.
00:39:52A la page 84, il écrit que la ségrégation scolaire, je cite, « que cette discrimination
00:39:58particularise et procède d'un traitement inégal des élèves en fonction d'attributs
00:40:02prohibés par la loi, tels que la race, la religion, l'origine nationale et même sociale ».
00:40:08Dès lors, employer une telle qualification n'est pas neutre, c'est adopter une vision
00:40:12politique et engagée de l'école.
00:40:13Ma question est donc simple.
00:40:15Ces analyses n'engagent-elles que leur auteur ou les CEE en partagent-ils l'orientation ?
00:40:19Merci, chers collègues.
00:40:21Nous avons ensuite Mme Violette Spilbout.
00:40:26Merci, M. le Président.
00:40:33M. le Président du Conseil d'évaluation de l'école, merci pour la présentation des
00:40:38missions et du bilan 2024-2025 de ces missions sur l'évaluation et les méthodes qui permettent
00:40:46d'améliorer la pédagogie dans l'ensemble de nos établissements.
00:40:49L'année dernière, nous avons mené avec mon collègue Paul Vanier une commission d'enquête
00:40:53sur la violence à l'école et sur les défaillances de l'État.
00:40:58Et donc la question d'évaluation, d'analyse, de contrôle du fonctionnement des établissements
00:41:02scolaires a été au centre de nos travaux de commission d'enquête.
00:41:05Est-ce qu'au cours de cette année, vous avez suivi ce sujet ?
00:41:09Vous avez regardé comment les questionnaires, notamment d'auto-évaluation des établissements,
00:41:15prenaient en compte ce phénomène des violences qui peuvent élargir d'ailleurs, violences des
00:41:20adultes sur les enfants, mais aussi du harcèlement et du climat scolaire.
00:41:23Comment le Conseil d'évaluation de l'école intègre ce sujet grandissant de la libération
00:41:30de la parole dans les méthodes d'évaluation des établissements ? Je vous remercie.
00:41:34Merci, chers collègues.
00:41:35Nous poursuivons avec M. Éric Liéjean.
00:41:38Merci, M. le Président.
00:41:40M. le Président, M. le Recteur, les classements PISA montrent régulièrement les lacunes des
00:41:46élèves français dans la maîtrise des savoirs, notamment en mathématiques.
00:41:50La Fondation 2100, placée sous l'égide du CNRS, a publié récemment une note alertant
00:41:54sur la dégradation continue du niveau en mathématiques et le risque croissant du décrochage
00:41:59scolaire.
00:42:00Ces résultats doivent nous inquiéter.
00:42:02Face à ce constat, deux lectures peuvent être faites.
00:42:05Soit nous manquons d'enseignants devant les élèves et a priori, ce ne serait pas le
00:42:10cas puisque jamais le nombre d'élèves par classe, 21, n'a été aussi bas dans notre
00:42:14système éducatif.
00:42:15Soit nous devons nous interroger plus profondément sur nos méthodes d'enseignement, sur nos programmes
00:42:19et sur la formation de nos enseignants.
00:42:21Comment donc le Conseil d'évaluation de l'école analyse-t-il cette situation ? L'enseignement
00:42:26français n'est-il pas trop formaté ? Nos enseignants bénéficient-ils d'une formation
00:42:30suffisante ? Quelle piste préconisez-vous en matière de programme, de pédagogie,
00:42:35ou d'organisation pour enrayer cette baisse de niveau ? Quelle méthode éducative
00:42:39qui fonctionne à l'étranger pourrions-nous dupliquer en France ? Je vous remercie.
00:42:43Merci, chère collègue.
00:42:44Madame Justine Gruet.
00:42:46Merci, Monsieur le Président.
00:42:47Votre audition résonne fortement dans nos territoires où les fermetures de classes
00:42:51suscitent une colère légitime, notamment dans le Jura.
00:42:54Nous ne pouvons nous résigner à voir l'enseignement de nos enfants devenir une variable d'ajustement
00:42:59budgétaire.
00:42:59Cette situation est d'autant plus préoccupante que le niveau des élèves se dégrade.
00:43:04Un quart ne maîtrise pas les compétences de base en fin de primaire avec une baisse continue
00:43:08en français comme en mathématiques.
00:43:10Dans le même temps, nos classes accueillent un nombre croissant d'élèves à besoins
00:43:14particuliers ou face au harcèlement, ce qui exige davantage d'encadrement et une attention
00:43:19individualisée.
00:43:20Dès lors, une contradiction apparaît.
00:43:22Comment justifier la poursuite des fermetures de classes alors que les besoins augmentent ?
00:43:27La baisse démographique aurait dû être une opportunité pour améliorer les conditions
00:43:32d'apprentissage et non la facilité d'une soi-disant baisse des dépenses mal ciblées
00:43:37et délétères pour l'accompagnement de nos enfants et l'attractivité de nos territoires.
00:43:41Car au fond, la mission première de l'éducation nationale est simple, mettre un enseignant
00:43:45devant chaque élève.
00:43:46Le reste, avec près de 30% de personnel non enseignant, n'est que littérature.
00:43:50Ma question est donc simple, vos travaux prennent-ils en compte cette contradiction ?
00:43:54Et recommandez-vous de sortir d'une logique strictement comptable pour porter une véritable
00:43:59ambition de relèvement du niveau scolaire ? Je vous remercie.
00:44:02Merci.
00:44:03Et enfin, M. Lionel Duparay.
00:44:05M. le Président, l'école forme des citoyens, mais aussi les travailleurs de demain, notre
00:44:10force productive.
00:44:12Je souhaite attirer votre attention sur l'enseignement de la spécialité sciences de l'ingénieur
00:44:15au lycée.
00:44:16Cette spécialité se concentre sur plusieurs domaines, l'électronique, la mécanique,
00:44:20l'informatique, le génie civil.
00:44:21Et elle a de tout temps été une filière permettant à des élèves de milieux défavorisés
00:44:26d'accéder à des études supérieures.
00:44:28Cette spécialité choisie en première et qui ne peut se poursuivre en terminale ouvre
00:44:33la voie vers des études d'ingénieurs, mais aussi vers les BTS et les BUT ou des écoles
00:44:38spécialisées, dont le design, l'architecture, mais aussi la transition écologique et l'industrie.
00:44:43Pourtant, à la rentrée de 2024, en terminale générale, seuls 1,5% des élèves avaient
00:44:48fait le choix de cet enseignement de spécialité, alors que près de 45% avaient choisi les
00:44:53mathématiques et 32% la physique chimie.
00:44:55Dans la présentation du bac général 2025, détaillée par du haut d'enseignement de
00:44:59spécialité de terminale par le ministère de l'éducation nationale, il semble que
00:45:02les sciences de l'ingénieur ne figurent plus dans les statistiques.
00:45:06Le maintien de cette spécialité nous semble central.
00:45:09Si l'on veut que notre pays forme des ingénieurs et techniciens de haut niveau, afin de garantir
00:45:14la souveraineté et l'avenir de notre pays dans les domaines stratégiques, différentes
00:45:19filières, que ce soit l'armement, l'industrie, la souveraineté agricole ou la souveraineté
00:45:26industrielle.
00:45:27Et il faut qu'on soutienne ces formations techniques.
00:45:30Je vous remercie.
00:45:31Merci, chers collègues.
00:45:32Je vais maintenant céder la parole à M. le Président Tourosian pour qu'il puisse
00:45:36répondre à ces différentes interventions.
00:45:43Merci, mesdames et messieurs les députés, pour ces questions riches, parce que j'ai
00:45:51le droit de dire provoquantes ou, en tous les cas, stimulantes intellectuellement.
00:45:56Je vais, si vous voulez, évidemment partager avec vous, j'allais dire, dans le cadre des
00:46:02missions qui me sont confiées, puisque certaines questions relèvent plus de la direction générale
00:46:06de l'enseignement scolaire ou de l'ADEP, et je ne suis ni directeur d'ADEP, ni directeur
00:46:12général de l'enseignement scolaire, et encore moins ministre de l'éducation nationale.
00:46:16Malgré tout, en tant que président du Conseil d'évaluation de l'école, nous avons, nous
00:46:22avons un petit peu replacé un petit peu l'action du Conseil pour répondre et éclairer
00:46:26au mieux la commission éducation et culture qui a le plaisir de nous sessionner.
00:46:31Alors, dans un premier temps, peut-être, madame la députée, concernant effectivement
00:46:37la démographie, c'est une question évidemment qui remonte très très fort dans les évaluations,
00:46:46les auto-évaluations des établissements, dans les rapports.
00:46:49Et d'une certaine manière, il y a comme un constat que nous devons partager collectivement
00:46:56et peut-être approfondir l'analyse collective qui en est faite.
00:47:02C'est pourquoi le Conseil a voté le 5 février dernier une motion, et elle a été publiée
00:47:10évidemment, qui rappelle que les collectivités territoriales sont pleinement partie prenante
00:47:16de l'évaluation des établissements scolaires et aussi, évidemment, plus que contributeurs
00:47:23financièrement à l'éducation.
00:47:25C'est pourquoi les inspecteurs d'éducation nationale sont chargés de transmettre aux mairies
00:47:30les rapports.
00:47:31Les recteurs sont en charge de transmettre aux collectivités territoriales, départements
00:47:37et régions l'ensemble des rapports pour qu'un dialogue fondé sur des observations partagées
00:47:43se construisent, et notamment avec le défi démographique qui est devant nous.
00:47:47Le ministre s'en est exprimé à plusieurs reprises, a placé la question du temps long
00:47:52au cœur de sa réflexion.
00:47:54Il le redisait il y a encore quelques jours à l'Institut des hautes études vendredi
00:47:58dernier.
00:47:59La question de la perte de 2 millions d'élèves à l'aune de 2040, c'est-à-dire un
00:48:04sixième,
00:48:05va impacter tel un tsunami l'ensemble des structures.
00:48:09Régions de France, j'avais une audition auprès de Régions de France et des départements
00:48:13de France, se veulent rassurants, entre guillemets, pour partager ensemble, entre DSDN,
00:48:21Académie, État et aussi collectivités territoriales, les meilleures solutions.
00:48:25Le SGPI lui-même propose de muscler la question et la réflexion autour de l'AMI Forme
00:48:34Scolaire, Innovation dans la Forme Scolaire.
00:48:38En quelque sorte, cette question de la démographie, c'est une question complexe qui ne peut pas
00:48:43être prise uniquement sous le prisme de la simplicité.
00:48:47C'est-à-dire que, j'ose le dire, ici, le facteur réduction du nombre d'élèves
00:48:55par classe est relativement peu impactant, en tel cas, sur la performance scolaire.
00:49:02C'est-à-dire, passer de 19 à 18, par exemple, élèves par classe, n'est pas très impactant.
00:49:07Évidemment, si on passe de 50 à 20, il y a un effet, c'est certain.
00:49:11Mais en tous les cas, en termes de descente, entre guillemets, la tangente, elle est quasiment
00:49:16nulle en termes de performance.
00:49:18Donc, la question est plus complexe que cela.
00:49:20La question ramène, j'allais dire, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure en réaction
00:49:24préliminaire, à une meilleure prise en compte du projet collectif et du parcours de l'élève.
00:49:29La classe, c'est une année.
00:49:32La réussite scolaire, c'est 15 ans.
00:49:34C'est le parcours scolaire.
00:49:36Comment on passe de la classe au parcours ?
00:49:38Comment on place d'une vision verticale, l'unité de temps, d'espace et d'action dans la classe,
00:49:42telle le théâtre grec, à une action plus horizontale, mieux pilotée, mieux prise en compte ?
00:49:48La recherche sur le leadership scolaire nous montre, au contraire, que 20% de la performance scolaire
00:49:53des élèves est due à l'organisation.
00:49:5650% due aux enseignants et 30% impactant les familles et le milieu social.
00:50:03Et donc, d'une certaine manière, ce réservoir de performance, c'est justement l'objet de l'ensemble
00:50:09de ces évaluations, de ces projets d'établissement, pour les mettre en œuvre.
00:50:13Donc, d'une certaine manière, ces 20%, j'allais dire, imputables à l'organisation scolaire,
00:50:21notamment aux directions d'école, aux directions de collège, c'est une question qui est au cœur
00:50:25de la réflexion du Conseil d'évaluation de l'école, notamment, on le rappelait ici,
00:50:30ce sont les conditions de la transformation, créer de la confiance.
00:50:33Il y a des recherches, notamment, Mme Hérène a fait des études à l'international
00:50:39sur ce qui a vraiment transformé, j'allais dire, un établissement au service du parcours des élèves.
00:50:46Trois mots clés.
00:50:48Confiance, qui reconnaît la professionnalité des acteurs et, en premier lieu, celle des enseignants.
00:50:54Deuxièmement, la responsabilité des structures et les attentes et la transparence.
00:51:04Troisième élément, l'encapacitement, c'est-à-dire la capacité, effectivement,
00:51:10de la capacité des acteurs à agir réellement, dans le réel.
00:51:16Voilà trois termes essentiels.
00:51:18Et si on déroule un petit peu le fil, on comprend ce qu'il faut faire.
00:51:22On comprend vraiment ce qu'il faut faire et on comprend ce qui manque aujourd'hui au système éducatif.
00:51:27Trop centré sur la classe, trop centré sur l'année scolaire et pas assez dans une vision horizontale.
00:51:32En quelque sorte, je vais être un peu simpliste, mais se préoccuper des résultats scolaires des élèves en mathématiques au
00:51:41niveau cinquième
00:51:43ne dit pas grand-chose de la fin de l'histoire.
00:51:47Vous voyez ce que je veux dire ?
00:51:49Ce qui est très important, c'est de prendre l'ensemble du parcours.
00:51:52Et là, on a des études assez intéressantes et on voit qu'on doit faire un dialogue un peu plus
00:51:58serré
00:51:58entre le premier et le second degré, entre le collège et le lycée,
00:52:02pour accompagner la performance scolaire des élèves sur toute leur scolarité.
00:52:06Et je pose la question, qui fait le contrôle qualité ?
00:52:09Qui fait le contrôle qualité de l'élève, disons, dans ses acquis, sur l'ensemble de la scolarité ?
00:52:17Sont-ce les enseignants de sixième qui sont responsables des résultats de fin de DNB ?
00:52:23Je rappelle ici à cette honorable assemblée, 25% des élèves ont eu moins de 5 au brevet en mathématiques
00:52:29cette année.
00:52:31Est-ce que, comment peut-on, j'allais dire, partager ensemble cette responsabilité ?
00:52:38Ce que le Conseil d'évaluation de l'école, dans l'évaluation des établissements scolaires, propose,
00:52:43c'est de, j'allais dire, de glisser de la responsabilité individuelle dans la classe
00:52:47à la responsabilité collective dans les structures, et y compris partenariale.
00:52:53La question concernant, je commence par la fin, la question concernant les sciences industrielles,
00:52:59je pense que c'est une question qui relève évidemment de la DGESCO et du cabinet du ministre,
00:53:05et je ne peux pas me défausser, monsieur le député,
00:53:08mais je pense que c'est une question que vous pouvez porter directement auprès de la DGESCO,
00:53:13puisque cela ne concerne pas directement les missions du Conseil d'évaluation de l'école,
00:53:19bien que ces questions soient bien référencées dans les rapports d'évaluation.
00:53:25Et donc, elles préoccupent évidemment l'ensemble des équipes.
00:53:28Alors, concernant les questions autour de la violence scolaire,
00:53:34et j'allais dire le contrôle de l'égalité, la question du climat scolaire,
00:53:39et comme je l'ai rappelé dans mon propos liminaire, un des domaines phares de l'auto-évaluation.
00:53:45Bien évidemment, quatre domaines, les acquis des élèves, le climat scolaire,
00:53:52et notamment la prise en compte des questions autour du harcèlement,
00:53:57et bien évidemment, ce sont des questions cruciales que les équipes se posent,
00:54:04et ce diagnostic partagé, interrogé par les professeurs,
00:54:09mais ensuite réinterrogé par les équipes extérieures, ce qu'on appelle les évaluateurs externes,
00:54:15constitue un des domaines clés de l'auto-évaluation et de l'évaluation.
00:54:20Donc, j'allais dire que le Conseil d'évaluation, dans ces douze portes d'entrée opérationnelles qu'il a définies,
00:54:28sous la présidence de Daniel Aauverleau,
00:54:30a permis de fournir des boîtes à outils opérationnelles aux équipes
00:54:35pour questionner cette question du climat scolaire,
00:54:38et je crois que les objectifs sont atteints.
00:54:40Attention, attention, notamment, ne pas confondre évaluation avec conformité structurelle,
00:54:48ce qui se rapporte à l'audit.
00:54:50Je le rappelle encore, la mission du Conseil d'évaluation et le cadre qu'il définit sur l'auto-évaluation
00:54:56des établissements,
00:54:58c'est d'interroger réellement les décisions de l'école et de l'établissement
00:55:03en lien avec ces marges de manœuvre.
00:55:06Donc, il ne s'agit pas de vérifier la prescription, j'allais dire, réglementaire et d'audit
00:55:12qui pourrait être faite par, par exemple, d'autres services du ministère de l'éducation nationale,
00:55:17et d'une certaine manière, on pourrait aller vers le contrôle,
00:55:20mais bien de réinterroger les marges d'action au vu de domaines clés,
00:55:25acquis des élèves, climat scolaire, gouvernance, relations partenariales,
00:55:31qui sont, évidemment, ces douze portes d'entrée, qui structurent réellement le pouvoir d'agir des établissements.
00:55:38En quelque sorte, il ne s'agit pas de penser qu'une des directives vont s'appliquer
00:55:44et qu'on va vérifier que la directive est appliquée,
00:55:46mais bien d'accompagner, tel Lacan, le désir du terrain et le pouvoir d'agir des acteurs.
00:55:55Et c'est toute cette philosophie de la transformation que nous mettons en œuvre au Conseil d'évaluation de l
00:56:02'école
00:56:02et, j'allais dire, dans les théories qui sont proposées au cadre depuis 2017 autour de leur pouvoir d'agir.
00:56:10La recherche internationale est très claire.
00:56:12Les transformations ne se font plus du haut.
00:56:16Les transformations opérationnelles, c'est-à-dire la remontée des acquis des élèves,
00:56:21le fait que notre nation, au XXIe siècle, sera encore dans la course.
00:56:25Ce ne sont pas des décisions qui se prennent de la rue de Grenelle.
00:56:29Elles sont impulsées de la rue de Grenelle, mais elles sont réalisées par le terrain.
00:56:33La question de la confiance, la question de l'encapacitement des acteurs
00:56:38est une question clé dans la réalisation de ces objectifs.
00:56:42Et si on veut améliorer les résultats des élèves en mathématiques,
00:56:45par exemple, il ne s'agit pas uniquement de donner un bon manuel,
00:56:49mais aussi, il faut que les acteurs s'approprient les stratégies de long terme.
00:56:55Je donne un exemple, puisque l'on était interrogé sur cette question-là.
00:57:01Il y a encore des écoles qui ont cinq manuels pour cinq niveaux.
00:57:08Nous avons publié récemment, enfin le ministère a publié,
00:57:12les nouveaux programmes de cycle 4.
00:57:15On est opérationnels à la rentrée.
00:57:18Dans les portes d'entrée de l'auto-évaluation,
00:57:20on interroge l'établissement sur ses choix stratégiques
00:57:23et sur ses choix de manuel.
00:57:26Les choix de manuel, si on veut de la cohérence,
00:57:28et c'est ce que le Conseil supérieur de l'éducation nationale demande.
00:57:31Il ne faut plus que ce soit des choix strictement individuels.
00:57:34Il faut que ce soit un choix collectif.
00:57:36Il faut qu'il y ait une cohésion sur le parcours de l'élève.
00:57:40On ne peut plus faire la méthode A le lundi, la méthode B le mercredi,
00:57:44la méthode C le jeudi, la méthode E en seconde, la méthode F en première et ainsi de suite.
00:57:53Et donc la question du collectif est au cœur de la transformation.
00:57:56C'est ce que le projet d'établissement et ce que l'auto-évaluation et l'évaluation extérieure mettent en
00:58:01exergue
00:58:01et demandent d'impulser.
00:58:06Concernant évidemment la question aujourd'hui, j'allais dire, du bilan qu'on peut faire de l'analyse
00:58:15et la question qui a été posée sur la relation entre les évaluations des acquis des élèves opérées notamment par
00:58:22l'ADEP
00:58:23et l'évaluation des établissements.
00:58:25Alors, madame la députée Aïda Azadeh le rappelait,
00:58:33la question, et je l'aurais encore dit,
00:58:36l'évaluation porte sur les marges d'établissement,
00:58:39c'est-à-dire l'action opérationnelle de l'établissement dans ces marges opérationnelles,
00:58:43qui sont très fortes, très importantes.
00:58:45On entend souvent parler de l'autonomie des établissements scolaires,
00:58:48mais, j'allais dire, tous les rapports qui ont déjà été pu faire,
00:58:51et je renvoie à l'excellent cycle des hautes études de l'éducation et de la formation
00:58:58qui a porté sur la question de l'autonomie et du pouvoir d'agir des cadres,
00:59:03elle est très grande.
00:59:05Elle est déjà très grande.
00:59:06Si les établissements mettaient en œuvre les marges d'action au service des élèves,
00:59:12on aurait des résultats très intéressants.
00:59:15La relation entre les acquis des élèves et l'évaluation est la suivante.
00:59:22Depuis 2017, il y a eu une montée de charges très forte sur la donnée scolaire disponible
00:59:27auprès un des enseignants, mais aussi des cadres.
00:59:30Le défi qui est devant nous, c'est de transformer cette donnée
00:59:33en axe stratégique opérationnel au service du parcours des élèves.
00:59:39Je l'ai vu en tant que président, en tant que directeur de l'Institut des hautes études,
00:59:45nombre de chefs d'établissement aujourd'hui, j'allais dire, sont un petit peu noyés
00:59:49par l'ensemble des évaluations des acquis des élèves.
00:59:53Si on fait la liste des compétences qui sont mesurées par l'ADEP en mathématiques,
00:59:57elle est longue comme ça.
00:59:58La liste est longue comme ça concernant le français.
01:00:02J'ai compté qu'on avait plus de 120 évaluations d'items en collège en mathématiques
01:00:07à disposition des enseignants.
01:00:09C'est certainement un très grand nombre.
01:00:12Est-ce que transformer 120 critères d'évaluation de performance des élèves en mathématiques
01:00:19en un axe stratégique partagé par l'ensemble des enseignants,
01:00:24y compris de français ou de technologie ?
01:00:30Est-ce que c'est une chose aisée ?
01:00:32Pas évident, dans mon sens.
01:00:34C'est pour ça que c'est dans le programme,
01:00:38de doter les chefs d'établissement d'indicateurs simples, profonds,
01:00:46en français, en mathématiques, pour commencer,
01:00:50sur la performance et le parcours des élèves tout au long de la scolarité.
01:00:54Au-delà, j'allais dire, des données qui ont été construites
01:00:58et mesurées par l'ADEP,
01:01:00qui sont plus à disposition des professeurs dans la classe,
01:01:03et c'est comme ça que les avaient été conçus.
01:01:05Vous voyez, ce sont vraiment des données pour la performance pédagogique.
01:01:08Donc l'articulation est bien là,
01:01:10passer de l'échelon classe vers l'échelon établissement
01:01:15pour aller vers l'échelon pilotage et le contrôle qualité,
01:01:19d'une certaine manière, tout au long de la scolarité.
01:01:22Nous avions une question du député Pérez
01:01:25sur le conseil technique, le comité technique équité.
01:01:30En 2024, je laisserai évidemment Christophe Guerrero répondre à cette question,
01:01:37les écrits de M. Choukri Benayed, que personnellement je ne connais pas,
01:01:42qui ne fait, à ma connaissance, plus partie aujourd'hui du comité technique équité.
01:01:49C'est un chercheur reconnu, qui a sa liberté de parole,
01:01:52mais qui n'engage pas, évidemment, le conseil d'évaluation de l'école.
01:01:56Par ailleurs, à ce propos, le comité technique d'évaluation
01:02:01portant sur l'équité scolaire présentera prochainement au conseil,
01:02:06au mois de mai, au prochain conseil, ses conclusions
01:02:07et les recommandations qui seront faites suite à ces quatre années de travaux.
01:02:12Les recommandations seront évidemment publiques et partagées
01:02:15et le conseil d'évaluation de l'école retiendra ou non
01:02:18les recommandations qui seront issues de ces travaux,
01:02:23chargent ensuite, ou non au ministre, de prendre en compte ces mêmes recommandations.
01:02:30Nous avions une question sur, j'allais dire,
01:02:38les relations peut-être entre, est-ce que, c'est une question peut-être latente,
01:02:43est-ce qu'il n'y a pas des doublons ?
01:02:45Est-ce que le conseil d'évaluation de l'école,
01:02:48alors il y a quelques inspecteurs généraux autour de cette table,
01:02:52est en concurrence avec l'inspection générale,
01:02:55est-ce qu'il y a avec l'ADEP,
01:02:56l'ADEP faisant partie du conseil d'évaluation de l'école,
01:02:59l'inspection générale faisant partie du conseil d'évaluation de l'école
01:03:01et que la DGESCO faisant partie du conseil d'évaluation de l'école,
01:03:05est-ce que tout ça, c'est pas des réunions de grands chefs à plumes
01:03:08en train de s'interroger sur, j'allais dire,
01:03:13le, excusez-moi cette formule,
01:03:16je sais que l'audition est filmée,
01:03:20alors je voudrais rassurer quand même l'Assemblée,
01:03:23et je crois que Mme la députée Aïda Azadeh a donné déjà une réponse.
01:03:29L'ADEP ne produit pas des auto-évaluations.
01:03:37L'auto-évaluation et le concept même d'évaluation
01:03:40qui ont été prônés par le conseil d'évaluation de l'école
01:03:43sous l'égide de sa première présidente, Péatrice Ville,
01:03:46c'était justement de ne pas faire du blond.
01:03:49S'il s'agissait de faire du contrôle prescriptif
01:03:51à partir des inspecteurs de l'ADEP,
01:03:53on n'avait pas besoin de mobiliser les enseignants
01:03:56eux-mêmes, on pouvait faire ça
01:03:58à partir de tableaux Excel, dans un bureau,
01:04:02et donc on était très loin de cette philosophie.
01:04:05La philosophie qui a été initiée par Béatrice Gilles,
01:04:09première présidente, c'est de partir du terrain,
01:04:12de partir des équipes éducatives,
01:04:14de s'interroger sur les marges d'action
01:04:16qui sont peut-être sous-mobilisées d'une certaine manière.
01:04:22Aujourd'hui, vous le savez, le système éducatif,
01:04:27est un système éducatif qui devrait tourner vers
01:04:31organisé pour les élèves.
01:04:33Il est sans doute plus organisé pour les enseignants
01:04:37qu'il est organisé pour les élèves.
01:04:39D'une certaine manière, nous devrions peut-être nous interroger,
01:04:43sommes-nous le ministère des élèves
01:04:44ou le ministère des professeurs ?
01:04:46Sommes-nous organisés pour les enseignants
01:04:48ou sommes-nous organisés pour les élèves ?
01:04:50Voilà une bonne question à laquelle il faudra répondre un jour.
01:04:53Et d'une certaine manière, l'auto-évaluation,
01:04:56et je crois que ce cadre est d'une part nouveau
01:04:59et d'autre part singulier,
01:05:01parce que ni l'inspection générale,
01:05:03ni l'ADEP, ni l'ADGESCO
01:05:04ne procèdent de cette philosophie de l'auto-évaluation,
01:05:08c'est-à-dire interroger le terrain,
01:05:11que le terrain s'interroge,
01:05:13qu'il y ait son regard extérieur pour être,
01:05:15en quelque sorte, challengé,
01:05:18objectivé,
01:05:19c'est une question essentielle
01:05:22et c'est au cœur, j'allais dire,
01:05:24de la confiance,
01:05:25pour reconnaître la professionnalité des acteurs
01:05:28et que les enseignants soient ici remerciés.
01:05:31Parce que c'est le préalable à la transformation
01:05:34au service de l'apprentissage
01:05:37amélioré des parcours des élèves.
01:05:40Alors, non, il n'y a pas redondance,
01:05:43il y a complémentarité.
01:05:44Et c'est pourquoi l'inspection générale,
01:05:47évidemment, est très intéressée
01:05:49par ce que disent les évaluations.
01:05:52Par exemple,
01:05:53quand le ministre souhaite lancer
01:05:57une réflexion sur les actions
01:06:00d'accompagnement des collèges en progrès,
01:06:03756 collèges qui ont été,
01:06:06j'allais dire, repérés
01:06:08comme ayant besoin d'un accompagnement renforcé
01:06:10au service du parcours des élèves
01:06:12en français et en mathématiques,
01:06:13le premier réflexe
01:06:15de la direction de l'enseignement scolaire
01:06:17et du ministre et de son cabinet,
01:06:19c'est de dire, mais on a déjà un matériau génial
01:06:21qu'on n'avait pas avant,
01:06:22avant 2019,
01:06:24c'est ces rapports d'auto-évaluation.
01:06:27Eh bien, le conseil d'évaluation d'école
01:06:29a été sollicité pour faire une étude
01:06:31pour savoir qu'est-ce qu'il y avait
01:06:33dans ces rapports.
01:06:34Et la bonne nouvelle,
01:06:35c'est qu'il y avait déjà beaucoup de choses,
01:06:38qu'évidemment, ces équipes
01:06:40étaient bien conscientes
01:06:42de la faiblesse des acquis des élèves.
01:06:44Et c'est pourquoi la question des acquis des élèves
01:06:46est le domaine numéro un
01:06:47de la réflexion dorénavant
01:06:50dans l'auto-évaluation
01:06:51et dans l'évaluation externe.
01:06:55Quatre domaines.
01:06:56Premier domaine, les acquis des élèves,
01:06:58le parcours,
01:06:59les acquis sur les fondamentaux.
01:07:01Évidemment, nous partageons ensemble
01:07:03ces objectifs.
01:07:04Il n'y a pas l'ombre,
01:07:06il n'y a pas l'ombre d'une ambiguïté
01:07:07sur le fait que l'objectif collectif,
01:07:11c'est de construire une école efficace,
01:07:14efficiente
01:07:15et qui donne sa chance à tout le monde.
01:07:17Alors, complémentarité, c'est certain.
01:07:21Y a-t-il concurrence ?
01:07:24N'est-il concurrence ?
01:07:26Évidemment, non.
01:07:27Puisque les trois acteurs principaux
01:07:30de l'administration centrale,
01:07:32des GESCO, DEP, inspection générale,
01:07:33sont membres du Conseil
01:07:34et que le Conseil est une instance collégiale.
01:07:37Et donc, d'une certaine manière,
01:07:39nous avons ici un organisme utile.
01:07:42Et je rappelle que tout l'ensemble des pays
01:07:44de l'OCDE ont des organismes
01:07:46relativement indépendants
01:07:48sur l'évaluation des établissements scolaires.
01:07:51Est-ce que toutes les missions,
01:07:53et je rappelais en propos liminaires,
01:07:56est-ce que toutes les missions aujourd'hui
01:07:58du Conseil d'évaluation
01:08:02sont menées de manière aisée ?
01:08:05Et notamment, veiller à la cohérence
01:08:08des évaluations conduites
01:08:09par le ministère chargé de l'Éducation nationale.
01:08:11C'est un point peut-être à améliorer.
01:08:13Et c'est une mission
01:08:14qu'il faudra mettre en œuvre
01:08:16de manière un peu plus vigoureuse
01:08:18durant le mandat qui m'est donné.
01:08:21Je rappelle aussi que le Conseil
01:08:23d'évaluation de l'école n'est qu'un conseil
01:08:26et que la charge de l'action
01:08:29est à la responsabilité
01:08:30du ministre de l'Éducation nationale.
01:08:37Madame la députée et membre du Conseil
01:08:39rappelaient que nos enseignants
01:08:45sont parfois en souffrance.
01:08:4870%.
01:08:48Je ne sais pas si ce chiffre est correct,
01:08:51mais en tous les cas,
01:08:52c'est un chiffre important.
01:08:54Ce que je sais dans la dernière enquête
01:08:56de l'ASL,
01:08:57c'est que 50% des enseignants
01:08:59n'ont plus confiance
01:09:00dans les équipes de direction.
01:09:02On a perdu 14 points
01:09:04en l'espace de 10 ans.
01:09:0650% de défiance.
01:09:09Le premier axe,
01:09:11je le rappelais,
01:09:13je vais me répéter,
01:09:14la première condition initiale
01:09:15de la transformation,
01:09:16c'est la confiance.
01:09:18Reconnaître la professionnalité
01:09:19des acteurs.
01:09:21Évidemment.
01:09:23Il ne s'agit pas de dire aux gens
01:09:24ce qu'ils vont faire,
01:09:25ce qu'ils doivent faire.
01:09:26Il faut aussi, évidemment,
01:09:28leur faire confiance
01:09:30dans leur capacité de réalisation.
01:09:33C'est pourquoi le Conseil,
01:09:35en présence du recteur Kérirault,
01:09:38nous sommes intervenus
01:09:39auprès des directions
01:09:40des INSP pour rappeler
01:09:43aux INSP
01:09:44qu'il faut que dans les maquettes
01:09:47de formation de nos maîtres,
01:09:50premier et second degré,
01:09:53la question de la gouvernance
01:09:54des établissements
01:09:55soit au cœur de la confiance.
01:09:57Il faut que nos étudiants,
01:09:59des étudiants,
01:10:00sachent que, évidemment,
01:10:01ils sont en charge
01:10:02de l'enseignement des mathématiques,
01:10:03du français, etc.,
01:10:04il faut qu'ils aient
01:10:05les bonnes didactiques,
01:10:06mais aussi qu'ils vont intégrer
01:10:07des structures
01:10:08dans lesquelles
01:10:09le chef d'établissement,
01:10:10les directeurs d'école,
01:10:11ne sont pas là pour,
01:10:12j'allais dire,
01:10:13servir le café
01:10:14ou faire juste
01:10:15les emplois du temps,
01:10:16mais ce sont des professionnels
01:10:18de très haut niveau
01:10:19pour accompagner
01:10:20le développement professionnel
01:10:21de ces cadres,
01:10:22pour les mettre en confiance,
01:10:23pour s'assurer
01:10:24qu'ils puissent travailler
01:10:24collectivement,
01:10:25pour s'assurer
01:10:26qu'ils atteignent
01:10:27collectivement
01:10:27des objectifs de long terme,
01:10:29réindustrialiser la France,
01:10:31réaliser l'égalité des chances,
01:10:34permettre à certains jeunes
01:10:36qui n'en ont jamais
01:10:37entendu parler
01:10:39de classes préparatoires
01:10:40qu'ils peuvent,
01:10:41qui ont le niveau
01:10:42pour aller en classe préparatoire,
01:10:43mais que, aussi,
01:10:44on peut devenir ingénieur,
01:10:46aujourd'hui,
01:10:4766% des ingénieurs
01:10:48n'ont pas fait
01:10:49de classe préparatoire,
01:10:49et donc,
01:10:50on peut très bien
01:10:50devenir ingénieur
01:10:51en faisant un BUT,
01:10:53voire un BTS,
01:10:53une licence pro,
01:10:55et donc,
01:10:55il y a des voies
01:10:56aujourd'hui généralisées,
01:10:58et que,
01:10:59même si on n'a
01:10:59que 12 en mathématiques
01:11:00en première,
01:11:01on peut devenir
01:11:02un très bon ingénieur,
01:11:03et qu'on n'a pas besoin
01:11:04d'être un génie
01:11:04des mathématiques
01:11:05pour devenir ingénieur,
01:11:06et je partage,
01:11:07évidemment,
01:11:08votre vision
01:11:10sur les technologies
01:11:11et, évidemment,
01:11:12les sciences en général
01:11:13dans leur globalité.
01:11:15Et donc,
01:11:15ces choses-là,
01:11:16comment on les apprend ?
01:11:17Est-ce que c'est juste
01:11:18le hasard
01:11:19d'un professeur
01:11:20qui a un jour dit
01:11:21« Non, mais tu sais,
01:11:22pour faire ingénieur,
01:11:24tu peux passer par BUT
01:11:26et ensuite intégrer
01:11:28une école d'ingénieurs ? »
01:11:29Est-ce que c'est juste
01:11:29le hasard
01:11:30ou c'est un axe stratégique
01:11:31qui est mis en place
01:11:32au cœur du projet
01:11:33d'établissement
01:11:34et qui fait qu'ensemble,
01:11:36nous allons atteindre
01:11:36ces objectifs ?
01:11:37Eh bien, moi,
01:11:38je préfère donner
01:11:39aujourd'hui,
01:11:40et c'est ce que
01:11:41font les rapports
01:11:43d'évaluation,
01:11:44qui doivent aboutir
01:11:45à la construction
01:11:46de projets
01:11:47vivifiés
01:11:48sur la vie
01:11:50de l'établissement scolaire,
01:11:51des axes stratégiques
01:11:52en nombre réduit,
01:11:54en nombre réduit,
01:11:55portant sur l'essentiel,
01:11:56portant sur les temps longs,
01:11:58portant sur la performance scolaire,
01:12:00l'égalité des chances.
01:12:02Eh bien,
01:12:02si ces axes stratégiques
01:12:03d'orientation,
01:12:04par exemple,
01:12:05constituent
01:12:06un collectif partagé,
01:12:08eh bien,
01:12:09nous aurons fait
01:12:09quelque chose.
01:12:11parce que trop souvent,
01:12:13les destins individuels
01:12:16sont hasardeux
01:12:16et du fait de,
01:12:18voilà,
01:12:18on n'a pas eu la chance
01:12:19de rencontrer le professeur
01:12:20qui nous a changé notre vie.
01:12:22Ça peut se faire.
01:12:23Mais c'est d'autant plus
01:12:25résilient
01:12:25si on a des axes
01:12:27partagés
01:12:27qui permettent,
01:12:29effectivement,
01:12:31de boucher
01:12:31tous les trous
01:12:32de la raquette,
01:12:32en quelque sorte.
01:12:36Dernière question.
01:12:37Ah,
01:12:38la troisième phase.
01:12:44Qu'est-ce qui a changé
01:12:45réellement
01:12:47et qui remonte
01:12:48quand on questionne
01:12:48les référents
01:12:50évaluations
01:12:51depuis quelques années ?
01:12:53Je crois que c'est un travail
01:12:53qui a été initié
01:12:55par l'ancien directeur
01:12:56de cabinet,
01:12:58Christophe,
01:12:58qui peut,
01:12:59évidemment,
01:13:00le dire.
01:13:00On a changé quelque chose,
01:13:02c'est l'acceptation
01:13:03de la culture de la donnée.
01:13:06L'ensemble
01:13:07de la donnée.
01:13:10Avant 2017,
01:13:12il y avait une défiance
01:13:13vis-à-vis de la donnée
01:13:14et derrière la donnée,
01:13:15l'évaluation.
01:13:17Et donc,
01:13:18la donnée scolaire
01:13:19est devenue massive.
01:13:21Parfois,
01:13:21peut-être,
01:13:21il y a trop de données.
01:13:22Donc,
01:13:23ça sera peut-être
01:13:23un peu la question
01:13:24de savoir
01:13:24est-ce qu'il faut
01:13:25moins de données.
01:13:26Mais en tous les cas,
01:13:27aujourd'hui,
01:13:28la culture de la donnée,
01:13:29le pilotage
01:13:30avec la donnée,
01:13:31je ne dis pas
01:13:32pilotage par la donnée,
01:13:33mais vraiment
01:13:33la donnée,
01:13:34est devenue
01:13:35un élément
01:13:36constitutif,
01:13:37j'allais dire,
01:13:38de la professionnalité
01:13:39des cadres.
01:13:43À l'Institut des hautes études
01:13:44que j'ai eu le plaisir
01:13:45de diriger
01:13:46depuis pendant six ans,
01:13:48on a mis en place
01:13:49des formations
01:13:49pilotage
01:13:50avec la donnée.
01:13:51Ce sont des formations,
01:13:53aujourd'hui,
01:13:54qui sont centrales
01:13:55dans la formation
01:13:56des cadres.
01:13:57Plus un seul
01:13:58chef d'établissement,
01:13:59plus un seul inspecteur
01:14:01ne peut échapper
01:14:02à la question
01:14:03de la donnée
01:14:04et la prise en compte
01:14:05de la donnée.
01:14:05C'est un alpha
01:14:07et un omega
01:14:07aujourd'hui
01:14:08dans la professionnalité
01:14:09des cadres.
01:14:10La donnée,
01:14:11c'est par exemple
01:14:13des indicateurs
01:14:14concernant la performance scolaire,
01:14:16l'orientation,
01:14:17le climat scolaire,
01:14:18etc.
01:14:19C'est-à-dire
01:14:19tout ce qui est chiffré
01:14:20et qu'on va mesurer
01:14:22en quelque sorte
01:14:24soit par sondage,
01:14:26soit par évaluation exhaustive,
01:14:28soit par recoupement
01:14:30de trajectoires.
01:14:32Et donc,
01:14:33prendre en compte
01:14:33le réel
01:14:34et ne pas discuter
01:14:36sur des impressions.
01:14:37Je donne un exemple.
01:14:39Dans la réforme du lycée,
01:14:4112 ou 13 spécialités,
01:14:45lycée général
01:14:46et technologique,
01:14:47dans la voie générale,
01:14:50lorsqu'on s'était interrogé
01:14:51d'une certaine manière
01:14:53sur combien d'élèves
01:14:54vont en mathématiques,
01:14:55combien d'élèves
01:14:56vont en physique,
01:14:56etc.
01:14:57Et donc,
01:14:58quand vous êtes proviseur
01:14:59aujourd'hui,
01:15:00vous devez avoir
01:15:01un tableau de bord
01:15:03pour savoir
01:15:05la probabilité
01:15:06de poursuite d'études
01:15:07en prenant
01:15:09la spécificité mathématique.
01:15:10Mais aussi,
01:15:11par exemple,
01:15:11de prendre en compte
01:15:12la question genrée.
01:15:14On a appuyé très fort
01:15:16sur la question genrée.
01:15:18Et ce qu'on peut voir,
01:15:19c'est que quasiment
01:15:20100% des évaluations
01:15:23indiquent
01:15:23une vision stratégique
01:15:25aujourd'hui
01:15:26sur la question
01:15:27filles-garçons
01:15:27dans l'organisation.
01:15:28Ce n'était pas le cas avant.
01:15:30Avant, par exemple,
01:15:31en Terminal S,
01:15:32on ne suivait pas,
01:15:34on ne pilotait pas
01:15:35la question genrée,
01:15:36c'est-à-dire le pouvoir
01:15:37d'agir,
01:15:38de changer,
01:15:38en quelque sorte,
01:15:39le destin global,
01:15:41même si, évidemment,
01:15:42chacun a sa liberté
01:15:43de choisir.
01:15:44Et donc,
01:15:45prendre en compte
01:15:46le fait,
01:15:46tout simplement,
01:15:47qu'un proviseur,
01:15:49un CPE,
01:15:50un adjoint
01:15:51dans un établissement scolaire,
01:15:53puisse pas juste regarder
01:15:54les effectifs,
01:15:55mais puisse dire,
01:15:56ah tiens,
01:15:57cette année,
01:15:58depuis deux ans,
01:15:59j'ai l'impression
01:15:59qu'il y a un peu moins
01:16:00de filles
01:16:01en physique-chimie
01:16:02ou en SVT,
01:16:03il y a moins de garçons,
01:16:04etc.
01:16:05On va en discuter
01:16:06avec les équipes.
01:16:07On n'attend pas
01:16:08d'être submergé
01:16:09par les faits
01:16:10pour agir.
01:16:11Vous voyez ?
01:16:12Donc, piloter par la donnée,
01:16:13c'est entre guillemets
01:16:13anticipé.
01:16:14Donc, c'est la troisième fois.
01:16:16Non.
01:16:17Ça, c'est ce qui a déjà été fait.
01:16:19Ça, c'est ce qui a déjà été fait.
01:16:20Ce qui a été fait,
01:16:22c'est les grands changements,
01:16:24les grands changements fondamentaux,
01:16:27c'est la donnée aujourd'hui
01:16:29qui est massive,
01:16:30comme en santé,
01:16:31si vous voulez.
01:16:33Je veux dire,
01:16:33ça fait très longtemps
01:16:34qu'en santé,
01:16:34on a des données,
01:16:35tout le monde ici
01:16:36fait des analyses de sang
01:16:37et votre médecin regarde
01:16:39quand même un peu
01:16:40vos analyses de sang
01:16:40pour voir si vous allez bien
01:16:41avant de vous poser la question
01:16:43si votre moral est bon.
01:16:45Eh bien, là, c'est pareil.
01:16:46Donc, grand changement,
01:16:48formation managériale des cadres.
01:16:51Structuration des établissements scolaires,
01:16:53existence, massification de la donnée.
01:16:56Donc, ça, c'était le préalable
01:16:57à l'évaluation.
01:16:59D'accord ?
01:16:59On a massifié l'évaluation.
01:17:02Deuxième phase de la vague 2,
01:17:05c'est mise en œuvre
01:17:06de l'autodémarge d'autonomie
01:17:07des établissements scolaires
01:17:08à travers des projets
01:17:09d'établissements renouvelés,
01:17:11des projets de performances collectives,
01:17:14projets d'amélioration collectifs,
01:17:17bien entendu.
01:17:17Qu'est-ce que c'est que la troisième phase ?
01:17:21Eh bien, la réponse est la suivante.
01:17:25Si pendant cette deuxième vague,
01:17:27on ne voit pas,
01:17:28j'allais dire,
01:17:29alors qu'on a aligné
01:17:30toutes les planètes,
01:17:31d'accord ?
01:17:32Obligation du projet
01:17:34d'établissement, etc., etc.,
01:17:36si on n'a pas
01:17:37de la transformation opérationnelle,
01:17:39d'accord ?
01:17:40Eh bien, il n'y aura pas
01:17:42de troisième évaluation.
01:17:43On ne va pas venir trois fois
01:17:45dans les établissements
01:17:46pour dire,
01:17:48pour entendre dire
01:17:49qu'on a des besoins de formation,
01:17:51d'accord,
01:17:52et qu'on n'est pas capable
01:17:53de les mettre en œuvre.
01:17:54Donc, la troisième phase
01:17:55est la suivante,
01:17:56c'est l'adaptation
01:17:58du cadre opérationnel national
01:18:00aux demandes
01:18:01des établissements scolaires.
01:18:02c'est-à-dire un renversement
01:18:06pragmatique,
01:18:07en quelque sorte,
01:18:09du plan national de formation
01:18:12et, j'allais dire,
01:18:13de l'inversion,
01:18:14de faire de l'unité éducative,
01:18:16école, établissement scolaire,
01:18:17le cœur du réacteur.
01:18:19Et donc, la troisième phase,
01:18:21c'est peut-être le rôle
01:18:23que vous, vous allez mener,
01:18:24Madame la députée,
01:18:26sur l'orientation du budget,
01:18:28peut-être à l'avenir,
01:18:29en quelque sorte,
01:18:30pour permettre aux établissements
01:18:33de réaliser leurs objectifs.
01:18:34Et donc, c'est une métamorphose complète,
01:18:37c'est-à-dire que la troisième phase
01:18:40de ce qui se passe partout
01:18:41sur la planète,
01:18:42ce sont les établissements
01:18:44qui sont la granularité essentielle
01:18:47du système éducatif,
01:18:49pas uniquement la classe,
01:18:50mais l'établissement,
01:18:50qui va définir ses besoins,
01:18:52ses besoins d'accompagnement
01:18:53et que le système autour de lui
01:18:56va s'organiser
01:18:58pour opérer cet accompagnement.
01:19:00à la fois sur le renforcement
01:19:05managérial des établissements scolaires.
01:19:08Est-ce que vous savez,
01:19:09je partage cette opinion,
01:19:12il y a des lycées
01:19:13qui ont un seul chef d'établissement.
01:19:16D'accord ?
01:19:17Il n'y a pas d'adjoint.
01:19:18La taille moyenne d'un lycée
01:19:21qui a un seul personnel de direction,
01:19:23c'est 600.
01:19:25600 élèves.
01:19:27La taille moyenne d'un collège
01:19:28qui n'a qu'un seul chef,
01:19:30c'est 300.
01:19:31Très clairement,
01:19:32on ne peut pas demander
01:19:33de la transformation
01:19:36aux établissements
01:19:37si on est sous-managé.
01:19:42Non, il faudra peut-être
01:19:43penser à des réorientations.
01:19:47Réorganisation.
01:19:47La troisième phase,
01:19:48suite à cette deuxième vague
01:19:50d'évaluation,
01:19:51c'est un questionnement
01:19:51très profond
01:19:52sur l'organisation,
01:19:54j'allais dire,
01:19:55des moyens éducatifs
01:19:56au service
01:19:57du désétablissement scolaire.
01:20:01Voilà.
01:20:01Je crois que j'ai répondu
01:20:02à l'ensemble des questions
01:20:03qui m'ont été posées,
01:20:04me semble-t-il,
01:20:05si j'ai bien suivi
01:20:07et bien noté
01:20:08toutes les questions.
01:20:09Et en tous les cas,
01:20:11si jamais vous avez
01:20:12des questions complémentaires,
01:20:14Christophe Quérero
01:20:14et moi-même
01:20:15seront heureux
01:20:16d'y répondre.
01:20:19Je crois que M. Chudeau
01:20:20n'est pas encore
01:20:21tout à fait satisfait.
01:20:22Non, mais bon,
01:20:23je pense qu'on n'a pas
01:20:24le temps de rebondir,
01:20:25mais M. le Président,
01:20:26on n'est pas convaincu du tout
01:20:27sur l'évaluation interne.
01:20:28Elle existe dans les textes.
01:20:30L'évaluation interne
01:20:31est prévue annuellement
01:20:33par le chef d'établissement
01:20:34devant son conseil d'administration.
01:20:35Vous savez bien,
01:20:36c'est dans le décret
01:20:36sur les EPLE.
01:20:37Et ceci n'est pas vérifié.
01:20:39Personne dans l'érectorat
01:20:40ne lit les rapports.
01:20:41C'est bien ce que je disais
01:20:42tout à l'heure,
01:20:43ça n'est ni piloté
01:20:45ni dirigé
01:20:46et c'est pour cela
01:20:47qu'on vous a créé.
01:20:48C'est parce qu'au fond,
01:20:48il y a une défaillance fondamentale,
01:20:50je pense,
01:20:51de l'administration académique,
01:20:53enfin des autorités académiques
01:20:54en matière de pilotage des EPLE.
01:20:57Peut-être juste dire
01:20:58quelque chose
01:20:59qui n'a jamais été fait
01:21:00et qui va être fait
01:21:00là cette année.
01:21:02D'accord ?
01:21:03C'est que le 5 février,
01:21:04le Conseil a voté
01:21:05la chose suivante,
01:21:06que les rapports
01:21:07d'auto-évaluation
01:21:07et d'évaluation
01:21:08doivent être
01:21:10accessibles
01:21:10à l'ensemble
01:21:11de la communauté éducative.
01:21:13Évidemment,
01:21:14ça ne va pas de soi.
01:21:17Non,
01:21:17mais je veux dire,
01:21:18le rapport d'évaluation
01:21:19et d'auto-évaluation,
01:21:20je ne dis pas
01:21:20disponible auprès du CA,
01:21:22disponible à l'ensemble
01:21:23de la communauté éducative,
01:21:25c'est-à-dire les parents aussi,
01:21:26voire les élèves.
01:21:28D'accord ?
01:21:29Donc,
01:21:29ça veut dire
01:21:30que d'une certaine manière,
01:21:31si on veut du changement,
01:21:32il faut aussi partager
01:21:33les diagnostics
01:21:34dans la confiance.
01:21:36Et donc,
01:21:37ça,
01:21:37c'est la transparence.
01:21:38Et c'est un point initial
01:21:40très important,
01:21:41la responsabilité
01:21:42qui structure les attentes
01:21:43et la transparence.
01:21:46Merci beaucoup,
01:21:47M. le Président.
01:21:48Vous avez essayé
01:21:50de répondre,
01:21:50je crois,
01:21:50à toutes les questions.
01:21:51Je ne sais pas
01:21:51si toutes vos réponses
01:21:52ont convaincu
01:21:53tous les députés,
01:21:54mais c'est aussi
01:21:55la diversité
01:21:56de notre commission.
01:21:56En tout cas,
01:21:57merci pour vraiment
01:21:58ce panorama complet
01:21:59qui nous a permis
01:21:59d'avoir un point
01:22:00d'actualité extrêmement dense
01:22:02et nourri,
01:22:04fourni,
01:22:05au moment où vous prenez
01:22:06vos fonctions.
01:22:07Nous poursuivons
01:22:08cet après-midi
01:22:08nos travaux
01:22:09par l'audition conjointe
01:22:10de M. Luc Ria
01:22:11et de Mme Laure Saint-Raymond,
01:22:12que la Présidente
01:22:13de l'Assemblée nationale
01:22:14envisage de désigner
01:22:15comme membre
01:22:15du Conseil d'évaluation
01:22:16de l'école
01:22:16en application
01:22:17de l'article L241-13
01:22:19du Code de l'éducation
01:22:20et ensuite,
01:22:21il y aura un vote
01:22:21de la Commission
01:22:22pour exprimer son avis
01:22:24sur ces désignations.
01:22:25Je précise également
01:22:26à nos collègues
01:22:27qu'à partir de mardi prochain,
01:22:29nous procéderons
01:22:30à l'examen
01:22:30du projet de loi relatif
01:22:31à la restitution
01:22:32du bien culturel
01:22:32provenant d'États
01:22:33qui, du fait
01:22:34d'une appropriation illicite,
01:22:35en ont été privés.
01:22:37Travail qui commenceront
01:22:38par l'audition
01:22:39de la ministre
01:22:39Catherine Pégard
01:22:42Je précise notamment
01:22:44qu'à cause du lundi férié,
01:22:46le délai de dépôt
01:22:46des amendements
01:22:47s'achèvera ce jeudi
01:22:48à 17h.
01:22:49Important à avoir en tête.
01:22:51Je vous souhaite
01:22:52une bonne journée
01:22:53et vous dis à tout à l'heure.
01:23:24Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:24Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations