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  • il y a 6 heures
S comme Santé c'est le nouveau rendez-vous qui prend soin de vous. Autour de reportages et en compagnie d'invités spécialisés, retrouvez l'actualité médicale avec Moselle. Un programme issu d'une collaboration entre Moselle TV et La Semaine.

Dans cette édition, présentée par Uranie Tosic et Marjorie Beurton, retrouvez Dr Jean-Marc Perone, chirurgien-ophtalmologiste, chef de service au CHR, François Braun, conseiller au CHR, ancien ministre de la Santé et Aurélie Bostelle, responsable du pôle APE - Talpia.

Au sommaire :

Attention les yeux, cornée fragile !

Dans les coulisses d'une greffe totale de la cornée

Chirurgie réparatrice ou de confort pour l'oeil ?

L'activité physique et sportive bonne pour nos yeux ?

Lever les tabous de la santé mentale au travail !

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Transcription
00:06Musique
00:17Bienvenue dans Est-ce comme santé ? Une santé de fer, c'est bien ce que je vous propose et
00:22ce que je vous souhaite pour cette nouvelle année.
00:24Meilleur vœu à toutes et à tous. Comme chaque mois, vous le savez, nous sommes ici pour prendre soin de
00:29vous et décortiquer des thématiques santé qui peuvent parfois paraître obscures.
00:34Alors ce soir, on parlera de la santé de l'œil. Entre maladies régulières et opérations de pointe sur le
00:40territoire, vous serez incollables sur le sujet.
00:43Et pour en parler, comme d'habitude, Marjorie Burton, bonsoir.
00:46Bonsoir.
00:47François Braune également, conseiller au CHR, conseiller ministre de la Santé, je le rappelle tout de même.
00:53Un chien.
00:54Oui, tout à fait, oui. Et puis, à vos côtés, le docteur Jean-Marc Perron.
00:59Voilà, vous êtes chirurgien, ophtalmologiste, chef du service. Donc, merci d'être à nos côtés.
01:06Et à Tionville également.
01:07Et à Tionville également.
01:08Peut-être la suite du programme ?
01:10Exactement. Et bien, en fin d'émission, nous allons nous intéresser à la santé mentale au sein des entreprises.
01:16Comment prendre en compte le bien-être mental tout en restant productif ? Telle est la question.
01:21Il en sera donc question avec Aurélie Bostel de l'entreprise Talpia.
01:25Il y a les assistantes sociales, les psychologues, les conseillers, les référents handicap, les juristes.
01:31Vous verrez que chez Talpia, la santé mentale au travail est une priorité.
01:35Exactement. Voilà pour le programme. Et bien, il n'y a plus qu'à. C'est parti.
01:44Alors, des maladies de l'œil, il y en a, j'imagine, des dizaines.
01:47On ne pourra pas être exhaustif ce soir.
01:50Focus peut-être sur celle qui touche la cornée.
01:52Mais avant de le détailler, on préambule peut-être expliquer ce que c'est la cornée pour l'œil.
01:57Surtout, quelle est sa fonction, docteur ?
01:59C'est une bleue transparente qui est au devant de l'œil, qui fonctionne comme une vitre.
02:04Il faut qu'elle soit bien claire et bien propre pour que la vision puisse être correcte.
02:10C'est le seul tissu transparent, d'ailleurs, du corps humain ?
02:13Exactement, oui.
02:14Donc, c'est vraiment la première partie de l'œil ?
02:17La première couche.
02:17C'est ce qu'on voit en premier, même si c'est transparent ?
02:19C'est comme une peau, mais transparente.
02:22Alors, plusieurs maladies découlent de cette partie de l'œil.
02:25Kératocone, abcès, kératite, dystrophie, ulcère.
02:28Après, ça peut être aussi des brûlures, des lésions particulières.
02:30Il y a beaucoup de causes qui peuvent entraîner ces pathologies-là pour la cornée ?
02:34Alors, les causes principales touchent l'endothélium.
02:37C'est la couche la plus profonde de la cornée qui est la plus noble.
02:41Et ça correspond à 60% des indications de grève de cornée qu'on fait dans le service.
02:46On fait énormément de grèves.
02:47Et 60% des cas, ça sera des pathologies de l'endothélium.
02:51Chez des personnes plutôt âgées.
02:54Si on regarde le spectre des patients plus jeunes, là, on se tourne vers le kératocone.
03:00Là, c'est une déformation, c'est ça ?
03:02Exactement.
03:02C'est souvent lié à des frottements oculaires.
03:05Bien souvent, 8 fois sur 10, les jeunes patients nous disent qu'ils se frottent les yeux.
03:12Et ça entraîne une déformation de la cornée et une vision très trouble qui peut se corriger par des lentilles
03:19si le stade n'est pas trop avancé.
03:21Ou alors, nécessiter une grève de cornée.
03:25Mais là, on enlève toute la cornée.
03:28Et on en met une toute belle.
03:29Et on en met une toute belle, oui.
03:31Pas déformée.
03:32Je pense aux personnes qui ont mal aux yeux et qui sont dans leur canapé à nous regarder.
03:35Comment sait-on que notre cornée est abîmée ?
03:37Quels sont les symptômes, finalement ?
03:39Eh bien, tout simplement, on voit moins bien.
03:42Donc, s'ils sont dans leur fauteuil en train de regarder la télé, elle sera un peu plus floue, cette
03:46télé.
03:47Elle sera moins nette.
03:49Et dans le cas d'un kératocone, on pourra voir plusieurs images qui se dédoublent.
03:55Et pour le cas d'une maladie qui touche plutôt les personnes âgées avec une altération d'endothélium,
04:04eh bien, on verra de plus en plus flou, comme si on regardait à travers un verre de salle de
04:08bain.
04:08Au lieu d'avoir une vitre bien propre, toute claire, on verra de plus en plus à travers un hublot
04:14de salle de bain dépolie.
04:16Le changement se voit tout de suite ?
04:17Ou est-ce que c'est progressif ?
04:19C'est progressif.
04:20C'est progressif.
04:38La priorité de santé publique, souvent un petit peu négligée.
04:42La myopie, c'est aussi une maladie pour laquelle il peut y avoir des traitements chirurgicaux.
04:47Et il y a beaucoup de gens qui présentent une myopie.
04:49C'est considéré presque que quelque chose de normal.
04:52Mais oui, c'est une priorité de santé publique, bien sûr.
04:55Est-ce qu'il y a des campagnes de sensibilisation pour se faire dépister peut-être plus facilement ?
05:00On parlait beaucoup sur ce plateau de dépistage sur des maladies plus handicapantes, en tout cas, ou qui peuvent même
05:07être mortelles.
05:08Pour le coup, est-ce que l'œil, c'est facilement accessible ?
05:12Malheureusement pas.
05:12En tout cas, pas suffisamment et pas à destination du grand public.
05:16J'ai souvenir, il y a quelques années, ça fait bien une dizaine d'années, d'une campagne espagnole pour
05:22promouvoir la grève de Cornet.
05:24Puisqu'il y a aussi cette problématique de pouvoir promouvoir la grève de Cornet, qui ne pouvait pas passer en
05:30France parce qu'elle était extrêmement bien faite,
05:33mais aussi extrêmement brutale par rapport à ses besoins et surtout les patients qui, potentiellement, une fois décédés, peuvent être
05:42donneurs de Cornet.
05:44Ça aussi, c'est très important.
05:45Malheureusement, on parle beaucoup de grèves.
05:47On parle de grèves du rein, on parle de grèves exceptionnelles, cœur-poumon.
05:51Mais les grèves les plus importantes sont les grèves de Cornet et on n'en parle pas assez.
05:55Là aussi, nous avons besoin de donneurs.
05:57Alors revenons justement à cette cornée, côté traitement.
06:00Est-ce qu'on passe forcément par la chirurgie ?
06:03Non, non, pas forcément.
06:05C'est vraiment les cas ultimes qui nécessitent une grève.
06:09Dans la plupart des cas, notamment grâce à des lentilles, on a un service qui est très pointu dans l
06:15'adaptation des lentilles chez les patients avec des cornets compliqués, notamment les caratocones.
06:20Ça nous évite justement de faire des grèves.
06:22Justement, il y a votre service ophtalmologie au CHR qui nous a ouvert ses portes pour en apprendre davantage sur
06:28l'opération, qui parfois est indispensable.
06:31Il y a encore quelques heures, vous pratiquez justement une opération par rapport à la cornée sur un patient.
06:36Alors âme sensible s'abstenir bien évidemment.
06:39Pour les autres, ouvrez bien vos yeux.
06:42Désormais anesthésié généralement, ce patient attendait une grève de cornée depuis deux mois pour son Aïdora.
06:53Voilà, on va préparer la table gentiment.
06:58Donc là, c'est une grève complète où on va remplacer toute la cornée.
07:01Je dirais que dans 60% des cas, j'essaye d'être partiel au contraire, d'enlever juste la partie
07:07qui dysfonctionne.
07:08C'est plus subtil, disons, mais chez lui, c'est une blessure ancienne avec une cicatrice qui prend toute la
07:12cornée.
07:13Donc, on ne peut pas vraiment être subtil, là. Il faut enlever toute l'épaisseur de la cornée.
07:19Première étape, préparer le griffon provenant d'un donneur décédé il y a moins de 24 heures.
07:24Le chirurgien retire la cornée saine et l'adapte à la taille de la cornée du patient greffé, 7,25
07:31mm pour cette opération.
07:33Ici, dans la région, comme on est quand même le plus gros centre greffeur, on est livré en priorité.
07:39Les gens n'attendent pas trop chez nous.
07:41Il est temps d'ouvrir l'œil.
07:43On les adapte ?
07:44Oui, s'il vous plaît.
07:46Les gestes sont précis et réalisés au millimètre près grâce au microscope.
07:51Je vais enlever la partie centrale et l'œil, pendant quelques secondes, va être vraiment à ciel ouvert.
08:00Il ne faut pas qu'il éternue ou qu'il se mette à tousser parce que là, ça peut être
08:05la catastrophe.
08:06Voilà, donc la trapanétion est quasiment complète. Je vais la compléter au bistouri.
08:12Rapidement, docteur Perronne place donc la greffe sur l'œil du patient.
08:16Allez, on y va ? Tu me prépares un vicry coupé court, s'il te plaît ?
08:25Voilà, le nouveau capot. C'est la nouvelle cornée, oui, qu'on va suturer maintenant.
08:31Une suture en forme d'étoile, mais invisible à l'œil nu, que le greffet gardera près d'un an.
08:36Si celle-ci est totale et plus classique, à Merci, le service est spécialisé dans la greffe partielle.
08:43Une petite révolution dans le domaine ophtalmique.
08:46Ici, il y aura une suture de toute la cornée. Dans une greffe partielle, il n'y aura pas de
08:52suture.
08:53Donc une récupération d'acuité visuelle beaucoup plus rapide, moins d'astigmatisme, pas de rejet.
08:58Il n'y a que des bénéfices. Il y a des patients qui viennent d'Alsace ou de Bourgogne.
09:04Mais dans le cas de notre opération du jour, le risque de rejet est estimé de 15 à 20%.
09:09Le patient prendra alors un traitement pour l'éviter et sera contrôlé régulièrement.
09:14D'une acuité de 2 dixièmes auparavant, il pourra espérer revoir à 7 dixièmes dans les prochains mois
09:19et quittera l'hôpital dès le lendemain.
09:24Alors, quel est l'âge limite pour une grève de cornée ?
09:27Je dirais qu'il n'y a pas d'âge limite.
09:29Il m'est arrivé d'opérer des patients en passé 90 ans.
09:34qui avaient un seul oeil, qui ne voyaient plus bien.
09:38Donc c'est quand même important pour ces personnes-là de pouvoir revoir au moins un minimum de manière utile.
09:45Et pour les gens jeunes, j'ai le souvenir d'avoir opéré des jeunes personnes de 14 ou 15 ans.
09:55En fait, on ne va pas s'arrêter à l'âge, on va plutôt s'arrêter à la pathologie si
09:58elle a avancé ou pas, pour le coup.
10:01Et est-ce qu'il y a des symptômes, finalement, de prévention aussi, des gestes à faire,
10:05comme pour d'autres maladies hivernales, pour ne pas abîmer sa cornée, pour éviter les symptômes, il faut faire ces
10:10gestes préventifs ?
10:12Eh bien, ce qui me vient à l'esprit immédiatement, c'est éviter de se frotter des yeux.
10:18Parce que, comme je le disais tout à l'heure par rapport au kératocone, chez les gens jeunes,
10:22qui ont souvent des allergies, donc une démangeaison,
10:26ils se frottent vigoureusement les yeux, et ça, c'est très mauvais, et ça peut aboutir à une déformation.
10:31Et ça pourrait faire l'objet d'une campagne, pourquoi pas sur notre territoire,
10:35qui pourrait faire office de starter pour même toute la France.
10:39Parce que je vois beaucoup de jeunes enfants, de jeunes hommes, de jeunes femmes,
10:45qui ont des kératocones qui auraient pu être évoqués ou évités,
10:48si on leur avait dit préventivement, éviter de vous frotter les yeux,
10:52ça peut aboutir à une déformation de la cornée, voire une grève de cornée.
10:55C'est vrai que c'est un geste un peu automatique, si on a quelque chose, une poussière dans l
10:58'œil,
10:58ou même par fatigue, alors on ne se dit pas que ça peut être aussi quelque chose qui dégrade notre
11:03œil.
11:04Concernant cette opération, comment ça se passe au niveau de la prise en charge ?
11:08Est-ce que c'est remboursé ?
11:10Oui, tout est pris en charge, tout est pris en charge, il n'y a absolument rien à payer.
11:15La sécurité sociale le prend en charge, c'est des interventions assez lourdes,
11:19mais qui ne nécessitent pas une hospitalisation très longue.
11:23Une nuit suffit, ils peuvent rentrer le matin même et sortir le lendemain.
11:27Il existe des rejets de greffes de cornée ?
11:30Plus la greffe est importante, plus le risque de rejet est important.
11:35Pour une greffe complète, comme on l'a fait tout à l'heure et qu'on a vu dans le
11:41reportage,
11:42il y a 15 ou 20% de risque de rejet.
11:45Et pour les greffes les plus fines qu'on fait dans le service,
11:48on est même leader dans ce type de greffe,
11:51on va jusqu'à 15 microns, on remplace simplement une petite couche cellulaire endothéliale,
11:56et là, pratiquement, il n'y a plus aucun rejet.
11:58Donc, plus c'est petit et fin, moins il y a de rejet.
12:02Merci beaucoup pour ces détails.
12:04Je vous propose de continuer sur la santé de l'œil.
12:07Alors, peut-être en laissant la cornée plus précisément de côté,
12:12je vais vous proposer de regarder quelques images de visions qui ont été déformées.
12:16Il va falloir retrouver petit à petit quelles sont les maladies.
12:19Donc, on va voir petit à petit, en fait, une progression.
12:23Est-ce que vous arrivez à me dire quelle est la maladie qui est représentée de l'œil ?
12:30Je pense que c'est une rétinite pigmentaire avec une altération du champ visuel.
12:36Ça peut se voir dans les rétinites pigmentaires ou également chez les glaucomateux.
12:41Exactement. Bonne réponse, docteur. C'était glaucome.
12:44Alors, pour la première partie de votre réponse, j'ai envie de vous dire,
12:46je vais vous croire sur parole parce que je n'ai pas la réponse écrite.
12:49C'est exactement ça.
12:50C'est une réduction du champ visuel de plus en plus petit et centré.
12:55Alors, pour la suivante, il me semble que c'est assez courant ce qu'on va voir.
13:02Alors, est-ce que vous arrivez à trouver peut-être...
13:05Je pense que c'est une DMLA, une dégénérescence maculaire liée à l'âge,
13:09c'est plutôt chez les personnes âgées, avec une macula abîmée qui donne une tâche centrale.
13:14C'est assez impressionnant de voir cette image-là.
13:16C'est véritablement ce qu'on voit quand on a ce problème-là.
13:20Non, c'est-à-dire qu'on ne voit pas. On ne voit pas le visage.
13:24On ne voit pas une tâche noire. On ne voit simplement pas le visage.
13:26Et quand on essaie de lire, on n'arrive pas à lire.
13:29Ce n'est pas noir, si vous voulez. Ce n'est pas noir et blanc, mais on ne voit pas
13:34ce qu'il y a en face de nous.
13:35Pour la troisième, pour le moment, c'est un sans-faute.
13:39Merci.
13:39On va voir aussi la différence.
13:45Là, c'est plus subtil.
13:46C'est vrai que comme ça, moi, j'ai envie de dire, c'est quand j'enlève mes lunettes.
13:50Oui, oui, ça pourrait être une vision d'une personne myope ou astigmate, sans lunettes.
13:55Ou un kératocone, si...
13:57Eh bien, la seule réponse que j'ai à vous donner, c'est cataracte, apparemment, au début.
14:03Eh oui, c'est ce qui a été notifié, mais je préfère vous croire sur parole...
14:08J'ai un début de cataracte, ce n'est pas comme ça.
14:10C'est vrai ?
14:11Comment c'est justement, quand c'est par rapport à la cataracte ?
14:13Je vais t'opérer quand même.
14:15Oui.
14:16C'est un problème de luminosité, en fait.
14:19En tout cas, ce que je sens, c'est quand la luminosité est plus faible, on voit beaucoup moins bien.
14:22Si il y a une luminosité forte comme ça, il n'y a pas de problème.
14:26Alors justement, cataractes, glaucomes, ce sont des autres maladies récurrentes.
14:30Est-ce qu'elles sont nombreuses en Moselle ?
14:34Les cataractes, ça touche tout le monde.
14:36Donc, passé 60-70 ans, en général, on opère entre 65 et 75.
14:43C'est un peu de marge, encore.
14:45Mais on peut opérer plus tôt, également.
14:48Et à titre d'exemple, on fait 2000 interventions de cataractes par an dans le service,
14:54contre 100 greffes de cornée.
14:56Et pourtant, on est très connus pour les greffes, donc on en fait beaucoup.
14:59Donc, vous voyez que la proportion est quand même beaucoup plus importante.
15:02Pour ce qui est des glaucomes,
15:04et d'ailleurs, on va participer à une campagne du Nadev en juin prochain,
15:11pour dépister des glaucomes dans la population au centre-ville de Metz.
15:15On le fait, ils viennent une fois tous les deux, trois ans.
15:18Et le service participe.
15:20On va dépister gratuitement pendant trois jours ces places républiques en général.
15:27Les deux, trois et quatre juin, on semble-t-il.
15:29On aura l'occasion, je pense, d'y revenir par rapport à ça.
15:33Toujours en parlant de l'œil, très rapidement,
15:35il y a aussi de plus en plus de demandes de chirurgie réfractive.
15:38Je crois que c'est ça le terme.
15:39Donc, tout ce qui touche à la myopie, la stigmatie.
15:41Est-ce qu'on appelle ça la chirurgie de confort ?
15:45Ou alors, c'est vraiment réparatrice, pour le coup ?
15:48Est-ce que vous avez de plus en plus de demandes ?
15:51On fait ça, nous, dans le service depuis 12-15 ans.
15:58Je me souviens que quelqu'un de ta famille est passé entre les trois.
16:03Oui, oui, la demande est constante, ni plus ni moins.
16:07Il y a toujours eu pas mal de demandes.
16:09On fait ça tous les jeudis, donc oui, il y a beaucoup de demandes.
16:12Il y a beaucoup de demandes.
16:13Vous avez un créneau entier pour ça.
16:14Exactement, tous les jeudis matin, oui.
16:16Ça se démocratise.
16:17Toujours en parlant de l'œil, même dans la fleur de l'âge et sans pathologie,
16:21mieux vaut les protéger au maximum, surtout si vous pratiquez certains sports.
16:24On va en parler dans la partie suivante.
16:31Alors, quel sport vous vient en tête ?
16:34Si je vous dis lunettes de protection, vous pensez à quoi en priorité, Marjorie ?
16:39Natation.
16:40Oui, c'est vrai, natation.
16:41Tire.
16:42Ok, ouais.
16:43Peut-être le VTT aussi ?
16:45Moi, je pensais au squash.
16:47Au squash, ouais.
16:48La raquette ou la balle qui revient très fort, ça peut faire de gros dégâts au niveau des yeux.
16:52Ça veut dire qu'il y a des sports où c'est obligatoire, on l'a dit.
16:55Est-ce qu'il y en a d'autres où c'est conseillé ?
16:57Le squash, ça serait bien d'emporter, même si ce n'est pas obligatoire.
17:03Après, il y a certaines pathologies qui font mettre des lunettes.
17:08J'ai souvenir de joueurs de foot célèbres qui portaient des lunettes
17:13parce qu'ils avaient été opérés d'un glauco,
17:14mais qu'il ne fallait absolument pas que l'œil soit traumatisé.
17:18Et donc, de ce fait, ils portaient des lunettes noires en plastique.
17:21– François Brun a des anecdotes au rugby, le doigt dans l'œil.
17:24– Oui, oui, une plaie de cornée avec le doigt dans l'œil.
17:28Mais maintenant, c'est interdit, heureusement.
17:30Mais tous les sports de contact, en fait, tous les sports,
17:32j'imagine que la boxe, j'imagine que tous ces sports-là
17:34peuvent avoir des incidences et des traumatismes oculaires.
17:39De là à porter des lunettes tout le temps, c'est un peu compliqué.
17:42– En combat, c'est peut-être un peu plus compliqué.
17:43– Ça réduit le champ de vision, en plus, potentiellement.
17:46Donc, voilà, mais à part quelques-uns où c'est une évidence,
17:51il faut faire attention à ses yeux tout le temps.
17:53– On a l'habitude de parler des bienfaits de l'activité physique et sportive sur ce plateau,
17:56de dire que c'est important de bouger, de reprendre une activité, etc.
18:00Les yeux, ça a un impact aussi positif sur les yeux, le sport ?
18:05– Alors, le sport, je dirais, le sport en plein air ou le fait d'être en plein air.
18:10Il y a eu une très grosse étude qui a été faite sur les jeunes myopes, justement,
18:15on en parlait tout à l'heure.
18:18Et une étude à grande échelle avait montré que la seule chose qui freinait l'évolution de la myopie,
18:25c'était la lumière du jour.
18:27À tel point qu'à Taïwan, à grande échelle, ils ont imposé des récréations de trois heures
18:32pour que les jeunes enfants soient à l'extérieur, à la lumière du jour,
18:36pour freiner la myopie qui, chez eux, est énorme.
18:42Enfin, presque 100% des jeunes enfants qui sont atteints de myopie.
18:46– Oui, c'est un...
18:47– C'était la seule chose qui avait donné un résultat positif.
18:51– Bon, après, d'ici à ce qu'en France, on ait des récréations de trois heures,
18:54il y a peut-être un petit peu de...
18:56– On peut conseiller aux gens, voilà, de...
18:58– D'être à l'extérieur.
19:00– D'être à l'extérieur.
19:00– D'aller faire une activité physique en extérieur plutôt que d'être devant un écran.
19:04– Bien évidemment.
19:05– Un principe de base.
19:06– Merci docteur pour vos éclaircissements et à bientôt, j'espère, sur ce plateau.
19:11Vous allez pouvoir laisser votre place à notre dernière invitée.
19:15Avec elle, nous allons jeter un œil sur la santé mentale.
19:19C'est parti.
19:24Je vous laisse vous installer.
19:25Aurélie Bostel, bonsoir.
19:27– Bonsoir.
19:28– Donc vous travaillez, vous êtes responsable du pôle APE à Talpia.
19:32Alors pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette entité, qu'est-ce que Talpia ?
19:36Quelles sont les missions ?
19:37– Alors on est une entreprise qui est intervenant en Moselle et en Alsace.
19:41Et notre mission en fait, c'est d'accompagner les entreprises, les collectivités territoriales,
19:48les établissements médico-sociaux qui ont envie en fait auprès de leurs collaborateurs
19:52de travailler sur la qualité de vie au travail, sur les risques psychosociaux et sur la prévention de la santé
19:58mentale.
19:58– Justement, d'après ce que vous voyez, quels sont les métiers qui sont davantage en souffrance ?
20:03– C'est une bonne question.
20:05Alors vous avez effectivement tous les métiers de la santé et de l'aide,
20:11on en a parlé ces dernières années.
20:13Après, il faut savoir que toute profession peut être touchée par les burn-out.
20:19On peut avoir les cadres de santé, on a aussi les agriculteurs.
20:23Donc c'est des métiers très différents en fait finalement.
20:26Il faut savoir qu'en fait, ce qui conduit à l'épuisement professionnel, au burn-out, c'est multifactoriel.
20:32Ça va être la pression que vous avez, ça va être l'absence d'un collectif
20:36ou un collectif de travail qui n'est pas forcément bienveillant.
20:39On peut avoir l'autonomie, la reconnaissance.
20:41Donc il y a plein de facteurs qui vont rentrer en ligne de compte
20:45et qui peuvent conduire à ces situations-là.
20:47– Alors mai 2024, 32% des actifs se disaient en burn-out, dont 13 en burn-out sévère.
20:53Est-ce que vous avez une idée de comment stopper cette progression vers la dépression ?
21:00– Alors dépression, par exemple, c'est pas la même chose.
21:04Mais j'ai envie de dire, déjà, il faut réfléchir, on va dire de manière globale,
21:10déjà en termes de politique, comment on communique autour de ces sujets de souffrance au travail.
21:14Et puis après, on va dire, dans les entreprises et dans les collectivités,
21:20puisque c'est pas juste le monde de l'entreprise,
21:22c'est effectivement quelles démarches on met en place en interne pour accompagner ces problématiques-là.
21:28Parce que finalement, c'est pas des problématiques qu'individuelles,
21:32c'est souvent aussi des problèmes d'organisation.
21:35Et c'est d'identifier finalement qu'est-ce qui ne fonctionne pas
21:38ou qu'est-ce qu'il faut améliorer pour ne pas être dans des situations comme ça.
21:41– Ce seraient quoi les mesures, justement, à mettre en place ?
21:44Alors, comme vous l'avez dit, c'est difficile de donner quelque chose de très général,
21:47mais peut-être des exemples concrets que vous avez en tête ?
21:50– Alors, si on parle de, nous, notre expérience, par exemple,
21:53on a eu une entreprise qui est en restructuration actuellement.
21:56On sait qu'économiquement, c'est quand même compliqué, le contexte économique.
22:00Donc, restructuration, plan de départ volontaire.
22:03Et donc, ils nous ont sollicités parce qu'ils ont eu un collaborateur
22:06qui a exprimé une grande souffrance sur le lieu de travail.
22:09Donc, on est intervenus déjà, nos psychologues du travail,
22:12assistants sociales du travail, pour accompagner la personne en souffrance.
22:16Et aussi, les managers et les dirigeants sur comment, finalement,
22:20on gère cette situation-là sur le moment de crise.
22:23Et puis, après, est venu le second temps, une fois que cette situation-là
22:26a été prise en charge, c'est de se dire, effectivement,
22:29comment on peut travailler sur le fond, dans le quotidien.
22:32On connaît une situation de crise compliquée.
22:33Donc, à ce moment-là, ça va être de proposer déjà des actions de formation
22:38pour déstigmatiser aussi ce qui touche à la maladie mentale
22:40parce que, bon, c'est quand même assez mal vu,
22:44en tout cas, assez péjoratif dans notre société actuelle.
22:46Donc, c'est déjà, voilà, de travailler là-dessus.
22:48Et puis, après, ce qu'on propose, nous,
22:50c'est les premiers secours en santé mentale.
22:52Comme il existe les premiers secours, on va dire, classiques, on connaît bien.
22:55C'est vrai qu'on ne pense pas à ça.
22:56Eh bien, il existe des formations dans la santé mentale.
22:59Donc, nous, tous nos intervenants sont formés à cette pratique-là.
23:03Et nous formons aussi les collaborateurs des entreprises qui, voilà,
23:06ça peut permettre déjà de repérer des situations de détresse,
23:09d'avoir un premier niveau de réponse aussi
23:10et puis d'orienter vers les professionnels qui sont formés pour ça.
23:15J'aimerais vous lire un passage d'un magazine du MEDEF Grand Est.
23:20On l'associe à de la fébrilité, voire à de la dépression.
23:23On estime qu'elle ne fait pas partie de la gestion quotidienne des dirigeants,
23:27alors qu'ils sont bien souvent des anxieux et des stressés chroniques.
23:30C'est une remarque de Jean-Luc Douillard, fondateur du réseau APESA.
23:34Le plus souvent, en fait, il explique que ce sont des situations
23:37qui sont loin d'être dans les extrêmes.
23:39C'est d'abord des petits symptômes, des choses qui doivent alerter.
23:42Et ça permet de dédramatiser aussi la situation
23:44et de prendre en charge plus globalement une prise en compte plus large
23:47parce qu'on parle souvent de burn-out ou d'anxiété généralisée chez les salariés.
23:53Et on ne parle pas souvent des dirigeants, de ceux qui ont les responsabilités.
23:56Ça aussi, c'est tabou ?
23:58C'est un grand sujet.
24:00Alors, effectivement, pourquoi les dirigeants ?
24:02Je pense que déjà, c'est des personnes qui sont plus isolées dans leurs fonctions,
24:07qui souvent aussi mettent en place des stratégies
24:10pour ne pas montrer leur souffrance.
24:13Alors, les services dont je vous ai parlé seraient accessibles à des chefs d'entreprise,
24:17mais c'est juste de leur permettre de mettre en place quelque chose,
24:20d'adapter, qu'ils leur parlent et où ils se permettent aussi d'évoquer.
24:24Parce que quelque part, il y a une position de force, de leader.
24:28Je porte les choses, j'amène les personnes.
24:30Donc, se montrer soi-même en faiblesse, entre guillemets,
24:33c'est comme ça qu'ils le vivent, c'est une réelle difficulté.
24:37Donc, nous, je sais que chez Talpien, on est justement en réflexion avec l'UE57,
24:41qui fait partie du réseau Medef,
24:42sur comment adapter une offre de réponse aux dirigeants.
24:46Vous avez une réponse peut-être, M. Broun ?
24:48Oui, j'ai eu l'occasion de participer à un débat avec des dirigeants d'entreprise
24:52au niveau national, justement, sur la santé des dirigeants.
24:55C'est un véritable problème.
24:56C'est-à-dire qu'ils sont soumis, comme les salariés,
24:59à des situations de stress et de détresse dans le cadre de leur travail,
25:03et ils ne l'expriment pas.
25:05Il y a ce côté un petit peu surhomme ou superwoman
25:08qui fait qu'on ne peut pas exprimer ce genre de choses.
25:10Et c'est souvent des dirigeants qui traquent du jour au lendemain.
25:13Mais, moi, ce que je trouve très intéressant,
25:15alors, la santé au travail, on en parle enfin de la souffrance psychologique,
25:18il est temps, on a attendu vraiment longtemps.
25:21On parle de burn-out, on parle peut-être un peu moins.
25:24Il y a un article très intéressant, il y a quelques semaines,
25:27ou quelques mois, dans une grande revue anglo-saxonne,
25:30sur la différence entre burn-out et souffrance psychologique au travail.
25:35Ce que j'ai compris, c'est qu'en fait, le burn-out,
25:37on est dans une surcharge de travail.
25:39On travaille trop, on a une charge qui est trop importante.
25:43Ça, globalement, c'est des organisations qui vont pouvoir répondre à cette problématique.
25:48Par contre, la souffrance psychologique au travail,
25:51c'est l'impression, et on voit bien ça chez les soignants,
25:54de ne pas faire son travail correctement.
25:56Et c'est toute la problématique qu'on a dans le milieu de la santé actuellement.
26:00C'est des soignants, alors on les dit démotivés, on dit tout ce qu'on veut,
26:02mais ils ont surtout le sentiment de ne pas pouvoir donner le temps nécessaire à leurs patients
26:07parce qu'il y a une pression extérieure trop importante.
26:09Et probablement que le traitement est différent.
26:11Et qu'à trop se focaliser sur ce terme de burn-out,
26:14on oublie toute cette part de souffrance.
26:16La nuance entre les...
26:17Qui, à mon sens, est beaucoup plus importante
26:20et qu'il faut probablement encore plus prendre en compte.
26:22Merci beaucoup, ce sera le mot de la fin.
26:24On arrive déjà à la fin de cette émission.
26:27De votre côté, vous venez peut-être d'arriver.
26:29Pas de panique, votre programme est rediffusé tout au long du mois
26:32et disponible en replay sur notre site internet www.moselle.tv
26:37Vous pouvez d'ailleurs retrouver toutes nos émissions depuis le début
26:40histoire de vous rafraîchir la mémoire côté santé
26:43et d'être incollable sur le territoire en Moselle.
26:46Merci de nous avoir suivis.
26:48Merci à vous tous et toutes d'avoir été autour de la table encore cette fois-ci.
26:52Et puis à bientôt, prenez soin de vous.
26:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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