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  • il y a 16 minutes
Ce n'est pas vraiment une surprise, mais plutôt une confirmation de ce dont tout le monde se doutait. On avait bien senti que lors des "enquêtes" de Complément d'Enquête sur France 2, concernant par exemple Jordan Bardella, Cyril Hanouna, Patrick Sébastien ou CNews, il s'agissait avant tout de trouver des choses négatives à dire .

Ce sentiments de nombreux téléspectateurs a été confirmé, hier, devant la commission d'Enquête de l'Assemblée par le journaliste Jacques Cardoze, ancien présentateur du programme.

Des propos résumé ainsi par le député Charles Alloncle :

"Lors de son audition, Jacques Cardoze, ancien présentateur de l’émission "Complément d'enquête", a affirmé sous serment qu’une consigne avait été donnée par la direction de France Télévisions au rédacteur en chef Hugo Plagnard : réaliser une enquête à charge contre Jordan Bardella, diffusée à peine cinq mois avant les élections européennes de 2024.

Ce rédacteur en chef lui a confié que cette enquête sur Jordan Bardella, suite à une demande de la direction de France TV, « il ne fallait pas la rater », laissant entendre une attente explicite d’un traitement à charge contre le président du RN.

Des accusations d’une gravité exceptionnelle : elles dévoilent que la direction de France Télévisions a volontairement engagé des moyens publics, à des fins politiques, dans le but de nuire à un candidat en pleine période préélectorale."

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Transcription
00:00Sur ce sujet de neutralité du service public, qui est une obligation importante comme l'honnêteté, le pluralisme, l'indépendance,
00:07le 21 septembre 2023, à nouveau, vous avez dressé un constat particulièrement accablant du manque de neutralité.
00:14Je vous rappelle vos propos, je vous cite, France Télévisions aujourd'hui n'est plus à mon sens un groupe
00:18public neutre. Si je prends la parole aujourd'hui, c'est pour libérer un certain nombre de journalistes à France
00:22Télévisions qui me disent « ce n'est plus possible, on est dirigé par des idéologues ».
00:26Fin de la citation. Est-ce que vous pourriez nous donner des exemples, des anecdotes, des faits qui peuvent alerter
00:36sur ce manque, sur cette violation de principes à valeur constitutionnelle ?
00:42Et demain, au-delà du constat, demain, que peut-on faire pour strictement garantir le respect de l'indépendance, de
00:50l'honnêteté, du pluralisme, de la neutralité pour toutes ces personnes à qui on délègue une mission de service public
00:56?
00:56Ce n'est pas moi qui l'ai fait, mais il y a une association qui a essayé de relever
01:03une quantité d'émissions sur un certain nombre d'années pour essayer de voir quels étaient les biais, quels étaient
01:10les réflexes systématiques.
01:11Moi, je considère que dès lors qu'on parle des patrons systématiquement, les présentant comme des patrons voyous, que dès
01:21lors que l'on parle de la police,
01:22je me souviens d'une émission qui m'avait extrêmement choqué sur la police raciste, et en l'occurrence, lorsqu
01:28'on regardait les chiffres, on s'apercevait qu'il y avait un cas qui était avéré devant les tribunaux.
01:33Je trouvais que c'était extrêmement faible et que ça ne valait pas une émission. En l'occurrence, placer le
01:39sujet français dans un editing plus global,
01:42avec deux exemples américains, à mon avis, c'est jouer sur un biais cognitif très précis.
01:49Je connais ces biais-là. C'est une manière de présenter les choses qui, pour moi, ne me convient pas.
01:58Pour moi, c'est une façon de ne pas être honnête intellectuellement.
02:04Des exemples, l'une des émissions dont j'ai parlé, j'ai assisté aux discussions, c'était une enquête sur
02:12Jordan Bardella.
02:13L'enquête sur Jordan Bardella, le rédacteur en chef, a dit devant moi, celle-là, et je m'en suis
02:17entretenu avec la direction,
02:19je n'ai pas le droit de la rater. Sous-entendu, on peut faire des enquêtes sur certains hommes politiques,
02:25et puis sur d'autres, il ne faut pas la rater.
02:29Je vais rebondir sur vos propos, M. Cardoz. Vous faisiez référence au complément d'enquête sur Jordan Bardella,
02:35qui a été diffusé le 18 janvier 2024. Je le rappelle parce que la chronologie pouvait paraître surprenante.
02:42C'était à peine cinq mois avant les élections européennes. On était dans un contexte quasiment électoral sur le service
02:48public.
02:49Donc, de s'intéresser à une personne qui était tête de l'île d'une élection européenne sur le service
02:53public à un moment électoralement aussi important,
02:56pouvait en tout cas poser question.
02:58Vous nous avez expliqué qu'une personne, un directeur, était venu vous voir,
03:02et vous avez dit, l'enquête sur Bardella, on ne peut pas la rater,
03:06ce qui suppose une sorte de traitement à charge et de consigne à charge émanant d'un directeur du service
03:13public.
03:14Est-ce que vous pouvez, si c'est des accusations qui sont graves, est-ce que vous pouvez étayer vos
03:18propos ?
03:19Je suis à la tête de cette société de production qui s'appelle TV Press.
03:22Et donc, cette société TV Press vend des magazines, puisque je vous ai dit que, voilà, ce n'est pas
03:28un aller-retour.
03:29À l'époque, je leur avais permis de pouvoir commencer à travailler pour complément.
03:33Ils ont continué en mon absence et lorsque je suis revenu, l'enquête sur Jordan Bardella avait été lancée.
03:38Et ensuite, ça me valait d'être au titre de directeur de la rédaction et donc de devoir chapeauter à
03:44la fois cette enquête,
03:45pendant le temps où j'étais là, les trois ou quatre mois où j'étais là,
03:47et j'étais en contact avec l'équipe de complément.
03:50Bon, eh bien, il y a eu un échange avec un rédacteur en chef de complément d'enquête
03:57qui a dit ouvertement devant quatre ou cinq personnes que cette enquête,
04:01il avait pour mission de ne pas la rater.
04:03Oui, je vous le dis.
04:04Et en plus, c'est quelqu'un que vous avez auditionné.
04:07Bon, soit vous nous dites...
04:09Le rédacteur en chef de complément d'enquête, à ce moment-là, c'est Hugo Plagnard.
04:12D'accord.
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