00:00Quand je vous rallume, ça va aller mieux après.
00:01Voilà, vous m'avez rebouté en mode sans échec, c'est parfait.
00:047h47, deux nombreux enseignants, Marie, sont en grève aujourd'hui
00:07contre les suppressions de classes et de postes.
00:09Bonjour Julien Christophe Oly.
00:11Bonjour.
00:11Vous êtes le secrétaire FSU de la Sarthe.
00:14Le FSU, c'est le premier syndicat dans le primaire.
00:18Secondaire, service public de l'éducation.
00:19Et en l'occurrence, de toute façon, tous les syndicats de l'éducation nationale
00:23parlent d'une année noire.
00:24Exactement.
00:25Combien de classes vont fermer en Sarthe ?
00:27Pour l'instant, nous en sommes à 42 prévues,
00:30puisque nous avons une instance jeudi après-midi.
00:34Jeudi pour en discuter.
00:35Et donc, seulement 4 ouvertures d'envisagées,
00:38d'après les documents qui nous ont été transmis,
00:40pour que nous puissions contacter les écoles.
00:42C'est ça qui vous marque ?
00:44C'est le nombre très faible d'ouvertures de classes prévues ?
00:47Non, ce qui nous marque, c'est les moins à peu près 4 000 postes au niveau national,
00:51les moins 21 en Sarthe dans le premier degré,
00:54les moins 22, ce qu'on appelle ETP, équivalent en plein dans le second degré,
00:58les suppressions de postes à l'université.
01:00Ce qui nous marque, c'est que l'État, en fait, ne se tourne pas vers sa jeunesse,
01:04il lui fait dos, en fait, il lui tourne le dos.
01:06C'est logique, pourrait-on vous répondre,
01:09puisque le nombre d'élèves en Sarthe et en France
01:12va fortement baisser à la rentrée prochaine.
01:15Moins d'élèves, donc moins d'enseignants.
01:17La fameuse baisse démographique, eh bien, ce sur quoi nous ne sommes pas du tout d'accord,
01:22c'est que quand on est dans cette réflexion,
01:24on oppose du qualitatif à du quantitatif.
01:27L'administration nous dit, donc le ministère nous dit,
01:29du point de vue quantitatif, il y aura moins d'élèves.
01:31Ce que le ministère ne veut pas voir,
01:33c'est que dans les classes, les enfants ne vont pas bien,
01:36que les questions pédagogiques sont de plus en plus fortes,
01:39que les enjeux pour que tous les élèves puissent réussir,
01:44puisque, et c'est tant mieux, avec ce qu'on appelle l'école inclusive,
01:47on accueille tous les élèves dans toute leur diversité,
01:50et je le dis, la FSU le défend mordicus, c'est un projet de société,
01:53mais ça, ça demande des moyens.
01:54Aujourd'hui, ces moyens n'existent pas, pire, on nous en retire.
01:57L'éducation nationale met, elle, en avant une moyenne d'élèves par classe.
02:03En Sarthe, c'est 20 élèves par classe.
02:05Oui, 20,62 actuellement.
02:07C'est tout à fait gérable.
02:08Alors, c'est des moyennes, et une moyenne sur 40 000 élèves,
02:11vous imaginez bien qu'il y a des disparités.
02:14On peut avoir, effectivement, des classes avec 17, 18 élèves,
02:17mais en fait, on a des multiples niveaux, par exemple, ça, on oublie de le dire.
02:20Quand on a des grandes sections, des CP, CE1 dans la même classe,
02:23ce n'est pas la même chose que d'avoir 20 élèves du même niveau.
02:27Il y a de la coordination à faire dans le travail en classe, tout le temps.
02:31Ça, c'est une charge de travail considérable.
02:33On va en éducation prioritaire, puisque vous savez qu'il y a des dispositifs particuliers
02:37avec une limitation des effectifs à 13 élèves en grande section, CP, CE1.
02:42On oublie de dire que ça va charger les classes de CE2, CM1, CM2 à 23, 24 élèves.
02:47Je rappelle que la moyenne est à 20 élèves,
02:49et qu'en éducation prioritaire, où les effectifs devraient être plus bas,
02:52on se retrouve avec plus d'élèves que dans la moyenne départementale.
02:55C'est hubuesque.
02:568h moins 10, Julien Cristofoli, secrétaire à FSU de la Sarthe,
02:59et notre invité, c'est le premier syndicat dans le primaire et le secondaire.
03:02Et cette baisse de la démographie, c'est une tendance sur le long terme.
03:04Ça va aussi impacter, et ça impacte déjà en fait le collège et le lycée.
03:09On sait ce qu'il en est pour les suppressions de classes dans le secondaire ?
03:12Oui, dans le second degré, collège-lycée, c'est surtout les collèges qui sont touchés.
03:1722 suppressions de postes pour seulement 8 créations,
03:20enfin pardon, 26 suppressions de postes pour seulement 8 créations.
03:24Globalement, ça veut dire que les professeurs vont avoir des heures supplémentaires à effectuer,
03:29qu'il va y avoir moins de souplesse dans l'organisation pédagogique,
03:32et qu'en fait, là encore, on va augmenter le nombre d'élèves par classe
03:35à quelques centaines de mètres d'ici.
03:38Deux fois de suite, des parents ont organisé collège-mort au collège Berthelot.
03:43Ça prouve bien qu'il y a un mécontentement.
03:45Peut-être que les décisions sont légales, du point de vue de la communauté éducative,
03:48elles sont vues comme illégitimes.
03:49Sur quoi les syndicats peuvent-ils vraiment négocier dans les réunions que vous tenez
03:53avec les représentants de l'éducation nationale et la préfecture ?
03:56D'abord, je dois le dire, les choses se passent en bonne intelligence.
04:00Nous sommes représentants des personnels.
04:02Notre avis est entendu, avec respect.
04:04Pour autant, et c'est pour ça que nous appelons à la grève aujourd'hui,
04:07ce qui compte, c'est le rapport de force.
04:09C'est-à-dire que quand on vient négocier, je vais le dire comme ça,
04:11s'il n'y a personne derrière moi, la parole de la FSU a peu de poids.
04:15S'il y a du monde dans la rue, effectivement, l'éducation nationale,
04:18je dirais, l'État n'aime pas le mouvement social.
04:21Donc nous, on appelle aujourd'hui à ce que les gens soient mobilisés,
04:23parce que justement, ça permet de faire entendre des choix différents.
04:27Je vais le rappeler, cette année, le budget de l'armée,
04:30il est supérieur à celui de l'éducation nationale.
04:32Et c'est d'autant plus lamentable que dans le budget éducation nationale,
04:35on y ajoute les retraites des enseignantes et enseignants.
04:38Donc en fait, dans notre pays, on consacre plus d'argent à la guerre qu'à l'éducation.
04:42Vous voyez, ça, c'est des choix de société.
04:44On va le contester aujourd'hui, et dans la rue, et dans quelques jours, dans les instances.
04:48Julien Christopoli, le secrétaire FSU de la Sartre.
04:52Rassemblement à 14h30 devant la préfecture Aumans.
04:55Et on rejoint l'ADS de Haine, c'est ça ?
04:57Départ de la manifestation. Merci.
04:59Et l'actu sera à suivre forcément sur notre site, ici.
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