00:00Le réveil 100% local, ici matin.
00:05Les 500 élèves du collège Champollion à Dijon, privés de cours après l'incendie criminel qui avisaient leur établissement cet ex-week-end.
00:12Une partie du site risque de rester fermée plusieurs mois pendant les travaux, évidemment.
00:16A l'Académie de Dijon, on est déjà en train de chercher des solutions pérennes pour accueillir les élèves après les vacances de Noël.
00:22Pour en parler ce matin, Anne-Land Labelette, votre invité est le principal du collège Rameau à Dijon,
00:26et également secrétaire académique du syndicat SNPDEN, le syndicat des directeurs d'établissements.
00:30Bonjour Jérôme Nem.
00:31Bonjour.
00:32Alors les 500 élèves de Champollion vont reprendre les cours après-mange, jeudi, en distanciel.
00:38Quel doit être le discours vis-à-vis d'eux après ce qui s'est passé ce week-end ?
00:41Déjà, il y a un accompagnement psychologique qui va être fait par les équipes.
00:45Je crois qu'il y a beaucoup de classes qui vont pouvoir être accueillies temporairement sur quelques heures
00:51pour avoir un accompagnement en direct avec ces jeunes.
00:56Ils ont besoin de parler.
00:57Oui, parce que vous savez, l'enseignement à distanciel, ça ne marche pas très très bien.
01:01Et ça rappelle les souvenirs pas forcément faciles.
01:03Ce n'est pas très facile, et surtout sur ce genre de sujet.
01:06On ne peut pas aborder ce genre de sujet à distance, en visio, derrière une classe.
01:11Donc je crois que les équipes vont essayer de revoir leur classe cette semaine un petit peu,
01:15et puis après, il y a toute une organisation à mettre en place pour la rentrée de janvier,
01:20qui n'est pas encore complètement arrêtée.
01:22Justement, on imagine quoi comme solution pour la rentrée des vacances de Noël actuellement ?
01:27Je crois que les équipes du collège Champollion souhaiteraient maintenir un enseignement au collège Champollion
01:36et à proximité pour conserver un petit peu cet esprit d'équipe,
01:40pour que les camarades de classe puissent se retrouver.
01:42L'idée, c'est de ne pas déraciner ni l'équipe enseignante, ni les enfants.
01:46C'est sûr que les envoyer à l'autre bout de Dijon, dans un collège qui veut bien les accueillir,
01:51c'est plus compliqué que de raciner en quartier.
01:52Ce serait compliqué, parce que de toute façon, on ne va pas aller mettre les troisièmes d'un côté et les cinquièmes de l'autre.
01:56Les professeurs, ce sera compliqué d'aller voir leur classe.
01:59Donc il faut arriver à maintenir ça, malgré cet incendie et cet acte criminel.
02:05Et donc c'est à ça que sont en train de travailler les équipes, l'équipe de direction,
02:09avec le rectorat, avec l'aide de tout le monde.
02:12Ça prend un petit peu de temps et c'est normal.
02:14Après le temps médiatique et la venue nécessaire de tous les élus et des ministres hier,
02:19eh bien maintenant, il faut arriver à trouver des solutions concrètes
02:22pour permettre à tous ces jeunes de continuer de travailler avec leurs enseignants.
02:25Vous connaissez bien la principale du collège Champollion, vous êtes en contact avec elle.
02:30Est-ce qu'elle arrive à se projeter justement dans cette après-vacance de Noël ?
02:34C'est ma collègue, elle a été réveillée à 2h du matin dans la nuit de vendredi à samedi.
02:38Elle a passé un week-end très difficile parce qu'évidemment, les choses s'enchaînent.
02:44Hier, elle a reçu évidemment tous les élus, les ministres.
02:49Ce matin, eh bien, c'est ce matin après...
02:51C'est le creux de vague, il n'y a plus rien.
02:52Hier, il y avait encore beaucoup de monde et aujourd'hui, on se retrouve...
02:56Eh bien aujourd'hui, il va falloir se projeter loin de tous les médias
03:00et travailler avec les équipes, accompagner les élèves, les familles,
03:04rassurer tout le monde et puis trouver des solutions concrètes qui permettent de se projeter.
03:10Mais effectivement, c'est maintenant le moment le plus difficile.
03:14Après l'émotion de ce qui s'est passé, c'est maintenant qu'il va falloir construire complètement les choses.
03:20Jérôme Nem, est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, être enseignant ou chef d'établissement, c'est un métier à risque ?
03:26On rappelle que cet incendie qui a touché un bâtiment de la République, c'est un incendie criminel.
03:30On a voulu toucher un bâtiment de la République.
03:33Oui, c'est clairement...
03:35Les enseignants, nous sommes engagés pour éduquer, pour accompagner les jeunes et leur permettre de grandir.
03:43Et effectivement, aujourd'hui, l'école est une cible.
03:46Ce qui s'est passé à Champollion, c'est un acte criminel contre un bâtiment de l'État,
03:54mais aussi contre la République et aussi contre l'école.
03:57Et vous savez, je pensais, en attendant dans votre studio,
04:02aujourd'hui, ces organisations mafieuses de narcotrafiquants n'ont plus aucun code d'honneur.
04:07C'est-à-dire qu'ils n'hésitent pas à utiliser par opportunisme juridique des mineurs,
04:13des mineurs pour vendre, pour guetter, parfois même recruter des jeunes mineurs
04:18pour aller faire des choses beaucoup plus graves.
04:22Donc ça ne vous étonne pas que ça touche l'école aujourd'hui ?
04:25Parce que par opportunisme juridique, comme ces enfants ont une excuse de minorité,
04:29on va leur faire faire le sale boulot.
04:31Et moi, j'ai travaillé il y a 20 ans en région parisienne, à Olnay-sous-Bois.
04:35J'ai travaillé aussi au Grésil, il y a plus de 20 ans en tant qu'enseignant.
04:38Ces organisations-là ne touchaient pas aux collégiens.
04:43Il y avait ce code d'honneur, on ne touche pas aux jeunes,
04:45on ne les utilise pas pour faire ce genre de méfaits.
04:49On ne les recrute pas non plus comme consommateurs.
04:51Et aujourd'hui, on s'aperçoit que ces organisations mafieuses,
04:54elles vont recruter des jeunes mineurs, des collégiens,
04:57via les réseaux sociaux, à la fois pour consommer de la drogue
05:00et détruire leur avenir, mais aussi pour guetter, pour vendre,
05:04ou parfois pire, pour aller fomenter tel ou tel acte criminel.
05:10Et ça, c'est quand même assez nouveau.
05:13Et nous, dans l'éducation, on s'en aperçoit.
05:15Et on se bat tous les jours pour prévenir les élèves.
05:18Donc vous êtes là pour les protéger.
05:21Et aussi pour les empêcher d'aller sur ce genre de...
05:24de se retrouver dans ce genre de situation.
05:26Et évidemment, peut-être que du coup, on en devient aussi une cible.
05:30Oui, c'est aussi ça le rôle de l'école, de les protéger.
05:32Merci beaucoup Jérôme Nem, principal du collège Rameau-la-Fontaine-Douche,
05:36également secrétaire académique du syndicat SNPDEN-UNSA,
05:39le syndicat des directeurs d'établissements.
05:41Belle journée à vous, merci.
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