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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 30/03/2026
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00:00Ladies and gentlemen, thank you for your information on Mediain TV.
00:19Here are the basic titles of your Info Soir.
00:23The US President Donald Trump has a ton vis-à-vis Iran this Monday
00:27in menacing to anéantir its electric centrales, its fuel and the oil of Karg
00:32if the discussions with Teheran didn't come.
00:36And as the war of the United States and Israel against Iran entame its second month,
00:42the conflict, which is caused by the 28th February,
00:44does not show any sign of apaisement.
00:49And finally, the President syriens is in Germany for discussions
00:52on the reconstruction of his country,
00:54the efforts of Berlin to renvoy the refugees syriens
00:57and the war at the Moyen-Orient.
00:59He participated in an economic forum germano-syrian.
01:06A la une de l'actualité ce lundi.
01:08Sur haute instruction de sa majesté le roi Mohamed VI,
01:11chef suprême et chef d'état-major général des forces armées royales.
01:15Le général de corps d'armée Mohamed Barreïd, inspecteur général des forces armées royales
01:19et commandant la zone sud a reçu aujourd'hui au niveau de l'état-major général des forces armées royales
01:25à Rabat,
01:26le général d'armée Charles Mourliou Kariri, chef d'état-major des forces de défense du Kenya,
01:35en visite de travail au Maroc à la tête d'une importante délégation militaire.
01:39Cette rencontre a été l'occasion pour les deux responsables de mettre en avant
01:44les relations d'amitié et de coopération militaire qui lie le royaume du Maroc et la république du Kenya,
01:50selon un communiqué de l'état-major général des forces armées royales.
02:00On poursuit notre journal avec notre chapitre consacré à la guerre au Moyen-Orient.
02:20Ce lundi, dans un message sur son réseau social, Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l
02:25'Iran
02:25en menaçant d'anéantir ses centrales électriques, ses puits de pétrole,
02:28toutes les usines de dessalement ainsi que l'île de Karg, point névralgique de son industrie pétrolière,
02:34si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas rapidement.
02:37Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre
02:42pour s'emparer du terminal de Karg qui assure environ 90% des exportations de bruts du pays
02:49et prendre le pétrole iranien.
02:56Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s'est dit optimiste ce lundi
03:01sur la possibilité de pouvoir travailler avec des éléments au sein du gouvernement iranien
03:06disant que Washington avait reçu certains messages privés positifs.
03:10Il y a des fractures parmi la hiérarchie iranienne et les Etats-Unis
03:13pensent que des personnalités ayant le pouvoir d'agir vont s'imposer, a expliqué Marco Rubio.
03:20Il y a clairement des gens qui nous parlent d'une manière avec laquelle les personnes précédemment en charge en
03:26Iran
03:26ne nous parlaient pas des choses qu'ils sont prêtes à faire.
03:30Nous espérons que ce soit le cas, a déclaré le secrétaire d'Etat américain.
03:38Et sachez qu'hier dimanche, les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, d'Arabie Saoudite, d'Egypte et de Turquie
03:45se sont retrouvés à Islamabad pour des discussions sur la guerre au Moyen-Orient
03:49dans laquelle le Pakistan joue le rôle d'intermédiaire entre les Etats-Unis et l'Iran.
03:53Le gouvernement pakistanais s'est imposé comme un facilitateur clé entre les deux nations en guerre
03:59permettant l'échange des messages.
04:01Islamabad entretient des liens anciens avec Téhéran et des contacts étroits dans le Golfe
04:05tandis que le premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Mounir ont noué une relation au personnel
04:10avec le président américain Donald Trump.
04:16Le gouvernement kohétien a accusé ce lundi l'Iran d'avoir attaqué une usine de dessalement et d'électricité
04:21tuant un ressortissant indien, ce que Téhéran a nié, rejetant la responsabilité sur Israël.
04:27L'armée kohétienne a déclaré plus tard dans la journée avoir intercepté 13 drones au cours des 24 dernières heures,
04:34certains ayant causé des dégâts importants au bâtiment de l'usine.
04:38L'Arabie Saoudite, le Qatar et Oman ont quant à eux condamné l'attaque contre l'usine kohétienne Riyad et
04:45Doha
04:45imputant la responsabilité à l'Iran.
04:48Téhéran de son côté a menacé de cibler des infrastructures vitales dans tout le Golfe
04:52notamment des sites énergétiques et des usines de dessalement
04:55dont ces pays désertiques dépendent fortement pour leur approvisionnement en eau.
05:03Sites nucléaires, sidérurgiques ou encore raffineries, les installations énergétiques sont prises pour cible
05:09dans cette guerre qui se joue sur plusieurs fronts.
05:11Et dans ce conflit, le pétrole et le gaz deviennent bien évidemment des armes redoutables.
05:16L'explication avec Louise Courden.
05:17En un mois de guerre au Moyen-Orient, 29 sites énergétiques ont été ciblés.
05:23Suite aux frappes israélo-américaines, l'Iran a visé des sites pétroliers et gaziers
05:28liés à des intérêts occidentaux en signe de représailles.
05:32Preuve que le conflit se joue aussi sur le plan énergétique.
05:36Ce mode opératoire n'est pas nouveau mais pas sans conséquences.
05:40Cette situation affecte le transport, l'énergie et par extension notre nourriture et son coût.
05:47Tout cela est lié et a un impact sur les finances publiques de tous les pays et le coût de
05:53la vie.
05:54En première ligne, les pays du Golfe, confrontés depuis le début du conflit,
05:59à d'importantes attaques iraniennes.
06:01Conscient que la région du Golfe approvisionne le monde entier en pétrole,
06:06le régime iranien a, dès le début du conflit, touché ses installations.
06:10Parmi elles, le complexe de Fougéra aux Émirats Arabes Unis,
06:14qui représente un intérêt capital.
06:17Malgré le blocage du détroit d'Hormuz,
06:19le port de Fougéra permet de transporter du pétrole
06:22en donnant accès à l'ouest du détroit, encore accessible aux navires.
06:27Le Koweït, aussi pris pour cible, paie un lourd tribut depuis le début de cette guerre
06:32du fait de sa proximité avec l'Iran.
06:34La raffinerie de Mina al-Ahmadi, frappée par l'Iran il y a quelques jours, en témoigne.
06:42Les forces armées ont intercepté et traité 14 missiles balistiques ennemis,
06:46ainsi que 16 drones hostiles ayant pénétré dans l'espace aérien du Koweït.
06:50Ces attaques ont visé plusieurs dépôts appartenant aux forces armées.
06:55Pour l'Agence internationale de l'énergie,
06:58les frappes recensées sont souvent sous-estimées.
07:04Nous suivons de près tous les dégâts subis par les infrastructures énergétiques
07:08dans la région du Moyen-Orient.
07:09A l'heure actuelle, au moins 40 installations énergétiques
07:12ont été gravement ou très gravement endommagées,
07:14et leur remise en service prendra du temps.
07:17Certaines pourront être rétablies plus rapidement,
07:19d'autres nécessiteront plus de temps.
07:20Il est certain que nous allons traverser des moments difficiles dans les jours à venir.
07:28Certains sites ont également été visés plusieurs fois.
07:31C'est le cas du premier site de gaz liquéfié au monde,
07:35le complexe gazier de Ras el-Lafan, au Qatar.
07:38Le site, qui exploite une partie du gisement South Park,
07:41a été attaqué par l'Iran en réponse à une attaque israélienne,
07:45survenue quelques jours plus tôt.
07:47Les Etats-Unis et Israël optent aussi pour cette stratégie,
07:51en attaquant les sites énergétiques iraniens,
07:54plongeant souvent le pays dans le noir.
07:58A Téhéran ainsi que dans certaines zones de l'est de la capitale,
08:01des stations de transmission ont été mises hors service en raison des attaques.
08:05Le réseau électrique est momentanément coupé dans ces zones.
08:09Au-delà de l'impact local de ces attaques,
08:12les frappes répétées sur ces complexes énergétiques
08:14ne seront pas sans conséquences sur l'économie globale.
08:18Selon de nombreux spécialistes,
08:20ces dommages pourraient entraîner des conséquences sur le long terme
08:23en matière d'approvisionnement en énergie.
08:28Toujours sur le Moyen-Orient, une réunion du G7 s'est tenue ce lundi à Paris.
08:32Une première pour les ministres des Finances et de l'Energie
08:35qui était présente en visioconférence autour de la table plusieurs sujets
08:39dont la question de l'énergie et de l'économie au cœur des préoccupations actuelles.
08:44On voit cela en détail avec Louise Gourdan.
08:46Une guerre à l'impact économique et financier colossal,
08:50redoutée même par les puissances mondiales.
08:53En 50 ans, c'est une première.
08:56Les ministres des Finances et de l'Energie se sont réunis aujourd'hui
09:00lors d'une réunion du G7 à Paris.
09:02Au cœur des discussions, la flambée des prix du pétrole
09:06qui impacte toute la chaîne du commerce mondial.
09:10Après l'annonce de l'utilisation des réserves stratégiques
09:13à hauteur de 400 millions de barils de pétrole,
09:16certains États ont également annoncé la mise en place d'aides
09:20de plusieurs millions d'euros au profit des secteurs impactés.
09:24Pour la France, gérer cette crise nécessite d'aider la population.
09:30Aujourd'hui, si vous mettez en place des mesures générales,
09:33ça va vous coûter beaucoup d'argent et ce sera sans doute très peu efficace.
09:37Donc aujourd'hui, on est au plus près de ceux qui en ont le plus besoin.
09:41On les accompagne au quotidien, au niveau international, au niveau national
09:45et au niveau très local, parce que c'est comme ça qu'il faut gérer cette crise.
09:48Une guerre incertaine, déjà coûteuse pour ce spécialiste.
09:53La situation est critique.
09:57Le prix du carburant maritime a augmenté, voire doublé,
10:00ce qui coûtait auparavant environ 400 à 500 dollars et passait à 1000 dollars.
10:05Le prix de la livraison physique a fortement augmenté.
10:08Qui prendrait le risque ?
10:09Avec les flux perturbés, les livraisons prennent beaucoup plus de temps.
10:15Autre zone d'ombre, la paralysie du Détroit d'Hormuz,
10:19par où transite un cinquième de la production mondiale de pétrole,
10:23un blocage responsable de la hausse du prix des hydrocarbures
10:27et la perturbation des chaînes d'approvisionnement.
10:30À ce sujet, de nombreux pays demandent la réouverture du Détroit
10:33en vertu de la liberté de navigation.
10:36D'autres responsables politiques ont également réagi,
10:39comme la Chine, qui appelle à une désescalade.
10:44Les moyens militaires ne peuvent pas résoudre les problèmes de fond.
10:48Si l'escalade se prolonge, cela n'ira dans l'intérêt d'aucun pays concerné.
10:53La Chine s'oppose aux attaques visant les civils.
10:56Elle appelle une fois de plus à une cessation immédiate des opérations militaires
11:01et au lancement de pourparlers de pays,
11:03afin d'éviter une catastrophe humanitaire plus grave.
11:09Depuis le début de la guerre, c'est près de 11 millions de barils de pétrole
11:14qui ont été bloqués.
11:15Une situation incertaine qui pousse déjà l'économie mondiale dans un déficit.
11:23Trois membres du Hezbollah ont été tués dans une frappe israélienne
11:26ce lundi près de la banlieue sud de Beyrouth,
11:28soumise à des bombardements de l'armée israélienne,
11:31qui a aussi visé un barrage de l'armée dans le sud du Liban,
11:35tuant sur son passage un soldat.
11:37Des frappes ont visé en matinée la banlieue sud de Beyrouth,
11:41bastion de la formation pro-iranienne après un avertissement israélien.
11:45Dans le même temps, une frappe ciblée a visé un immeuble résidentiel
11:49situé en bordure de cette banlieue,
11:51tuant trois membres du Hezbollah
11:52et en blessant trois autres d'après une source sécuritaire.
11:59Le président syrien Ahmed al-Sharah est en déplacement aujourd'hui en Allemagne
12:06où il a été reçu par le chancelier Friedrich Merz.
12:09Au cœur des discussions, la question sensible du retour des réfugiés syriens.
12:14Les détails avec Dinamrini.
12:15C'est une visite qui marque un tournant diplomatique majeur aux enjeux migratoires et diplomatiques.
12:24Pour la première fois depuis son accession au pouvoir en 2024,
12:29le dirigeant syrien effectue une visite officielle en Allemagne.
12:33Objectif, relancer les relations entre les deux pays.
12:37Mais derrière cette rencontre, un enjeu domine, celui des réfugiés syriens.
12:43Depuis 2015, l'Allemagne a accueilli des centaines de milliers de Syriens.
12:47Aujourd'hui, le gouvernement allemand veut ouvrir la voie à des retours vers la Syrie.
12:53Selon le chancelier allemand, le contexte a changé.
12:56Frédéric Merz souhaite désormais préparer des retours vers la Syrie,
13:01estimant que la guerre est terminée et que les conditions évoluent.
13:09Si l'on se projette sur les trois prochaines années,
13:13environ 80% des Syriens vivant actuellement en Allemagne devraient retourner dans leur pays.
13:18Je tiens au passage à remercier le peuple allemand
13:21d'avoir accueilli un si grand nombre de réfugiés ces dernières années.
13:25Mais la guerre civile est terminée
13:27et il existe désormais une perspective de retour en Syrie.
13:30Nous voulons rendre cela possible ensemble.
13:34De son côté, le président syrien met en avant une approche équilibrée
13:39entre retour et intégration des Syriens.
13:45Environ 1,3 millions de personnes d'origine syrienne
13:48vivent aujourd'hui en Allemagne, dont près de 6 000 médecins.
13:52Beaucoup contribuent activement à l'économie allemande.
13:54Nous sommes fiers de voir que les Syriens ont su s'intégrer rapidement
13:58et participer à la société.
14:00Ils exercent des métiers essentiels
14:02et avec nos partenaires du gouvernement allemand,
14:04nous souhaitons mettre en place une forme de circulation,
14:07permettre aux Syriens de retourner en Syrie pour participer à sa reconstruction,
14:12tout en laissant à ceux qui le souhaitent la possibilité de continuer à travailler ici.
14:19Après des années d'isolement, Damas tente de se rapprocher des capitales occidentales.
14:25Et pour l'Allemagne, il s'agit aussi de reprendre la main sur un dossier migratoire
14:30devenu central dans le débat politique.
14:35Générique
14:50Retour au Maroc où le suivi de la conservation des femelles ovines et caprines
14:54destinées à la reproduction est en cours.
14:56L'opération s'inscrit dans le cadre du versement de la deuxième tranche du programme
15:00de soutien à la reconstitution du cheptel national.
15:04Les détails avec Dinamrini.
15:09Après leur recensement durant l'été 2025 et leur identification par bouclage,
15:14les femelles destinées à la reproduction font aujourd'hui l'objet d'un suivi rigoureux.
15:20Une opération coordonnée entre plusieurs départements
15:23qui repose sur des données précises permettant d'assurer la traçabilité du cheptel
15:28et de mieux cibler les bénéficiaires du soutien.
15:38Dans le cadre du programme de reconstitution du cheptel national,
15:42une campagne de contrôle a été lancée pour vérifier le maintien des femelles ovines et caprines
15:47destinées à la reproduction.
15:49Cette opération permet aux éleveurs d'accéder à la deuxième tranche de l'aide directe
15:53fixée à 300 dirhams par brebis et à 200 dirhams par chèvre.
16:03Nous menons un travail de terrain axé sur le recensement des femelles ovines et caprines
16:08destinées à la reproduction afin d'assurer la continuité du cheptel.
16:13Cette opération nous permet d'avoir une vision précise de la situation
16:16et de prendre les mesures nécessaires pour sa préservation.
16:23Une étape qui vise à renforcer la durabilité du cheptel, garantir son renouvellement
16:30et améliorer sa productivité à travers la préservation des femelles reproductrices.
16:36Cette mesure permet également un soutien direct aux éleveurs pour renforcer la rentabilité de leurs activités.
16:49Après avoir bénéficié de la première tranche de l'aide directe qui nous a permis de couvrir les coûts du
16:54fourrage,
16:55nous attendons dans les prochains jours la deuxième partie qui contribuera à préserver les femelles destinées à la reproduction.
17:07Nous avons déjà bénéficié de la première tranche qui nous a aidé à acheter du fourrage.
17:12Aujourd'hui, nous sommes en attente de la deuxième tranche de l'aide. Dieu merci.
17:18Un soutien qui devrait contribuer à alléger les charges des éleveurs
17:23et à consolider la stabilité du secteur à l'approche de Idl-Adha.
17:28On poursuit avec cette nouvelle alerte météo de niveau de vigilance orange.
17:32Un temps froid entre moins 2 et 3 degrés concerne jusqu'à mardi les provinces de Figuig, Gersif,
17:39Jarada, Taurilt, Sfro, Taza, Al-Houssima et Shifchaoun.
17:42Et c'est entre moins 3 et moins 6 degrés dans les provinces de Tinrir, Al-Houz, Azelal, Bnimillal, Khnefra,
17:50Midilt, Ifren, Boulman et Warzazet.
17:52Il y a également de fortes rafales de vent avec chasse ou tempêtes de poussière allant de 70 à 80
17:59km heure
18:00jusqu'à 22 heures dans les provinces de Figuig, Tata, Tantan, Sidifni, Tiznit, Smara et enfin Gülmim.
18:11Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
18:23L'Iran a accusé dimanche les Etats-Unis de planifier secrètement une offensive terrestre
18:28au moment où la guerre entre dans son deuxième mois.
18:31Ce conflit décanché le 28 février dernier par une attaque américano-israélienne contre Téhéran
18:36ne montre d'ailleurs aucun signe d'apaisement.
18:38Et pour en parler, nous sommes en direct de Casablanca avec Hafid Boutalb, expert en relations internationales.
18:44Hafid Boutalb, bonsoir et merci d'être avec nous.
18:49Bonsoir, merci pour l'invitation.
18:51Alors, l'Iran est un pays vaste avec des montagnes et des déserts hostiles.
18:56Quels sont les principaux défis logistiques et géographiques
18:59qu'une opération terrestre américaine en Iran devrait affronter ?
19:05Eh bien, le défi essentiel, c'est d'abord de prendre la capitale
19:09s'il y a une intervention au terrain.
19:11C'est-à-dire qu'il est fondamental, exactement comme ce qui s'était passé en Afghanistan et en Irak,
19:16dans une première étape de sécuriser la capitale.
19:19Or, pour arriver à Téhéran, Téhéran se situe au centre nord.
19:25Il y a plusieurs centaines de kilomètres à parcourir,
19:27comme vous l'avez décrit, un relief accidenté.
19:31Une population chauffée à blanc après un mois d'invasion.
19:35On n'est plus dans le même état d'esprit que celui à la veille de l'invasion
19:38où la population était surtout en contestation vis-à-vis du gouvernement.
19:41Aujourd'hui, après un mois, le peuple iranien se rend bien compte que, certes,
19:45il y a des éléments à contester et le régime n'est plus du tout aussi populaire
19:49qu'il aurait pu l'être dans les années 90, par exemple.
19:52Mais aujourd'hui, c'est un risque existentiel pour la nation iranienne.
19:55Et donc, prendre la capitale semble infaisable.
19:57Et je reviens à ce que je vous ai dit il y a une minute.
20:00Ensuite, le cas de l'Afghanistan et de l'Irak,
20:02la capitale a été prise quelques semaines après l'intervention militaire sur ce terrestre,
20:09mais cela n'a pas empêché ensuite qu'il y ait une insurrection
20:12qui était alimentée par les mouvements rebelles,
20:15les mouvements hostiles à la présence étrangère.
20:18Donc, cela ne garantit pas une fin en soi de la guerre.
20:22Et aujourd'hui, tous les observateurs sont réunis, y compris aux États-Unis,
20:26pour insister sur la nécessité d'arriver à une fin à ce conflit
20:31qui est apparu très rapidement et qui a des conséquences planétaires,
20:37qui montrent que les conséquences sont bien assises aujourd'hui à l'échelle planétaire
20:41et qui vont durer sur le temps.
20:44Et donc, le plus urgent, c'est s'il y a une intervention au sol
20:49et qu'elle ne prend pas pour objectif la capitale de Téhéran,
20:53alors c'est le risque du scénario 2, qui est le scénario de la guerre du Vietnam,
20:58comme ce qui s'était passé au moment du Vietnam.
21:00C'était le Vietnam du Sud contre le Vietnam du Nord.
21:03Donc, il y aurait une guerre civile en Iran,
21:06avec un Iran ou des territoires en Iran, entre guillemets, libérés des ayatollahs,
21:11mais avec une opposition qui, elle aussi, n'a pas, aucun moyen,
21:16aujourd'hui ne dispose d'aucun moyen de jauger sa propre popularité,
21:20mais qui va quand même prendre de l'avant pour s'allier à une coalition
21:24qui mène une agression concrètement contre l'Iran.
21:27Donc, finalement, cette opposition va nuire à sa propre crédibilité
21:33en se joignant exactement comme ce qui s'est passé en Afghanistan ou au Vietnam,
21:38avec le Vietnam du Sud.
21:39Et la conséquence, c'est encore une fois un enlisement des troupes américaines.
21:43Donc, dans les deux cas, en cas d'intervention au sol,
21:46si elle a pour objectif véritablement de renverser le régime,
21:49d'installer un régime plutôt allié des États-Unis,
21:53on a déjà vu les conséquences dans le passé,
21:55et rien ne laisse présager d'une autre conséquence,
21:58surtout si, comme le soulignent un certain nombre d'observateurs,
22:01et très difficile de le savoir puisque nous ne sommes pas dans le secret des dieux,
22:05comme on dit,
22:06mais surtout si cette intervention n'a pas été suffisamment préparée en amont,
22:15et les conséquences dépasseraient dans ce cas-là ce que Washington a prévu,
22:20puisque rappelons-nous que l'exécutif américain avait,
22:23dès le départ, parlé de quatre semaines.
22:25On y est, quatre semaines sont passées.
22:27Donc, aujourd'hui, on n'a pas idée véritablement de quelles sont les prochaines étapes,
22:31si ce n'est les mains tendues de Washington vers Téhéran,
22:34et la volonté qu'a Téhéran aujourd'hui de faire croire à l'opinion publique internationale,
22:39et le fait avec succès,
22:40de faire croire qu'il n'est pas intéressé par des négociations,
22:43alors qu'effectivement, les observateurs s'accordent de dire
22:45à ce que, quand même, même les dirigeants iraniens
22:48sont aujourd'hui en train d'explorer les options pour la cessation des hostilités.
22:53Au niveau des chiffres,
22:54combien de soldats américains seraient nécessaires
22:56pour une opération terrestre limitée ?
23:00Eh bien, le magazine Le Point aujourd'hui a parlé de 3 000 éléments,
23:05donc le magazine français, le média français,
23:07de 3 000 éléments aéroportés,
23:10donc cette fameuse division aéroportés,
23:12qui serait déployée aux environs de cette île dont on parle beaucoup,
23:16mais il y a plusieurs autres points qui sont aussi mentionnés,
23:19j'y reviendrai.
23:20Il y a aussi, selon toujours le magazine français Le Point,
23:235 000 marines,
23:25donc qui seraient nécessaires,
23:27avec un possible 10 000 hommes supplémentaires
23:32qui pourraient s'associer aussi au combat.
23:35Donc, il parle, le magazine,
23:37donc évalue à peu près, dans un dossier spécial,
23:39à 17 000 hommes,
23:40le nombre d'hommes qui seraient mobilisés.
23:44Encore une fois,
23:45comme on n'a pas véritablement idée de l'objectif,
23:49est-ce qu'il est politique ou militaire ou territorial ou de ressources,
23:52puisque les Américains ne l'ont pas communiqué
23:54pour quelle que soit leur stratégie,
23:58leur tactique de guerre,
23:59mais ils ne l'ont tout de même pas communiqué,
24:02on ne peut pas savoir réellement ce qu'ils cherchent sur le terrain.
24:05Si c'est pour libérer, par exemple, le détroit d'Hormuz.
24:09Alors, là-dessus, il y a trois sites qui sont avancés,
24:13notamment le site de l'île de Keshem,
24:16qui est quand même bien plus grande que celle de Carg,
24:19qui est souvent annoncée.
24:21Et Carg se situe bien au nord, dans le golfe arabo-persique.
24:23Donc, en cas d'opération pour libérer le détroit d'Hormuz,
24:27elle ne serait pas ciblée, l'île de Carg.
24:29Elle est surtout utilisée pour faire pression sur le régime de Téhéran,
24:33puisque 90% de ses stocks, de ses capacités de stockage,
24:36se situent à ce niveau-là.
24:38Il y a donc l'île de Keshem, comme je vous ai dit,
24:40qui est bien plus importante,
24:41mais qui nécessiterait de s'engager dans de véritables combats,
24:45un peu comme ce que l'armée israélienne a vécu sur la bande de Gaza.
24:50Seulement, nous ne sommes pas dans une île,
24:51je parle de Keshem, qui a la taille de la bande de Gaza.
24:55Bien au contraire, c'est une île qui mesure 30 fois la superficie de la bande de Gaza.
25:01Et donc, ça nécessiterait vraiment des combats d'homme à homme,
25:05dans des tunnels aussi, du déminage,
25:07et donc risquer la vie des soldats américains,
25:09un peu comme ce qu'on a pu le voir,
25:11le scénario qu'on a pu voir il y a 20 ans en Irak.
25:14Et il y a aussi l'île de l'Arak.
25:16Donc, ce sont ces deux îles qui pourraient être sécurisées par les troupes américaines
25:22pour pouvoir dégager un couloir au niveau du détroit d'Hormuz,
25:25qui seraient hors de portée des gardiens de la Révolution.
25:28Seulement, très concrètement, aujourd'hui,
25:31cela nécessiterait un soutien du Congrès.
25:35À six mois des élections,
25:37ça pose de véritables soucis pour les candidats républicains,
25:40puisqu'ils doivent aller à la conquête de leurs électeurs.
25:43Il y a à peine deux ans, ils leur ont promis le candidat qui mettrait un terme aux guerres.
25:47Et aller voir aujourd'hui les électeurs américains
25:51pour leur proposer ou leur vendre une guerre qui pourrait durer
25:55ou qui provoquerait possiblement un enlisement américain,
26:00ça semble très difficile.
26:01L'autre option qui reste, ce qui est rapporté par plusieurs médias,
26:06ce serait des interventions ciblées sur des barraques des gardiens de la Révolution.
26:12Mais encore une fois, davantage affaiblir le régime sans un objectif politique clair,
26:18ça pose des questions sur l'objectif véritable poursuivi par les Américains.
26:22Aujourd'hui, si c'est pour mener des frappes éclaires
26:26et davantage affaiblir le régime sans avoir d'éléments concrets pour nous mesurer,
26:32pour fournir à l'opinion publique une mesure claire des atteintes du régime,
26:37parce que les chiffres varient de 80 à 90 %, ils ne sont pas clairs,
26:41ça semble une aventure encore une fois risquée.
26:45Et ramener le régime à la confrontation au sol,
26:48et je vous laisse la parole tout de suite,
26:49ramener le régime à la confrontation au sol,
26:52ça sous-entendrait, même si des couloirs sont libérés au niveau du détroit d'Hormuz,
26:57ça sous-entendrait une guérilla, surtout si la capitale ne tombe pas,
27:02un peu comme ce qu'on a pu voir, encore une fois, dans le scénario catastrophe,
27:05qui est celui du Vietnam.
27:07Selon vous, comment les pays du Golfe et les alliés régionaux
27:11réagiraient-ils à une incursion terrestre américaine en Iran ?
27:14Brièvement.
27:17Brièvement, aujourd'hui, ce que l'on peut observer,
27:19c'est que les pays du Golfe se distancent de cette opération militaire,
27:23malgré qu'ils soient en première ligne,
27:27à recevoir les drones et les roquettes, et les missiles.
27:32Et donc, c'est une posture prudente de ces régimes
27:37pour ne pas être amené à affronter directement,
27:41ou de se retrouver directement en tant que belligérant,
27:44face à ce voisin important qui est la République islamique d'Iran.
27:49Mais en cas d'incursion au sol, il est difficile d'imaginer ces pays,
27:54malgré ces attaques ciblées dont ils ont fait l'objet,
27:57il est difficile d'imaginer ces régimes engager leur population
28:00dans un conflit ouvert face aux Iraniens,
28:04puisque le coût humain serait important, et là encore injustifié.
28:07Juste pour conclure, quand même, les deux précédentes guerres,
28:11Afghanistan comme Irak, avaient fait l'objet de toute une préparation de communication,
28:15d'opérations de propagande qui ont duré des semaines, des mois,
28:18on s'en souvient.
28:19Aujourd'hui, c'est une guerre surprise,
28:21et il est difficile d'aller plus loin, au-delà de la portée de l'effet de surprise.
28:26Merci beaucoup, Hafeet Boutaleb, pour votre analyse
28:28et d'avoir répondu à toutes nos questions.
28:30Je rappelle que vous êtes expert en relations internationales
28:32et que vous étiez en direct avec nous depuis Casablanca.
28:35Avec plaisir.
28:38Il est l'heure à présent de faire le tour
28:39de l'actualité économique nationale et internationale
28:42avec Younes Benzineb.
28:52A la une de l'actualité économique de ce lundi,
28:55les répercussions directes de la crise au Moyen-Orient sur le commerce maritime.
29:00Le portant Gemed s'attend à une hausse du trafic dans les prochaines semaines,
29:05en cause le conflit entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis
29:08qui poussent plusieurs compagnies maritimes à modifier leur route.
29:11Des groupes comme Ersk, SMA, CGM
29:14ont déjà choisi de contourner l'Afrique via le cap de Bonne-Espérance.
29:18Un détour important qui rallonge les délais de transport
29:21de 10 à 14 jours pour les navires à destination de Tangemède.
29:25Face à cette situation,
29:27le port Tangemède se prépare à gérer un afflux plus important
29:30tout en évitant la congestion.
29:32En 2025, Tangemède a traité 11,1 millions de conteneurs
29:36en hausse de 8,4% sur un an.
29:42Autre signal fort, cette fois dans l'agriculture d'export.
29:47Les exportations marocaines d'avocats ont fortement reculé cette saison.
29:51Après plus de 100 000 tonnes lors de la campagne précédente,
29:55la saison 2025-2026 s'est achevée sur seulement 58 000 tonnes.
30:00Ce recul s'explique d'abord par une série de chocs climatiques.
30:03Les vagues de chaleur du début de saison ont provoqué de lourdes pertes
30:08avant que des vents violents et des inondations ne viennent perturber
30:12la fin de compagnie, notamment dans les bassins du Loukous et du Rarba.
30:16À cela se sont ajoutés des problèmes logistiques,
30:19retard, pénurie de transport et fermeture ponctuelle de port.
30:22Malgré des prises élevées,
30:24les exportateurs ont aussi dû faire face à une forte concurrence
30:27sur les marchés internationaux.
30:32Direction à présent l'Europe avec une nouvelle poussée inflationniste en Allemagne.
30:37L'inflation est atteinte 2,7% sur un an en mars,
30:40contre un niveau plus bas en février selon Destatissa.
30:44Cette hausse est principalement liée à l'énergie
30:47dont les prix ont bondi de 7,2% sur un an.
30:50En toile de fond, la fermeture du détroit d'Hourmouz
30:53continue de perturber les marchés pétroliers mondiaux
30:56dans un contexte de tensions militaires persistantes
30:59au Moyen-Orient.
31:00Pour l'instant, l'inflation hors énergie reste plus stable,
31:03mais les signaux d'alerte se multiplient.
31:06De nombreuses entreprises allemandes envisagent déjà d'augmenter leurs prix,
31:09tandis que les autorités et la Banque Centrale Européenne
31:12surveillent de près l'évolution du choc énergétique.
31:18Et justement, cette tension se reflète très clairement sur les marchés pétroliers.
31:24Le baril de West Texas américain a franchi à nouveau les 100 dollars,
31:28tandis que le baril est évolué autour de 115 dollars dans un contexte
31:32de fortes inquiétudes sur l'approvisionnement mondial.
31:36Le principal facteur reste le blocage du détroit d'Hourmouz par l'Iran,
31:40alors que la guerre engagée depuis fin février ne montre toujours aucun signe d'apaisement.
31:45Ce passage stratégique représente à lui seul une part essentielle du commerce mondial de pétrole.
31:51À cela s'ajoute une autre source de risque,
31:54les menaces autour du détroit de Bab el-Mendeb après l'entrée en action des rebelles Houthis du Yamen.
32:00Résultat, les marchés restent extrêmement nerveux et les États multiplient les mesures d'urgence
32:05pour contenir la flambée des prix.
32:11Et on termine notre journal avec les tensions géopolitiques qui secouent aussi les métaux industriels.
32:17Le cours de l'aluminium a fortement progressé après des attaques revendiquées par l'Iran
32:22contre deux importantes fonderies situées au Bahreïn et aux Émirats arabulis.
32:27Le prix de la tonne a bondi de plus de 4% dans un marché déjà fragilisé par les risques
32:32de perturbations dans la région.
32:34Les investisseurs craignent désormais une nouvelle pression sur l'offre mondiale.
32:39Le sujet est stratégique car depuis la guerre en Ukraine,
32:42le Moyen-Orient est devenu un fournisseur clé d'aluminium pour plusieurs grandes économies,
32:47notamment l'Union Européenne, les États-Unis et le Japon.
32:51Toute nouvelle perturbation pourrait donc peser sur plusieurs secteurs industriels.
33:00Après ce tour de l'actualité économique, place à l'actualité sportive
33:03avec Anas Bahar.
33:12Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Median TV pour votre tour de l'actualité sportive.
33:17Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsépé,
33:21a affirmé que l'instance respecte la décision de son jury d'appel
33:25concernant les incidents qui avaient marqué la dernière finale de la Coupe d'Afrique des Nations
33:29entre le Maroc et le Sénégal.
33:30Lors d'une conférence de presse organisée dimanche après-midi,
33:34après la réunion du comité exécutif de l'instance,
33:36le patron du football africain a insisté dans ce sens sur le fait
33:40que le respect des décisions du tribunal arbitral du sport
33:43constitue un principe fondamental de la gouvernance au sein de la CAF,
33:47affirmant que l'instance poursuivra ses activités ordinaires jusqu'à la décision définitive.
33:52Et de même, le président de la CAF a réaffirmé son engagement
33:55à traiter les 54 associations membres sur le même pied d'égalité et d'équité.
33:59Patrice Motsépé qui a d'ailleurs prévu des visites au Maroc et au Sénégal
34:02après les montagnes russes connues dans ce feuilleton de la finale de la CAF organisée dans le Royaume.
34:07Dans la foulée de la conférence de presse d'hier,
34:09la Confédération africaine de football a annoncé la mise en œuvre d'une série de réformes
34:13et d'amélioration de ses statuts et règlements
34:15destinés à renforcer la confiance et la crédibilité des arbitres africains,
34:19des opérateurs VAR, ainsi que des instances juridictionnelles de l'organisation,
34:23notamment le jury disciplinaire et la commission d'appel.
34:26Elle a aussi souligné l'indépendance et l'impartialité de ces organes,
34:29demeurant des principes fondamentaux.
34:32Ces ajustements qui permettront à la CAF de s'appuyer sur l'expertise de juristes spécialisés
34:37en droit du sport, tant en Afrique qu'à l'international,
34:40afin de garantir l'alignement de ces textes sur les meilleures pratiques mondiales
34:43en matière de gouvernance de football, sur et en dehors du terrain.
34:47Le club anglais de Tottenham a annoncé hier s'être séparé de son entraîneur principal,
34:51Igor Tudor, après seulement six semaines à la tête du club du Nord de Londres.
34:55Le technicien croate n'a remporté aucun de ses cinq matchs de Première Ligue,
34:58un match nul et quatre défaites depuis qu'il a remplacé Thomas Franck en février dernier,
35:02avec seulement 44 jours en poste.
35:04Il n'est même pas le mandat le plus court de la saison,
35:07puisque l'Australien Ange Postekoglou n'a passé que 39 jours sur le banc de Nottingham Forest
35:11en début de saison, après avoir quitté les Spurs en juin dernier.
35:14Et après une saison compliquée, la saison passée en championnat,
35:18mais couronnée d'une Ligue Europa le printemps dernier,
35:20le Tottenham occupe désormais le 17e rang du championnat anglais,
35:24à un petit point de la zone rouge,
35:25et a déjà été éliminé de la Ligue des Champions par l'Atletico de Madrid en huitième de finale.
35:29Du golf, l'américain Gary Woodland a remporté hier le Texas Children's Houston Open,
35:33avec un bilan exceptionnel de moins 21.
35:36Son cinquième sacre sur le PGA Tour, seulement classé 139e au du circuit.
35:41Le golfeur de 41 ans fait un retour sensationnel sur la plus grande scène de la discipline,
35:45après une opération au cerveau il y a moins de trois ans.
35:48L'autre élève de Randy Smith, entraîneur de numéro 1, Scotty Schaeffler,
35:52a su s'assurer une première place du général,
35:55avec une carte de trois coups sous le par, creusant l'écart avec son dauphin danois Nikolai Hogard,
36:00qui termine la dernière journée avec un petit coup au-dessus du par et un bilan de moins 17.
36:04Le podium est complété par deux joueurs, l'américain Johnny Kieffer et l'australien Minwuli,
36:09tous deux à moins 15 après les quatre jours de compétition.
36:12Prochain grand rendez-vous du circuit PGA,
36:15ce sont les Masters d'Angusta en Géorgie, du 9 au 12 avril prochain.
36:19Italien Yannick Siner a remporté hier le Masters 1000 de Miami,
36:22après sa belle victoire en finale face au Tchèque Jirileka,
36:25en deux manches, score finale 6-4, 6-4.
36:28Un deuxième sacre pour le numéro 2 mondial après Indian Wells,
36:31qui lui permet de réussir le fameux Sunshine Double Outre-Atlantique,
36:35avec ses deux victoires finales en Californie et en Floride.
36:38Le premier depuis un certain Roger Federer en 2017,
36:41mais surtout le premier à le remporter sans perdre le moindre 7.
36:44Un doublé déjà réussi chez les femmes par la numéro 1 de la WTA,
36:48Arina Sabalenka.
36:49Malgré plusieurs interruptions de la rencontre en raison de la pluie,
36:52Yannick Siner a conclu la rencontre en 1h30 pour remporter le tournoi floridien
36:57pour la deuxième fois de sa carrière professionnelle après l'édition 2019.
37:01L'italien continue de se rapprocher de l'Espagnol et numéro 1 mondial,
37:05Carlos Alcaraz, sorti de le troisième tour de Miami,
37:08avec désormais la saison de terre battue à venir.
37:11L'italien Kim Antonili a remporté hier le Grand Prix du Japon,
37:15s'adjugeant par la même occasion la place de leader du classement pilote de la Formule 1.
37:19A seulement 19 ans, il est devenu le plus jeune pilote de l'histoire du championnat du monde
37:23à occuper la tête du classement général grâce à deux Grand Prix remportés dans ce début de saison.
37:28Le premier à Suzuka et le deuxième à Shanghai,
37:31ne laissant que le Grand Prix d'Australie à Melbourne.
37:33A son coéquipier Mercedes George Russell, quatrième sur le circuit nippon.
37:37Le podium est complété par l'Australien Oscar Piastri.
37:40Pour le premier podium de McLaren dans ce début de saison,
37:42et le monégasque de Ferrari Charles Leclerc, troisième.
37:46Le champion du monde en titre, Lando Norris, doit se contenter d'une cinquième place au Japon.
37:49Tandis que le néerlandais Max Verstappen, qui a laissé planer des doutes
37:53quant à son envie de poursuivre sa carrière en Formule 1, termine à la huitième position.
37:58On termine avec du basket.
38:00L'Oklahoma City Thunder s'est imposé à domicile face au New York Knicks en saison régulière de NBA.
38:05Score finale 111 à 100.
38:06Les champions des finales NBA en titre ont encore pu compter sur le MVP de la saison passée
38:11en la personne de Shai Gilgius Alexander.
38:13Le Canadien a inscrit 30 points, distribué 4 passes décisives
38:16et récupéré 3 rebonds pour mener O'KC vers une 59ème victoire cette saison.
38:21Mais le meilleur marqueur de la rencontre était dans les rangs des vaincus,
38:24Jalen Brunson, qui a porté la franchise new-yorkaise avec 32 unités,
38:28assortie de 5 rebonds et 5 assists.
38:30Au classement, le Thunder est plus que jamais leader de la Conférence Ouest
38:33et confirme son statut de favori pour défendre son propre titre,
38:36tandis que les Knicks complètent le podium derrière Detroit et Boston
38:40et à 1 pied et 4 orteils en play-off.
38:42Merci beaucoup de nous avoir suivis, c'est la fin de ce tour de la Planète Sport.
38:46Très bonne suite de programme sur les antennes de Média en TV.
38:58Votre soir-info se poursuit avec l'invité culture.
39:01Madame Khamdichy reçoit aujourd'hui l'humoriste Soufiane Etai.
39:12Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'invité culture.
39:16Mon invité ce soir est humoriste.
39:18Avec lui, chaque détail de la vie devient une pépite humoristique portée par un jeu d'acteur.
39:23Il a su imposer sa signature, un humour de précision,
39:27où chaque geste, chaque mimique et chaque silence devient le reflet de nos propres travers.
39:33Entre autodérision et satire sociale, il déshabille nos paradoxes,
39:37transformant le quotidien, donc le plus banal, en une épopée comique.
39:43Soufiane Etai fait partie de cette jeune génération d'humouristes
39:48qui réinventent les codes du rire, prouvant que l'humour est sans doute
39:52la forme la plus élégante de l'intelligence.
39:54Il est au Maroc à l'occasion des Nuits de l'humour francophone
39:58organisées en partenariat avec l'Institut français.
40:01Ces nuits reviennent cette année avec une énergie décuplée
40:05et une programmation haut en couleur réunissant sur une même scène
40:09des artistes venus de plusieurs pays.
40:12Soufiane Etai, bonsoir à vous.
40:13C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
40:16Bonsoir, merci à vous de me recevoir. Le plaisir est partagé.
40:18En tout cas, comme je le disais à l'instant,
40:20vous êtes actuellement au Maroc à l'occasion de ces Nuits.
40:27Parlez-nous un petit peu de cet événement, des préparatifs.
40:31Comment vous vous préparez pour cette tournée ?
40:33Déjà, c'est un plaisir de venir jouer dans mon pays d'origine.
40:37Je suis content, je suis franco-marocain.
40:39Je suis très content de découvrir tout ça.
40:41Et puis, on a eu vraiment un coup de pouce de l'Institut français
40:45qui nous a fait venir pour tout ça, en collaboration d'ailleurs
40:48avec d'autres institutions comme l'Ambassade suisse,
40:53le Bureau Québec, la délégation Wallonie-Bruxelles.
40:56C'est vraiment un travail d'équipe pour organiser ces plateaux d'humour
41:00avec des artistes venus de pays vraiment différents de la francophonie.
41:05Je suis venu avec plusieurs collègues.
41:08Moi, à Sofiane Etai, je représente la France et le Maroc.
41:10Et nous avons Salim Chahidi qui vient de Belgique.
41:14Nous avons Bruno Peky qui vient de Suisse.
41:17Ray Bwiti qui vient du Congo Pointe-Noire.
41:22Et on a Théo Labbé qui vient du Québec.
41:25Donc, on a vraiment une richesse culturelle.
41:28On a eu le bonheur de jouer dans trois villes du Maroc.
41:31Donc, mercredi 25 mars, on a joué à Marrakech, à l'Institut français.
41:35Jeudi 26, on a joué à l'Institut français de Casablanca.
41:37Et vendredi 27, au cinéma Renaissance Arabe.
41:40D'accord.
41:41En tout cas, des nuits qui étaient riches,
41:46il y avait un échange quand même culturel avec tous ces acteurs dont vous avez parlé,
41:51tous ces humoristes.
41:52Comment c'était la préparation en amont ?
41:55Est-ce que vous avez préparé vos textes ?
41:59Vous vous êtes entraînés ensemble avant le grand jour ?
42:03Comment ça s'est passé ?
42:05On a pris des morceaux, je pense, qui étaient universels.
42:07On a essayé de faire en sorte que ce soit compris par le plus grand nombre.
42:10Donc, ce sont des morceaux que nous jouons régulièrement dans nos spectacles respectifs.
42:14Et ensuite, on les a proposés au public des différentes villes.
42:18Et ça nous a permis d'embarquer tout le monde.
42:20En fait, le plus important dans l'humour, c'est vraiment que les gens sachent de quoi on parle,
42:25qu'ils se sentent concernés.
42:27Et donc, on a pris des morceaux qui pouvaient vraiment convenir pour qu'il n'y ait pas de références
42:31trop françaises
42:32ou trop québécoises ou trop belges, trop suisses, trop congolaises.
42:36Voilà, on a essayé vraiment de...
42:37De ne rentrer dans aucune case.
42:39Voilà, vraiment pour du public lambda.
42:41N'importe qui peut apprécier les morceaux qu'on avait choisis pour ces spectacles.
42:46Donc, c'est un public francophone.
42:47En tout cas, avant de nous concentrer sur votre parcours d'artiste,
42:53on va projeter l'un de vos stand-up.
42:57Donc, un petit extrait pour que nos spectateurs puissent voir un petit peu de quoi on parle.
43:02C'est tout de suite.
43:04Une fois, je suis parti jouer mon spectacle pour remplacer une copine qui n'était plus dispo.
43:07Elle avait été programmée pour son spectacle.
43:09Elle m'a demandé, est-ce que tu peux me remplacer ?
43:10Je dis oui, bien sûr.
43:11Et quand j'étais sur la route, l'organisateur m'appelle.
43:13Et il me dit, oui, Sophia, je voulais te dire, je ne peux pas être là ce soir et tout,
43:16mais je voulais te souhaiter bonne route, bon spectacle.
43:17Et je voulais te prévenir que chez nous, ça vote à droite.
43:20Mais genre, très, très, très à droite.
43:21Et moi, je ne m'y attendais pas parce qu'on était loin de la Vendée.
43:27Et là, j'explose de rire.
43:28Je dis, tu sais pourquoi je rigole ?
43:29Je dis, parce que ma première partie, c'est une femme voilée.
43:32T'imagines ou pas ?
43:33Le gars d'extrême droite qui a acheté une place pour le spectacle de ma pote,
43:37il se retrouve avec une femme voilée et un rebeu.
43:39Le grand remplacement.
43:41Il va dire, voyons, vous l'avez dit !
43:43Et en vrai, tout ça, c'est des clichés,
43:44parce qu'autant les racistes ont des clichés sur nous,
43:46autant nous, on a des clichés sur eux.
43:47Je vous raconte ce qui s'est passé, mesdames et messieurs, tout est vrai.
43:49La femme voilée, elle a cartonné en première partie.
43:51Mon spectacle derrière, ça a cartonné.
43:53On a mangé avec le public et on a discuté avec eux.
43:56On a passé une des meilleures soirées de nos vies.
43:57Ça veut dire quoi ?
43:58Ça veut dire qu'en vérité, on peut tous vivre ensemble.
44:00Et je trouve ça beau.
44:00Et en vrai, ça me donne même un nouvel espoir.
44:03Je me dis, peut-être dans quelques années,
44:04si la situation part en vrille en France
44:05et que l'extrême droite passe au pouvoir,
44:07j'espère que le jour où ils vont se dire
44:08« on vire tous les Noirs et tous les Arabes »,
44:10qu'ils vont rajouter derrière
44:11« Sofiane et sa pote, ils étaient marrants quand même. »
44:15Le message à retenir, c'est qu'on peut tous vivre bien ensemble.
44:18Absolument, absolument.
44:19Et l'humour, d'ailleurs, est un excellent vecteur de vivre ensemble.
44:21Je pense que c'est important
44:22parce qu'il y avait un humoriste qui disait
44:24« si on peut rire ensemble, alors on peut vivre ensemble ».
44:28Moi, je trouve ça beau.
44:29Absolument.
44:29En tout cas, comment vous faites pour écrire vos textes, la démarche ?
44:33J'imagine que vous inspirez du quotidien.
44:36Je fais beaucoup d'humour d'observation.
44:38Je m'inspire du quotidien et je brode autour un petit peu.
44:41J'essaye de mettre le doigt sur ce qui peut être drôle
44:44et que les gens qui ne font pas d'humour ne vont pas repérer.
44:50J'essaye vraiment d'aller choper le petit détail qui va être drôle
44:53et les gens vont se dire « mais c'est vrai, je le voyais tous les jours,
44:55mais je n'ai jamais fait attention ».
44:56Donc ça, c'est une technique qu'on utilise.
44:59Et j'aime beaucoup aussi utiliser justement l'humour
45:03comme une arme, entre guillemets, pour défendre des idées, des causes, tout ça.
45:07Donc dès qu'un sujet, on va dire, me fait souffrir ou quoi,
45:10je vais essayer de le tourner à l'humour.
45:13Je vais essayer de…
45:14C'est la dérision pour véhiculer vos messages.
45:16Voilà, la dérision et l'autodérision.
45:18Je fais beaucoup d'autodérision aussi pour dédramatiser,
45:21pour désamorcer des sujets qui peuvent être un petit peu compliqués.
45:25Comme par exemple là, le racisme.
45:27Oui, absolument.
45:28Mais bon, en tout cas, ça doit demander quand même un travail de fond
45:33qui est tout de même important.
45:35Le fait d'être toujours au courant de ce qui se passe,
45:36toujours informé, pouvoir écrire ses spectacles,
45:40mais aussi le fait de pouvoir improviser sur scène, j'imagine.
45:44L'improvisation, en fait, chaque humoriste la vit différemment.
45:47Il y a des humoristes qui refusent complètement.
45:49Donc ils jouent presque avec un quatrième mur,
45:51comme si le public n'était pas là.
45:53Et il y en a certains qui, au contraire, s'en nourrissent.
45:55Moi, en tant que stand-upper, comme j'enlève le quatrième mur,
45:58je parle avec les gens, je les interpelle très souvent.
46:01Et si quelque chose m'est servi de la part du public, je vais m'en servir.
46:05Je vais me dire vraiment, il faut rebondir là-dessus.
46:08Je ne veux surtout pas refuser les obstacles.
46:10Donc dès que quelqu'un va me dire quelque chose,
46:11je vais même arrêter mon texte pour partir sur ce qui vient de se passer
46:14et ensuite revenir dans mon texte.
46:17Mais l'improvisation, oui, ça peut être une part de notre travail sur scène.
46:21Ce n'est pas obligatoire, mais c'est quelque chose de très populaire.
46:24C'est ce qu'on voit surtout sur les réseaux aujourd'hui,
46:26avec des interactions publiques,
46:28des gens qui font partie du spectacle finalement.
46:31Et ça part d'une improvisation qui n'était pas prévue par définition.
46:35Et des fois, ça peut être une improvisation qui soit un petit peu préparée, non ?
46:40Alors, officiellement, ça ne devrait pas en tout cas être préparé.
46:44Mais ce qui se passe, je pense, avec beaucoup d'humoristes
46:46qui font beaucoup d'improvisation,
46:48c'est que la première fois, c'était une véritable impro,
46:51il s'est passé quelque chose dans la salle et ils ont improvisé,
46:54donc c'était sincère.
46:55Et la fois d'après, par exemple, six mois plus tard,
46:58ils vont se retrouver avec la même situation,
47:00par exemple, quelqu'un qui va leur parler du même métier
47:02et ils vont se rappeler de la blague qu'ils avaient improvisée
47:04et ils vont la sortir.
47:05D'accord.
47:05Donc c'est une improvisation.
47:07Et ensuite, ils utilisent des tiroirs de blague.
47:09En fait, ils savent très bien que tel métier,
47:11ils ont telle blague, telle blague, telle blague qu'ils peuvent utiliser.
47:13Voilà, c'est plutôt ça.
47:15Quand je dis une improvisation préparée,
47:16c'est-à-dire que ce n'est pas une scène ou une mise en scène qui...
47:18Ah voilà, non, mise en scène, ce serait de la triche.
47:20Mais c'est-à-dire qu'en tant qu'humoriste,
47:22vous devez avoir certains scénarios que vous imaginez en tête
47:25avant de monter en spectacle
47:27et vous vous dites, si ça arrive,
47:28pourquoi pas, je pourrais sortir cette blague-là.
47:31Oui, mais ce qui est bien avec le public,
47:33c'est qu'en vérité, on ne peut jamais prévoir.
47:34Il peut se passer des choses, on ne les avait pas prévues du tout.
47:37Et à ce moment-là, c'est à nous d'improviser.
47:39Et même, quelque part, même si on n'a pas de blague vraiment,
47:42le public aime ce côté spontané et naturel.
47:44Donc même si on a juste une réaction,
47:46rien que ça, déjà, ça permet de diffuser le rire dans la salle.
47:50J'imagine que cette authenticité, ça se ressent.
47:53C'est important, le public le ressent.
47:55Le public aime les humoristes sincères
47:58et qui font ça avec le cœur.
47:59Et nous, on aime le public qui vient avec le cœur aussi
48:01parce que c'est un échange d'énergie, en fait.
48:03Plus le public donne d'énergie,
48:04plus il en reçoit en retour
48:05et plus les soirées sont belles.
48:08Et plus il est bon de vivre ensemble.
48:11Absolument.
48:11En tout cas, on dit souvent,
48:13donc Soufiane, que l'humoriste,
48:14c'est un sociologue qui s'ignore.
48:16Comment, donc selon vous,
48:19ou j'ai envie de vous demander,
48:20comment puisez-vous dans tout ce qui vous entoure
48:22pour faire ce travail sociologique
48:24et utiliser un petit peu
48:27tous les éléments du quotidien
48:29pour véhiculer des messages
48:30et faire rire les gens aussi ?
48:32Je pense qu'en fait, c'est juste qu'on a un outil en plus
48:35par rapport aux gens qui n'ont pas la scène.
48:37Je pense que tout le monde,
48:38quelque part, tout le monde est un sociologue qui s'ignore,
48:40mais juste, nous, on a la possibilité d'avoir un micro
48:42et d'en faire des messages.
48:43Et on sait que l'humour est un très bon moyen
48:47de diffuser les messages
48:48et de faire passer des idées.
48:51Donc, on utilise en fait nos frustrations
48:53en tant que citoyens, tout simplement.
48:55Citoyens, monsieur tout le monde,
48:56madame tout le monde.
48:57Et ensuite, on va les utiliser,
48:59on va noter.
48:59Des fois même, il va nous arriver des galères dans nos vies,
49:01des galères qui arrivent à tout le monde.
49:03On va en souffrir,
49:04mais bizarrement,
49:06pendant qu'on est en train de...
49:07Par exemple, un accident de voiture,
49:08je ne sais pas, je dis une bêtise,
49:09mais pendant qu'on est en train d'attendre
49:11les pompiers qui vont arriver ou quoi,
49:13on est en train de se dire
49:13« il ne faut pas que j'oublie ça,
49:14ça va être marrant à raconter ».
49:15On se sert de tout, en fait.
49:17Donc, on a ce petit outil en plus,
49:19le micro,
49:19pour faire passer nos idées.
49:21Mais en vrai, je pense que tout le monde
49:22a quelque chose à dire.
49:23Et nous, juste, on saute le pas,
49:25on monte sur scène
49:26et on le présente aux gens.
49:27Mais tout le monde a quelque chose à dire,
49:29« tout le monde est un sociologue qui s'ignore ».
49:30Est-ce qu'il y a des sujets
49:32où, oui,
49:35qui sont encore trop sacrés
49:37ou trop tabous
49:38qu'on a du mal à aborder
49:41en tout cas en utilisant l'humour ?
49:43Je pense qu'en fait,
49:44ça dépend du public à qui on s'adresse.
49:47Par exemple, selon les pays,
49:50il y aura des sujets qui vont être tabous.
49:53Tabous, sensibles.
49:54Oui, sensibles, tout ça.
49:55Après, c'est à chacun de voir
49:56parce qu'il y en a certains
49:56qui vont se faire une spécialité
49:58et un plaisir d'aller titiller ces sujets-là.
50:00Moi, ce n'est pas mon style.
50:02Moi, je suis plus dans l'humour familial
50:03et le rire ensemble,
50:05le vivre ensemble.
50:06Donc, moi, je vais aller sur des sujets plus cools.
50:08Même si, par exemple, justement, le racisme,
50:10je vais traiter des sujets très, très durs comme ça.
50:13Mais je vais les traiter avec ma manière un petit peu.
50:15Moi, je suis un gros nounours.
50:16Donc, vous voyez,
50:16je vais le traiter de manière gentille.
50:18Et j'ai la chance,
50:19on me fait souvent ce retour,
50:20d'avoir un bon capital sympathie.
50:22Donc, je peux me permettre,
50:24jamais en étant méchant
50:26ou en étant, comment dire, choquant ou quoi,
50:29j'essaye toujours de taquiner un petit peu.
50:31Voilà.
50:31Mais il y en a, par contre,
50:32c'est leur spécialité, au contraire.
50:34Et ils veulent aller dans l'humour un peu trash,
50:35un petit peu rentre-dedans.
50:36Et ils vont prendre ces sujets-là.
50:39Au contraire, quand on va leur dire
50:40ne parle pas de ça,
50:41son sujet va être ça.
50:43Exactement.
50:43Moi, ce n'est pas mon style.
50:45Mais je pense qu'on peut traiter
50:47de n'importe quel sujet.
50:48La fameuse question,
50:49peut-on rire de tout ?
50:50Je pense que oui,
50:51à partir du moment où c'est bien écrit,
50:53où c'est bien fait.
50:54Et on sent que l'intention
50:55de la personne derrière le micro
50:56n'est jamais mauvaise.
50:59La bienveillance.
51:00Voilà.
51:00Si on sent de la bienveillance,
51:01même le sujet le plus grave
51:03pourra passer.
51:04En tout cas,
51:04on a besoin de rire
51:06dans ce monde aujourd'hui
51:07qui devient de plus en plus complexe
51:09et de plus en plus tendu.
51:11Est-ce que vous avez remarqué
51:14des changements,
51:16on va dire,
51:18une évolution dans le public,
51:19dans les attentes du public
51:21en ce moment ?
51:21Est-ce qu'il y a une évolution
51:23qui est en train de s'opérer
51:24par rapport au rire ?
51:26Alors, le public,
51:27en fait,
51:27maintenant,
51:28avec l'émergence
51:29des vidéos d'improvisation
51:30justement sur les réseaux,
51:32a une tendance
51:33à avoir un peu peur
51:34de venir voir du stand-up
51:36et surtout de se mettre
51:37au premier rang.
51:38D'accord.
51:38Il y a toujours eu
51:39cette appréhension,
51:39mais là, encore plus.
51:40Parce que les gens savent
51:41qu'il y a de plus en plus
51:42de vidéos d'impro.
51:43Donc, ils se disent,
51:44je ne me mets pas au premier rang
51:44parce que je vais me faire attaquer,
51:46je vais me faire vanner
51:46et en vrai,
51:48c'est un phénomène
51:48plutôt minoritaire.
51:50Les humoristes
51:51qui vannent vraiment
51:52de manière frontale
51:53le public,
51:54ils le font déjà
51:54en vrai avec une vraie
51:56gentillesse derrière,
51:57donc tout va bien
51:57et surtout,
51:58ils le font pour des gens
51:59qui veulent ça.
52:00Dans la plupart des salles,
52:01ce n'est pas du tout ça.
52:02C'est du spectacle vivant,
52:03il y a de l'échange,
52:04mais ce n'est pas
52:06un moment d'improvisation
52:07où l'humoriste
52:09va s'en prendre au public.
52:10Mais il y a une petite
52:12appréhension par rapport à ça
52:13et aussi,
52:14je pense que les gens
52:15ne veulent pas rire
52:16de certains sujets
52:17avec l'évolution
52:18des mœurs
52:19et tout,
52:20tout simplement.
52:21Les gens sont
52:22un peu plus méfiants.
52:23Des fois,
52:23quand ils entendent
52:24un sujet un peu trop clivant,
52:25ils vont avoir tendance
52:26à se fermer.
52:27D'accord.
52:27Donc,
52:28certains sujets
52:28peuvent rendre nerveux
52:30le public,
52:31mais justement,
52:33si on y va
52:33de manière assumée,
52:35quelqu'un qui va faire
52:35du trash
52:36et dont c'est la ligne
52:37vraiment,
52:37c'est la ligne éditoriale,
52:39là,
52:39à ce moment-là,
52:40le public l'accepte
52:40parce que de toute façon,
52:41ils sont venus voir
52:43sept humoristes
52:43pour ça.
52:44Mais pour la plupart
52:45des spectacles,
52:46ça va,
52:47le public est comme avant,
52:49le public veut rire,
52:49se détendre
52:50et oublier ses problèmes,
52:51tout simplement.
52:51Être sur scène
52:52et maintenir cette énergie,
52:54c'est quand même
52:54une endurance.
52:55J'imagine que ça demande
52:56de la préparation,
52:58un mental qui soit
52:59aussi solide.
53:00Psychologiquement,
53:01oui,
53:01c'est vrai que c'est très,
53:01très, très dur
53:03parce que même si on ne bouge
53:03pas beaucoup sur scène,
53:04des fois,
53:04on peut finir presque essoufflé.
53:06En tout cas,
53:07mentalement,
53:08il y a des fois,
53:08on sort après une scène éprouvante,
53:10on a l'impression
53:11d'avoir tapé un marathon.
53:12Ça prend combien de temps,
53:14la préparation d'un spectacle ?
53:17L'écriture,
53:18en fait,
53:18ça dépend.
53:19Il y en a qui peuvent écrire
53:20très, très vite,
53:20il y en a qui peuvent écrire
53:21en quelques mois,
53:22en quelques années,
53:23parfois.
53:24Vraiment,
53:24chaque humoriste
53:25a son rythme.
53:25Mais la préparation
53:27avant chaque spectacle,
53:28ça dépend aussi.
53:29Il y a des humoristes,
53:29par exemple,
53:30moi,
53:30j'ai tendance à arriver
53:31vraiment dernier moment,
53:33j'arrive,
53:33je mets ma tenue
53:34et puis je prends le micro,
53:35je monte sur scène.
53:36Et il y en a,
53:36au contraire,
53:37ils ont besoin
53:37de venir bien avant,
53:38de s'imprégner de la scène,
53:40de vraiment tâter
53:41un petit peu la salle,
53:42faire des tests de son,
53:43faire même un filage,
53:45ce qu'on appelle un filage,
53:46c'est-à-dire qu'ils vont dire
53:46tous leurs textes
53:47et ensuite seulement
53:49être prêts
53:49à recevoir le public.
53:50Moi,
53:50toute cette partie-là,
53:52c'est pas vraiment mon style.
53:55Moi,
53:55j'arrive et j'y vais,
53:56comme c'est vraiment du stand-up
53:58et je parle avec les gens,
53:59j'essaye d'y aller
54:00de la manière
54:00la plus naturelle possible.
54:02Donc,
54:03même répéter tout ça,
54:04j'essaye d'éviter
54:05pour y aller vraiment
54:06à blanc,
54:07entre guillemets.
54:07Et qu'est-ce qui vous inspire
54:08en ce moment,
54:09justement ?
54:10Le besoin de rire.
54:12Franchement,
54:12la situation est tellement compliquée
54:14dans le monde entier.
54:15On a tellement besoin de rire
54:17et les retours
54:18que les gens nous font,
54:19ça nous fait du bien.
54:20J'ai vécu un truc
54:21l'autre jour,
54:21j'en discutais
54:22avec l'équipe
54:23de l'Institut français.
54:25On avait en fait
54:26un show
54:27à côté de Nancy
54:28et j'ai un monsieur
54:29qui vient me voir.
54:30Donc,
54:30on était plusieurs humoristes,
54:31comme sur les shows
54:32qu'on a faits au Maroc.
54:33Et le monsieur
54:34est venu me voir
54:35avec un sourire
54:36jusqu'aux oreilles.
54:37Il était tout sourire
54:38comme ça
54:38et il m'a dit
54:39j'ai adoré la soirée,
54:40c'était génial,
54:41merci.
54:41Je suis en burn-out
54:42depuis le mois de juin.
54:44D'accord.
54:44Et la phrase m'a choqué
54:45parce que quelqu'un
54:46en burn-out
54:46ne s'attend pas
54:47à ce qu'il soit
54:47tout sourire comme ça.
54:49Et vraiment,
54:50ça m'a tellement touché.
54:51Je lui ai dit
54:51je me permets,
54:52est-ce que je peux te prendre
54:53dans mes bras ?
54:53Je l'ai pris dans mes bras
54:54comme ça.
54:55Je lui ai dit
54:55on a besoin
54:56de faire rire les gens
54:57justement
54:58et ce retour-là
54:59nous prouve
54:59que notre métier
55:00est nécessaire.
55:01A l'époque,
55:02pendant le Covid,
55:02on nous avait appelé
55:03un peu
55:03les métiers non essentiels
55:05mais en vérité
55:06on se rend compte
55:06que c'est essentiel.
55:07Parce que vous avez
55:08quand même un impact,
55:09votre parole a un impact
55:10et on peut faire passer
55:10certains messages
55:11par l'humour
55:12qu'on ne ferait pas passer
55:13autrement.
55:13Totalement.
55:14Et ça nous fait
55:14autant du bien
55:15à nous qu'au public.
55:16Quand le public nous dit
55:17qu'il a adoré
55:18et que ça lui a permis
55:18d'oublier ses problèmes,
55:20nous ça nous fait du bien aussi
55:21donc c'est un échange
55:22gagnant-gagnant,
55:22c'est magnifique.
55:23Merci à vous Soufiane
55:24et Thaï,
55:24c'était un plaisir
55:25de vous avoir comme invité.
55:26Merci, plaisir partagé,
55:27merci à vous
55:28et merci à Medi1.
55:30Partagé un petit peu
55:32à personne que vous êtes
55:33avec le public.
55:34Merci beaucoup.
55:35C'est la fin
55:35de l'Invité Culture
55:36pour ce soir,
55:37je vous souhaite
55:37une très bonne soirée.
55:41C'est aussi la fin
55:41de ce journal,
55:42merci à vous de nous suivre.
55:43L'information revient
55:44dans un instant
55:44sur Média TV.
55:45Sous-titrage ST' 501
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