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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 28/03/2026

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00:22Transcription by CastingWords
00:30Ce samedi, à Malabo, aux travaux du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation des Etats
00:36d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, où le Maroc est l'invité d'honneur.
00:42Pas de signe d'apaisement en vue dans la guerre au Moyen-Orient.
00:46Israël et l'Iran continuent à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurent que leurs objectifs seront atteints d
00:52'ici deux semaines.
00:55Et enfin, alliés de l'Iran, les Houthis du Yémen revendiquent ce samedi leur première attaque sur Israël.
01:01Les Houthis avaient menacé la veille de se joindre au conflit.
01:08A la une de l'actualité ce samedi, sur Haute Instruction Royale, le ministère des Affaires étrangères Nasser Boreta représente
01:15Sa Majesté le Roi Mohamed VI.
01:16Ce samedi, à Malabo, aux travaux du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation des Etats
01:22d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique,
01:25le Royaume du Maroc participe à ce sommet en tant qu'invité d'honneur. Ce 11e sommet coïncide d'ailleurs
01:31avec le 50e anniversaire de ce groupement.
01:36La ville de Tangier devient dès ce samedi la capitale économique de l'Afrique, le temps d'une semaine.
01:42Experts et hauts responsables du continent se réunissent et y préparent la 58e session de la Commission économique pour l
01:48'Afrique.
01:49Objectif, accélérer l'intégration africaine.
01:52Les détails avec Aliounsar.
01:55En accueillant ces travaux préparatoires de la 58e session de la Commission économique pour l'Afrique,
02:01le Royaume mise sur sa position géographique à la croisée des échanges entre l'Afrique, l'Europe et l'Atlantique.
02:09L'objectif est clair, transformer cet atout en véritable leadership continental.
02:14Ça prouve que le Maroc est toujours un pays crédible, un pays qui a une vocation et une place particulière
02:21sur la scène internationale.
02:23Et ce qui reflète vraiment le leadership de Saint-Marie-ste-le-Roi que Dieu l'assiste.
02:28Sur place, experts et décideurs peaufinent les voies de l'intégration.
02:32Le chemin reste toutefois semé d'embûches, endettements des États, croissances en don de scie et barrières protectionnistes.
02:40Pour lever ces verrous, les experts de la Commission mise sur la zélékaf.
02:45Quand le pays continue à commercer plus entre eux, quand on réduit les exploitations et la dépendance par rapport au
02:53monde extérieur,
02:54en considérant l'Afrique comme étant une zone, je pense qu'on règle beaucoup de problèmes.
02:57Les bases sont jetées ici même à Tangier.
02:59Les 2 et 3 avril prochains, ministres et décideurs africains se retrouveront pour transformer le potentiel de la zélékaf en
03:07résultat concret pour le continent.
03:11Le Conseil de la concurrence a décidé de renforcer la surveillance du marché national des produits pétroliers.
03:18Cette décision intervient suite à une hausse des prix subis sur les marchés pétroliers et ceux des produits dérivés du
03:24pétrole.
03:24Les détails avec Nassar Delounay.
03:29Face à la flambée des prix du pétrole et du gaz à l'international, au Maroc, le Conseil de la
03:34concurrence renforce sa surveillance du marché national.
03:37Désormais, le suivi des prix se fera chaque mois au lieu de tous les 3 mois.
03:41Objectif, suivre de près les répercussions des fluctuations du marché énergétique mondial sur les prix à la pompe au Maroc,
03:47qui dépend en grande partie des importations de gasoil et d'essence.
03:51Les distributeurs de carburant ont été reçus par le Conseil pour faire le point sur leurs engagements,
03:56notamment en matière de transparence et de formation des prix.
03:58Le Conseil de concurrence annonce surveiller toute hausse injustifiée et tout abus.
04:04Les évolutions des prix sur le marché national doivent refléter de manière proportionnée et dans des délais raisonnables les variations
04:11observées sur les marchés internationaux.
04:13L'objectif est double, garantir une concurrence loyale et protéger le pouvoir d'achat des consommateurs marocains.
04:19Le Conseil, présidé par Ahmed Rahou, précise qu'au-delà des hydrocarbures, l'institution restera vigilante et suivra de près
04:25toute hausse injustifiée dans tous les autres secteurs d'activité.
04:30On poursuit ce journal avec notre chapitre consacré à la guerre au Moyen-Orient.
04:50Alors que la guerre au Moyen-Orient entre ce samedi dans son deuxième mois, pas le moindre signe d'apaisement
04:55n'est visible.
04:56L'Israël et l'Iran continuent à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurent que leurs objectifs seront atteints
05:02d'ici deux semaines.
05:03On voit cela en détail avec Ababa Khartoumkara.
05:07Un mois s'est écoulé depuis les premières frappes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran.
05:12Un conflit qui a profondément déstabilisé la région, perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales et provoqué une flambée des prix
05:19du pétrole alors que le détroit stratégique d'Hormuz reste sous tension.
05:23Le 28 février dernier, Donald Trump, président des Etats-Unis, fixait cinq objectifs de guerre.
05:28Mais aujourd'hui, leur atteinte reste floue, malgré des frappes qui auraient, selon plusieurs experts, fortement affaibli les capacités militaires
05:35iraniennes.
05:36Washington maintient une double stratégie entre pression maximale et ouverture diplomatique.
05:42« Nous pensons que des discussions pourraient avoir lieu dès cette semaine. C'est un signe très positif. Nous exerçons
05:52une forte pression, mais nous restons engagés pour une solution diplomatique. »
05:58Sur le plan militaire, les Etats-Unis se veulent confiants.
06:01« Nous pouvons atteindre tous nos objectifs sans troupes au sol. Nous sommes même en avance sur la calendrie. »
06:13Washington a proposé un plan de paix en 15 points, incluant l'arrêt de l'enrichissement d'uranium par l
06:18'Iran, un plan aussitôt refusé par Téhéran.
06:22Du côté iranien, le temps est ferme.
06:24L'Iran va faire payer un lourd prix en représailles aux crimes israéliens.
06:28Sur le plan économique, Téhéran maintient également sa pression.
06:32« Si les Etats-Unis mettent le pied sur le sol iranien, le prix du pétrole atteindra au minimum 150
06:39dollars. »
06:40L'Iran se dit prêt à poursuivre ses attaques tout en continuant, par ailleurs, à tirer des missiles vers Israël
06:47et les pays du Golfe, abritant des bases américaines.
06:50Pendant ce temps, Donald Trump hausse le temps.
06:53« L'Iran n'est plus le bully du Moyen-Orient. Ils sont en fuite. Nous les frappons durement.
07:00Ils veulent négocier. »
07:03Alors, se dirige-t-on vers la fin de la guerre ou vers une nouvelle phase plus dangereuse ?
07:07Si le Wall Street Journal annonce que la Maison-Blanche envisagerait l'envoi de plus de 10 000 soldats au
07:13sol dans les prochains jours ?
07:14Pour l'heure, aucune issue n'est en vue et le monde retient son souffle.
07:21Au Sultanat d'Oman, un ouvrier a été blessé dans une attaque de drone sur l'un des principaux ports.
07:26Aux Émirats arabes unis, des incendies dans une zone industrielle ont fait 5 blessés à la suite d'attaques de
07:33missiles et de drones iraniens.
07:34Et puis en Arabie saoudite, une attaque iranienne contre une base a au moins blessé au moins 12 soldats américains,
07:40dont 2 grièvement.
07:42L'attaque contre une base aérienne au sud-est de Riyad a été perpétrée à l'aide d'au moins
07:47un missile et de plusieurs drones.
07:49C'est ce qu'ont rapporté le New York Times et le Wall Street Journal.
07:54Première attaque des Houthis sur Israël depuis le début de la guerre, alliés de l'Iran.
07:59Ils ont revendiqué ce samedi leur première attaque, quelques heures après que l'armée israélienne ait annoncé avoir détecté un
08:05tir de missile depuis le Yémen.
08:07Les Houthis avaient menacé la veille de se joindre au conflit déclenché le 28 février par l'offensive israélo-américaine
08:13sur l'Iran.
08:16La Thaïlande affirme ce samedi avoir conclu un accord avec l'Iran pour permettre le passage sécurisé de ses navires
08:23pétroliers dans le détroit d'Hormuz.
08:25Théhéran avait déjà annoncé que les navires non hostiles pourraient emprunter le passage s'ils respectent ces conditions.
08:31On va cela en détail avec Nasser Dinounay.
08:36Si pour l'Union Européenne, les Etats-Unis et la majorité des pays occidentaux, le détroit d'Hormuz reste fermé,
08:42il est ouvert pour certains pays.
08:44Dernièrement, c'est la Thaïlande qui a conclu un nouvel accord avec l'Iran.
08:50Cela va contribuer à apaiser les inquiétudes concernant l'acheminement de carburant vers la Thaïlande.
08:55Avec cet accord, nous sommes confiants de ne plus connaître de perturbations comme celle observée début mars.
09:03Les navires thaïlandais pourront désormais emprunter le détroit pour acheminer le pétrole et le gaz dont le pays a besoin,
09:09un passage qui se fera sous condition.
09:11En plus d'une contrepartie financière, Bangkok devra informer à l'avance Théhéran de tout navire traversant le détroit et
09:18attendre l'autorisation des Iraniens.
09:20La Thaïlande s'engage également à ne pas aider à l'offensive menée contre l'Iran.
09:24Des conditions toutes acceptées par le gouvernement thaïlandais.
09:27La circulation de leurs navires a déjà commencé.
09:29Un pétrolier thaïlandais est déjà passé par le détroit grâce à cet accord.
09:34D'autres s'apprêtent à le faire.
09:36Quelques navires ont pu emprunter cette route commerciale ces derniers jours.
09:39La Chine a notamment franchi le pas.
09:41Le géant chinois du transport maritime Costco a annoncé cette semaine une reprise partielle des trajets vers le Golfe.
09:47Une annonce qui intervient après les assurances données par Téhéran.
09:50D'autres pays sont en discussion avec l'Iran pour établir un plan à long terme de transit de navires.
09:56Des pays dont l'Inde, l'Irak ou encore la Malaisie.
09:59Cette ouverture accentue la pression sur les pays alliés de Washington et de Tel Aviv.
10:03Ni les Etats-Unis, ni Israël, ni leurs alliés ne peuvent emprunter le détroit.
10:08Environ 800 pétroliers sont actuellement à l'arrêt de chaque côté du détroit.
10:13Depuis le début de la guerre menée avec Israël contre l'Iran, plus de 300 militaires américains ont été blessés.
10:18La majorité légèrement, c'est ce qu'a annoncé l'armée américaine vendredi.
10:22Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient annonce également que parmi les blessés,
10:27273 soldats ont repris du service.
10:30Rappelons aussi que depuis le début de l'opération Führer-Épique, 13 soldats américains sont décédés.
10:53Dans le reste de l'actualité internationale, les autorités françaises ont déjoué dans la nuit de vendredi à samedi
10:59un attentat terroriste contre une succursale parisienne de Bank of America.
11:04Selon le média public France Info, un homme a été interpellé dans la nuit de vendredi à samedi
11:09alors qu'il tentait de mettre le feu à un engin explosif devant la banque dans le 8e arrondissement de
11:15Paris.
11:16Le suspect a été placé en garde à vue alors qu'une deuxième personne a pris la fuite au moment
11:21de l'interpellation
11:22selon le ministre français de l'Intérieur Laurent Nunez.
11:28Dans le cadre de la coopération militaire qui existe entre l'Espagne et le Gabon,
11:31le bâtiment d'action maritime de la marine espagnole a accosté au large des côtes gabonaises.
11:37Objectif, renforcer les capacités des fusiliers marins gabonais
11:40afin de lutter activement contre la piraterie et le trafic en mer.
11:44C'est un reportage de Daniel Ayeme.
11:47Face aux attaques pirates très souvent observées dans le golfe de Guinée,
11:51cette zone stratégique est au cœur d'une session de renforcement de capacités militaires.
11:56Le patrouilleur de haute mer espagnol Furore est en escale technique et opérationnelle au Gabon.
12:01A son bord, les marins gabonais qui bénéficient d'une formation de haut niveau
12:05visant à muscler la riposte face aux menaces maritimes.
12:09Le groupement des fusiliers marins de la marine nationale est mobilisé pour cette série d'exercices tactiques.
12:15Sous l'œil expert de l'équipage espagnol,
12:17les troupes gabonaises perfectionnent leur maîtrise du maniement des armes en mer
12:21et les techniques de secourisme de combat.
12:23Cet outil est finalement stratégique et important pour notre marine également
12:31parce que ça nous permet de faciliter les opérations,
12:35que ce soit militaires ou sécuritaires,
12:38dans la surveillance et même dans les opérations maritimes
12:41afin de mieux traquer les criminels de mer.
12:45Un escale qui vient consolider la coopération bilatérale entre Madrid et Libreville
12:50en unissant leurs forces, l'Espagne et le Gabon réaffirment leur engagement commun
12:55pour la sécurisation des espaces maritimes,
12:57une condition au développement de l'économie bleue dans la région.
13:00Dans le cadre de cette relation bilatérale, il faut s'attarder un peu
13:03sur la question de la relation militaire, de la coopération militaire.
13:09On a également les présences maritimes coordonnées,
13:12des bateaux d'action maritime qui viennent à plusieurs reprises dans les eaux gabonaises
13:16et on est fiers d'accompagner le Gabon, de renforcer les capacités des forces gabonaises.
13:22Et au-delà de ça, on vient justement aujourd'hui de faire une démonstration
13:25du vol d'un tronc de fabrication espagnole
13:28qui peut donner une idée très acceptable de ce que l'Espagne est capable de faire
13:35et qui peut, pour accompagner, si ça intéresse aux autorités gabonaises,
13:40les capacités de surveillance des forces armées gabonaises.
13:45Cette session de renforcement de capacité a été marquée
13:48par la démonstration du drone M5D Airfox de la marine espagnole.
13:53On rappelle que le Furore est un bâtiment moderne de 2500 tonnes
13:57qui sert de plateforme d'apprentissage grandeur nature.
14:02Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
14:14Je vous en parlais plus tôt dans ce journal.
14:16Michael Rubin, analyste américain au Middle East Forum,
14:19vient d'appeler l'ONU à fermer et démanteler les camps de Tindouf.
14:23Selon lui, le maintien de ces camps n'a plus raison d'être,
14:26surtout dans le contexte du soutien international croissant
14:29au plan d'autonomie proposé par le Maroc.
14:31Et pour en parler, nous sommes en direct depuis Rabat avec Sharkawi Roudani,
14:35expert en relations internationales et géostratégie.
14:38Sharkawi Roudani, bonsoir et merci d'être avec nous.
14:42Bonsoir et merci à vous.
14:44Alors l'article de Michael Rubin appelle à la fermeture des camps de Tindouf,
14:48accusant le front polisario de détenir les résidents en otage
14:52et de gonfler les chiffres pour détourner l'aide internationale.
14:56Quels sont les enjeux géopolitiques liés à la fermeture des camps de Tindouf ?
15:02Merci pour cette question qui est absolument centrale.
15:05De point de vue du droit international, comme vous le savez,
15:07la situation des camps de Tindouf se lève plusieurs problématiques majeures,
15:11à commencer par une anomalie persistante,
15:14à savoir l'absence de recensement officiel des populations
15:16par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés,
15:20malgré les appels répétés du Conseil de sécurité dans plusieurs résolutions,
15:23notamment la résolution 24-40, 24-68, 25-48 et plus récemment la dernière résolution 27-97.
15:32Bien sûr, cette absence n'est pas anodine.
15:34Il empêche toute traçabilité de l'aide humanitaire et toute garantie fictive du droit fondamental des populations,
15:41ce qui pose une question de conformité aux standards internationaux en matière de protection des réfugiés et des séquistrés.
15:47Deux éléments fondamentaux à mon sens.
15:49D'abord, il y a la responsabilité de l'État haute, qui est l'Algérie,
15:53parce qu'en vertu du droit international, et notamment la Convention 1951,
15:58c'est à l'État algérien, sur le territoire duquel se trouvent les camps,
16:03en l'occurrence bien évidemment l'Algérie, d'assurer la protection juridique des populations.
16:07Or, dans les faits, cette responsabilité, malheureusement, est déléguée à un acteur non étatique,
16:12qui est le front de Polisarius, qui crée une situation juridiquement atypique et contestable.
16:18Troisièmement, et c'est un point très important, il y a une dimension sécuritaire que l'on ne peut plus
16:22ignorer avec le temps,
16:24c'est qu'on se sent transformé en ce que l'on pourrait qualifier de biotope de menaces hybrides
16:29dans un environnement saïd ou saarien, comme vous le savez, marqué par la montée du terrorisme,
16:35du trafic illicite, des organisations transnationales et transfrontalières,
16:39avec des zones grises, donc d'ailleurs plusieurs rapports à l'échelle internationale,
16:44ont évoqué des risques de radicalisation des connexions et des réseaux opérants dans le Sahel,
16:50et même dans des cas documentés d'enrôlement des mineurs,
16:53ce qui constitue une violation grave du droit international humanitaire,
16:58notamment des conventions relatives aux enfants dans les conflits armés.
17:02Et sur le plan politique, la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies
17:08consacre clairement l'initiative marocaine d'autonomie, combats sérieuses et crédibles
17:12pour une solution durable, et dans ce cadre, le maintien des camps dans leur forme tactuelle
17:17apparaît en décalage avec la dynamique internationale,
17:21car il perpétue une situation d'exception au lieu de favoriser une solution politique.
17:26En définitive, la fermeture ou la transformation de ces camps n'est pas seulement une question humanitaire,
17:32je pense que c'est une exigence juridique, sécuritaire et politique alignée
17:38avec les résolutions des Conseils de sécurité des Nations Unies
17:40et avec la nécessité de stabiliser durablement la région et la sous-région.
17:45Alors selon Michael Robin, les camps de Tindouf doivent être démantelés
17:48parce qu'ils n'abritent qu'environ 40 000 personnes,
17:51et non pas 173 000, comme l'a revendiqué l'Algérie.
17:54Quels sont d'après vous les autres principaux arguments de Michael Robin
17:57contre le front polisario ?
18:00Oui, là encore, il faut revenir au fait et au cadre de droits internationaux,
18:05parce que lorsque Michael Robin évoque, et d'ailleurs il y a plusieurs,
18:08pas que Michael Robin, il y a plusieurs organisations internationales,
18:13plusieurs observateurs de la communauté internationale,
18:15évoquent la question des chiffres 40 000 contre 173 000,
18:22et là il ne s'agit pas simplement d'un débat statistique,
18:25c'est une question centrale de gouvernance humanitaire et de l'égalité internationale.
18:30Premièrement, parce que le Conseil de sécurité des Nations Unies,
18:33à travers plusieurs résolutions que nous avons d'ailleurs évoquées,
18:36a insisté sur la nécessité d'un recensement de population dans les camps de Tindouf.
18:40Or, dans l'absence de ce recensement, il va créer une opacité structurelle
18:45qui va empêcher toute transparence dans la distribution de l'aide humanitaire
18:49et ouvre la voie à des pratiques de détournement déjà relevées dans certains rapports européens.
18:54Et là, je vous rappelle le rapport de l'OLAF,
18:57l'Office de la lutte contre les fraudes au niveau européen.
19:00Deuxièmement, cette situation pose un problème de responsabilité juridique,
19:04parce qu'en droit international, l'État hôte, en l'occurrence l'Algérie,
19:08est tenu de garantir la protection des populations qui sont ce qui serait,
19:13et d'assurer une gestion transparente de l'aide.
19:16Or, la délégation de facteurs de cette gestion, comme on vient de dire au Front Polisario,
19:22crée une zone grise juridique contraire au principe de redevabilité.
19:26Il y a un troisième point qui me semble aussi très important,
19:30il y a l'enjeu politique majeur,
19:32parce que le maintien des chiffres contestés, alimentent, à narratifs,
19:36qui vise à prolonger malheureusement artificiellement un conflit géopolitique.
19:40Cela va à l'encontre de l'évolution récente du Conseil de sécurité,
19:43et notamment la résolution 2797,
19:46qui a consacré une approche pragmatique fondée sur l'initiative d'autonomie marocaine.
19:51De fait, il faut ajouter une dimension souvent sous-estimée, monsieur.
19:54C'est l'impact sécuritaire, parce que cette opacité démographique
19:58et la faiblesse des mécanismes de contrôle peuvent favoriser des infiltrations,
20:02des détournements de ressources,
20:04et dans certains cas, des dynamiques de radicalisation dans un environnement,
20:08malheureusement, comme vous le savez, sahélien, déjà réalisé.
20:11Donc, au fond, la question posée par Michael Robin dépasse largement le débat des chiffres,
20:17mais elle renvoie à une exigence fondamentale,
20:20celle de la transparence, de la responsabilité juridique,
20:24et de l'alignement avec le droit international
20:27et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
20:31Et aujourd'hui, force est de constater que cette exigence,
20:35malheureusement, n'est toujours pas satisfaite.
20:36Alors, l'analyste américain dénonce également ce qu'il appelle la fiction des réfugiés,
20:41entretenue par le Polisario,
20:43affirmant que les chiffres de la population sont gonflés
20:46afin de faciliter le détournement de l'aide humanitaire internationale.
20:50Pouvez-vous nous parler de l'impact humanitaire de la situation dans les camps de Tindouf ?
20:54Oui, tout à fait, parce que lors que Michael Robin parle de fiction des réfugiés,
21:00effectivement, là, il pointe en réalité une problématique bien plus profonde,
21:06celle d'un système qui échappe aux standards classiques de protection internationale.
21:10Premièrement, parce que l'absence de recensement officiel
21:13par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
21:16constitue une violation des pratiques établies en matière de gestion des réfugiés
21:21et de ce qui serait sans identification claire des populations,
21:25il est impossible de garantir leurs droits fondamentaux,
21:29notamment le droit à la protection, à la mobilité et même au retour volontaire.
21:34Je pense aujourd'hui qu'il y a un deuxième point qui est important,
21:38c'est les conditions de vie dans lesquelles on soulève aujourd'hui
21:42des préoccupations humanitaires sérieuses,
21:44parce que situé dans un environnement désertique extrême,
21:48c'est qu'on reste dépendant de l'aide internationale,
21:50avec des infrastructures limitées et une vulnérabilité persistante des populations,
21:56en particulier des femmes et des enfants.
21:58Troisième point, et qui c'est un point nodal en mon sens,
22:01il existe des préoccupations récurrentes concernant le droit de l'enfant.
22:05Des rapports ont évoqué récemment des cas d'endoctrinement et d'enrôlement des mineurs,
22:09ce qui s'avère qu'on soit une violation grave du droit international humanitaire
22:15et des conventions relatives au droit de l'enfant.
22:18Il y a le point, le quatrième point qui me semble aussi très important,
22:23il faut souligner l'absence de la liberté réelle du choix pour les populations,
22:27ce qui serait parce que le droit international,
22:29il consacre le principe du retour involontaire, digne et sécurisé.
22:33Or, dans ces camps-là, malheureusement, ce droit reste largement théorique,
22:37ce qui pose la question d'une situation de maintien prolongé dans un état de dépendance.
22:42Et à la lumière de la résolution 2797 du Conseil de sécurité,
22:46qui consacre une solution politique réaliste et réalisable fondée sur l'autonomie,
22:52ce souveraineté marocain, il apparaît clairement aujourd'hui
22:54que la réponse humanitaire ne peut pas être dissociée de la solution politique.
22:59Et de fait, aujourd'hui, en d'autres termes, il faut dire, améliorée durablement.
23:03La situation des populations passe nécessairement par la sortie de ce statu quo
23:09et par leur intégration dans un cadre institutionnel stable garant de leurs droits et de leur dignité.
23:16Alors, Michael Rubin souligne que ces camps sont devenus des foyers d'instabilité
23:22pointant du doigt des alliances entre le Polisario d'un côté
23:24et des groupes terroristes sévissants dans la région du Sahel de l'autre.
23:28Comment est-ce que vous expliquez cette menace sécuritaire ?
23:31Écoutez, la dimension sécurité à des comptes de Tindouf, aujourd'hui, il est incontournable.
23:36Il doit être analysé à la lumière des évolutions, d'ailleurs, du droit international
23:40en manière de lutte contre le terrorisme, parce que Michael Rubin évoque déjà des risques
23:45de collusion avec des groupes terroristes, qui a été aujourd'hui documenté par plusieurs
23:50rapports occidentaux et plusieurs analyses, analyses scientifiques.
23:53Il s'inscrit dans une lecture qui correspond à une réalité plus large,
23:56celle de la transformation progressive de ces camps en zone grise sécuritaire.
24:00Je pense qu'aujourd'hui, il faut rappeler un principe fondamental.
24:04En droit international, notamment au regard des résolutions du Conseil de sécurité
24:08relative à la lutte contre le terrorisme, comme la résolution 1373,
24:13les États ont l'obligation de prévenir toute utilisation de leur territoire à des fins terroristes.
24:19Or, dans le cas des cas des Tindouf, la délégation de facteurs du contrôle au Front Polisario
24:23crée un vide sécuritaire préoccupant.
24:26Deuxième point, c'est quand on s'inscrit dans un environnement régional,
24:30particulièrement instable.
24:31C'est le Sahel.
24:31Le Sahel, aujourd'hui, est l'un des principaux épicentres de terrorisme mondial,
24:35notamment la région de l'Huptakogoma ou bien la région des trois frontières
24:39entre le Mali, le Burkina et le Niger.
24:41Et aujourd'hui, lorsqu'on parle du Sahel,
24:45on parle d'une zone qui échappe à un contrôle étatique effectif
24:48pour devenir un espace de circulation, de recrutement ou de repli pour des groupes des armées.
24:53Et là, c'est le problème des camps de Tindouf.
24:58Donc, de fait, aujourd'hui, il existe des risques de convergence, bien évidemment.
25:02Et j'ai le souligné à maintes reprises dans des analyses à l'échelle internationale,
25:06des convergences et des connaissances entre différents types de menaces.
25:09Traffic illicite, réseau criminel, radicalisation et biologique.
25:12Et cette hybridation des menaces, malheureusement,
25:16transforme progressivement les camps de Tindouf en se collant pour un qualifié
25:20biotope sécuritaire à risque où se croise une dynamique politique,
25:24criminelle et terroriste.
25:26Quatrième point qui est important,
25:27certaines analyses et rapports ont évoqué l'implication
25:30ou de dérive individuelle vers des groupes armés opérant dans le Sahel.
25:34N'oublions pas que la mise en place ou la création de l'État de Daech ou Sahel,
25:38c'est Adnan Abouariz Sahrawi, c'était un élément du polisario.
25:41La connivence entre Adnan Abouariz Sahrawi et même Issa Sahrawi,
25:45c'est avec l'État islamique, avec ce qu'on appelle le groupe de soutien
25:51à l'islam et musulman de Ayad al-Rhali.
25:53Tout le monde le connaît.
25:54Et je pense que cette situation entre en contradiction avec les exigences
25:59du droit international en matière de sécurité collective
26:02et fragilise non seulement la stabilité régionale,
26:05mais aussi les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme.
26:10Mais je pense à la lumière de la résolution 2797 qui appelle
26:15à une solution politique réaliste, réalisable.
26:17Il devient évident que le maintien de ces ongles grises sécuritaires
26:21est incompatible avec une stabilisation de la région.
26:24Et d'ailleurs, j'aimerais bien vous ajouter un point qui est très important.
26:27C'est la lecture sécurité aujourd'hui qui est partagée au plus haut niveau
26:30des États-Unis d'Amérique.
26:32C'est l'initiative du sénateur Ted Cruz qui vise à désigner le front polisario
26:36comme une organisation terroriste traduite précisément sa dévolution.
26:40Cela signifiait que nous ne sommes plus uniquement dans un débat politique,
26:46mais dans une requalification sécuritaire du dossier.
26:50Michael Rubin soutient que rien ne devrait empêcher les Sahraouis
26:55de retourner chez eux et que l'ONU doit lever les entraves à ce retour.
26:59Quelle est donc la position de l'ONU sur la gestion des camps de Tchindouf actuellement ?
27:05Oui, premièrement, il faut rappeler que le Conseil de sécurité,
27:07comme je viens de vous dire, a plusieurs résolutions,
27:10notamment 24-48 et plus récemment 27-97,
27:17appelle clairement à un recensement des populations par le Haut-Commissariat
27:20des Nations Unies pour les réfugiés.
27:22Ce recensement est une exigence aujourd'hui fondamentale du droit international,
27:26car il conditionne la transparence de l'aide humanitaire
27:30et la protection effective des droits des sequissés des réfugiés.
27:33Or, cette exigence reste à ce jour non impliquée.
27:36Deuxièmement, le droit international est très clair sur la responsabilité de l'Algérie.
27:41En vertu des conventions internationales relatives aux réfugiés,
27:44c'est à l'Algérie qu'incombe la responsabilité juridique
27:48de la protection des populations présentes sur son territoire.
27:54Toutefois, dans les faits, malheureusement,
27:56cette responsabilité est largement déléguée, comme vous le savez,
27:59aux francs polisarios, ce qui crée une situation juridiquement atypique,
28:03voire problématique au regard des standards internationaux.
28:07Troisième point qui est très important,
28:08les Nations Unies défendent le principe du retour volontaire,
28:12digne et sécurisé des populations.
28:14Or, ce principe est au cours des droits internationaux et humanitaires.
28:17Mais dans le cas des cadets d'Indouf,
28:19les conditions ne semblent pas réunies pour garantir
28:22et pleinement cette liberté de choix,
28:26ce qui pose aujourd'hui la question du respect effectif
28:29de ce droit international.
28:30Il y a le quatrième point, qui est un point essentiel,
28:34comme je viens de vous dire, c'est la résolution,
28:35qui marque une évolution significative.
28:38Il consacre l'initiative marocaine d'autonomie,
28:40combat sérieuse, crédible, réel et sérialisable,
28:43pour une solution politique durable.
28:45Dans ce cadre, je pense que le maintien de statu quo
28:47dans le camp apparaît en décalage
28:49avec les dynamiques impulsées par le Conseil.
28:52Je pense qu'aujourd'hui, la position d'Oloni,
28:54bien qu'équilibrée dans sa formulation,
28:57tend progressivement vers une remise
29:00en question implicite du statu quo.
29:02Et cela ouvre la voie à une situation politique
29:04alignée avec le droit international
29:06et avec la dynamique portée par le Conseil de sécurité
29:10des Nations Unies, et particulièrement la résolution 2797
29:14qui consacre l'initiative de l'autonomie
29:17comme la seule base de négociation.
29:20Avant de conclure, la demande de Michael Rubin
29:23intervient dans un contexte de réévaluation
29:25de la mission de l'ONU au Sahara, la MINURSO,
29:28par les États-Unis, qui financent environ 20%
29:31du budget ordinaire de l'ONU.
29:33Pourquoi, selon vous, est-ce que les États-Unis
29:35réévaluent-ils leur soutien à la MINURSO ?
29:38C'est simple parce que nous sommes aujourd'hui,
29:40le monde, il est en train d'assister à une remodélisation
29:44à l'échelle internationale, un basculement stratégique
29:50du schéma de la matrice internationale.
29:52Ce que nous observons aujourd'hui aussi,
29:53c'est la réévaluation américaine de la MINURSO,
29:56ce n'est pas un simple ajustement technique,
29:59c'est un tournant stratégique.
30:00Car la réalité, il est simple.
30:02La MINURSO, qui a été conçue en 1991
30:05pour un référendum soit devenu avec le temps
30:09juridiquement et politiquement inapplicable,
30:11ce décalage a transformé la mission
30:13en un instrument de gestion de statu quo,
30:16plutôt qu'en levier de résolution.
30:18Il devient donc une gestion,
30:20il devient un levier, un mécanisme de gestion
30:23de l'attente, si vous acceptez le terme.
30:25Or, le droit international n'est pas figé,
30:27il évolue.
30:28Aujourd'hui, le Conseil de sécurité des Nations Unies,
30:31à travers des résolutions successives,
30:33et en particulier la résolution 2797,
30:36a opéré un basculement clair.
30:38Il ne s'agit plus de s'accrocher
30:40à une option théorique,
30:42mais de soutenir une solution réaliste,
30:44crédible et durable.
30:46Et cette solution, c'est une initiative
30:48d'autonomie portée par le Maroc.
30:50Dès lors, une question qui s'impose,
30:52peut-on maintenir indéfiniment une mission
30:54dont le mandat ne correspond plus
30:57à la réalité du terrain ?
30:58La réponse est non.
30:59De point de vue des États-Unis,
31:01il y a une exigence de cohérence stratégique.
31:04Une opération de maintien de la paix
31:06doit produire des résultats palpables,
31:09s'inscrire dans une trajectoire politique claire
31:12et accompagner une solution,
31:14pas figer un conflit.
31:16À cela s'ajoute un élément qui est fondamental,
31:19c'est l'environnement sécuritaire.
31:20Dans le Sahel, vous le savez,
31:22quand nous avons expliqué,
31:23ce pression marque,
31:25qui s'enlisent dans le terrorisme
31:27et les menaces hybrides,
31:28maintenir des zones grises
31:30comme les camps de Tindouf,
31:31tout en conservant une mission
31:33au mandat du passé,
31:35fragilise l'ensemble de l'architecture
31:37ou bien l'écosystème sécuritaire régional,
31:40ce qui se dit les États-Unis.
31:41Et ce que confirme la dynamique
31:43du Conseil de sécurité des Nations Unies,
31:49ce qui confirme la profondeur de Maynor So,
31:54il doit être transformé.
31:56Non pas pour remettre en cause les Nations Unies,
31:59mais il me semble pour réaligner
32:02avec la réalité géopolitique
32:03et avec une solution désormais consacrée
32:06par le droit international.
32:08Parce que l'autonomie,
32:09ce souveraineté marocain aujourd'hui,
32:11il a gagné le terrain,
32:12il a une dynamique géopolitique,
32:13une dynamique géostratégique aussi
32:14autour de ce dossier qui est artificiel.
32:17Et en réalité, nous assistons,
32:19il faut le dire,
32:20à un changement de paradigme.
32:22On passe d'une mission de gestion
32:24d'un conflit artificiellement prolongé
32:26à un instrument qui doit accompagner
32:28sa résolution.
32:29Et dans ce basculement,
32:30la position du Maroc apparaît aujourd'hui
32:33non seulement légitime,
32:34mais en parfaite adéquation
32:36avec l'évolution des droits internationaux.
32:39Je pense qu'aujourd'hui,
32:40nous sommes dans un moment
32:42où il y a un basculement stratégique
32:44au niveau de la conception
32:45de l'écosystème,
32:47de la sécurité à l'échelle
32:48de la région et de la sous-région,
32:49notamment dans la région afro-atlantique.
32:52Et le Maroc est appelé
32:53à jouer un rôle très important.
32:55Je pense que ce que nous sommes en train,
32:58d'ailleurs, d'écouter et d'entendre
33:00et de voir avec cette vision
33:02géostratégique des États-Unis,
33:04en changeant la profondeur
33:07de la mission du milieu NOSO,
33:08peut-être vers le milieu CAS,
33:10une mission de la mise en place
33:12d'une initiative de l'autonomie
33:13au Maroc,
33:14au Maroc,
33:15va devenir le préambule
33:18d'une solution plus globale
33:19sur le continent africain.
33:21Parce qu'il ne faut pas oublier,
33:22monsieur,
33:23que dans le continent africain,
33:24il existe plusieurs Zangris,
33:26plusieurs mouvements séparatistes
33:28qui exigent une solution.
33:30Je pense que la mise en place
33:32d'une solution adéquate et appropriée
33:34sur la question du Sahara marocain
33:36sous la souveraineté marocaine
33:37va aider, va contribuer,
33:39va être le préambule
33:40pour l'adhésion et l'intégration
33:43du continent africain
33:44et faire avancer plusieurs dossiers
33:46de démontion géostratégique
33:48à l'échelle du continent.
33:49Merci beaucoup,
33:50Sharka Wiroudani,
33:51pour votre analyse
33:52et d'avoir répondu
33:53à toutes nos questions.
33:54Je rappelle que vous êtes expert
33:55en relations internationales
33:56et géostratégie
33:58et que vous étiez avec nous
33:59en direct depuis Rabat.
34:00Merci.
34:05Il est l'heure à présent
34:06de faire le tour
34:06de l'actualité économique nationale
34:08et internationale
34:09avec Nasser Dinounayn.
34:18On débute ce journal
34:20avec un constat
34:21de l'économie marocaine.
34:22Selon le Fonds monétaire international,
34:24l'économie du pays
34:25continue de faire preuve
34:26de résilience.
34:27Malgré les chocs récents,
34:28le royaume maintient
34:29une stabilité globale,
34:31soutenue par les investissements
34:32publics et la diversification
34:33de son économie.
34:34Toujours au Maroc,
34:35le pays accélère
34:36sa transition énergétique
34:38avec des avancées concrètes.
34:39Plus de 937 villages
34:41ont été électrifiés,
34:42tandis que les énergies
34:43renouvelables représentent
34:44désormais 45,5%
34:46de la production électrique nationale.
34:48Cette progression repose notamment
34:50sur le développement
34:50du solaire et de l'éolien,
34:52mais aussi sur l'extension
34:53du réseau dans les zones rurales.
34:55Un levier important
34:56pour réduire la dépendance
34:57énergétique du pays
34:58tout en améliorant
34:59les conditions de vie
35:00et en soutenant
35:01l'activité économique locale.
35:04Le Maroc renforce
35:05significativement
35:06son réseau routier
35:07dans le cadre
35:07de sa stratégie
35:08de développement économique.
35:10Selon les dernières orientations,
35:11l'objectif est d'améliorer
35:12la connectivité
35:13entre les régions,
35:14notamment rurales,
35:15afin de réduire
35:16les inégalités territoriales
35:18et faciliter la circulation
35:19des biens et des personnes.
35:20Concrètement,
35:21ces investissements
35:22permettent de diminuer
35:23les coûts logistiques
35:24qui représentent
35:25un facteur déterminant
35:26pour la compétitivité
35:27des entreprises marocaines,
35:29entre autres
35:29dans le secteur agricole
35:30et industriel.
35:31Ils accompagnent également
35:32les grands projets
35:33structurants du royaume
35:34en assurant
35:35une meilleure intégration
35:36des territoires
35:36dans les circuits économiques
35:38nationaux.
35:39Dernière information
35:40concernant le Maroc,
35:41le ministère de l'Industrie
35:42lance l'édition 2026
35:44de son programme
35:45d'accompagnement
35:45des entreprises.
35:46Les autorités sélectionneront
35:48les entreprises industrielles
35:49à fort potentiel
35:50afin de leur assurer
35:51un développement optimal.
35:53Au programme,
35:53améliorer leur organisation,
35:55solidifier la structuration
35:56de leurs activités
35:57et surtout faciliter
35:58leur accès
35:59au marché de capitaux.
36:00Le dispositif propose
36:01également un accompagnement
36:02sur le mindset entrepreneurial,
36:04c'est-à-dire la capacité
36:05d'une entreprise
36:06à détecter les opportunités,
36:08prendre des initiatives
36:09et s'adapter rapidement
36:10aux aléas du marché.
36:11Les entreprises sélectionnées
36:12bénéficieront de formations
36:14collectives dans tous
36:15ces domaines.
36:15L'apprentissage se fera
36:17notamment via des ateliers
36:18pratiques.
36:19Les candidatures sont ouvertes
36:20jusqu'au 30 avril prochain,
36:22une opportunité pour les
36:23entreprises nationales
36:24ambitieuses de passer
36:25à la vitesse supérieure.
36:27À l'international,
36:28après le pétrole,
36:29la guerre au Moyen-Orient
36:30affecte désormais
36:31le marché des engrais.
36:32La production très dépendante
36:33du gaz naturel
36:34devient plus coûteuse,
36:36tandis que les perturbations
36:37logistiques compliquent
36:38les échanges.
36:39Résultat,
36:39une hausse des prix
36:40pour les agriculteurs
36:41avec un risque
36:42de répercussion directe
36:43sur les prix alimentaires
36:45à l'échelle mondiale.
36:46Dans la zone euro,
36:47la croissance du secteur privé
36:49montre des signes
36:49de ralentissement.
36:50Les entreprises font face
36:52à une baisse de la demande
36:53à des coûts toujours
36:53plus élevés
36:54et à un climat d'incertitude
36:56lié aux tensions
36:57internationales.
36:58Une situation qui pourrait
36:59freiner la reprise économique
37:00dans les prochains mois.
37:02En France,
37:03le taux d'intérêt
37:03de la dette à 10 ans
37:04atteint environ 3,8%,
37:06un niveau inédit depuis 2009.
37:09Cette hausse s'explique
37:09par les tensions géopolitiques
37:11et les craintes
37:12liées à l'inflation.
37:13Concrètement,
37:13cela signifie
37:14que l'État français
37:15emprunte à un coût
37:16plus élevé,
37:17ce qui accentue
37:17la pression
37:18sur les finances publiques.
37:20Autre signal intéressant
37:21à l'international,
37:22la baisse de l'or
37:23et de l'argent
37:23pourtant considérée
37:24comme des valeurs refuge.
37:26Cette chute s'explique
37:27notamment par la force
37:27du dollar
37:28et par des anticipations
37:29de marchés orientées
37:30vers d'autres actifs.
37:31Un mouvement qui illustre
37:33la complexité
37:33des réactions financières
37:34en période de crise.
37:37Toujours à l'international,
37:38Washington prend un avantage
37:39dans le bras de fer économique
37:40entre Europe et États-Unis.
37:42L'Union européenne
37:43vélit d'un accord commercial
37:44plutôt en faveur
37:45des États-Unis.
37:46Cet accord prévoit
37:47la suppression
37:47de la plupart
37:48des droits de douane
37:49sur les importations
37:50américaines dans l'Union.
37:51En contrepartie,
37:52Washington s'engage
37:53à plafonner à 15%
37:54les taxes
37:55sur les produits européens,
37:56un compromis jugé nécessaire
37:58pour préserver
37:59les échanges transatlantiques.
38:01Et dans un contexte
38:03de tension mondiale
38:04sur le pétrole,
38:04l'Afrique s'organise.
38:05La raffinerie d'Angotte,
38:07plus grande raffinerie
38:08du continent,
38:08a commencé à exporter
38:09ses carburants
38:10vers plusieurs pays africains.
38:12Plusieurs cargaisons
38:13ont déjà été livrées
38:14dans les pays
38:14comme la Côte d'Ivoire,
38:16le Ghana,
38:16le Togo
38:17ou encore le Cameroun.
38:18Résultat,
38:18le Nigeria
38:19se positionne désormais
38:20comme un fournisseur clé
38:21de plusieurs économies africaines.
38:23Selon Dangotte,
38:24cette dynamique
38:24pourrait renforcer
38:25la sécurité énergétique
38:26en Afrique de l'Ouest,
38:28mais aussi en Afrique centrale
38:29et de l'Est.
38:29Un repositionnement stratégique
38:31qui pourrait redessiner
38:32les équilibres énergétiques
38:34sur le continent.
38:35Et enfin,
38:36en République démocratique
38:37du Congo,
38:38la compagnie Congo Airways
38:39traverse une crise majeure.
38:40Une grande partie
38:41de sa flotte est immobilisée,
38:43ce qui perturbe fortement
38:44les liaisons domestiques,
38:45dans un pays
38:46où le transport aérien
38:47est crucial
38:47en raison de la faiblesse
38:49des infrastructures routières.
38:50Face à cette situation,
38:52les autorités congolaises
38:53envisagent un plan de relance
38:54qui inclut
38:55la restructuration financière
38:57de la compagnie,
38:57le renouvellement
38:58de la flotte
38:59et l'amélioration
38:59de la gouvernance.
39:00Un enjeu qui dépasse
39:02la compagnie elle-même,
39:03puisqu'il s'agit de garantir
39:04la connectivité économique
39:06du pays.
39:08Et votre soir info
39:09se poursuit avec
39:10l'invité culture.
39:11Mariemar Amlichy
39:11reçoit l'écrivaine
39:13Sundous Sharaevi.
39:23Mesdames et messieurs,
39:24bonsoir et bienvenue
39:25dans l'invité culture.
39:27Trois générations,
39:29une demeure familiale
39:30et un point invisible,
39:31celui des non-dits.
39:33Comment se réapproprier
39:34son histoire
39:35lorsque les silences
39:36du passé
39:36se heurtent
39:37aux révélations
39:38du présent ?
39:39C'est la quête
39:40d'existence
39:40que nous propose
39:41Sundous Sharaevi
39:43dans son premier roman
39:44« Le soleil se lève deux fois ».
39:46Entre Rabat et Tanger,
39:48elle dessine
39:49une géographie intime
39:51ou le deuil
39:52d'une matriarque,
39:53la flamboyante
39:54Mama Abla.
39:55Il devient le souffle
39:56d'un renouveau.
39:58On dit que certaines maisons
39:59ne sont pas faites
40:01de briques,
40:01mais de souvenirs
40:02et de secrets.
40:03À travers le regard
40:05de Layel,
40:06nous poussons aujourd'hui
40:07la porte du Salon Rouge
40:09pour explorer
40:10une lignée de femmes
40:11et les affects
40:13qui nous lient
40:14par-delà
40:15les racines.
40:16Sundous Sharaevi,
40:17c'est un plaisir
40:18de vous avoir
40:18comme invité ce soir.
40:20Merci d'avoir accepté
40:20cette invitation.
40:21Bonsoir,
40:22merci pour votre invitation.
40:24Alors,
40:24j'ai entre les mains
40:25votre premier roman
40:26dont je montre
40:27la couverture.
40:28Donc,
40:28« Le soleil se lève
40:30deux fois ».
40:32Une lecture
40:34qui fait du bien,
40:35en tout cas,
40:36j'ai beaucoup apprécié,
40:37qui se lit très vite,
40:39un roman
40:39qui se lit très vite également.
40:41Tout d'abord,
40:42votre premier roman.
40:43Tout d'abord,
40:44comment vous est venue
40:45l'idée de ce récit ?
40:49En fait,
40:51les émotions sont tellement fortes
40:52qu'on a l'impression
40:53que c'est inspiré de votre vie.
40:54Donc,
40:54je ne sais pas si c'est le cas,
40:56mais je vous pose la question.
40:58Non.
41:00La réponse rapide,
41:01courte,
41:02c'est non.
41:02C'est-à-dire que c'est un roman
41:03et donc d'abord une fiction.
41:06Les femmes de cette famille
41:07ne sont pas les femmes de ma famille,
41:09ce sont vraiment des personnages
41:10à part entière
41:11et que j'ai pris
41:12beaucoup de plaisir
41:13à créer
41:13et à écrire.
41:15En revanche,
41:16il y a un ancrage
41:18peut-être pas autobiographique,
41:20mais en tout cas,
41:20qui est nourri
41:21de l'environnement
41:22que moi,
41:22j'ai connu,
41:23à commencer par Tanger,
41:24par la culture tangéroise
41:26qui est la mienne,
41:27qui m'a toujours
41:28beaucoup inspirée,
41:29que j'ai toujours trouvé
41:30très belle
41:30et qui,
41:31de façon,
41:32on va dire,
41:32assez spontanée,
41:33mais venue
41:34dans l'écriture
41:35d'un roman
41:35qui porte effectivement
41:37sur l'intime,
41:38sur ce qui se passe
41:39à l'intérieur d'une maison,
41:40dans un cercle familial.
41:43Et puis,
41:44là où je peux vous dire
41:44qu'il y a effectivement
41:45une inspiration
41:48autobiographique,
41:48si on peut dire ça comme ça,
41:49mais en tout cas,
41:50qui est réelle et assumée,
41:51c'est sur la maison.
41:52La maison,
41:53qui est presque un personnage
41:55de ce roman,
41:56en tout cas,
41:56qui prend beaucoup de place.
41:57C'est rouge en tout cas.
41:58Exactement.
42:00Cette maison,
42:02je me suis beaucoup inspirée
42:04pour l'écrire,
42:04pour la raconter,
42:05surtout avec cette traversée
42:06du roman
42:07où chaque chapitre
42:08correspond à une pièce
42:09de la maison.
42:10Je me suis beaucoup inspirée
42:11de la maison
42:12de ma grand-mère,
42:13dans laquelle je n'ai pas vécu,
42:14comme c'est le cas
42:15de Laëlle,
42:16la narratrice,
42:17dans laquelle j'ai passé
42:18beaucoup de temps.
42:19C'est une maison
42:19qui n'existe plus aujourd'hui
42:21et j'ai pris énormément
42:23de plaisir
42:24à la retrouver
42:26en l'écrivant.
42:27À la rematérialisée
42:28dans votre récit.
42:30À la retrouver ailleurs.
42:31C'est-à-dire que je me suis...
42:32Par la façon, par exemple,
42:33le Salon Rouge existe vraiment.
42:35Vous voyez,
42:36il y a d'autres pièces
42:37de la maison,
42:38l'agencement de la maison
42:39qui ont vraiment été comme ça
42:41et que j'ai retrouvées,
42:42j'ai invoquées,
42:43en fait,
42:43par la fiction
42:45et je les ai mises
42:46dans un autre endroit
42:47qui est celui du roman.
42:48D'accord.
42:49En tout cas,
42:49le soleil se lève deux fois.
42:51Expliquez-nous ce titre.
42:54C'est peut-être
42:55dans la continuité
42:56de ce que je disais
42:57avec la possibilité
42:58de retrouver ailleurs
43:01les choses
43:01qu'on a perdues
43:02une première fois.
43:03Il y a quelque chose
43:04dans ce titre
43:05qui relève, je crois,
43:06de la possibilité
43:08du renouveau,
43:08de la possibilité
43:09du recommencement.
43:12On m'a beaucoup dit
43:13que c'est un roman
43:14qui est traversé
43:15par le deuil.
43:15Il y a effectivement...
43:16Absolument, oui.
43:18...le deuil à venir,
43:19c'est-à-dire qu'on comprend
43:20très vite
43:21que Mama Abla,
43:21la grand-mère,
43:22est sur le point
43:22de mourir
43:23et on comprend
43:24que les femmes
43:26de sa famille
43:26vont devoir...
43:27La porter.
43:28Exactement,
43:29d'une certaine façon.
43:30Donc, effectivement,
43:31le deuil est assez présent.
43:32Moi, je m'en suis rendue compte
43:34vraiment après.
43:35Moi, je dirais
43:35que c'est plutôt la perte
43:36qui est beaucoup interrogée
43:39dans ce roman-là
43:40et très vite,
43:41la question qui se pose,
43:41c'est qu'est-ce qu'on fait
43:43face à la perte ?
43:44Qu'est-ce qu'on peut faire
43:45de la perte ?
43:45Et la possibilité
43:46de l'écriture,
43:47le récit,
43:49c'est finalement,
43:50je crois,
43:51une façon de faire
43:53autre chose
43:53de ce qu'on a perdu.
43:56L'écriture devient
43:57une façon
43:58de consigner une réalité
43:59qui va s'effacer
44:00d'une certaine façon.
44:01On ne peut pas la retenir,
44:03mais on peut la mettre ailleurs.
44:04On peut la garder au chaud,
44:05dans un endroit
44:06qui va être celui
44:07de l'écriture,
44:08qui est celui de la fiction,
44:10qui est celui du roman aussi.
44:12Et ces choses-là,
44:13alors on ne les recrée pas
44:14telles qu'elles étaient exactement.
44:16On n'a pas de pouvoir magique,
44:18mais en revanche,
44:19on peut en faire
44:20autre chose qui reste.
44:22C'est aussi comment
44:23se préparer à la mort,
44:24ces derniers instants de vie,
44:26ces derniers moments,
44:27les dernières paroles
44:28qui sont partagées
44:30et qui ont toutes
44:30leur importance.
44:32Donc, avant d'y venir,
44:33on a Laïel
44:34qui est le personnage principal,
44:36étudiante à Rabat,
44:38qui venait de décrocher
44:39un boulot
44:41et qui commençait
44:43un petit peu sa vie
44:43au moment de l'annonce
44:45de la maladie
44:46de sa grand-mère,
44:47prise de conscience,
44:50son monde
44:51qui s'effondre,
44:53cette maison
44:53qui en fait
44:54sont chez elle
44:55parce qu'elle a passé
44:55plus de temps
44:56avec sa grand-mère
44:57chez sa grand-mère
44:58que chez sa mère.
45:00Donc,
45:01parlez-nous un petit peu
45:03de cette annonce,
45:04de cette quête,
45:05on va dire,
45:06de sens et de vie
45:07que recherche
45:09le personnage principal
45:11dans ces derniers instants
45:12justement
45:12de partage
45:13avec sa grand-mère.
45:14Il y a quelque chose
45:15de très radical,
45:16je trouve,
45:17dans le geste
45:18de Laïel.
45:19Au moment où elle apprend
45:20la maladie
45:20de sa grand-mère,
45:22elle va tout de suite,
45:23comme une évidence,
45:24sans trop réfléchir,
45:25elle va aller se réfugier
45:27auprès d'elle.
45:28Elle ne sait pas
45:29pendant combien de temps,
45:30elle ne sait pas
45:30exactement combien de temps
45:31il lui reste à vivre,
45:33mais elle quitte Rabat,
45:35elle va à Tangier
45:36et elle s'enferme
45:37dans cette maison.
45:37Elle ne va plus en sortir,
45:39elle va veiller sa grand-mère
45:40et c'est là
45:41où elle va rester
45:41d'ailleurs aussi
45:42après la mort.
45:43Et donc,
45:44ça va prendre la forme
45:45d'une sorte de confinement
45:46mais vraiment
45:46une sorte aussi
45:47d'immersion
45:48très forte,
45:49un enfermement choisi
45:50dans cette maison-là,
45:52à la fois dans une volonté
45:54de l'habiter
45:55une dernière fois
45:56parce que la question
45:57on parlait de la perte,
45:58c'est la perte de la grand-mère
45:59mais potentiellement
46:00celle de la maison aussi.
46:01Et la quête de sens
46:02après,
46:03pour parler de l'après justement.
46:05Tout à fait,
46:05parce que la question
46:06qui se pose très vite
46:07pour Laëlle,
46:08c'est qu'est-ce que je deviens,
46:10qu'est-ce que je suis
46:11sans cette maison
46:12et donc sans les femmes
46:13qui l'ont habité.
46:15Il y a ce lien très viscéral
46:16entre elle et cette maison
46:18qui est la sienne,
46:18qui est celle
46:19où elle a toujours vécu
46:20et entre ces femmes-là,
46:21c'est-à-dire avec sa grand-mère,
46:23sa mère et sa tante.
46:24Et ce degré d'intimité,
46:27de proximité
46:28mais qui est aussi finalement
46:28une forme de dépendance
46:30aux femmes de sa famille
46:31à cette maison-là,
46:32c'était aussi pour moi
46:33une façon de raconter
46:34la force de ces liens
46:35qui sont très complexes,
46:37qui ne sont pas tout beaux
46:37tout le temps,
46:38c'est-à-dire que ce sont
46:39des liens qui sont aussi nourris
46:40de beaucoup d'injonctions,
46:42de violences aussi.
46:43Parfois qu'il peut y avoir
46:44dans une relation
46:45entre une mère et sa fille,
46:46des incompréhensions
46:47entre une sœur
46:48et une autre sœur.
46:51Aussi la force de ces femmes.
46:52Tout à fait, tout à fait.
46:54Et justement,
46:54le fait de zoomer sur la maison,
46:56de choisir cet enfermement
46:58dans cet endroit
46:59et de faire de ce roman
47:00finalement une sorte
47:01de huis clos féminin
47:03me permettait de raconter
47:06avec peut-être plus de détails,
47:08plus de nuances
47:09et de subtilités
47:10tout ce qui peut unir
47:12les femmes d'une même maison
47:14au sein d'une famille
47:15comme celle-ci.
47:16Et vous le disiez,
47:16il y a même les rôles
47:17qui sont échangées
47:21à un certain moment.
47:22Donc, la mère et sa fille,
47:24la fille qui devient aussi
47:26la fille de la tante.
47:28C'est un petit peu
47:28cet échange de rôles.
47:30Chacune joue le rôle
47:31qu'elle doit jouer
47:32pour pouvoir soutenir l'autre
47:34à l'instant T
47:35en fonction de la situation.
47:37Tout à fait.
47:38Je pense que ça pourrait se résumer
47:40si on devait,
47:41très globalement,
47:42c'est une forme de sororité élargie,
47:44pas uniquement au sens du lien
47:45entre les sœurs de sang,
47:48mais véritablement
47:49à la forme de solidarité
47:50qui peut unir
47:51les femmes d'une famille.
47:52Au-delà de ça,
47:54c'est aussi une façon
47:55dont on prend soin
47:56les uns les autres.
47:58On jouera tantôt
47:59le rôle de la mère,
48:00de la grand-mère,
48:00c'est celle qui soigne,
48:02celle dont on s'occupe,
48:04celle qui a besoin
48:04d'être soignée aussi.
48:06Et je pense que c'est
48:09quelque chose d'assez réel
48:10en réalité dans les familles.
48:12Il n'y a pas énormément
48:13de linéarité dans nos rôles
48:14ou en tout cas,
48:16les choses sont
48:16beaucoup plus complexes
48:17qu'une maman
48:18qui est juste une maman,
48:19une grand-mère
48:20qui est juste une grand-mère,
48:21une sœur qui est juste une sœur.
48:23Ce sont des relations
48:24qui sont beaucoup plus
48:28ambiguës parfois.
48:29C'est aussi pour ça d'ailleurs
48:30que les personnages
48:31des deux sœurs de ce roman,
48:33Malek et Faïsa,
48:33sont vraiment construites
48:34presque comme des antagonistes.
48:36Chacune incarne
48:37l'opposé de l'autre.
48:41Et pourtant,
48:41elles s'aiment énormément.
48:42Elles se tiennent par la main.
48:43Elles finissent quand même
48:44par trouver un moyen
48:45de se tenir par la main.
48:47Oui, il y a cette solitude
48:48aussi de Laëlle
48:49qui est fille unique,
48:51qui n'a pas de cousin
48:52et qui voit un petit peu
48:54avec beaucoup de jalousie,
48:56on va dire,
48:57ou d'envie,
48:58cette relation
48:59de sa mère
49:01et sa tante, du coup.
49:02Oui, la sororité,
49:04ou en tout cas,
49:05le lien entre les sœurs,
49:06c'est vraiment un sujet
49:08qui était très important
49:09pour moi dans ce roman.
49:10Et ça faisait
49:11qu'elle était de plus en plus
49:12perdue.
49:13Vous le disiez,
49:14il y a ce lien
49:15à la maison,
49:16son chez elle,
49:16ce lien qu'elle a
49:17avec sa grand-mère,
49:19un lien viscéral,
49:20c'est le terme
49:20que vous avez employé.
49:22Et puis,
49:23ça a donné
49:24toute l'importance
49:25aussi à la osaya
49:26de sa grand-mère
49:28avant sa mort,
49:28donc à son chevet,
49:30cette osaya,
49:32celle de protéger
49:32cette maison
49:33pour finalement
49:34protéger l'âme
49:35de la famille
49:36d'une certaine manière.
49:38C'est pas un héritage,
49:39la maison,
49:40ce n'est pas un héritage
49:40au sens matériel.
49:42Cette maison,
49:43elle est au nom
49:43du grand-père,
49:44donc du mari
49:45de Mama Abla,
49:47mais Mama Abla
49:48dit que c'est la sienne.
49:49C'est la sienne
49:49parce que c'est elle
49:50qui en a fait une maison,
49:51justement,
49:52et pas juste
49:53une sorte de construction
49:55qui a été bâtie.
49:56C'est pour ça
49:57qu'elle met en garde
49:57sa petite-fille
49:58parce que finalement,
50:00la maison,
50:01ce ne sont pas
50:02que ses murs,
50:02ce sont aussi ses pièces,
50:03ce sont tous les souvenirs
50:05qu'elles contiennent,
50:05toutes les émotions
50:06qu'elles sont chargées
50:08et finalement,
50:08c'est une maison de liens.
50:09Et c'est ça
50:10ce que Mama Abla
50:11veut préserver
50:11et c'est aussi ça
50:12ce qui est menacé
50:13finalement de disparaître
50:14avec elle.
50:15Ça peut être résumé
50:16tout simplement
50:16avec ce qu'est
50:17la mémoire d'une femme,
50:18tout simplement,
50:19comme celle-ci.
50:21Et c'est la question
50:21de sa préservation
50:22face à des contraintes
50:24que je ne vais pas
50:25toutes révéler ici.
50:34Mais cette question
50:36de la préservation,
50:37c'est presque
50:38une forme de survie finalement,
50:39une question de continuité.
50:41Qu'est-ce qu'il reste
50:42de nous
50:43une fois qu'on n'est plus là ?
50:45Et sur le lien
50:46entre les sœurs
50:46qui est effectivement
50:47très important,
50:48Layelle va découvrir
50:49la sororité d'abord
50:50à travers le manque
50:51et l'exclusion.
50:52Elle est,
50:52comme vous le disiez,
50:53la seule enfant
50:55de cette maison.
50:55Elle grandit dans un monde
50:56entouré de femmes adultes
50:58et très vite,
50:59elle voit qu'il y a ce lieu
51:00qui est finalement
51:01le lieu de la sororité
51:02au sein de la maison
51:03dont elle est exclue,
51:05dans lequel elle ne trouve
51:06pas sa place.
51:07C'est le miroir
51:08que lui renvoie
51:08la relation entre sa mère
51:10et sa tante.
51:11Et elle va très vite
51:12l'idéaliser,
51:14rêver
51:14et se chercher une sœur.
51:15C'est aussi ce qu'elle fait
51:17dans cette histoire,
51:18mais aussi comprendre
51:19d'où provient ce manque.
51:21Et je pense que je voulais
51:22raconter ici d'abord
51:24une sorte d'hommage
51:25à la beauté des liens
51:26qu'il peut y avoir
51:27entre deux sœurs,
51:29même lorsqu'elles ne se ressemblent pas,
51:31même lorsqu'elles peuvent être
51:32séparées par des choix de vie
51:33très différents,
51:34comme c'est le cas
51:35de Fayza
51:36et de Malak,
51:39mais qui finissent
51:41par se retrouver.
51:42Et dans la force
51:43de ces liens,
51:44il y a également
51:44le respect
51:45de cette intimité
51:46de chacun
51:48qui renforce davantage
51:49ces liens.
51:50Le fait de respecter
51:51l'intimité de sa sœur,
51:52de sa mère,
51:53de ne pas trop poser
51:54de questions,
51:55de comprendre,
51:56de soutenir finalement,
51:58se soutenir
51:59les uns les autres,
52:00renforce davantage
52:01ces liens.
52:02Si on en savait trop,
52:04ça pourrait créer...
52:05Oui.
52:06C'est-à-dire que
52:07dans cette proximité
52:08qui est mise en scène
52:09dans ce roman,
52:10il y a aussi...
52:11Alors, d'une part,
52:11il y a le silence
52:12de ce qui est-tu,
52:13mais il y a aussi parfois
52:13un silence qui est choisi.
52:16Et le choix, en fait,
52:17il est très important,
52:18que ce soit dans ce qu'on choisit
52:20de dire
52:20et ce qu'on choisit
52:21de ne pas dire.
52:22Mais c'est un roman
52:24qui dit aussi
52:25qu'il n'y a pas
52:26une seule façon
52:27d'être une femme.
52:29Il n'y a pas
52:29une seule façon
52:30d'être une femme émancipée
52:31comme on l'entend souvent.
52:32Il n'y a pas
52:33une seule façon
52:33d'être moderne.
52:34Il n'y a pas une seule façon
52:35d'être traditionnelle non plus.
52:37Et à travers leur vie
52:37très différente,
52:38ce qu'elles choisissent
52:39de se raconter,
52:40ce qu'elles choisissent
52:41de taire,
52:41parfois pour se protéger,
52:43parfois pour conserver
52:44leur liberté,
52:45il y a aussi finalement
52:46cette forme de souveraineté
52:47qui est très importante
52:48pour moi.
52:49Cette souveraineté
52:49de chacune
52:50et qui ne sont pas,
52:51contrairement à la gueule,
52:52c'est la seule
52:53qui est peut-être vraiment
52:54parfois très effacée
52:56sous le poids
52:57de cette famille,
52:59mais c'est parce que
52:59c'est un personnage
53:00qui est en pleine construction aussi.
53:02Absolument.
53:03Et puis,
53:04on ne va pas brûler
53:05toute l'histoire,
53:05mais il y a un secret aussi
53:07qu'elle va découvrir
53:08et qu'on va découvrir
53:09avec elle.
53:11On ne va pas en dire davantage
53:12pour laisser le public
53:14se faire sa propre idée
53:17et ne pas brûler
53:18toute l'histoire,
53:19tout simplement.
53:19Mais avant de finir,
53:20parce qu'on arrive déjà
53:21au terme de cet entretien,
53:22j'aimerais qu'on se concentre
53:24sur la réaction
53:25de Maman Abla
53:27au moment où elle apprend
53:29sa mort
53:29et se clape de faim,
53:31donc cette hachia
53:32qu'elle organise
53:34pour dire au revoir.
53:36Maman Abla
53:37a organisé des hachiettes
53:39toute sa vie
53:40et au moment
53:41où elle apprend
53:42qu'elle est malade,
53:43elle va décider
53:44d'organiser
53:45la plus grande hachia
53:46qu'elle ait jamais faite.
53:49Ça se traduit
53:51par des préparatifs
53:52très intenses,
53:53très rapides aussi
53:54et c'est une façon
53:56de tirer
53:56une dernière révérence
53:57au monde.
53:58Elle va saluer,
53:59sans même
54:00qu'elle ne le sache,
54:01que les autres ne le sachent,
54:02mais elle va saluer
54:03les femmes
54:03qu'elle a côtoyées
54:04de près ou de loin
54:05pour la dernière fois.
54:07Ce qui me plaît beaucoup
54:09dans le personnage
54:10de Maman Abla,
54:10c'est que c'est une femme
54:12qui se met en scène
54:12énormément.
54:13Très complexe.
54:15À chaque hachia,
54:16finalement,
54:18elle endosse
54:19un personnage.
54:20Le personnage
54:20d'une femme
54:21qui est peut-être
54:22beaucoup plus noble
54:23qu'elle ne l'est
54:24elle réellement,
54:25mais une femme
54:26très élégante,
54:27une femme très imposante.
54:28Et avant de partir,
54:30avant de renoncer
54:32à cette vie
54:33qu'elle a bâtie
54:34de ses propres mains,
54:36elle veut endosser
54:37son personnage
54:38une dernière fois.
54:39Et donc,
54:39ce qui est raconté,
54:41c'est à la fois
54:43la préparation
54:44de cette hachia,
54:45mais aussi ce moment
54:46où elle se regarde
54:47dans la glace
54:47une dernière fois,
54:48elle se voit
54:48avec son cafetan,
54:50comment elle est apprêtée,
54:51elle a été apprêtée
54:52par ses filles
54:52comme à chaque fois.
54:54Et elle descend
54:56la rampe des escaliers
54:58très majestueuse,
54:59très digne aussi
55:00parce que c'est un personnage
55:01qui a énormément
55:02de dignité,
55:02qui ne transige pas
55:03avec ça.
55:04Et elle s'apprête
55:06à venir dire au revoir.
55:08Merci à vous,
55:09Sounous.
55:09C'était un plaisir
55:11de vous lire
55:12une histoire
55:13très émouvante
55:14et on invite
55:15le public
55:15à la lire
55:16dont je vous montre
55:17à nouveau
55:18la couverture
55:18de votre roman
55:19Donc le soleil
55:20se lève deux fois.
55:21C'était un plaisir.
55:22Un grand merci
55:23pour votre invitation.
55:24C'est la fin
55:25d'Invité Culture
55:26pour ce soir.
55:27Je vous souhaite
55:27une très bonne soirée.
55:31Et c'est aussi
55:32la fin de ce journal.
55:33Merci à vous
55:33de nous suivre.
55:34L'information revient
55:34dans un instant
55:35sur Média en TV.
55:53Sous-titrage ST' 501
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