- il y a 10 heures
Le Grand portrait de Sonia Devillers est Julien Clerc, pour la tournée de son album “Une vie”. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-30-mars-2026-7883860
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00:00À la question « Pourquoi écrivez-vous ? », un grand auteur, Samuel Beckett, avait répondu « Bon kassa ».
00:06Peut-être que si on demandait à Julien Clerc « Pourquoi chantez-vous ? », il répondrait « Bon kassa
00:13».
00:13Oui, c'est sûr, c'est sûr, quelle bonne réponse !
00:18Lui, il a commencé à 21 ans. Depuis, il n'a plus quitté les studios, 28 albums, ni la scène.
00:25La tournée qui commence l'emmène jusqu'à Bercy, où il soufflera ses 80 bougies au soir d'un grand
00:32concert.
00:33Alors, avançons pas à pas avec Julien Clerc jusqu'à ce bel anniversaire.
00:38Allons chercher ce qu'il a fait chanter et ce qu'il a fait revenir chaque soir dans ses salles
00:43obscures,
00:43pleines de briquets allumés, où petit à petit, le public lui a pris un grand morceau de sa vie.
00:49Mais si le public s'est servi ainsi, c'est que Julien Clerc avait beaucoup à donner ?
00:55Ou alors, est-ce qu'il cherchait tant à recevoir ?
00:58Elle est bonne cette question, hein ?
01:00Oui, c'est bien.
01:00C'est une bonne question.
01:01Allez, portrait numéro 114.
01:29Bonjour Julien Clerc.
01:31Bonjour.
01:31Soyez le bienvenu sur France Inter.
01:34Donc, quand toute une arène chante ma préférence à moi, c'est vous qui leur donnez ou c'est eux
01:40qui vous donnent ?
01:41C'est l'échange.
01:42C'est un échange ?
01:43C'est un échange d'émotion, on veut dire, entre un artiste et les gens qui aiment son travail et
01:50qui viennent passer une soirée en sa compagnie.
01:52Elle a presque 50 ans, cette chanson, écrite par Dabadi.
01:56Qu'est-ce qu'il fait de cette chanson, un hymne ?
01:58Qu'est-ce qu'il fait que c'est irrésistible ?
02:00Qu'est-ce qui fait que quand on est dans la fosse, on ne peut pas s'en empêcher, on
02:03chante ?
02:04Je crois que c'est d'abord une chanson qui me ressemble en ce sens qu'elle a l'apparence
02:15d'une chanson facile et elle n'en est pas.
02:18En fait, c'est une suite d'harmonie qui n'est pas si facile que ça.
02:23Il y a beaucoup d'accords qui défilent, on peut demander ça aux musiciens qui m'accompagnent.
02:28Et donc c'est une chanson qui a l'air de la facilité, tant mieux, c'est ce que j
02:33'ai cherché à faire toute ma vie, mais qui ne l'est pas forcément.
02:37Et quand vous dites, j'ai cherché à faire ça toute ma vie, ma vie, une vie, une vie, c
02:44'est le nom de la tournée, c'est le nom du dernier album, c'est le titre, mais c'est
02:47le nom de la tournée.
02:49Voilà un programme magnifiquement ambitieux quand on va avoir 80 ans en 2027, une vie, c'est une vie que
02:56vous chantez sur scène ?
02:57C'est ce que j'essaye de faire, j'essaie d'avoir un spectacle qui est au niveau du titre.
03:02Et donc, comme j'ai une chance dans la vie, c'est que je chante depuis longtemps, j'ai donc
03:08certaines chansons qui ont accompagné la vie des gens.
03:12Et ce sont ces chansons-là que je chante en fait.
03:15Vous ne chantez pas le nouvel album ?
03:17Très peu, très peu.
03:18On chante trois chansons du nouvel album.
03:21Bon, alors donc, une vie.
03:23Vous serez le 29 mars à Charleroi, le 1er avril au Mans, puis à Compiègne, puis au Touquet, puis à
03:28Biarritz.
03:29Et puis ensuite, en 2027, une grande tournée des Zéniths.
03:32Et puis ensuite, l'Accord Arena de Paris, le 9 octobre 2027, pour célébrer, pour souffler vos 80 bougies.
03:39Car aujourd'hui, on ne dit plus Bercy.
03:41A l'époque de Bercy, ça donnait ça.
03:56Le Palais Omnisport de Bercy, comme on disait quand j'étais petite.
04:02Vous avez été le premier Français à chanter à Bercy.
04:05Parce que Bercy n'avait pas vraiment été prévu pour ça.
04:08Bercy avait été plutôt prévu pour faire venir Madonna à Paris et pour faire des matchs de mox.
04:12Oui, sans doute, accueillir Johnny un jour.
04:15Mais pas Julien Clerc.
04:18Et alors là, pour un coup, je l'avais pris de vitesse.
04:20Je ne sais pas comment.
04:22Non, sans qu'il essaye quand même de me faire changer d'avis.
04:26Il m'avait dit un soir dans une boîte, tu devrais faire le Zénith.
04:36Il était vexé de cette fidèle, mais il avait dû voir tout d'un coup que là, pour une fois,
04:41il s'était fait griller.
04:42Lui qui, généralement, était le premier à faire tous ces...
04:45Donc, on était en 1985, Julien Clerc.
04:48Et ce n'est pas un Bercy, c'est 12 Bercy d'affilé.
04:53Ça n'existe plus, ça, aujourd'hui.
04:54Qui fait 12 Bercy ?
04:55Or, elle s'en a fait 10.
04:57Voilà, donc vous avez battu et Johnny et Aurel San.
05:0112 Bercy, pleins à craquer.
05:04Et quand je dis, parce qu'à l'époque, TF1 avait tourné un film sur ce concert qui était un
05:09événement gigantesque que j'ai revu.
05:11Et quand je dis les briquets allumés, donc c'est quelque chose qu'on a oublié.
05:14Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, vous descendez l'escalier.
05:17Et c'est une arène entière de briquets allumés.
05:21Surtout, j'avais eu une idée à l'époque, c'est que les lumières ne soient que des poursuites.
05:26Vous voyez les poursuites, c'est les gros supertroopers de la chanson d'Abba.
05:30C'est avec quelqu'un, ce gros projecteur.
05:34Alors là, on en avait 24, je crois.
05:36Donc je voulais que la lumière ne soit faite que par des poursuites.
05:39Ce qui donnait une espèce de raie de lumière très puissant qui traverse l'espace.
05:44Alors moi, j'avais 10 ans à cette époque-là.
05:47J'étais en CM2 et j'étais dans la salle.
05:50C'était mon premier concert de vous voir, vous, à Bercy.
05:56Et j'ai un souvenir très marquant.
05:59Donc c'était il y a pile 40 ans.
06:01C'est que j'ai demandé des autographes à deux personnes qui n'étaient pas loin de moi.
06:08Et qui très gentiment m'avaient donné des autographes.
06:10Il y avait donc Dominique Rocheteau qui était dans la salle.
06:14Et il y avait Daniel Balavoine qui était venu vous voir.
06:18Et en réalité, j'y ai repensé, c'était quelques mois, quelques semaines avant sa mort.
06:24Oui, parce qu'on s'était vus à ce moment-là.
06:26Je ne sais plus si c'est avant le spectacle ou juste après.
06:29Et il m'avait dit, tu ne le sais pas encore, mais on va devenir des grands amis.
06:33Il vous a dit ça ?
06:34Oui.
06:36Et c'était juste avant qu'il parte pour le Paris-Dakar.
06:40Oui, pour le Paris-Dakar.
06:41On avait dîné à la maison.
06:42Il m'avait dit ça, ce que j'avais trouvé.
06:45Il était un petit peu plus jeune que vous.
06:47Il avait 33 ans.
06:48Mais on travaillait beaucoup avec les mêmes gens.
06:50Alors on avait des gens en commun, si vous voulez,
06:53avec lesquels on travaillait, régisseur, etc.
06:55Et alors il y a quelque chose que vous avez gardé de lui, c'est ça.
07:21Donc c'était les 40 ans de la mort de Balavoine au mois de...
07:25Lui aussi, un compositeur très original.
07:28Il y a eu un enchant, on n'entend plus tellement de choses comme ça.
07:31Une espèce de liberté totale dans les harmoniques.
07:34Pourquoi l'avoir repris, cette chanson ?
07:36Je ne sais pas.
07:36Je ne sais plus à l'époque où j'ai fait ça.
07:38Je ne sais pas pourquoi.
07:39De temps en temps, je me fais ce luxe-là de reprendre des chansons des autres.
07:43Parce que moi, je me suis demandé si vous...
07:45Donc je suis un peu jaloux.
07:45Si vous la chantiez, cette chanson qui raconte une histoire très particulière.
07:50Elle a été composée en 84.
07:52Elle raconte l'histoire d'un père qui va en justice pour récupérer son enfant.
07:56Je me suis demandé si vous l'aviez chantée parce que c'était un morceau de votre histoire ?
08:01Ah non, Dieu merci.
08:04Je n'ai jamais eu à aller en justice.
08:06Et quand l'amour s'est éteint, malheureusement, à chaque fois j'ai toujours essayé qu'on se quitte en
08:12bonne intelligence.
08:13Et de ne penser qu'aux enfants.
08:16Mais je ne parle pas de vous, père divorcé.
08:19Je parle de vous, enfant divorcé.
08:21Ah oui, enfant divorcé.
08:23Mais enfin, écoutez, avec le recul, je me dis que cette famille qui était quand même, qui ne ressemblait pas
08:31à beaucoup d'autres familles,
08:33encore aujourd'hui, deux maisons, deux cultures politiques, deux genres de musique, deux cultures sportives.
08:43En fait, tout était vraiment à l'opposé.
08:46Ça a été extrêmement enrichissant, finalement, même si ça m'est arrivé très très jeune.
08:52Donc, il y a du malheur.
08:54Vous avez des souvenirs de vos parents ensemble ?
08:56Oh, je ne les ai vus qu'à l'âge de 20 ans, quand je commençais à chanter.
09:00Et là, ils sont venus chacun, avec leur chacune, me voir.
09:04Mais avant, ils ne s'étaient pas...
09:05En tout cas, je...
09:06Me voir en concert.
09:07Je ne les ai...
09:07Ils sont venus me voir en concert.
09:09Mais avant, je ne les ai jamais revus ensemble.
09:11À 20 ans, c'était où ?
09:12C'était à l'Olympia.
09:13À l'Olympia.
09:14Oui, en première partie de Béco.
09:15Et là, ils étaient venus tous les deux, chacun avec ma mère, avec son nouveau mari.
09:22Et mon père, avec la mère de mes frères et soeurs.
09:23Et c'est la première fois que vous les avez vus ensemble.
09:25La première fois que je les ai revus ensemble.
09:28Sinon, je les avais vus en photo.
09:30Et après, on se demande pourquoi Julien Clerc chante.
09:33Oui.
09:33Pour réunir ses parents, non ?
09:35Peut-être, un petit peu de ça.
09:37C'est vrai que c'est une chose à laquelle on pense toute sa vie.
09:40C'est une fêlure que ne comprennent pas, d'ailleurs, toujours les gens qui n'ont pas vécu ça.
09:45J'ai remarqué ça.
09:46Les enfants de familles unies, c'est quelque chose qu'ils ignorent.
09:50Ils ne connaissent pas ce sentiment.
09:52À l'époque, quand j'étais à l'école, on était peut-être deux maximums dans la classe.
09:56D'être enfant divorcé.
09:57Maintenant, malheureusement, je crois que c'est plus répandu.
09:59Mais il y a, dans ce que vous venez de dire, quelque chose de très intéressant.
10:02C'est que oui, être enfant divorcé, quand on est né après guerre, c'est très rare.
10:07Mais être enfant, vous dites, il y avait deux cultures musicales, deux cultures politiques.
10:12Il y avait beaucoup plus que ça.
10:14Il y avait une grande différence de classe et d'origine sociale entre votre mère et votre père.
10:19Et ça, c'est quelque chose que j'ai découvert en travaillant sur votre histoire.
10:23J'en parle un peu, d'ailleurs, dans le spectacle.
10:27Et oui, ça a été très, très, très, très important.
10:29Parce que ce n'est encore pas si commun que ça, on va dire.
10:32Alors, passer d'une maison, on va dire, dans les banlieues, ni rouges, ni bleues.
10:41Et puis, aller dans le 14e, dans un petit appartement, comme sur les photos de douaneau, avec les toilettes sur
10:47le palier.
10:48Ça, c'est chez votre maman ?
10:49C'était chez ma maman.
10:50C'était chez votre maman, qui était fille de femme de ménage.
10:53Oui.
10:53Voilà.
10:54Alors que votre père était bourgeois, agrégé de la classe.
10:57Il n'était pas bourgeois. Il était intellectuel.
11:00Ce n'était pas vraiment de la bourgeoisie.
11:02Oui, mais c'était un haut fonctionnaire.
11:04Voilà.
11:04C'était un haut fonctionnaire, passé par Normale Sub, passé par l'ENA.
11:08Bien sûr.
11:08Si, quand même, à cette génération, c'est la prérogative des bourgeois, quand même.
11:12Non, mais même d'avoir réussi mieux, d'avoir gagné son procès en divorce,
11:18c'est parce qu'il s'est donné énormément de mal.
11:21Il avait fait un dossier et il était très bien entouré.
11:24Là, il y avait un truc de classe aussi.
11:26Oui, c'est ça.
11:26Le fait que ma mère perde son procès, parce qu'elle était moins bien organisée,
11:30très jeune et la tête un peu en l'air.
11:32Et vous aviez un grand-père communiste.
11:34Quand vous dites, j'avais deux cultures politiques, vous aviez un grand-père communiste.
11:37Donc, non seulement il y a une différence de classe entre chez votre mère et chez votre père,
11:42mais en plus, vous avez un grand-père qui, comment dire, qui biberonne à la lutte des classes.
11:47Oui, il est même, on peut dire, à l'époque, si on regarde l'histoire, il est franchement stalinien.
11:51Il est franchement stalinien, donc il biberonne encore plus à la lutte des classes.
11:56Non, mais ça signifie que pour vous, c'est un conflit, c'est une source de conflit intérieur ?
12:00Je ne pense pas que les enfants trouvent que c'est conflit actuel.
12:03Je crois qu'au contraire, je vivais ça très bien.
12:05J'avais une espèce de double vie et ça me plaisait pas mal, finalement.
12:11Donc, quand j'arrivais chez mon grand-père, il essayait un peu de me faire des apprends de ce que
12:18j'entendais de l'autre côté.
12:19C'était assez drôle et c'était une époque, je m'en suis rendu compte après,
12:22tout à fait l'époque où Malraux avait dit, un jour, en France, il y a les communistes et nous.
12:28Eh bien, moi, je vivais ça.
12:29J'étais, il y a les communistes et nous.
12:31Malraux étant un compagnon de De Gaulle, donc un pur gaulliste.
12:35Voilà, donc il y avait les communistes et nous.
12:38Dans les urnes, c'était ça.
12:39Dans les urnes, c'était ça.
12:41Et justement, quand vous avez dit tout à l'heure, Julien Clerc,
12:44cette chanson, ma préférence à moi de Jean-Loup Dabadi, qui a donc presque une cinquantaine d'années,
12:49elle me ressemble parce qu'elle a l'air simple.
12:52Je me suis posé la question si il n'y avait pas quelque chose qui caractérisait votre vie en chanson,
12:59les chansons de Julien Clerc, quelque chose qui n'appartient qu'à vous et pas aux autres chanteurs français,
13:04c'est que Julien Clerc traverse absolument tous les milieux sociaux.
13:08C'est presque un trait d'union entre les bourgeois et les prolos,
13:12entre les intellos et les pas-intellos.
13:15Justement parce que ces chansons, elles ont l'air simples
13:17et qu'elles sont peut-être plus compliquées qu'elles en ont l'air.
13:20Donc elles touchent tout le monde.
13:21Ben peut-être, enfin en tout cas, peut-être pas tout le monde, tout le monde.
13:24J'ai bien conscience d'être moins populaire que certains de mes camarades,
13:29mais je veux dire, je ne vais pas me fabriquer...
13:30Moins populaire, oui, mais en même temps,
13:33chez les bourgeois, on aime Julien Clerc et chez les prolos, on aime Julien Clerc.
13:36Oui, ça peut arriver.
13:38Oui, ça peut arriver, mais ça c'est assez rare.
13:40Ça c'est assez rare.
13:42Je me suis demandé si ce n'était pas cette idée que vous aviez vous-même été un trait d
13:45'union
13:46entre ces deux milieux sociaux, entre ces deux familles.
13:48Oui, je n'ai jamais réfléchi à ça.
13:50Vous avez peut-être raison.
13:51Mais il y a la musique qui rentre.
13:53Parce qu'il y avait deux femmes,
13:55et ma belle-mère n'aimait qu'à la musique classique.
13:58Elle le disait, d'ailleurs, elle l'a dit dans certains interviews qu'elle a fait par la suite.
14:02Elle disait, oh là, moi, il y a une seule chanson que j'aime,
14:05c'est la petite sorcière malade.
14:07Et qui était une des chansons qu'on avait écrite avec Renagy.
14:10Alors que ma mère, là-bas, dans son appart Porte d'Orléans,
14:14elle, elle écoutait du jazz, elle écoutait de la chanson française.
14:16Donc il y avait même la musique qui était profondément différente.
14:20Donc vous avez été le trait d'union entre deux musiques.
14:22Oui, mais c'était très joyeux, en fait.
14:25Parce qu'il y avait de la musique partout.
14:28C'était le fait des mères, enfin, de mes deux mères.
14:32Parce que cette belle-mère, vous l'avez considérée comme une mère à part entière.
14:35Je l'ai appelée maman.
14:36Vous l'avez appelée maman ?
14:37Je l'ai appelée maman tout de suite, ce qui ne plaisait pas tellement à ma maman.
14:40Mais je ne pouvais pas faire autrement.
14:42C'est elle qui m'a élevé.
14:43Elle était la mère de mes frères et soeurs.
14:45Et on est une vraie famille nombreuse.
14:47Sauf que je disparaissais le vendredi.
14:49Et le piano ? Qui vous a appris le piano ?
14:51C'est ma belle-mère.
14:52Mais avec l'accord de ma mère.
14:54Quand elle avait des choses importantes comme ça à faire,
14:57elle demandait l'avis de ma mère.
14:59Et le piano, c'était important ?
15:00Le piano, c'était important.
15:02D'abord, parce que j'ai renaclé.
15:04Au début, j'ai accepté, mais j'étais petit.
15:06Après, j'ai renaclé.
15:08Comme beaucoup d'enfants.
15:09Dès que je vois des enfants, je leur dis toujours,
15:11s'ils font du piano, je leur dis, abandonnez pas.
15:14Abandonnez pas parce que vous regretterez un jour.
15:16Et donc, moi, j'ai eu une chance inouïe.
15:18C'est que j'ai abandonné,
15:20mais que j'y suis revenu tout seul.
15:22Parce que le piano, il vous a accompagné sur scène depuis toujours.
15:25Depuis toujours.
15:26Vous avez presque toujours un piano avec vous sur scène.
15:28Il y a toujours un moment où vous vous mettez au piano.
15:31Oui, je joue certaines de mes chansons.
15:33Lesquelles, par exemple, là ?
15:39Lesquelles, par exemple, vous jouez au piano ?
15:41Non, mais je joue ma préférence.
15:42Ma préférence au piano.
15:43Je joue un petit, je joue dix mélodies.
15:47Voilà, en voilà, trois que je joue.
15:48Souffrir par toi n'est pas souffrir.
15:49Et le piano, c'est pas par excellence l'instrument
15:53qui peut faire le lien entre des chansons populaires,
15:56des ritournelles toutes simples ou des chansons traditionnelles
15:59et de la musique classique, de la musique sérieuse,
16:03de la musique savante.
16:04Le piano, il peut aller de l'un à l'autre.
16:05Et vous savez ce que disait Yehudi Menuhin ?
16:09J'aime la musique savante quand elle est populaire.
16:12Néanmoins savante, mais qu'elle est populaire.
16:14J'aime la musique populaire et qu'elle est néanmoins savante.
16:18Ah, ça, c'est formidable.
16:19Alors, ça, c'est formidable.
16:21Voilà, Julien Clerc qui cite Yehudi Menuhin.
16:24Immense violoniste devant l'internel.
16:28Merci, Julien Clerc, d'être venu à France Inter.
16:30Donc, cette tournée pour ce 28e album qui s'appelle Une vie.
16:34Une vie, c'est un très bel album.
16:36Il y a une chanson magnifique qui s'appelle Le Parvis.
16:39Les Parvis.
16:40Les Parvis.
16:41Il y a aussi une chanson qui est dédiée à Gérard Leclerc,
16:44votre frère qui s'est tué dans un accident d'avion.
16:45Oui, je tenais beaucoup à avoir une chanson pour mon frère.
16:48J'avais dit à Paul Ecole, si ça vous inspire, bien sûr,
16:51Paul, écrivez-moi un texte pour mon frère.
16:55Essayez qu'il ne soit pas triste.
16:56Donc, il est avec vous sur scène pendant toute cette tournée, Gérard.
17:00C'est ça ? Voilà.
17:01Alors, ce sera le 29 mars à Charleroi, le 1er avril au Mans,
17:04puis à Compiègne, puis au Touquet, puis à Biarritz.
17:07Et puis, il y aura tous les Zéniths en 2027.
17:10Et ensuite, l'Accor Arena le 9 octobre 2027 pour vos 80 ans.
17:16Merci, Julien Clerc.
17:17Vous savez ce qu'on écoute pour se quitter ?
17:19Non.
17:19Ce n'est rien.
17:19Ce n'est rien.
17:21Elle est avec vous sur scène, celle-là, en ce moment-là ?
17:23Oui, oh là là.
17:23Oh là là là là, évidemment qu'elle est là.
17:25Oh là là là, évidemment qu'elle est là.
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