- il y a 12 heures
Clara Paban vous propose un magazine d’information et de divertissement en compagnie d’un invité (sportif ou people) qui revient sur sa relation au sport et réagit à l’actualité.
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00:12Bonsoir à tous et bienvenue dans Salon VIP sur Bingsport avec nous ce soir le champion de biathlon français le
00:18plus rock'n'roll,
00:19Emilien Jacquelin est avec nous. Bonsoir Emilien. Bonsoir Claude. Merci d'être venu et de suite à la fin de
00:25saison.
00:25Vous êtes là très très rapidement. Est-ce qu'on peut dire que c'est une très belle saison ?
00:31Est-ce que vous pouvez être fier de vous ?
00:33Oui, je pense que je peux être fier de moi. L'objectif c'était les Jeux Olympiques. Je reviens avec
00:37deux belles médailles.
00:38La médaille d'or en collectif au relais masculin, la médaille de bronze en poursuite et puis surtout tout au
00:44long de la saison je me suis vraiment construit
00:47et retrouvé aussi sur ces Jeux et sur la fin de saison donc je suis vraiment fier de ça.
00:50Vous vous êtes régalé ? Oui, je me suis régalé sur tous ces Jeux. C'est l'événement le plus
00:55important pour un athlète et pour autant je suis resté moi-même,
00:59je suis resté fidèle à mes envies, à ma vision du sport et j'ai vraiment pris du plaisir comme
01:04si j'étais un enfant de 12 ans.
01:07Donc franchement pour ça c'était quelque chose d'incroyable.
01:10Les JO avec vous c'est quoi ? C'est du spectacle, un tir à la Lucky Luke, des attaques
01:13en ski à la Marco Pantani,
01:15vous envoyez des punchlines à la concurrence et quand la stratégie ne vous plaît pas, vous le dites.
01:20Emilia avec vous, on vibre biathlon. Est-ce que ça vous plaît d'être un original ?
01:25C'est vrai que quand tu fais la liste…
01:27En résumé ?
01:28En résumé c'est pas mal, ça fait beaucoup de choses en une quinzaine.
01:32Est-ce que ça me plaît d'être comme ça ? En tout cas je ne cherche pas à le
01:35forcer, c'est-à-dire que c'est plus ma manière de…
01:38C'est mon caractère en course je dirais, parce que je veux dire dans la rue je ne vais pas
01:42m'amuser à invectiver les gens.
01:46En course par contre c'est autre chose, il y a aussi ce jeu avec les autres athlètes.
01:50Ce n'est pas quelque chose qui est commun dans le monde du biathlon parce qu'on est plus un
01:53sport scandinave.
01:55Même notre passé c'est plus un sport de l'armée, la douane, le froid, la rigueur.
02:00Donc en fait c'est quelqu'un plutôt au sans chaud et latin, ça ne se voit pas forcément.
02:05Donc d'un côté je suis content de mettre ça en avance sans le vouloir encore une fois.
02:11Parce qu'au moins j'espère que ça permettra aussi au sport d'évoluer et à des jeunes de s
02:16'exprimer comme ils ont envie de le faire aussi dans leur pratique.
02:18Vous avez mis un peu de chaleur, la saison est terminée avec donc deux médailles, vous l'avez dit, une
02:22d'or, une de bronze.
02:23Et l'or avec l'équipe de France de biathlon, est-ce que c'est votre plus belle victoire ?
02:27Oui, je pense. Les deux médailles, elles ont deux saveurs particulières.
02:31Je dirais la médaille de bronze en poursuite, elle représente vraiment qui je suis en fait.
02:37Autant dans mes forces que dans mes faiblesses parce que je n'étais pas loin de jouer la médaille d
02:42'or.
02:42Le dernier tir, je suis tout seul en tête avec plus de 30 secondes sur le deuxième concurrent.
02:46et je vais faire deux tours de pénalité avec un tir engagé.
02:50Mais finalement, ça me représente bien, je pense.
02:52Donc vraiment, ça c'est moi dans mon entièreté, cette médaille.
02:56Et la médaille en relais, c'est qu'on fait un sport individuel qui se pratique en équipe.
03:02Donc quand on voit quatre athlètes au départ, on peut se dire que c'est quatre égaux,
03:06quatre personnes qui ont vraiment envie de faire faire.
03:08Et pour autant, on est capable ensemble, en fait, dans une cause commune, d'être vraiment très fort.
03:13Et ce jour-là, pour moi, en tout cas, c'était la gagne ou l'hôpital.
03:17J'avais vraiment envie qu'on aille chercher la médaille d'or et rien d'autre.
03:20Avoir la médaille d'argent ou de bronze, ça aurait déjà été une déception.
03:24Donc moi, j'ai tout donné pour l'équipe, pour la France.
03:27Et à ma manière, encore une fois, peut-être que ce jour-là, c'était bien que je la garde.
03:33Vous avez plus que tout donné, parce que je rappelle le déroulé de la compétition.
03:38Vous avez 50 secondes de retard et vous finissez en tête
03:42au moment où vous passez le relais.
03:44C'est exceptionnel.
03:44Vous êtes devenue une star ce jour-là.
03:46C'est vrai que pour beaucoup de personnes qui ont regardé la course,
03:50c'était assez impressionnant.
03:51Sur le moment, moi, j'étais juste concentré, en fait, à donner mon meilleur.
03:55Et comme je l'ai dit, j'étais tellement focus sur la médaille d'or.
03:59Je savais que je devais passer par là, en fait, pour remettre l'équipe sur de bons rails.
04:03Et encore une fois, même en milieu de course, la médaille n'était pas encore faite.
04:08Mais ouais, je n'ai même pas cherché à réfléchir, à essayer de gérer mon effort, en fait.
04:14Je suis parti à une allure, j'ai essayé de la garder tout le long.
04:17À fond.
04:17Et même le moment, dans le deuxième tour, où je me retrouve avec d'autres athlètes,
04:22d'autres nations, je n'ai pas cherché à rester dans les skis pour récupérer.
04:25Je me suis dit, en fait, il faut y aller, il faut engager.
04:28C'est les Jeux et c'est un état d'esprit, parfois, qui est compliqué à trouver aux Jeux Olympiques.
04:33Rester soi-même, avoir du naturel, alors que c'est les courses les plus importantes d'une carrière.
04:37Et c'est vraiment ma fierté sur cette quinzaine, c'est que je ne me suis pas trahi.
04:40En fait, j'étais moi-même.
04:42Les Français ont énormément suivi les JO.
04:45Est-ce que vous l'avez senti, cette médiatisation, cette starification dans le biathlon ?
04:49Oui, c'est vrai que ça fait quelques années maintenant que le biathlon est suivi par de plus en plus
04:52de personnes.
04:55Il y a eu l'effet Martin Fourcade.
04:56Et derrière, c'était quand même la question de savoir,
04:58est-ce que les gens vont continuer à se passionner pour ce sport sans le grand champion qu'il était
05:02?
05:02Et finalement, on voit que oui.
05:04Je pense qu'avant, le biathlon, c'était Martin Fourcade.
05:06Aujourd'hui, c'est l'équipe de France de biathlon qui rayonne.
05:09On a des personnes qui sont capables de jouer des classements généraux,
05:12d'autres vraiment d'être très forts sur certaines courses.
05:15Et en tant qu'équipe, on a vraiment brillé.
05:19Et oui, on le ressent, l'évolution.
05:21Je me rends compte maintenant, même ici sur Paris,
05:24que de plus en plus de personnes nous...
05:25On fait des selfies.
05:26Oui, on fait des selfies.
05:27De plus en plus de personnes nous reconnaissent.
05:29Mais je pense que c'est un sport qui amène tellement...
05:31Enfin ?
05:33Enfin.
05:33Enfin, après, on reste un sport d'hiver.
05:35Je pense qu'on ne sera jamais à la hauteur d'un sport estival.
05:39Et tant mieux aussi.
05:40Je pense que c'est à notre échelle, en fait.
05:42On reste des athlètes qui viennent tous de milieux ruraux,
05:46du monde de la montagne.
05:47Bon, il y a tous les clichés sur le milieu de la montagne.
05:49Mais je pense qu'ils sont assez vrais, en tout cas dans notre milieu.
05:52Il y a quand même une sorte d'entre-soi qui est aussi une limite,
05:55mais qui nous amène aussi à garder les pieds sur terre
05:57et à rester les personnes qu'on est.
06:00Et je pense que c'est pour ça aussi que les personnes aiment suivre notre sport.
06:04Parce que finalement, on reste plutôt simple.
06:06Il y a un signe qui montre que vous devenez des stars.
06:10Regardez, c'est quand il y a une marque fait, une collab.
06:12Et là, Lacoste en a fait une cet hiver.
06:17Cortina 1956 est revue au goût du jour.
06:20Et remis au goût du jour.
06:21La marque a créé la collection Héritage,
06:23qui rend hommage à la station Cortina d'Empètes.
06:25Et c'est absolument canon.
06:26Là, j'ai juste le polo, parce que c'est le printemps
06:28et qui l'est censé commencer à faire beau.
06:30Mais il fait encore froid.
06:32Et vous pouvez regarder, il y a des petits pulls.
06:34Et il y a une doudoune turquoise qui est absolument sublime.
06:38Vous pouvez aller vous faire plaisir.
06:39C'est encore à la vente.
06:40Émilien Benjamin Bonnet a eu la lourde tâche de faire votre rétro.
06:44C'est par là que ça se passe.
06:45Parti.
06:49Émilien Jacquelin, le Lucky Luke français,
06:51est né en 1995 à Grenoble.
06:53Vous savez, ce champion du biathlon
06:55a failli embrasser une autre carrière.
06:56Oui, déjà parce que, quand il était petit,
06:59Émilien était un piètre tireur
07:01et surtout parce qu'il était dingue de vélo.
07:03Marco Pantani ?
07:04Vincenzo Nibali ou encore Thibaut Pinot
07:06recouvrait ses murs et lui servait d'exemple.
07:08Enfin, Pantani avec parcimonie.
07:11Quand on connaît ses histoires de dopage, prison, tout ça.
07:14Mais à l'époque, Émilien rêve d'une chose,
07:16faire le tour de France avec le maillot jaune.
07:18J'ai fait sauter les normes, j'ai rien !
07:20Une passion presque génétique
07:22quand on sait que l'un de ses enceintes,
07:23Edmond Jacquelin, était champion du monde sur piste en 1900.
07:26Alors, été vélo, hiver, skit fond.
07:28Voilà comment se passe son enfance.
07:30Jusqu'à ses 10 ans, où il gagne
07:32une course de renommée internationale de VTT.
07:34Le Rock d'Azur.
07:36Qui l'envoie en sport, études, cyclisme,
07:38à Grenoble avec un certain...
07:40Nons Peters.
07:41Pas mal !
07:42On sent que tout peut basculer pour la vie d'Émilien.
07:44Tel le tour de France en 1998,
07:46après l'attaque dans les deux Alpes de Marco Pantani.
07:48Mais sa bascule à lui,
07:50mettra fin à ses rêves de carrière.
07:51La faute à une mononucléose.
07:54Et ce qui aura pu être un coup d'arrêt
07:55devient finalement une chance.
07:57Il revient à son autre passion,
07:59le skit fond.
08:00Champion de France à 15 ans,
08:01Émilien découvre le biathlon grâce à ses frères.
08:04Mais toujours piètre tireur.
08:05Alors, nouveau défi, inverser la tendance.
08:08Et on peut dire que ça a marché.
08:09Comment ?
08:10En transposant ses qualités de coureur sur les skis.
08:12Et la progression est fulgurante chez les juniors.
08:14Bronze en individuel en 2014.
08:16Bronze en relais en 2015.
08:17Argent en poursuite en 2016.
08:19Il rentre dans l'élite en 2017
08:20et participe aux Jeux Olympiques pour la première fois un an plus tard.
08:23Puis arrive 2020.
08:24Émilien Jacquelin remporte l'or en poursuite.
08:27En battant, jeunesse beau au sprint.
08:29Et derrière, en relais.
08:30Bronze en relais mix.
08:32Bronle en mastarte.
08:33Et le petit globe de cristal de la poursuite.
08:352022.
08:36Jeux de Pékin, médaille d'argent en relais.
08:38Et relais mix.
08:39Et ça continue.
08:40Il y a plein de médailles chez Émilien, ce petit coquin.
08:42Dont les dernières cette année au Jeux de Milan-Cortina.
08:45Bronze en poursuite.
08:46Et grand artisan de l'or en relais.
08:49Voilà.
08:49Avec tout ça, on se dit qu'Émilien n'a pas le temps pour autre chose.
08:53Et bien si !
08:54Il est passionné de photographie.
08:55Et il est aussi décoré de la Légion d'honneur.
08:57Alors, Émilien, avec tout ça, on doit se poser une question.
09:01C'est quoi aujourd'hui votre ambition ultime ?
09:03Dans le sport, hein ?
09:04Mais aussi dans la vie privée.
09:08Alors.
09:09Alors, c'est quoi votre ambition ultime ?
09:11À court terme, on va dire ?
09:13Je pense à court terme, c'est...
09:14J'ai retrouvé vraiment l'amour de mon sport.
09:17L'amour de le faire comme j'ai envie de le faire.
09:20Et j'ai envie de continuer, en tout cas, dans le haut niveau de cette manière-là.
09:24Oh ! Vous annoncez que vous continuez !
09:26J'allais vous poser la question !
09:29En tout cas, les...
09:30Juste où ?
09:31Alors, comment dire ?
09:33On prend une saison.
09:34Je vois plus à long terme, c'est-à-dire les Jeux de 2030, ils me font rêver.
09:39Certes, il y a ces deux médailles qui sont magnifiques,
09:42mais je pense être passé à côté de l'or plusieurs fois cette année.
09:46Et en tout cas, les courses en France, lorsqu'il y a des Coupes du Monde en France,
09:50ça m'a toujours très bien réussi.
09:51C'est peut-être l'endroit où j'ai fait le plus de podiums dans ma carrière.
09:54Donc, j'ai vraiment envie d'essayer d'aller chercher l'or olympique.
09:57Après, je sais que c'est quatre ans de ma vie,
09:59c'est beaucoup de sacrifices et d'engagement mis au quotidien.
10:03Une préparation d'un biathlète, une saison, c'est 11 mois sur 12.
10:07Donc, je sais où je veux être dans quatre ans.
10:10Par contre, le chemin que je vais prendre pour être présent au top dans quatre ans,
10:16peut-être qu'il y aura d'autres choix, d'autres projets, d'autres envies, en tout cas,
10:20mais toujours dans le haut niveau.
10:22Mais avec comme point d'orgue les Jeux de 2030.
10:25Les Alpes.
10:26Les Alpes de 2030.
10:27Allez, tout de suite, le sport, j'adore.
10:29J'adore, j'adore, j'adore, j'adore.
10:33La saison se termine avec la Coupe du Monde et vous finissez cinquième.
10:38C'est pas mal, vous êtes frustré.
10:39C'est quoi votre ressenti ?
10:41C'est pas mal.
10:42En soi, cinquième au classement général, c'est pas mal, c'est bien.
10:45Après, c'est vrai qu'il y a toujours eu beaucoup d'attentes, je pense, derrière mes qualités.
10:51Beaucoup de personnes attendaient, après Martin Fourcade, que je prenne la suite.
10:55Finalement, ça n'allait pas avec mes envies et mes qualités.
10:59Et aujourd'hui, il y a Éric Perrault qui a gagné le classement général.
11:02Donc, tant mieux pour lui, très content.
11:04Et tant mieux, la France a trouvé quelqu'un qui succède à Martin Fourcade.
11:12On fait un petit clin d'œil à Lou Jean Monod aussi.
11:14Et à Lou Jean Monod, bien sûr.
11:15On n'oublie pas les filles.
11:16On n'oublie pas les filles.
11:17Elle a été brillante cette année.
11:19Ça fait deux années qu'elle tournait autour.
11:21Ensemble, voilà, ils poussent le biathlon français.
11:23Ils sont dans cette continuité d'athlètes incroyables qui gagnaient des classements généraux.
11:28Après, pour ma part, cinquième, c'est bien.
11:30Mais comme je le disais, il y a tellement de personnes qui, malgré quand même de la consistance,
11:35vu que je finis cinquième, qui pensent que je suis irrégulier.
11:38J'aime bien dire que je suis plus régulier des irréguliers.
11:41Alors, ce n'est pas si mal.
11:42Alors, c'est vrai qu'on peut noter que vous avez eu un petit couac au tir, une balle en
11:47trop sur le relais.
11:48Mais alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
11:49À quoi c'est dû ?
11:50Et est-ce que ça vous était déjà arrivé ?
11:53Je crois que je les ai toutes faites dans ma carrière.
11:55Donc, celle-ci ne m'était jamais arrivée.
11:57Je pense que là, je les ai vraiment toutes faites.
12:00Ça m'est déjà arrivé de tirer que deux balles de pioche au lieu de trois.
12:04Et là, j'en ai tiré quatre au lieu de trois.
12:05Et je pense, sincèrement, parfois, je suis tellement concentré sur le fait de tirer
12:10que j'en oublie réellement de compter le nombre de balles de pioche.
12:14Et tour de riz.
12:15Mais j'oublie pas mal de choses dans la vie.
12:17Je perds souvent des objets et tout.
12:18Et heureusement que les copains de l'équipe, les coachs, ils sont là derrière moi.
12:22Parce que le soir, chaque fois, on me ramène des trucs.
12:24Mais voilà, quand on s'est sur une course, ça passe moins bien.
12:27Mais d'ailleurs, pour rester sur le tir, vous êtes quand même l'athlète en biathlon le plus atypique.
12:33Vous tirez très, très vite.
12:35Pourquoi ?
12:35Pourquoi vous êtes si rapide ?
12:37Est-ce que vous faites pareil à l'entraînement ?
12:39Alors oui, justement.
12:40En fait, je le fais tellement à l'entraînement que c'est quelque chose qui m'est naturel.
12:43Le plus compliqué en course, ce n'est pas de bien tirer.
12:46C'est de rester soi-même.
12:47Rester sur des choses qu'on est capable de faire.
12:49Moi, c'est un tir très engagé.
12:51Ça ne sort pas de nulle part.
12:52C'est quelque chose que je fais depuis mes 16 ans.
12:55Après, c'est sûr qu'aux yeux du grand public, mais même aux yeux de mes coachs,
12:58parfois, c'est vraiment engagé.
13:00Mais moi, quand je suis derrière ma carabie, c'est ma zone de confort, en fait.
13:04Et c'est plus facile pour moi d'engager des tirs
13:06que d'être dans une sorte de réflexion ou une sorte de retenue
13:10qui m'amènerait à rater soit tout autant de balles,
13:13soit plus.
13:14Et ça, c'est quelque chose qui est toujours difficile à faire comprendre,
13:17surtout dans un sport qui est aujourd'hui regardé
13:18par plus d'un million de téléspectateurs chaque jour,
13:21mais qui est pratiqué par peut-être 100 personnes.
13:24Donc, la plupart des personnes qui suivent ne comprennent pas
13:27pourquoi je fais ça, mais c'est ma manière de faire.
13:29Vous avez une vision exceptionnelle, peut-être ?
13:31Je ne suis même pas sûr.
13:32Je crois que j'ai 30 ans et je perds un peu de ce côté-là.
13:34Aïe, aïe, aïe.
13:36On va quand même parler de votre meilleur ennemi, les grids.
13:39Oula, oui.
13:40Je crois que c'est officiel.
13:42Non, vous êtes quand même pote avec lui.
13:44Vous êtes quand même bien chambré.
13:46Oula, oui, oui, on s'est bien chambré.
13:48Mais c'était volontaire ou pas ?
13:50Non.
13:50Alors, il a eu le culot après le sprint des Jeux olympiques.
13:54Je finis quatrième.
13:55Et il finit troisième, deux dixièmes devant moi.
13:59Il s'est demandé si je m'étais arrêté de faire des high-fives à tout le monde bord de
14:02piste.
14:03Parce que c'est vrai que je suis sorti en tête et pour finir quatrième.
14:07Et moi, je sortais d'un câlin avec mon coach Simon Fourcade.
14:11C'est un câlin émouvant, bien sûr.
14:13Et une télé norvégienne me demande si j'ai quelque chose à dire par rapport à ça.
14:17Et dans un anglais approximatif, j'ai eu les mots les plus simples qui me sont sortis de la tête.
14:23Redites-les pour nous faire plaisir et nous faire rigoler.
14:25En anglais, c'était « I will fuck him ».
14:27Donc voilà.
14:27Alors après, en français, ça se traduit bien.
14:31Mais non, le soir même, on s'est vus.
14:32Il était un peu gêné parce qu'il avait vu ma sortie.
14:34Et il s'est excusé.
14:35Et je lui ai dit qu'il n'y avait aucun souci parce que c'était une réaction à chaud.
14:38Et derrière, voilà, je pense que c'est le jeu un petit peu.
14:41C'est vrai que ce genre de choses arrivent rarement dans le biathlon.
14:45Mais il s'est bien…
14:46Mais c'est bien, ça popularise, ça le rend chaleureux.
14:49Oui, carrément.
14:50Et puis derrière, il s'est bien vengé parce que sur mes quatre derniers podiums, c'est lui qui finit
14:54tout le temps devant moi.
14:55Donc bravo à lui.
14:56Oui, bravo à lui.
14:57Le matériel français a été reconnu comme le plus performant.
15:02Est-ce que vous êtes exigeant, un petit peu comme les pilotes de Formule 1 ?
15:04Est-ce que vous allez dire aux spécialistes que les skis, il y a un truc qui ne va pas,
15:08qui pourrait être amélioré ?
15:10Oui, énormément.
15:11Il y a un gros travail qui est fait avec les techniciens de l'équipe de France.
15:14Ils sont au nombre de 7.
15:15C'est ceux qui vont tester nos skis, les choisir.
15:18Parce que chaque athlète a environ 25 paires de skis avant une course.
15:21On va trouver déjà le meilleur ski, celui qui va mieux correspondre au type de neige.
15:25Et derrière, ils vont appliquer un phare.
15:27Donc en gros, c'est une sorte de produit qu'on vient appliquer sur la semelle.
15:31Et selon les neiges, le but, c'est que le ski aille le plus vite possible.
15:34Et ils ont été parfaits sur ces Jeux Olympiques.
15:37Malheureusement, c'est un métier ingrat parce qu'on en parle souvent quand ça ne marche pas.
15:41Parce que ça se voit vraiment à la télé quand les skis ne fonctionnent pas.
15:44Et là, on peut vraiment les saluer parce qu'ils sont partie intégrante de la perf.
15:49Mais oui, pas autant poussé que la F1.
15:52Mais je sais que sur mon matériel, j'essaie d'être précis,
15:56de faire énormément de retours à mon équipementier aussi de ski, une marque norvégienne.
16:02Le but, c'est de trouver un ski qui correspond mieux à mes capacités, à mes qualités.
16:07Il y a la glisse, mais il y a aussi le comportement du ski.
16:09Et ça, c'est quelque chose qui est important pour aller vite.
16:11Est-ce que vous avez suivi les Jeux Paralympiques ?
16:14Oui.
16:15Bon, 13 Français en liste, 4 ors, 4 argent, 4 bronzes.
16:19C'est bravo à eux.
16:20Oui, bravo à eux.
16:21Bravo à eux.
16:22C'était cool à suivre.
16:24J'ai vraiment essayé parce qu'on a une des kinés de l'équipe qui a été dans leur staff
16:28auparavant.
16:28Donc, vraiment comprendre tout ce qui était au niveau des pourcentages, vous savez,
16:34par rapport aux performances, les temps qui ne sont pas décomptés de la même manière.
16:38Mais j'en connais quelques-uns d'ailleurs et franchement, c'est respect à eux.
16:42Et c'était cool à suivre.
16:43Il y a eu des belles émotions.
16:44On a entendu un petit coup de sifflet.
16:46C'est parce qu'on passe en version récré.
16:48Et comme vous aimez Marco Pantani, je me suis dit, faisons un quiz.
16:51Est-ce qu'il le connaît bien ?
16:52Parfois.
16:53Je vous pose des questions.
16:53On va voir.
16:54Combien de questions ?
16:55Il y en a 5 ou 6, je ne sais pas.
16:566 sur 6, obligé.
16:576 sur 6.
16:58Quel est son surnom ?
16:59Ça commence facile.
17:00Il Pirata ou l'Elefantino.
17:02Il en a plusieurs.
17:031994, il court son premier Tour de France.
17:05Il finit à quelle place ?
17:073e.
17:083e, bravo, c'est ça.
17:09Il détient le record de l'ascension des Alpes-du-Aise.
17:11Est-ce que vous avez son temps ?
17:13Vous pouvez vous tromper un petit peu.
17:15Je ne sais plus si ce n'est pas 36, 47 ?
17:17Oui, nous, 40, 40, 40.
17:1940, c'est pas mal quand même.
17:20Et c'était en quelle année ?
17:22C'était en 97.
17:2395.
17:24Ah non, 95.
17:2495 juste après le Tour de France.
17:26En 1998, il remporte deux courses mythiques.
17:29Lesquelles ?
17:29Le Tour d'Italie et le Tour de France.
17:31Oui, on passe sur 99 parce que c'est une année qui n'a pas été très agréable pour lui.
17:36Il est devenu une légende, une statue à son effigie, trône dans sa ville natale.
17:39C'est quelle ville ?
17:39Chez Enatico.
17:40Bravo.
17:41Une chanson lui est dédiée.
17:42Elle a été écrite par qui ?
17:43Les Vents Passent.
17:44Oui, c'est un groupe de rock français.
17:46Eh oui.
17:47Une phrase qu'ils disent à l'intérieur, un jour avec tous les pirates, tu reviendras à crier vengeance.
17:53Alors, la dernière question, c'est vraiment que votre avis ? Est-ce que vous pensez que la mafia est
17:57derrière son décès ?
17:59C'est que votre avis, je ne veux pas.
18:01Que vous pourrez balader en gilet pare-balles.
18:05Réponse de politique.
18:06En tout cas, il y a beaucoup de zones d'ombre derrière cette histoire.
18:10Beaucoup de personnes qui ont parlé suite à son décès.
18:13Et je pense que ça a rajouté, en tout cas pour les Italiens, une part de mythe, de mystère derrière
18:18lui.
18:18Parce qu'en fait, on ne sait pas forcément ce qui s'est passé.
18:21Il y a beaucoup de livres aussi, dont celui de Philippe Brunet, Le vie est mort de Marco Pantani, qui
18:26est vachement intéressant,
18:27où il retrace ses dernières heures.
18:30Et en fait, il y a des moments où on ne sait vraiment pas ce qui s'est passé.
18:32On se rend compte que la chambre d'hôtel, soi-disant, était fermée.
18:35Finalement, elle ne l'était pas.
18:36Donc en fait, quelqu'un aurait pu rentrer dans la chambre.
18:39Il y a énormément de choses à dire sur cette histoire.
18:42On pourra en refaire une émission spéciale.
18:45Mais en tout cas, il y a des zones d'ombre.
18:49Et c'est triste, en tout cas pour la famille, je dirais plutôt, de ne pas savoir réellement s'il
18:54y a quelque chose d'autre.
18:54Vous nous parlez de l'histoire de la petite boucle ?
18:58Est-ce que ça a été votre porte-bonheur sur CGO ?
19:01En tout cas, je n'avais pas envie de m'en servir comme porte-bonheur.
19:05L'objectif, c'était vraiment de lui rendre hommage.
19:08Je l'ai ressenti comme ça.
19:09Je cours à l'émotion et j'ai ressenti cette volonté-là.
19:14Et grâce à un ami de la famille, Sergio, qui a demandé à la maman de Marco si c'était
19:18possible de rendre cet hommage-là.
19:20Au début, elle était plutôt sceptique parce que beaucoup de personnes s'intéressent encore à la famille Pantani,
19:26essayent de voler un petit peu encore ce qu'il leur reste.
19:31Et en fait, elle a compris que non, non, j'étais vraiment un fan.
19:35Elle ne connaissait pas le biathlon, donc elle était intriguée.
19:38Je pense qu'au début, elle était un peu sceptique.
19:41Et finalement, quand elle a vu le retour de tous les journaux italiens et aussi de la presse étrangère,
19:47qui finalement, ça a permis de faire parler de son fils d'une manière positive.
19:52Beaucoup de médias qui ne parlent jamais de biathlon ont finalement parlé de biathlon,
19:57mais pas pour dire « Emilien Jacquelin va courir avec la boucle d'oreille de Marco Pantani »,
20:01mais c'était vraiment « Marco Pantani est sur les Jeux de Milan ».
20:03Et sur les Jeux, grâce à Emilien Jacquelin.
20:05Oui, et moi, ça m'a fait plaisir parce que c'est quelqu'un qui m'a…
20:09J'ai regardé, je connais toute sa vie, j'ai regardé tellement de vidéos sur sa carrière.
20:17Ça m'a façonné en tant qu'athlète sur ma manière de courir,
20:20qui est totalement différente de l'ensemble des biathlètes.
20:24Et de courir en Italie, c'était le meilleur moyen de rendre hommage à cet aspect-là de sa carrière.
20:30Vous l'avez associé à vous, c'est beau.
20:32Comme vous êtes en vacances, j'ai pensé que vous allez avoir besoin de livres.
20:37Alors là, vous n'allez pas décrocher du ski.
20:39La haute école de Yves Ballu et Gilles Chapaz, 80 chapitres,
20:4280 ans de passion et de transmission.
20:44L'École nationale de ski et d'alpinisme livre ses secrets.
20:47L'alpinisme, vous en faites un peu ?
20:49Non, j'ai un peu peur en montagne.
20:51C'est quand même un peu ballot, Emilien.
20:54Même si j'habite en montagne, l'alpinisme, c'est quelque chose d'autre.
20:57Et je n'ai pas assez de connaissances encore vraiment sur la neige.
21:00Ça, vous allez adorer.
21:02Le livre officiel du Tour de France de 2025, le quatrième sacre de Pocahachar
21:06et celui de Pauline Ferrand-Prévost après l'Eurolympique.
21:09Vous allez vous régaler ?
21:10Très sympa, ça.
21:10Vous allez réviser vos bases.
21:12Fausto Coppi, le coureur qui a inventé le cyclisme moderne,
21:15le mythe illustré, écrit en collaboration avec Faustino, son fils.
21:19De très belles photos, des documents inédits à l'intérieur, là aussi.
21:22Vous allez vous régaler.
21:24Très belle histoire aussi, avec une fin un peu tragique, Fausto Coppi.
21:27C'est ce que vous aimez ?
21:28Oui, c'est un peu dans le romantisme à l'italien, on va dire.
21:32Et enfin, puisque vous êtes en vacances, je vous propose des destinations extraordinaires
21:36choisies par Denis Brognard.
21:37Mes photos au bout du monde, 20 ans de continent immortalisé avec son objectif.
21:41Eh bien, sachez que grâce à Denis Brognard, on découvre que le monde est rempli d'humanité.
21:46Je découvre qu'il fait de la photo aussi.
21:47On en doutait un petit peu en ce moment.
21:50Le biathlon, mais pas que.
21:52Vous avez d'autres passions, on en parle.
21:58Alors, vous avez arrêté le ski pour faire du vélo.
22:01On en a parlé tout à l'heure.
22:02Vous avez adoré Marco Pantani.
22:04Vous avez déjà fait une étape du Tour de France ?
22:08J'ai fait l'étape du Tour, la cyclo-sportive.
22:11Et après, j'ai pu faire en voiture une étape du Tour de France.
22:15Oui, le Galibier, l'Alpe d'Huez, les plus grands.
22:17Donc, ça bouge ?
22:19Oui, ça bouge plutôt.
22:20Vous n'avez pas eu envie de vomir, ça va ?
22:21Oui, on écrase un peu des pieds aussi en voiture.
22:23On ne va pas se mentir.
22:25Juliane Alaphilippe, c'est le coureur que vous suivez, que vous aimez ?
22:28Oui, en tout cas, dans le peloton actuel, c'est celui qui me fait rêver encore aujourd'hui.
22:34On a eu des titres mondiaux au même moment, en 2020, en 2021.
22:40Derrière, il a eu un peu plus de mal.
22:42Et en même temps, pour moi aussi, c'était plus compliqué.
22:44Et je pense qu'on a le même ADN, la même vision du sport.
22:47Donc, je ne l'ai jamais rencontré, mais c'est quelqu'un qui, pour moi,
22:52en tout cas, je me reconnais en sa vision du sport.
22:56Est-ce que vous avez une idée de Paul Sexas, de ce qu'il peut devenir ?
23:01Est-ce que, grâce à ce jeune, parce qu'il a 22 ans, je crois, 22 ans et 30 ?
23:0519 même.
23:0619 ? Ah, voilà, encore plus jeune.
23:08Est-ce qu'on peut dire que c'est le prochain qui, éventuellement, peut gagner un Tour de France ?
23:13Moi, je n'aime pas lui mettre la pression, parce qu'on en parle énormément.
23:17On ne va pas lui dire.
23:18Bien sûr, mais oui, il a tout pour.
23:20Quand on voit déjà ce qu'il est capable de faire dernièrement sur les Straday Bianchi,
23:24une course de début de saison où il est à 20 mètres seulement de tenir la roue de Pogacar
23:29à la bascule d'un col, ça montre ses qualités.
23:32Il est en train de passer tous les niveaux plus vite que ses illustres prédécesseurs,
23:39dont Pogacar.
23:40Donc oui, il a les capacités.
23:41Je pense qu'il est super bien entouré dans l'équipe Décathlon CMA-CGM.
23:46Donc je pense qu'il a les moyens.
23:48Déjà, il a un beau sponsor.
23:49Il a un beau sponsor, une belle équipe.
23:52Et puis, après, un Français pour le Tour de France, c'est énorme.
23:55Je pense que tout le monde attend ça depuis tellement d'années.
23:58Mais il a l'air d'être quelqu'un de très posé, très calme, très mature pour son âge.
24:03Donc finalement, oui, il a vraiment tout pour réussir.
24:06On va le suivre avec intérêt.
24:07Vous êtes un sportif qui a osé dire « je ne vais pas bien, je break ».
24:10C'est en 2022, vous remportez deux médailles d'argent aux Jeux de Pékin.
24:14Vous êtes champion du monde aussi 2020-2021.
24:16Et pourtant, c'est le désarroi qui s'empare de vous.
24:19Quand est-ce que vous avez compris que vous alliez flancher ?
24:21Je pense que je l'avais compris déjà aux Jeux olympiques de 2022.
24:24Avant de les débuter.
24:25C'est ça.
24:26J'y allais presque à reculons.
24:28Je me voyais déjà en vacances ou sur un vélo au lieu de penser à faire des médailles olympiques.
24:34Donc c'était déjà un mauvais présage.
24:36Je reviens quand même avec deux médailles.
24:38J'ai donné mon maximum sur toutes les courses.
24:40Je finis deux fois neuvième du sprint, de la poursuite.
24:43Ce n'étaient pas des mauvais Jeux olympiques.
24:45Mais l'énergie que j'avais à ce moment-là, comment je ressentais les choses, me disait que ça n
24:52'allait pas.
24:53Et je me rappelle de Yohann Esbeu qui avait fait une pause juste après ces Jeux olympiques.
24:57Et on s'était écrit.
24:58Je lui avais dit que je l'enviais tout simplement.
25:00J'avais envie de faire la même chose.
25:01Et en fait, ça n'a fait que retarder l'échéance.
25:03Et l'année d'après, j'étais performant.
25:06J'avais fait des podiums sur le mois de décembre en Coupe du Monde.
25:09J'étais troisième du classement général.
25:11Mais en fait, je ressentais qu'il n'y avait plus d'envie, il n'y avait plus d'âme.
25:14Je ne me reconnaissais plus dans mon sport.
25:16Je ne le faisais plus comme j'avais envie de le faire.
25:19Et je pense que toute carrière, même si on est performant, il faut le faire en étant intègre avec soi
25:25-même, en se sentant bien.
25:27Et moi, ce n'était pas mon cas.
25:28Et je n'avais pas envie de devenir aigri de mon sport ou de continuer juste pour continuer.
25:31Et la pause, finalement, elle s'est avérée positive.
25:34Qu'est-ce que vous avez fait pendant cette pause ?
25:36Eh bien, vous voyez, tout se regroupe.
25:38Une des premières choses que j'ai faites, c'est que je suis allé à Cesenatico,
25:42voir le musée Pantani, le cimetière où il reste aujourd'hui.
25:47Et en fait, c'était une sorte de pèlerinage pour moi.
25:50De revenir un peu à la base du pourquoi je fais du sport.
25:53Celui qui m'a donné envie de faire du cyclisme et du biathlon comme je le fais.
25:58Et ça attaquait par là, on va dire, ma remise à pied.
26:01Après, je suis allé sur Florence, je suis allé voir les Stradet Bianchais
26:05avec l'équipe Décathlon qui était à G2R à l'époque.
26:09Et voilà, de retrouver du sport plaisir, de retrouver mon œil d'enfant,
26:13de regarder du vélo, d'aller voir, d'être sur les pas de mon idole,
26:17ça m'a aidé déjà, premièrement, à me sentir mieux.
26:20Je suis allé en vacances à New York, je fais des musées,
26:23j'ai fait mille trucs de la photo.
26:25Et je me rappelle revenir de ces vacances dans l'avion
26:28et mon YouTube me proposait une vidéo de biathlon.
26:31Et j'ai cliqué dessus.
26:32Et c'est là que vous vous êtes dit, il faut que je retourne ?
26:34Et en fait, j'ai ressenti ce truc, dire, ouais, j'aime ça quand même.
26:37J'aime ça.
26:38Et là, je me suis dit, ok, c'est déjà un pas.
26:40Je vais prendre mon temps quand même.
26:42J'ai pris mon temps avant de vraiment revenir.
26:44Et le fait d'avoir fait justement ce burn-out et d'être tombé,
26:47qu'est-ce que ça vous a apporté à maintenant, par exemple ?
26:50Je pense que ça m'a appris à mieux me connaître, premièrement.
26:54Malheureusement, en tant que sportif de haut niveau,
26:56des fois, on met tellement d'énergie dans un seul domaine de notre vie,
26:59on en oublie réellement qui on est.
27:01On ne sait pas forcément, hormis le sport,
27:03quels sont nos autres repères.
27:06Et cette pause-là m'a en fait permis de montrer
27:08que j'avais d'autres cordes à mon arc,
27:10qu'il y avait d'autres choses que j'aimais dans la vie,
27:12que j'étais heureux, même loin des pas de tir et des pistes de ski.
27:15Et juste ça, en fait, ça a fait que j'étais quelqu'un de plus équilibré, en fait.
27:20Et ça m'a permis, derrière, de retourner à mon sport.
27:23Premièrement, prendre du plaisir,
27:25même si les résultats n'étaient pas présents au début.
27:27Et puis, petit à petit, de refaçonner ma manière de courir.
27:30Et c'était ça le plus dur, finalement.
27:31Ce n'était pas temps de revenir,
27:33mais c'était de retrouver mon instinct
27:36et oser remettre ça en place, en fait.
27:38Là, vous êtes bien.
27:39Là, je suis bien.
27:40Très bien.
27:40On a encore entendu un petit sifflet.
27:42On va passer en secret story.
27:43J'ai cherché un petit peu des informations,
27:45un petit peu auprès de vos copains.
27:48Et c'est l'heure de dévoiler vos petits secrets.
27:49Vous faites de nombreux déplacements.
27:51Ce que vous aimez,
27:52lorsque vous êtes dans une ville que vous ne connaissez pas,
27:54c'est visiter les musées.
27:55Alors, à part celui de Pantani,
27:56dont vous nous avez parlé,
27:57est-ce que vous pouvez nous en citer un ?
28:02Quand j'étais allé à New York,
28:04au musée Guggenheim,
28:05il y avait une expo qui reprenait la vie de Kandinsky.
28:08Donc, il y avait beaucoup de tableaux
28:10qui avaient été repris de d'autres musées.
28:12Et en fait, Guggenheim,
28:13on descend et on suit la vie d'un artiste.
28:15Et c'était vraiment cool de voir son évolution.
28:18Et en plus, ce qu'il fait,
28:20je ne sais pas, ça me parle beaucoup.
28:21Je trouve ça vraiment cool.
28:23Grâce à votre talent de photographe,
28:24vous avez fait une expo photo à Paris.
28:26Alors, vous en avez vendu
28:27ou c'était pour vous faire connaître ?
28:29Non, je suis arrivé à l'équilibre.
28:31Donc, ça, magnifique.
28:32J'ai réussi à être dans le positif.
28:33Donc, truc de fou.
28:34On en regarde un petit peu quelques-unes qui défilent.
28:37Oui, c'était top
28:39parce que ça m'a permis de sortir de ma zone de confort.
28:42Je continue, mais j'ai un rapport
28:43où j'ai vraiment fait de la photo à un moment donné
28:46quand ça n'allait pas
28:46parce que je trouvais que c'était mon moyen d'expression
28:48quand le sport ne l'était plus.
28:50Et aujourd'hui, presque tant mieux que je n'en fasse pas.
28:52Ça veut dire que tout va bien.
28:53Ça veut dire que tout va bien.
28:54Ça veut dire que la couleur dans votre vie.
28:56C'est ça.
28:57Mes grosses sorties de ma zone de confort
28:59et on voit la plupart des photos,
29:00quand même, il y a beaucoup de solitude qui ressort.
29:03Elles sont très belles.
29:03Oui, c'est vrai.
29:04Mais c'était ce que je ressentais à ce moment-là,
29:06tout simplement.
29:07Non, mais c'était beau.
29:08Là, ça va mieux.
29:09Et on le sait comment.
29:10Grâce à votre cuisine, elle est simple
29:12et vous faites très bien les quiches et les pizzas.
29:14Vous avez investi pour vos 30 ans
29:16dans un four à pizza.
29:17Alors, dites-nous vite, c'est laquelle la meilleure ?
29:21C'est quoi pour vous une vraie pizza ?
29:23La vraie pizza, c'est quoi ?
29:24Une bonne pâte, évidemment.
29:25Mais vous mettez quoi dessus ?
29:26Il y a une pizzeria sur Villars de Lens.
29:28Des Italiens qui se sont installés il n'y a pas longtemps.
29:30Ils ont fait une pizza, mon nom, après les Jeux.
29:32Et je crois que c'est base blanche,
29:34mozza,
29:37pistache,
29:37éclat de pistache.
29:38Et après, une sorte de jambon
29:40qui vient de l'Italie.
29:41Franchement, c'est pas mal.
29:42Ça, c'est la Emilien Jacquelin ?
29:43Oui, elle me pourrait se prendre bien.
29:44Est-ce qu'on peut la déguster, donner du coup ?
29:45Eh bien, sur Villars de Lens,
29:47pizza typico,
29:48venez et...
29:49Allez, je vous en offre une, si vous voulez.
29:51Mais vous,
29:52vous, celle que vous faites, c'est quoi ?
29:54Une base ?
29:54La basilique ?
29:55Un chouard fromage ?
29:56Non, non, ça sera sauce tomate.
29:58Franchement, une margarita.
29:59C'est simple.
29:59Allez, la base classique.
30:00On dit que c'est comme ça
30:01qu'on voit si t'es un bon pizzaïolo.
30:03Emilien, c'est déjà la fin de l'émission.
30:05Je sens qu'en 2030,
30:06vous allez revenir nous voir,
30:08voire peut-être même avant
30:09si vous faites des belles Coupes du Monde.
30:11Merci d'être venu nous voir.
30:13La semaine prochaine, à votre place,
30:14il y aura Gérard Junion
30:15qui vient présenter son dernier film.
30:19Passez un bon week-end
30:20sur les antennes de BeinSport.
30:22Salut tout le monde.
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