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  • il y a 2 jours
Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, était l'invité du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce vendredi 27 mars 2026

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Transcription
00:00Bonjour Jean-Yves Le Drian, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:03Vous êtes bien sûr l'ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de la Défense
00:07et vous êtes le représentant personnel du Président de la République pour le Liban.
00:10Très nombreuses questions évidemment à vous poser.
00:13Les toutes dernières nouvelles de la nuit, ce sont encore 20 missiles qui se sont abattus sur Téhéran.
00:17Ce sont également des frappes iraniennes sur les pays du Golfe.
00:20Ce sont ces déclarations de Donald Trump qui laissent entendre qu'il y a des négociations en cours
00:25et qui repoussent l'ultimatum.
00:27Au moment où l'on se parle, Jean-Yves Le Drian, est-ce que vous voyez une sortie
00:30pour ce que l'on peut appeler une guerre désormais régionale ?
00:34Mais on est un peu à la croisée des chemins.
00:37Il y a quelque temps, le Président Trump disait « j'arrêterai la guerre quand je le déciderai ».
00:43Et puis il y a quelques jours, les Iraniens ont annoncé « on arrêtera la guerre quand on le décidera
00:48».
00:49Donc il s'est passé un tournant.
00:51Et le tournant, à mon avis, c'est au moment où la décision a été prise de bloquer le détroit
00:57d'Hormuz.
00:58Ce qui rend la situation beaucoup plus complexe et la sortie de crise beaucoup plus complexe.
01:02Parce que pour sortir de la crise désormais, il faut être deux, sinon trois, qui acceptent tant de monde.
01:07– Ça veut dire quoi, sinon trois ?
01:08– Ben, les Cirelles.
01:09– Et donc nous sommes un peu à la croisée des chemins.
01:13Il y a des discussions manifestement en cours.
01:15Et tout nous laisse à penser que le Président Trump, l'administration américaine, veut sortir de la crise.
01:23Mais dans le passé, et il n'y a pas si longtemps,
01:27c'est au moment des discussions que les frappes américaines et israéliennes ont commencé sur l'Iran.
01:33Et les Iraniens s'en souviennent.
01:34C'était le cas au mois de juin dernier, lorsqu'il y avait des négociations qui ont été interrompues par
01:39les frappes.
01:39– Puisqu'on a vu la guerre des 12 jours.
01:40– La guerre des 12 jours.
01:41C'était le cas aussi lorsqu'il y a eu l'intervention israélo-américaine au mois de février.
01:46Il y avait des négociations en cours.
01:48Donc on comprend que les Iraniens aient souhaité qu'il y ait une période de calme plus grand
01:57pour que la négociation ait lieu.
01:59D'où le retournement, le deuxième retournement, le deuxième volte-face du président Trump
02:05sur le fait que l'ultimatum avait déjà été repoussé.
02:11Il est de nouveau repoussé jusqu'au 6 avril.
02:14Peut-être que c'est le moment où des négociations vont avoir lieu.
02:17Mais je dis qu'on est à la croisée des chemins parce qu'il y a deux solutions.
02:20Ou bien il y a des négociations qui aboutissent.
02:24Alors pour l'instant, on va peut-être en reparler,
02:26mais il y a des désaccords profonds entre les propositions des uns et des autres.
02:30Ou bien il y a une reprise, une accentuation,
02:33parce qu'il y a un potentiel de guerre supplémentaire considérable.
02:37Si d'aventure demain, les outils au Yémen bloquent Barbel Mandel, la mer Rouge,
02:44il y a une aggravation en particulier.
02:47– Et ça c'est une carte que les Iraniens gardent dans leur manche.
02:49– Potentiellement.
02:50Mais si d'aventure les Américains décident une intervention au sol,
02:55c'est une nouvelle aggravation.
02:56Ou si d'aventure les Américains décident la mise en oeuvre de l'ultimatum
03:01qui est maintenant repoussé sur les infrastructures énergétiques,
03:05c'est une nouvelle aggravation.
03:07Donc il y a un potentiel d'aggravation considérable.
03:09Si bien qu'il faut souhaiter qu'on puisse avoir une négociation
03:13qui aboutisse à une situation plus telle.
03:14– Mais cette négociation, on négocierait quoi ?
03:17– Les 15 points que les Américains ont proposés aux Iraniens
03:23sont inacceptables tels qu'ils sont de la part des Iraniens.
03:27Bon.
03:27Et les Iraniens proposent 5 ou 6 points
03:30qui sont aussi inacceptables pour les Américains.
03:32Donc aujourd'hui c'est frontal.
03:34Ensuite, s'il y a une négociation, on voit bien les sujets lourds.
03:39Les sujets lourds, c'est l'interdiction du nucléaire militaire,
03:44l'impossibilité de produire des matières fissiles sur le territoire iranien,
03:49c'est le renoncement aux armes balistiques
03:52et aux capacités de projection de missiles balistiques sur l'extérieur.
03:56C'est aussi le renoncement au soutien des proxys sur l'ensemble de la région.
04:01Ce sont les conditions posées.
04:02Est-ce que les Iraniens sont en situation d'accepter ça ?
04:05Je ne sais pas.
04:06Mais, dans le passé, et de temps en temps il faut le rappeler,
04:10il y a eu des négociations qui ont abouti.
04:13Parce qu'en 2015, lorsqu'il y a eu les accords de Vienne,
04:17il y avait eu cet engagement des Iraniens de renoncer l'arme nucléaire.
04:22Ils étaient respectés.
04:23Jusqu'en 2018, ils étaient respectés.
04:25Ils étaient contrôlés par l'Agence internationale de l'énergie atomique.
04:29– On ne parle plus de la question du régime ?
04:31On n'en parle plus, vous le constatez comme moi.
04:34Parce que le changement de régime dans la situation que l'on connaît en Iran
04:38est extrêmement difficile.
04:39Pourquoi ?
04:40Parce que d'abord, la population a peur.
04:42Elle a d'autant plus peur qu'il y a eu des massacres
04:44qui ont été initiés par un régime qui, à ce moment-là, au mois de juin,
04:48était plus en situation de survie qu'aujourd'hui.
04:50Il est d'une certaine manière un peu plus conforté aujourd'hui
04:53par rapport au mois de juin où il y avait une forme de panier.
04:56– Sur quoi vous vous basez pour dire ça ?
04:57– Parce que là…
04:57– On se dit étonnamment, effectivement, et c'est toujours ce qui se surprend,
05:01c'est qu'un par un, quasiment tout le haut de la pyramide,
05:05de la hiérarchie du régime islamique d'Iran, ont été éliminés.
05:09Et pour autant, en effet, on voit leur capacité de réponse.
05:13Et vous le dites, ils sont en quelque sorte confortés.
05:16C'est presque pire au niveau du régime vis-à-vis de la population ?
05:19– Ils sont confortés parce qu'il y a eu ces massacres
05:22qui font que la population a peur et ne sortent plus.
05:24Il y a une chape de plomb de l'oppression qui est considérable.
05:26Et on ne voit pas qu'un mouvement puisse se déclencher
05:31pour changer de régime.
05:33Les gens ne sont pas suicidaires, d'autant plus que le régime iranien
05:37a réussi à se déconcentrer.
05:40On frappe à la tête, mais dans l'ensemble des régions,
05:43il y a des responsabilités, il y a des responsables,
05:45des acteurs qui peuvent agir, y compris militairement.
05:48Et parallèlement à cela, il y a eu la prise en main du pouvoir des militaires,
05:51des gardiens de la Révolution, qui domine le paysage
05:53avec les gardiens de la Révolution d'une part,
05:55mais aussi avec les milices, les Basidji,
05:57qui se promènent, vous voyez, en moto avec des mitraillettes.
05:59– Et on a vu, effectivement, ces images de Basidji,
06:02de snipers dans les rues iraniennes.
06:05Jean-Yves Le Drian, le début de votre phrase,
06:07c'est « Il faudrait espérer des négociations ».
06:10Et en même temps, quand on s'interroge ensemble
06:11sur ce qui pourrait être négocié et ce qui pourrait aboutir,
06:15on comprend bien que, au fond, c'est frontal, comme vous dites.
06:19Donc, oui, on peut espérer des négociations,
06:21et dans le même temps, le réalisme vous pousse à vous dire
06:24que c'est quasi impossible.
06:26– Je ne sais pas.
06:27Je ne sais pas, je ne sais pas.
06:29La réalité, c'est qu'il y a un potentiel d'aggravation de la guerre considérable,
06:34pour les raisons que j'ai indiquées tout à l'heure,
06:36à la fois pour la mer Rouge,
06:37mais aussi s'il y a une intervention américaine au sol,
06:40de quelle manière se fera-t-elle,
06:41mais aussi s'il y a des frappes sur les infrastructures énergétiques de l'Iran,
06:48parce qu'il y aura des réactions.
06:49L'Iran a annoncé que, dans ces cas-là,
06:51il frapperait les usines de dessalement des pays du Golfe.
06:54Tout ça est extrêmement dangereux,
06:57mais peut-être qu'un accord peut intervenir.
07:01– Et s'arrêter, c'est-à-dire, je pose la question très naïvement,
07:03mais au fond, on l'a bien vu pour la guerre des 12 jours,
07:06de manière assez soudaine,
07:07Donald Trump avait décidé de cesser.
07:09Est-ce que c'est possible ce scénario-là ?
07:11Est-ce que tout d'un coup, dans les jours qui viennent,
07:12Donald Trump pourrait dire, bon c'est fini, c'est bon, on rentre ?
07:14– Il pouvait dire cela il y a encore un certain temps,
07:18mais aujourd'hui c'est plus compliqué parce qu'il y a Hormuz,
07:21et que la question d'Hormuz est au cœur.
07:24Je trouve d'ailleurs inimaginable
07:26que l'initiative américaine de frappe n'ait pas intégré que…
07:29– Anticiper ?
07:30– Anticiper le fait que Hormuz,
07:32c'était quand même la clé majeure d'intervention de l'Iran,
07:35et dans les débats qui existent,
07:37les propositions de négociations qui existent,
07:40d'un côté, les Américains disent il faut libérer Hormuz,
07:43et de l'autre côté, les Iraniens disent Hormuz c'est chez moi.
07:45Donc déjà ça, c'est une nouvelle donne
07:47qui n'existait pas au début de l'intervention,
07:49et ce qui me frappe, c'est la préparation de l'intervention américaine.
07:53– Ce qui fait que Donald Trump aujourd'hui ne peut pas juste arrêter ?
07:56– Ça me paraît difficile.
07:57– Il y a aussi la question de ce que souhaitent les États-Unis
08:01et de ce que souhaitent Israël.
08:04Quelle est la position aujourd'hui d'Israël ?
08:06Est-ce qu'ils sont toujours, j'allais dire,
08:08main dans la main, ensemble dans cette guerre ?
08:10– Je pense que les États-Unis sont plus décidés aujourd'hui
08:15à trouver une sortie que l'envisage Israël.
08:18Israël a toujours dit qu'ils voulaient le changement de régime,
08:20je pense que c'est une hypothèse qui ne peut pas aboutir.
08:23Le pilier des actions et des objectifs de guerre d'Israël reste le même,
08:30c'est-à-dire l'impossibilité d'accès à l'arme nucléaire,
08:32ce que je comprends totalement.
08:34Le fait que l'on liquide les lanceurs de missiles balistiques
08:38et non empêche la production,
08:39et le fait que les proxys ne soient plus soutenus,
08:43que ce soit le Hezbollah, les outils ou les milices en Irak.
08:46On n'est pas encore à ce rendez-vous-là,
08:48mais on peut imaginer qu'une forme de lassitude américaine.
08:53C'est ça le sujet de Donald Trump.
08:55– De l'opinion publique américaine, vous voulez dire ?
08:57– De l'opinion publique américaine,
08:59mais aussi des pays alliés des États-Unis.
09:01Les pays arabes aujourd'hui subissent,
09:05ne réagissent pas, mais subissent.
09:06– On va y venir, non seulement les pays du Golfe,
09:09mais aussi bien sur le Liban,
09:10et je voudrais qu'on prenne le temps vraiment de comprendre ce qui s'y joue.
09:12Mais je vous repose la question,
09:14est-ce qu'on pourrait imaginer un scénario
09:15dans lequel les États-Unis cessent la guerre
09:18et Israël la poursuive ?
09:19– Je ne vois pas Israël poursuivre la guerre
09:21sans le soutien des Américains,
09:22même capacitairement, c'est impossible.
09:25Donc à un moment donné, il faudra qu'il se parle.
09:26– Le Liban, avec cette situation extrêmement complexe,
09:31où le pouvoir officiel libanais
09:34demande l'expulsion de l'ambassadeur d'Iran au Liban,
09:38considérant qu'au fond, l'Iran tire les ficelles du Hezbollah.
09:43C'est une crise interne, ça, au Liban.
09:45Et dans le même temps, évidemment,
09:47la condamnation des actes israéliens sur le sol libanais.
09:51Le Liban se retrouve quoi ?
09:52Tiraillé aujourd'hui ?
09:54– Le Liban est dans la tourmente,
09:56dans une nouvelle épreuve,
09:57dans une nouvelle tragédie,
09:58avec une espèce d'éternel recommencement.
10:02La nouveauté au Liban, c'est qu'il y a un vrai gouvernement,
10:05et un gouvernement courageux,
10:07avec un président de la République qui prend ses responsabilités,
10:09et un Premier ministre qui le fait aussi,
10:11avec une grande rigueur sur les objectifs
10:14qui sont le monopole des armes,
10:17être à l'État et non pas à telle ou telle milice.
10:20Et avec l'identification de la responsabilité du Hezbollah
10:24dans la situation actuelle.
10:27C'est le Hezbollah qui a provoqué Israël,
10:29il en a la responsabilité,
10:31il doit donc l'assumer,
10:32d'où des positions extrêmement claires
10:34sur le retrait de l'ambassadeur iranien du Liban,
10:39parce que la complicité,
10:40la connexion entre les interventions du Hezbollah
10:43et les interventions iraniennes est très forte.
10:45On voit bien qu'ils sont ensemble
10:47et que le Hezbollah choisit l'Iran plutôt que le Liban.
10:50Ça c'est une donne réelle
10:51qui a provoqué une forme de colère libanaise
10:55contre l'intervention du Hezbollah
10:57et avec un gouvernement qui veut marquer son autorité
11:00et aboutir au désarmement du Hezbollah.
11:02Mais la réaction israélienne est disproportionnée.
11:06C'est-à-dire qu'Israël devrait se souvenir
11:10qu'entre 1982 et 2000,
11:13ils ont occupé une partie du Liban
11:15et c'est leur présence,
11:17avec bien entendu le soutien et l'intervention iranienne,
11:20qui a provoqué la naissance et l'accroissement du Hezbollah
11:23et la mission que le Hezbollah s'est donnée à lui-même.
11:26Or, il ne faudrait pas recommencer ce cycle
11:28et faire en sorte que l'intervention israélienne
11:32soit contre-productive par rapport à l'objectif d'un rejet.
11:34Et on est dans ce moment de bascule ?
11:35Pas encore, mais c'est une crainte.
11:37C'est une crainte ?
11:38C'est une crainte évoquée aussi par les autorités libanaises.
11:41C'est-à-dire qu'il faut ouvrir des négociations.
11:44Il y a moyen d'ouvrir des négociations.
11:45Entre le Liban et Israël ?
11:47Oui.
11:47Autour de la question du Hezbollah ?
11:49Autour de la question, plus qu'autour de la question du Hezbollah.
11:52Les autorités libanaises ont déclaré,
11:55ce qui est la première fois depuis 1948,
11:57qu'elles étaient disposées, disponibles,
12:00pour entamer des discussions avec Israël en direct.
12:04Ça n'était jamais arrivé.
12:05Donc Israël doit se saisir de cette opportunité
12:07et doit accepter cette main-tendue ?
12:08Israël n'a pas dit non,
12:10elle a désigné déjà un négociateur
12:13qui serait susceptible de rencontrer les autorités libanaises.
12:17Les Américains n'ont pas dit non.
12:18La France, le président d'Afrique en particulier,
12:20joue un rôle majeur.
12:21Vous avez un rôle à jouer, Jean-Yves Le Drian ?
12:23Le président de la République surtout,
12:24qui consulte et le Premier ministre d'Annaou,
12:28et les autorités américaines,
12:30et les autorités libanaises,
12:31pour faire en sorte que cette cristallisation des volontés
12:34puisse se faire et aboutir à ce qu'il y ait à cesser le feu
12:37et un processus de désarmement du Hezbollah.
12:40On n'y est pas, mais c'est la seule solution possible.
12:42Comment vous qualifieriez ce qui se joue dans le sud du Liban ?
12:47Nos confrères d'Associated Press,
12:49qui est une agence internationale de presse,
12:52ont annoncé qu'à partir d'aujourd'hui,
12:54ils ne parleraient plus d'intervention israélienne au Liban,
12:58mais d'invasion.
12:59Est-ce que le mot vous paraît ?
13:01Qu'est-ce que vous dites de cette qualification ?
13:04C'est aux Israéliens de dire leur volonté.
13:06Est-ce que c'est une zone tampon provisoire
13:09pour assurer leur propre sécurité ?
13:11C'est ce que Benjamin Netanyahou dit aujourd'hui,
13:12zone tampon, mais...
13:13Est-ce que c'est une volonté d'occupation ?
13:15Si c'est une volonté d'occupation,
13:16c'est parfaitement inacceptable.
13:17Si c'est une manière de réagir par rapport au fait
13:20que le Hezbollah continue des frappes
13:23sur la partie nord d'Israël,
13:26avec des rocades y compris il y a la nuit dernière
13:29et la nuit d'avant,
13:30ça peut se comprendre.
13:32La réalité, c'est qu'Israël frappe aussi
13:34les populations civiles, directement ou indirectement.
13:37Lorsqu'on dit, je mets un million de personnes dans la rue,
13:40parce qu'il ne faut pas que vous restiez chez vous,
13:42autrement je vous frappe,
13:43là on crée les éléments
13:45pour qu'il y ait des mouvements internes
13:47et des complications au sein même
13:49de la population libanaise.
13:51Un million de déplacés sur 6 millions d'habitants,
13:54par la volonté seule d'Israël,
13:56qui dit à la population chine,
13:59de Beyrouth Sud en particulier,
14:00de quitter les lieux.
14:01Sortez chez vous, débrouillez-vous,
14:02allez au bord de la mer,
14:03allez au bord de la plage,
14:05et puis essayez de vous trouver une tente pour dormir.
14:07Ce n'est pas acceptable.
14:08Et donc ça joue contre Israël.
14:10Est-ce que le mot invasion ?
14:12Je ne l'utilise pas pour l'instant,
14:14sans avoir vu les faits.
14:15Vous attendez les faits.
14:17Est-ce que vous estimez que la France
14:19peut vraiment jouer un rôle ?
14:20Il y a aussi la question de l'ONU.
14:22Réunion ce soir du Conseil de sécurité.
14:24Est-ce que l'ONU est encore audible ?
14:27Elle ne l'est plus beaucoup.
14:29Par contre, le rôle de la France dans cette affaire
14:31est tout à fait essentiel,
14:32parce que c'est la France qui propose
14:36des possibilités de négociations
14:37entre le Liban et Israël,
14:39ce qui serait une grande première
14:40depuis la fin de la dernière guerre mondiale.
14:42C'est la France qui met en relation
14:44les uns avec les autres.
14:45C'est la France aussi qui soutient
14:47les forces armées libanaises.
14:48Parce que pour désarmer le Hezbollah,
14:50il faut un gouvernement qui ait l'autorité,
14:52c'est le cas,
14:53mais il faut aussi les moyens de le faire.
14:55Donc on ne peut pas dire aux Libanais
14:57désarmer le Hezbollah
14:58sans leur donner les moyens de le faire.
14:59C'est pour ça qu'il était prévu
15:01une conférence de mobilisation
15:03des financements pour l'armée libanaise.
15:05Cette question est toujours à l'ordre du jour.
15:07La France aide l'armée libanaise.
15:09Il faut l'aider davantage
15:09par les autres acteurs
15:11qui peuvent apporter leur soutien.
15:12Parce que c'est l'intérêt de tout le monde
15:13d'avoir des frontières stabilisées.
15:15Et aussi, c'est une manière
15:17de répondre en même temps
15:19à la crise iranienne
15:20qui nous a préoccupés au début de l'émission.
15:22Et l'Ukraine ?
15:22Et l'Ukraine dans ce moment-là ?
15:25Jean-Yves Le Drian ?
15:26Elle est un peu sortie des radars.
15:28Et c'est l'inquiétude
15:30de M. Zernaski.
15:32Oui, mais est-ce qu'on l'a abandonné ?
15:34Est-ce qu'on est en train de l'abandonner ?
15:36Ce que je constate sur l'Ukraine,
15:37quand on regarde la situation,
15:39on est à 4 ans maintenant
15:40de l'intervention de l'agression russe,
15:43c'est que depuis 4 ans,
15:44la Russie n'a pas vraiment beaucoup progressé.
15:47Et que les temps derniers,
15:49alors que Poutine répétait
15:52que la Russie reprenait du territoire,
15:54en réalité, c'était l'inverse qui se passait.
15:56Il y avait cette fameuse ville de Kupiansk
15:57que le président Poutine
15:59déclarait avoir été acquise
16:01par les forces russes.
16:02Et on voyait le lendemain,
16:03le chef d'état-major de l'armée ukrainienne
16:05se prenait dans Kupiansk.
16:07Il y a une part de mensonge
16:08qui est développée sur la présence russe en Ukraine.
16:12En réalité, 4 ans de guerre,
16:142% de territoire supplémentaire.
16:16Donc la Russie est en échec.
16:17D'où la nécessité de continuer
16:19à soutenir l'Ukraine pour nous,
16:21pour les Européens.
16:22Les Américains ne soutiennent plus l'Ukraine.
16:24Vous savez, la réalité de la situation d'aujourd'hui,
16:26c'est que nous sommes dans un schisme transatlantique.
16:29Un schisme transatlantique.
16:30Un schisme, à la fois sur le soutien à l'Ukraine.
16:33Les Américains ne soutiennent plus l'Ukraine.
16:35Et si on peut approvisionner l'Ukraine en armes aujourd'hui,
16:40c'est parce que les Européens achètent aux Américains,
16:42mais les Américains ne contribuent plus financièrement
16:45à la garantie sécuritaire de l'Ukraine.
16:47Il y a un schisme à cause de l'Ukraine
16:49et il y a un schisme aussi à cause de l'Iran.
16:51Cette guerre iranienne n'est pas la nôtre.
16:52Jean-Yves Le Drian, vous êtes évidemment
16:54l'ancien ministre des Affaires étrangères
16:55et l'ancien ministre de la Défense.
16:56Vous avez aussi été longtemps une des grandes figures
16:58de la gauche et du Parti Socialiste.
17:00Vous avez été maire de Lorient,
17:01vous avez été président de la région Bretagne.
17:03Un mot quand même sur ce qui se joue en ce moment
17:05au Parti Socialiste.
17:06Vous avez condamné les alliances
17:08qui avaient eu lieu dans l'entre-deux-tours
17:09entre PS et LFI.
17:11Vous dites alliance du sectarisme et de l'opportunisme.
17:14Est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez
17:15que le Parti Socialiste doit acter
17:18qu'il y a eu une erreur de stratégie ?
17:21C'est plus qu'une erreur de stratégie,
17:23c'est une erreur de fond.
17:25En réalité, en plus, ça ne marche pas.
17:27La réalité, c'est que ceux qui ont gagné,
17:31ce sont ceux qui ont eu la clarté
17:33dans leurs alliances et qui ont refusé
17:35l'alliance avec l'extrême-gauche
17:38des Insoumis.
17:39Regardez à Marseille, regardez à Paris,
17:41regardez à Rennes, regardez à Metz,
17:42regardez à Nancy.
17:43Bref, cette sociale-démocratie-là,
17:46elle ne demande qu'à renaître.
17:47Et le sujet maintenant pour les socialistes,
17:50je pense, c'est de se dire
17:52comment est-ce qu'on reconstruit
17:53la sociale-démocratie sur les fondamentaux
17:56qui sont les nôtres,
17:57qui étaient d'ailleurs à l'époque
17:58défendus par le Nel Jospin,
17:59à la fois sur la laïcité,
18:01sur l'économie de marché régulée,
18:04à la fois sur le rôle de l'éducation,
18:05sur le rôle des services publics,
18:07sur la dimension européenne.
18:08Tous les ingrédients des fondamentaux
18:11de la sociale-démocratie
18:11doivent être aujourd'hui renouvelés
18:13pour aborder de la meilleure manière possible
18:15les élections présidentielles.
18:16Merci beaucoup Jean-Yves Le Drian
18:18d'avoir répondu à mes questions ce matin
18:19sur RMC et BFM TV,
18:21il est 8h47.
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