00:00Vendredi 27 mars 2026, l'invité d'ici matin Théo est le candidat perdant des dernières élections municipales à Toulouse.
00:07Bonjour François Picmal.
00:08Bonjour.
00:08Candidat insoumis, vous ferez votre retour au conseil municipal tout à l'heure, pas au poste de maire mais dans
00:13l'opposition.
00:14On est cinq jours après ce second tour. Est-ce que vous l'avez digéré déjà cette défaite ?
00:18Je pense qu'une défaite comme ça, ça prend du temps déjà à accepter, à digérer et puis à analyser.
00:27Donc c'est le travail qu'on doit faire. Parfois ça prend des mois, voire des années pour en sentir
00:32un petit peu tous les ressorts, les tenants et les aboutissants.
00:35Maintenant mon sentiment il est contrasté si vous voulez.
00:37A la fois on a réussi quelque chose d'exceptionnel, c'est ce que tout le monde m'a dit
00:41quand je suis retourné à l'Assemblée nationale en ce début de semaine.
00:45Ça a été scruté par la France entière. On a mis Toulouse au devant de la scène politique nationale en
00:50faisant l'union de la gauche
00:51et en portant une dynamique qui a réuni près de 79 000 électrices et électeurs.
00:56C'est plus que la NUPES en 2022, pour vous donner un ordre d'idée.
01:00Vous avez fait bien mais qu'est-ce qui vous a manqué pour l'emporter ?
01:03Ça c'est ce qu'on va devoir analyser. Je pense qu'il y a la surmobilisation des jeunes, des
01:09habitants des quartiers populaires a pu manquer.
01:12Je pense aussi qu'on a face à nous un système. Le politologue Jérôme Fourquet disait que M. Moudinck avait
01:19été élu en 2020 grâce à ses réseaux de clientèle.
01:21Ils existent, ils sont là.
01:23C'est-à-dire réseaux de clientèle, ça veut dire quoi ?
01:24Ça veut dire des intérêts privés qui se mettent à la disposition de la campagne de M. Moudinck.
01:29Vous pensez que ça permet de... Jean-Luc Moudinck a fait 30 000 voix de plus entre le premier tour
01:34et le second tour.
01:3533 000 même. Vous pensez que c'est juste par ce réseau de clientèle ?
01:39Je vais vous dire, je pense qu'il y a une question d'argent.
01:40M. Moudinck est parti dans cette campagne en ayant un micro-parti avec 300 000 euros sur son compte en
01:45banque.
01:45Nous, on a fait une campagne à 200 000 euros.
01:48Et je ne vous compte pas les frais de campagne qu'il a pu avoir.
01:51Ces 300 000 euros viennent la plupart de promoteurs immobiliers de la ville.
01:55Et quand on a un différentiel comme ça de moyens économiques, c'est aussi un différentiel de moyens de communication.
02:00Mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment, à l'inverse, que peut-être votre parti, celui de
02:03la France insoumise,
02:04il a fait peur à un certain électorat qui a eu un vote barrage contre vous,
02:08des électeurs qui se sont peut-être mobilisés pour Jean-Luc Rousseau ?
02:11Vous savez, chaque étiquette a ses avantages et ses inconvénients.
02:14Il y a six ans, Antoine Maurice menait l'union de la gauche, il était écologiste.
02:17Six ans avant, c'était Pierre Cohen, il était socialiste.
02:20Et à chaque fois, on disait, la gauche doit y arriver.
02:22Elle n'y est pas arrivée parce qu'il y a un système face à nous qui est puissant.
02:26Il faut le reconnaître et il faut savoir comment nous allons procéder
02:29pour que dans six ans, on puisse le démanteler.
02:31Est-ce qu'on a des regrets quand même sur cette élection ?
02:33Écoutez, franchement, on en a peu parce qu'on a fait tout ce qu'on a pu avec les moyens
02:37qu'on avait.
02:38Je vous ai dit, on n'avait pas les mêmes moyens financiers que M. Moudinck.
02:41Il est mersortant, il est forcément favori.
02:43Ça veut dire que c'était perdu d'avance en quelque sorte quand on vous écoute ?
02:45Non, ce n'était pas perdu d'avance.
02:46Moi, je fais les choses pour gagner.
02:48Mais je savais que la montagne était très dure à gravir.
02:52Moi, c'est ma première élection municipale en tant que tête de liste.
02:55Je pense qu'on est arrivé en tête de la gauche alors que personne ne l'attendait.
02:59Qu'on a réussi à faire l'union de la gauche en un temps record.
03:03Et je pense qu'avec François Briançon, nous aurions formé un binôme complémentaire
03:06et qui aurait été bénéfique pour la ville et la métropole.
03:10Maintenant, il y a face à nous une force politique qui l'a emportée.
03:13Alors, on fera le bilan point par point de cette victoire de la droite.
03:18Et une droite d'ailleurs soutenue par l'extrême droite, je le rappelle,
03:21par reconquête et le Rassemblement National.
03:23Et on remettra le bleu de chauffe pour remporter la ville et changer le quotidien des habitants.
03:28Alors, il y a eu quand même cette petite phrase cette semaine de Jean-Luc Mélenchon
03:31qui a dénoncé la mauvaise culture générale de la gauche sur Toulouse.
03:34Est-ce qu'il ne vient pas quand même mettre de l'huile sur le feu ?
03:36Non, je ne pense pas.
03:37Je pense qu'il y a...
03:39Il tacle quand même le parti socialiste.
03:40Écoutez, il y a un problème.
03:42C'est que quand vous avez Madame Delga qui, en 2020, a soutenu indirectement M. Mouninck
03:47et là a dit qu'elle était contre l'union de la gauche,
03:50oui, il y a des socialistes qui ont contribué à la victoire de M. Mouninck.
03:52D'ailleurs, il s'en est vanté, il s'en est prévalu, y compris sur son matériel électoral.
03:57Donc oui, le parti socialiste, dans son ensemble, ne joue pas le jeu.
04:00Mais moi, je tiens à saluer tous les socialistes et toutes les autres composantes
04:03qui ont joué le jeu de l'union et en premier lieu, François Briançon.
04:06Alors, vous allez faire votre retour au conseil municipal ce vendredi.
04:09Dans l'opposition, vous promettez une opposition active qui tiendra tête à la droite.
04:13Comment vous comptez y arriver, sachant que vous n'avez pas la majorité ?
04:15Au final, le 16 sièges, je crois, dans l'opposition.
04:17Vous avez raison, il y a une disproportion par rapport aux résultats.
04:21On a 16 sièges d'opposition, quand la majorité a 53 sièges.
04:25Alors, comment vous comptez être une opposition active ?
04:26Tout simplement en rappelant les propositions qui étaient sur notre programme,
04:30en les proposant parce qu'ils peuvent améliorer le quotidien des habitants,
04:33l'encadrement des loyers.
04:3466% des habitants de Toulouse sont locataires.
04:36Vous pensez que Jean-Luc Boudin sera d'accord pour mettre en place l'encadrement des loyers ?
04:39On ne sait jamais.
04:40Moi, vous savez, je prends mon bâton de pèlerin, entre guillemets.
04:44J'essaye de convaincre sur le bien fondé des choses
04:46et parce que je pense que c'est des améliorations du quotidien.
04:49Le périscolaire, c'est aussi très important.
04:51Les moyens qu'on met, sortir Toulouse des bouchons avec un choc d'offre de bus,
04:54tout ça, c'est des propositions que nous ferons.
04:56Vous allez arriver à exister jusqu'aux six prochaines années,
04:58jusqu'aux prochaines élections municipales ?
05:00Je crois que j'ai pas mal réussi à exister ces six dernières années.
05:04D'ailleurs, si vous m'aviez dit il y a six ans que nous serions face à face avec Jean
05:10-Luc Boudinck,
05:11beaucoup de gens nous auraient rionnés et pourtant nous sommes là.
05:14Nous sommes la gauche solide sur ses appuis.
05:15Et je sais que l'histoire est longue à venir, mais elle viendra inéluctablement.
05:20Merci François Picmal.
05:21Je rappelle que vous êtes le conseiller,
05:22que vous êtes donc conseiller municipal d'opposition,
05:24conseil municipal qui aura lieu tout à l'heure à 9h30.
05:26Tout à fait, merci à vous.
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