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Cédric Prizzon a été interpellé le mardi 24 mars au Portugal. Son ex-compagne et son enfant avaient disparu depuis plusieurs jours dans l'Aveyron. Le corps de la mère de famille a été découvert enterré au Portugal, ainsi que le corps de l'actuelle compagne du principal suspect.
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00:00On va reparler maintenant de cette affaire criminelle qui relie la France et le Portugal.
00:05Et précisément le département de l'Aveyron avec deux femmes qui ont disparu en fin de semaine dernière.
00:10Elles ont été retrouvées mortes, enterrées au Portugal.
00:13Le suspect principal est un ancien gendarme.
00:17Policier.
00:17Policier, pardon.
00:18Et les deux corps sont son ancienne compagne et l'actuelle.
00:23Alors on va reprendre la chronologie des événements avec vous Pauline Revena.
00:26Donc tout démarre dans l'Aveyron vendredi dernier lorsque deux femmes disparaissent.
00:30Vendredi matin ça commence par une disparition inquiétante.
00:33Il y a quelqu'un qui pousse la porte de la gendarmerie ou du commissariat et qui dit voilà cette
00:37femme a disparu avec son enfant de 12 ans.
00:39Il s'agit de l'ancienne compagne de Cédric Prison, cet ancien policier.
00:43Et il se trouve qu'il n'en était pas à son coup d'essai, Cédric Prison, puisqu'il y
00:46a quelques années il avait déjà soustrait la garde de son enfant,
00:49pris cet enfant qui à l'époque avait 8 ans et ils étaient partis en Espagne.
00:53Ils avaient fini par être retrouvés, l'enfant avait été restitué à son ancienne compagne.
00:56Mais il y a beaucoup, il y a une toile de fond de différents conjugaux.
01:00Là c'est son ancienne compagne et son enfant de 12 ans.
01:04Et puis sa compagne actuelle et son enfant en bas âge d'un an et demi qui disparaissent.
01:07Donc c'est une quintupe disparition.
01:09Donc les services d'enquête se mettent évidemment tous au boulot, ça bosse beaucoup.
01:13Et puis finalement il est contrôlé au Portugal.
01:16On va l'attraper par un contrôle routier.
01:18Ça se passe à Méda, c'est à quelques kilomètres de Porto.
01:22Et cet après-midi au moment où je vous parle, là il est en audience, il est à son premier
01:26interrogatoire devant la justice portugaise.
01:28Mais entre-temps, le corps des deux femmes, de ses deux compagnes, l'ancienne et l'actuelle, ont été retrouvées
01:33enterrées dans un endroit isolé.
01:35Et lui dans le coffre de sa voiture, qu'est-ce qu'on a retrouvé ?
01:37On a retrouvé une arme longue, on va peut-être voir la photo.
01:4017 000 euros en liquide, ça veut dire quand même qu'il s'est un petit peu préparé pour cette
01:44cavale organisée.
01:46Des fausses plaques d'immatriculation, des moyens de communication, des tablettes, des téléphones portables.
01:50Et visiblement des papiers falsifiés aussi.
01:52Parce que lorsqu'il présente des papiers lors de ce contrôle routier, ça ne correspond pas exactement à ses deux
01:58enfants puisqu'ils sont mineurs.
02:00Et qu'il n'a pas le droit de les emmener avec lui hors de France.
02:03Mais cet homme de 41 ans était connu pour ses coups d'éclat.
02:06Il disait qu'il était victime d'une erreur judiciaire.
02:10Il voulait récupérer son enfant.
02:12Et des témoins disent finalement qu'on pouvait s'y attendre.
02:16On savait qu'il pourrait effectivement commettre peut-être un drame.
02:20Avant tout c'est un militant.
02:23C'est un papa militant qui veut récupérer son gamin.
02:26Qui va manifester à Rodez devant des bâtiments publics.
02:31Qui va se faire entendre.
02:32Qui va adhérer à une association.
02:34Il n'empêche qu'il y a plein de papas qui font ça.
02:36Et qui pour autant ne vont pas passer à l'acte.
02:39On est, je crois que c'est la première fois en tout cas, en présence d'un double féminicide.
02:43Oui, c'est très rare.
02:44Je crois que c'est la première fois.
02:45Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu parler d'un homme qui tuait et son ex-compagne ou épouse.
02:51Et son actuelle compagne ou épouse.
02:53Les deux en même temps.
02:54Qu'est-ce qui serait le mobile pour la compagnie actuelle ?
02:57Moi je crois que ce qui serait intéressant, la question que vont se poser peut-être pas les enquêteurs mais
03:01les psys,
03:02c'est à quel moment se situe le pétage de plomb.
03:05Parce qu'il se sépare de sa première femme.
03:07Ils ont un enfant qui a 12 ans aujourd'hui.
03:09Il rencontre une autre femme avec laquelle il a un enfant d'un an et demi.
03:12Il a 42 ans, sa nouvelle femme ou sa nouvelle compagne a 26 ans.
03:17C'est un nouveau bonheur.
03:18Il reconstruit une vie.
03:19C'est peut-être quelqu'un qui peut l'apaiser, le calmer, lui dire
03:22voilà ton garçon de 12 ans d'un premier mariage, on va vivre avec lui.
03:27Voilà donc...
03:29Quand ils partent ensemble le vendredi matin, quel est le projet ?
03:33Ah oui, oui.
03:34Quel est le projet ?
03:35Alors est-ce qu'il y a eu dispute avec sa nouvelle compagne
03:38et que dans la tête de cet homme qui a quand même visiblement duré pas mal de choses,
03:42et qui en a sûrement fait en durée lui aussi,
03:45il se dit voilà, ça ne va pas marcher encore une fois,
03:47donc je pars avec celle-ci, notre enfant,
03:48et je vais chercher l'ancienne et notre enfant,
03:51et il part avec elle.
03:52Mais c'est vrai que le parcours il est tragique,
03:54ça fait penser au nerf à vif, ces films,
03:58où le type est entêté dans sa folie et son projet mort plié.
04:02Il a été condamné, il a demandé...
04:05Il est dangereux, on rappelle.
04:06Il avait été en juin 2021 condamné pour violences conjugales réciproques avec sa compagne.
04:11Alors il a été condamné pour non-présentation de l'enfance,
04:13c'est la chose dont vous parlez quand il est parti en Espagne,
04:15ça lui a valu 9 mois sous brassée électronique à domicile,
04:18et puis en décembre 23, il a été condamné à 18 mois de prison
04:21avec 2 ans de sursis probatoire pour harcèlement sur conjointe.
04:24Donc il y a un casier quand même.
04:26C'est sûr qu'il est dangereux, on le sait, il est dangereux, tout le monde le savait.
04:28Mais justement, tout le monde le savait, c'est parce que c'est terrible ça.
04:30Il y a même un habitant qu'il qualifiait de détraqué.
04:33Et oui, souvenez-vous de Bruno Garcia en Corse qui tue sa compagne,
04:36on savait qu'il était dangereux, elle est allée déposer plainte,
04:39il l'a tuée quand même.
04:40C'est une histoire qui ressemble tellement à tellement d'autres.
04:43On va en parler avec vous, Maître Massia,
04:44mais d'abord on a notre confrère journaliste à Centre Presse Aveyron,
04:48Mathieu Roaldès, qui est avec nous,
04:49parce que cette affaire, bien évidemment, elle émeut tout le département,
04:53tout le monde en parle de cette histoire et vous l'avez suivie.
04:57Alors oui, bonjour à tous.
04:59Effectivement, c'est une affaire extraordinaire, comme on l'a dit.
05:04Et surtout, ces bris de prison, en fait, tout le monde le connaît ici,
05:08puisque c'est quelqu'un qui a remué ciel et terre pour faire parler de son histoire.
05:12Il avait mené une grève de la faune devant le tribunal de Rodès,
05:15devant la mairie de Villefranche-de-Rouergue, à côté de là où il habitait.
05:18Et c'est quelqu'un qui s'était entêté dans une obsession,
05:22en se disant victime de la justice, de tout le monde,
05:25et qui annonçait plutôt publiquement sur ses réseaux sociaux, d'ailleurs,
05:28qu'un jour, il passerait presque à l'acte.
05:32– Mais vous dites qu'il était connu,
05:35c'est-à-dire qu'on connaissait son caractère violent, impétueux,
05:38mais personne n'a réussi à l'empêcher de nuire, quoi, en fait.
05:44– Non, c'est vrai que personne n'imaginait vraiment cette folie.
05:50En plus, ça faisait un moment qu'il avait disparu de la circulation depuis 2023.
05:55La dernière fois, on l'avait vu au tribunal, il menait une grève de la faim,
06:01il allait voir un peu tout le monde, nous, il nous a contactés,
06:04notamment les médias, pour raconter son histoire.
06:07Et après, on l'avait perdu de vue.
06:09Mais c'est vrai que là, vendredi dernier,
06:10quand on nous a annoncé les premières disparitions,
06:13et quand son nom est sorti rapidement,
06:16tout le monde ici, les enquêteurs se sont dit,
06:19bon, ça va être grave, on le savait,
06:22puisque c'est un homme qui avait un peu annoncé ce qu'il allait faire.
06:27Alors, on ne l'imaginait pas dans ces circonstances-là.
06:30– Restez avec nous, parce que je voudrais interroger Maître Massilia,
06:33justement, avocat de pénaliste.
06:35On est encore, une fois de plus, en présence d'un homme
06:38qui a été condamné pour violences conjugales,
06:40pour harcèlement, enlèvement d'enfants,
06:43qui est connu, effectivement, pour être complètement obnubilé,
06:46par son histoire avec son ex.
06:49Et finalement, on ne peut rien faire pour empêcher le drame.
06:52Ce n'est pas la première fois que ce type de scénario,
06:54même si elle lui a été exceptionnelle,
06:55puisqu'il y a un double féminicide,
06:57puisqu'il tue à la fois son ex et sa compagnie actuelle,
06:59mais enfin, ce n'est pas la première fois
07:00qu'on a ce genre d'individu violent, menaçant, condamné,
07:06et qui, malheureusement, va passer à l'acte.
07:08Alors, peut-être qu'on aurait pu trouver des moyens de l'empêcher.
07:10– Il y a un raté, quelque part, ou pas ?
07:12– Il suffit de regarder son palmarès judiciaire,
07:16il est condamné.
07:17Et quel est le quantum des peines qui y est prononcé ?
07:21Du sursis ?
07:22– Oui.
07:23– Et un bracelet.
07:24– Bracelet.
07:25– Voilà.
07:26– C'est-à-dire, concrètement, dans la traduction du commun des mortels,
07:31quasiment rien.
07:32Donc, on a affaire à une personnalité, semble-t-il, assez paranoïa,
07:37qui est obsédée par le fait d'obtenir, notamment,
07:40une garde alternée avec ses enfants, etc.
07:42Donc, il a quand même une attitude qui est inquiète.
07:45Et il y a deux éléments qui me semblent fondamentaux.
07:47La première chose, c'est qu'il est condamné pour non-présentation d'enfant.
07:50Il est condamné.
07:52Et pendant deux mois, il aura kidnappé ses enfants.
07:56Et en contrepartie, la justice l'autorise à exercer un droit de visite médiatisé
08:02quelques heures tous les 15 jours.
08:05Est-ce que, c'est une vraie question,
08:07est-ce que ça ne mérite pas, tout simplement,
08:10la déchéance de l'autorité parentale ?
08:12Pourquoi la justice hésite parfois à aller jusque-là ?
08:14Parce que la justice essaye toujours de privilégier
08:18un espèce de consensus, même s'il est faux, familial,
08:22basé sur les deux parents, en disant,
08:24voilà, il ne peut pas y avoir un sentiment de surpuissance,
08:27il peut y avoir des accidents de la vie.
08:29Mais très concrètement, ce cas dont on parle,
08:32qui ne fait finalement qu'enrichir une liste de féminicides,
08:36là, ce qui nous interpelle, c'est le côté un peu spectaculaire,
08:39cette double tragédie.
08:40Et donc deux enfants qui ont perdu leur mère ?
08:42Deux enfants, dont des orphelins.
08:44Donc la vraie question, c'est,
08:45qu'est-ce qu'on fait lorsqu'on a affaire à un récidiviste,
08:49à quelqu'un dont on sait qu'il annonce clairement, quand même, la couleur ?
08:53Donc il y a un sentiment de vengeance qu'il habite,
08:55qu'il anime en permanence.
08:56Et en contrepartie, on va lui proposer un droit de visite médiatisé
09:01qui ne sert strictement à rien,
09:02qui permet de manière très hypocrite de maintenir un lien
09:06dans le cadre d'une association
09:07où vous allez voir votre enfant pendant une heure ou deux.
09:10Donc il y a un sentiment de frustration en plus exacerbée.
09:14Et aujourd'hui, voilà, on assiste à...
09:17Alors là, pour le coup, bien sûr, il encourt la réclusion criminelle.
09:22Il n'y a pas de suspense.
09:25La vraie question qui reste, c'est est-ce que le Portugal va le garder
09:28ou va nous le renvoyer, a priori ?
09:29On en parlait tout à l'heure.
09:31Il y a la jurisprudence Marie Trintignant,
09:36Bertrand Cantat, pardon, qui a été jugé à Vilnius.
09:38Et donc là, il n'y a pas beaucoup de raisons pour que le Portugal nous le renvoie
09:42puisque les faits ont été commis sur le sol portiel.
09:45Et c'est ce qui est en train de se décider en ce moment dans les...
09:47Dans tous les cas, les enquêteurs sont allés vite quand même.
09:50Alors les enquêteurs sont allés vite, d'autant plus que c'est jamais facile
09:52parce que, par définition, un enlèvement, vous n'avez plus rien.
09:56Vous n'avez pas de scène de crime, vous n'avez pas de corps,
09:58vous n'avez pas d'indice matériel.
09:59Tout est parti.
10:00Donc on peut prendre, je dirais, des mesures préventives à posteriori.
10:03C'est-à-dire qu'on va, par exemple, mettre la maison sous scellée
10:06pour voir si on ne retrouve pas les emplois de digital,
10:08si on ne retrouve pas du sang qui militerait pour un enlèvement violent.
10:14Mais ensuite, les éléments qui permettent aux enquêteurs
10:16de se mettre sur la piste, c'est, comme on le disait,
10:19c'est-à-dire que c'est l'environnement.
10:20Quel peut être le mobile ?
10:22Quels sont les rapports entre les personnes qui sont susceptibles d'avoir enlevé
10:25et d'être les victimes de l'enlèvement ?
10:27Et ensuite, est-ce qu'il y a eu des actes préparatoires ?
10:29On va rentrer à ce moment-là dans tout ce que...
10:33Le suspect potentiel aurait pu faire, retirer de l'argent,
10:37se procurer des armes, et ensuite le suivre éventuellement avec la téléphonie.
10:40Il y avait le précédent de l'Espagne.
10:41Mais est-ce que le fait que ce soit un ancien policier,
10:43ça l'a aidé pour partir, pour les fausses plaques, pour les faux papiers ?
10:48Ça l'a sans doute facilité un peu, mais surtout, il l'avait déjà fait.
10:50Il l'avait déjà fait puisqu'il l'avait fait en Espagne il y a quelques années.
10:53Donc il savait que les frontières étaient poreuses
10:54et qu'il y avait des possibilités de fuite entre l'Espagne et le Portugal.
10:57Les enfants ont joué un rôle dans cette interpellation, dans cette arrestation ?
11:00Il semble, je crois que...
11:01Il y a deux enfants.
11:02Un en base d'un, j'ai un peu plus âgé.
11:03Alors s'il y en a un des deux qui a évidemment pu jouer un rôle, c'est le grand...
11:06Il y a 12 ans, 13 ans, c'est ça ?
11:07Il a peut-être parlé aux enquêteurs, moi je n'ai pas...
11:10C'est-à-dire que le père a été mis en garde à vue le mardi
11:13et les corps ont été découverts le mercredi.
11:16Je dirais qu'il y a deux options.
11:17La première, c'est qu'il passe aux aveux avec des aveux circonstanciés.
11:21Ça ne correspond pas vraiment au profil de ce monsieur.
11:27L'enfant a 12 ans, il a très bien pu dire aux enquêteurs,
11:30écoutez, on est passé par là, par là, par là, et puis à un moment donné,
11:34papa est parti avec maman et une autre dame qu'on connaît ou qu'on ne connaît pas,
11:39et il est revenu tout seul.
11:40Ou alors, ça s'est passé pendant un moment où on dormait,
11:43mais il est parti très peu de temps, donc c'est forcément à proximité.
11:46Et à ce moment-là, c'est des moyens d'enquête classiques.
11:48C'est-à-dire qu'où on y va directement, parce que l'enfant dit,
11:51les corps sont là, ou c'est des chiens de recherche,
11:53dans un périmètre régime, ou du bornage.
11:57Mais le bornage, compte tenu de la personnalité,
11:59je pense qu'il a dû quand même faire très attention.
12:01Vous avez vu le nombre de téléphones qui ont été saisis dans ce moment.
12:03Si les enfants ont joué un rôle, en tout cas au moment de son arrestation à Bédas,
12:06d'un petit village de 7000 habitants, 200 km de Porto,
12:10tout près de la frontière espagnole,
12:11s'ils ont joué un rôle, c'est au moins d'avoir fait que cet homme
12:15n'a pas fait fort chabrol, il avait un fusil à pompe dans son véhicule,
12:20il n'a pas tiré sur les policiers ou gendarmes portugais qui l'arrêtaient,
12:23il s'est rendu peut-être aussi parce qu'il avait ses enfants dans son véhicule.
12:25Et les enfants sont sains et saufs.
12:26Johanna Rosenblum est avec nous, c'est notre psychologue clinicienne.
12:30On voulait avoir votre regard, bonsoir Johanna, sur cette affaire,
12:32qu'en pensez-vous ?
12:33Bonsoir.
12:35C'est très intéressant parce que je sais que c'est toujours très perturbant
12:39d'entendre ce genre de récit,
12:41et d'autant plus quand il s'agit d'un double féminicide,
12:43et en réalité dans le déroulé de l'histoire
12:46et ce que l'on peut apprendre de ce scénario macabre,
12:49il y a tous les scénarios, tous les critères,
12:52tous les red flags qu'on a l'habitude de voir
12:54chez ces personnalités violentes, perverses, masculinistes.
12:58C'est-à-dire que dans la première étape,
13:00c'est d'atteindre sa conjointe ou son ex-conjointe
13:03au travers de ce qu'on appelle les violences vicariantes.
13:06C'est-à-dire on va atteindre sa femme ou son ex-femme
13:10au travers de l'enfant.
13:12On va prendre l'enfant, le soustraire à sa femme,
13:14ne pas le ramener aux bons horaires,
13:16partir en vacances avec pendant plusieurs semaines,
13:19harceler moralement en menaçant de ne plus rendre l'enfant
13:22ou de faire du mal à l'enfant.
13:23Le but, évidemment, à ce moment-là,
13:25c'est absolument pas de récupérer son enfant ou de récupérer une garde,
13:28c'est d'atteindre sa femme ou son ex-femme.
13:30Une fois que cette étape est dépassée,
13:32la seconde étape, c'est l'inversion de la culpabilité.
13:34Ça, c'est l'étape classique.
13:35C'est absolument pas un homme militant pour les droits de l'enfant
13:39ou les droits des pères célibataires.
13:42C'est un homme qui a inversé la culpabilité en se servant de la justice,
13:46en se montrant comme un homme coupable,
13:49victime de sa femme ou de ses ex-femmes.
13:51Il s'est servi de manifestation pour dénoncer tout cela.
13:55Au travers, souvent, on utilise l'aliénation parentale.
13:58C'est-à-dire cette femme, elle veut me faire souffrir.
14:00Le but, ce n'est pas un père qui veut récupérer ses enfants.
14:04C'est un homme qui veut posséder sa femme ou ses ex-femmes.
14:08Et dans tous les féminicides, il s'agit de ça.
14:10Ce sont des crimes de possession.
14:12Ce sont des hommes qui ne supportent pas la séparation,
14:15qui ne supportent pas tout ce qu'implique la séparation,
14:20c'est-à-dire une garde partagée,
14:22mais aussi une femme ou une ex-femme qui va refaire sa vie.
14:24Et je pense que c'est exactement ce qui s'est passé ici.
14:28C'est que ce sont deux femmes qui n'ont pas pu se libérer du joug de cet homme-là,
14:33qui s'est servi de ses enfants pour les instrumentaliser.
14:35Et ça s'est soldé par un féminicide.
14:37On en est à 20, là, depuis janvier 2026.
14:40Et à chaque fois, c'est le même scénario.
14:42Violence vicariante, inversion de la culpabilité et passage à l'acte criminel.
14:47Merci, Johanna Rosanoul. Pauline, revenons.
14:50Rodès communique ce soir et me confirme qu'il y a une autre condamnation.
14:53Il avait été condamné pour violence réciproque en 2021
14:56sur sa première compagne à six mois d'emprisonnement avec sursis.
14:59C'est confirmé.
15:00C'est confirmé, mais du coup, ça en fait trois.
15:02Ça en fait trois.
15:03Donc ça fait beaucoup et ça rajoute ce qu'on raconte.
15:06C'est juste pour être totalement complet.
15:07Il ne vient pas de nulle part, cet homme.
15:09Il ne vient pas de nulle part.
15:10On ne peut pas le mettre derrière les barreaux de manière préventive.
15:13Et on peut le condamner plus durement à chaque fois.
15:16On peut le condamner.
15:17En tout cas, on a trois mentions.
15:18On peut le condamner en fonction de sa personnalité,
15:20en fonction des risques encourus,
15:21en fonction des violences qui ont été commises.
15:24Non, non, vraiment, non.
15:26Six mois de prison avec sursis, c'est zéro.
15:28Alors n'oubliez pas, 3919, téléphone, grand danger
15:31et bracelet anti-rapprochement.
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