- il y a 14 heures
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, était invité sur le plateau de BFMTV, ce jeudi 2 juin. Il s'est notamment exprimé sur les nouvelles offensives russes en Ukraine.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonsoir Alain Bauer. Bienvenue sur ce plateau, professeur émérite de criminologie et auteur de La Vérité sur le système Epstein,
00:07aux éditions First que je montre ici à l'antenne. Bonsoir Elsa Vidal, Didier François évidemment.
00:14Et bonsoir à vous, Lisa Hadef, ravie de vous retrouver. Sergei Djernov se met aussi en place.
00:19Alain Bauer, derrière chaque attaque, il y a aussi un message. Quel est le message qu'a voulu faire passer,
00:25selon vous, Vladimir Poutine, la nuit dernière ?
00:27Je ne suis pas affaibli, je ne suis pas prêt à rendre les armes et tout va bien, la vie
00:32est belle.
00:33Et d'ailleurs, je montre ma capacité à taper partout où ça fait mal, puisque je ne sais pas quoi
00:39faire d'autre pour l'instant.
00:42Mais là, on est d'accord que ça a fait particulièrement mal sur Kiev. On parle de 50 000 personnes,
00:47donc 4 500 enfants réfugiés dans les stations de métro.
00:50C'est un chiffre jamais vu ces dernières années. Il y a une attaque massive, ce bilan, au moins 21
00:55morts, 85 blessés.
00:57Le message, c'était aussi de marquer le coup quand même.
01:01Oui, c'est exactement ça. Vous savez, le système russe, tsariste, stalinien et de Novorossia, Sergei connaît ça, c'est
01:10l'escalade pour la désescalade.
01:11Là, c'est l'escalade pour l'escalade, puisqu'il n'y a pas de désescalade.
01:14C'est-à-dire, chaque fois qu'il y a une opportunité de trouver une solution offerte sur un plateau
01:17doré par le président Trump à Anchorage,
01:20où c'était vraiment la solution rêvée pour Vladimir Poutine, il ne perdait pas, il ne gagnait pas plus que
01:28nécessaire.
01:29Le petit morceau de Donbass, qui est le cœur de la démonstration de sa victoire absolue,
01:35il ne l'obtenait pas, mais il le neutralisait, le gelait, le finlandisait, bref, voilà.
01:41Il pouvait partir avec une victoire. Donald Trump était ravi, il montrait qu'il était un tafeuzeur de paix.
01:45Et au dernier moment, Vladimir Poutine, dans son hubris, son égo, tout ce qu'on analyse ici très bien avec
01:53Sergei régulièrement,
01:55n'a pas été jusqu'au bout de ça. Je pense que le ministre Lavrov y est pour beaucoup, c
02:00'est mon avis personnel.
02:01Je suis d'accord.
02:02Parce que quand il est arrivé avec son URSS sur le t-shirt, c'était aussi un message qui était
02:07très direct et très personnel.
02:10Il y a eu cette opportunité. Depuis Donald Trump boud, les Ukrainiens regagnent du terrain et attaquent partout.
02:18Là-bas, ça fait mal, mais sur des cibles, je dirais, soit duales, soit militaires, mais très peu de cibles
02:24civiles,
02:24ou quasiment pas à ma connaissance. Et les Russes, ils tapent sur les cibles civiles en pensant que ça affaiblit
02:29les Ukrainiens.
02:30Et en fait, je crois que dans sa longue lettre de juillet-août avant l'invasion de l'Ukraine, le
02:38président Poutine avait écrit que l'Ukraine et la Russie,
02:40c'était la même chose. Ils sont les mêmes. Et oui, ils sont les mêmes en résilience, en résistance, en
02:45détermination.
02:46En fait, il a trouvé un os parce qu'il se bat contre une culture qui est la même, une
02:51culture de résistance incroyable,
02:54mais surtout une innovation, une capacité à la décentralisation, à l'innovation.
03:01La plupart de ceux qui dirigent aujourd'hui la technologie militaire ukrainienne, c'est des artistes, des chanteurs, des poètes,
03:09des start-upeurs.
03:10Une reconversion générale. Vous nous direz dans un instant...
03:13Oui, mais un tiers, n'oubliez pas qu'un tiers du système militaro-industriel soviétique était ukrainien.
03:19Il y a une histoire et une tradition des officiers de l'ordre militaire, et donc ce n'est pas
03:24une nouveauté.
03:25Par contre, leur capacité à changer alors que la Russie ne change pas est extrêmement impressionnante.
03:32Est une force. De là à les faire gagner, vous nous direz si cela est possible ou pas.
03:36Retournons sur le terrain. On nous attend Alexandre Kery qui est évidemment à Kiev pour BFM TV.
03:43Est-ce qu'on se prépare encore au pire ces prochaines heures, à une prochaine nuit d'horreur ?
03:48Donnez-nous les dernières informations sur place, Alexandre.
03:51Oui, alors aujourd'hui ici sur les chaînes Telegram, notamment une rumeur circule
03:54selon laquelle une nouvelle attaque pourrait advenir dans les 48 à 72 heures prochaines.
04:00Ce serait un coup très très dur pour l'Ukraine après cette nuit denteste ponctuée par le tonnerre constant des
04:04missiles.
04:05Et un bilan qui s'alourdit, notamment avec 22 morts, 86 blessés, 70 morts.
04:09La plupart des morts et justement les opérations de secours continuent sur ce fameux, maintenant, fameux immeuble
04:15qui se trouvait d'Arnissa sur la rive gauche de Kiev.
04:17Les opérations de secours qui, bien entendu, pourraient amener vers un bilan encore plus lourd.
04:22Aujourd'hui, Zelensky a besoin de patriotes et c'est sans doute ce qu'il va demander la semaine prochaine
04:27à Ankara.
04:29Sander, le porte-parole du Kremlin disait un peu plus tôt Alain Bauer,
04:32on va continuer à augmenter la pression.
04:35Ça pourrait être une nouvelle attaque avec la même intensité dans un délai si court sur Kiev à nouveau ?
04:41Les Russes en ont les moyens ?
04:42En drone, sans aucun doute, puisque la fabrication de drones qui sont des chaïds devenus des gérants de nouvelle génération
04:49mais qui sont grosso modo de la copie et puis beaucoup d'équipements qui viennent de Corée du Nord.
04:54La production est immense et elle est de plusieurs milliers de drones, donc c'est assez facile.
05:01Mais 99% sont abattus désormais.
05:0396% la nuit dernière.
05:05Pardon, voilà.
05:06Enfin, je veux dire, il n'y a pas grand-chose qui passe.
05:09Les équipements intermédiaires sont plutôt détruits effectivement par les patriotes.
05:14Mais ce qui est passé quasiment à 100%, c'est le zircon.
05:17C'est les balistiques.
05:18Le balistique.
05:19Et là, le patriote et le balistique.
05:21Patriote, il ne peut rien contre le balistique.
05:23Il n'y a que deux outils qui aujourd'hui peuvent abattre du balistique, peut-être.
05:27C'est le SM-3 et le SM-6 américain.
05:31Qui sont là en expérimentation et qui a été mis en développant en avril seulement.
05:36Et d'ailleurs dans le Golfe, sur un des nouveaux bâtiments.
05:39Patriote marche très bien en Ukraine.
05:40En fait, les Ukrainiens sont arrivés à monter.
05:43Attention, ne soyons pas non plus trop techniques.
05:47Ce sont des missiles.
05:48Le zircon, c'est un missile balistique hyper véloce, très rapide,
05:51qui change de direction au moment où il arrive.
05:53Il a un côté extrêmement perturbant.
05:57Mais il est très cher.
05:58Il est très cher.
05:59Il n'y en a pas beaucoup.
06:01Mais les Russes en ont probablement envoyé une moitié, d'après les experts.
06:05Quatre cette nuit.
06:06Il y en a une quarantaine en stock, paraît-il.
06:09C'est un outil qui a beaucoup perturbé les experts occidentaux et de l'OTAN en disant
06:14ce que ce truc va marcher, ce qui ne va pas marcher.
06:16Les premiers essais avaient été des échecs terribles.
06:18Là, ils en ont envoyé beaucoup et il se trouve que pour tous ceux qui ont été envoyés,
06:22les missiles balistiques, hyper véloces, très rapides, la quasi-totalité a passé
06:27parce que même les patriotes ne sont pas en mesure de les intercepter, disent les Américains.
06:32Par contre, ils ont...
06:33Ils en ont intercetté les patriotes déjà de ce type-là, mais ils n'ont plus assez de patriotes.
06:36Voilà.
06:36Mais ils ont deux nouveaux types de missiles qui ont été créés sur le nouveau bâtiment
06:41qui s'appelle le Zoom Vault, la nouvelle classe de bâtiments américains,
06:44qui sont faits pour le zircon et l'hyper...
06:47Et ça, malheureusement, il n'y en a pas du tout.
06:50Donc, dans son arsenal, la Russie a tout ce qu'il faut pour gagner cette guerre ?
06:54Et comment on gagne une guerre, finalement ?
06:55Je ne pense pas qu'elle la gagnera avec ça.
06:57La démonstration, c'est justement qu'elle est en train de perdre cette guerre
07:00et que pour la perdre le moins mal possible...
07:02Oui, mais on verra dans quel état est l'armée russe.
07:05Ça, c'est un autre sujet.
07:06Il y a un autre...
07:07Oui, mais si on se concentre d'abord sur l'arsenal russe, les missiles, les drones...
07:12Est-ce qu'ils ont tout ce qu'il faut ? Pourquoi ça ne marche pas comme ça ?
07:14Ça ne marche pas comme ça. Les missiles ne gagnent pas les guerres tout seuls,
07:17pas plus qu'une campagne aérienne ne bat l'Iran par l'opération du Saint-Esprit.
07:22Ça ne marche pas comme ça.
07:23Les missiles, c'est si vous avez une opération coordonnée, centralisée.
07:27Là, pour l'instant, c'est une opération désespérée.
07:31C'est une opération désespérée sur le thème que je suis en train de perdre la guerre
07:34et je ne veux pas la perdre.
07:36Pour la perdre le moins mal possible, je vais pousser tout le monde dans ses retranchements
07:41en disant l'arme nucléaire pour la 712e fois, une arme nucléaire tactique pour la 42e fois
07:46ou je vais lancer tout ce que j'ai en stock parce que je suis en train de tout perdre.
07:50C'est la première fois que je vous entends dire ça, Alain Beurge.
07:53Opération désespérée.
07:54Là, il est en train d'intégrer Vladimir Poutine qu'il est en train de perdre cette guerre.
07:58Oui, enfin, il veut la perdre la moins mal possible parce qu'il sait que s'il la perd, il
08:03se perd.
08:04Vous savez, je partage absolument cette opinion d'Alain parce que, regardez, restons très cyniques
08:11puisque vous parlez d'arsenaux, d'arsenaux, de missiles, etc.
08:14Il y a eu 22 morts la nuit dernière plus une centaine de blessés.
08:19Vous savez, le coût de l'opération de la nuit dernière, c'est 300 millions de dollars.
08:25300 millions de dollars pour tuer 20 personnes.
08:28En fait, militairement, ça n'a aucun sens.
08:31Ça n'a aucun sens.
08:32Et les Russes continuent comme ça.
08:34Mais le fait aussi, c'est que tous les services de renseignement disent maintenant
08:38que les missiles qu'ils envoient, parce qu'après, c'est analysé, vous savez, ils ont des débris,
08:42et ils disent que c'est quasiment produit le mois dernier.
08:45Ça veut dire qu'ils n'ont plus cet énorme stock qu'ils avaient, le stock soviétique.
08:49Ils n'ont plus l'artillerie que les Coréens du Nord leur ont donné.
08:53Parce que l'artillerie, actuellement, ça ne joue plus sur le front.
08:57Il n'y a que les drones qui sont sur le front, soit 80% des pertes qui sont sur
09:01les drones.
09:02Les Russes sont principalement tués par des drones.
09:05Ils ne sont pas tués par des fantassins, par des soldats, ils sont tués par des drones.
09:08Donc, c'est une opération désespérée, Alain Bauer, je reprends vos mots,
09:12qui a été lancée la nuit dernière.
09:14Mais qu'est-ce que ça annonce, du coup ?
09:16Désespérée, pourquoi ? Parce que les Ukrainiens se révèlent de plus en plus efficaces,
09:19ou parce que les Russes ont de plus en plus de problèmes,
09:23problèmes humains, problèmes militaires ?
09:25Comment interpréter ?
09:26L'un va avec l'autre.
09:27C'est parce que les Ukrainiens sont de plus en plus efficaces
09:30qu'ils tapent dans la vie quotidienne des Russes sans atteindre des cibles civiles,
09:34ce qui est la grande différence avec ce que font les Russes,
09:36malheureusement contre les cibles ukrainiennes aujourd'hui,
09:39que la plupart des usines de production,
09:42la plupart des centres de recherche et de développement,
09:44y compris sur les drones et les équipements militaires,
09:46la plupart des raffineries, la plupart des équipements,
09:50y compris de télécommunications,
09:52sont détruits par des drones qui vont de plus en plus loin,
09:54qui tapent de plus en plus fort,
09:55y compris en face des moscovites qui voient leur principale raffinerie brûlée.
10:01Ou du forum international de Saint-Pétersbourg.
10:03Ou du forum de Saint-Pétersbourg.
10:04Et puis qu'il semblerait que, par anticipation,
10:07un certain nombre d'équipements symboliques de la puissance russe
10:12soient soit évacués, soit détruits par anticipation,
10:15donc sous réserve de vérification,
10:17parce que, comme toujours, il faut toujours vérifier.
10:19Mais il semble que nous soyons véritablement là,
10:21dans un moment où le président russe,
10:25qui explique en même temps qu'il faut trouver les moyens de négocier
10:28et qu'on ira jusqu'au bout de la fin du monde,
10:32sont là.
10:33Et il y avait une très belle présentation hier
10:35sur la télé de la propagande officielle,
10:38sur la chaîne Une,
10:40où il y en a un qui dit,
10:41vous vous rendez compte qu'on est en train de perdre
10:44ce à quoi le présentateur,
10:47Soloviev, c'est ça ?
10:48Je crois, oui, tout à fait.
10:50Il dit, oui, à ce moment-là,
10:51il faudra tout détruire
10:53pour que ça ne se voit pas trop.
10:55Je trouvais que c'était une expression
10:57d'une lucidité
10:58et d'une honnêteté étonnante.
11:04Le propagandiste est un peu étonnant par moments.
11:06Mais oui, c'est étonnant
11:08que même le propagandiste en vienne à dire ça.
11:11Il faut voir la séquence complète.
11:11J'avais un monsieur qui dit,
11:13non, mais là, ça ne va pas bien du tout.
11:14Et l'autre qui regarde comme ça en marmonne
11:16et dit, oui, il va falloir tout détruire.
11:19Sous-entendu, comme ça ne va pas du tout,
11:21on n'a pas d'autre option que...
11:23C'est pour ça que je dis qu'on est passé de l'escalade
11:25pour la désescalade,
11:25qu'il laissait toujours un espace à la négociation,
11:28à l'escalade, pour l'escalade,
11:29parce qu'il ne voit pas la sortie de son truc.
11:32Et qu'en fait, une partie de ce qu'il a dit la dernière fois
11:34est un nouvel appel à l'aide à Trump
11:35qui boude, puisqu'il dit,
11:37tu n'as pas voulu mon encourage,
11:39tu es un loser.
11:41Zelensky est un winner,
11:42ce qui est le grand enversement de la période.
11:44Et donc, le problème de Vladimir Poutine,
11:46c'est de trouver quelqu'un qui soit assez gentil
11:48pour venir faire un sauvetage
11:50en disant, bon, on va trouver un accord,
11:52peut-être qu'on pourrait remettre en Corée sur la table,
11:55c'est-à-dire, on reneutralise.
11:57Mais à qui parle-t-il en ce moment, Vladimir Poutine ?
11:59Ah ben, à personne.
12:00Il nous lance des messages à nous.
12:01À nous, il nous parle à nous.
12:03Parce que ce qu'il nous dit en substance,
12:04et ce que résumait Alain Beauvoir,
12:06c'est, donnez-la-moi ou je casse tout,
12:09y compris vous.
12:10L'étape, le langage qui nous est destiné,
12:13ça va être à nouveau d'exhiber
12:15du matériel militaire très très impressionnant,
12:18des navires de guerre qui vont nous faire peur
12:20de tirer des missiles.
12:22Et sans doute, cette rhétorique nucléaire
12:24à laquelle nous sommes désormais habitués,
12:26même si on ne peut pas avoir ce pays luxe,
12:28de ne pas y répondre, de ne pas en tenir compte.
12:31Donc ça, c'est pour nous.
12:33Et puis, par ailleurs, il nous dit,
12:35non pas pour nous impressionner,
12:36mais pour impressionner les Ukrainiens,
12:38et je vais détruire toute l'Ukraine.
12:39Parce que jusque-là, c'est vrai,
12:40ce n'est pas une guerre totale.
12:41C'est une guerre d'intimidation très brutale,
12:44absolument illégale,
12:45mais ce n'est pas une guerre totale.
12:46Une guerre d'intimidation avec quand même
12:48des pertes humaines très importantes.
12:50On a ces chiffres qui ont été donnés aujourd'hui
12:51par le Center for Strategic and International Studies.
12:551,4 million côté russe,
12:58dont 4 500 soldats russes
13:00qui sont tués sur le champ de bataille,
13:02avec un ratio de pertes russes-ukrainiennes
13:04qui, au début, se situait
13:06à entre 2 à 3 pertes russes
13:08pour une perte ukrainienne.
13:09Mais ce ratio, dit toujours ce même centre,
13:11a très probablement atteint
13:13près de 8 contre 1
13:15au cours du premier semestre.
13:17Ce qui était l'objectif,
13:18car lors de la première réunion
13:20que nous avons eue ici,
13:22et je crois que nous étions là,
13:24on a dit que l'écart
13:25devait être supérieur à 4
13:26pour que la différence démographique
13:29ukraino-russe
13:30et la différence démographique
13:31sur le terrain,
13:32comptant le 1 million de jeunes russes
13:34qui avaient fui
13:35avec la bénédiction d'ailleurs Poutine,
13:38du genre,
13:38va voir ailleurs si j'y suis,
13:40et les Ukrainiens
13:42qui eux-mêmes
13:42étaient partis
13:43puis étaient revenus se battre,
13:45etc.,
13:46étaient qu'il fallait
13:46que les Ukrainiens
13:48éliminent 4 russes
13:49pour retrouver
13:50l'équilibre de la guerre.
13:52Non seulement
13:52cet équilibre est atteint,
13:53mais il est dépassé.
13:55Et cet élément
13:55fait partie
13:56de la problématique russe
13:58parce qu'eux,
13:58ils ont les vrais chiffres
13:59de ce qui se passe maintenant.
14:00Et ça, c'est du à quoi, Alain Bauer ?
14:00Comment expliquer ?
14:01C'est les drones, les drones, les drones.
14:03Les drones et les drones.
14:04Et les robots.
14:04Oui, enfin, les drones
14:05et la robotisation qui vont avec.
14:07Et puis il y a quand même
14:07des soldats russes
14:08qui se sont rendus
14:09à des robots
14:10sur le champ de bataille.
14:11Il faut quand même
14:12envisager ça
14:13à des robots
14:13qui ne sont pas du tout humanoïdes,
14:15qui ressemblent
14:15à des grandes roues
14:16qui se déploient.
14:17Et donc, il y a quand même
14:18eu des soldats russes
14:19qui ont rendu les armes
14:20à ces robots.
14:21Pardon, mais c'est quand même frappant.
14:22On a le sentiment
14:23qu'en ce moment,
14:24les Ukrainiens
14:25sont en train d'atteindre
14:26tous leurs objectifs militaires.
14:29Tout ce qu'ils...
14:30Il ne faut pas y dégérer.
14:30Vous savez, la bataille est rude.
14:32C'est très mesuré, les Ukrainiens.
14:34C'est quand même très efficace
14:36en ce moment, Alain Bauer.
14:37Oui, parce que décentralisation,
14:39innovation, R&D,
14:41débureaucratisation,
14:42allez-y sur le terrain,
14:43faites-vous au mieux.
14:44La plupart des innovateurs militaires
14:46sont des gens
14:47qui n'ont aucune culture militaire
14:49mais une culture d'ingénieur.
14:51Parfois de penseurs.
14:53Il y a même un poète
14:54qui dirige
14:54une des principales unités
14:56de développement
14:57de robots à Dnipro.
14:59Il faut voir ce que c'est.
15:00C'est un peuple en armes.
15:01Voilà, c'est un peuple en armes
15:02où toutes les compétences
15:04ont été réunies
15:05pour dire
15:05faites ce que vous voulez
15:06pourvu que ça marche.
15:07Didier François,
15:08ça veut dire que sur le champ de bataille,
15:09les Russes n'avancent plus du tout ?
15:11Non.
15:12Ils avancent.
15:13Ils continuent à avancer malgré tout ?
15:14Si on remet les choses
15:16un petit peu en perspective,
15:17d'abord,
15:17un,
15:18les Ukrainiens
15:19font des contre-attaques
15:20dans la direction du sud,
15:22du côté de Zaporizhia,
15:23même si pour l'instant,
15:24on ne voit pas encore
15:25tous les effets
15:26parce qu'il y a
15:27de la sécurité opérationnelle.
15:28En revanche,
15:29les Russes continuent
15:30progresser sur les axes
15:31qui sont leurs axes principaux
15:33dans le Donbass.
15:35Simplement,
15:35ils progressent très lentement
15:36et avec des pertes terribles.
15:38On n'est pas dans des effondrements,
15:40on n'est pas dans des ruptures.
15:41Les Ukrainiens ne sont pas
15:43en train de reprendre
15:43leur territoire
15:44et les Russes
15:45ne sont pas en train
15:45de perdre.
15:47Les choses sont
15:48beaucoup plus complexes.
15:49Arrêtez de dire
15:50il faut arrêter,
15:50on essaie de comprendre.
15:52Oui, justement.
15:53Mais pour essayer de comprendre,
15:54il faut mettre
15:55un peu de nuance.
15:55donc les Ukrainiens
15:58arrivent à faire
15:59ce que ne font pas
15:59les Russes.
16:00C'est une campagne
16:01de frappe
16:02dans la profondeur.
16:03La campagne ukrainienne
16:04qui a commencé
16:05contre les structures
16:06de pétrolières
16:09qui sont 40%
16:10de l'économie russe
16:10en 2024
16:12est en train
16:13de se développer
16:14et touche aujourd'hui
16:15des centres
16:16qui sont les centres
16:17les plus sensibles
16:19névralgiques
16:20de la Russie.
16:21Donc là,
16:21on a une stratégie.
16:22Alors qu'on a des Russes
16:23qui eux frappent
16:25par dépit
16:26politiquement
16:26parce qu'ils n'ont pas
16:28aujourd'hui
16:29de stratégie de frappe
16:30en Ukraine.
16:30La seule stratégie
16:31de frappe
16:31qu'ils auraient
16:32c'est celle qu'ils ont
16:33en hiver
16:33et qui fonctionne
16:34qui est de casser
16:35l'électricité ukrainienne.
16:37On a eu du mal
16:38l'hiver dernier
16:39à maintenir
16:41les capacités
16:43électriques ukrainiennes.
16:44Or si vous n'avez
16:44plus d'électricité
16:45vous n'avez plus de front
16:46donc ça c'est un sujet
16:47et donc les Russes
16:48sont en train
16:49de faire le dos rond
16:50face à l'attaque ukrainienne
16:51pour tenir l'hiver prochain
16:53en espérant
16:53que leur frappe
16:54l'hiver prochain
16:55détruira
16:55les capacités
16:57électriques.
16:58Donc on a
16:58une opportunité
17:00aujourd'hui
17:00de peser
17:01avec deux attritions.
17:03Une attrition
17:04sur l'économie russe
17:05qui ne va pas s'effondrer
17:06mais qui va faire
17:07que le coup de la guerre
17:08est trop important
17:08et une attrition
17:09sur les hommes
17:10en augmentant
17:11le nombre
17:12de soldats
17:14russes tués
17:15dans l'offensive
17:16de grignotage
17:17qu'ils ont
17:17dans le Donbass
17:18pour qu'on ne leur donne pas
17:20et pousser
17:21potentiellement
17:21à des négociations.
17:22C'est ça
17:23qu'on est en train
17:24d'essayer de faire.
17:24On n'est pas
17:25dans un basculement
17:26de la guerre
17:27où les Russes
17:27n'arrêtaient d'avancer
17:28et où les Ukrainiens
17:29reprendraient leur territoire.
17:30C'est plus compliqué
17:31que ça.
17:32Parlons justement
17:32de cette armée russe.
17:34Je voudrais vous faire
17:34entendre
17:35Alain Bauer
17:36cette guerre racontée
17:37dans des lettres
17:38de soldats russes
17:39et on va en parler
17:39avec vous.
17:40Lisa Hadev
17:40ça a été publié
17:41par un média indépendant
17:42et visiblement
17:43il y a un argot
17:44du front
17:45qui s'est développé
17:46pour raconter
17:47les sévices
17:48subis par ces militaires russes.
17:50Oui c'est une anthropologue
17:51et un psychologue
17:52qui ont eu accès
17:53à ces écrits
17:53et ils ont retenu
17:54effectivement 5 mots
17:555 mots qui sont entrés
17:56dans le langage courant
17:57des soldats
17:58et très représentatif
17:59du quotidien
18:00sur le front.
18:01Dans ces lettres du front
18:02les soldats russes
18:02confient les tortures
18:03et les humiliations
18:05perpétrées par les commandants
18:06parfois jusqu'à la mort
18:07jusqu'à
18:08je parle sous votre contrôle
18:09à tous
18:09l'abdoumélinier
18:10l'annulation
18:11littéralement
18:12c'est la réduction à zéro
18:13et pour n'importe quelle faute
18:15un soldat peut être fusillé
18:16sans jugement
18:16sans enquête
18:17pour des raisons diverses
18:18et variées
18:18mais toutes arbitraires
18:19par exemple
18:20si le soldat est considéré
18:21comme lâche
18:21s'il a refusé de payer
18:23des pots de vin
18:24aux commandants
18:24ou s'il a tenté
18:25d'éviter une mission mortelle
18:27ce sont les annulateurs
18:28les commandants
18:29qui ont cette pratique
18:30ils fusillent
18:31torturent jusqu'à la mort
18:32ou déguisent
18:33la condamnation
18:34en envoyant les soldats
18:35sur des missions
18:35dont ils ne pourront
18:36évidemment jamais
18:38sortir vivants
18:39ça a un nom
18:39là aussi
18:40miyassa
18:40pour viande
18:41pour décrire
18:42les soldats d'assaut
18:43transformés en chair à canon
18:44donc les commandants
18:45envoient des assauts
18:47de miyassa
18:47comprenez donc
18:48des groupes de soldats
18:49destinés à épuiser l'ennemi
18:50personne ne peut refuser
18:52si un soldat
18:53essaie de refuser
18:54le commandant menace
18:55de le punir
18:55notamment avec une pratique
18:57illégale
18:57mais totalement courante
18:58pour les soldats russes
19:00le yama
19:01le trou
19:01une fosse
19:02creusée profondément
19:03dans la terre
19:04parfois fermée
19:05par une grille
19:05et les soldats punis
19:07sont déshabillés
19:08ligotés aux mains
19:09et aux pieds
19:09et jetés dans ce trou
19:10qui peut mesurer
19:11deux ou trois mètres
19:12de profondeur
19:13il arrive même
19:13qu'ils y soient suspendus
19:14dans des sacs de couchage
19:15la tête en bas
19:17la bouche scotchée
19:17parfois arrosée
19:18avant de recevoir
19:19des charges électriques
19:20et ils peuvent y rester
19:21plusieurs jours
19:22sans boire
19:23ni manger
19:23quand les soldats
19:24se retrouvent
19:25à la yama
19:25au trou
19:26c'est souvent
19:26qu'ils ont voulu
19:27dénoncer
19:28l'octoupe
19:28pour rançon
19:29les fameux pots de vin
19:30les commandants russes
19:31savent très bien
19:32que les contrats des soldats
19:33sont rémunérés
19:33c'est au moins 4 600 euros
19:34au moins
19:35sans les primes
19:36diverses et variées
19:36et d'après
19:37ces témoignages du front
19:38cette somme
19:39elle est bien souvent
19:40destinée à négocier
19:41pour sa survie
19:42et tout est très organisé
19:43une permission
19:44regardez
19:44coûte au moins
19:4550 000 roubles
19:46l'équivalent de 600 euros
19:47le sursis
19:48avant l'envoi
19:49en territoire ukrainien
19:50occupé
19:50c'est 150 000 roubles
19:511800 euros
19:52et le transfert
19:53à un poste
19:54non combattant
19:55250 000 roubles
19:56l'équivalent de 3000 euros
19:57et évidemment
19:58c'est une liste
19:58qui n'est pas exhaustive
19:59Alain Bauer
20:00c'est édifiant
20:01ce récit
20:02et ça pose aussi
20:03la question
20:04de l'état
20:05dans lequel se trouve
20:06cette armée russe
20:07on parle de déserteurs
20:09de plus en plus nombreux
20:10est-ce qu'à terme
20:11cette armée russe
20:12pourrait manquer d'hommes
20:13est-ce que ça aussi
20:14c'est un des problèmes
20:15auxquels le prison russe
20:16pourrait faire face
20:17le premier ministre
20:18a répondu à cette question
20:19Mikostin a expliqué
20:20qu'il n'avait pas assez d'argent
20:21pour finir le budget de l'année
20:23à la Douma
20:24et deux
20:25qu'il manquait
20:26un million de bras
20:27pour faire fonctionner
20:27l'économie de guerre
20:28l'économie de guerre
20:30russe
20:31tout compris
20:31on n'avait pas le détail
20:32entre civils et militaires
20:33mais il se trouve
20:35que nous passons notre temps
20:36à essayer de trouver
20:37des sources bizarres
20:38alors que les russes
20:39nous disent tout
20:39en bonne bureaucratie
20:41nous disent tout
20:42alors ça ils ne le disent pas
20:44en l'occurrence
20:44ce que vient de raconter
20:45pas les officiels
20:46si si ça sert
20:47mais ça c'est connu
20:48depuis l'armée du tsar
20:49on parlait des chiffres économiques
20:51mais ça c'est connu
20:52depuis l'armée du tsar
20:53c'est une méthode
20:55et ça se passe comme ça
20:56dans de nombreuses armées
20:57c'est très particulier
20:59mais il y a d'autres armées
21:01c'est connu et ça sert
21:01à ce que ce soit connu
21:02parce que ça fait peur
21:03mais bien sûr
21:04ça fait partie de la tradition
21:05c'est le but
21:05c'est de la propagande aussi
21:06mais si vous prenez
21:07la grande guerre du nord
21:09dont personne n'a entendu parler
21:10à part Sergei ici
21:11peut-être
21:12et probablement Didier
21:13c'est la guerre des russes
21:15contre les suédois
21:16moi aussi je la connais
21:17tout de même
21:19et j'allais direz Elsa
21:22les russes perdent
21:23perdent
21:24perdent
21:24gagnent à Poltava
21:26en Ukraine
21:27pourquoi ?
21:28parce que c'est une boucherie
21:30permanente
21:31où la logique est
21:32de toute façon
21:33je perds
21:35beaucoup plus d'hommes
21:36que les autres
21:36mais ils n'en ont pas assez
21:38pour tenir jusqu'au bout
21:39et les suédois se retirent
21:40sans avoir perdu
21:41une seule bataille
21:42mais par défaut
21:44d'hommes
21:45pour continuer
21:46à faire la guerre
21:48Patruchef
21:49le bras droit historique
21:51de Vladimir Poutine
21:52disait
21:53les russes
21:55savent souffrir
21:56comme personne
21:57mais les ukrainiens aussi
21:58et les ukrainiens aussi
21:59et ça c'est la grande
22:01erreur
22:02culturelle
22:03de Vladimir Poutine
22:04les ukrainiens
22:05c'est comme des russes
22:07du point de vue
22:08de la résistance
22:08de la résilience
22:09de la gestion
22:10de la souffrance
22:10de la volonté
22:11de résister
22:12et voilà
22:13et quand il dit
22:14c'est les mêmes
22:14il a raison
22:15c'est les mêmes
22:15sauf que
22:16c'est l'envers
22:17du décor
22:17donc tout ça
22:18est connu
22:20je ne crois pas
22:20que l'armée russe
22:21va se soulever
22:23et puis
22:23c'est pas toujours
22:24c'est rarement comme ça
22:26que ça peut se passer
22:26je pense que c'est plutôt
22:27le système
22:28qui va s'effondrer
22:29et que quelqu'un
22:29un beau matin
22:30va pousser
22:31Vladimir Poutine
22:32du haut d'un escalier
22:33au mieux
22:34ou
22:35qui va avoir
22:36une crise cardiaque
22:37au pire
22:37si je vous suis
22:37ce soir
22:38les uns et les autres
22:40tout est en train
22:41de s'aligner
22:41pour que les ukrainiens
22:43arrivent plus fort
22:43à la table des négociations
22:44si une négociation
22:45il y a
22:46c'est la question
22:47c'est ce que veut
22:48Vladimir Poutine
22:49c'est le retour
22:49à la négociation
22:50mais le problème
22:51c'est que plus personne
22:52n'est aujourd'hui
22:53prêt à la négociation
22:54lui parce qu'il sait
22:55que s'il va négocier
22:56il va perdre
22:57Donald Trump
22:58parce qu'il dit
22:58j'ai essayé
22:59je boude
23:00les européens
23:01parce qu'ils disent
23:02bon on a peut-être
23:03une opportunité
23:03que ça réussisse
23:04à la fin
23:05on ne sait jamais
23:06enfin
23:06il n'y a personne
23:08pour négocier
23:08c'est une partie du problème
23:09selon vous
23:10quelle est votre intuition
23:11qu'est-ce qui se profile
23:11je pense que ça va être
23:12un champ du signe
23:14désespéré
23:14et très violent
23:15mais qui se terminera
23:17par
23:18peut-être le moment
23:19où
23:21les ukrainiens
23:21réussiront une opération
23:24extrêmement spectaculaire
23:28sortant Poutine
23:29du piédestal
23:30sur lequel il lance
23:31aux yeux
23:31de tous les russes
23:32le rendant
23:34ridicule
23:34ce qui explique d'ailleurs
23:35que la fête
23:37de la grande guerre
23:38parce qu'il est vide
23:38dure deux heures
23:39c'est déjà fait
23:40le 9 mai
23:41vous vous souvenez
23:41avec Lucas de Zelensky
23:43qui a dit à Poutine
23:44je te permets
23:45d'avoir le défilé
23:46sur la place rouge
23:47ce qui serait bien
23:48c'est le jour
23:48où il ne permet pas
23:49d'avoir le défilé
23:50oui c'est ça
23:50voilà
23:51il y a encore une case
23:52à monter
23:53il a dit 40 jours
23:54Zelensky
23:54on n'y est pas
23:55on est à 10 jours
23:56on est à 10 jours
23:57on est à 10 jours
23:58avec des sites
23:59et infrastructures énergétiques
24:01particulièrement visées
24:02mais vous parlez
24:02le jour où ce truc là
24:03il prend un drone
24:04et qu'il s'effondre
24:05ça ne fait pas la même chose
24:07c'est ça
24:07ça s'est passé déjà
24:08dans les films de Hollywood
24:09je regardais ce qui était
24:10derrière moi
24:11vous parlez d'une opération
24:13spectaculaire
24:13qui pourrait peut-être
24:14accélérer les choses
24:15est-ce que ça pourrait être
24:17ou là encore
24:18ça manque de subtilité
24:20de reprendre le contrôle
24:21de la Crimée
24:21où on n'y est pas du tout
24:23parce que c'est aussi
24:23l'un des objectifs
24:24des Ukrainiens
24:25assiéger tout d'abord
24:26la Crimée
24:27par reprendre le contrôle
24:28de la Crimée
24:28ça semble peu probable
24:30à ce stade
24:30aujourd'hui
24:31les Ukrainiens n'ont aucun intérêt
24:33à se lancer dans une offensive
24:34où ils vont perdre
24:34encore une fois
24:35on est dans une guerre
24:36d'attrition
24:36l'attrition
24:37ça veut dire l'usure
24:38les Ukrainiens
24:39leur but dans la vie
24:40aujourd'hui
24:41c'est de tuer
24:42le plus de Russes possible
24:43qui viennent
24:45en fait
24:46quand on parle de Miassa
24:47ce que eux
24:47les Russes appellent
24:48le hachoir à viande
24:49c'est qu'ils envoient
24:50des masses d'hommes
24:52non formés
24:52pour saturer
24:54les défenses ukrainiennes
24:55et après
24:56une fois qu'ils ont fait ça
24:57pendant un certain temps
24:58et qu'ils ont perdu
24:58beaucoup d'hommes
24:59non formés
25:00qui ont été mobilisés
25:01ce qu'on appelle
25:01les mobiques
25:02là ils envoient
25:03les troupes d'assaut
25:05formées
25:06qui sont leurs meilleurs
25:07combattants
25:07pour coiffer
25:09donc vous voyez bien
25:10que les Ukrainiens
25:11reculent doucement
25:12en se mettant
25:13sur des positions
25:14voilà
25:15au fur et à mesure
25:15ils lâchent
25:16les positions
25:17qu'ils avaient devant
25:18pour se remettre
25:18dans une position derrière
25:19et continuer
25:20à tuer le plus
25:21de Russes possible
25:22pour faire en sorte
25:23que Vladimir Poutine
25:24soit posé
25:26sur cette équation
25:27soit je décrète
25:29une mobilisation générale
25:30ce qui posera
25:31un problème politique
25:31majeur à la Russie
25:33ce qu'il a refusé
25:34de faire depuis le début
25:34soit je négocie
25:37j'accepte un cessez-le-feu
25:38il faut savoir
25:39qu'il y a trois choses
25:40on l'avait toujours dit
25:41qui pouvaient faire basculer
25:43la guerre à ce stade
25:44c'était soit
25:44une mobilisation générale
25:45de la Russie
25:46ce qu'il se refuse à faire
25:47soit une entrée massive
25:49de l'aide chinoise
25:50au niveau militaire
25:51ce que les Chinois
25:51se refusent à faire
25:53soit on avait
25:54l'élection de Donald Trump
25:54ça on a réussi
25:55à le neutraliser
25:56aujourd'hui
25:57donc c'était les trois éléments
25:58qui pouvaient changer
25:59fondamentalement
26:00la donne pour les Russes
26:01aujourd'hui
26:02ce qu'ils essayent de voir
26:03c'est s'ils peuvent tenir
26:04un peu plus longtemps
26:05pour arriver
26:06dans de meilleures positions
26:07à des négociations
26:08et prendre le Donbass
26:10à un prix monstrueux
26:11c'est ça la question
26:12les Ukrainiens
26:13ne vont pas attaquer
26:13la Crimée
26:14ils vont attendre tranquillement
26:15que sous les bruits
26:17les URUS s'en partent
26:18parce que ce n'est plus vivable
26:19ce qu'on est en train de voir
26:20parlons de la pénurie
26:21de carburant
26:22justement en Russie
26:23vous avez raison
26:24de dire que finalement
26:25ce sont les Russes
26:26qu'il faut écouter
26:27puisqu'ils disent
26:27les choses haut et fort
26:29et le vice-premier ministre
26:30a lui-même reconnu
26:31alors tout en le minimisant
26:33évidemment
26:33mais qu'il y avait quand même
26:34oui un problème de carburant
26:35il est vrai qu'il existe
26:38actuellement des pénuries
26:39et des perturbations
26:40d'approvisionnement
26:41dans certaines stations
26:42services
26:42de notre marché national
26:45celles-ci sont principalement
26:47liées à des changements
26:48logistiques
26:48dans les livraisons
26:49depuis les raffineries
26:50vers certains dépôts
26:51de carburant
26:52mais ces perturbations
26:53sont rapidement résolues
26:54et nous travaillons
26:55quotidiennement
26:56avec nos compagnies pétrolières
26:57pour traiter
26:58et éliminer les problèmes
26:59qui surviennent
27:00occasionnellement
27:02Et regardez les scènes
27:04que cela provoque
27:04dans les stations
27:05services en Russie
27:07on parle bien
27:07d'essence de Russie
27:08et pas de climatiseur
27:09et de la France
27:10on est en Russie
27:11et c'est l'essence
27:12qui manque
27:16...
27:18...
27:20...
27:20...
27:24...
27:25...
27:44Il fait bon vivre en Russie en ce moment, Alain Bauer.
27:47Vous n'avez pas passé le meilleur moment.
27:50Dimitri Peskov expliquant que la Russie va racheter du pétrole qu'elle a vendu
27:54en espérant trouver un bon prix.
27:56À l'Inde et au Kazakhstan.
27:58Et au Kazakhstan.
28:00Mais est-ce que ça, c'est vraiment en train de devenir un vrai sujet ?
28:02C'est un sujet de tous les jours.
28:04Rappelez-vous, quand il y a une petite pénurie, même pas de pénurie,
28:08quand le prix de l'essence va augmenter et que vous avez des files d'attente,
28:12là, il n'y en a pas du tout.
28:14En Crimée, on vous explique qu'on fait 200 km pour trouver un plein
28:18qui permet de refaire les 200 km dans l'autre sens
28:20et de repartir pour un tour avec quelqu'un qui vous dit
28:23« Bon, je vais commencer à prendre le bus. Ah non, il n'y a plus de bus. Je vais
28:26partir. »
28:26Et ça, ça ne peut pas le ramener à la table des négociations ?
28:29La lumière de Poutine ?
28:30L'idée générale des Ukrainiens, c'est ça.
28:33Le message de Poutine, c'est « Je veux bien revenir à la table des négociations,
28:36mais je ne veux pas être humilié parce que l'humiliation est l'élément moteur de
28:40« Vous avez voulu nous liquider après les années 90 et ratati, ratata. »
28:45Le problème, c'est que cette histoire, en fait, il s'en convient lui.
28:48Ah ben, c'est sans fin jusqu'au moment où tu perds pied.
28:51Par exemple, madame Nabyulova, la patronne de la Banque centrale russe
28:55qui a quand même sauvé les finances russes, pas l'économie,
28:57elle a disparu. Elle est soit malade, soit arrêtée, soit démissionnaire.
29:01Elle est réparue là.
29:02Elle était arrêtée, démissionnaire, soit empoisonnée.
29:05Il y avait eu un débat.
29:06Mais l'idée même qu'elle explique elle-même dans le bulletin mensuel de la Banque centrale russe,
29:10qu'en fait, il n'y a plus d'argent du tout.
29:13Il n'y a plus d'argent sur le fonds de pension.
29:14Il n'y a plus d'argent sur le fonds de retraite.
29:16Il n'y a plus d'argent pour les médicaments.
29:18Il n'y a plus d'argent.
29:19Il y a eu une bouffée d'oxygène à cause de l'Hormuz,
29:22qui est finie, parce que tout est reparti.
29:24Et maintenant, l'opération ukrainienne amène les Russes
29:28à importer de leur propre essence.
29:33Non, pire, l'essence qui est produite par les Andiens
29:35de leur propre pétrole.
29:37Oui, c'est ça.
29:38On est dans un truc qui est...
29:39Qui est aberrant.
29:40Non, mais là, vous avez raison de poser la question,
29:43c'est comment on sort de ça ?
29:45C'est-à-dire comment on sort de l'équation
29:47qui est refus de l'humiliation, entre guillemets, de Poutine ?
29:52C'est pour ça que je dis ces sans fin.
29:53Oui et non, c'est toujours pareil.
29:56Si au bout d'un certain temps, par exemple,
29:57ça pouvait commencer sur la question de,
30:00ok, très bien, les Américains re-rentrent dans le jeu,
30:02avec deux choses.
30:03Un, dire, si jamais on commence par un cessez-le-feu
30:08sur les frappes dans les profondeurs,
30:09qui pourraient ensuite un cessez-le-feu
30:11sur les lignes de front telles qu'elles sont,
30:13en échange d'une discussion sur la levée des sanctions
30:15et de l'investissement financier,
30:18sur la reconstruction du système pétrolier.
30:22C'est ça, en fait, qui est derrière.
30:24Après, on va voir,
30:25quand Vidkoff et Jared,
30:26qui sont leurs négociateurs habituels,
30:28auront fini la question de l'Iran,
30:29c'est sur des questions comme ça
30:31que sont en train de se réfléchir.
30:32L'idée est de sortir de la question territoriale.
30:34Parce que si on reste coincé sur la question territoriale
30:37et les revendications russes sur le Donbass,
30:39qui serait ce qu'avait été, en fait, l'affaire de l'Alaska,
30:43ça ne marchera pas.
30:44D'abord parce que les Ukrainiens ne peuvent pas l'accepter,
30:45que nous, nous ne pouvons pas l'accepter,
30:47et que, finalement, la Russie, le pays...
30:49Donc, la vraie question, c'est
30:51est-ce que Vladimir Poutine pense
30:53ce que lui disent ses chefs militaires ?
30:55C'est que s'il tient encore un ou deux ans,
30:57il arrivera à l'avoir,
30:58et là, on y arrivera,
31:00soit le prix sera trop fort à payer,
31:03il vaut mieux s'arrêter avant.
31:04Mais sans échanges territoriaux,
31:06il faudrait avoir un accord sur d'autres choses,
31:09sur trouver autre chose
31:10qui soit la question économique
31:12et de relance de l'économie russe
31:14et de la reconstruction de la Russie,
31:15pas sur l'échange territorial.
31:17C'est ça la difficulté.
31:18Ce n'est pas gagné, je ne dis pas ça.
31:19Mais c'est ça l'objectif sur lequel travaille tout le monde en ce moment.
31:22Le président Zelensky a adressé un message
31:24au membre de l'OTAN, aujourd'hui, Alain Bauer,
31:26alors qu'ils se réunissent la semaine prochaine à Ankara,
31:29en leur disant
31:29« Nous avons besoin de systèmes de défense anti-aérienne,
31:33nous avons besoin de plus. »
31:36Que veut-il obtenir ?
31:37Qu'est-ce qui pourrait être annoncé ?
31:39Parce qu'on imagine que le sujet va être au cœur
31:41de ce sommet de l'OTAN la semaine prochaine.
31:43Est-ce qu'on doit s'attendre à des annonces,
31:44à un soutien accru des membres de l'OTAN,
31:46ou pas forcément ?
31:47D'un point de vue philosophique, politique, financier,
31:51il n'y a aucun problème.
31:52Tout ça est déjà acté,
31:53y compris avec des membres de l'OTAN
31:55plus réticents ou plus modérés que d'autres.
31:58La question hongroise a été en partie levée.
32:02Non, la question, c'est qu'il n'y a pas de patriote,
32:04donc il ne va pas en avoir.
32:05Il veut la licence des patriotes.
32:07Il veut pouvoir fabriquer ses patriotes en Ukraine.
32:10C'est plutôt une bonne idée.
32:12Il les fabriquera plus vite, plus rapidement,
32:14et comme les Israéliens le font,
32:17avec beaucoup moins cher.
32:18Et c'est le problème, d'ailleurs.
32:20Oui, mais il a l'air de dire, le président Zelensky,
32:21que ça peut être crucial à ce moment-là du conflit.
32:24Il a raison ou pas ?
32:25Oui, bien sûr.
32:25Alors pourquoi on ne lui donne pas cette licence ?
32:27C'est la meilleure question de votre politique de la guerre.
32:28Il faut demander ça à Donald Trump,
32:30d'abord parce que personne d'autre que les Américains
32:33n'a cette licence.
32:34C'est un élément de leur propre puissance.
32:36Les seuls qui ont une version améliorée,
32:38c'est les Israéliens pour des raisons historiques.
32:40Les Japonais, non ?
32:41Non.
32:41Non, non, ils n'ont pas la licence.
32:42Ils ont des patriotes et des patriotes
32:44qu'on leur a piqué, d'ailleurs,
32:46les Coréens du Sud,
32:47durant la guerre avec l'Iran.
32:50Non, non, personne n'a la licence.
32:51On voit même que...
32:53Personne ne sait comment construire des patriotes,
32:55sauf les Israéliens,
32:56parce que dans la construction complexe du dôme de fer
32:59et des trois niveaux,
33:00ils ont obtenu ça de la même manière
33:02qu'ils ont obtenu des accès particuliers au F-35
33:05pour faire leur F-35 à eux,
33:07qui vont plus loin,
33:08qui sont plus précis,
33:09et qui sont mieux dotés,
33:10et qui sont nucléaires.
33:11Mais on voit que le discours du président américain
33:13a changé ces derniers jours
33:14à l'égard de Zelensky.
33:15Est-ce qu'on peut s'attendre, du coup ?
33:16Est-ce que les lignes bougent aussi
33:18sur cette question-là ?
33:19C'est un enjeu.
33:20Ou c'est un des enjeux de la semaine prochaine ?
33:22On est d'accord.
33:23C'est la question de l'anti-balissi
33:26qui est un enjeu pour tout le monde,
33:27y compris pour nous,
33:28parce que nous, on n'est pas capable
33:28de produire suffisamment.
33:29On a le Mamba,
33:30on pourrait faire la même chose.
33:31Par exemple, on est en train de discuter
33:37de la négociation.
33:39Donc, on donne un certain nombre de choses,
33:40mais en anti-missile,
33:43c'est un sujet qui se pose à nous tous.
33:45Donc, on est en train d'y travailler,
33:46y compris avec les pays du Golfe.
33:47Pourquoi ?
33:47Parce que, comme les Russes,
33:50pardon, les Américains
33:51sont en train de reconstituer leur stock,
33:52parce qu'ils en ont usé,
33:53mais alors,
33:54what's million en Iran,
33:57eh bien, tout le monde est en attente.
33:59Et les Américains, j'y arriverai,
34:03se reconstituent leur stock
34:04avant de fournir aux autres.
34:05Donc, nous-mêmes...
34:06Oui, tout est une question de timing.
34:09Voilà.
34:09Donc, on est en train de voir
34:10des investissements croisés
34:11qui permettraient aux Européens
34:13et aux pays du Golfe
34:13de construire des missiles anti-balistiques.
34:15Et ça, ça va prendre du temps.
34:16Il n'y a pas de solution immédiate.
34:17Une réaction, quand même,
34:18à ce nouveau rapport
34:19d'un think tank britannique
34:21qui indique que les incursions
34:22de drones russes
34:23en Union européenne
34:24ont permis...
34:25À Moscou, ça vous fait sourire,
34:27Alain Bauer, parce que...
34:27Je suis toujours fasciné
34:29quand on découvre que...
34:30Alors, j'étais sûre
34:31que vous alliez me dire ça.
34:32C'est formidable.
34:32Mais malgré tout, je peux vous dire...
34:36de la question,
34:38mais j'essaie de travailler
34:38un petit peu
34:39quand je prépare ces émissions.
34:40Et je peux vous dire
34:41qu'en lisant ça,
34:41moi, ça m'a fait froid dans le dos.
34:43Je vais donc jusqu'au bout
34:44de ma phrase.
34:45Ils le font.
34:45Ces drones russes
34:46qui se sont donc...
34:48qui sont allés
34:48sur le territoire
34:49de l'Union européenne
34:50ont permis à Moscou
34:51de cartographier les failles
34:52de notre système
34:54de défense aérienne,
34:55celui des Européens.
34:56On parle de 144 incursions
34:58dans l'espace aérien européen
34:59entre août 2024
35:00et janvier 2026.
35:04Vous dites qu'il faut
35:05relativiser ces informations ?
35:07Non, il ne faut rien relativiser.
35:08Ça montre notre extraordinaire dénuement,
35:10notre incapacité à lutter
35:11contre les drones
35:12et notre incapacité, surtout,
35:13à comprendre
35:14ce qui était en train
35:15de nous arriver.
35:15Parce que quand un petit drone
35:16arrive sur l'aéroport,
35:18le machin,
35:18sur nos bases militaires,
35:21sur nos centrales nucléaires,
35:23c'est toujours considéré
35:23comme un incident.
35:25Alors, parfois,
35:26c'est un amateur
35:28pas très éclairé
35:29qui veut faire mumuse,
35:30mais la quantité de drones,
35:32tous les services
35:32de renseignement européens
35:34expliquent depuis
35:35au moins deux ans
35:36que les incursions
35:38de drones
35:38sont massives,
35:39qu'une partie de ces drones
35:40sont opérés
35:41à partir de la flotte
35:42fantôme russe
35:44qui croise au large
35:45régulièrement,
35:46au large de nos propres côtes
35:48et avec notre incapacité
35:50particulière
35:51à gérer intelligemment
35:52cet espace
35:53au nom de
35:54grandes conventions internationales
35:56où nous décidons
35:57de nous désarmer
35:58pour laisser les autres
35:59Et donc,
36:00on fait quoi Alain Bauer ?
36:01Et est-ce que ça veut dire
36:02que les Russes,
36:03franchement,
36:03se préparent à long terme
36:04à une confrontation
36:06avec les Européens ?
36:07Ils le disent tout le temps
36:08pour qu'on ne les croit pas.
36:10Mais donc ça,
36:10c'est une preuve supplémentaire.
36:12Disons que c'est important
36:13de le rappeler, Alice,
36:14parce que les Français
36:15l'entendent régulièrement
36:16sous plein d'autres formes.
36:17Et qu'est-ce qu'il faut faire ?
36:18Se réarmer,
36:21se redroniser,
36:22apprendre ce qu'on fait,
36:23arrêter de se préparer
36:24à la garde d'après
36:25et se préparer à la garde
36:26de là.
36:27Et puis répondre.
36:28Ça veut dire quoi répondre ?
36:29Ils ne respectent que la force,
36:31ils le disent eux-mêmes d'ailleurs.
36:32Mais ça veut dire quoi ?
36:32la violence est le dernier refuge
36:33de l'incompétence,
36:34pas pour les Russes.
36:35Mais concrètement,
36:36ça voudrait dire quoi répondre
36:37à ces incursions ?
36:38On ne le fait pas à chaque fois.
36:41On ne le fait pas du tout.
36:42On ne le fait pas du tout.
36:43Maintenant,
36:43ça pourrait tomber.
36:45Merci Alan Bauer,
36:46merci d'avoir été avec nous.
36:48Et je rappelle évidemment
36:49le titre de votre livre
36:51La vérité sur le système Epstein
36:53à très vite.
36:54Je crois que vous partez
36:55quelques jours en congé.
36:57Et du coup,
36:58c'était...
36:58Non, pas du tout.
36:58Mes étudiants outre-Atlantique,
37:00mais je ferai aussi des congés.
37:01Oui, mais en tout cas,
37:02c'était votre dernier passage
37:05avant de partir
37:06prendre un peu l'air ailleurs.
37:08Merci beaucoup Alan Bauer
37:10d'avoir été avec nous.
Commentaires