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  • il y a 2 jours
Des frappes de missiles russes et par drones ont secoué Kiev tôt dans la matinée de ce jeudi 2 juillet, faisant au moins 13 morts et des dizaines de blessés, après que le président Volodymyr Zelensky eut averti que Moscou préparait une "attaque massive".

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Transcription
00:00Je voudrais vous faire entendre, Alain Bauer, cette guerre racontée dans des lettres de soldats russes.
00:05Et on va en parler avec vous, Lisa Hadev, ça a été publié par un média indépendant.
00:08Et visiblement, il y a un argot du front qui s'est développé pour raconter les sévices subis par ces
00:15militaires russes.
00:16Oui, c'est une anthropologue et un psychologue qui ont eu accès à ces écrits.
00:19Ils ont retenu effectivement cinq mots, cinq mots qui sont entrés dans le langage courant des soldats
00:24et très représentatif du quotidien sur le front.
00:26Dans ces lettres du front, les soldats russes confient les tortures et les humiliations perpétrées par les commandants,
00:32parfois jusqu'à la mort, jusqu'à, je parle sous votre contrôle à tous, l'abdoumeninier.
00:36L'annulation, littéralement, c'est la réduction à zéro.
00:39Et pour n'importe quelle faute, un soldat peut être fusillé sans jugement, sans enquête,
00:43pour des raisons diverses et variées, mais toutes arbitraires.
00:45Par exemple, si le soldat est considéré comme lâche, s'il a refusé de payer des pots de vin au
00:50commandant
00:50ou s'il a tenté d'éviter une mission mortelle, ce sont les annulateurs, les commandants qui ont cette pratique.
00:56Il fusille, torture jusqu'à la mort ou déguise la condamnation en envoyant les soldats sur des missions
01:01dont ils ne pourront évidemment jamais sortir vivants.
01:05Ça a un nom, là aussi, Miassa, pour viande, pour décrire les soldats d'assaut transformés en chair à canon.
01:10Donc les commandants envoient des assauts de Miassa, comprenaient donc des groupes de soldats,
01:14destinés à épuiser l'ennemi.
01:16Personne ne peut refuser.
01:18Si un soldat essaie de refuser, le commandant menace de le punir,
01:21notamment avec une pratique illégale mais totalement courante pour les soldats russes.
01:26Le yama, le trou, une fosse creusée profondément dans la terre, parfois fermée par une grille,
01:31et les soldats punis sont déshabillés, ligotés aux mains et aux pieds et jetés dans ce trou
01:35qui peut mesurer deux ou trois mètres de profondeur.
01:38Il arrive même qu'ils y soient suspendus dans des sacs de couchage,
01:41la tête en bas, la bouche scotchée, parfois arrosée avant de recevoir des charges électriques.
01:46Et ils peuvent y rester plusieurs jours sans boire ni manger.
01:49Quand les soldats se retrouvent à la yama, au trou,
01:52c'est souvent qu'ils ont voulu dénoncer l'octoupe pour rançon, les fameux pots de vin.
01:56Les commandants russes savent très bien que les contrats des soldats sont rémunérés.
01:59C'est au moins 4 600 euros, au moins, sans les primes diverses et variées.
02:03Et d'après ces témoignages du Front, cette somme, elle est bien souvent destinée à négocier pour sa survie.
02:08Et tout est très organisé.
02:09Une permission, regardez, coûte au moins 50 000 roubles, l'équivalent de 600 euros.
02:13Le sursis avant l'envoi en territoire ukrainien occupé, c'est 150 000 roubles, 1 800 euros.
02:18Et le transfert à un poste non combattant, 250 000 roubles, l'équivalent de 3 000 euros.
02:23Et évidemment, c'est une liste qui n'est pas exhaustive.
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