00:00Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier.
00:03Moi je regrette d'avoir utilisé ce terme.
00:05Un rétro-pédalage en moins de 24 heures.
00:08Le ministre de l'économie Roland Lescure a regretté ses propos tenus ce mardi 24 mars devant la commission des
00:14finances.
00:14Il avait parlé d'un nouveau choc pétrolier en raison de la guerre au Moyen-Orient.
00:19Nous faisons face, mesdames, messieurs les députés, à un choc énergétique d'ampleur.
00:23C'est un choc d'offres qui affecte simultanément le volume et le prix des produits énergétiques au niveau mondial.
00:30Ce qui fait qu'à court terme nous assistons à deux choses.
00:33D'abord une contraction des approvisionnements.
00:36Et c'est inédit.
00:38Avec la crise, ce sont 15 à 20% du pétrole, 20% du gaz naturel liquéfié au niveau mondial
00:45qui n'arrive plus sur les marchés.
00:48Les alternatives mises en oeuvre par l'Arabie Saoudite et dans une moindre mesure par les Émirats Arabes Unis ne
00:53suffisent pas à pallier cette contraction brutale.
00:56Ce sont donc 11 millions de barils en moins par jour pour l'économie mondiale selon l'Agence internationale de
01:03l'énergie.
01:04Cette contraction des approvisionnements s'est traduite par une hausse des prix des carburants et de l'énergie dans le
01:10monde entier.
01:11Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier et si ce choc énergétique persiste, au-delà de quelques semaines,
01:20la crise pourrait se diffuser plus largement à l'économie et être au fond d'une nature plus systémique.
01:26C'est un choc pétrolier, on en a connu une dizaine depuis 50 ans et malheureusement ça va nous coûter.
01:33Mais il a fait machine arrière ce mercredi 25 mars après le Conseil des ministres.
01:37En vous écoutant, doit-on comprendre que la France n'est pas encore en état de choc pétrolier comme vous
01:42l'évoquiez hier face aux députés ? Merci.
01:46Merci pour cette question. J'ai bien vu que l'utilisation de ce terme hier en audition de la Commission
01:51des finances avait suscité un certain émoi et des débats importants ce matin.
01:56Et donc je vais être très clair, moi je regrette d'avoir utilisé ce terme.
01:58Il s'appliquait dans mes mots à la situation internationale et en aucun cas à la situation française, mais il
02:06a visiblement déclosé un débat autour de la situation française.
02:09Moi, depuis le début de cette crise, je m'efforce d'être lucide, transparent, ni de rassurer, ni d'inquiéter,
02:16mais de présenter du mieux possible
02:18les enjeux économiques et financiers et énergétiques d'une crise qui évoluent tous les jours.
02:24La France, elle est mieux préparée, elle est moins exposée, je l'ai dit tout à l'heure, à la
02:29fois que ses voisins européens,
02:31et a fortiori évidemment que les pays asiatiques qui sont directement concernés.
02:35Donc ce terme de choc, il est valable dans un certain nombre de pays asiatiques, oui, où on a des
02:40mesures de rationnement,
02:42on a des mesures d'économie, on relance des centrales à charbon, on a des mesures de télétravail,
02:48on a des mesures importantes dans un nombre important de pays.
02:51Évidemment, et j'allais dire heureusement, on n'en est pas là en France, et donc la réponse à votre
02:56question, c'est non, on n'en est pas là, et heureusement.
02:58Le 24 mars au soir, il tentait déjà de rassurer sur France Inter sur l'emploi du terme.
03:03Mais la raison pour laquelle j'ai prononcé ce terme, c'est que je ne veux surtout pas donner l
03:08'impression, comme vous dites,
03:09qu'on va serrer les dents et passer à travers, mais quand même pour illustrer l'ampleur de ce qu
03:13'on vit aujourd'hui.
03:15Et donc évidemment, quand on vit un choc de cette ampleur dans le monde, on ne va pas passer un
03:19moment facile.
03:20Ça va avoir un impact sur la croissance, ça va avoir un impact sur l'inflation, vous l'avez dit,
03:24l'INSEE l'a dit dans sa note de conjoncture.
03:26Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est que la France est entrée dans cette crise plutôt en
03:32bonne forme,
03:32au sens où la croissance était plutôt mieux que ce qu'on attendait, l'inflation était en dessous de ce
03:37qu'on attendait.
03:38Et donc on peut espérer, à condition de bien faire les choses, passer à travers cette crise, si elle ne
03:44dure pas trop longtemps,
03:45sans trop de dommages, mais ça va nous coûter, oui bien sûr.
03:47Le terme « choc pétrolier » est très connoté historiquement.
03:51Il rappelle les crises des années 70, où la hausse brutale du prix du pétrole a perturbé l'économie mondiale.
03:57Bref, parler de choc pétrolier réveille des traumatismes.
04:00Roland Lescure change donc de pied, surtout que le gouvernement a exclu l'instauration d'aide générale aux Français comme
04:06un bouclier tarifaire.
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