- il y a 2 jours
Cette semaine on s'enflamme pour Pierre Rolland ! Ancien cycliste professionnel, Pierre Rolland a notamment remporté deux étapes sur le Tour de France, dont l'Alpe D'Huez en 2011, année lors de laquelle il termine également meilleur jeune. Victorieux également sur le Giro, il a pris sa retraite en 2022. Désormais, il partage son temps entre le gravel et l'ultracyclisme, puisqu'il participera au BikingMan en 2026.
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SportTranscription
00:00:06Musique
00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, je suis très heureux de vous retrouver.
00:00:21Aujourd'hui on s'enflamme pour Pierre Roland.
00:00:25Salut Pierre, comment tu vas ?
00:00:26Très bien, très bien, merci.
00:00:28Salut, installe-toi, alors la musique qui ne te rajeunit pas, Damien Saez, jeune et con.
00:00:33Exactement.
00:00:34On l'aime toujours, c'est intemporel ça.
00:00:36Intemporel effectivement.
00:00:37Magnifique, ça me fait très plaisir de t'avoir dans l'émission Pierre.
00:00:40Merci pour l'invitation.
00:00:41Merci à toi, une heure de discussion tous les deux.
00:00:43On va commencer par te présenter pour nos téléspectateurs, pour nos téléspectatrices.
00:00:47Tu as 39 ans, tu es un ancien grand coureur cycliste professionnel.
00:00:51On va voir ton palmarès s'afficher à l'écran dans un instant.
00:00:5419 participations à un grand tour, dont 13 tours de France.
00:00:58Tu as remporté deux étapes sur la grande boucle.
00:01:01Tu as remporté le maillot blanc du meilleur jeune en 2011.
00:01:03Et tu as également gagné une étape du Tour d'Italie en 2017.
00:01:08J'ai dit ancien coureur cycliste, puisque tu as arrêté ta carrière en 2022.
00:01:12On le sait Pierre, la vie d'un cycliste professionnel, elle est très particulière.
00:01:16C'est une vie de groupe, entraînement toute l'année, des stages, des courses, de l'affûtage.
00:01:21Quand tout s'arrête, un peu du jour au lendemain, comment on gère la chose ?
00:01:25C'est dur, c'est dur forcément quand ça s'arrête.
00:01:27Ce n'est pas évident.
00:01:28Quand on a fait une carrière longue comme moi, avec 20 ans à haut niveau,
00:01:32et quand ça s'arrête, on est un petit peu au pied du précipice.
00:01:35On ne sait pas ce qui va nous plaire, on ne sait pas ce qu'on a envie de faire.
00:01:41On a été formaté à faire du sport tous les jours, à s'entraîner, à manger, à dormir, à se
00:01:47faire chouchouter.
00:01:48Et puis d'un coup, il faut rentrer dans la vie normale, entre guillemets.
00:01:52On n'est plus sportif d'oignot.
00:01:53Donc ça, c'est une question qu'on me pose souvent.
00:01:56C'est une question qui est intéressante.
00:01:58Et chaque sportif a une reconversion différente.
00:02:01Moi, j'ai décidé de rester dans le milieu.
00:02:04J'aime le cyclisme, j'aime mon sport.
00:02:06J'ai la chance de pouvoir commenter quelques belles courses à la télé, notamment.
00:02:10Et puis de rester très actif avec le Tour de France et d'autres événements.
00:02:13Oui, c'est vrai.
00:02:14Parce que voilà, Pierre Roland, champion du cyclisme, mais champion de la reconversion.
00:02:19Consultant de luxe sur la chaîne L'Équipe.
00:02:22Marathonien aussi, quand même, il faut le dire.
00:02:24Marathon de Paris, ça, c'est pas mal.
00:02:26Et puis donc, l'ultra distance.
00:02:29Tu en avais besoin, Pierre, de retrouver des objectifs tout de suite,
00:02:32après ta carrière, de te refixer des objectifs.
00:02:34Des objectifs sportifs un petit peu aussi.
00:02:39J'avais surtout besoin déjà de me trouver une stabilité dans mes activités professionnelles.
00:02:44Donc avec l'équipe, avec ASO, avec tous les projets que je mène un petit peu partout.
00:02:49Maintenant, ça fait trois ans que j'ai arrêté.
00:02:51Trois ans plein.
00:02:52Je termine la quatrième année de la pré-carrière.
00:02:55Il me fallait une stabilité professionnelle.
00:02:57Ça, c'est fait.
00:02:58Et maintenant, j'ai envie d'avoir de nouveaux objectifs sportifs.
00:03:04Donc l'ultra cyclisme.
00:03:05J'ai fait un marathon l'année dernière.
00:03:07Marathon de Paris, le semi un mois avant.
00:03:10Voilà, c'était une case que je voulais cocher.
00:03:12Pardon, c'était en ma liste des 100.
00:03:14Je l'ai cochée.
00:03:15Est-ce que je referai un marathon ?
00:03:16Je ne sais pas.
00:03:17Tu as vraiment une liste comme ça avec des trucs à faire ?
00:03:20Non, je n'ai pas une liste.
00:03:21Mais j'ai des choses que j'ai envie de faire.
00:03:24Je ne sais pas, du canoë dans un canyon dans le Colorado.
00:03:27Plein de choses.
00:03:28Rouler au Pérou, faire du vélo sur la route des Incas.
00:03:33Donc j'ai des grosses envies.
00:03:36Et l'ultra distance, ça me procure déjà une rigueur de pouvoir m'entraîner.
00:03:43Parce que, en fait, quand on a été comme moi, cycliste professionnel,
00:03:49que ça a été ton métier, surtout, en fait,
00:03:52le cyclisme offre une compétition quasiment tous les week-ends ou tous les 15 jours.
00:03:56On a très peu de périodes off sans objectif.
00:03:59Donc on a des gros objectifs comme le Tour de France.
00:04:01Et après, on a plein de micro-objectifs qui viennent tous les 15 jours,
00:04:04trois semaines, un Dauphiné, un Championnat de France, un Paris-Nice,
00:04:08une classique Liège-Bastol-Niège.
00:04:10Et puis après, il y a les gros événements, le Tour, les Championnats du Monde et autres.
00:04:16Mais en fait, on a toujours une carotte devant nous.
00:04:20Et je me suis rendu compte que j'avais besoin d'une carotte.
00:04:22Et la carotte, c'est ses aventures, ses courses.
00:04:25Comme on voit, là, c'était au Maroc au mois de septembre.
00:04:30Donc c'est des courses où on est en autonomie, où on doit se débrouiller,
00:04:33où on a juste une carte et quelques checkpoints à valider.
00:04:37Et c'est à la fois une compétition sportive, parce qu'il y a un classement,
00:04:42mais c'est avant tout une aventure.
00:04:44Parce qu'on ne sait pas sur quoi on va tomber, on ne sait pas ce qui va nous arriver.
00:04:47C'est ça.
00:04:47Et puis aussi dans ces courses-là, on le voit, tu es en totale autonomie.
00:04:51C'est très différent de tout ce que tu as pu vivre dans ta carrière,
00:04:53sur les grands tours où tu tends la main, tu as un bidon qui arrive,
00:04:56tu crèves, tu as quatre gars qui arrivent pour te changer la roue.
00:04:59Là, tu es livré à toi-même aussi.
00:05:00Il est livré à nous-mêmes, regardez, tout seul, un petit peu sur la lune avec cette pierre blanche.
00:05:08Mais pour moi, le biking man ou l'ultra-cyclisme comme ça au Maroc
00:05:14ou dans des pays un petit peu exotiques, c'est l'essence même du cyclisme.
00:05:18C'est-à-dire que tu dois te débrouiller tout seul,
00:05:21un peu comme dans le passé, ces vieux forçats de la route,
00:05:25comme on les appelait, qui avaient un boyau sur le dos,
00:05:29qui cassaient un cadre et qui allaient le ressouder.
00:05:32Enfin, il y a tout ça.
00:05:33Tu dois prendre soin de ton matériel.
00:05:35Et puis, il y a aussi, dans le cyclisme professionnel,
00:05:40au jour d'aujourd'hui, tout est sous contrôle.
00:05:41A GPS, des capteurs de glycémie, des capteurs de puissance.
00:05:45Trop ?
00:05:46Trop, selon toi ?
00:05:47Et trop parce qu'en fait, on ne part plus à l'aventure.
00:05:50Un cycliste professionnel, au jour d'aujourd'hui,
00:05:53s'il n'a pas sa trace, son entraînement programmé sur son compteur,
00:05:57il est un petit peu perdu.
00:05:58Alors que moi, quand j'ai commencé le vélo, quand j'avais 10, 12 ans,
00:06:02j'adorais me perdre.
00:06:03Je pouvais me perdre à 500 mètres ou 1 kilomètre de chez moi,
00:06:06parce que j'habitais en ville et mes parents déménageaient souvent.
00:06:08Mais pour moi, c'est l'essence même du cyclisme, du vélo, c'est la découverte.
00:06:13Et en fait, on a perdu un petit peu ça.
00:06:15Et par le biais de ces courses ultra-distance dans des pays un peu exotiques,
00:06:18parce que je vais partir au Brésil dans quelques jours,
00:06:21c'est ça que je recherche.
00:06:22C'est le dépaysement, l'aventure, l'inconnu, l'introspection sur soi-même.
00:06:28Donc voilà, c'est tout ça, l'ultra.
00:06:30Et c'est pour ça que ça me plaît et que j'ai envie de me pencher un petit peu
00:06:34sur ça,
00:06:34sur cette année 2026.
00:06:36Et puis après, on verra plus tard, en 2027.
00:06:39Là où c'est un autre chose qui se profile.
00:06:41En tout cas, quand on arrête sa carrière, on se pose des questions.
00:06:44Il y a un ami à toi, justement, qui a deux questions à te poser, Pierre.
00:06:49Salut les gars.
00:06:50Salut, Pierrot.
00:06:52J'ai vu que tu étais la star d'une émission.
00:06:54Du coup, je me suis permis de te poser deux questions.
00:06:59La première.
00:07:00Combien as-tu pris de kilos suite à ton arrêt de carrière ?
00:07:04Parce que je suis en plein dedans et j'ai l'impression que j'ai pris deux, trois kilos tranquille.
00:07:11En roulant.
00:07:13Donc voilà.
00:07:14Deuxième question.
00:07:17Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui veut se lancer dans le gravel ?
00:07:20Moi, j'ai récemment essayé.
00:07:22Je me suis retrouvé en Bourbet.
00:07:23Et ce n'était pas la folie au niveau précision de mon emplacement de roues dans la boue.
00:07:34Allez, bisous.
00:07:35Ciao.
00:07:36Anto Perez.
00:07:37Eh oui.
00:07:38Attention.
00:07:38Est-ce qu'il m'a fait…
00:07:40En tant que consultant, je lui ai fait quelques interviews d'avant-course.
00:07:44Et il est toujours…
00:07:45Voilà.
00:07:45Il nous fait toujours des pépites.
00:07:47Nature peinture.
00:07:48Vous avez fait une pépite sur le tour une année.
00:07:50Donc, combien de kilos j'ai pris ?
00:07:55Alors, il faut savoir que quand j'étais courant cycliste, je me pesais trois fois par jour.
00:07:59Donc, on a un rapport au poids, les cyclistes, surtout les grimpeurs, qui est quand même un petit peu malsain.
00:08:05Pendant les deux premières années et demie, après mon arrêt de carrière, je ne suis pas monté sur la balance.
00:08:11C'était juste d'une, je n'avais pas envie de voir le chiffre.
00:08:15Et de deux, c'est tout quoi.
00:08:18J'avais fini avec cette partie-là de ma vie.
00:08:21En fait, les contraintes, je me les suis rangées.
00:08:23Et puis bon, là, le fait de refaire des petites compétitions où il y aura beaucoup de dénivelé, je suis
00:08:27quand même monté dessus.
00:08:29Donc, j'ai pris entre mon poids de forme, quand je gagne l'Alpe d'Huez, la Toussuir et Haute.
00:08:33Et maintenant, je pense qu'on est autour des… entre 7-8 kilos de plus.
00:08:38Mais le principal, ce n'est pas tellement le chiffre, c'est de se sentir bien dans son corps.
00:08:42Et moi, je me sens bien.
00:08:46Donc, je suis content avec ça.
00:08:48Je ne m'amuserai plus jamais à retourner au poids que j'étais quand je gagnais des étapes de montagne.
00:08:53Et concernant le gravel en taux, c'est l'expérience, c'est tout.
00:08:57Il faut pratiquer, il faut pratiquer.
00:08:59Et puis, ça va venir.
00:09:00Tu vas trouver ton chemin à ta convenance.
00:09:03Mais il faut éviter les…
00:09:04Il faut faire des belles traces.
00:09:06Il faut faire de très belles traces, tracer des beaux parcours.
00:09:09Noter les chemins.
00:09:10Celui-ci, il ne faut plus y aller parce qu'il y a de la boue, parce qu'il est
00:09:13tout le temps dégueulasse.
00:09:14Et de l'argile, ça colle ou quoi.
00:09:16Et puis après, des bons pneus.
00:09:18Donc, tout ça, on met tout ça.
00:09:20Puis après, on fait des belles traces de gravel.
00:09:21Mais surtout, de choisir des bons parcours et blacklister les chemins qui sont trop dégueulasses.
00:09:26Je remercie Anthony Perez pour le petit message.
00:09:29La question rituelle de l'émission, Pierre.
00:09:31La dernière fois que tu t'es enflammé.
00:09:32Alors, pas forcément sur un vélo.
00:09:34Ça peut être dans la vie de tous les jours.
00:09:36Là, on s'enflamme pas mal en ce moment.
00:09:38On s'enflamme pas mal.
00:09:40Le monde du vélo, le monde du sport en général, s'enflamme pas mal pour un certain Paul Sexas.
00:09:44Je pense qu'on est là.
00:09:47Donc oui, c'est la dernière fois que je me suis enflammé.
00:09:51C'était il y a quelques jours sur les Straday Biancais, par exemple.
00:09:56Tu sais quoi, on va en reparler dans cette émission.
00:09:57Mais un petit peu plus tard, parce que moi, je ne me suis pas encore assez enflammé aujourd'hui.
00:10:00Donc on va allumer le feu.
00:10:02C'est parti.
00:10:07Alors toi, Pierre, tu as toujours été très vélo depuis petit.
00:10:10Ton moyen de déplacement, ton moyen aussi de te sentir libre, de t'échapper.
00:10:14C'est exactement ça.
00:10:15Dès l'instant où j'ai pu prendre mon vélo pour aller à l'école, voir mes copains, me balader.
00:10:23Franchement, j'ai une fille qui a 11 ans, qui va avoir 12 ans.
00:10:27Et quand je repense à l'âge auquel je me baladais toute une journée entière, à 10 ans, je prenais
00:10:33mon vélo.
00:10:34Je partais en expédition tout seul.
00:10:36Pas de téléphone portable.
00:10:38Et donc, elle qui a 12 ans, je me dis, mais non, je ne la laisse pas sortir à plus
00:10:42de 200 mètres de la maison.
00:10:43Après, les temps ont changé.
00:10:45On fait peut-être un petit peu plus attention aussi.
00:10:48Mais oui, ça a été un moyen de partir.
00:10:53Je dis, la plus belle aventure, elle peut être à 500 mètres de chez toi.
00:10:56Donc, c'était ça.
00:10:58Puis après, l'école.
00:10:59Et puis après, petit à petit, j'ai mordu au cyclisme par le biais d'un copain qui faisait du
00:11:03VTT.
00:11:04J'ai mordu tout de suite.
00:11:05Dès que je suis allé faire le premier entraînement, je me suis dit, c'est ce sport.
00:11:07J'avais touché un petit peu au sport co, au judo, au foot, au basket.
00:11:12Mais le vélo, vraiment, je trouvais cette...
00:11:16Entre le rapport avec la machine, plus la compétition avec les autres,
00:11:19plus les sensations de vitesse, la vitesse que toi, tu donnes à ton vélo.
00:11:26Je trouve que le rapport machine-homme est assez extraordinaire en cyclisme.
00:11:31On t'a toujours décrit, durant toute ta carrière,
00:11:33comme un mec qui attaque vachement un dynamiteur de course.
00:11:36Quand tu as commencé le vélo, tu avais déjà ça en toi ?
00:11:39Ou tu l'as développé par la suite ?
00:11:41En fait, ça, t'es comme t'es, en fait.
00:11:45C'est un peu dans ton ADN.
00:11:47Donc oui, j'ai toujours attaqué beaucoup.
00:11:49J'étais toujours à l'entraînement ou en stage avec mes coéquipiers.
00:11:56J'étais toujours le premier à vouloir attaquer dans les bosses,
00:11:59à vouloir faire la pancarte ou arriver à être le premier à l'hôtel.
00:12:03Et c'est toujours le cas.
00:12:05Même maintenant, j'ai arrêté.
00:12:06Je veux toujours faire la course, même pas être le plus fort,
00:12:09mais juste faire la course parce que j'aime cette façon de jouer un petit peu au vélo
00:12:14et de s'amuser, en fait.
00:12:16Moi, le vélo, ça n'a jamais été mon métier.
00:12:19Tu n'as jamais considéré ça comme un métier ?
00:12:22Non.
00:12:22Sauf les seuls moments où je me disais vraiment là, c'est un boulot,
00:12:27c'est des étapes de 200 bornes sous la flotte avec 3, 4 degrés
00:12:33où tu te dis que tu es obligé de finir parce que c'est une course à étapes,
00:12:36tu ne peux pas abandonner sinon c'est terminé.
00:12:38Et là, tu te dis, bon, c'est ton boulot.
00:12:41Des journées d'entraînement qui n'ont pas de sens parce que tu fais juste des heures
00:12:46pour rouler.
00:12:47Là, c'est un boulot.
00:12:49Mais sinon, moi, avant l'âge de 36 ans, quand j'ai arrêté ma carrière,
00:12:53je n'ai jamais travaillé de ma vie.
00:12:54C'est génial ça.
00:12:55Tu vois, moi, je le reconnais un peu là-dedans parce que nous, on fait un métier aussi
00:12:58où on se sent privilégié.
00:12:59On est privilégié.
00:13:00D'avoir une interview, d'avoir d'autres athlètes, je n'ai jamais l'impression de
00:13:03vraiment travailler.
00:13:04Et ça, c'est un luxe quand même parce que beaucoup de personnes ont des métiers durs.
00:13:07Bien sûr, bien sûr.
00:13:08Il faut se rendre compte de la chance.
00:13:11Souvent, on me parle de sacrifice.
00:13:15Dans ta carrière, tu as dû faire beaucoup de sacrifices.
00:13:17C'était beaucoup de contraintes, l'alimentation, l'entraînement, les déplacements.
00:13:24Mais à chaque fois qu'on me dit ça, je dis non, ce n'est pas.
00:13:27C'est des choix déjà d'une.
00:13:29Tu fais le choix.
00:13:30On ne t'impose pas d'être cycliste ou d'être sportif ou de mener.
00:13:33Tu as le choix d'arrêter et de dire stop, ça, c'est mon vélo.
00:13:36Prenez-le, je vais faire autre chose.
00:13:38Mais en fait, c'est ton choix.
00:13:40Tu as choisi de faire ça et après, tu choisis de mettre le curseur d'exigence
00:13:46là où tu décides de le mettre.
00:13:47Donc, si tu veux être le plus performant possible, il faut mettre le curseur le plus haut possible
00:13:51et forcément, ça engendre des sacrifices.
00:13:54Mais à la base, c'est un choix.
00:13:56En 2007, tu passes pro.
00:13:58Tu es très jeune, tu as à peine 20 ans.
00:14:00Tu as conscience à ce moment-là que ta vie, elle va changer ?
00:14:02Alors, on ne parle pas de sacrifice parce que ce n'est pas ça.
00:14:04Mais est-ce que tu prends conscience que tout va être différent ?
00:14:08C'est dur de passer professionnel dans le cyclisme.
00:14:13Mais comme dans beaucoup de sports, c'est vraiment dur de passer le cap.
00:14:17Et après, il faut perdurer.
00:14:19C'est-à-dire qu'il ne faut pas que ce soit un passage éclair,
00:14:23que tu fasses tes deux ans de contrat.
00:14:25Il faut savoir que les cyclistes, on évolue sur des contrats
00:14:27qui vont de deux ans pour un contrat de Néopro.
00:14:29Et une fois qu'on a passé ce contrat de Néopro,
00:14:31on peut avoir des contrats de un à deux, trois ans.
00:14:34Désormais, il y a des contrats un petit peu à rallonge pour les superstars.
00:14:37Mais en règle générale, deux, trois ans, c'est le max que tu signes.
00:14:40Donc, tu n'as pas énormément de visibilité.
00:14:42Donc, ça peut aller très vite.
00:14:44Ça peut vite s'arrêter.
00:14:45Donc, il faut prendre sa chance et rapidement.
00:14:50Donc, il ne faut pas traîner.
00:14:51Quand tu es Néopro, il ne faut pas te dire, j'ai deux ans, tranquille.
00:14:55Donc voilà, ça, moi, je l'avais intégré.
00:14:57On me l'avait bien dit aussi.
00:14:58On m'avait bien dit, quand je suis passé professionnel
00:15:00avec les personnes qui m'encadraient à ce moment-là,
00:15:03il faut que tu rentres par la grande porte.
00:15:05Il faut que tu performes tout de suite.
00:15:07C'est vraiment très important d'être présent,
00:15:09de te rendre indispensable
00:15:11et qu'on comprenne que tu n'es pas juste un jeune coureur
00:15:14qui avait un peu de talent.
00:15:16Et puis, dans deux ans, on ne parle plus de toi.
00:15:18Comment ça se manifeste, ça ?
00:15:19Parce que tu vois, moi, je me dis,
00:15:20tu arrives dans un peloton avec des stars,
00:15:23avec des mecs qui ont de l'expérience, qui ont de la bouteille.
00:15:25Toi, tu dois montrer de par tes attaques
00:15:28que tu es là, que tu as la dalle,
00:15:29que tu as les dents qui arrivent le bitume.
00:15:31– Oui, il faut montrer que tu es là, que tu en veux,
00:15:33et que tu n'es pas un coureur parmi tant d'autres,
00:15:35que tu es un peu différent.
00:15:36Donc, soit par tes performances,
00:15:38soit par l'aide que tu peux apporter au collectif.
00:15:41Si tu fais gagner un équipier, c'est aussi très important.
00:15:43Si tu apportes satisfaction à ton leader,
00:15:47même s'il ne gagne pas, il va savoir être reconnaissant,
00:15:49il va savoir le dire aux dirigeants,
00:15:51dire, bon, ce jeune-là, il a un truc en plus,
00:15:54il se rend utile, en plus, il peut performer,
00:15:56il peut faire des résultats.
00:15:57Et donc, voilà, c'est l'une des raisons
00:16:00qui m'ont poussé à faire un gros, gros, gros hiver
00:16:02l'année où je passe pro.
00:16:04Et du coup, j'ai gagné ma première course.
00:16:06Et j'ai performé pendant 2, 3, 4 semaines.
00:16:09C'était stratégique parce qu'après,
00:16:11je savais pertinemment qu'ils n'allaient pas m'envoyer
00:16:13ni à Paris-Nice, ni au Tireno.
00:16:15Donc, toute cette période du mois de mars,
00:16:17j'allais être au repos.
00:16:18Donc, je me suis dit, je mets all-in sur le mois de février.
00:16:21Et puis, ce n'est pas grave,
00:16:22si en mars, je suis un peu cramé,
00:16:24je me reposerai un petit peu.
00:16:25Et puis, au final, tout le mois de février,
00:16:27j'étais plein pétrole, j'ai performé,
00:16:29j'ai eu des super résultats.
00:16:30Bon, par contre, ça n'a pas manqué.
00:16:31Au mois de mars, j'étais mort.
00:16:32Mais ce n'est pas grave, je me suis reposé.
00:16:34Je suis allé en stage.
00:16:35Ils ont allégé le stage parce que, voilà,
00:16:37j'étais né au pro.
00:16:38Ils m'ont allégé quelques séances.
00:16:39Puis après, c'est reparti en avril.
00:16:41Mais c'est très, très important
00:16:42de ne pas louper ces débuts.
00:16:46Il y a une phrase, un slogan que j'aime bien.
00:16:49C'est qu'on n'a qu'une seule occasion
00:16:51de faire une bonne première impression.
00:16:53Oui, c'est ça.
00:16:53Donc, ta première impression,
00:16:56mais ça joue dans tout.
00:17:00Quand tu passes un entretien d'embauche,
00:17:01tu n'as qu'une seule occasion
00:17:03de faire une bonne première impression.
00:17:05Et quand tu es sportif, c'est pareil.
00:17:08Et ça, ça marche.
00:17:10C'est une phrase que je garde
00:17:13pour toutes mes activités professionnelles aujourd'hui.
00:17:17Après, sportif, c'est peut-être encore plus impitoyable.
00:17:19Parce que, tu vois, je reprends ton exemple
00:17:20d'entretien d'embauche.
00:17:21Imaginons, j'en fais un demain, je me foire.
00:17:23Tu peux avoir.
00:17:23Tu vas aller en faire un autre.
00:17:24Bien sûr.
00:17:24Toi, c'est un petit milieu, le sport de haut niveau.
00:17:27Oui, c'est un petit milieu.
00:17:28Et puis, ça fait écho rapidement.
00:17:32On vit en groupe aussi.
00:17:33On vit en groupe.
00:17:35On roule en équipe.
00:17:36Même si ça reste un sport individuel,
00:17:38ça se court en équipe.
00:17:39On est en équipe.
00:17:40On est tout le temps dans un collectif.
00:17:44On est toujours entre 8 coureurs.
00:17:46En stage, on est 30 coureurs.
00:17:47Mais au final, la bulle course,
00:17:50sur un tour, on est entre 30 et 40.
00:17:52Sur les stages, on est 70-80 désormais.
00:17:56Donc, si tu n'es pas une bonne personne, ça se sait.
00:17:59Et petit à petit, même si tu performes,
00:18:02on va te fermer quelques portes.
00:18:03Ça va être moins facile d'accéder à des équipes.
00:18:06Et donc, oui, c'est un petit milieu.
00:18:102009, deux ans après être passé pro,
00:18:12premier tour de France.
00:18:13Donc, le tour de France,
00:18:14sans faire injure aux Jeux Olympiques,
00:18:15mais c'est vos Jeux Olympiques,
00:18:17le cyclisme sur route.
00:18:19Comment ça se passe quand on arrive comme ça
00:18:21sur la grande boucle, la première ?
00:18:24Surtout que toi, tu fais quand même 20e.
00:18:26Ce qui est extraordinaire pour un premier tour.
00:18:28Moi, j'ai eu la sensation qu'il y avait un gros décalage
00:18:30quand même entre ce résultat
00:18:32et ce que les gens attendaient de toi.
00:18:33Est-ce que ce poids, il a été dur à porter ?
00:18:35On attendait un peu un successeur,
00:18:37à Richard Viran, qu'à d'autres.
00:18:39En fait, ce qui s'est passé,
00:18:40c'est que l'année, je passe pour en 2007.
00:18:432008, je fais une très grosse année
00:18:45avec des résultats sur le Dauphiné,
00:18:46sur Paris-Nice.
00:18:48Je ne fais pas le tour, je vais aux Jeux Olympiques.
00:18:50Et aux Jeux Olympiques,
00:18:52ça ne se passe pas comme prévu.
00:18:53Ça ne se passe pas très bien.
00:18:55J'abandonne les Jeux Olympiques.
00:18:57Donc à Pékin, Pékin 2008,
00:18:58conditions atroces.
00:19:00Humilité, chaleur,
00:19:02pas préparé pour ça.
00:19:03Jeune, trop jeune peut-être
00:19:05pour cet événement.
00:19:07Je ressors de Pékin
00:19:08avec une tendinite au tendon d'Achille,
00:19:10tellement on a piétiné
00:19:11sur le village olympique.
00:19:14Je la traîne un petit peu.
00:19:15Ma préparation, elle n'est pas terrible
00:19:17pendant l'hiver.
00:19:18Et je le paye un peu.
00:19:19Je fais mon premier tour,
00:19:20le 20e.
00:19:22Moi, je trouve ça correct
00:19:23pour un premier tour.
00:19:25Ton équipe aussi ?
00:19:26Ton équipe est satisfaite ?
00:19:28On s'attend peut-être à mieux.
00:19:30Mais on se dit que l'expérience,
00:19:32ça va venir petit à petit.
00:19:34Mais la sensation pour revenir
00:19:36au grand départ du tour,
00:19:38c'était à Monaco.
00:19:39C'était un contre-la-monte.
00:19:40C'était un contre-la-monte
00:19:41qui était très long.
00:19:43L'attente, l'attente,
00:19:45les jours qui précèdent,
00:19:47mais c'est interminable.
00:19:48Et moi, c'est une première fois.
00:19:50Donc c'est presque ingérable pour moi
00:19:52d'attendre ces 3-4 jours,
00:19:54la présentation,
00:19:55tous les briefings et tout.
00:19:57Ça me prend une énergie colossale.
00:20:01Les médias, le public,
00:20:03d'arriver tard le soir.
00:20:06En fait, tout est plus dur.
00:20:07Mais une course de vélo,
00:20:09c'est une course de vélo.
00:20:10Le niveau est plus élevé,
00:20:12mais tous les à-côtés
00:20:13sont durs sur le tour.
00:20:15Ça t'a suivi,
00:20:15ça, toute ta carrière ?
00:20:16Parce que là,
00:20:16tu parles de la première,
00:20:17mais est-ce que sur les 13 tours de France
00:20:18que tu as disputées,
00:20:19ça a toujours été dur
00:20:20de gérer les à-côtés ?
00:20:21Après, tu sais à quoi t'attendre.
00:20:22À force, une fois, deux fois.
00:20:24Après, tu sais.
00:20:25Et puis, tu apprends à gérer.
00:20:27Tu apprends à gérer les journées avant.
00:20:28Tu apprends à gérer les journées de repos.
00:20:29Tu apprends à gérer les attentes,
00:20:32les médias.
00:20:34Donc, voilà, c'est de l'expérience.
00:20:37Et forcément,
00:20:37au bout de 13 tours de France,
00:20:38c'est bien une routine.
00:20:40Donc, ça,
00:20:41mais ça reste quand même
00:20:44un événement
00:20:45qui peut te propulser
00:20:49au rang de stars.
00:20:51Stars !
00:20:52Oui, c'est vrai.
00:20:53De sportifs reconnus
00:20:56comme ça peut te détruire
00:20:59tellement c'est dur.
00:21:00C'est pour ça que c'est vraiment
00:21:00une course où il faut être prêt
00:21:01pour s'y rendre.
00:21:03Donc, 2009,
00:21:04la première expérience.
00:21:052010, puis 2011.
00:21:06Là, c'est un tour de France
00:21:07complètement fou.
00:21:08Une année charnière aussi
00:21:09puisque c'est ta dernière possibilité
00:21:11d'être maillot blanc.
00:21:12C'est l'année T25 ans,
00:21:13donc meilleur jeune.
00:21:14Là, tu arrives sur ce tour
00:21:15avec de grandes ambitions.
00:21:17C'est vraiment l'objectif au départ,
00:21:18c'est être maillot blanc ?
00:21:19L'objectif,
00:21:20quand je me présente
00:21:21au départ du tour en Vendée,
00:21:23c'est d'être maillot blanc.
00:21:24Parce que j'ai un créneau.
00:21:26Ça fait 3-4 ans
00:21:27que le maillot blanc
00:21:28est trusté par Andy Schley
00:21:30qui termine soit premier,
00:21:31deuxième ou troisième du tour.
00:21:33Il a un an de plus que moi.
00:21:35Donc, lui,
00:21:35il est sorti de ce classement.
00:21:39Et au final,
00:21:40sur cette année 2011,
00:21:42il y a peu de prétendants.
00:21:44Pour être honnête,
00:21:44je me battais avec Rigoberto Oran,
00:21:47Reign Taramae,
00:21:47Jérôme Coppel.
00:21:48C'est les coureurs
00:21:49qui ont fait des belles carrières,
00:21:50mais ce n'est pas Pogacar.
00:21:52Ce n'est pas Pogacar,
00:21:53ce n'est pas Reigno Evenepoel.
00:21:54Donc, je sais que c'est possible.
00:21:56Même en terminant
00:21:57entre 10 et 15,
00:21:58ou même 10 et 20,
00:22:00du général, c'est jouable.
00:22:01Donc, j'y vais vraiment
00:22:02avec cette idée-là.
00:22:03Après, le Tour de France 2011
00:22:05nous réserve une surprise
00:22:06à moi et mon équipe.
00:22:08C'est que Thomas Vauclair
00:22:09vient endosser le maillot jaune
00:22:10dans le massif central.
00:22:12Et là, les plans changent un petit peu.
00:22:14On me dit clairement
00:22:15que mon ambition,
00:22:17on la met de côté
00:22:18parce qu'il y a un maillot jaune
00:22:19et que c'est très, très important.
00:22:20Mais on me dit
00:22:21que si je reste auprès de Thomas,
00:22:23le maillot blanc
00:22:24va venir indirectement.
00:22:25Ça doit être compliqué, je dirais.
00:22:26Parce qu'en même temps,
00:22:27toi, tu as ton objectif.
00:22:28On te dit, en gros,
00:22:29c'est dans les mains de Thomas.
00:22:30Donc, toi, tu as confiance
00:22:31en Thomas Vauclair.
00:22:31Mais tu te dis...
00:22:34Il ne faut pas qu'il prenne
00:22:35aussi mon maillot blanc, entre guillemets.
00:22:36Il ne faut pas qu'il prenne
00:22:37un quart d'heure sur une étape.
00:22:41Sinon, c'est mort.
00:22:43Mais voilà, on n'y pense pas
00:22:44parce que, très honnêtement,
00:22:45le maillot jaune,
00:22:46le porter une journée,
00:22:48ça vaut une victoire d'étape.
00:22:49C'est le seul maillot distinctif
00:22:53qui est plus important qu'une étape.
00:22:55On le voit,
00:22:56un coureur qui va jouer
00:22:57la gagne d'une étape
00:22:58et qui a la possibilité
00:22:59de prendre le maillot jaune,
00:23:01il va sacrifier clairement
00:23:03son ambition sur l'étape
00:23:04pour le maillot jaune.
00:23:05C'est vraiment...
00:23:07C'est le seul maillot.
00:23:08C'est le maillot jaune du Tour.
00:23:10C'est...
00:23:11Ouais.
00:23:11C'est une dinguerie
00:23:12de le porter,
00:23:13ne serait-ce qu'une journée.
00:23:13T'aurais aimé le porter, toi ?
00:23:15Une journée ?
00:23:16Franchement,
00:23:18alors...
00:23:19Il me fait peur.
00:23:20Ah ouais ?
00:23:20Ouais, je...
00:23:22C'est vraiment un maillot
00:23:24qui...
00:23:25Qui me...
00:23:26Ouais,
00:23:27qui est presque trop...
00:23:28Qui était trop pour moi.
00:23:29Ça aurait été trop.
00:23:30Peut-être une journée
00:23:31ou je ne sais pas,
00:23:32mais...
00:23:32Le syndrome de l'imposteur un peu.
00:23:34Trop de lumière.
00:23:35Ok, d'accord.
00:23:35Ouais, c'est intéressant,
00:23:36c'est intéressant.
00:23:37On voit ces belles images
00:23:38parce que oui,
00:23:38donc t'es propulsé
00:23:39dans le rôle de lieutenant
00:23:40de Thomas Waukler,
00:23:41le maillot jaune en 2011.
00:23:43Première fois d'ailleurs
00:23:44que t'endosses ce costume
00:23:45en fait de lieutenant.
00:23:47Exactement
00:23:47et ça a été un déclic
00:23:48dans ma carrière.
00:23:49Ça a été un déclic
00:23:49parce qu'on avait dit de moi
00:23:53que j'étais capable
00:23:53de faire des grandes choses
00:23:54en montagne,
00:23:55sur des courses à étapes
00:23:56et autres.
00:23:57Je me suis un petit peu perdu
00:23:58dans mon premier tour
00:24:00en 2009, 2010.
00:24:02Je n'étais pas au niveau
00:24:04auquel j'espérais
00:24:05ou surtout auquel
00:24:06on m'attendait.
00:24:08Et en 2011,
00:24:09quand j'endosse
00:24:10ce rôle de lieutenant,
00:24:13je me rends compte
00:24:14que je peux les suivre
00:24:14en fait,
00:24:15les meilleurs grimpeurs
00:24:15du monde.
00:24:16Je peux suivre
00:24:17les Schleck,
00:24:17les Contador,
00:24:18les Cadets,
00:24:19les Vans,
00:24:19et compagnie.
00:24:20Et c'est grâce
00:24:20à ce maillot jaune,
00:24:21grâce à cette fameuse image
00:24:24où on termine
00:24:25bras-dessus,
00:24:25bras-dessus,
00:24:26à Luzardinen
00:24:27avec Thomas,
00:24:28que je me rends compte
00:24:29que je peux gagner
00:24:30des étapes de montagne
00:24:32à la pédale
00:24:32sans forcément
00:24:33passer par une échappée
00:24:34au long cours
00:24:35et que je peux terminer
00:24:37dans les dix premiers
00:24:37d'un grand tour.
00:24:39Donc,
00:24:40le maillot jaune de Thomas,
00:24:42il m'a apporté
00:24:43beaucoup sur
00:24:44toute la suite
00:24:45de ma carrière,
00:24:46ma quatrième place
00:24:46autour d'Italie,
00:24:47ma victoire d'étape.
00:24:49Enfin,
00:24:49sans le maillot jaune de Thomas,
00:24:50peut-être que,
00:24:51tout simplement,
00:24:52je n'aurais jamais gagné
00:24:52d'étapes sur les grands tours,
00:24:53je n'aurais pas fait
00:24:54la carrière que j'ai faite.
00:24:55Donc,
00:24:55je dois beaucoup
00:24:56à Thomas Vauclair
00:24:57et à son maillot jaune
00:24:58sur l'ensemble de ma carrière.
00:24:59En tout cas,
00:25:00à ce moment-là,
00:25:00tu en prends conscience.
00:25:02Maintenant,
00:25:02encore faut-il le réaliser.
00:25:0422 juillet 2011,
00:25:0619e et avant-dernière étape
00:25:07de ce Tour de France 2011
00:25:09qui relie Modane
00:25:10à l'Alpe d'Huez.
00:25:11Alors,
00:25:11nouveau format d'étape,
00:25:12très court,
00:25:13109,5 kilomètres.
00:25:15Alberto Contador,
00:25:16double vainqueur du Tour,
00:25:17attaque très très tôt
00:25:20donc très très tôt,
00:25:21je crois que dès le 15
00:25:23ou 16e kilomètre,
00:25:24l'Espagnol s'envole.
00:25:25Thomas Vauclair,
00:25:26un peu piqué dans son orgueil,
00:25:27le dit,
00:25:27je vais le suivre.
00:25:29Très vite,
00:25:29il se retrouve en sur-régime
00:25:30dans le col du Galibier.
00:25:32Alors,
00:25:32il y a un moment charnière quand même,
00:25:33c'est que dans le Galibier,
00:25:34il est dans le dur
00:25:35mais il a accompagné
00:25:35deux de ses coéquipiers,
00:25:36Thomas Vauclair,
00:25:37toi et Anthony Charteau.
00:25:40Cadel Evans s'attaque
00:25:41à 63 kilomètres de l'arrivée
00:25:44et là,
00:25:44tu le suis.
00:25:45Comment ça se passe ?
00:25:46Est-ce que c'est dans l'oreillette
00:25:47qu'on te dit
00:25:48Thomas est cuit,
00:25:49vas-y prends ta chance
00:25:50ou c'est Thomas qui te dit
00:25:51vas-y gamin,
00:25:52pars,
00:25:53joue ta carte perso ?
00:25:54Oui,
00:25:55c'est une grosse étape
00:25:57comme tu as dit
00:25:58dès le Télégraphe,
00:25:59Contador piqué
00:25:59parce que la veille,
00:26:01il a perdu énormément de temps
00:26:02dans le Galibier,
00:26:04il attaque dès le pied,
00:26:05ça rend la course folle,
00:26:06Thomas le suit.
00:26:07Donc nous,
00:26:08à ce moment-là,
00:26:08on ne peut rien faire.
00:26:09Donc Thomas est parti
00:26:10avec Schleck,
00:26:11Evans,
00:26:12Contador.
00:26:13C'est une erreur,
00:26:13c'est de l'avoir suivi
00:26:14avec du recul.
00:26:14Avec des scies,
00:26:15on peut refaire le monde.
00:26:16Avec du recul,
00:26:18oui peut-être.
00:26:19Après Evans,
00:26:19c'est un problème mécanique.
00:26:21Donc c'est ça aussi
00:26:22qui change un peu la balance.
00:26:24Donc Cadel Evans
00:26:25revient moi dans le peloton,
00:26:26fait rouler ses équipiers
00:26:28et on revient sur Thomas.
00:26:30Quand on rattrape Thomas,
00:26:31il est en perdition.
00:26:32Il est en plein milieu
00:26:32du Galibier tout seul
00:26:33depuis des kilomètres.
00:26:34Nous,
00:26:34on n'a pas trop,
00:26:35on n'a pas l'information.
00:26:36Il est en train
00:26:37de s'époumonner
00:26:38à essayer de rattraper
00:26:39Contador et Andy Schleck.
00:26:41Et quand on le rattrape,
00:26:42il est en perdition totale.
00:26:47Cadel Evans le voit,
00:26:48il attaque direct.
00:26:50Il lui passe à côté.
00:26:52Et Thomas,
00:26:53moi je l'attends,
00:26:54je me mets à sa hauteur,
00:26:55je le regarde
00:26:56et il me dit vas-y.
00:26:59J'étais sûr,
00:27:00j'ai plus un mouvement de tête
00:27:02et il me dit vas-y.
00:27:05Et donc là,
00:27:06j'y suis allé.
00:27:06J'y suis allé parce que
00:27:08d'une,
00:27:08moi je voulais suivre Evans
00:27:11les enquiquiner un peu.
00:27:12C'était un peu l'objectif,
00:27:14c'était d'être dans la roue.
00:27:15C'est toujours embêtant
00:27:16d'avoir quelqu'un
00:27:16qui s'accroche
00:27:18sachant que les jours précédents,
00:27:19j'étais avec eux.
00:27:21Donc,
00:27:21ils savent que je suis capable
00:27:22de les suivre
00:27:23et puis potentiellement
00:27:24de les battre.
00:27:26Et clairement,
00:27:27au début,
00:27:27l'objectif c'est ça.
00:27:30Et ça marche en quelque sorte
00:27:32parce que je les embête.
00:27:33Mais la base de la base,
00:27:36quand j'abandonne Thomas,
00:27:37c'est lui qui me dit
00:27:39vas-y.
00:27:39Et à ce moment-là,
00:27:40il est au-dessus de tout Thomas.
00:27:41Enfin, au-dessus de tout.
00:27:42Il y a une équipe,
00:27:43il y a Europe Car,
00:27:43mais c'est le patron.
00:27:44S'il te dit d'y aller,
00:27:45peu importe ce qu'on va te dire
00:27:46après dans l'oreillette,
00:27:46c'est Thomas qui décide
00:27:47et il a les clés.
00:27:48C'est lui qui a les clés du camion.
00:27:50En 2011,
00:27:51il a eu un rôle très important
00:27:52dans la reconduction
00:27:54du partenariat.
00:27:56Bouygues qui arrête,
00:27:57Europe Car qui arrive,
00:27:58il a été vraiment
00:27:59un élément moteur
00:28:00dans ça.
00:28:02Et puis après,
00:28:03sur cette année 2011,
00:28:04il est au summum
00:28:06de sa carrière.
00:28:08Vraiment,
00:28:09il a enchaîné les victoires,
00:28:10il a été leader
00:28:11de l'Europe Tour.
00:28:13Vraiment,
00:28:13c'est l'année
00:28:14où il a été au summum.
00:28:17Et Thomas aussi,
00:28:20il a une science
00:28:21de la course.
00:28:22Il a un...
00:28:24Ce n'est pas pour rien
00:28:25d'ailleurs que maintenant
00:28:25il est à la tête
00:28:27de l'équipe de France.
00:28:27Il a eu des médailles
00:28:28au jeu,
00:28:29il a été titré deux fois
00:28:30au championnat du monde
00:28:31avec ses courants.
00:28:32C'est un super entraîneur
00:28:34de l'équipe de France.
00:28:36Donc oui,
00:28:37il est au-dessus.
00:28:37Il est au-dessus.
00:28:38S'il me dit d'y aller,
00:28:39c'est qu'il y a une raison.
00:28:40Lui,
00:28:40il a un plan dans sa tête
00:28:41ou peut-être,
00:28:42vu qu'on est à bientôt
00:28:43plus de 2000 mètres
00:28:44dans le Galibier,
00:28:44il a peut-être plus d'oxygène.
00:28:47Mais non,
00:28:47c'est le boss.
00:28:48C'est le boss de l'équipe.
00:28:48Et puis il a bien fait
00:28:49parce que tu as
00:28:50de très très bonnes jambes
00:28:51lors de cette étape.
00:28:52Au pied de l'Alpe d'Huez,
00:28:53tu es seul en tête
00:28:54avec Heddaï,
00:28:55le Canadien.
00:28:57Et puis au début
00:28:58de l'Alpe d'Huez,
00:28:58déjà on va dire un peu
00:28:59ce qu'est l'Alpe d'Huez
00:29:00parce que c'est quand même
00:29:01un truc de dingue.
00:29:041850 mètres,
00:29:0513,8 km d'ascension,
00:29:07un délivré total
00:29:07de 1125 mètres,
00:29:0921 virages
00:29:09avec une moyenne
00:29:10de 7,8%.
00:29:11Des pentes qui parfois
00:29:13vont jusqu'à 13%.
00:29:14Je ne l'ai pas vécu,
00:29:15je n'ai jamais monté
00:29:16mais je pense que ça doit être
00:29:17un petit enfer quand même.
00:29:18À 12 km de l'arrivée,
00:29:19donc on est au début
00:29:20quasiment de l'Alpe d'Huez,
00:29:22Contador vous rejoint,
00:29:24Heddaï craque le premier,
00:29:26Contador en remet une,
00:29:27remet une attaque
00:29:28et là tu vas te retrouver
00:29:29un peu distancé.
00:29:30Tu te dis quoi à ce moment-là,
00:29:31Pierre ?
00:29:31Est-ce que tu te dis
00:29:32Contador là il est au-dessus
00:29:33ou est-ce que tu restes confiant
00:29:35et tu te dis j'ai les jambes ?
00:29:36Ça peut être mon étape,
00:29:36je peux encore aller le chercher.
00:29:39On arrive avec un petit pécule
00:29:40avec Heddaï,
00:29:42on arrive avec 30-40 secondes
00:29:43au pied sur le groupe Contador,
00:29:45le groupe des favoris
00:29:47et il revient mais en un kilomètre,
00:29:50un kilomètre et demi,
00:29:51il nous rattrape,
00:29:52il reste 20 secondes dans la roue
00:29:54et il attaque direct.
00:29:55Et il attaque une fois,
00:29:56je vais le chercher,
00:29:58une deuxième,
00:29:58je vais le chercher,
00:29:59une troisième.
00:30:00Et en fait je me dis
00:30:01mais attends,
00:30:01on est à 12 kilomètres de l'arrivée,
00:30:04je ne peux pas monter 12 kilomètres
00:30:05à faire du 30-30,
00:30:0630-30 en gros
00:30:08pour ceux qui ne connaissent pas,
00:30:09c'est 30 secondes à fond,
00:30:1030 secondes de repos,
00:30:1130 secondes...
00:30:11Et lui je sais que Contador,
00:30:14tant que je ne lâche pas,
00:30:15il va faire ça,
00:30:16c'est-à-dire il va s'amuser
00:30:17à m'accélérer,
00:30:18à l'entir accélérer,
00:30:19freiner,
00:30:19parce que c'était sa façon
00:30:20de grimper,
00:30:21comme les purs grimpeurs
00:30:22de l'époque.
00:30:25Et là je me dis,
00:30:26mais non en fait,
00:30:26prends ton rythme,
00:30:28tu l'as battu hier,
00:30:30tu l'as battu avant-hier,
00:30:32ça va le faire.
00:30:34sois confiant,
00:30:35mais en tout cas,
00:30:35ne t'amuse pas à le suivre.
00:30:37Et donc il voit ça,
00:30:39il me lâche,
00:30:40donc lui il a un sursaut d'euphorie
00:30:42parce qu'il est tout seul,
00:30:43il est dans l'Alpe d'Huez,
00:30:44il n'a pas gagné l'Alpe d'Huez
00:30:45dans sa carrière.
00:30:47Et il y va quoi.
00:30:49Et sauf qu'en fait,
00:30:50il se pose 20-30 secondes devant moi
00:30:52et il se pose.
00:30:53Sa voiture me double
00:30:55et au final,
00:30:56je ne le vois plus
00:30:57parce que l'Alpe d'Huez
00:30:58c'est des lacets,
00:30:5921 lacets,
00:30:59tu l'as dit.
00:31:01Mais par contre,
00:31:02on entend le public.
00:31:03Et quand j'entends le public
00:31:05gueuler sur Contador,
00:31:08je sais qu'il n'est pas loin devant moi.
00:31:10Parce que je calcule à peu près,
00:31:14je ne compte pas,
00:31:15mais je sais qu'il n'est pas loin
00:31:17parce que j'entends le public.
00:31:18Tant que tu entends le public,
00:31:19c'est qu'il est à portée de fusil.
00:31:22Et après,
00:31:23sur le bord de la route,
00:31:25j'ai un photographe de l'équipe
00:31:28qui est sur la moto
00:31:30et qui m'explique
00:31:31qu'il y a Sanchez
00:31:32qui est en train de revenir fort.
00:31:34Champion olympique.
00:31:35Champion olympique,
00:31:35Samuel Sanchez,
00:31:37également des podiums
00:31:38sur les grands tours,
00:31:39des grosses références en montagne
00:31:41qui va être meilleur grimpeur
00:31:42de ce tour.
00:31:43Et qui m'explique
00:31:44que Sanchez est en train
00:31:46de revenir à fond derrière.
00:31:48Donc,
00:31:48il me dit,
00:31:49il souffle, souffle, récupère.
00:31:50Donc, je prends un gel,
00:31:51je récupère, je souffle.
00:31:53Et Sanchez me rattrape.
00:31:54Et Sanchez,
00:31:55Samuel Sanchez,
00:31:56je lui montre le visage
00:31:57qu'il veut voir,
00:31:57c'est-à-dire le visage
00:31:58d'un mec complètement mort.
00:32:00Donc,
00:32:00je lui fais ma plus belle grimace
00:32:02en zigzagant un peu,
00:32:04en lui faisant croire
00:32:05que je suis en perdition.
00:32:06Donc,
00:32:06je me mets dans sa roue.
00:32:07Et Sanchez,
00:32:08pareil,
00:32:08porté par l'euphorie
00:32:09de cette foule,
00:32:11du public,
00:32:12il oublie que je suis là.
00:32:13Mais en fait,
00:32:14il est en train de me ramener,
00:32:15il me ramène,
00:32:15il me ramène,
00:32:16et il est en train
00:32:16de me ramener sur Contador.
00:32:18Et petit à petit,
00:32:19le bruit du public
00:32:20se rapproche,
00:32:20se rapproche.
00:32:21Et là,
00:32:22je comprends
00:32:22que Sanchez va me ramener.
00:32:25Il me demande un relais
00:32:26que je refuse
00:32:27parce que,
00:32:28d'une,
00:32:28il peut passer Thomas
00:32:29au classement général.
00:32:30Et de deux,
00:32:31lui,
00:32:31il joue le maillot à poids du tour.
00:32:33Donc,
00:32:33s'il veut les points,
00:32:34qu'il aille les chercher.
00:32:35Donc,
00:32:36j'ai du sang-froid.
00:32:37Non,
00:32:37mais c'est dingue
00:32:37de te dire que
00:32:40dans un tel effort,
00:32:41t'arrives à rester aussi lucide
00:32:42et dans le calcul
00:32:43et dans presque l'acting,
00:32:45tu l'as dit,
00:32:46à faire semblant d'être mort
00:32:47pour qu'il revienne,
00:32:48qu'il t'emmène.
00:32:49C'est dingue.
00:32:50C'est un luxe
00:32:51d'avoir fait,
00:32:53ce qui m'a permis
00:32:54d'avoir ce sursaut,
00:32:56ce surplus de fraîcheur,
00:32:58c'est d'avoir fait ce reset
00:32:59en plein milieu
00:33:00de l'Alpe d'Huez.
00:33:00Parce que quand on monte
00:33:01l'Alpe d'Huez,
00:33:02qu'on le monte
00:33:04à l'entraînement,
00:33:05en cyclo,
00:33:05en rando
00:33:06ou sur le tour,
00:33:08elle n'offre aucun répit
00:33:09cette ascension.
00:33:09Il n'y a pas un moment
00:33:10où tu as un replat,
00:33:11tu peux soulager le muscle,
00:33:13faire baisser les pulsations.
00:33:14Et en fait,
00:33:14d'avoir fait ce petit,
00:33:17allez,
00:33:18cette petite minute 30
00:33:19où je me suis relâché
00:33:20le dos,
00:33:21les muscles,
00:33:22je me suis alimenté,
00:33:24j'ai bu.
00:33:25Et en fait,
00:33:25j'ai fait un reset
00:33:26de déjà tout ce qui s'est passé
00:33:27en amont
00:33:28et sur l'étape.
00:33:30Et après,
00:33:31j'étais tout dans le calcul
00:33:32parce que cette montée
00:33:33de l'Alpe d'Huez,
00:33:34je la connaissais par cœur.
00:33:35Mais quand je dis par cœur,
00:33:37en fait,
00:33:37la petite histoire,
00:33:38c'est que l'année avant,
00:33:39j'ai fait un stage
00:33:40à Bourdoisan.
00:33:44Et ma femme
00:33:45était en train
00:33:46de réviser ses partiels.
00:33:47On était dans le camping
00:33:47au pied de l'Alpe,
00:33:49à Bourg.
00:33:50Et pas de bol,
00:33:51sur 10 jours
00:33:52où on était présents,
00:33:53il a plu non-stop.
00:33:55L'école était fermée
00:33:56parce qu'il y avait
00:33:57encore de la neige,
00:33:58des éboulements et autres.
00:33:59Et en fait,
00:33:59j'ai pu faire
00:34:00que l'Alpe d'Huez.
00:34:00Ah oui, d'accord.
00:34:01Jusqu'à en faire
00:34:02une indigestion, quoi.
00:34:03C'était simple.
00:34:04Je montais l'Alpe,
00:34:06je m'habillais chaudement,
00:34:07je redescendais,
00:34:08je prenais une douche
00:34:09et je repartais l'après-midi
00:34:10et je faisais que ça.
00:34:11Et j'avais fait l'Alpe,
00:34:13les deux Alpes,
00:34:14un bout du lotaré.
00:34:15Enfin, pour vous situer,
00:34:16c'est vraiment...
00:34:17J'étais coincé.
00:34:18J'étais vraiment coincé là-dessus.
00:34:19Et donc, sur l'Alpe,
00:34:20j'ai dû le monter 15 fois.
00:34:21Et donc, je connaissais
00:34:22tout par cœur.
00:34:23Et je savais que Sanchez,
00:34:25il m'amenait au virage numéro 6.
00:34:28Après, derrière,
00:34:28c'était impossible de me lâcher.
00:34:30Et du virage numéro 1
00:34:32jusqu'à la station,
00:34:34c'est-à-dire de 2,5 km de l'arrivée
00:34:36jusqu'à 1,8 km,
00:34:38j'étais capable de remettre
00:34:39le grand plateau
00:34:40parce que je l'avais fait
00:34:41plein de fois.
00:34:41Et en fait,
00:34:43on parle souvent de visualisation,
00:34:48de tout ça.
00:34:49Mais en fait,
00:34:50quand j'ai gagné l'Alpe,
00:34:51je l'avais fait déjà 10 fois avant.
00:34:54Dans ma tête,
00:34:55c'était réglé.
00:34:56Quand tu t'entraînais,
00:34:57en 2008,
00:34:58sur l'Alpe du Est...
00:34:59J'étais déjà en train
00:34:59de le rêver, honnêtement.
00:35:00J'étais déjà en train
00:35:01de me dire...
00:35:02Si j'attaquerais ici.
00:35:04Oui.
00:35:05Là, je ferais ça.
00:35:06Là, je ferais ça.
00:35:07Et en fait,
00:35:08pour le coup,
00:35:09le travail mental
00:35:10est très, très important.
00:35:12Mais je m'étais visualisé
00:35:14des dizaines et des dizaines de fois.
00:35:16Et quand je l'ai fait
00:35:17sur le tour,
00:35:18que j'arrive au virage numéro 1,
00:35:202,5 km,
00:35:21et qu'on rattrape,
00:35:22qu'on t'adore,
00:35:23juste au moment
00:35:24où on le rattrape,
00:35:24je me dis,
00:35:25lui, je ne veux pas
00:35:26le laisser respirer.
00:35:27Si on le rattrape,
00:35:28il est mort,
00:35:29c'est tout de suite.
00:35:30J'ai mis le grand plateau,
00:35:31j'ai voulu faire du...
00:35:32En plus, à l'époque,
00:35:33on avait encore le mécanique,
00:35:34donc le changement de plateau.
00:35:36On l'entendait,
00:35:37racle à la chaîne
00:35:38qui monte sur le grand plateau.
00:35:40Et je voulais
00:35:40qu'il le voit,
00:35:42qu'il l'entende,
00:35:43que je passe le grand plateau,
00:35:44juste pour le remettre
00:35:45comme un chaos
00:35:47psychologique.
00:35:48C'est dingue,
00:35:49on ne s'imagine pas
00:35:50qu'il y a aussi
00:35:50tout ce jeu psychologique
00:35:52entre les coureurs.
00:35:54Moi, je me dis aussi
00:35:54quand tu attaques
00:35:55et que tu lâches
00:35:56contre Tador,
00:35:56à à peu près
00:35:57un kilomètre de l'arrivée,
00:35:58on le sait tous,
00:35:59on le voit tous
00:36:00que tu vas remporter
00:36:01cette étape.
00:36:02Est-ce que toi,
00:36:02tu en as conscience
00:36:03ou est-ce que tu es
00:36:03tellement focus
00:36:04sur ton truc
00:36:04que tu te dis,
00:36:05tant que je n'ai pas passé
00:36:05la ligne d'arrivée,
00:36:06il peut tout encore se passer,
00:36:09une chute,
00:36:09un truc con.
00:36:11Oui, c'est le dernier virage
00:36:13de l'Alpe d'Ivoire.
00:36:14Il y a déjà eu
00:36:14des incidents,
00:36:19mais franchement,
00:36:20je n'y croyais même pas.
00:36:21Je n'y croyais même pas.
00:36:24Je n'ai plus de communication
00:36:25avec la voiture,
00:36:26rien.
00:36:27Ces voitures étaient
00:36:27trop loin.
00:36:29Je n'y crois pas.
00:36:30Je n'y crois pas.
00:36:31Je passe la ligne.
00:36:33En fait, je l'ai fait.
00:36:34J'ai gagné déjà
00:36:36une étape du tour,
00:36:37mais en plus,
00:36:37j'ai gagné la plus belle,
00:36:38celle que tous les grimpeurs
00:36:40veulent épingler.
00:36:41Je gagne à l'Alpe d'Huez.
00:36:42Donc, en vrai,
00:36:43je n'y crois pas.
00:36:45Je suis comme dans un rêve.
00:36:46Je mets pas mal de temps
00:36:46à réaliser.
00:36:49Après,
00:36:50c'est assez fou
00:36:52ce qui se passe.
00:36:53En plus,
00:36:54je chope le maillot blanc,
00:36:55donc le leader
00:36:55du classement des jeunes.
00:36:57Il n'y a que 4 maillots
00:36:58distinctifs sur les champs.
00:37:00On est 19e.
00:37:01Il reste un chrono,
00:37:02donc potentiellement,
00:37:03je peux le ramener.
00:37:05C'est assez dingue.
00:37:07Et le contraste
00:37:08avec Thomas
00:37:09qui perd son maillot jaune.
00:37:10Exactement.
00:37:11L'ambiance au sein de l'équipe,
00:37:12elle est comment
00:37:12à ce moment-là, Pierre ?
00:37:13C'est particulier.
00:37:14Il y a la joie,
00:37:14il y a la fierté
00:37:15du maillot blanc,
00:37:16la fierté personnelle,
00:37:17mais en même temps,
00:37:17ça a été une étape
00:37:18un peu cata pour Thomas
00:37:19qui perd le maillot jaune.
00:37:21Qui perd le maillot jaune,
00:37:22qui perd aussi le podium.
00:37:23Le podium,
00:37:23exactement.
00:37:25C'est très contrasté.
00:37:28Forcément,
00:37:28il y a la déception de Thomas.
00:37:30Moi, il y a ma joie.
00:37:31Donc, le soir à table,
00:37:32je n'en fais pas des caisses
00:37:34non plus.
00:37:38Thomas, il est content pour moi.
00:37:40Il est content pour moi,
00:37:41il est content parce qu'il sait
00:37:44que je le mérite,
00:37:44il sait le travail
00:37:45que je fournis,
00:37:47il connaît tout le chemin
00:37:51qu'il a fallu faire.
00:37:52Donc, il est content.
00:37:54Après, voilà,
00:37:56ma satisfaction
00:37:57ne peut pas combler sa déception
00:37:59et vice-versa.
00:38:03Donc, voilà,
00:38:04mais c'est un peu particulier,
00:38:08honnêtement,
00:38:09mais tout le monde est content.
00:38:11Tout le monde est content,
00:38:13tout mon staff est content,
00:38:14tous les suiveurs sont contents
00:38:15parce que tout le monde
00:38:17voyait que j'étais capable.
00:38:18Et forcément,
00:38:19plus les journées,
00:38:20quand tu es sur le tour,
00:38:22au début, tu as le temps
00:38:22parce qu'il y a 21 étapes,
00:38:24il y a le temps,
00:38:24il y a le temps.
00:38:25Et après,
00:38:25quand tu commences à arriver
00:38:26dans la dernière semaine
00:38:28et que tu n'as pas fait de résultat
00:38:29ou que tu n'as pas appris
00:38:30d'échapper,
00:38:31que tu n'as pas gagné,
00:38:32là, tout le monde s'affole.
00:38:34Donc là,
00:38:34c'est la dernière étape de montagne,
00:38:36c'est la dernière occasion.
00:38:36Sinon, c'est l'année prochaine.
00:38:38Et l'année prochaine,
00:38:39on ne sait pas
00:38:39ce qui va se passer.
00:38:40On ne sait pas
00:38:40si on va réussir
00:38:41à avoir une condition physique
00:38:43pareille.
00:38:43On ne sait pas
00:38:43la concurrence,
00:38:44si elle sera plus forte
00:38:45ou pas.
00:38:47Une occasion de louper
00:38:48sur le tour,
00:38:48c'est une occasion
00:38:49qui ne se représentera jamais.
00:38:50Ceux qui disent
00:38:51« Ouais, t'inquiète,
00:38:53non. »
00:38:53« Il y en aura d'autres. »
00:38:54Non.
00:38:55Quand tu termines
00:38:57deuxième d'une étape
00:38:58du tour,
00:38:58je le sais,
00:38:59derrière mes victoires,
00:39:01j'ai terminé deux fois
00:39:01deuxième d'étape
00:39:02sur le tour.
00:39:03Ce n'est pas la même chose.
00:39:05Je vous garantis
00:39:06que ce n'est pas la même chose.
00:39:07C'est intéressant
00:39:07que tu parles de ça
00:39:08parce que dans l'émission,
00:39:09évidemment,
00:39:10on revient sur tes succès.
00:39:11On pourrait aussi parler
00:39:12de 2012,
00:39:12cette étape que tu remportes
00:39:13à tout suivre en solitaire,
00:39:152017 au Giro.
00:39:17Mais le cyclisme,
00:39:18et je sais que tu aimes
00:39:18bien le dire,
00:39:19ça fait partie
00:39:19des sports de perdants
00:39:20comme la course à pied,
00:39:21comme les sports de raquettes.
00:39:23On passe son temps
00:39:23à perdre, en fait.
00:39:25C'est des rares disciplines
00:39:26où avec un pourcent
00:39:27de victoire dans une saison,
00:39:28la saison,
00:39:29elle est réussie.
00:39:30Un pourcent,
00:39:30c'est bien.
00:39:31Un pourcent,
00:39:31c'est bien.
00:39:32Non, non.
00:39:33Un pourcent,
00:39:33c'est bien.
00:39:34Non, mais le cyclisme,
00:39:35c'est clairement
00:39:35un sport de loser.
00:39:36Parce que même
00:39:37le meilleur du monde,
00:39:38même le meilleur du monde,
00:39:39si on prend
00:39:40Tadej Pogacar,
00:39:41à l'heure actuelle,
00:39:42il est à 25-30%
00:39:44de victoire.
00:39:45Donc,
00:39:47mathématiquement,
00:39:4775% du temps,
00:39:48il perd.
00:39:49Et c'est un scoreur de fou.
00:39:51Le mec,
00:39:52il gagne 20 courses par an,
00:39:53c'est énorme.
00:39:54Donc,
00:39:56oui,
00:39:57le cyclisme,
00:39:57on prend des raclées
00:39:58tout le temps,
00:39:59on perd tout le temps.
00:40:00Et le problème,
00:40:01c'est qu'on s'habitue.
00:40:03On s'habitue à se dire
00:40:04« Ah, cette étape-là,
00:40:05on ne convient pas.
00:40:05C'est pas grave.
00:40:06Cette étape-là,
00:40:07ah, puis l'échapper,
00:40:09c'est pas grave.
00:40:09C'est parce que c'est les favoris. »
00:40:14on fait une saison,
00:40:14on gagne une course.
00:40:16Quand on est un grimpeur
00:40:17et qu'on n'est pas
00:40:17un top coureur,
00:40:19c'est bien.
00:40:20Donc,
00:40:20moi,
00:40:20j'ai fait des saisons blanches.
00:40:21J'ai fait des saisons
00:40:22avec plusieurs victoires.
00:40:25Ouais.
00:40:27Quand on…
00:40:27Ouais,
00:40:28j'ai vu Nadal
00:40:29qui expliquait que lui,
00:40:3050% du temps,
00:40:31il perdait.
00:40:32Le cyclisme,
00:40:32on est un petit step au-dessus.
00:40:34C'est clair.
00:40:36Tu l'as dit,
00:40:37bon,
00:40:37voilà,
00:40:37des victoires d'État,
00:40:38des maillots aussi,
00:40:39le maillot blanc en 2011.
00:40:41Le maillot à poids,
00:40:41je sais que pour les grimpeurs,
00:40:42c'est un peu le graal,
00:40:44le maillot à poids.
00:40:452013,
00:40:46t'es vraiment pas loin
00:40:47de le ramener sur les champs
00:40:48et puis c'est Nero Quintana
00:40:49qui finalement te le chippe.
00:40:50C'est le plus gros regret
00:40:52de ta carrière
00:40:53ou en tout cas
00:40:53la plus grande cicatrice,
00:40:55Pierre ?
00:40:56Ah, ça a fait mal.
00:40:57Ça a fait mal.
00:40:58Ça a fait mal
00:40:58et la petite histoire,
00:41:01c'est que l'organisateur
00:41:03a changé son règlement
00:41:08deux ans de l'année d'avant
00:41:10ou deux ans auparavant,
00:41:11je ne sais plus,
00:41:12il y a un coureur qui gagne,
00:41:12Anthony Charteau.
00:41:14Ça ne plaît pas à l'organisateur
00:41:15parce que ce n'est pas
00:41:16un coureur de renom.
00:41:18Et du coup,
00:41:18il décide de doubler
00:41:19les points aux ascensions finales.
00:41:23donc si on prend le barème d'avant,
00:41:26je le gagne,
00:41:27avec le nouveau barème,
00:41:28je le perds
00:41:29et du coup,
00:41:29on se retrouve avec un des favoris,
00:41:31donc le deuxième du général
00:41:32qui gagne ce maillot à poids
00:41:35et du coup,
00:41:36là l'organisateur est revenu en arrière
00:41:38en réattribuant différemment les points
00:41:42parce que Pogacar
00:41:43remportait les trois maillots distinctifs,
00:41:45maillot blanc, maillot jaune,
00:41:45maillot à poids
00:41:46et donc ce n'est pas terrible
00:41:48pour les sponsors
00:41:49d'avoir un coureur
00:41:50avec trois mannequins
00:41:51sur le podium,
00:41:53trois bustes
00:41:54et donc on a décidé
00:41:56d'un petit peu modifier
00:41:57pour essayer d'attribuer
00:41:58des maillots
00:41:58à différents coureurs
00:42:02mais je leur en veux quand même
00:42:03même si je travaille pour eux
00:42:05maintenant,
00:42:05je ne leur en veux pas.
00:42:07Si, ils ne sont pour rien,
00:42:08c'est qu'ils veulent
00:42:09que ce soit un coureur de renom,
00:42:10c'est logique
00:42:12mais ça a été
00:42:12une grosse déception.
00:42:13Ça a été une grosse déception
00:42:16parce que ce maillot,
00:42:17je l'ai porté pendant 17 jours
00:42:18sur le Tour en 2013
00:42:19donc j'ai porté
00:42:20de la deuxième étape
00:42:21en Corse
00:42:23jusqu'à la veille
00:42:24de l'arrivée
00:42:24au Semnose
00:42:26et ouais,
00:42:27ça fait mal.
00:42:29Ça fait mal
00:42:30quand on l'a eu autant
00:42:30qu'on ne va pas être
00:42:32sur les Champs-Elysées,
00:42:33qu'on a déjà connu
00:42:34le podium comme moi.
00:42:38en fait,
00:42:38c'est que je savais
00:42:39à côté de quoi je passais,
00:42:40c'est-à-dire le podium,
00:42:41la tournée des Critériums
00:42:42avec le maillot à poids
00:42:45et puis une ligne
00:42:46sur le palmarès
00:42:47et une ligne
00:42:48sur l'histoire de ton sport
00:42:49parce que quand tu es
00:42:50maillot à poids du Tour,
00:42:52franchement,
00:42:53c'est la classe,
00:42:54c'est la classe ultime.
00:42:56Gagner l'Alpe,
00:42:57le maillot à poids,
00:42:58mais bon.
00:42:58Il y a ça
00:43:00comme grosse déception
00:43:01et de ne pas avoir gagné
00:43:04sur le Tour d'Espagne,
00:43:05de ne pas être
00:43:06dans ce fameux club
00:43:07des 100.
00:43:08Donc si j'avais vraiment
00:43:09quelque chose à refaire
00:43:10dans ma carrière,
00:43:12c'est peut-être
00:43:12d'aller une fois
00:43:13sur le Tour
00:43:13pour miser à 100%
00:43:16le maillot à poids
00:43:17et d'aller une fois
00:43:18sur la Vuelta
00:43:19avec un gros capital
00:43:21fraîcheur
00:43:21parce qu'à chaque fois
00:43:22que je me suis présenté
00:43:23sur la Vuelta,
00:43:23c'était après le Tour
00:43:25et j'étais clairement
00:43:26un peu cramé.
00:43:28En tout cas, Pierre,
00:43:28quand on pense à toi,
00:43:29on pense bien entendu
00:43:30à ces attaques
00:43:31permanentes,
00:43:31à ces étapes remportées,
00:43:33mais on t'associe aussi
00:43:34à une voix,
00:43:35à un homme
00:43:36qui t'a accompagné
00:43:37avec ses commentaires
00:43:38légendaires
00:43:39et il a un petit message
00:43:40pour toi.
00:43:42Bonjour Pierre.
00:43:43Bon,
00:43:43je vais être un peu
00:43:44plus naturel.
00:43:45Salut Pierrot
00:43:45parce que c'est comme ça
00:43:46qu'on fonctionnait
00:43:47quand j'étais sur la moto
00:43:48avec ton style particulier
00:43:50très élégant
00:43:51sur le vélo.
00:43:51C'était assez pratique
00:43:52pour te reconnaître
00:43:53de loin.
00:43:54Moi aujourd'hui,
00:43:55j'ai envie de te dire
00:43:55merci.
00:43:56Merci d'avoir été
00:43:57un dynamiteur de peloton.
00:43:59Alors c'est vrai,
00:44:00c'est sans doute
00:44:00un peu exagéré,
00:44:01mais l'attaque
00:44:02de Pierre Roland
00:44:03est restée mythique.
00:44:05Mais comment ne pas
00:44:06s'enflammer
00:44:07quand on était commentateur,
00:44:08quand tu attaquais
00:44:09notamment dans l'Alpe d'Oise
00:44:11avec une victoire d'étape
00:44:13sur le Tour de France,
00:44:13elle aussi mythique.
00:44:15Après,
00:44:16il y en a eu d'autres,
00:44:16elle a tout sué
00:44:17l'année d'après,
00:44:18victoire d'étape
00:44:19sur le Tour d'Italie.
00:44:20Bref,
00:44:20une très très belle carrière.
00:44:21Merci aussi d'avoir été
00:44:23aussi disponible.
00:44:24On aimait beaucoup
00:44:25aller t'interviewer,
00:44:26tu parlais très bien
00:44:26et puis surtout,
00:44:27tes analyses étaient
00:44:28très bonnes.
00:44:29Bref,
00:44:29merci pour ta carrière,
00:44:31merci pour qui tu étais
00:44:33et je ne suis pas étonné
00:44:34que tu aies réussi
00:44:35toutes tes reconversions,
00:44:37notamment un excellent consultant.
00:44:39Je crois qu'on aurait fait
00:44:40un bon duo,
00:44:41mais bon,
00:44:42on ne va pas refaire le monde.
00:44:43Je te souhaite
00:44:43une très bonne émission
00:44:44et à bientôt.
00:44:46L'attaque de Pierre Roland,
00:44:48c'est au même titre
00:44:49que le alors peut-être
00:44:50de Patrick Montel.
00:44:51Tu as déposé la marque,
00:44:52non ?
00:44:52J'ai déposé,
00:44:53c'est fou ça.
00:44:54Tu l'avais sur ton dossard
00:44:56au Marathon de Paris,
00:44:56je crois,
00:44:57non ?
00:44:57Oui,
00:44:57je l'ai mis au dossard,
00:44:58je l'ai mis sur le dossard,
00:44:59je l'ai mis un petit peu partout,
00:45:00mais je l'ai déposé.
00:45:02Comme ça,
00:45:03moi,
00:45:03on est tranquille.
00:45:05Si un jour,
00:45:07il y a eu quelques collections
00:45:09de t-shirts,
00:45:10des machins,
00:45:11sur Internet,
00:45:12sur des sites un peu...
00:45:13Et donc,
00:45:14voilà,
00:45:14j'ai verrouillé tout ça
00:45:15parce que ça reste quand même
00:45:16mon nom.
00:45:18Donc,
00:45:18j'ai verrouillé tout ça.
00:45:19Pour l'instant,
00:45:20je n'en ai pas fait grand-chose.
00:45:21Je n'en ai pas fait grand-chose,
00:45:22mais qui sait ?
00:45:24Un jour,
00:45:24peut-être une émission,
00:45:25je ne sais pas,
00:45:26un truc,
00:45:27une ligne collection de maillots,
00:45:29ou une course,
00:45:31non,
00:45:31je ne sais pas.
00:45:32Non,
00:45:32mais en tout cas,
00:45:33ça reste,
00:45:33c'est resté.
00:45:34Et d'être associé
00:45:36à un coureur offensif
00:45:38avec du tempérament,
00:45:39avec du panache,
00:45:41je trouve ça plus cool
00:45:42que d'être associé
00:45:43à un coureur
00:45:43qui reste dans les roues,
00:45:44qui profite du travail
00:45:45des hôtes
00:45:46et qu'en fout pas une.
00:45:47Oui,
00:45:47c'est vrai.
00:45:48Mais tu sais quoi ?
00:45:48Il y a un autre coureur
00:45:49en ce moment très offensif
00:45:50qui a beaucoup de panache,
00:45:51qui est très, très jeune.
00:45:52Et on va en parler tout de suite
00:45:53dans Chaud de Han
00:45:53avec Thomas Signéchi.
00:46:00Et là, notre Thomas National.
00:46:02Comment ça va Thomas ?
00:46:02Salut Lucien,
00:46:03ça va et toi ?
00:46:03Ça va très bien.
00:46:04Merci,
00:46:05Pierre,
00:46:05ça va ?
00:46:05Très bien.
00:46:07Ça a l'air d'aller,
00:46:07vous deux ?
00:46:07Ça va ?
00:46:08Pierre,
00:46:09tu sais qu'aujourd'hui,
00:46:09on s'enflamme pour Lucien aussi.
00:46:11C'est son anniversaire.
00:46:12Ah,
00:46:13bon anniversaire.
00:46:14Merci beaucoup.
00:46:14Donc déjà,
00:46:15pour poser les bases,
00:46:16je compte sur toi
00:46:16pour continuer de faire sa fête
00:46:18sur la suite de l'émission.
00:46:20Il va m'emmener sur le vélo.
00:46:2218,
00:46:2228,
00:46:2338,
00:46:23combien on est aujourd'hui ?
00:46:24Je ne sais plus.
00:46:25C'est un des trois.
00:46:26Voilà.
00:46:26Au choix.
00:46:28Pierre,
00:46:28dans cette chronique
00:46:29que le monde nous envie,
00:46:30je le rappelle tout le temps quand même,
00:46:32on a l'habitude de parler
00:46:33de quelqu'un d'autre
00:46:34avec notre invité.
00:46:36Une idole,
00:46:36en général,
00:46:37alors là voilà,
00:46:37tu en as déjà parlé tout à l'heure,
00:46:39c'est l'idole
00:46:39de tout le cyclisme français.
00:46:42On y va forcément.
00:46:43Alors lui,
00:46:44pour reprendre votre musique d'introduction,
00:46:45il est très jeune,
00:46:46mais alors il n'est pas con du tout.
00:46:47C'est Paul Sexas,
00:46:48bien sûr.
00:46:50Premier de la Fonardèche classique,
00:46:52deuxième du Tour de l'Algarve,
00:46:54deuxième des Stradet Biancais,
00:46:55surtout donc la course la plus récente,
00:46:56tu en as parlé tout à l'heure,
00:46:58et la plus marquante.
00:46:59Tu t'attendais à un début de saison
00:47:00aussi réussi ?
00:47:04Là, quand même,
00:47:05il fait fort.
00:47:08On le voit venir
00:47:09depuis un an,
00:47:10même depuis avant,
00:47:12depuis même les catégories juniors,
00:47:15donc même en passé pro.
00:47:18Mais là,
00:47:19sur le début de saison,
00:47:20il m'a encore un petit peu plus épaté,
00:47:23surpris,
00:47:25par sa régularité,
00:47:27par le fait qu'il soit toujours au rendez-vous,
00:47:29encore une fois,
00:47:30par sa sagesse,
00:47:33son sang-froid,
00:47:35ses interviews.
00:47:35En fait,
00:47:37tout me plaît.
00:47:39Également,
00:47:39là où j'ai été très surpris,
00:47:42c'est par le compte-la-monde
00:47:44qu'il a fait au Tour d'Algarve,
00:47:46seul sur un chrono de plus de 20 bornes,
00:47:48seulement à quelques secondes,
00:47:50d'un Philippe O'Gana,
00:47:51qui est avec Renko Evenepoel,
00:47:52la référence.
00:47:54Donc le mec,
00:47:54il grimpe,
00:47:55il roule,
00:47:56il sait se positionner,
00:47:57il sait faire du gravel
00:47:57parce que l'estrade est bianquée,
00:47:59mais bon,
00:47:59ce n'est pas étonnant
00:48:00parce qu'il vient du cyclocross.
00:48:03En fait,
00:48:04il a tout.
00:48:04Donc il a tout,
00:48:05il a une grosse équipe
00:48:06qui a du budget,
00:48:08il y a un projet autour de lui.
00:48:09Donc,
00:48:11il coche quand même
00:48:12toutes les cases.
00:48:13On en a eu des champions français
00:48:15depuis 20 ans.
00:48:18Il n'y en a pas un
00:48:18qui cochait toutes les cases.
00:48:20Un Pinot,
00:48:20il avait des lacunes physiques,
00:48:22parfois psychologiques.
00:48:24Un Bardet en chrono,
00:48:25ça n'allait pas.
00:48:26Et aussi jeune.
00:48:27Aussi jeune,
00:48:27c'est incroyable.
00:48:28Donc,
00:48:30là,
00:48:31on a quelque chose.
00:48:32On a quelque chose de fort.
00:48:32Et sur le Tour de France,
00:48:34alors forcément,
00:48:34parce qu'on est obligé
00:48:35d'en parler,
00:48:36ça paraissait évident
00:48:37la fin de saison dernière,
00:48:38non,
00:48:38il ne le fera pas.
00:48:39C'est trop.
00:48:39Mais là,
00:48:40maintenant,
00:48:40on a l'impression
00:48:41qu'il a déjà inversé la situation.
00:48:43Ça paraît évident
00:48:44qu'il le fasse.
00:48:45Comment est-ce que tu pourrais expliquer
00:48:46qu'on doute encore aujourd'hui ?
00:48:49Notamment peut-être
00:48:49pour ceux qui suivent le vélo
00:48:50d'un peu plus loin.
00:48:51Comment est-ce qu'on pourrait douter
00:48:52pourquoi ce serait peut-être bien,
00:48:54malgré tout,
00:48:54qu'il ne fasse pas
00:48:55le Tour de France
00:48:58alors une carrière,
00:48:59ça se construit,
00:49:01on met des bases.
00:49:02Alors,
00:49:03faire le Tour,
00:49:04il a le niveau de faire le Tour.
00:49:05Il n'y a pas de sujet,
00:49:06il fait le Tour,
00:49:06il le finit,
00:49:07il termine dans les dix premiers.
00:49:08Il n'y a aucun sujet.
00:49:11Après,
00:49:12une carrière,
00:49:12ça se construit,
00:49:14une carrière s'il glisse.
00:49:15C'est un peu comme un...
00:49:15Moi, je compare ça
00:49:16un peu comme un boxeur.
00:49:18C'est-à-dire qu'on va lui faire
00:49:20faire les bons combats
00:49:20avant de l'amener
00:49:23à affronter le champion.
00:49:25Je sais que ça parle beaucoup.
00:49:26Tout le monde a une théorie.
00:49:28Tout le monde a une théorie
00:49:29sur Paul Sexas.
00:49:30Tout le monde a envie
00:49:30de donner son avis
00:49:31sur Paul Sexas.
00:49:32Mais l'avantage avec Paul Sexas,
00:49:34c'est que quoi qu'il fasse,
00:49:36ce sera bien.
00:49:37S'il fait le Tour,
00:49:38ça va bien se passer.
00:49:39S'il ne fait pas le Tour
00:49:40et qu'il le fait l'année prochaine,
00:49:41ça va bien se passer aussi.
00:49:42Donc, en fait,
00:49:43on peut avoir 10 000 théories
00:49:45sur quel est le meilleur plan
00:49:47pour arriver au Tour de France.
00:49:50Moi, mon avis,
00:49:51s'il n'a pas bougé
00:49:52malgré les performances
00:49:53qu'il a fait en début de saison,
00:49:55pour moi,
00:49:56il faut qu'il aille
00:49:56sur la Vuelta,
00:49:57qu'il gagne.
00:49:59Le Tour de Pologne
00:50:01qui est début août,
00:50:02juste après le Tour,
00:50:03qu'il fasse un gros stage
00:50:04pendant le Tour,
00:50:06qu'il aille affronter
00:50:07Pogacar potentiellement
00:50:08sur la Vuelta,
00:50:09parce que Pogacar,
00:50:10il n'a pas gagné la Vuelta.
00:50:11À mon avis,
00:50:12cette année,
00:50:12il va peut-être le tenter.
00:50:14Mais Pogacar,
00:50:15avec un Tour de France
00:50:16dans les jambes
00:50:17et un début de saison,
00:50:18peut-être,
00:50:19il y aura une confrontation.
00:50:20Et d'aller au Tour,
00:50:21l'année prochaine,
00:50:22avec potentiellement
00:50:23une confrontation
00:50:24avec un Pogacar,
00:50:25ne serait-ce qu'à 95%
00:50:26au lieu de 100%,
00:50:28il va arriver
00:50:29avec de l'expérience.
00:50:30Et il y a aussi,
00:50:32j'en ai parlé
00:50:33en début d'émission,
00:50:34le Tour de France,
00:50:36c'est dur physiquement,
00:50:37mais il y a tous les à côté
00:50:38qui sont atroces.
00:50:39L'attente,
00:50:40l'attente avant,
00:50:42l'attente du public,
00:50:43l'attente des médias,
00:50:44l'attente des sponsors,
00:50:45les journées de repos,
00:50:46les étapes,
00:50:47les transferts à rallonge,
00:50:48tout est dur.
00:50:48On a envie de voir ça aussi,
00:50:50presque maintenant.
00:50:51Il faut être patient.
00:50:51Ça va être frustrant.
00:50:52Je pense que ça va être frustrant,
00:50:53mais ça va encore plus
00:50:57entretenir l'envie.
00:50:59En fait,
00:51:00c'est comme si
00:51:01tu avais un cadeau
00:51:03que tes parents t'ont acheté
00:51:05pour Noël
00:51:06et qu'il est là
00:51:07au mois de novembre.
00:51:08Tu as envie de l'ouvrir
00:51:08tout de suite ?
00:51:09Il faut attendre.
00:51:10Et Paul Sexas,
00:51:12il ne peut pas se rendre
00:51:14au retour de France
00:51:15pour apprendre.
00:51:16OK, il va apprendre,
00:51:17il va prendre de l'expérience.
00:51:18Mais apprendre sur la Veltar,
00:51:21en jouant la gagne
00:51:22du général,
00:51:23du podium,
00:51:24en allant au protocole
00:51:26tous les soirs,
00:51:26en allant au contrôle antidopage
00:51:28tous les soirs,
00:51:28à la conférence de presse
00:51:30tous les soirs,
00:51:30tout ça,
00:51:31il va apprendre.
00:51:32Et sur la Veltar,
00:51:34c'est important déjà.
00:51:36Tout le protocole
00:51:37est quasiment le même,
00:51:38mais quand même,
00:51:39il y a moins de monde,
00:51:40il y a moins de pression.
00:51:41Il va se rendre à son hôtel,
00:51:42il sera tranquille.
00:51:43Il ne va pas avoir
00:51:45500 personnes
00:51:46au pied de son hôtel.
00:51:47Sur le tour,
00:51:48il va avoir ça.
00:51:48Parce que ça va être
00:51:49l'attraction du tour.
00:51:50Donc il faut le préparer
00:51:51petit à petit.
00:51:51Pour moi,
00:51:51c'est un diamant brut
00:51:53qu'il faut polir,
00:51:54policher tranquillement.
00:51:56Et surtout,
00:51:56il faut être patient.
00:51:57On ne perd jamais de temps
00:51:59à être patient.
00:51:59C'est une phrase de vieux.
00:52:01Mais moi aussi,
00:52:02j'ai envie de le voir.
00:52:03Tout le monde a envie de le voir.
00:52:04Mais l'avantage
00:52:05avec ce coureur,
00:52:06c'est qu'il a tellement de talent
00:52:07que peu importe
00:52:08les choix qui seront faits
00:52:09par son équipe,
00:52:10parce que je ne pense pas
00:52:11que ce soit lui
00:52:11qui choisisse à son âge.
00:52:13Et c'est sa structure
00:52:14qui quand même le paye
00:52:16tous les mois.
00:52:16Donc ils vont l'orienter.
00:52:19Du moins,
00:52:20ils vont essayer
00:52:20de lui proposer,
00:52:21ils vont lui faire
00:52:22un beau paquet,
00:52:23peu importe
00:52:24que ce soit tour
00:52:24ou pas tour.
00:52:28Mais quoi qu'il fasse,
00:52:29ce sera bien.
00:52:29On ne sera pas déçu
00:52:30avec ce coureur.
00:52:31On ne sera pas dans...
00:52:31Ça me fait penser à ça
00:52:33parce qu'on parle déjà
00:52:34évidemment de l'intérêt
00:52:34de toutes les équipes
00:52:35du monde,
00:52:36évidemment,
00:52:36pour Sexas.
00:52:37Il ne serait évidemment
00:52:38pas du genre
00:52:39justement à peut-être
00:52:40mettre ça dans la balance.
00:52:41Ah bon,
00:52:41vous me faites faire le tour
00:52:42des cartons cette année.
00:52:43Donc bon,
00:52:44je vais aller voir ailleurs.
00:52:46En le disant,
00:52:47voilà,
00:52:47vu le gars,
00:52:49ce ne sera pas ça.
00:52:50Il est jeune
00:52:50et de toute façon,
00:52:52tout le côté contractuel
00:52:54est délégué à un agent.
00:52:55Il a un agent
00:52:56qui a pignon sur rue depuis.
00:52:58Ce n'est pas un agent
00:52:59qui vient d'arriver,
00:53:00qui vient du foot
00:53:00ou je ne sais où.
00:53:01C'est un agent
00:53:02qui est dans le cyclisme
00:53:02depuis toujours,
00:53:04qui est un habitué,
00:53:06donc lui,
00:53:06il va faire son rôle
00:53:07d'agent.
00:53:07Ça va être de valoriser
00:53:09le plus possible son contrat
00:53:13parce que lui,
00:53:14il a un intérêt
00:53:15et il faut aussi
00:53:16qu'il pense à l'intérêt
00:53:19de son coureur,
00:53:19à construire un plan
00:53:20de carrière,
00:53:21à se retrouver dans une équipe
00:53:22parce qu'on entend
00:53:23forcément UAE
00:53:24qui est intéressé.
00:53:25UAE,
00:53:25pour les moins connaisseurs,
00:53:28c'est l'équipe
00:53:28avec le plus de budget.
00:53:29s'ils veulent,
00:53:30Paul sait que ça,
00:53:30c'est que ça coûte
00:53:31quatre fois plus cher
00:53:32que n'importe quel autre coureur.
00:53:35Eux,
00:53:36voilà,
00:53:36c'est le système.
00:53:37C'est les Émirats.
00:53:38C'est l'équipe de budget.
00:53:39Les Émirats,
00:53:39ils veulent quelque chose.
00:53:40Ils l'ont,
00:53:41ils veulent la tour
00:53:41la plus haute du monde.
00:53:42Ils l'ont,
00:53:42donc un coureur cycliste,
00:53:43ça ne leur fait pas peur.
00:53:44Donc voilà,
00:53:47on va parler de contrats
00:53:49assez impressionnants
00:53:51comme peut-être
00:53:51on n'a jamais entendu
00:53:52dans le cyclisme.
00:53:54Mais il faut un plan de carrière,
00:53:56il lui faut des équipiers,
00:53:57il lui faut une structure,
00:53:58un projet dévoué à sa cause
00:54:00à 100%.
00:54:01En tout cas,
00:54:02ça va être un sportif
00:54:05à part entière
00:54:06dans le monde du sport
00:54:08en général
00:54:09et pas que dans le cyclisme.
00:54:10Ça l'est déjà.
00:54:11Bon,
00:54:11tout ça est fait
00:54:11en bonne intelligence
00:54:12a priori,
00:54:12comme tu dis.
00:54:13Le meilleur du monde déjà
00:54:14derrière Pogacar,
00:54:15on s'enflamme un peu ?
00:54:17Ça va venir,
00:54:18ça va venir.
00:54:21Il y a Pogacar,
00:54:22Vingegaard
00:54:23et pour moi,
00:54:24il est juste dans
00:54:24le petit cercle
00:54:25juste derrière.
00:54:27Il n'y a pas eu
00:54:28de confrontation
00:54:28avec un Vingegaard
00:54:29à 100% pour le moment.
00:54:31Il y a un Renko Evenepoel
00:54:32aussi qui a des qualités
00:54:33différentes,
00:54:34des qualités
00:54:34beaucoup plus de rouleurs.
00:54:36Mais en tout cas,
00:54:38il est là.
00:54:39Il est dans le top 5
00:54:40des meilleurs coureurs
00:54:41du monde
00:54:41sur les courses à étapes.
00:54:43Après seulement,
00:54:44il a 19 ans.
00:54:45Il vit chez ses parents.
00:54:47C'est un gamin.
00:54:49On en a encore
00:54:49pour 10 ans,
00:54:5015 ans,
00:54:51espérons-le.
00:54:52De toute façon,
00:54:53on aura le temps
00:54:54d'en reparler.
00:54:54On a le temps.
00:54:55Il faut prendre son temps
00:54:55avec un talent pareil.
00:54:57Merci Pierre.
00:54:58Merci Lucien.
00:54:58Merci beaucoup Thomas.
00:54:59Merci.
00:54:59Toujours très intéressant.
00:55:00Évidemment.
00:55:01On va parler
00:55:02d'une chose intéressante
00:55:02aussi avec Pierre Roland.
00:55:04C'est les chutes
00:55:05dans le peloton,
00:55:06la peur de la blessure.
00:55:07C'est un vrai sujet
00:55:07dans le cyclisme.
00:55:08On a un peu de temps
00:55:08dans l'émission.
00:55:09On va quand même
00:55:10en parler un petit peu
00:55:10au coin du feu.
00:55:16Allez,
00:55:16je prends la place.
00:55:17Voilà.
00:55:18Ça va,
00:55:18on est fit.
00:55:19dans le canapé.
00:55:22C'est un vrai sujet.
00:55:23La peur,
00:55:24les chutes dans le peloton.
00:55:26C'est aussi quelque chose
00:55:27qui a induit un petit peu
00:55:28ton arrêt de carrière.
00:55:29Pas que ça,
00:55:30mais également.
00:55:31On a un petit graphique
00:55:32intéressant à te montrer
00:55:34qu'on est allé chercher
00:55:35sur Pro Cycling Stat.
00:55:37Depuis 2020,
00:55:38le nombre de chutes
00:55:40est en constante augmentation.
00:55:41Tu vois,
00:55:42141 en 2020,
00:55:44374 en 2025.
00:55:46Comment on l'explique ça,
00:55:47Pierre ?
00:55:48Ce danger permanent
00:55:49dans le peloton.
00:55:51Plusieurs raisons.
00:55:53L'enjeu,
00:55:54la densité des pelotons,
00:55:56c'est-à-dire un peloton
00:55:57qui devient de plus en plus dense
00:55:58en termes de niveau.
00:56:00Donc,
00:56:00les écarts se font moins.
00:56:01Donc,
00:56:01le peloton reste compact
00:56:02plus longtemps.
00:56:04La vitesse.
00:56:05La vitesse.
00:56:07On a des vélos
00:56:08qui sont de vraies machines
00:56:10maintenant.
00:56:10Il ne faut pas avoir peur
00:56:11de dire
00:56:11qu'on a des armes de guerre.
00:56:15C'est que du carbone.
00:56:16C'est rigide.
00:56:16Ça va vite.
00:56:17On a des jantes très hautes.
00:56:19C'est vraiment des vélos
00:56:20qui vont très très vite.
00:56:21Souvent,
00:56:22on me demande
00:56:22comment expliquer
00:56:23l'accélération du peloton.
00:56:25C'est vraiment le matériel.
00:56:27C'est la folie.
00:56:29Et après,
00:56:30on a les oreillettes
00:56:32qui créent du stress,
00:56:34qui créent...
00:56:34Parce qu'on a
00:56:35des directeurs sportifs
00:56:36qui nous propulsent
00:56:38tout le temps vers l'avant.
00:56:38t'as 22 équipes
00:56:40ou 23 équipes
00:56:41où on passe
00:56:43la même information,
00:56:44c'est-à-dire devant,
00:56:44devant, devant, devant.
00:56:46Et puis,
00:56:46à un moment donné,
00:56:46il n'y a pas de la place
00:56:47pour tout le monde.
00:56:48Et également,
00:56:49le mobilier urbain
00:56:51dans les agglomérations.
00:56:52Même hors agglomération,
00:56:54le mobilier urbain,
00:56:55c'est quoi ?
00:56:55C'est les dodanes,
00:56:56les chicanes
00:56:57qui sont faites
00:56:57pour ralentir
00:56:59les voitures,
00:57:00les ronds-points
00:57:01et autres.
00:57:01Et je crois qu'en France,
00:57:03le mobilier urbain
00:57:04a doublé
00:57:05ou triplé.
00:57:08Donc, forcément,
00:57:10tout ça réuni
00:57:11fait qu'il y a des chutes.
00:57:12Est-ce qu'il y a
00:57:13le plus dur
00:57:13quand on chute,
00:57:14c'est la douleur physique
00:57:15ou c'est celle
00:57:16qui se passe dans la tête,
00:57:17le fait d'avoir peur
00:57:19de remonter
00:57:19sur un vélo derrière ?
00:57:20Les deux.
00:57:20Les deux, forcément,
00:57:22déjà, ça fait mal
00:57:23parce qu'on a zéro protection.
00:57:25Et puis, vous avez des corps.
00:57:26Voilà, là,
00:57:26tu n'as rien.
00:57:27On n'a rien.
00:57:28Tu as pris des kilos
00:57:28mais quand tu es en carrière,
00:57:29tu n'as pas un poids normal.
00:57:30Tu es ultra affûté.
00:57:32Il n'y a pas énormément
00:57:32de chair à un poids
00:57:33à arrêter là.
00:57:35Mais ça fait mal.
00:57:36On a un casque.
00:57:38C'est le seul matériel
00:57:39obligatoire de protection
00:57:40qu'on a.
00:57:42Il y a un vrai sujet
00:57:43au niveau des airbags.
00:57:44Ça va venir.
00:57:44Je pense que d'ici
00:57:45deux, trois ans,
00:57:46max,
00:57:48il va être imposé
00:57:49des airbags
00:57:50soit dans les maillots
00:57:50soit dans les casques.
00:57:52Pour moi,
00:57:53ce n'est pas très compliqué.
00:57:54Pour l'instant,
00:57:54on n'est axé
00:57:55que sur la performance
00:57:56au niveau du textile.
00:57:57Peut-être des textiles
00:57:58aussi à base
00:57:59un petit peu de Kevlar
00:57:59et autres
00:58:00pour limiter les brûlures.
00:58:03Mais en gros,
00:58:04quand on chute à vélo,
00:58:05pour vous donner une idée,
00:58:07quand on chute en vélo,
00:58:08on se met en slip de bain
00:58:10ou on se met en slip
00:58:12et on saute de la voiture
00:58:13à 50 km à heure
00:58:14et on roule.
00:58:15Et on a tout ça
00:58:17avec un petit casque.
00:58:18Donc,
00:58:18ça fait mal.
00:58:20Et s'il y a des obstacles,
00:58:21forcément,
00:58:22ça casse.
00:58:22Il y a les vélos,
00:58:23les carbones,
00:58:23les machins.
00:58:24Tu peux aussi te faire mal
00:58:25avec les vélos.
00:58:26Et puis après,
00:58:28quand c'est des erreurs
00:58:29de pilotage
00:58:29ou que c'est un problème
00:58:30dû à ton matériel
00:58:31comme des glissades,
00:58:32des pertes d'adhérence
00:58:33et autres,
00:58:35il y a des blocages
00:58:36psychologiques.
00:58:36Moi,
00:58:37ça m'est arrivé
00:58:37de tomber sous la pluie,
00:58:38ça m'est arrivé
00:58:39de crever en descente aussi
00:58:40de la roue avant.
00:58:42Et là,
00:58:42après,
00:58:43quand tu n'as plus confiance
00:58:43au matériel,
00:58:44tu reprends tout à zéro.
00:58:46C'est bloqué complètement.
00:58:48Je finirai par
00:58:48deux petites déclarations
00:58:50de cyclistes bien connus.
00:58:51Mathieu Van Der Poel
00:58:52qui avait dit
00:58:53le 3 juillet 2025,
00:58:54je pense qu'agrandir encore
00:58:56le peloton est une erreur.
00:58:57La première chose à faire
00:58:57sera de limiter
00:58:58le nombre de coureurs.
00:58:59Et puis,
00:59:00on a aussi Michael Woods
00:59:00qui avait dit à ESO,
00:59:01dit aux coureurs
00:59:02vous devez prendre
00:59:02moins de risques,
00:59:03c'est comme si la NBA
00:59:04disait à Steph Curry
00:59:05vous devez faire
00:59:06moins de tirs à 3 points.
00:59:07Cela ne sert à rien
00:59:08si la NBA voulait
00:59:09qu'il y ait moins
00:59:09de tirs à 3 points
00:59:10dans un match,
00:59:10elle changerait les lignes.
00:59:11Si ASO et l'UCI
00:59:13veulent vraiment
00:59:13rendre le sport plus sûr,
00:59:14ils devront faire
00:59:15la même chose.
00:59:16C'est à quelques jours
00:59:16d'intervalle,
00:59:17ces deux déclarations.
00:59:19C'est important ça.
00:59:19Il faut que les coureurs
00:59:21prennent la parole,
00:59:22poussent des coups de gueule
00:59:22pour que ça change ?
00:59:25Les coureurs,
00:59:26ils vont manifester
00:59:27leur mécontentement
00:59:29en l'occurrence
00:59:30d'une équipe supplémentaire
00:59:31ou autre.
00:59:32Ça ne change pas grand-chose.
00:59:338 coureurs de plus ou de moins,
00:59:34honnêtement,
00:59:35ce n'est pas ça
00:59:35qui va changer la donne.
00:59:37– Ils n'ont pas le pouvoir
00:59:37de faire changer les choses.
00:59:38– Non, c'est l'UCI
00:59:40qui doit mettre des normes.
00:59:42Alors, ils ont commencé,
00:59:43c'est très lent
00:59:44parce qu'en fait,
00:59:46vouloir ralentir les coureurs,
00:59:48c'est contre tout
00:59:50ce que les marques font.
00:59:51Ils font des vélos
00:59:52de plus en plus performants
00:59:53pour que monsieur tout le monde
00:59:54puisse rouler à 40 km heure
00:59:55comme les pros.
00:59:56Et forcément,
00:59:57quand on donne une machine
00:59:58qui roule à 40 pour un amateur,
01:00:00tu mets un pro dessus,
01:00:00ça roule à 60.
01:00:01Donc, ça va très vite.
01:00:03Mais après,
01:00:04il y a l'UCI,
01:00:05ils ont commencé
01:00:05avec limiter la taille des roues.
01:00:08Ils ont mis des roues,
01:00:09ils n'avaient pas de limite.
01:00:10Maintenant,
01:00:11ils ont mis 65 mm.
01:00:12Donc, on n'a peu le droit
01:00:13d'avoir des jantes très très hautes
01:00:14qui offrent
01:00:15une prise de vitesse importante.
01:00:17On a limité la taille des guidons.
01:00:18On avait des guidons
01:00:19très étroits
01:00:20pour pénétrer
01:00:21et pour avoir
01:00:22une très bonne pénétration
01:00:23dans l'air.
01:00:23On a mis des guidons
01:00:24un petit peu plus larges.
01:00:25Et tout ça,
01:00:27il faut qu'ils adaptent
01:00:30des règles
01:00:30sans chahuter
01:00:33les fabricants.
01:00:35Parce que les fabricants,
01:00:37par exemple,
01:00:38il y a une marque,
01:00:39ils ont dû changer
01:00:40tout leur guidon
01:00:41parce que leur guidon
01:00:42ne passait plus
01:00:42avec les normes.
01:00:44Donc, oui,
01:00:45c'est un peu particulier.
01:00:46On parle aussi
01:00:47d'un pneu un peu plus lent
01:00:48comme on peut voir
01:00:50dans les sports auto.
01:00:50mais sauf que les marques
01:00:52sont liées,
01:00:53les équipes sont liées
01:00:54avec des marques.
01:00:55Je vais en citer
01:00:55quelques-unes.
01:00:56Mais bon,
01:00:57Conti,
01:00:57Pinarello,
01:00:58Vittoria.
01:00:59Et donc,
01:01:00c'est un sponsor.
01:01:02On ne va pas leur demander
01:01:02de faire des pneus pourris.
01:01:03un sujet complexe.
01:01:04Très complexe.
01:01:05Très, très complexe.
01:01:06On espère en tout cas
01:01:07que ça va évoluer
01:01:07dans le bon sens.
01:01:08En tout cas,
01:01:09nous,
01:01:09on va s'amuser un petit peu
01:01:10pour cette fin d'émission.
01:01:11OK,
01:01:12c'est parti pour le
01:01:12Tout Feu,
01:01:12Tout Flamme.
01:01:18La petite tier liste
01:01:19de fin d'émission.
01:01:20Cinq catégories.
01:01:21Flamme olympique,
01:01:22feu de camp,
01:01:22briquet,
01:01:22allumette,
01:01:23cendre.
01:01:23Flamme olympique,
01:01:24c'est le top du top.
01:01:24Plus on descend,
01:01:25moins c'est bien.
01:01:27Je te laisse la tablette.
01:01:28Merci.
01:01:28Tu as différents éléments.
01:01:31Alors,
01:01:32j'y vais.
01:01:32Donc,
01:01:32Lance Armstrong,
01:01:34on va le mettre
01:01:34dans les cendres.
01:01:35Est-ce que tu l'as idolâtré,
01:01:37lui ?
01:01:37Parce que je me dis,
01:01:38alors lui,
01:01:38il a arrêté,
01:01:39je crois,
01:01:392005 de mémoire.
01:01:40Toi,
01:01:40tu passes pro 2007.
01:01:41Est-ce que ça a été
01:01:42un modèle pour toi
01:01:42avant qu'on sache
01:01:43toutes ces affaires
01:01:45de dopage,
01:01:45etc.
01:01:47Forcément,
01:01:47avant qu'on apprenne
01:01:49tout ce qu'on a appris,
01:01:50c'était quand même,
01:01:51l'histoire était magnifique.
01:01:54Un athlète
01:01:55qui a le cancer,
01:01:56qui revient,
01:01:57qui crée
01:01:59Livestrong
01:01:59et compagnie.
01:02:00Enfin,
01:02:00c'était beau.
01:02:01On se doutait
01:02:01qu'il y avait un loup
01:02:02parce qu'il était
01:02:04beaucoup trop fort
01:02:05par rapport aux autres.
01:02:09Mais là,
01:02:09il a fait du mal.
01:02:11Il a fait du mal.
01:02:12Je le mets au cendre
01:02:12parce que...
01:02:14Ça nourrit encore
01:02:15ce truc de le cyclisme.
01:02:17C'est ça le problème aussi.
01:02:19En fait,
01:02:20le cyclisme a morflé.
01:02:21On a du mal
01:02:22à se détacher
01:02:23du passé
01:02:25de Sylvain Festina,
01:02:26Camstrong
01:02:26et autres.
01:02:27Et forcément,
01:02:29on a envie
01:02:30d'oublier tout ça
01:02:30et de se dire
01:02:32qu'on a une nouvelle génération
01:02:33avec justement
01:02:33un Paul Sexas
01:02:34qui incarne
01:02:36un cyclisme frais.
01:02:37Bien sûr.
01:02:38Et du coup,
01:02:39on a vraiment envie
01:02:40que cette jeune génération
01:02:42de coureurs de 20 ans
01:02:43balaye,
01:02:43balaye tout ça.
01:02:45Voilà.
01:02:46Le bronzage.
01:02:47Le bronzage,
01:02:48c'est flamme olympique,
01:02:49le bronzage.
01:02:50Le bronzage d'un cycliste,
01:02:51c'est la classe.
01:02:52Tu es identifiable
01:02:53assez rapidement
01:02:54à la plage,
01:02:55à la piscine.
01:02:56c'est...
01:02:56Identifiable,
01:02:57oui.
01:02:57Après,
01:02:57c'est la classe,
01:02:58c'est un débat.
01:03:00L'amme olympique,
01:03:01le home trainer,
01:03:02je le mets briqué.
01:03:03Oui.
01:03:05Parce que...
01:03:07disons qu'on était bien content
01:03:09de le trouver
01:03:09pendant le Covid.
01:03:11C'est un accessoire
01:03:12assez extraordinaire
01:03:13pour faire des entraînements
01:03:15très spécifiques.
01:03:16Donc, voilà,
01:03:18je ne l'enterre pas.
01:03:19De temps en temps,
01:03:20je l'utilise.
01:03:21Les insomnies,
01:03:23c'est laissant.
01:03:25Ça fait pas mal,
01:03:25il me semble,
01:03:26non, parfois ?
01:03:26Avec un besoin
01:03:27d'avoir l'iPad avec toi
01:03:28pour regarder...
01:03:29T'es bien !
01:03:30On va chercher les infos.
01:03:32Putain, pardon.
01:03:34Oui, non,
01:03:35insomnie,
01:03:35je ne dors pas beaucoup.
01:03:37Je ne dors pas beaucoup.
01:03:38Je suis réveillé
01:03:39toutes les nuits.
01:03:42Je dors
01:03:43deux fois trois heures.
01:03:44Deux fois deux heures.
01:03:45Ah oui, d'accord.
01:03:46Je dors peu.
01:03:46Je dors peu.
01:03:47Je dors peu, ouais.
01:03:49Allez,
01:03:49je te laisse faire les autres
01:03:50assez rapidement.
01:03:52flamme olympique.
01:03:53Un jour,
01:03:54un jour...
01:03:55Natation,
01:03:55t'es comment ?
01:03:56Une enclave.
01:03:57Une pierre,
01:03:57une pierre.
01:03:58Une pierre.
01:03:59Non, mais un jour ou l'autre,
01:04:02un jour ou l'autre,
01:04:02voilà,
01:04:03j'ai fait un marathon,
01:04:04ce n'est pas pour rien.
01:04:05Donc, le café,
01:04:06le café,
01:04:07le café...
01:04:07Quatre ou cinq tasses le matin
01:04:09avec des belles vitas
01:04:09pour Pierre Roland.
01:04:11Ah là là !
01:04:12Donc, en fait,
01:04:13vous avez appelé ma femme,
01:04:14les gars.
01:04:14Non, mais...
01:04:15Et oui, le café,
01:04:17non, trop de café,
01:04:17trop de café.
01:04:18Des fois,
01:04:18ça me joue des tours
01:04:19parce que le café,
01:04:21le paddle,
01:04:22le paddle,
01:04:23je le mets à l'umette
01:04:24parce que j'aime bien.
01:04:26J'adore le paddle,
01:04:27mais le problème,
01:04:27c'est le paddle,
01:04:29on passe plus de temps
01:04:30dans le club house
01:04:30que sur le terrain.
01:04:31Donc, dangereux.
01:04:33Dangereux.
01:04:34Et en fait,
01:04:35malgré le fait
01:04:35d'y aller deux,
01:04:36trois fois par semaine
01:04:37à une période,
01:04:37au bout d'un moment,
01:04:38je ne progressais plus.
01:04:39Donc, j'ai décidé
01:04:40de mettre ma carrière
01:04:41entre parenthèses.
01:04:43Pneu tubeless à fond.
01:04:44Le son des pneus,
01:04:45quand on les gonfle,
01:04:46quand ils claquent.
01:04:47Quand on les claque,
01:04:47il faut que ça claque
01:04:49et surtout,
01:04:50plus de chambre arrière.
01:04:51Plus d'appels à la maison.
01:04:53Normalement,
01:04:53ça répare.
01:04:55Il ne faut pas vivre
01:04:56en appart
01:04:56si on veut les bricoler,
01:04:58mais en tout cas,
01:04:59c'est quand même
01:05:00une sacrée invention
01:05:00parce que Renaud,
01:05:02full gaz,
01:05:02Renaud,
01:05:03Renaud,
01:05:04c'est...
01:05:05Johnny,
01:05:06Renaud,
01:05:07quand ça ne va pas,
01:05:08tu écoutes Renaud
01:05:09et c'est bon.
01:05:10Cette vie,
01:05:10c'est mon film préféré.
01:05:12C'est mon film préféré,
01:05:13Cette vie,
01:05:14magnifique film
01:05:16avec Will Smith.
01:05:18Les sprints,
01:05:19les sprints,
01:05:20voilà.
01:05:21C'est presque une race
01:05:22à part,
01:05:23les sprinteurs.
01:05:24Entre les grimpeurs
01:05:25et les sprinteurs,
01:05:26il y a une incompréhension.
01:05:30Je me suis toujours
01:05:30bien entendu
01:05:31avec Cavendish
01:05:32parce qu'en fait,
01:05:32on n'a jamais fait
01:05:33ni un échappé ensemble,
01:05:34ni un sprint,
01:05:35ni en montagne,
01:05:36on n'était pas ensemble.
01:05:38et les deux derniers ?
01:05:39Vélo Elec,
01:05:40moi je le valide,
01:05:40le vélo Elec.
01:05:41Moi je valide
01:05:42le vélo Elec.
01:05:43Je trouve ça trop bien.
01:05:44Oui, c'est cool.
01:05:45Parce que ça permet
01:05:46de rouler
01:05:47avec des gens
01:05:48qui ont différents niveaux,
01:05:49ça permet de se déplacer,
01:05:50de découvrir,
01:05:51même si on a des problèmes
01:05:52de santé.
01:05:53Et l'oreillette,
01:05:55au centre.
01:05:56Ah oui, carrément.
01:05:57Plus d'oreillette.
01:05:57Plus d'oreillette.
01:05:58Laissez les coureurs
01:06:00avec un instinct de coureur,
01:06:02avec un feeling de course
01:06:03et soit mettre
01:06:05plus d'éléments de sécurité,
01:06:06soit une oreillette
01:06:07avec que radio autour
01:06:09pour avoir les dangers.
01:06:11C'est-à-dire,
01:06:11vous arrivez dans une agglomération,
01:06:12attention,
01:06:13il y a des dodans,
01:06:13des ralentisseurs,
01:06:15les écarts,
01:06:16une fois tous les 30 minutes,
01:06:1840 minutes,
01:06:18pas trop d'écarts
01:06:19pour laisser une chance
01:06:19aux échappés aussi
01:06:21de continuer d'avoir
01:06:22des baroudeurs
01:06:23qui ouvrent la route
01:06:24sur des étapes
01:06:24où on se dit
01:06:25que ça va être un sprint
01:06:26à coup sûr.
01:06:27Tu sais quoi,
01:06:27la dernière question,
01:06:29le bronzage,
01:06:29l'Ironman,
01:06:30le café,
01:06:30les pneus,
01:06:31tu blesses Renault,
01:06:32cette vie
01:06:32ou les vélos électriques,
01:06:33le top du top
01:06:34pour toi entre tout ça.
01:06:35Je te laisse.
01:06:37Renault.
01:06:37Renault,
01:06:38allez,
01:06:38magnifique.
01:06:39Tu sais quoi,
01:06:40Pierre,
01:06:40avant de se quitter,
01:06:41on a un petit message
01:06:42de ta team de choc,
01:06:43j'ai envie de dire.
01:06:44Regarde ça.
01:06:47Coucou,
01:06:47juste un petit message
01:06:48pour te dire
01:06:48qu'on pense fort à toi
01:06:49et surtout qu'on est
01:06:50extrêmement fiers de toi
01:06:51avec tout ce que tu as
01:06:52entrepris après ta carrière
01:06:53de sportif.
01:06:54Tu fais notre fierté
01:06:55tous les jours.
01:06:56On te souhaite
01:06:57bonne chance
01:06:57pour les aventures.
01:06:58On me fait des gros gros bisous
01:07:00et on t'aime fort.
01:07:01Bisous.
01:07:03Merci.
01:07:04Beaucoup d'émotions,
01:07:05forcément,
01:07:06avec ta famille,
01:07:07ta femme et tes deux.
01:07:08Ils me supportent.
01:07:09C'est un soir à plein temps,
01:07:10ça aussi.
01:07:11Merci beaucoup,
01:07:12Pierre.
01:07:12Merci.
01:07:13J'ai passé un très bon moment
01:07:14avec toi.
01:07:15Donc vraiment,
01:07:16merci à toi.
01:07:16Bon courage
01:07:17pour le BikingMan
01:07:18et puis tout ce qui va t'arriver
01:07:20par la suite.
01:07:21Merci.
01:07:22Merci beaucoup.
01:07:23Je remercie toute l'équipe
01:07:24en régie.
01:07:24Julien Perronnet à l'édition,
01:07:26Nicolas Bayet à la réalisation,
01:07:28Sandrine David au maquillage,
01:07:30Amélie au son, évidemment,
01:07:32et tous ceux qui bossent dans l'ombre.
01:07:33Salut tout le monde,
01:07:34à la semaine prochaine.
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