00:00On sort des Alpes, qu'est-ce qu'on se dit quand on a fini les Alpes ?
00:08On se dit qu'on est quand même toujours plus près de trahis et c'est une bonne chose.
00:13On a passé encore une très belle journée, on a essayé, Tadeï voulait quand même essayer de gagner cette étape.
00:21Ça s'est mis un peu compliqué à la fin parce qu'il est resté seul sans un coéquipier,
00:25mais même Jonas n'avait pas, donc il a dû prendre la responsabilité de rouler parce que Jonas voulait jouer à son jeu, c'est normal.
00:34Donc à Reisman, il a bien profité de tout ça, mais c'est un jour important pour nous parce qu'il n'y a que deux jours à Paris,
00:41il faut rester encore un peu concentré et puis on s'approche.
00:43Vous les craignez ces Alpes avec ce changement de temps, on l'a pu annoncer le froid et au final c'est passé ?
00:49Oui, ça c'est toujours un peu critique, plutôt parce que si tu penses qu'ils ont l'habitude à la grosse chaleur
00:59et puis en plus tu te trouves à moitié de l'étape avec les boyaux à une certaine pression
01:04et puis il y a la pluie et tu arrives dans la descente et puis peut-être tu as trop de pression aussi
01:08et ça peut devenir aussi dangereux.
01:10Donc il y a un état de choses que quand il pleut, ça change, on peut les donner.
01:14Mais bon, les coureurs, je crois qu'avec un peu de fatigue dans les jambes ou beaucoup de fatigue dans les jambes,
01:20tout le monde, ils ont quand même su gérer bien toutes les situations.
01:24C'est bizarre parce que Tadej l'avait dans les jambes, mais il n'était pas loin, il n'est pas allé chercher l'étape. Pourquoi ?
01:30Mais je crois que c'était un jour un peu de nerve entre lui et Jonas
01:34parce que Jonas, il a pu faire la montée dans la route Tadej, donc il avait épargné des énergies pour le sprint.
01:42Et je pense que Tadej, il pensait, bon, j'espère que Jonas, il va attaquer assez tôt qu'on puisse reprendre à Rezman
01:48et je fais le kick pour gagner l'étape.
01:50Et Wingergaard, il probablement, il pensait la même chose.
01:54J'espère qu'il attaque assez tôt qu'on puisse reprendre à Rezman et puis je le batte au sprint.
01:58Donc les deux, ils sont un peu joués sur l'attente que l'autre, il attaque assez tôt.
02:04Et puis finalement, ni l'un ni l'autre a attaqué et puis Rezman, il a bien mérité cette victoire.
02:09Donc à ceux qui disent que Tadej Pogassar et la UAE Team Erohaïs sont arrogants, c'est faux.
02:16Mais je crois qu'on n'a jamais été arrogants parce que...
02:19Ça vous touche ces critiques-là ?
02:22Mais bon, c'est dommage parce que je crois que c'est une bataille quand même loyale
02:28avec Wingergaard et tous les autres depuis 4-5 ans.
02:33Et puis des fois, on utilise des mots ou des situations pour parler d'arrogant.
02:40Mais je pense que ce n'est pas correct parce que je crois qu'on est correct, on fait notre course.
02:48C'est normal qu'on essaye de gagner comme c'est normal que tout le monde essaye de gagner.
02:51On respecte tout le monde.
02:52Donc je pense que c'est un peu des critiques gratuits qui sont contraires à ce qu'on voit depuis 5 ans.
02:59Parce que le fait qu'il y a Tadej et Jonas qui sont aussi costauds, qui donnent du spectacle.
03:06Et le fait qu'il y a aussi des équipes fortes.
03:08Maintenant, il y a des autres équipes qui arrivent comme Red Bull qui sont là.
03:13Ça bouge tout le monde à travailler mieux, à être plus concentré,
03:16à faire de façon que ce sport soit le plus beau possible.
03:19Et ce qu'on voit depuis quelques années, c'est une belle histoire entre nous et Visma.
03:24Et puis une fois, c'est quelqu'un qui gagne, une fois, c'est l'autre.
03:29Et donc c'est ça le beau de ce sport.
03:32Pourquoi en fait, moi j'aimerais comprendre,
03:35pourquoi par exemple dans le foot, quand le Real Madrid, le Paris Saint-Germain domine,
03:39on ne pose pas de doute.
03:40Dans le vélo, quand il y a une équipe qui domine,
03:42un coup l'UAE Team Emerald, un coup la Visma Lise de Baille, on doute.
03:46Pourquoi dans le vélo, on doute en fait ?
03:48Je crois que bon, le vélo, il a quand même malheureusement une histoire
03:53pas vraiment jolie dans le passé.
03:58Mais c'est vrai que maintenant, le cyclisme est tellement évolué,
04:01tellement bien que c'est un peu dommage.
04:05Mais ça, ça fait partie un peu d'une culture, d'une vieille culture.
04:09et c'est difficile, c'est difficile de faire quelque chose contre, non ?
04:15Pas que dans le football, mais aussi dans les autres sports.
04:18On apprécie les champions, n'importe ce qui soit du tennis, du basket ou quoi que ce soit.
04:24Et on a un peu la peine à accepter qu'il y a des grands champions aussi dans le vélo.
04:28Vous êtes tout proche d'un quatrième Tour de France pour Tadej Pogassar.
04:33Mauro, quand vous l'avez récupéré, est-ce que vous vous êtes dit à l'époque,
04:37c'est possible un jour qu'il soit à quatre Tours de France bientôt ?
04:40Mais quand on l'a connu, on savait qu'il était un...
04:43Mais vous l'avez connu quand ?
04:45Mais on l'avait connu, qu'il avait 18 ans, quand il gagnait ses courses un peu partout comme junior.
04:52Et puis comme U23, on l'a suivi de plus près.
04:56Et puis juste avant qu'il gagne le Tour de l'Avenir,
04:59on s'était assuré son contrat pour quelques années.
05:03Et puis quand il gagne le Tour de l'Avenir, comment il l'a gagné ?
05:06Et à l'époque, tu t'es dit qu'il serait capable de gagner un, deux, trois et bientôt quatre Tours de France ?
05:11Non, c'est difficile.
05:13Mais on pensait qu'un jour, il pouvait être un vainqueur du Tour de France.
05:17Aller qu'un six Tours de France, il puisse être six fois dans les premières deux positions,
05:23c'est quand même extraordinaire.
05:25Mais quand je l'ai connu la première fois, personnellement,
05:29j'ai eu une sensation vraiment particulière.
05:33C'est la même sensation que j'ai eue quand j'ai rencontré la première fois Roger Feder.
05:37Il avait 18 ans.
05:38On était dans l'équipe nationale suisse pour le Gé olympique à Sydney.
05:43Et la première fois que j'ai eu devant ce gamin, il avait 18 ans.
05:47Il n'était pas encore numéro un mondial.
05:49Il était un jeune qui grandissait dans le tennis.
05:53J'ai eu une sensation d'une énergie incroyable,
05:56de quelqu'un qui était vraiment quelque chose de plus qu'un champion du sport.
06:00et j'ai appelé ma femme, j'ai dit « je crois d'avoir connu quelqu'un
06:03qui va devenir quelque chose d'exceptionnel dans le sport »
06:06parce que je n'ai jamais eu cette sensation-là,
06:09juste être tout près de cette personne.
06:12Et quand j'ai connu personnellement Tadek, il avait 18 ans,
06:15j'ai eu la même sensation.
06:17Je me suis senti envahi d'une personnalité, d'une énergie, d'un calme,
06:23que c'était la même de Feder.
06:25Donc je me suis dit « bon, on va se laisser surprendre par ce gars ».
06:29C'est marrant le parallèle, puisque vous savez,
06:31on a CXS Actu, mais on a aussi Tennis Actu.
06:34Ce parallèle Roger Federer-Tadej Pougassar,
06:36ça veut dire que Tadej Pougassar serait sur la route ligne,
06:41la lignée de ce qu'a pu faire Roger Federer pour vous ?
06:44Aussi comme personnalité, parce que c'est un mec gentil, sérieux, appliqué.
06:49Il aime les gens, il apprécie tout le monde.
06:53Et donc c'est tout au contraire qu'un arrogant.
06:56C'est un coureur qui respecte tout le monde.
06:58À partir de ses coéquipiers, il faudrait voir comment il traite tous les mécanos, les soigneurs.
07:04Donc pour lui, c'est toutes des personnes importantes.
07:06Ce n'est pas un soigneur.
07:07Non, non, lui, c'est le premier qui respecte tout le monde.
07:10Figurez-vous les adversaires.
07:11Donc c'est aussi une question de personnalité.
07:14Et puis comme résultat, parce qu'on voit, un peu comme Federer,
07:18il donne du spectacle, il a de la classe quand il fait ces choses.
07:22Il a de la classe pour le vélo.
07:25Un dernier mot, Mauro.
07:26À ceux qui doutent, à ceux qui s'inquiètent, à ceux qui ont peur,
07:30qu'est-ce que vous pouvez dire ?
07:32Nous, on dit qu'on fait le mieux.
07:34On fait ce qu'il faut faire bien pour que ce sport soit joli et aimé.
07:40Merci.
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